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        <title>Les formulaires</title>
        <principal xml:id="OG">Olivier Guyotjeannin</principal>
        <funder>École nationale des chartes</funder>
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          <name xml:id="MH">Mathilde Henriquet</name>
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        <publisher>École nationale des chartes</publisher>
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          <addrLine>65, rue de Richelieu</addrLine>
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        <date>2016</date>
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        <title>Éditions en ligne de l'École des chartes</title>
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          <abbr>Les formulaires</abbr>
          <title>Les formulaires</title>
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      <head>Les formulaires</head>
      <head type="sub">Compilation et circulation des modèles d'actes
        dans l'Europe médiévale et moderne<lb/>
        XIII<hi rend="sup">e</hi> congrès de la Commission internationale de diplomatique (Paris, 3-4 septembre 2012)<lb/>
        Organisé par l’École nationale des chartes et l’École pratique des hautes études, avec le concours du GDR 3177 «&#160;Diplomatique&#160;» (Cnrs) et des Archives nationales</head>
      <byline>Actes réunis par Olivier Guyotjeannin, Laurent Morelle et Silio P. Scalfati</byline>
      <argument>
        <p>Le congrès a bénéficié du soutien des équipes de recherche EA 3624 «&#160;Histoire, mémoire et patrimoine&#160;» (Centre Jean Mabillon - École nationale des chartes)&#160;; EA 4116 «&#160;Saprat&#160;: Savoirs et pratiques du Moyen Âge au XIX<hi rend="sup">e</hi> siècle&#160;» (Éphé)&#160;; et Themam (UMR 7041 ArScAn).</p>
        <table rend="sansbord">
          <row>
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      </argument>
      <div n="1" subtype="split" xml:id="questionnaire">
        <head>I. Questionnaire du congrès</head>
        <p>Les recueils de modèles d’actes ont été tôt reçus dans la diplomatique comme une chance rare de pondérer les pertes documentaires par le tableau, large ou exhaustif, de la production d’une époque, de compléter les sources de l’histoire du droit, de glaner quelque acte inconnu, ou encore de pénétrer dans les coulisses d’une chancellerie. D’où un mouvement relativement soutenu d’étude monographique et d’édition, depuis le <hi rend="sc">xix</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle, où le grand opus de Karl Zeumer ne doit pas masquer la variété des intérêts portés au second Moyen Âge et au vaste spectre des formulaires alors composés, dans les chancelleries souveraines, épiscopales, monastiques, chez les notaires et autres rédacteurs d’actes.</p>
        <p>Plus tard, sous l’aiguillon de l’étude de la genèse de l’acte, les diplomatistes ont mis en valeur l’organisation interne des compilations et les titres donnés aux formules comme indices de la structuration de la production et, si l’on peut dire, de la conscience diplomatique que pouvait en avoir le producteur.Tout récemment enfin, l'accent a été mis sur la réception des compilations, que l'on recherche toutes les lettres mises au nom d’un même auteur dans un large choix de recueils (ainsi pour Philippe Auguste par Michel Nortier), que l'on étudie la diffusion et les usages de best-sellers (Marculf, Rolandino Passaggieri, Pierre de La Vigne, Odart Morchesne…) ou de plus modestes recueils (formulaire de Ripoll...). Au passage surgit la question des rapports complexes avec l’ars dictaminis, remise en valeur par un fort courant de recherche.</p>
        <p>Par-delà ces renouvellements et les travaux d’édition et de recensement, bien mais diversement engagés, il reste encore pourtant de vastes chantiers à ouvrir ou à poursuivre, et ce pour de multiples raisons.</p>
        <p>En premier lieu parce que le terme moderne, en lui-même ambigu (formulaire entendu comme recueil, et formulaire entendu comme assemblage de parties du discours), cache une extrême variété d’objets, de contextes de rédaction et d’objectifs, entre compilation sui generis et présence de formules au milieu de recueils épistolaires ou de styles procéduraux, entre recueils scolaires et formulaires «&#160;d’étude [notariale]&#160;», entre recueils de recettes et compilation de modèles à reproduire, entre manuels (supposés) du travail quotidien et outils de promotion d’un pouvoir, d’un style, d’un groupe socio-culturel– contextes et objectifs qui tous font sens à leur tour, dans leur évolution et leurs modalités.</p>
        <p>Ensuite parce que le formulaire est une compilation que son succès rend particulièrement instable, derrière le texte canonisé par une édition&#160;; l’étude fine de la tradition manuscrite comme des micro-variations apportées au fil de la diffusion (ajouts et retraits de formules ou de sections, modifications internes, reclassements…) révèle des éléments essentiels, mais rarement pris en compte, de la vie des compilations à succès.</p>
        <p>Enfin, et plus loin, parce que si l’origine des formules retenues a depuis longtemps suscité la curiosité, de l’acte à peine caviardé à l’acte supposé voire à la formule ludique, comme un amont nécessaire pour comprendre les méthodes et conditions de travail du compilateur, la question de l’aval a été la plupart du temps laissée de côté&#160;; redoutablement complexe, elle amène à interroger de vastes corpus (avant et après la compilation) pour jauger l’influence exacte que celle-ci a pu avoir sur la production courante&#160;; autrement dit pour mieux percer les arcanes de la genèse de l’acte, de son statut entre production normalisée et œuvre d’art(isanat).</p>
        <p>Autant d’angles d’attaque d’un corpus bariolé que seule peut prétendre embrasser une approche comparatiste, ouverte à tout l’espace de la chrétienté latine, jusqu'aux frontières intérieures et extérieures (formulaires juifs, arabes, byzantins...), et du premier Moyen Âge au début des temps modernes. Autant de thèmes encore qui défient la synthèse et incitent à concevoir des journées d’études et d’échanges, structurées autour de types et/ou d’espaces définis, autour d’un questionnaire cohérent&#160;:</p>
        <list type="a">
          <item>I. L’objet «&#160;formulaire&#160;».
            <p>Dénominations, titres, prologues. Le formulaire est-il un genre&#160;? Frontières et relations avec les manuels de dictamen, avec les compilations mémorielles (cartulaires, registres).</p></item>
          <item>II. Lieux et milieux de production et d’usage.
            <p>Par grands types de producteurs et/ou d’époques&#160;: initiatives, besoins, fabrication, usages et utilité, circulation et diffusion.</p></item>
        <item>III. Formulaire et culture diplomatique.
          <p>Le formulaire comme reflet de la production documentaire&#160;: actes effectifs et actes supposés&#160;; typologie et classement par catégories&#160;; gloses et nota sur les usages des rédacteurs. —&#160;L’influence du formulaire sur la production documentaire.</p></item>
        </list>
        <p>On privilégiera des communications portant sur des thématiques larges, ou des monographies illustrant le questionnaire, toutes appuyées autant que possible sur des dossiers de documents.</p>
        <p>Comité scientifique&#160;: Julia Barrow, Maria Milagros Cárcel Ortí, Peter Herde, Theo Kölzer, Andreas Meyer, Giovanna Nicolaj, Walter Prevenier, Lázsló Solymosi.</p>
        <p>Coorganisateurs&#160;: Olivier Guyotjeannin, Laurent Morelle, Silio Scalfati.</p>
      </div>
      <div n="2" subtype="split" xml:id="lexical">
        <head>II. Formules, formulaires : une mise au point lexicale</head>
        <p>Peter Herde, Professeur émérite à l’université de Wurzbourg, Am Hubland, D-97074 Würzburg.<ref target="mailto:karlheinz.dietz@mail.uni-wuerzburg.de">peter.herde@mail.uni-wuerzburg.de</ref></p>
        <p>Gestatten Sie mir einige Anmerkungen zur Terminologie der von uns behandelten Fragen.Die häufigste Bezeichnung für den Mustertext einer Urkunde ist lat.„forma“<note n="1" type="footnote">Ausführlich habe ich darüber gehandelt in Peter Herde, Audientia litterarum contradictarum. Untersuchungen über die päpstlichen Justizbriefe und die päpstliche Delegationsgerichtsbarkeit vom 13. bis zum Beginn des 16. Jahrhunderts, Bd. I, Tübingen 1970 (Bibliothek des Deutschen Historischen Instituts in Rom, Bd. XXXI), S. 19-19, bes. S. 8-11.</note>. In der Papstkanzlei und in anderen Kanzleien und Institutionen kommtder Begriff in einer weiteren und einer engeren Bedeutung vor. Im weiteren Sinne bedeutet „forma“ den Wortlaut der Urkunde, zumeist unter Ausschluß des Ausstellers und Empfängers und der Datierung, wobei der Nachdruck auf dem dispositiven, rechtlich bedeutsamen Teil des Textes liegt. Im engeren Sinne bedeutet „forma“ sowohl in der päpstlichen Kanzlei als auch in der Kanonistik den durch Kanzleibrauch oder Rechtspraxis für alle gleichartigen Fälle festgelegten Wortlaut des Textes, aus dem die rechtskräftige Urkunde durch das Einsetzen von Personen-und Ortsnamen und Datierung angefertigt wird (vgl. etwa in einer Papsturkunde: „sub ea forma, qua pro pauperibus clericis scribere consuevimus“).</p>
        <p>Wie aber ist lat. „forma“ in dieser Bedeutung in den Volkssprachen wiederzugeben? Die unmittelbare deutsche Entlehnung seit dem Mittelhochdeutschen („forme“) ist „Form“, das heute eine vielfache Bedeutung von „Gestalt“ hat; das Wort wurde übertragen zur Bezeichnung sprachlicher Strukturen, rechtlicher und literarische Phänomene, gesellschaftlicher Einrichtungen, Verhaltensweisen, sportlicher Leistungsfähigkeit u.a.<note n="2" type="footnote">Deutsches Wörterbuch von Jakob Grimm und Wilhelm Grimm, Bd. II, Leipzig 1862; Nachdruck München 1984, Sp. 1898-1900; Hermann Paul, Deutsches Wörterbuch, 9., vollständig neu bearbeitete Auflage von Helmut Henne und Georg Objartel unter Mitarbeit von Heidrun Kemper-Jensen, Tübingen 1997, S. 284-285.</note>. Keine dieser Bedeutungen trifft auf die diplomatische Bedeutung von „forma“ zu.</p>
        <p>Näher kommt dieser „Formel“, entlehnt aus lat. „formula“, Diminuitivform von „forma“; im heutigen Deutsch in der Bedeutung „vorgeschriebene oder eingeführte Worte oder Sätze“, übertragen auf, Mathematik, Physik, Chemie, Philosophie u.a.<note n="3" type="footnote">H.Paul, Deutsches Wörterbuch…, S. 285.</note>. „Formel“ steht meines Erachtens unserer diplomatischen Bedeutung von „forma“ am nächsten und wird auch meist als deutsches Pendant in der wissenschaftlichenLiteratur verwendet. Harry Bresslau hat sich dagegen zur Bezeichnung eines urkundlichen Mustertextes für „Formular“ entschieden<note n="4" type="footnote">H. Bresslau, Handbuch der Urkundenlehre für Deutschland und Italien, Bd. II/1, Leipzig 1914; Nachdruck Berlin 1958, S. 226 Anm. 1. Italienische Ausgabe: Harry Bresslau, Manuale di diplomatica per la Germania e l’Italia, traduzione di Anna Maria Voci-Roth, Roma 1998 (Pubblicazioni degli Archivi di Stato, Sussidi 10), S. 870 Anm. 1.</note>. Er begründet das damit, daß die „früher fast allgemein verwandten: Formel, Formelsammlung, Formelbuch“ „in der diplomatischen Terminologie allgemein auch im wesentlich anderen Sinne, zur Bezeichnung nämlich der einzelnen Urkundenteile“ verwendet werden.</p>
        <p>Dennoch ist von der Verwendung von „Formular“ für den Mustertext einer Urkunde abzuraten, da das Wort eine Entlehnung von lat.„formularium“ ist, was die Sammlung von urkundlichen Mustertexten bezeichnet, und die Bedeutung von „wörtlicher Vorschrift, etwas wörtlich Vorgeschriebenes“, seit dem 19.Jahrhundert auch von „Schema“ und „Vordruck“ erhalten hat<note n="5" type="footnote">H.Paul, Deutsches Wörterbuch…, S. 286.</note>. Aus diesem Grunde kann „Formular“ im Deutschen auch nicht für „Formelsammlung“ verwendet wurde. Ich plädiere daher dafür, es bei „Formel“ zu belassen<note n="6" type="footnote">Ausführlich P. Herde, Audientia…, Bd. I, S. 7-9. An „Formel“ haben auch andere Forscher wie Carl Erdmann festgehalten, vgl. ebd. S. 7 Anm. 27.</note>. Im Englischen ist das wohl am häufigsten verwendete Wort für den Mustertext einer Urkunde „form letter“<note n="7" type="footnote">The Compact Oxford English Dictionary, Second Edition, Oxford 1991, s.v. „form letter“: „a standardized letter, esp. one that can be sent to correspondents who inquire about routine matters or topics of frequent occurrence“. Im amerikanischen Englisch: Webster’s New Collegiate Dictionary, Springfield, Mass., 1973 u.ö., s.v.“form letter“: „ a letter on a subject of frequent recurrence that can be sent to different people without essential change except in the address“. Das entspricht durchaus auch unserer Definition von „Formel“ in der mittelalterlichen Diplomatik.</note>. Für die „Formelsammlung“ ist im Englischen „formulary“, die direkte Entlehnung von lat.„formularium“, allgemein im Gebrauch. Im Französischen wird „formule“ zur Bezeichnung sowohl der Musterurkunde als auch eines Teils derselben verwendet; dieFormelsammlung heißt allgemein „formulaire“<note n="8" type="footnote">Vgl. Alain de Boüard, Manuel de diplomatique francaise et pontificale, [Bd. 1], Diplomatique générale, Paris 1929, S. 128-130; Georges Tessier, Diplomatique royale francaise, Paris 1962, S. 266-267; Olivier Guyotjeannin, Jacques Pycke et Benoit-Michel Tock, Diplomatique médiévale, Brepols 1993, S. 230.</note>. Im Italienischen und Spanischen treffen „formula“ und „formulario“ ebenfalls unsere diplomatische Bedeutung; freilich hat „formula“ in beiden Sprachen auch andere Bedeutungen wie „Rezept“, und „formulario“ (ital. auch „raccolta di formule“) bezeichnet ebenfalls in beiden Sprachen auch „Vordruck“.</p>
        <p>Für „forma“ hat im Italienischen Giovanna Nicolaj folgende diplomatische Bedeutung definiert: „Nel caso della diplomaticachiamiamo forma tutte quelle modalità di scrittura e tutte quelle caratterizzazioni mediante le quali fatti ed atti giuridici vengono rappresentati nel documento scritto e per le quali il documento stesso sussiste, svolge le sue funzioni e poi può essere studiato“<note n="9" type="footnote">Giovanna Nicolaj, Lezioni di diplomatica generale, I Istituzioni, Roma 2007, S. 89.</note>. Von „Formelsammlungen“ und „Formelbüchern“ sollte man jedoch nur dann sprechen, wenn die Mustertexte im wesentlichen rechtlichen Inhalts und stilistisch nur insofern bedeutsam sind, als sie den jeweiligen Rechtsinhalt genau wiedergeben. Überwiegt beim Mustertext dagegen die Stilistik und tritt der juristische Inhalt hinter dem politischen, kulturellen u.ä. zurück, sollte man von „Briefsammlungen“ (letter collections, collections de lettres, raccolte di lettere) sprechen<note n="10" type="footnote">Vgl. Geoffrey Barraclough, Public Notaries and the Papal Curia:  A Calendar and a Study of a Formularium notariorum curie from the Early Years of the Fourteenth Century, London 1934 (The British School at Rome), S. 1-9.</note>. Freilich sind die Übergänge fließend, und manche Sammlungen enthalten sowohl juristisch relevante Mustertexte für Urkunden als auch stilistisch im Rahmen der „ars dictandi“ meist im„stilus supremus“ verfaßte Briefe. Derartige Beispiele vorbildlichen Stils können den Text wirklich ausgegangener Briefe wiedergeben; häufig sind es jedoch Stilübungen<note n="11" type="footnote">Zu dieser Problematik vgl. P. Herde, „Federico II e il papato. La lotta delle cancellerie“, in Peter Herde, Studien zur Papst-und Reichsgeschichte, zur Geschichte des Mittelmeerraumes und zum kanonischen Recht im Mittelalter, Stuttgart 2002 (P. Herde, Gesammelte Abhandlungen und Aufsätze, Bd. 2,1), S. 277-291.</note>.</p>
      </div>
    </front>
    <group>
      <head>Les formulaires</head>
      <text subtype="split" xml:id="part1">
        <front>
          <head>Les formulaires mérovingiens et carolingiens<lb/>Quelques réflexions
            tardives</head>
          <byline><docAuthor>Alice Rio</docAuthor>, Senior Lecturer in Medieval European History, King’s College London,
            Strand, London WC2R 2LS, United Kingdom. <ref target="mailto:alice.rio@kcl.ac.uk"
              >alice.rio@kcl.ac.uk</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Les formulaires francs présentent d’importants problèmes méthodologiques, en partie
            aggravés par une historiographie qui a eu longtemps tendance à les analyser moins pour
            eux-mêmes qu’en tant que reliques d’actes perdus. Une étude centrée non sur la
            reconstitution d’un <emph>Urtext</emph>, mais sur les manuscrits eux-mêmes, montre des
            collections très fluides, en état de recomposition permanente. Pratiquement toutes les
            sociétés du haut Moyen Âge ont utilisé des modèles de rédaction, ne serait-ce
            qu’en s'inspirant d'actes plus anciens&#160;; mais le formulaire sous forme de livre est un
            phénomène beaucoup plus rare, qui atteint son apogée à l’époque carolingienne. On peut y
            voir le résultat de la croissance notable de certaines institutions religieuses, et donc
            du besoin de former de nouveaux scribes, mais aussi le signe d’un enthousiasme
            particulier pour la norme, quelle que soit son origine précise, en tant que moyen de
            participer à un certain discours culturel. Les scribes les plus ambitieux à cet égard
            pouvaient parfois se trouver face à des modèles assez bizarres, ce qui pourrait
            expliquer la présence de formules apparemment inutilisables ou atypiques dans certaines
            collections.</p>
          <metamark rend="*"/>
          <p>Comme je ne peux, en toute honnêteté, prétendre avoir réfléchi sérieusement au sujet
            des formules et des formulaires depuis maintenant six ans (c’est-à-dire depuis la
            publication de ma thèse, qui, elle, leur était entièrement consacrée), il m’a semblé que
            ce que je pourrais faire de plus utile serait de résumer très brièvement les points
            essentiels de mon livre, et en même temps de dire ce que je ferais ou dirais
            différemment maintenant que j’ai eu le luxe d’un peu de recul<note n="1" type="footnote"
              >. A. Rio, <emph>Legal Practice and the Written Word in the Early Middle Ages:
                Frankish Formulae, c. 500-1000</emph>, Cambridge, 2009.</note>. Ce chapitre, dans un
            sens, ressemblera donc plus à une postface qu’à une contribution vraiment nouvelle, et
            je ne peux que l’admettre et m’en excuser d’emblée.</p>
          <div>
            <head type="h1">I. Dater les actes et dater les formules</head>
            <p>Une chose qui me semblait particulièrement importante alors, et me paraît toujours
              l’être à présent, c’est la nécessité de dégager l’étude des formulaires de celle des
              actes eux-mêmes. Du point de vue de la forme, c’est une position qui pourrait paraître
              soit évidente (personne ne les confond), soit au contraire un tant soit peu perverse&#160;:
              si l’on ne s’intéresse pas aux actes, on a peu de chances de s’intéresser aux
              formulaires, donc ces sujets sont profondément liés, et l’on ne voit pas pourquoi il
              faudrait introduire un divorce là où tout le monde s’entend bien&#160;; du reste les
              scribes du haut Moyen Âge eux-mêmes ne faisaient pas de distinction bien claire,
              désignant indifféremment avec les mêmes termes les actes et les modèles&#160;: les uns
              comme les autres étaient tout bonnement des <emph>cartae.</emph> C’est plutôt du point
              de vue méthodologique qu’il est utile de s’attarder sur cette distinction, parce que,
              pour poursuivre la métaphore matrimoniale, il s’agit ici d’un mariage inégal, du moins
              en ce qui concerne l’historiographie – et l’on n’en est que plus reconnaissant aux
              organisateurs de ce congrès d’essayer de rétablir un peu l’équilibre.</p>
            <p>Pourquoi un mariage inégal&#160;? D’abord parce que, si on les prend ensemble, il faut
              avouer que la comparaison n’est pas flatteuse pour les formules. Pas de dates, pas de
              noms propres, presque pas de noms de lieu&#160;: les scribes qui transformaient leurs actes
              en modèles en en ôtant tous les détails liés à la transaction d’origine ont,
              malheureusement pour nous, un peu trop bien fait leur travail. Les actes ont ici un
              avantage très net, et l’on ne peut vraiment reprocher à un historien de préférer une
              source contenant de telles informations à une source qui fait de son mieux pour nous
              les dérober. Cette absence de détails est déjà assez frustrante pour chaque texte pris
              individuellement, mais elle a aussi des conséquences graves pour la cumulativité des
              données&#160;; il devient simplement impossible de recréer le tableau d’une société que
              l’on peut parfois construire à partir des actes, en les reliant les uns aux autres, et
              en extrayant de ce dialogue entre textes les conflits d’intérêt, les jeux de pouvoir,
              et tout ce qu’ils peuvent contenir de non-dit ou d’à peine dit, mais que tout le monde
              savait&#160;: en somme leur contexte social et politique. Les formules, elles, se parlent à
              peine&#160;: chacune se tient seule, et il est extrêmement rare que l’une d’elles, manquant
              elle-même de contexte la plupart du temps, puisse contribuer à expliquer bien
              précisément le contexte d’une autre. On voit mal Georges Duby écrivant <emph>La
                société mâconnaise</emph> à partir de formules<note n="2" type="footnote">G. Duby,
                  <emph>La société aux</emph>
                <num>xi</num><emph><hi rend="sup">e</hi> et</emph>
                <num>xii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècles dans la région mâconnaise</emph>,
                Paris, 1953.</note>.</p>
            <p>Mais au fond, là où l’amalgame plus ou moins inconscient entre actes et formules a
              fait le plus de dommage et créé le plus d’inutiles difficultés, ce n’est pas dans
              l’exposition du problème, assez évident, mais dans le type de solutions proposées. La
              part du lion des discussions ayant eu trait aux formules, depuis la fin du <num>xix<hi
                  rend="sup">e</hi></num> siècle, n’a en effet pas vraiment concerné ces modèles
              pour eux-mêmes, mais plus exactement leur sources&#160;: c’est-à-dire, les documents
              disparus sur lesquels ils auraient été fondés<note n="3" type="footnote">Voir par
                exemple Werner Bergmann, «&#160;Verlorene Urkunden nach den <emph>Formulae
                  Andecavenses</emph>&#160;», dans <emph>Francia</emph>, t. 9, 1981, p. 3-56.</note>. La
              tendance générale à été de lire ces textes non simplement en tant que formules, mais
              en tant que fantômes d’actes réels – et c’est une tendance que l’on peut d’autant
              mieux comprendre et excuser que ces actes réels nous font souvent si cruellement
              défaut, surtout pour la période mérovingienne, celle des plus anciens formulaires, et
              ceux qui ont été par conséquent privilégiés par l’historiographie.</p>
            <p>L’essentiel de la discussion s’est en effet attaché à déterminer envers et contre
              tout la date et le lieu d’origine des documents de départ qui auraient servi pour
              chaque collection de modèles – tâche ingrate s’il en est, les scribes ayant fait de
              leur mieux pour brouiller les pistes. Les dates proposées par Karl Zeumer, l’éditeur
              principal de ces textes, sont en fait le résultat d’échafaudages logiques étonnamment
              fragiles, et reposent le plus souvent sur de minuscules bribes d’information tirées
              d’un ou deux textes, et étendues tacitement à toutes les autres pièces de la
              compilation&#160;: ici un détail ayant échappé à l’esprit de généralisation du scribe&#160;; là
              une identification, souvent pas très ferme, du texte d’une formule avec celui d’un
              acte conservé (l’essentiel de ces identifications concernant d’ailleurs
              malheureusement des actes depuis reconnus comme faux ou interpolés, et donc fondés sur
              la formule plutôt que l’inverse)<note n="4" type="footnote"><emph>Formulae
                  Merowingici et Karolini Ævi</emph>, ed. K. Zeumer, Hanover, 1886 (MGH
                  <emph>Leges</emph>, V). Id., «&#160;Über die älteren fränkischen Formelsammlungen&#160;»,
                dans <emph>Neues Archiv</emph>, t. 6, 1881, p. 9-115, et «&#160;Über die alamannischen
                Formelsammlungen&#160;», dans <emph>Neues Archiv</emph>, t. 8, 1883, p. 473-553. Voir
                aussi Bruno Krusch, «&#160;Ursprung und Text von Marculfs Formelsammlung&#160;», dans
                  <emph>Nachrichten von der Königlichen Gesellschaft der Wissenschaften zu
                  Göttingen, Phil. hist. Klasse</emph>, Berlin, 1916, p. 234-274&#160;; Franz Beyerle,
                «&#160;Das Formelbuch des westfränkischen Mönchs Marculf und Dagoberts Urkunde für Rebais
                a. 635&#160;», dans <emph>Deutsches Archiv für Erforschung des Mittelalters</emph>, t. 9,
                1952, p. 43-58, et Léon Levillain, «&#160;Le formulaire de Marculf et la critique
                moderne&#160;», dans <emph>Bibliothèque de l’École des chartes</emph>, t. 84, 1923,
                p. 21-91.</note>.</p>
            <p>Cette manière de procéder repose sur un parti-pris, celui de prêter à chaque
              collection de formules, dans sa première rédaction, un haut degré de cohérence
              interne. Au fond, l’axiome non explicité de Zeumer, et donc le point de départ de la
              plupart des discussions, c’est qu’un recueil de formules ne devait contenir en
              principe que des modèles fondés sur des documents récents et tous issus du même
              contexte géographique. Or c’est là un a priori fort discutable, étant donné qu’il
              s’agit, après tout, de textes choisis, recopiés et retravaillés, quelle que soit leur
              ancienneté, par des scribes, sur une période de plusieurs siècles. Il n’y a pas de
              raison de penser que le compilateur d’origine d’une collection se serait imposé
              d’aussi strictes limites dans sa propre sélection de sources, ce qui supposerait qu’il
              aurait envisagé son travail d’une manière profondément différente de celle des scribes
              ultérieurs. Une impression de cohérence interne pourrait à première vue sembler
              ressortir de l’édition des MGH, mais elle constitue en fait seulement le résultat, et
              non une justification, de ce parti-pris&#160;: en effet, quand le contenu d’une collection
              ne semblait pas cohérent, par exemple quand des indications de dates dans deux ou
              plusieurs de ses textes étaient contradictoires, Zeumer considérait qu’il s’agissait
              en fait de deux collections plus anciennes amalgamées en une nouvelle, et les
              présentait donc séparément ou créait des césures pour les distinguer. Les collections
              telles qu’elles se trouvent imprimées dans l’édition des MGH suivent ces regroupements
              théoriques plus que l’état des manuscrits, et donnent donc de ces derniers une
              impression très tendancieuse, comme le sait bien quiconque aura essayé de comparer
              édition et témoins manuscrits, et aura été surpris du résultat<note n="5"
                type="footnote">Sur les méthodes éditoriales de Zeumer, A. Rio, «&#160;Les formulaires
                mérovingiens et carolingiens&#160;: tradition manuscrite et réception&#160;», dans
                  <emph>Francia</emph>, t. 35, 2008, p. 327-348. Voir aussi Warren C. Brown, «&#160;When
                documents are destroyed or lost&#160;: lay people and archives in the early Middle
                Ages&#160;», dans <emph>Early Medieval Europe</emph>, t. 11, 2002,
              p. 337-366.</note>.</p>
            <p>Il n’y a donc pas à s’étonner que, par cette méthode, on en arrive effectivement à
              des recueils de formules d’une remarquable cohérence interne&#160;: elle est due au fait
              que presque toutes les collections de l’édition des MGH ont été accouchées au forceps.
              Le travail titanesque de Zeumer, et les efforts qu’il fit pour en arriver à des
              collections qui justement avaient si peu à voir avec leurs témoins manuscrits, étaient
              animés par l’espoir de pouvoir rendre les formules analysables selon la même logique
              que les documents d’archives&#160;: c’est-à-dire leur restituer leur valeur d’information
              locale et délimitée dans le temps. Or c’est là un espoir qui ne peut mener en fin de
              compte qu’à la déception et à l’amertume. Car justement, quand on regarde les témoins
              manuscrits, ce qu’il y a de plus frappant, c’est le mélange constant, presque
              étourdissant, de l’ancien et du nouveau.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Auteur ou scribe, Urtext ou manuscrit</head>
            <p>Les formulaires, en effet, même quand il s’agit de collections traitées de nos jours
              comme si elles avaient eu un statut plus ou moins canonique (tel Marculf), sont
              extrêmement instables dans la tradition manuscrite&#160;: il y a en fait à peu près autant
              de collections différentes qu’il y a de manuscrits<note n="6" type="footnote">Sur la
                tradition manuscrite des formules de Marculf, voir K. Zeumer, «&#160;Über die älteren
                fränkischen Formelsammlungen…&#160;», p. 39-40&#160;; B. Krusch, «&#160;Ursprung und Text…&#160;»,
                p. 241-244&#160;; Heinrich Sprömberg, «&#160;Marculf und die fränkische Reichskanzlei&#160;», dans
                  <emph>Neues Archiv</emph>, t. 47, 1928, p. 77-142&#160;; voir aussi A. Rio, <emph>The
                  Formularies of Angers and Marculf&#160;: Two Merovingian Legal Handbooks</emph>,
                Liverpool, 2008, aux p. 104-123 et 259-279&#160;; et la thèse d’Alexandre Jeannin,
                  <emph>Formules et formulaires&#160;: Marculf et les praticiens du droit au premier
                  Moyen Âge (</emph><num>v</num><emph><hi rend="sup"
                    >e</hi></emph>-<num>x</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècles)</emph>,
                Université Jean-Moulin Lyon 3, 2008.</note>. Ces collections étaient transmises sur
              la longue durée, et voyageaient souvent aussi loin dans l’espace que dans le temps, se
              subdivisant et se développant au fur et à mesure. Pratiquement chaque scribe semble
              avoir puisé dans des sources éparses pour parvenir à constituer le produit final le
              plus utile à lui-même ou à sa communauté&#160;: il pouvait choisir des textes qui se
              trouvaient déjà sous forme de modèles, pris dans une ou parfois plusieurs collections
              préexistantes&#160;; ou il pouvait choisir des actes, soit rédigés par lui-même et dont il
              était spécialement fier, soit plus anciens et provenant du fonds d’archives de son
              institution, et les transformer en formules nouvelles (dans ce cas Zeumer le
              considérerait non comme un scribe, mais comme un «&#160;auteur&#160;» de formule&#160;: on voit à
              quel point la distinction est difficile à établir). Il pouvait même aller chercher
              plus loin, par exemple dans des collections épistolaires, ou ailleurs encore&#160;: la
                <emph>Collectio Flaviniacensis</emph> est particulièrement excentrique à cet égard,
              en ceci qu’elle contient une correspondance entre l’empereur Constantin et diverses
              personnes, dont sa mère, extraite de l’<emph>Historia tripartita</emph><note n="7"
                type="footnote">Sur le travail des scribes, et la <emph>Collectio
                  Flaviniacensis</emph> en particulier, voir maintenant W. Brown, «&#160;Francia&#160;:
                formula collections&#160;», dans <emph>Documentary Culture and the Laity in the Early
                  Middle Ages</emph>, dir. W. Brown, Marios Costambeys, Matthew Innes et Adam Kosto,
                Cambridge, 2013, p. 125-151.</note>.</p>
            <p>Ce processus de sélection et d’accrétion, si continu et si irrégulier, signifie qu’un
              formulaire n’était jamais réellement fini, et demeurait, tant que son contenu semblait
              utile, un chantier ouvert. Cela signifie aussi qu’il est impossible d’être sûr du laps
              de temps écoulé entre, d’un côté, la date d’origine d’un acte utilisé comme source
              dans une formule, et, de l’autre, le moment où un scribe avait choisi d’en faire un
              modèle&#160;; et encore, par conséquent, qu’une formule ne peut pas non plus nous donner
              d’information solide sur la date d’origine de sa voisine dans un manuscrit, ni sur la
              date où cette dernière avait elle-même fait la transition de l’acte au modèle. Tout
              cela laisse l’essentiel de nos textes sans aucune date fixe&#160;: tout au plus des
                <emph>termini post</emph> et <emph>ante quos</emph>, souvent extrêmement vagues. Il
              n’est donc pas seulement difficile d’analyser les formules en tant qu’ensembles
              d’actes, ni même d’ersatz d’actes&#160;: c’est strictement infaisable. Elles sont, en
              somme, encore plus compliquées, encore plus impossibles à dater, encore plus
              déracinées, bref encore plus frustrantes qu’elles ne le semblent à première vue.</p>
            <p>J’avoue maintenant que j’ai peut-être été un peu dure (comme on l’est souvent quand
              on débute) dans ma condamnation de certaines datations proposées par Zeumer et par
              d’autres, et que les identifications de lieux sont souvent plus convaincantes,
              reposant plus fréquemment sur des références répétées dans plusieurs formules au sein
              d’une même collection. Mais au fond, ce que je voulais dire, c’était non que tout le
              monde avait eu tort dans tous les détails, mais que cette approche en elle-même
              limitait ce que l’on pouvait tirer de ces textes&#160;: quel que soit le degré de
              vraisemblance des dates et des lieux d’origine proposés (et je persiste à le trouver
              la plupart du temps très bas), on manquerait toujours l’essentiel de l’histoire d’un
              formulaire en en restant là. Si les collections de Zeumer présentent tant de problèmes
              aux historiens, c’est justement parce qu’une grande partie de ses efforts, en raison
              de la tradition lachmanienne dans laquelle il travaillait, avait pour but ultime
              d’éliminer les interventions plus tardives, et donc par définition néfastes, des
              scribes des manuscrits dans lesquels ces textes nous sont parvenus, pour en arriver à
              quelque chose de plus proche d’un <emph>Urtext.</emph> C’est cet <emph>Urtext</emph>
              auquel il est impossible d’attribuer un contexte historique plausible, et qui rend
              donc ces textes si rétifs à toute analyse. Les manuscrits, par contre, quand on les
              considère comme objets d’analyse en eux-mêmes, et non comme un simple moyen de
              parvenir à un autre objet d’analyse (le texte idéal), peuvent nous permettre d’aller
              plus loin.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Demande et diffusion&#160;: le moment carolingien</head>
            <p>Qu’est-ce que les manuscrits peuvent donc nous apprendre? D’abord, qu’il serait
              difficile de caractériser même un seul de ces recueils comme un produit officiel. Tout
              semble indiquer que ces manuscrits et ces collections étaient le résultat
              d’initiatives privées&#160;: il s’agit, sinon d’objets personnels, du moins d’objets
              adaptés à l’usage d’une communauté particulière (et il s’agit ici inévitablement de
              communautés ecclésiastiques ou monastiques, puisque les recueils utilisés par les
              notaires laïcs, s’il y en eut, auraient eu des chances de survie pratiquement nulles).
              Il n’est d’ailleurs pas surprenant qu’il s’agisse d’initiatives privées, étant donné
              que tel semble aussi être le cas de textes pour lesquels l’absence apparente de
              contrôle de la part du pouvoir central pose des questions autrement plus délicates&#160;:
              je pense ici aux manuscrits de lois et de capitulaires, qui d’ailleurs contiennent
              souvent aussi des formules<note n="8" type="footnote">Patrick Wormald, <emph>The
                  Making of English Law&#160;: King Alfred to the Twelfth Century</emph>, Oxford, 1999,
                p. 53-70&#160;; voir aussi Thomas Faulkner, <emph>The Frankish «&#160;leges&#160;» in the
                  Carolingian Period</emph>, PhD thesis, Cambridge, 2010, chap. 5&#160;;
                  <emph>idem</emph>, <emph>Law and Authority in the Early Middle Ages&#160;: The Frankish
                  leges in the Carolingian Period</emph>, Cambridge, à paraître.</note>. Mais dans
              le cas des formulaires, et malgré la présence de diplômes royaux dans bon nombre
              d’entre eux, l’absence de relations avec le pouvoir central semble encore plus nette,
              en ce sens que l’on ne peut trouver aucune indication solide liant la compilation de
              ces collections à qui que ce soit ayant eu des rapports bien attestés avec la
              chancellerie du palais. La seule exception, le recueil des formules dites
              «&#160;impériales&#160;», ne fait que confirmer la règle, puisque, de toutes les collections,
              c’est elle qui ressemble le plus à une série de notes à usage personnel (en notes
              tironiennes et souvent dans les marges d’autres textes tout aussi rares et
              éclectiques), et celle dont les formules ont une des traditions manuscrites les plus
              restreintes&#160;: sans doute a-t-elle effectivement été compilée par un notaire de la
              chancellerie de Louis le Pieux (il n’y a pas de raison d’en douter), mais
              manifestement pas dans une optique de diffusion officielle<note n="9" type="footnote"
                >. Le manuscrit est décrit dans Hubert Mordek, <emph>Bibliotheca capitularium regum
                  Francorum manuscripta </emph>: <emph>Überlieferung und Traditionszusammenhang der
                  fränkischen Herrschererlasse</emph>, Munich, 1995 (MGH Hilfsmittel, 15),
                p. 422-423&#160;; voir aussi Mark Mersiowsky, «&#160;Saint-Martin de Tours et les
                chancelleries carolingiennes&#160;», dans <emph>Alcuin de York à Tours&#160;: écriture,
                  pouvoir et réseaux dans l’Europe du haut Moyen Âge</emph>, dir. Philippe Depreux
                et Bruno Judic, Rennes/Tours, 2004, p. 73-90.</note>.</p>
            <p>Malgré cela, force est de constater que l’époque carolingienne a marqué un énorme
              saut quantitatif, ici comme en tant d’autres domaines, d’une part dans le nombre de
              manuscrits préservant le texte des formulaires les plus anciens, sans lesquels
              pratiquement aucun ne serait parvenu jusqu’à nous, et, d’autre part, dans le nombre de
              formulaires nouvellement constitués<note n="10" type="footnote">W. Brown, «&#160;Die
                karolingischen Formelsammlungen&#160;: warum existieren sie&#160;?&#160;», dans <emph>Die
                  Privaturkunden der Karolingerzeit</emph>, dir. Peter Erhart, Karl Heidecker et
                Bernhard Zeller, Dietikon-Zürich, 2009, p. 95-101.</note>. Pourquoi cette
              intensification&#160;? Pourquoi tant d’institutions, <emph>scriptoria</emph>
              ecclésiastiques ou monastiques, choisirent-elles si souvent, précisément au <num>ix<hi
                  rend="sup">e</hi></num> siècle, de faire ou de se faire faire un formulaire
              – surtout si tous étaient en fin de compte le produit d’une initiative privée, vu le
              manque notable de tout signe d’encouragement ou d’intérêt pour ces questions de la
              part du pouvoir central&#160;? Autrement dit, comment expliquer une telle convergence dans
              la demande à cette époque&#160;? Est-ce là une différence seulement quantitative, ou
              est-elle aussi qualitative&#160;?</p>
            <p>Pour commencer à répondre à ces questions, il faut d’abord garder à l’esprit que les
              formulaires, tels qu’on les trouve dans les manuscrits d’époque carolingienne, sont
              loin d’être la seule manière de conserver ou de donner accès à des modèles
              documentaires&#160;: c’est seulement celle qui a le plus de chances de laisser des traces
              encore détectables mille ans plus tard. On ne trouve, par exemple, aucun formulaire en
              Italie pour cette époque (mis à part le <emph>Liber diurnus</emph>, qui est un cas un
              peu spécial, comme tout ce qui touche aux papes<note n="11" type="footnote">Leo
                Santifaller, <emph>Liber diurnus&#160;: Studien und Forschungen</emph>, Stuttgart,
                1976.</note>)&#160;; mais on pourrait difficilement imaginer, étant donné le volume de
              documents produits en Italie, que chaque document ait été produit <emph>ex
                nihilo</emph>, sans recours à des modèles, appliqués de mémoire ou tirés du fonds
              documentaire déjà existant du monastère ou de l’église en cause. Des modèles
              rassemblés sous forme de formulaire-livre de type franc, avec une table des matières
              et copiés les uns après les autres dans un manuscrit durable et une écriture aisément
              maîtrisable, auraient certainement été plus faciles d’accès que des modèles qu’il
              fallait constamment aller chercher dans les archives ou parmi des brouillons, mais ils
              auraient aussi représenté un investissement de travail au départ beaucoup plus
              important&#160;: visiblement les scribes italiens ne furent pas du tout tentés de
              s’attaquer à cette tâche, et la qualité de leur travail n’en a manifestement pas été
              affectée. C’est d’ailleurs aussi ce qui semble s’être passé en France après l’essor
              carolingien des formules, quand tous ces formulaires auxquels on avait consacré tant
              d’efforts cessèrent complètement d’être recopiés&#160;: les cartulaires, qui eux avaient un
              bel avenir devant eux, se seraient d’ailleurs très bien prêtés à cet usage, et
              peut-être ont-ils pris la relève, comme l’a remarqué Laurent Morelle<note n="12"
                type="footnote">L. Morelle, «&#160;Incertitudes et faux-semblants&#160;: quelques remarques
                sur l’élaboration des actes privés carolingiens à la lumière de deux gisements de
                France septentrionale (Sithiu/Saint-Bertin, Saint-Denis)&#160;», dans
                  <emph>Privaturkunden der Karolingerzeit…</emph>, p. 103-120, à la p. 111. A. Rio,
                  <emph>Legal practice…</emph>, p. 197.</note>.</p>
            <p>Il faut souligner que même la constitution de recueils de modèles ne suffisait pas à
              en garantir la survie&#160;: on ne trouve pour ainsi dire aucun témoin manuscrit datant de
              l’époque mérovingienne, alors que plusieurs collections de formules étaient
              certainement déjà en circulation. Peut-être ne circulaient-elles pas sous forme de
              livres, mais de <emph>libelli</emph> moins bien conservables, ou de notes éparses&#160;;
              quoi qu’il en soit, sans le moment carolingien dans l’histoire de ces textes, on
              n’aurait rien su de l’existence de Marculf.</p>
            <p>On voit donc que la survie de modèles documentaires, sous quelque forme que ce soit,
              est un accident d’autant plus heureux qu’il est extrêmement rare, une fenêtre un
              instant ouverte puis rapidement refermée, nécessitant une exceptionnelle conjonction
              de circonstances – du moins si l’on rejette l’hypothèse d’une coordination par un
              pouvoir central, ce qui serait une lecture improbable de l’état des manuscrits, et
              aurait de toute façon représenté une entreprise largement au-dessus des forces du
              pouvoir carolingien. Faire un formulaire de telle manière qu’il ait des chances d’être
              conservé sur la longue durée était donc au fond une décision plutôt bizarre, et l’on
              ne peut que s’étonner d’autant plus qu’on en ait tant d’exemples manuscrits pour une
              période assez courte (la plupart datent de la fin du <num>viii<hi rend="sup"
                >e</hi></num> à la moitié du <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle), et dans une
              zone géographique assez peu étendue (la grande majorité est issue de la moitié
              septentrionale de l’empire carolingien, au nord d’une ligne allant en gros de Tours à
              Salzbourg).</p>
            <p>Il s’est donc passé quelque chose, dans ces lieux et à cette époque, qui mérite une
              explication allant au-delà des aléas de la conservation. Puisque j’ai déjà rejeté
              l’hypothèse de la contrainte, il ne peut s’agir que de facteurs ayant stimulé la
              demande de formulaires présentés sous forme de livres. Une hypothèse assez évidente
              serait le besoin de former un grand nombre de nouveaux scribes, à une cadence assez
              rapide pour justifier la compilation de manuels raisonnés. Cela correspondrait assez
              bien à l’expansion apparente des <emph>scriptoria</emph> en général à la même époque,
              surtout dans les régions du nord et de l’est de l’empire carolingien. Notons que c’est
              surtout dans le contexte d’une expansion soudaine du nombre de scribes à former que
              ces compilations auraient réellement présenté un avantage, et justifié le travail
              qu’elles représentaient&#160;: c’est surtout dans ces circonstances que les moyens les plus
              courants d’utiliser des modèles, comme la mémorisation par répétition ou la
              consultation d’archives au cas par cas, auraient risqué d’être insuffisants.</p>
            <p>Le contenu des formulaires, tels qu’on les trouve dans les manuscrits carolingiens,
              témoigne aussi d’un intérêt pour les modèles documentaires allant bien au-delà des
              conventions diplomatiques locales (auxquelles on se serait restreint par d’autres
              méthodes, par exemple en n’utilisant que les archives de sa propre institution). On
              constate en effet beaucoup d’échanges de textes entre collections&#160;: bien que chaque
              formulaire dans les MGH ne corresponde, dans la plupart des cas, qu’à un nombre
              restreint de manuscrits, certains textes individuels se trouvent souvent dans un bien
              plus grand nombre de copies. Il y a donc des formules qui, quand on les considère
              indépendamment, ont connu un vrai succès de diffusion, allant au-delà de celui de
              l’ensemble de la collection particulière dans laquelle elles pouvaient avoir été
              insérées. Cela semble suggérer que les scribes, pour constituer leur propre
              collection, seraient souvent allés chercher des exemplaires venus d’ailleurs,
              visiblement sans se soucier outre mesure du fait que certains de ces modèles ne
              provenaient pas de leur propre <emph>Urkundenlandschaft</emph>&#160;: plutôt que de les
              cantonner à des collections, on pourrait caractériser plus justement les formules
              comme un ensemble fluide, assez largement partagé, et dans lequel un scribe pouvait
              aller puiser les modèles qu’il préférait<note n="13" type="footnote">Laurent Morelle
                a invoqué à cet égard la notion de «&#160;communauté textuelle&#160;» chère à Brian Stock&#160;:
                «&#160;Incertitudes et faux-semblants…&#160;», p. 114.</note>.</p>
            <p>Ce choix, fait par nombre de scribes au même moment dans beaucoup d’endroits
              différents, pourrait s’expliquer en partie par le besoin de textes pour lesquels il
              n’existait pas encore d’exemples faits maison&#160;: par exemple pour des monastères
              récemment fondés, ou pour des monastères ayant tout juste commencé à prendre en charge
              la rédaction de documents pour la communauté laïque résidant dans les environs. Je
              n’envisage pas ici un remplacement total des scribes laïcs par des scribes
              ecclésiastiques, qui ne semble pas s’être produit à cette époque, mais seulement que
              certaines institutions religieuses auraient pu éprouver le besoin d’étendre leur
              domaine de compétence pour rédiger des actes et des lettres au service d’une clientèle
              plus variée – ce qui pourrait expliquer l’inclusion, parmi les formules dites de
              Merkel, d’une lettre d’amour réutilisable<note n="14" type="footnote"><emph>Formulae
                  Salicae Merkelianae</emph>, n° 47. Sur ce texte, voir Mary Garrison, «&#160;"Send more
                socks”&#160;»&#160;: on mentality and the preservation context of medieval letters&#160;», dans
                  <emph>New Approaches to Medieval Communication</emph>, dir. Marco Mostert,
                Turnhout, 1999, p. 69-99, aux p. 98-99.</note>.</p>
            <p>De manière plus spéculative, on pourrait aussi citer la possibilité d’un rapport
              particulier à la norme. L’insistance du pouvoir carolingien sur la norme (dans un sens
              non d’homogénéisation, mais de volonté d’adhérer à des standards élevés, si divers
              soient-ils) a aussi pu jouer un rôle&#160;: la survie de ces formulaires pourrait être en
              partie le résultat indirect de l’établissement de liens plus étroits entre le central
              et le local caractérisant cette période, dans la mesure où une institution
              ecclésiastique aurait pu y trouver un motif supplémentaire de rechercher des modèles
              appropriés, en prévision de cas où elle pouvait avoir besoin de faire appel à la
              justice royale.</p>
            <p>Car, si désordonnés que puissent nous sembler les formulaires de cette époque, c’est
              tout de même vraiment de norme qu’il s’agit&#160;: si on voulait les relier à un autre type
              de source, on pourrait opérer un rapprochement beaucoup plus approprié (du point de
              vue de la méthode plutôt que de celui de la forme) avec la législation, du moins celle
              de cette époque, plutôt qu’avec les actes réels. Je me hâte d’ajouter que je ne pense
              en aucun cas que l’on puisse considérer ces textes comme de la jurisprudence,
              puisqu’ils dictent la forme, pas la substance&#160;: ils sont assez modifiés et adaptés de
              manuscrit en manuscrit pour bien montrer qu’ils ne disent pas ce qu’il faut faire,
              mais la manière appropriée de dire ce que l’on a fait. Le respect de la forme d’un
              document à cette époque était d’ailleurs sans doute d’autant plus importante que son
              contenu «&#160;légal&#160;» semble avoir été relativement libre. Ce que l’on attendait avant
              tout des scribes, c’était la capacité d’exprimer toute transaction, aussi excentrique
              soit-elle par son contenu, de la manière la plus traditionnelle. L’utilisation d’un
              langage aussi proche que possible de celui d’actes antérieurs, dont la légitimité
              n’était pas en question, contribuait à insérer la nouvelle transaction dans un
              discours culturel déjà établi, ce qui était en soi une manière de renforcer sa
              validité.  Maîtriser ce discours était l’une des fonctions essentielles des
              formulaires&#160;: leur usage ne marquait pas seulement le respect d’une norme existante,
              mais représentait aussi, à chaque réutilisation, une revendication de normalité. Le
              caractère expérimental et souvent conflictuel de bon nombre de dispositions concernant
              l’exploitation et la propriété foncière à l’époque carolingienne pourrait expliquer le
              recours croissant à un langage déjà consacré par la tradition, et par là moins
              susceptible de prêter à controverse.</p>
            <p>En somme, donc, les formulaires constituent un répertoire plus qu’une règle. Mais le
              choix du répertoire est quand même révélateur. Le choix des textes, et leur processus
              de sélection et d’adaptation, ne nous disent pas qu’une action particulière a pris
              place à un moment et à un endroit précis, comme le font les actes, puisque rien ne
              nous permet de dire qu’une formule comprise dans un manuscrit a réellement servi&#160;: ce
              que les formulaires ont à nous dire, c’est plutôt quels textes étaient considérés
              comme assez utiles à l’avenir pour valoir la peine d’être copiés et recopiés. Un
              travail intensif de compilation suppose en effet la prévision d’un besoin
              récurrent.</p>
            <p>Dans la plupart des cas, on serait en droit d’adopter une perspective assez optimiste
              sur le jugement des scribes. La raison pour laquelle il est si difficile de démontrer
              l’utilisation pratique d’un formulaire est que la grande majorité des documents inclus
              parmi ces modèles n’auraient eu aucune chance d’être préservés en tant qu’actes
              réels&#160;: c’est là une conséquence inévitable de ce qui précisément les rend si
              intéressants, c’est-à-dire l’inclusion de tant de textes n’ayant trait qu’aux affaires
              des laïques<note n="15" type="footnote">W. Brown, «&#160;Francia…&#160;», et «&#160;When
                documents…&#160;».</note>. Quand il s’agit de modèles de documents qui avaient une bonne
              chance de survie en tant qu’actes réels, par contre, comme les dons de terres à une
              église, on en trouve très souvent des exemples dans les archives – même s’il est
              remarquablement difficile de montrer un lien indiscutable entre un acte et une
              formule, étant donnés le degré d’adaptation de la formule de départ requis pour
              prendre en compte les circonstances d’un nouvel acte, et le degré de liberté avec
              lequel les scribes traitaient ces modèles. C’est pourquoi l’usage des deux ou trois
              premières formules du livre II de Marculf est si bien attesté, alors que l’on serait
              bien en peine de trouver des exemples semblables pour le reste de sa collection<note
                n="16" type="footnote">Heinz Zatschek, «&#160;Die Benutzung der <emph>Formulae
                  Marculfi</emph> und anderer Formularsammlungen in den Privaturkunden des 8. bis
                10. Jahrhunderts&#160;», dans <emph>Mitteilungen des Instituts für österreichische
                  Geschichtsforschung</emph>, t. 42, 1927, p. 165-267&#160;; Wilhelm John, «&#160;Formale
                Beziehungen der privaten Schenkungsurkunden Italiens und des Frankenreiches und die
                Wirksamkeit der Formulare&#160;», dans <emph>Archiv für Urkundenforschung</emph>, t. 14,
                1936, p. 1-104&#160;; G. Declercq, «&#160;Les <emph>Formulae salicae Lindenbrogianae</emph> et
                l’acte privé dans le nord-ouest du royaume franc à l’époque carolingienne&#160;», dans
                  <emph>Privaturkunden der Karolingerzeit…</emph>, p. 135-144.</note>. Dans la
              plupart des cas, on peut donc donner aux scribes le bénéfice du doute, et admettre
              qu’ils étaient sans doute meilleurs juges que nous-mêmes de ce qui leur était
              utile.</p>
            <p>Ce sur quoi je n’ai pas suffisamment insisté dans mon livre, ce sont les formules
              dont on a vraiment du mal à voir l’utilité comme modèles documentaires, même en
              admettant qu’elles auraient pu être modifiées considérablement durant la rédaction
              d’un nouvel acte&#160;; celles dont on peut même douter qu’elles aient eu pour but de
              servir de modèles. Je pense ici, par exemple, à ces formules de diplômes royaux qui
              choquaient tant Zeumer par la légèreté avec laquelle elles traitaient la titulature
              normalement utilisée dans les diplômes réels. C’est le cas par exemple des cinq
              premières formules de la <emph>Collectio Sangallensis</emph><note n="17"
                type="footnote">Bernhard Zeller en a parlé de manière très intéressante à Leeds
                («&#160;Imperial reflections in Alemannic formularies&#160;», Leeds International Medieval
                Congress, 2012).</note>. Travail d’amateur, documents «&#160;<emph>ficta et
                inutilia</emph>&#160;», estimait Zeumer<note n="18" type="footnote"><emph>Formulae
                  Merowingici et Karolini Aevi</emph>, p. 392&#160;; voir aussi K. Zeumer, «&#160;Über die
                alamannischen Formelsammlungen&#160;», p. 509-510.</note>. Et il avait raison, dans un
              sens&#160;: ces textes n’auraient pas davantage plu à un vrai scribe de chancellerie
              royale. Il n’empêche qu’on les retrouve recopiés dans pas moins de quatre manuscrits,
              dont chacun élimine d’autres formules provenant du même ensemble, formules qui
              sembleraient <emph>a priori</emph> beaucoup plus plausibles. On pourrait d’ailleurs
              faire la même observation à propos du livre I de Marculf, souvent recopié mais en fait
              rarement mis à jour&#160;: qui donc aurait bien pu avoir besoin, au <num>ix<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle, de recopier des formules concernant le maire du palais&#160;?
              Combien d’institutions, parmi celles qui prenaient tant de peine à recopier des
              modèles de diplômes, en auraient jamais eu réellement besoin&#160;? Je n’ai pas assez
              insisté là-dessus, parce que l’un des arguments centraux de mon livre était que les
              scribes n’étaient pas du tout aussi bêtes que le pensait Zeumer.</p>
            <p>Maintenant, avec plus de recul, je vois mieux que, sans pour autant être bêtes, tous
              les scribes ne maîtrisaient pas également les différents types de documents auxquels
              ils avaient affaire. Un scribe pouvait être un excellent juge de ce dont il aurait
              besoin dans le train-train de sa vie professionnelle et à des fins pratiques&#160;: on peut
              penser par exemple que la plupart avaient une idée assez juste de ce qui leur était
              utile pour régler les affaires habituelles de leur institution ou de ses voisins et
              dépendants laïcs, ou, entre autres, de la meilleure manière d’écrire une lettre à sa
                maman<note n="19" type="footnote"><emph>Formulae Marculfi</emph>,
                  <emph>Suppl.</emph>, n° 4&#160;; <emph>Cartae Senonicae</emph>, n° 49.</note>,
              d’expliquer (pour un moine) son absence du monastère durant la visite d’un évêque<note
                n="20" type="footnote"><emph>Collectio Sangallensis</emph>, n° 45.</note>, ou
              (pour un évêque) de s’excuser de ne pouvoir venir à un synode<note n="21"
                type="footnote"><emph>Collectio Sangallensis</emph>, n° 38.</note>. Mais peut-être
              ont-ils aussi inclus des textes dont le but était précisément de dépasser ce
              train-train, pour s’imaginer appartenir à un monde dont ils n’avaient aucune
              expérience directe et dont ils se faisaient sans doute une idée un peu naïve – juste
              le temps de rêver d’une visite royale, ou d’un lien privilégié avec la chancellerie du
              roi. Ce type de rapport au pouvoir central, qui relève plus du vœu pieux que du lien
              concret, pourrait alors passer pour un signe assez frappant du succès qu’ont eu les
              rois carolingiens à s’inscrire dans l’imaginaire local. Peut-être s’agissait-il même
              là d’une question de statut&#160;: on peut bien comprendre pourquoi aucune institution,
              lorsqu’elle se projetait ainsi dans le futur, n’a voulu admettre qu’elle n’aurait
              jamais besoin d’un modèle pour une donation royale. Les formulaires, conçus comme
              livres durables destinés à servir dans le très long terme, étaient une façon pour une
              institution de prédire son propre avenir, et ce n’est pas là seulement une entreprise
              objective et pragmatique&#160;; elle est colorée aussi d’espoir, de rêve, et d’une certaine
              idée qu’on se fait, à tort ou à raison, de ses propres mérites (chacun d’entre nous le
              sait sans doute par expérience).</p>
            <p>Je maintiens donc toujours que les formulaires nous donnent un point de vue sans
              aucun équivalent à cette époque sur la mentalité des scribes, et sur la manière dont
              ceux-ci comprenaient leur travail&#160;; mais peut-être aurais-je dû faire plus de place à
              ce qu’il pouvait y avoir d’un peu moins rationnel, et aussi de plus humain, dans cette
              disposition d’esprit.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part2">
        <front>
          <head>Die <emph>Formulae imperiales</emph> und die Urkunden Ludwigs des Frommen</head>
          <byline><docAuthor>Sarah Patt</docAuthor>, Dr. des., Arbeitsstelle "Edition der fränkischen Herrschererlasse",
            Historisches Institut, Universität zu Köln, Albertus-Magnus-Platz, D-50923 Köln. <ref
              target="mailto:sarah.patt@uni-koeln.de">sarah.patt@uni-koeln.de</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Das Formular der Urkunden hat unter Kaiser Ludwig dem Frommen († 840) eine
            grundsätzliche Überarbeitung und Stabilisierung erfahren. Zeugnis dieser Entwicklung
            gibt nicht zuletzt die aus dem Umkreis der kaiserlichen Kanzlei überlieferte Sammlung
            der <emph>Formulae imperiales</emph>, die auf realen, tatsächlich ausgefertigten
            Diplomen des Karolingers beruhen. Dieses Korpus, unikal überliefert im Cod. Lat. 2718
            der Bibliothèque nationale in Paris, ist immer wieder als offizieller Formularbehelf der
            kaiserlichen Kanzlei angesehen worden. Dabei lässt schon die Überlieferungssituation
            Bedenken an dieser Deutung aufkommen. Ein Vergleich der Formeltexte mit den 418 auf uns
            gekommenen Urkunden Ludwigs des Frommen bestätigt diese Zweifel&#160;: Es lässt sich nicht
            nachweisen, dass die Sammlung tatsächlich als allgemein verbindliche Vorlage diente, die
            Kanzleimitarbeiter bei der Urkundenausstellung unmittelbar vor Augen hatten. Der Befund
            deutet vielmehr auf die variable, ‘mosaikartige’ Verarbeitung erlernten und durch
            häufigen Gebrauch dem Gedächtnis fest eingeprägten Formularguts, das die Notare flexibel
            und sicher handhabten. Bei den <emph>Formulae imperiales</emph> handelt es sich
            vermutlich um die private, unsystematische Gelegenheitssammlung eines in der Kanzlei
            tätigen Notars. Sie boten allenfalls eine Orientierung im Bedarfsfall. Am Hofe Ludwigs
            des Frommen genossen sie keinen wie auch immer gearteten ‘amtlichen’ Status.</p>
          <div>
            <head type="h1">Einleitung</head>
            <p>Vom Formular der Urkunden Ludwigs des Frommen († 840) ist bekanntermaßen überaus
              Positives zu berichten<note n="1" type="footnote">Überarbeitete und erweiterte
                Fassung des am 3. September 2012 in Paris gehaltenen Vortrags&#160;; die Form der
                gesprochenen Rede wurde weitgehend beibehalten. Eine nur leicht veränderte Fassung
                habe ich im Frühjahr 2013 auf einem Bonner Symposium vorgetragen und im daraus
                hervorgegangenen Tagungsband veröffentlicht: Sarah Gross-Luttermann, «&#160;Zum
                Formulargebrauch in der kaiserlichen Kanzlei. Ergebnisse eines Vergleichs zwischen
                den „Formulae imperiales“ und den Urkunden Ludwigs des Frommen&#160;», in <emph>Zwischen
                  Tradition und Innovation: Die Urkunden Kaiser Ludwigs des Frommen (814–840).
                  Referate des Kolloquiums der Nordrhein-Westfälischen Akademie der Wissenschaften
                  und der Künste am 19. April 2013 in Bonn</emph>, hg. von Theo Kölzer, Paderborn,
                2014 (<emph>Abhandlungen der Nordrhein-Westfälischen Akademie der Wissenschaften und
                  der Künste</emph>, 128), S. 85-99. – Für die ehrenvolle Einladung möchte ich den
                Organisatoren der Pariser Tagung herzlich danken, ebenso den Diskutanten für
                wertvolle Anregungen. Mein Dank gilt aber vor allem meinem Doktorvater, Prof. Dr.
                Theo Kölzer, der mich ermutigte, erste Ergebnisse meiner Doktorarbeit bereits vor
                deren Abschluss einem internationalen Fachpublikum vorzustellen.</note>&#160;: Es wird
              gegenüber jenem der Vorgänger beständiger, erfährt eine spürbare Festigung und
              Stabilisierung, ja es ist gerade die Kanzlei des zweiten Karolingerkaisers, die «&#160;neue
              Formulierungen für die schriftliche Fixierung wichtiger, ja zentraler Rechtsfiguren
              der Verfassung des fränkischen Rechts geschaffen&#160;»<note n="2" type="footnote">Peter
                Johanek, «&#160;Probleme einer zukünftigen Edition der Urkunden Ludwigs des Frommen&#160;», in
                  <emph>Charlemagnes Heir. New Perspectives on the Reign of Louis the Pious
                  (814-840)</emph>, hg. von Peter Godman und Roger Collins, Oxford, 1990, S.
                409-424, auf S. 418.</note> und für die Folgezeit geprägt hat<note n="3"
                type="footnote">Zum Urkundenformular Ludwigs des Frommen vgl. zusammenfassend
                Theodor Sickel, <emph>Acta regum et imperatorum Karolinorum digesta et enarrata. Die
                  Urkunden der Karolinger</emph>, Bd. 1&#160;: <emph>Lehre von den Urkunden der ersten
                  Karolinger (751-840)</emph>, Wien, 1867, S. 158-166.</note>. Zeugnis dieser
              Entwicklung gibt nicht zuletzt die aus dem Umkreis der kaiserlichen Kanzlei
              überlieferte Sammlung der sogenannten <emph>Formulae imperiales</emph><note n="4"
                type="footnote">Zu dieser Sammlung vgl. ebd., S. 116-121.</note>. Mit diesem
              Korpus habe ich mich im Rahmen meiner Dissertation ausführlich beschäftigt<note n="5"
                type="footnote">Sarah Patt, <emph>Studien zu den ‚Formulae imperiales‘.
                  Urkundenkonzeption und Formulargebrauch in der Kanzlei Kaiser Ludwigs des Frommen
                  (814-840)</emph>, Wiesbaden, 2016 (<emph>M.G.H.</emph>, <emph>Studien und
                  Texte</emph>, 59) [im Druck].</note>. Einige meiner Ergebnisse seien hier
              vorgestellt.</p>
            <p>Die <emph>Formulae imperiales</emph>, wie die anderen frühmittelalterlichen
              Formelsammlungen im <emph>M.G.H. Formulae</emph>-Band Karl Zeumers ediert<note n="6"
                type="footnote"><emph>Formulae imperiales e curia Ludovici Pii</emph>, in
                  <emph>Formulae Merowingici et Karolini aevi</emph>, ed. Karl Zeumer, Hannover,
                1882-1886, Ndr. ebd., 2001 (<emph>M.G.H., Formulae</emph>), S. 285-328. Ihre
                Erstedition erfuhren die <emph>Formulae imperiales</emph> Mitte des 18. Jahrhunderts
                durch den französischen Benediktiner Dom Pierre Carpentier (1697-1767), nach dem die
                Texte zunächst als ‘Carpentiersche Formeln’ bezeichnet wurden&#160;: Pierre Carpentier,
                  <emph>Alphabetum Tironianum, seu notas Tironis explicandi methodus&#160;; Cum pluribus
                  Ludovici Pii Chartis, quae notis iisdem exaratae sunt &amp; hactenus ineditae, ad
                  Historiam &amp; Jurisdictionem cum ecclesiasticam, tum civilem
                  pertinentibus</emph>, Paris, 1747. Zu Carpentier vgl. Michel Prevost, Art. «&#160;10.
                Carpentier (Pierre)&#160;», in <emph>Dictionnaire de biographie française</emph>, 7
                (1956), Sp. 1214 f.</note>, bedeuteten für die seit 2004 in Bonn erarbeitete Edition
              der Urkunden Ludwigs des Frommen<note n="7" type="footnote"><emph>Die Urkunden
                  Ludwigs des Frommen</emph>, unter Mitwirkung von Jens Peter Clausen, Daniel
                Eichler, Britta Mischke, Sarah Patt, Susanne Zwierlein u. a. bearb. von Theo Kölzer,
                3 Bde. (<emph>M.G.H., Diplomata Karolinorum</emph>, 2) [im Druck]. Zusammenfassend
                zu diesem Editionsunternehmen vgl. ders., <emph>Kaiser Ludwig der Fromme (814-840)
                  im Spiegel seiner Urkunden</emph>, Paderborn u. a., 2005
                  (<emph>Nordrhein-Westfälische Akademie der Wissenschaften. Geisteswissenschaften,
                  Vorträge G 401</emph>), und ders., «&#160;Die Edition der Urkunden Kaiser Ludwigs des
                Frommen&#160;», in <emph>Zwischen Tradition und Innovation.</emph>.., hg. von dems., S.
                15-30.</note> «&#160;einen Glücksfall und zugleich eine harte Nuß&#160;»<note n="8"
                type="footnote">Peter Johanek, «&#160;Herrscherdiplom und Empfängerkreis. Die Kanzlei
                Ludwigs des Frommen in der Schriftlichkeit der Karolingerzeit&#160;», in
                  <emph>Schriftkultur und Reichsverwaltung unter den Karolingern. Referate des
                  Kolloquiums der Nordrhein-Westfälischen Akademie der Wissenschaften am 17./18.
                  Februar 1994 in Bonn</emph>, hg. von Rudolf Schieffer, Opladen, 1996
                  (<emph>Abhandlungen der Nordrhein-Westfälischen Akademie der
                Wissenschaften</emph>, 97), S. 167-188, auf S. 188.</note>. So konnte die
              Texterstellung ein ums andere Mal von dem in den <emph>Formulae imperiales</emph>
              gespiegelten Kanzleiformular profitieren. Zu verweisen ist an dieser Stelle vor allem
              auf die zahlreichen Emendationen und Korrekturen verderbt überlieferter Urkundentexte,
              die auf dieser Grundlage möglich wurden. Darüber hinaus musste aber zwangsläufig auch
              die Frage nach dem grundsätzlichen Verhältnis der beiden Quellenkorpora und der Rolle
              der <emph>Formulae imperiales</emph> in der Kanzlei Ludwigs des Frommen virulent
              werden. Hat man in ihnen ein konkretes Arbeitsinstrument der Kanzlei zu sehen? Haben
              sie den dort tätigen Notaren als offizielle Vorlagensammlung gedient, auf die bei der
              Erstellung der auszufertigenden Diplome rekurriert wurde? Um diese Fragen zu
              beantworten und zu einer belastbaren Bestimmung des Verhältnisses von Formelsammlung
              und Ludwigsdiplomen zu gelangen, galt es, dem konkreten Gebrauch des in den
                <emph>Formulae imperiales</emph> gespiegelten Formulars in den über 400 auf uns
              gekommenen Urkunden<note n="9" type="footnote">Einen ersten – allerdings noch dem
                damaligen Stand der Arbeiten entsprechenden und inzwischen in manchen Punkten zu
                revidierenden – Überblick über den Urkundenbestand vermittelt die bei Th. Kölzer,
                  <emph>Kaiser Ludwig der Fromme.</emph>.., im Anhang abgedruckte Urkundentabelle.
                Die Edition umfasst insgesamt 418 Texte. Hinzu kommen 227 Deperdita, rund 20
                (größtenteils als Regest gebotene) Briefe, vier Unterfertigungen und sechs moderne
                Fälschungen, die für meine Untersuchung allerdings nicht bzw. allenfalls von
                nachgeordneter Bedeutung sind.</note> nachzugehen<note n="10" type="footnote"
                >. Entsprechungen zwischen <emph>Formulae</emph>-Texten und Ludwigsurkunden sind in
                der Literatur verschiedentlich thematisiert worden, so von Karl Zeumer im
                  <emph>M.G.H. Formulae</emph>-Band selbst, darüber hinaus vor allem bei Theodor
                Sickel (<emph>Beiträge zur Diplomatik</emph>, bes. «&#160;Beiträge zur Diplomatik III.
                Die Mundbriefe, Immunitäten und Privilegien der ersten Karolinger bis zum Jahre
                840&#160;», in: <emph>Sitzungsberichte der Philosophisch-Historischen Classe der
                  Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften Wien</emph>, 47 (1864), S. 175-277
                [wiederabgedr. in <emph>Beiträge zur Diplomatik. 8 Teile in 1 Band</emph>,
                Hildesheim-New York, 1975, S. 175-277]&#160;; <emph>Acta</emph>…, Bd. 1, und Bd. 2&#160;:
                  <emph>Regesten der Urkunden der ersten Karolinger (751-840)</emph>, Wien, 1867),
                Böhmer-Mühlbacher² (<emph>Regesta Imperii</emph>, Abt. 1&#160;: <emph>Die Regesten des
                  Kaiserreichs unter den Karolingern 751-918</emph>, Bd. 1, nach Johann Friedrich
                Böhmer neubearb. von Engelbert Mühlbacher, vollendet von Johann Lechner, Innsbruck,
                ²1908, von Carlrichard Brühl und Hans Heinrich Kaminsky erg. Ndr. Hildesheim, 1966),
                Edmund E. Stengel (<emph>Die Immunität in Deutschland bis zum Ende des 11.
                  Jahrhunderts. Forschungen zur Diplomatik und Verfassungsgeschichte</emph>, T. 1&#160;:
                  <emph>Diplomatik der deutschen Immunitäts-Privilegien vom 9. bis zum Ende des 11.
                  Jahrhunderts</emph>, Innsbruck, 1910, Ndr. Aalen, 1964) oder Alain J. Stoclet (
                  <emph>Immunes ab omni teloneo. Étude de diplomatique, de philologie et d’histoire
                  sur l’exemption de tonlieux au haut Moyen Age et spécialement sur la Praeceptio de
                  navibus</emph>, Brüssel-Rom, 1999 [<emph>Institut Historique Belge de Rome.
                  Bibliothèque</emph> - <emph>Belgisch Historisch Instituut te Rome.
                  Bibliotheek</emph>, 45]). Eine umfassende, systematische Aufarbeitung der
                Problematik ist bislang aber nicht erfolgt.</note>. Damit verbunden sind Fragen zu
              Genese, Funktion und grundsätzlichem Charakter der <emph>Formulae imperiales</emph>
              wie auch generell zur Praxis ludowicianischer Urkundenkonzeption und zur Arbeitsweise
              der Kanzlei Ludwigs des Frommen.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Die <emph>Formulae imperiales</emph> – eine erste Annäherung</head>
            <div>
              <head type="h2">I.1. Überlieferungszusammenhang</head>
              <p>Die <emph>Formulae imperiales</emph> werden unikal überliefert vom berühmten Cod.
                lat. 2718<note n="11" type="footnote">Zu dieser Handschrift vgl.
                    <emph>Bibliothèque nationale. Catalogue général des manuscrits latins</emph>,
                  Bd. 3&#160;: <emph>N<hi rend="sup">os</hi> 2693 à 3013<hi rend="sup">A</hi></emph>,
                  Paris, 1952, S. 22-25, und Hubert Mordek, <emph>Bibliotheca capitularium regum
                    Francorum manuscripta. Überlieferung und Traditionszusammenhang der fränkischen
                    Herrschererlasse</emph>, München, 1995 (<emph>M.G.H., Hilfsmittel</emph>, 15),
                  S. 422-430. Einen Überblick über die Handschrift bieten auch ders., «&#160;Kapitularien
                  und Schriftlichkeit&#160;», in <emph>Schriftkultur.</emph>.., hg. von R. Schieffer, S.
                  34-66, auf S. 61 ff., und Alice Rio, <emph>Legal Practice and the Written Word in
                    the Early Middle Ages. Frankish Formulae, c. 500-1000</emph>, Cambridge u. a.,
                  2009 (<emph>Cambridge Studies in Medieval Life and Thought. Fourth Series</emph>,
                  [75]), S. 252 ff.</note> der Bibliothèque nationale de France in Paris, einer
                schlichten Gebrauchshandschrift aus dem Kloster St-Martin in Tours, die von der
                Forschung in die zweite Hälfte des 9. Jahrhunderts – genauer&#160;: um 830 – datiert
                  wird<note n="12" type="footnote">Zur Datierung vgl. <emph>Bibliothèque
                    nationale. Catalogue...</emph>, Bd. 3, S. 25&#160;; H. Mordek,
                    <emph>Bibliotheca.</emph>.., S. 422&#160;; A. Rio, <emph>Legal Practice.</emph>.., S.
                  252.</note>. Der Kodex enthält überwiegend theologische Texte, darunter Werke von
                Augustinus, Cyprian, Caesarius von Arles und Johannes Chrysostomos<note n="13"
                  type="footnote">Zu den theologischen Inhalten vgl. David Ganz, «&#160;Paris BN Latin
                  2718&#160;: Theological Texts in the Chapel and the Chancery of Louis the Pious&#160;», in
                    <emph>Scientia veritatis. Festschrift für Hubert Mordek zum 65.
                    Geburtstag</emph>, hg. von Oliver Münsch und Thomas Zotz, Ostfildern, 2004, S.
                  137-152.</note>. Dazwischen eingestreut findet sich ein Brief Karls des Großen an
                Alkuin und die Gemeinschaft von St-Martin<note n="14" type="footnote"
                    >. <emph>Alcuini sive Albini epistolae</emph>, in <emph>M.G.H., Epp.</emph>, 4,
                  ed. Ernst Dümmler, Berlin, 1895, S. 1-481, auf S. 399 ff., Nr. 247. Zum Inhalt des
                  Schreibens vgl. Böhmer-Mühlbacher², S. 176, Nr. 392.</note>, eine Reihe von
                Kapitularientexten aus den Jahren 817 bis 821<note n="15" type="footnote">Im
                  Einzelnen handelt es sich um folgende Texte&#160;: die <emph>Capitula de functionibus
                    publicis</emph> (<emph>Capitularia regum Francorum</emph>, Bd. 1, ed. Alfred
                  Boretius, Hannover, 1883, Ndr. ebd., 1984 [<emph>M.G.H., Capit.</emph>, 1], S. 294
                  f., Nr. 143), die – nur hier überlieferte – <emph>Ordinatio imperii</emph> (ebd.,
                  S. 270-273, Nr. 136), das <emph>Hludowici prooemium generale ad capitularia tam
                    ecclesiastica quam mundana</emph> (ebd., S. 273 ff., Nr. 137), das
                    <emph>Capitulare ecclesiasticum</emph> (ebd., S. 275-280, Nr. 138), die
                    <emph>Capitula legibus addenda</emph> (ebd., S. 280-285, Nr. 139), die
                    <emph>Capitula per se scribenda</emph> (ebd., S. 285-288, Nr. 140), das
                    <emph>Capitulare missorum</emph> (ebd., S. 288-291, Nr. 141)‚ noch einmal die
                    <emph>Capitula de functionibus publicis</emph> (s. o.), die <emph>Capitula de
                    iustitiis faciendis</emph> (ebd., S. 295 f., Nr. 144) und die <emph>Responsa
                    imperatoris de rebus fiscalibus data</emph> (ebd., S. 296 f., Nr. 145).</note>
                und schließlich die <emph>Formulae imperiales.</emph> Letztere sind in acht Gruppen
                über die Handschrift verteilt und überwiegend in Tironischen Noten geschrieben<note
                  n="16" type="footnote">Zum Inhalt der Handschrift vgl. die oben Anm. 11 genannte
                  Literatur. Die acht Formelgruppen verteilen sich wie folgt über das Manuskript&#160;:
                  Bl. 72-v&#160;: Form. imp. 1-7&#160;; Bl. 73-76&#160;: Form. imp. 8-31&#160;; Bl. 78&#160;: Form. imp.
                  32-33&#160;; Bl. 80-v&#160;: Form. imp. 34-37&#160;; Bl. 84v-85v&#160;: Form. imp. 38-41&#160;; Bl. 111v&#160;:
                  Form. imp. 42-44&#160;; Bl. 125-127&#160;: Form. imp. 45-53&#160;; Bl. 134v&#160;: Form. imp.
                  54-55.</note>. </p>
              <p>Es handelt sich um insgesamt 55 Formeln, von denen 52 als Herrscherurkunden, als
                kaiserliche Diplome Ludwigs des Frommen anzusehen sind<note n="17" type="footnote"
                  >. Hinzu kommen drei Mustertexte für Privaturkunden&#160;: <emph>M.G.H.,
                    Formulae</emph>, S. 311 f., Nr. 33, S. 313, Nr. 35, S. 326, Nr. 54. In zwei
                  textlich eng zusammenhängenden Fällen (Form. imp. 33 und 35) haben wir es mit
                  Freilassungsurkunden für Hörige zu tun, die in den geistlichen Stand eintreten.
                  Als Aussteller von Form. imp. 35 begegnet dabei kein Geringerer als Einhard in
                  seiner Funktion als Laienabt des Servatiusklosters in Maastricht. Bei der dritten
                  Privaturkunde (Form. imp. 54) handelt es sich um eine Tauschurkunde zwischen einem
                  Abt und einem Grafen.</note>. Bei allen 55 Texten haben wir es nicht mit frei
                konzipierten, gleichsam erfundenen Formeln zu tun, sondern es zeigt sich deutlich,
                dass der Redaktor reale, tatsächlich ausgefertigte Urkunden Ludwigs des Frommen
                benutzt und zu Formeln umgearbeitet hat. Dies geschah – wie bei Formeln üblich –
                jeweils unter Auslassung der Eingangsformeln und des Eschatokolls sowie durch eine
                Anonymisierung der individuellen Merkmale (Personennamen, Ortsnamen, Patrozinien
                etc.). Gerade diese Anonymisierung aber ist im Falle der <emph>Formulae
                  imperiales</emph> nicht konsequent durchgeführt worden, sodass aus den belassenen
                Einzelmerkmalen ersichtlich wird, dass reale Diplome als Vorlage gedient haben
                müssen.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">I.2. Entstehungsort, Datierung und Autor</head>
              <p>Entstanden ist die Sammlung – daran kann kein Zweifel bestehen – im direkten
                Umkreis der Kanzlei Ludwigs des Frommen. Wo sonst hätte man sich Kenntnis all dieser
                Urkunden verschaffen können, noch dazu gerichtet an ein Empfängerspektrum, das sich
                geographisch gesehen über das gesamte Reich erstreckt? Wo sonst wird man ein
                besonderes Interesse an einer Sammlung wie den <emph>Formulae imperiales</emph>
                annehmen dürfen, wenn nicht in der Kanzlei selbst<note n="18" type="footnote">Vgl.
                  Th. Sickel, <emph>Acta.</emph>.., Bd. 1, S. 119 f.</note>? Datieren lässt sich die
                Zusammenstellung mit Theodor Sickel sicher in die Jahre 828-840<note n="19"
                  type="footnote">828 ist eine in Form. imp. 37 (<emph>M.G.H., Formulae</emph>, S.
                  314 f., Nr. 37) genannte Jahreszahl – die Sammlung kann also erst nach diesem
                  zeitlichen Fixpunkt zum Abschluss gekommen sein. Als Terminus ante quem wiederum
                  dürfte das Todesjahr Ludwigs des Frommen anzunehmen sein, enthält die Sammlung
                  doch ausschließlich Urkunden dieses Herrschers&#160;; vgl. Th. Sickel,
                    <emph>Acta.</emph>.., Bd. 1, S. 119.</note>. Sickel hat den mutmaßlichen
                Entstehungszeitraum der <emph>Formulae imperiales</emph> sogar noch enger
                einzugrenzen versucht&#160;: Er hat ihre Zusammenstellung mit der Kanzlerschaft des
                Fridugis in Verbindung gebracht<note n="20" type="footnote">Ebd., S. 120. Zu
                  Fridugis vgl. Philippe Depreux, <emph>Prosopographie de l’entourage de Louis le
                    Pieux (781-840)</emph>, Sigmaringen, 1997 (<emph>Instrumenta</emph>, 1), S.
                  199-203, Nr. 104.</note>, und große Teile der späteren Forschung sind ihm hierin
                gefolgt. Fridugis stand nicht nur von 819 bis 832 der kaiserlichen Kanzlei vor<note
                  n="21" type="footnote">Erstbeleg für Fridugis’ Kanzlerschaft ist BM² 700 vom 17.
                  August 819. Letztmals begegnet er am 28. März 832 in einer Urkunde für das Kloster
                  Kempten (BM² 899). BM² †955, in dem Fridugis ein weiteres Mal auftaucht, ist ein
                  Spurium&#160;; zum vorgeblichen Ausstellungszeitpunkt, dem 16. Februar 836, war er
                  bereits verstorben. – Die Urkunden Ludwigs des Frommen werden zur einfacheren
                  Identifizierung, wie bislang üblich, nach ihren BM²-Nummern zitiert.</note>,
                sondern fungierte auch seit 808 als Abt von St-Martin in Tours, jenem Kloster also,
                aus dem die Handschrift nachweislich stammt. Manchen gilt Fridugis geradezu als
                leitender Kopf der Zusammenstellung, als Spiritus Rector des Unternehmens<note
                  n="22" type="footnote">Vgl. exemplarisch Josef Fleckenstein, <emph>Die
                    Hofkapelle der deutschen Könige</emph>, T. 1&#160;: <emph>Grundlegung. Die
                    karolingische Hofkapelle</emph>, Stuttgart, 1959 (<emph>M.G.H.,
                  Schriften</emph>, 16/1), S. 82&#160;; Otto Dickau, «&#160;Studien zur Kanzlei und zum
                  Urkundenwesen Kaiser Ludwigs des Frommen. Ein Beitrag zur Geschichte der
                  karolingischen Königsurkunde im 9. Jahrhundert&#160;», in <emph>Archiv für
                    Diplomatik</emph>, 34 (1988), S. 3-156&#160;; 35 (1989), S. 1-170, hier T. 2, auf S.
                  119&#160;; Egon Boshof, <emph>Ludwig der Fromme</emph>, Darmstadt, 1996
                    (<emph>Gestalten des Mittelalters und der Renaissance</emph>), S. 106 f.</note>.
                Bei Annahme einer Entstehung unter Fridugis müsste die Sammlung folglich bis 832 zu
                einem Abschluss gekommen sein.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">I.3. Inhalt und Sachbetreffe</head>
              <p>Inhaltlich lässt sich konstatieren, dass alle gängigen Urkundentypen, wie sie die
                Überlieferung bewahrt hat, auch in den <emph>Formulae imperiales</emph> vertreten
                sind. Betreffe wie Immunität und Königsschutz, Zollfreiheit, Güterschenkungen,
                Besitzrestitutionen, Tauschbestätigungen – kurz&#160;: das, was man als «&#160;das tägliche
                Brot eines frühmittelalterlichen Herrschers&#160;»<note n="23" type="footnote">Th.
                  Kölzer, <emph>Kaiser Ludwig der Fromme.</emph>.., S. 26.</note> wird bezeichnen
                können – haben auch Eingang in die Formelsammlung gefunden. Die im Vergleich zum
                überlieferten Urkundenbestand nicht vertretenen Betreffe sind zumeist speziellerer
                Natur&#160;: Rechtsmaterien wie Münze<note n="24" type="footnote">So verliehen am 1.
                  Juni 833 an das Kloster Corvey (BM² 922). Es handelt sich um die älteste im Text
                  erhaltene Verleihung dieses Rechtstitels. Die Echtheit dieses Stücks ist alles in
                  allem wohl nicht infrage zu stellen&#160;; vgl. künftig die Vorbemerkung sowie Heike
                  Bartel, «&#160;Das Münzprivileg Ludwigs des Frommen für Corvey (BM² 922)&#160;», in
                    <emph>Archiv für Diplomatik</emph>, 58 (2012), S. 147-168. Ein zweites
                  Münzprivileg Ludwigs des Frommen, BM² †959 für die Bischofskirche von Le Mans, ist
                  dagegen als Fälschung anzusehen&#160;; vgl. auch hierzu künftig die
                  Vorbemerkung.</note>, Klosterreform<note n="25" type="footnote">Vgl. BM² 839 und
                  898 für das Kloster Montier-en-Der sowie BM² 905 für St-Denis bei Paris.</note>,
                  Jagd<note n="26" type="footnote">Vgl. BM² 726 (interpoliert) für das Kloster
                  St-Bertin, das eine Vorurkunde Karls des Großen (<emph>Die Urkunden Pippins,
                    Karlmanns und Karls des Großen</emph>, unter Mitwirkung von Alfons Dopsch,
                  Johann Lechner, Michael Tangl bearb. von Engelbert Mühlbacher, Hannover, 1906,
                  Ndr. München, 1991 [<emph>M.G.H., Diplomata Karolinorum</emph>, 1], S. 256 f., Nr.
                  191) bestätigt.</note> oder die Bestätigung von Diözesangrenzen<note n="27"
                  type="footnote">Vgl. BM² 707 (verunechtet), worin Ludwig der Fromme, der
                  Festlegung seines Vaters (D KdGr. 211) folgend, die Abgrenzung der Diözesen
                  Salzburg und Aquileia bestätigt.</note> mögen als Stichworte genügen. Daneben
                erscheinen in den <emph>Formulae imperiales</emph> aber auch mancherlei Betreffe,
                die sich nicht in Ausfertigungen erhalten haben und insbesondere die Belange von
                Laien berühren. Dazu zählen etwa die Aufnahme von Einzelpersonen in den Schutz des
                Herrschers (Form. imp. 48, 55)<note n="28" type="footnote"><emph>M.G.H.,
                    Formulae</emph>, S. 323, Nr. 48, S. 326 f., Nr. 55.</note> sowie Gewährung,
                Sicherung und Restitution persönlicher Freiheit (Form. imp. 1, 5, 8, 9, 14, 45, 51,
                  53)<note n="29" type="footnote">Ebd., S. 288, Nr. 1, S. 291, Nr. 5, S. 293, Nr.
                  8 und 9, S. 296, Nr. 14, S. 321, Nr. 45, S. 324 f., Nr. 51, S. 325 f., Nr. 53. In
                  zwei Fällen (Form. imp. 1, 14) handelt es sich um ‘reine’
                  Freiheitsgewährungen/-restitutionen, während Form. imp. 8, 9, 45, 51 und 53 die
                  persönliche Freiheit mit einer gleichzeitigen Rückerstattung bzw. Konfirmation des
                  Besitzes verbinden. Zu Form. imp. 5 vgl. P. Johanek, «&#160;Herrscherdiplom...&#160;», S.
                  186, Anm. 82. An Laien gerichtete Besitzrestitutionen bzw. -bestätigungen finden
                  sich zwar auch im überlieferten Urkundenbestand (BM² 567 [interpoliert], 622, 696,
                  739, 988, 995, 997, 1006), jedoch niemals in Kombination mit dem hier in Rede
                  stehenden Betreff der persönlichen Freiheit.</note>. Auch die drei für Juden bzw.
                jüdische Gemeinschaften ausgestellten Privilegien (Form. imp. 30, 31, 52)<note
                  n="30" type="footnote"><emph>M.G.H., Formulae</emph>, S. 309 f., Nr. 30, S. 310
                  f., Nr. 31, S. 325, Nr. 52. Zu diesen Formeln vgl. James W. Parkes, <emph>The Jew
                    in the medieval community. A study of his political and economic
                    situation</emph>, New York, ²1976, S. 158 ff., und Christof Geisel, <emph>Die
                    Juden im Frankenreich. Von den Merowingern bis zum Tode Ludwigs des
                    Frommen</emph>, Frankfurt a. M. u. a., 1998 (<emph>Freiburger Beiträge zur
                    mittelalterlichen Geschichte. Studien und Texte</emph>, 10), S. 500-537.</note>
                mit den umfangreichen darin verbrieften Rechten und getroffenen Regelungen finden im
                überlieferten Urkundenbestand Ludwigs des Frommen keine Entsprechung. Die
                  <emph>Formulae imperiales</emph> lassen folglich die Vielgestaltigkeit des
                Urkundengeschäftes unter Ludwig dem Frommen deutlicher hervortreten als der
                überlieferte Urkundenbestand<note n="31" type="footnote">Ähnlich schon P. Johanek,
                  «&#160;Herrscherdiplom...&#160;», S. 186.</note>. Bemerkenswert ist vor allem der Anteil der
                an Laien gegebenen Stücke, nämlich gut die Hälfte<note n="32" type="footnote"
                  >. Formeln, die ausschließlich Laien betreffen&#160;: Form. imp. 1, 2, 5, 8, 9, 10, 14,
                  27, 30, 31, 32, 34, 38, 41, 42, 43, 44, 45, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 55&#160;; Formeln,
                  die sowohl Laien als auch Geistliche betreffen können&#160;: Form. imp. 3&#160;; Formeln,
                  die sich an öffentliche Funktionsträger richten&#160;: Form. imp. 7, 15, 37.</note>.
                Eine solche Relation findet im Korpus der überlieferten Ludwigsdiplome keine auch
                nur annähernde Entsprechung. Hier dominieren eindeutig die geistlichen Empfänger.
                Das verwundert indessen nicht, hatten die für Laien ausgestellten Urkunden doch in
                der Regel nur dann eine Chance überliefert zu werden, wenn sie auf irgendeinem Weg
                in ein kirchliches Archiv gelangten. Der Befund der <emph>Formulae imperiales</emph>
                lässt immerhin erahnen, wie vieles hier im Laufe der Zeit verloren gegangen sein
                muss. Auch wenn wir natürlich kein methodisches Korrektiv besitzen, steht fest, dass
                die Urkundenausstellung an weltliche Empfänger weitaus höher zu veranschlagen sein
                dürfte, als es die Überlieferung auf den ersten Blick vermuten lässt<note n="33"
                  type="footnote">So schon Th. Kölzer, <emph>Kaiser Ludwig der Fromme.</emph>..,
                  S. 18. Zum grundsätzlichen methodischen Problem vgl. Arnold Esch,
                  «&#160;Überlieferungs-Chance und Überlieferungs-Zufall als methodisches Problem des
                  Historikers&#160;», in <emph>Historische Zeitschrift</emph>, 240 (1985), S. 529-570
                  (wiederabgedr. in ders., <emph>Zeitalter und Menschenalter. Der Historiker und die
                    Erfahrung vergangener Gegenwart</emph>, München, 1994, S. 39-69).</note>. Wie
                insbesondere Warren C. Brown und Alice Rio jüngst gezeigt haben<note n="34"
                  type="footnote">Warren C. Brown, «&#160;When documents are destroyed or lost&#160;: lay
                  people and archives in the early Middle Ages&#160;», in <emph>Early Medieval
                    Europe</emph>, 11 (2002), S. 337-366&#160;; ders., «&#160;Die karolingischen
                  Formelsammlungen – warum existieren sie?&#160;», in <emph>Die Privaturkunden der
                    Karolingerzeit</emph>, hg. von Peter Erhart, Karl Heidecker, Bernhard Zeller,
                  Dietikon-Zürich, 2009, S. 95-101, auf S. 95&#160;; A. Rio, <emph>Legal
                  Practice.</emph>.., passim, bes. S. 9-26&#160;; dies., «&#160;Les formulaires et la pratique
                  de l’écrit dans les actes de la vie quotidienne (VI<hi rend="sup">e</hi>-X<hi
                    rend="sup">e</hi> siècle)&#160;», in <emph>Médiévales</emph>, 56 (2009), S.
                  11-22.</note>, sind es nicht umsonst vor allem die frühmittelalterlichen
                Formelsammlungen, die uns wertvolle Einblicke in die Rechtsbelange und die
                Schriftlichkeit von Laien gewähren.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Vergleich mit den Urkunden Ludwigs des Frommen</head>
            <div>
              <head type="h2">II.1. Formeltexte mit überlieferter Vorlage</head>
              <p>Beim Blick auf den Gebrauch des in den <emph>Formulae imperiales</emph>
                gespiegelten Formulars ergibt sich ein differenziertes Bild<note n="35"
                  type="footnote">Zu den im Folgenden referierten Ergebnissen, Zahlen und
                  Beispielen des Formularvergleichs vgl. die ausführliche Dokumentation in meiner
                  Dissertation (siehe Anm. <ref
                    target="http://193.48.42.75/elec/cid2012/2patt#2patt_note5">5</ref>).</note>.
                Zunächst ist festzuhalten&#160;: Für insgesamt fünf der Formeltexte (Form. imp. 11b, 15,
                20, 29b, 39)<note n="36" type="footnote"><emph>M.G.H., Formulae</emph>, S. 294 f.,
                  Nr. 11b, S. 296 f., Nr. 15, S. 300 f., Nr. 20, S. 307 f., Nr. 29b, S. 316 f., Nr.
                  39.</note> existiert neben der in den <emph>Formulae imperiales</emph> tradierten
                Textform eine separate Überlieferung. Mit anderen Worten&#160;: Das zugrunde liegende
                Diplom, die Urkunde also, die der Formel offensichtlich als Vorlage gedient hat, ist
                als solche auf uns gekommen und somit natürlich auch Gegenstand der künftigen
                  Ludwigsedition<note n="37" type="footnote">Es handelt sich um folgende Stücke&#160;:
                  BM² 544 (= Form. imp. 20), BM² 545 (= Form. imp. 39), BM² 629 (= Form. imp. 29b),
                  BM² 751 (= Form. imp. 15), BM² 753 (= Form. imp. 11b).</note>. In einem Fall
                (Form. imp. 11b) ist die Vorlage (BM² 753 für die Bischofskirche von Paderborn)
                sogar im Original erhalten. Als interessant erweist sich auch Form. imp. 20, eine
                Bestätigung der Zollfreiheit, die mit BM² 544 in Verbindung zu bringen ist. Da die
                Urkunde selbst nur in einer schlechten Abschrift auf uns gekommen ist, muss der
                Editor hier auf den Text der <emph>Formulae imperiales</emph> zurückgreifen<note
                  n="38" type="footnote">In der künftigen Edition werden beide Texte im
                  Paralleldruck geboten. Die Fassung der <emph>Formulae imperiales</emph> muss aber
                  als die zuverlässigere gelten. </note>.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.2. Voll- und Teilentsprechungen</head>
              <p>Von solchen seltenen Parallelüberlieferungen abgesehen, stellt sich das Verhältnis
                zwischen Formelsammlung und Urkundenkorpus wie folgt dar&#160;: <emph>Formulae
                  imperiales</emph>-Diktat ist vor allem in einem Fall in ganz ausgeprägtem Maße zu
                beobachten, nämlich bei den in großer Zahl überlieferten Tauschbestätigungen Ludwigs
                des Frommen<note n="39" type="footnote">Insgesamt haben wir im überlieferten
                  Urkundenkorpus 36 Fälle derartiger Tauschbestätigungen zu verzeichnen. Zu dieser
                  Urkundengattung vgl. Philippe Depreux, «&#160;The Development of Charters Confirming
                  Exchange by the Royal Administration (Eighth-Tenth Centuries)&#160;», in <emph>Charters
                    and the Use of the Written Word in Medieval Society</emph>, hg. von Karl
                  Heidecker, Turnhout, 2000 (<emph>Utrecht Studies in Medieval Literacy</emph>, 5),
                  S. 43-62.</note>. Für diese hat die Kanzlei, wie schon von Philippe Depreux
                  festgestellt<note n="40" type="footnote">Ebd.</note>, fast durchweg ein
                standardisiertes Formular benutzt, das Form. imp. 3 entspricht<note n="41"
                  type="footnote">28 der 36 Tauschbestätigungen weisen durchgängig oder doch
                  zumindest weitgehend die in Form. imp. 3 (<emph>M.G.H., Formulae</emph>, S. 289,
                  Nr. 3) niedergelegte Fassung auf. </note>. Abweichungen hiervon sind nur in
                Ausnahmefällen zu verzeichnen<note n="42" type="footnote">In zwei Fällen (BM² 574,
                  794) finden sich zumindest am Anfang und am Schluss noch eindeutige Anklänge an
                  dieses Formular, während sich der Mittelteil angesichts inhaltlicher
                  Besonderheiten davon löst. Eine Urkunde (BM² 971) erinnert allenfalls noch
                  entfernt an Form. imp. 3, und nur in zwei Stücken (BM² †703, 719) lässt sich
                  dieses übliche Formular für Tauschbestätigungen überhaupt nicht nachweisen – eins
                  davon ist bezeichnenderweise eine Fälschung (BM² †703). Zwei weitere Fälle (BM²
                  987, 996) entsprechen zwar nicht Form. imp. 3, dafür jedoch Form. imp. 36
                    (<emph>M.G.H., Formulae</emph>, S. 314, Nr. 36), die ebenfalls eine
                  Tauschbestätigung darstellt.</note>. Fassungen, die einem der <emph>Formulae
                  imperiales</emph>-Texte in Gänze oder doch in wesentlichen Teilen entsprechen,
                lassen sich darüber hinaus vor allem in Immunitätsurkunden, Zollbefreiungen und
                Schenkungen greifen<note n="43" type="footnote">Häufiger im Urkundenkorpus zu
                  greifen sind Immunitätsdiplome mit dem in Form. imp. 28 (ebd., S. 306 f., Nr. 28)
                  begegnenden Formular, Zollbefreiungen, deren Fassung Form. imp. 20 (ebd., S. 300
                  f., Nr. 20) entspricht, oder Güterschenkungen an Laien, die mit Form. imp. 27
                  (ebd., S. 305 f., Nr. 27) parallel gehen, um nur die wichtigsten Beispiele zu
                  nennen.</note>. Hier ist dies allerdings deutlich seltener der Fall als bei den
                Tauschbestätigungen. Insgesamt können wir lediglich in knapp jeder siebten Urkunde
                die Vollentsprechung mit einer Formel konstatieren&#160;; lässt man die
                Tauschbestätigungen unberücksichtigt, handelt es sich sogar nur um jede vierzehnte.
                Selbst wenn man Faktoren in Rechnung stellt, die die Zahl potentieller
                Übereinstimmungen von vornherein reduzieren – zu denken ist etwa an Fälschungen,
                Empfängerdiktate oder die nicht vollständige Kongruenz der Rechtsbetreffe zwischen
                Formel- und Urkundenkorpus –, nimmt sich diese Zahl nicht übermäßig hoch aus.
                Entsprechendes gilt, wenn man die Übereinstimmungen von den <emph>Formulae</emph>
                aus betrachtet&#160;: Hier begegnet nur ca. jede dritte Formel einmal oder öfter in
                Vollentsprechung. Rund zwei Drittel der Formulare lassen sich entweder überhaupt
                nicht im Urkundenkorpus greifen oder tauchen lediglich in einzelnen
                Textbestandteilen auf. Solche Teilentsprechungen finden sich zwar in einer Vielzahl
                von Urkunden&#160;; sie beschränken sich in der Regel jedoch auf einzelne Klauseln oder
                kurze Passagen. Oft finden sich nur Versatzstücke einer Formel. </p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.3. Mischformulare</head>
              <p>Als weiteres Phänomen neben den Voll- und Teilentsprechungen sind die Fälle zu
                nennen, in denen wir es mit einer Art ‘Mischformular’ zu tun haben. Hier scheinen
                Elemente verschiedener <emph>Formulae</emph>-Texte miteinander kombiniert. Besonders
                häufig lässt sich eine solche Konstellation bei der Gruppe der Immunitäts- und
                Schutzurkunden beobachten<note n="44" type="footnote">Die <emph>Formulae
                    imperiales</emph> weisen mit Form. imp. 4, 11, 12, 13, 28 und 29 mehrere
                  einschlägige Formulare auf&#160;: Bei Form. imp. 4 (ebd., S. 290 f., Nr. 4) handelt es
                  sich um eine Verleihung von Immunität und freier Abtswahl, bei Form. imp. 11
                  (ebd., S. 294 f., Nr. 11) und 12 (ebd., S. 295, Nr. 12) um Verleihungen von
                  Immunität und Königsschutz, bei Form. imp. 13 (ebd., Nr. 13), 28 (ebd., S. 306 f.,
                  Nr. 28) und 29 (ebd., S. 307 f., Nr. 29) sodann um Bestätigungen derselben.
                  Letztgenannte Formel ist dabei mit dem Befehl verbunden, entrissenes Gut zu
                  restituieren.</note>. Diese – aber auch andere Urkundentypen – entsprechen oftmals
                nicht einer der einschlägigen Formeln, sondern Bestandteile verschiedener
                  <emph>Formulae</emph> scheinen gleichsam ineinander verwoben. Solche ‘Amalgame’
                lassen sich in zwei Gruppen unterteilen&#160;: Im günstigeren Fall können die Elemente
                der verschiedenen <emph>Formulae</emph> einigermaßen klar voneinander unterschieden
                werden, indem etwa die erste Hälfte der Urkunde mit der einen Formel und die zweite
                mit einer anderen in Übereinstimmung zu bringen ist. Als eines von zahlreichen
                Beispielen mag an dieser Stelle BM² 998, die Verleihung der freien Abtswahl an das
                Kloster Kempten vom 1. September 839, dienen: Zunächst geht sie mit Form. imp. 11b
                einher und entspricht im eigentlichen Abtswahlpassus dann erwartungsgemäß Form. imp.
                4.</p>
              <p>Aber bei weitem nicht immer lassen sich die einzelnen Bausteine so klar voneinander
                scheiden. Nicht selten ist der Formularbefund sehr viel komplexer. Elemente einer
                ganzen Reihe einschlägiger Formeln aufnehmend, stellen sich die Dinge bei vielen
                Urkunden derart verwickelt dar, dass sinnvolle Aussagen über Entsprechungen mit der
                einen oder der anderen Formel unmöglich werden<note n="45" type="footnote">Bereits
                  Theodor Sickel hatte in derartigen Fällen zu vergleichsweise vagen Formulierungen
                  nach dem Muster «&#160;Urkunde x hält die Mitte zwischen Formel y und Formel z&#160;»
                  greifen müssen&#160;; vgl. etwa sein Urteil bezüglich der Immunitäts- und
                  Schutzbestätigungen BM² 612 (Cambrai), 615 (St-Mihiel) und 694 (Echternach), deren
                  Formular er in genannter Weise zwischen Form. imp. 28 und 13 ansiedelt («&#160;Beiträge
                  III&#160;», S. 234, 252).</note>. Insgesamt ergibt sich somit ein relativ komplexer
                Befund, der uns zur Frage nach dem grundsätzlichen Charakter und der Funktion der
                  <emph>Formulae imperiales</emph> führt.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Bedeutung für die Bewertung der Formelsammlung</head>
            <div>
              <head type="h2">III.1. ‘Offizielles Kanzleiinstrument’ oder
                ‘Gelegenheitsammlung’?</head>
              <p>Gerade in der älteren Literatur liest es sich nicht selten so, als habe man in den
                  <emph>Formulae imperiales</emph> ein offizielles Kanzleiinstrument, gleichsam die
                amtliche, von allen Notaren zu konsultierende Mustersammlung der Kanzlei Ludwigs des
                Frommen zu sehen<note n="46" type="footnote">Bezeichnend etwa Arthur Giry,
                    <emph>Manuel de diplomatique</emph>, Paris, 1894, Ndr. Hildesheim-New York,
                  1972, S. 485 («&#160;collection officielle&#160;»).</note>. Vor dem Hintergrund des Gesagten
                spricht aber wenig für eine solche Charakterisierung. Zwar spiegeln die Formeln ganz
                zweifellos gängiges Urkundendiktat der Kanzlei Ludwigs des Frommen&#160;; es lässt sich
                aber nicht nachweisen, dass die uns hier überlieferte Zusammenstellung tatsächlich
                als allgemein verbindliche Vorlage diente, die Kanzleimitarbeiter bei der
                Urkundenausstellung unmittelbar vor Augen hatten. Der Befund deutet vielmehr auf die
                variable, quasi ‘mosaikartige’ Verarbeitung erlernten und durch häufigen Gebrauch
                dem Gedächtnis fest eingeprägten Formularguts, das die Notare relativ sicher zu
                handhabten und entsprechend flexibel einzusetzen vermochten, ohne dabei jeweils auf
                starre Vorlagen zurückgreifen zu müssen.</p>
              <p>Der Formularvergleich stützt insofern die in der jüngeren Forschung schon vor dem
                Hintergrund der Überlieferungssituation geäußerte Vermutung, dass es sich beim Cod.
                lat. 2718 nicht um ein offizielles, allgemein zugängliches Werk handelte<note n="47"
                  type="footnote">Vgl. Robert-Henri Bautier, «&#160;La chancellerie et les actes royaux
                  dans les royaumes carolingiens&#160;», in <emph>Bibliothèque de l’École des
                    chartes</emph>, 142 (1984), S. 5-80 (wiederabgedr. in ders., <emph>Chartes,
                    sceaux et chancelleries. Études de diplomatique et de sigillographie
                    médiévales</emph>, Bd. 2, Paris, 1990 [<emph>Mémoires et documents de l’École
                    des chartes</emph>, 34/2], S. 461-536), auf S. 44, der hinsichtlich der
                    <emph>Formulae imperiales</emph> von einer Sammlung spricht, «&#160;qui semble plus
                  un florilège d’actes réellement expédiés, compilé par quelque notaire pour son
                  usage personnel, qu’un véritable manuel de chancellerie&#160;», und – mit direkter
                  Bezugnahme – P. Johanek, «&#160;Herrscherdiplom...&#160;», S. 186&#160;: «&#160;Es liegt auf der Hand,
                  daß der Parisinus nicht das Formularbuch der Kanzlei, ein ‘véritable manuel de
                  chancellerie’ gewesen ist. Am ehesten wird man an die Sammlung eines einzelnen
                  Notars denken dürfen.&#160;» Vgl. auch die Ausführungen von Mark Mersiowsky,
                  «&#160;Saint-Martin de Tours et les chancelleries carolingiennes&#160;», in <emph>Alcuin, de
                    York à Tours. Écriture, pouvoir et réseaux dans l’Europe du haut Moyen
                    Âge</emph>, hg. von Philippe Depreux und Bruno Judic, Rennes, 2004
                    (<emph>Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest</emph>, 111/3), S. 73-90, auf
                  S. 81-84, und A. Rio, <emph>Legal Practice.</emph>.., S. 45 f., 132-137.</note>.
                Der Kodex erscheint mit seinem kleinen, unregelmäßigen Querformat, hergestellt unter
                Verwendung von Pergamentresten, und seiner Mischung aus theologischen Texten,
                Kapitularien und <emph>Formulae</emph> wie die Kompilation eines in der Kanzlei
                tätigen, wohl mit St-Martin in Tours verbundenen Notars und Hofgeistlichen.
                Wahrscheinlich handelt es sich um ein für den persönlichen Gebrauch angefertigtes,
                über einen längeren Zeitraum entstandenes Hand- und Notizbuch, eine Art privates
                Konzeptheft. Die gemischte Zusammenstellung und dichte Anordnung der Texte – man
                denke nicht zuletzt an die in acht Gruppen über den gesamten Kodex verteilten
                Formeln – lassen jedenfalls nicht an ein offizielles Referenzwerk der Gesamtkanzlei
                denken, das einer größeren Zahl von Notaren eine rasche Orientierung innerhalb der
                Handschrift und eine effektive Nutzung der Texte erlaubt hätte.</p>
              <p>In der Zusammenschau spricht vieles dafür, in den <emph>Formulae imperiales</emph>
                eine Art unsystematische Gelegenheitssammlung<note n="48" type="footnote">Vgl. M.
                  Mersiowsky, «&#160;Saint-Martin de Tours...&#160;», S. 82, der mit Blick auf das Manuskript
                  ebenfalls von einer «&#160;collection occasionnelle, et non systématique&#160;»
                  spricht.</note>, ja eine bis zu einem gewissen Grade zufällige Kompilation zu
                sehen. Für eine solche Charakterisierung sprechen im Übrigen auch weitere Indizien,
                etwa jene Immunitäts- und Schutzbestätigung für Tours (BM² 629), die als Form. imp.
                29b Eingang in die Sammlung gefunden hat und mit ihrem vollkommen ungewöhnlichen
                Formular, «&#160;plus ou moins isolé parmi les diplômes de Louis le Pieux&#160;»<note n="49"
                  type="footnote">Ebd., S. 83.</note>, unter den sonstigen Immunitätsurkunden eine
                Sonderstellung einnimmt<note n="50" type="footnote">Das Diplom knüpft an eine
                  Vorurkunde Karls des Großen (D KdGr. 195 = Wiederholung von D KdGr. 141) an,
                  jedoch nicht in wörtlicher Benutzung, sondern unter deutlicher Umarbeitung. Zum
                  Formular dieses Stückes vgl. auch Edmund E. Stengel, «&#160;Die Immunitätsurkunde
                  Ludwigs des Frommen für Kloster Inden (Cornelimünster)&#160;», in <emph>Neues Archiv
                    der Gesellschaft für ältere deutsche Geschichtskunde</emph>, 29 (1904), S.
                  375-393 (wiederabgedr. in ders., <emph>Abhandlungen und Untersuchungen zur
                    mittelalterlichen Geschichte</emph>, Köln-Graz, 1960, S. 249-263), auf S. 384
                  ff. Außer in BM² 649 für denselben Empfänger, das eine exakte Wiederholung von BM²
                  629 darstellt, lässt sich das Formular aus Form. imp. 29 sonst nur noch in BM² 655
                  für das Kloster Solignac greifen, streckenweise auch in BM² 668 für Manlieu&#160;; vgl.
                  auch E. E. Stengel, <emph>Immunität.</emph>.., S. 24.</note>. Man kommt nicht
                umhin, sich die Frage zu stellen, aus welchem Grund ein derart außergewöhnlicher
                Text, dem für das konkrete Beurkundungsgeschäft wenig Nutzen beigemessen werden
                kann, Aufnahme in die Sammlung gefunden hat. Keineswegs abwegig erscheint die
                Vermutung, dass hierbei weniger pragmatische Erwägungen, d. h. die Verwendbarkeit im
                Rahmen der praktischen Urkundenerstellung, als vielmehr die besondere Bedeutung des
                Stückes für das Heimatkloster des Kompilators im Vordergrund des Interesses
                gestanden haben könnte. </p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">III.2. (Be-)Nutzung und Zweck</head>
              <p>Die Identifizierung der Formeln als private Gelegenheitssammlung schließt die
                verschiedentliche Heranziehung der Texte für die konkrete Urkundenproduktion
                natürlich nicht aus, denn als Formeln, d. h. als Mustertexte zur Erstellung von
                Urkunden, sind sie zweifellos konzipiert und gedacht. Möglich ist, dass bei der
                Zusammenstellung des Cod. lat. 2718 der in diesem Zusammenhang oft genannte Touroner
                Mönch Hirminmaris<note n="51" type="footnote">Zu Hirminmaris vgl. Ph. Depreux,
                    <emph>Prosopographie.</emph>.., S. 258 ff., Nr. 160, zu seiner Herkunft aus
                  Tours Theodor Sickel, <emph>Ueber Kaiserurkunden in der Schweiz. Ein
                    Reisebericht</emph>, Zürich, 1877, S. 4.</note> eine Rolle gespielt haben
                könnte, der von 816 bis 839 als Rekognoszent in der kaiserlichen Kanzlei belegt
                  ist<note n="52" type="footnote">Erstmals als Rekognoszent genannt ist er in der
                  Besitzbestätigung BM² 622 für den langobardischen Grafen Aio vom 31. Juli 816,
                  letztmals begegnet er in der vom 1. September 839 datierenden Abtswahlverleihung
                  BM² 998 für das Kloster Kempten. Der von Harry Bresslau, <emph>Handbuch der
                    Urkundenlehre für Deutschland und Italien</emph>, Bd. 1, Leipzig, ²1912, Ndr.
                  Berlin, <hi rend="sup">3</hi>1958 = ebd., <hi rend="sup">4</hi>1969, S. 386,
                  genannte Letztbeleg zum 6. Mai 840 (BM² †1004) ist ein Spurium.</note>. Zumindest
                dürfen ihm als Kanzleimitarbeiter Ludwigs des Frommen gute Einblicke in die
                Urkundenproduktion und sonstigen Geschäfte des Reiches unterstellt werden&#160;; seine
                Herkunft würde die Häufung theologischer Texte und St-Martin betreffender Inhalte
                  erklären<note n="53" type="footnote">Grundsätzlich gilt jedoch, dass sich
                  Hirminmaris’ Rolle allenfalls wahrscheinlich machen lässt&#160;; zweifelsfrei zu
                  belegen ist sie nicht. Zur Beteiligung des Hirminmaris, die im Rahmen des
                  vorliegenden Aufsatzes nicht näher diskutiert werden kann, vgl. vertiefend meine
                  Dissertation (siehe Anm. <ref
                    target="http://elec.enc.sorbonne.fr/cid2012/part2#note5"
                >5</ref>).</note>.</p>
              <p>Von Interesse wäre außerdem, ob wir in den auf uns gekommenen Formeln eine
                originäre Sammlung vor uns haben oder vielmehr die partielle, unsystematische
                Abschrift aus einer umfangreicheren Kanzleisammlung. Der Gedanke an eine solche
                Vorlage mag auf den ersten Blick als willkommener Ausweg erscheinen, um die geringe
                Zahl von Vollentsprechungen zu erklären&#160;; er lässt sich aber schwerlich mit der
                Struktur der erhaltenen Kompilation vereinbaren. Deren Umfang und thematische
                Ausgewogenheit deuten darauf hin, dass eine vermeintliche Vorlage kaum umfangreicher
                gewesen sein kann als das auf uns Gekommene. Wenn es eine ältere Sammlung gab, hätte
                sie wohl weitgehend mit den im Cod. lat. 2718 erhaltenen Formeln identisch sein
                müssen.</p>
              <p>Die Konsequenzen liegen auf der Hand&#160;: Die <emph>Formulae imperiales</emph> und
                eventuelle weitere schriftliche Muster boten nach Lage der Dinge – und das bleibt
                festzuhalten – lediglich eine Orientierung im Bedarfsfall&#160;; sie genossen keinen
                offiziellen, sozusagen ‘amtlichen’ Status, dem es sich gänzlich zu unterwerfen galt.
                Die auf uns gekommene Sammlung und die in den Urkunden immer wieder begegnenden
                Varianzen sprechen für die ausgeprägte Befähigung der Notare, gängige Wendungen und
                Schemata zu memorieren und – um mit Theodor Sickels Worten zu sprechen – «&#160;sich ohne
                aus der Construction zu fallen in allerlei Varianten [zu] bewegen&#160;»<note n="54"
                  type="footnote">Th. Sickel, <emph>Acta.</emph>.., Bd. 1, S. 164. Ähnlich
                  treffend hatte Sickel («&#160;Beiträge III&#160;», S. 251) schon hinsichtlich der
                  Immunitätsurkunden befunden, die Mehrzahl dieser Stücke mache den Eindruck, «&#160;dass
                  die Schreiber […] die herkömmlichen Fassungen ihrem Gedächtnisse genau eingeprägt
                  haben, aber nur selten an einer derselben bei der Conception der Urkunden
                  consequent festhalten, sondern aus einer in die andere übergehen. Die Fälle der
                  wirklichen Übereinstimmung zwischen Formeln und Urkunden oder der Urkunden unter
                  sich sind daher seltener […].&#160;»</note>. In dieselbe Richtung geht das Urteil
                Edmund E. Stengels, der mit Blick auf die Entstehung der Immunitätsurkunden
                resümiert&#160;: «&#160;Bei der Arbeit […] erwarben die Schreiber bald eine solche Routine,
                daß sie zwar im allgemeinen an einem Muster festhielten – und das kon[n]te sowohl
                eine in ihrem Gedächnis haftende Formel wie eine Urkunde sein –, dann aber doch halb
                schematisch wie sie vorgingen, in Wendungen aus anderen Fassungen verfielen.&#160;»<note
                  n="55" type="footnote">E. E. Stengel, <emph>Immunität.</emph>.., S. 24 f.</note>
                Was Stengel und Sickel nur vermuten bzw. mit Blick auf bestimmte Betreffe
                postulieren konnten, lässt sich durch den Textvergleich für das gesamte Korpus
                belegen. </p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Schlussfolgerungen</head>
            <p>Dieser Befund bleibt nicht ohne Auswirkungen auf unser Verständnis von Kanzlei und
              Schriftlichkeit im Umfeld Ludwigs des Frommen&#160;: So wird man in der Kompilation der
                <emph>Formulae imperiales</emph> nicht länger eine karolingerzeitliche
              Formelsammlung im strengen Sinne sehen können, wie man sie sich bis in die jüngste
              Vergangenheit lange Zeit idealtypisch vorstellte<note n="56" type="footnote"> Vgl.
                exemplarisch Walter Koch, Art. «&#160;Formel, -sammlungen, -bücher. A. Lateinisches
                Mittelalter. IV. Ottonisch-salische und staufische Reichskanzlei&#160;», in <emph>Lexikon
                  des Mittelalters</emph>, 4 (1989), Sp. 650 f., in Sp. 650, der hinsichtlich der
                ottonisch-salischen Kanzlei vor allem mit «&#160;private[n] Aufzeichnungen einzelner
                Kräfte&#160;» rechnet, während er für die noch unter anderen Vorzeichen stehende
                «&#160;Blütezeit der karol[ingischen] Kanzlei&#160;» von Formularbehelfen ‘professionelleren’
                Typs auszugehen scheint. </note>. Alice Rio bemerkt völlig zu Recht&#160;: «&#160;[…] these
              formulae cannot be considered as an ‘official’ collection in any but the most limited
              sense&#160;: that is, that the owner of the manuscript could have used them to produce
              official documents, which hardly amounts to the same thing.&#160;»<note n="57"
                type="footnote"> A. Rio, <emph>Legal Practice.</emph>.., S. 46.</note> In der Tat&#160;:
              Der Betreffende dürfte seine Privatarbeit dazu genutzt haben, um Urkunden auszustellen
              oder die hierfür notwendigen Kenntnisse weiterzuvermitteln. Fraglos haben wir also
              eine Art Formelsammlung vor uns&#160;; diese Art von Formelsammlung hat aber wenig mit dem
              gemein, was man sich nur allzu schnell unter einer solchen Kompilation zu denken
              geneigt ist. Ein kanzleioffizielles Formularhandbuch, mithin ein Kanzleibehelf im
              eigentlichen Sinne, sind die <emph>Formulae imperiales</emph> nie gewesen. Von aus den
              anstaltsstaatlichen Strukturen des 19. Jahrhunderts erwachsenen Vorstellungen, wie sie
              das Bild der Kanzlei so nachhaltig geprägt haben, muss man sich auch in Bezug auf
              diese Sammlung verabschieden.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part3">
        <front>
          <head>L’influence de la production documentaire sur les formulaires en
              <emph>Alamannia</emph></head>
          <byline><docAuthor>Karl Heidecker</docAuthor>, maître de conférences, Rijksuniversiteit Groningen, Faculteit
            Letteren, Postbus 716, NL-9700 AS Groningen, Pays-Bas, <ref
              target="mailto:k.j.heidecker@rug.nl">k.j.heidecker@rug.nl</ref>
          </byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Les archives de l’abbaye de Saint-Gall conservent un nombre très élevé d’actes privés
            de la période carolingienne, témoins d’une production importante du <num>viii<hi
                rend="sup">e</hi></num> au début du <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Par
            contre, les recueils de modèles d’actes les plus anciens datent de la fin du <num>ix<hi
                rend="sup">e</hi></num> siècle, et aucun recueil de la période mérovingienne ou du
            début de la période carolingienne n’y a été conservé&#160;; de leur côté, les actes
            eux-mêmes, pour la plupart conservés en originaux, révèlent que l’on ne suivait pas de
            modèles rédactionnels. Les plus anciens recueils sont trois petites collections, riches
            de cinq à huit actes, composées à l’aide de documents conservés dans les archives et
            dont chacune contient tous les types d’actes en usage dans cette période&#160;: précaire,
              <emph>prestaria</emph>, échange et <emph>conventio/pactus.</emph> La date de
            compilation de ces recueils s’explique par la pratique documentaire. À Saint-Gall,
            depuis 815, la plupart des actes étaient écrits par un nombre de scribes assez réduit,
            et ceux-ci avaient assez d’expérience pour ne pas recourir à des modèles. À partir des
            années 870, par contre, le nombre des scribes qualifiés baisse – ils obtenaient souvent
            des postes importants dans la gestion de l’abbaye – et le nombre des scribes moins
            qualifiés augmente. C’est après ce moment qu’apparaissent les premiers petits recueils
            de modèles d’actes.</p>
          <div>
            <head type="h1">Introduction</head>
            <p>Comment les scribes composaient-ils les textes de leurs actes<note n="1"
                type="footnote">Les recherches qui appuient la présente contribution ont été
                promues par le projet HERA de la <emph>European Science Foundation</emph> “Cultural
                Memory and the Resources of the Past, 400-1000”, dirigé par Walter Pohl. Mes
                remerciements vont aussi au Stiftsarchiv St. Gallen pour son soutien à nos
                recherches de longues années durant.</note>&#160;? Consultaient-ils un formulaire&#160;? Le
              cas échéant, comment avaient-ils acquis un manuscrit comprenant un formulaire, ou
              eux-mêmes composé un recueil de formules&#160;? On posera ces questions à un ensemble
              documentaire très spécifique&#160;: le grand fonds d’actes privés de l’époque carolingienne
              conservé dans les archives de l’abbaye de Saint-Gall, et dont la plupart des pièces
              nous ont été transmises en originaux.</p>
            <p>La présentation qui suit reprend le résultat de recherches menées en commun par Peter
              Erhart, Bernhard Zeller et moi-même dans le cadre de la nouvelle édition des actes de
              Saint-Gall pour les <emph>Chartae latinae antiquiores</emph><note n="2"
                type="footnote"><emph>Chartae Latinae Antiquiores. Facsimile edition of the Latin
                  Charters, second series, ninth Century</emph>, éd. Guglielmo Cavallo, Giovanna
                Nicolaj, part 100-108, <emph>Switzerland</emph> 3-9, <emph>Stiftsarchiv St.
                  Gallen</emph> 1-9, publ. Peter Erhart, Bernhard Zeller, Karl Heidecker,
                Dietikon-Zürich, 2006-2015, 3 volumes à paraître (désormais:
                <emph>ChLA</emph>).</note>. Aujourd’hui, seuls seront retenus les actes privés
              portant sur des transactions dans lesquelles l’abbaye de Saint-Gall était impliquée,
              ce qui veut dire que ces actes sont presque tous originaires d’Alémanie.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Profils et pratiques des rédacteurs d’actes</head>
            <p>Si l’on prend les scribes comme point de départ, on peut répartir ce groupe d’actes
              en deux catégories tranchées&#160;: les actes écrits par des moines de Saint-Gall et les
              actes écrits par d’autres scribes, pour la plupart des clercs de la région, avec
              souvent une implantation locale ou micro-régionale<note n="3" type="footnote">Karl
                Heidecker, «&#160;Urkunden schreiben im alemannischen Umfeld des Klosters St.Gallen&#160;»,
                dans <emph>Die Privaturkunden der Karolingerzeit</emph>, éd. Peter Erhart, Karl
                Heidecker, Bernhard Zeller, Dietikon-Zürich, 2009, p. 183-192.</note>. Parmi ces
              derniers on retrouve des traces de l’emploi d’un formulaire, soit en direct, soit par
              emprunt, comme en témoigne le texte d’un acte de l’année 814, dû au scribe Rihardus, à
              Birndorf dans l’Alpgau, «&#160;<emph>In Dei nomine. Ego ille Nidhart…</emph>&#160;»<note n="4"
                type="footnote"><emph>ChLA</emph> 101, nº 1, p. 15-17. Le formulaire employé est
                très proche des <emph>Formulae Augienses Collectio B</emph>, nº 36, dans&#160;:
                  <emph>M.G.H. Formulae Merowingici et Karolini aevi</emph>, éd. Karl Zeumer,
                Hannover, 1886, p. 361.</note>. Je dois avouer que c’est le seul cas que nous ayons
              trouvé, et que l’on ne peut pas en tirer de conclusions générales, sauf à imaginer
              l’utilité d’un formulaire pour un scribe qui écrivait des actes peu fréquemment, comme
              un scribe local. Pour une région voisine, les vallées de la Rhétie, Peter Erhart a pu
              préciser, dans un cas, cette fréquence&#160;: le scribe avait écrit trois actes en six
              mois, sur une même pièce de parchemin<note n="5" type="footnote">Peter Erhart, «&#160;Der
                Rotulus des Valerius&#160;: Das Schreiben von Urkunden im frühmittelalterlichen Rätien&#160;»,
                dans&#160;: <emph>Schrift, Stadt, Region / Scrittura, città, territorio</emph>, éd.
                Giuseppe Albertoni, Hannes Obermair, <emph>Geschichte und Region / Storia e
                  regione</emph> 15.1 (2006), p. 38-61&#160;; Peter Erhart, «&#160;Die rätischen Urkunden -
                Erratische Blöcke am Alpennordrand?&#160;» dans&#160;: <emph>Die Privaturkunden der
                  Karolingerzeit</emph>… , p. 161-172.</note>. </p>
            <p>La bibliothèque de l’abbaye de Saint-Gall, par contre, ne possédait – pour autant que
              nous puissions le savoir – aucun manuscrit contenant un formulaire d’actes avant la
              fin du <num>ix<hi rend="sup">e</hi></num> siècle<note n="6" type="footnote">Le plus
                vieux manuscrit originaire de Saint-Gall et aujourd’hui conservé est le ms Città del
                Vaticano, Biblioteca apostolica Vaticana, Reg. lat. 469, comprenant les
                  <emph>Formulae Sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 19-23,
                éd. dans <emph>M.G.H. Formulae…</emph>, p. 388-390. Il est incontestable que
                l’abbaye a détenu, aux environs de 900, un exemplaire de la compilation dite
                  <emph>Collectio Sangallensis Salomonis III. tempore conscripta</emph>, éd.
                  <emph>M.G.H. Formulae…</emph>, p. 390-433; cette collection, contenant des actes
                de Saint-Gall, a été compilée du temps de Salomon abbé de Saint-Gall et évêque de
                Constance (890-920).</note>. Aucun des recueils connus de la période mérovingienne
              et du début de la période carolingienne n’a non plus été conservé à l’abbaye, même pas
              dans des copies postérieures. L’on ne peut davantage trouver trace de l’emploi d’un
              formulaire avant la fin du <num>ix<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Tout, en bref,
              donne à penser que l’on ne se servait pas de formulaires.</p>
            <p>Avant l’année 771, il n’existait aucune régularité remarquable dans les formules
              employées à l’abbaye. Les moines suivaient les pratiques de leurs collègues scribes de
              la région, dont beaucoup avaient probablement une expérience plus grande de l’écrit
              documentaire. Parmi ces scribes de la région, on trouve de grandes variations dans la
              qualité de l’écriture et dans celle du texte. Les formules employées montrent en
              général des emprunts fréquents aux formules usuelles franques, sans que l’on puisse
              discerner l’influence précise d’un formulaire donné<note n="7" type="footnote">Karl
                Heidecker, «&#160;Urkunden schreiben…&#160;», p. 185-191.</note>. Avec l’arrivée du moine
              réformateur carolingien Waldo, en 771, tout changea. Jusqu’à son départ en 782, il
              écrivit lui-même la plupart des actes de Saint-Gall et il y mit beaucoup de
              régularité, tant dans le texte que dans l’écriture. Après son départ, le nombre
              d’actes écrits par les moines chuta, quand bien même la qualité demeurait plus
                homogène<note n="8" type="footnote">Bernhard Zeller, «&#160;Urkunden und
                Urkundenschreiber des Klosters St. Gallen (bis 840)&#160;», dans: <emph>Die
                  Privaturkunden der Karolingerzeit</emph>… , p. 173-182, aux p. 173-179.</note>. Il
              est important ici de noter que, toutefois, depuis 771 déjà, mais encore plus nettement
              à compter de 815, il existait à Saint-Gall une forte continuité dans les activités des
              scribes, ce qui veut dire qu’il y avait toujours un ancien scribe actif, quand son
              futur successeur faisait sa première apparition&#160;: de la sorte, il était toujours
              possible d’apprendre le métier aux nouveaux scribes. Cette situation se prolongea
              jusqu’en 921.</p>
            <p>Un grand moment de réforme de l’abbaye se fit jour en 815, avec le nouvel abbé
              Gozbert, ce qui eut comme conséquence, entre autres, une nouvelle organisation du
              scriptorium, actes inclus, et des archives<note n="9" type="footnote">Paul Staerkle,
                  <emph>Die Rückvermerke der älteren St. Galler Urkunden</emph>, Saint-Gall, 1966,
                  (<emph>Mitteilungen zur vaterländischen Geschichte</emph> 45), p. 39-46.</note>.
              Dans les années qui suivirent, un nouveau groupe de scribes apparut au monastère,
              formé de spécialistes de l’écriture des manuscrits, mais aussi des actes<note n="10"
                type="footnote">Bernhard Zeller, «&#160;Urkunden und Urkundenschreiber…&#160;»,
                p. 179-182.</note>. Ce groupe était encore relativement modeste (quatre personnes au
              début, plus tard de six à huit scribes actifs au même temps), mais produisait un
              nombre croissant d’actes, avec des moyennes de 5 à 7 actes conservés par année,
              nonobstant une baisse forte, mais brève, durant les bouleversements politiques des
              années 833-837. En 837, la production reprenait son niveau antérieur, et largement
              entre les mains des mêmes scribes<note n="11" type="footnote"><emph>ChLA</emph> 101,
                Vorwort, p. 5-6; <emph>ChLA</emph> 102, Vorwort, p. 5; <emph>ChLA</emph> 103,
                Vorwort, p. 5; <emph>ChLA</emph> 104, Vorwort, p. 5. Dans les moyennes sont
                seulement comptés les actes de scribes qui sont avec certitude des moines de
                Saint-Gall. On a aussi écarté du calcul les actes qui ne peuvent pas être datés
                approximativement dans une fourchette de moins de dix ans.</note>.</p>
            <p>Quelques-uns de ces scribes des années 815-830 n’avaient pas reçu leur éducation à
              Saint-Gall, au vu du niveau de leurs écrits quand ils entraient dans l’abbaye (tel le
              célèbre rédacteur Wolfcoz<note n="12" type="footnote">Bernhard Zeller, «&#160;Wolfcoz und
                die Wolfcoz-Schrift&#160;», dans <emph>Mensch und Schrift im frühen Mittelalter</emph>,
                éd. Peter Erhart, Lorenz Hollenstein, Saint-Gall, 2006, p. 156-160;
                  <emph>ChLA</emph> 101, nº 25, p. 89-93.</note>), ou au vu de l’emploi de formules
              particulières à l’un d’entre eux (le moine Watto<note n="13" type="footnote"
                  >. <emph>ChLA</emph> 102, nº 48, p. 118-119.</note>). Leur style montre des
              similitudes, par exemple l’ordre fixe des éléments du texte, mais chaque scribe use
              encore d’expressions propres à lui seul<note n="14" type="footnote">Bernhard Zeller,
                «&#160;Urkunden und Urkundenschreiber…&#160;», p. 180-181.</note>. Des différences avec la
              plupart des scribes régionaux et locaux deviennent apparentes. Ceux-ci se servent
              souvent d’autres formules, avec une préférence pour des préambules longs, des
              citations bibliques, et des expressions particulières que nous lisons d’ailleurs dans
              des formules franques<note n="15" type="footnote">Karl Heidecker, «&#160;Urkunden
                schreiben…&#160;», p. 185-191.</note>. Le style des scribes de Saint-Gall, exception
              faite de Watto, est en général assez synthétique, bref, évite des longs excursus. Il
              est – si l’on me permet l’anachronisme – <emph>business-like.</emph> Les types de
              transactions exprimés dans les actes sont très peu nombreux. En principe, on connaît
              une formule pour une donation, très souvent à condition que le bien donné retourne au
              donateur, qui en garde la jouissance contre un cens (ce que l’on appelle souvent dans
              les ouvrages historiques un acte de précaire)<note n="16" type="footnote">Pour les
                actes de précaire et prestaire&#160;: Laurent Morelle, «&#160;Les actes de précaire,
                instruments de transferts patrimoniaux (France du Nord et de l’Est, <num>viii<hi
                    rend="sup">e</hi></num>-<num>xi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle)&#160;», dans
                  <emph>Mélanges de l’École française de Rome, Moyen-Age, Temps modernes</emph>, t.
                111 (1999), n° 2, p. 607-647, aux p. 610-617. </note>, un acte abbatial qui retourne
              cette même tradition (alors dit acte de prestaire), et à partir de la fin des années
              830 un acte d’échange en double exemplaire, où la différence principale entre les deux
              spécimens est le nom de l’auteur au début de l’acte et dans la corroboration<note
                n="17" type="footnote"> Les deux versions des exemplaires des actes d’échange sont
                dans <emph>ChLA</emph> 106 n<hi rend="sup">os</hi> 1-3, p. 14-19. À plusieurs
                reprises, on voit que le scribe a commis l’erreur de copier l’acte exactement sans
                modifier les noms, ce qui l’a contraint à gratter et corriger ces passages&#160;:
                  <emph>ChLA</emph> 104, nº 52, p. 136-137; <emph>ChLA</emph> 106 nº 26,
                p. 70-71.</note>. Les formules propres à d’autres transactions disparaissent et sont
              remplacées par celles des précaires/prestaires ou des échanges. </p>
            <p>Les scribes n’écrivaient pas en copiant un formulaire écrit, mais assemblaient des
              formules connues par cœur, dans un ordre établi, avec de petites variations dans les
                phrases<note n="18" type="footnote">Bernhard Zeller, «&#160;Urkunden und
                Urkundenschreiber…&#160;», p. 181-182&#160;; Karl Heidecker, «&#160;Charters as texts and as
                objects in judicial actions&#160;: The example of the Carolingian charters of St. Gall&#160;»,
                dans&#160;: <emph>Medieval legal process&#160;: Physical, spoken and written performance in
                  the Middle Ages</emph>, éd. Marco Mostert, Paul Barnwell, Turnhout, 2011
                  (<emph>Utrecht Studies in Medieval Literacy</emph> 22), p. 49-51.</note>. Les
              actes de quelques scribes semblent parfois être écrits sans trop y réfléchir et en
              hâte, avec des petites erreurs, souvent corrigées pendant le procès de mise par
                écrit<note n="19" type="footnote">Par exemple le scribe Cozpreht&#160;: Bernhard
                Zeller, «&#160;Date et date vobis. Anmerkungen zu Cozpreht von St. Gallen und seinen
                Urkunden&#160;», dans <emph>Schatzkammer Stiftsarchiv St. Gallen. Miscellanea Lorenz
                  Hollenstein</emph>, éd. Peter Erhart, Dietikon-Zurich, 2009, p. 23-26;
                  <emph>ChLA</emph> 101, nº 13, p. 50-51.</note>. Il est aussi très important de
              remarquer que quelques-uns de ces scribes savaient écrire en plusieurs styles. Si par
              exemple une grande donation d’un personnage important le demandait, ils écrivaient des
              actes «&#160;de luxe&#160;», avec des formules beaucoup plus élaborées, avec des écritures et
              des signes plus ornés<note n="20" type="footnote"><emph>ChLA</emph> 101, nº 23,
                p. 89-93&#160;; <emph>ChLA</emph> 102, nº 47, p. 114-117, où l’on a employé une plume
                coupée différemment (peut-être taillée pour faire des dessins dans les manuscrits,
                et empruntée au scriptorium) pour mieux dessiner le chrismon&#160;; <emph>ChLA</emph>
                106, nº 12, p. 38-39.</note>. Ils avaient apparemment accès à une culture élaborée
              de l’écrit diplomatique, qui leur permettait d’écrire de tels actes. Il faut alors
              qu’ils aient vu des exemplaires de cette sorte de documents, comme un formulaire seul
              ne suffit pas pour connaître les écritures et les caractères externes. Dans ce
              domaine, il est à remarquer que l’on écrivait à Saint-Gall des copies figurées de
              diplômes royaux<note n="21" type="footnote">Par exemple <emph>ChLA</emph> 101, nº
                20, p. 68-71, nº 23, p. 80-83&#160;; <emph>ChLA</emph> 105, n<hi rend="sup">os</hi>
                19-21, p. 58-71. </note>.</p>
            <p>Après une récession forte dans les nombres d’actes écrits par les moines de
              Saint-Gall, après la crise politique des années 840 (des moyennes d’environ deux actes
              conservés par année, et composés par le même nombre de scribes qu’auparavant)<note
                n="22" type="footnote"><emph>ChLA</emph> 104, Vorwort, p. 5.</note>, la production
              des actes commençait à augmenter de nouveau à partir des années 850, avec des moyennes
              de 5-7 actes conservés par année. Mais cette fois le nombre de scribes augmentait de
              façon disproportionnée par rapport à la croissance du nombre des actes&#160;: de onze à
              dix-sept scribes actifs en même temps<note n="23" type="footnote"><emph>ChLA</emph>
                105, Vorwort, p. 5; <emph>ChLA</emph> 106, Vorwort, p. 5; <emph>ChLA</emph> 107,
                Vorwort, p. 5.</note>. Il y avait encore des scribes qui écrivaient, dans la façon
              de leurs prédécesseurs, de nombreux actes de bonne qualité<note n="24" type="footnote"
                >. Voir par exemple le scribe Wichram qui emploie des variantes de formules pour
                trois actes écrits en quatre jours, et fait des corrections dans les formules au fil
                de la plume&#160;: <emph>ChLA</emph> 107, n<hi rend="sup">os</hi> 29, 30 et 31,
                p. 80-85.</note>, mais aussi plusieurs qui étaient moins compétents et qui
              n’écrivaient que peu d’actes<note n="25" type="footnote">Par exemple Bernwic (II)&#160;:
                  <emph>ChLA</emph> 105, nº 49, p. 138-139, <emph>ChLA</emph> 106, nº 22, p. 62-63&#160;;
                Bernhard&#160;: <emph>ChLA</emph> 106, nº 11, p. 36-37, <emph>ChLA</emph> 107, n<hi
                  rend="sup">os</hi> 12 et 55, p. 40-41, 138-139&#160;; Dancho&#160;: <emph>ChLA</emph> 106,
                nº 6, p. 24-25 et <emph>ChLA</emph> 107, nº27, p. 76-77&#160;; Amalbret,
                  <emph>ChLA</emph> 106, n<hi rend="sup">os</hi> 24 et 36, p. 66-67, 94-95&#160;; Ruadin,
                  <emph>ChLA</emph> 106, nº 25, p. 68-69.</note>. Une évolution se dessina&#160;:
              quelques-uns des scribes les plus prolifiques et les plus compétents furent appelés à
              faire une carrière dans l’administration de l’abbaye, en particulier en qualité de
              prévôts responsables de la gestion des propriétés de l’abbaye dans des régions
              lointaines, pratique qui écartait ces scribes importants du scriptorium central<note
                n="26" type="footnote">Pour les carrières des moines comme fonctionnaires de
                l’abbaye voir&#160;: Rupert Schaab, <emph>Mönch in Sankt Gallen</emph>, Ostfildern, 2003
                  (<emph>Vorträge und Forschungen herausgegeben vom Konstanzer Arbeitskreis für
                  mittelalterliche Geschichte</emph> Sonderband 47), p. 193-233.</note>.</p>
            <p> Chez les scribes les moins experts, les formules se réduisaient encore plus,
              omettant des passages, ce qui parfois rend le texte incompréhensible, s’il est lu
                <emph>verbatim</emph><note n="27" type="footnote"><emph>ChLA</emph> 106, nº 36,
                p. 95&#160;: «…trado atque transfundo, tria tantum iugera excipiens, quicquid
                proprietatis in Chezzinuuilare in Uualdrammeshundare possideo, eo videlicet pacto,
                ut ego ipse annis singulis inde censum persolvam et si redimere velim, cum uno
                solido id faciam&#160;». <emph>ChLA</emph> 106, nº 11, p. 37» ut de nostra aliquid
                hereditate…&#160;».</note>. Il se produit déjà une baisse légère dans les nombres d’actes
              conservés (moyennes de 4-5 par année) après l’année 870, alors que le nombre de
              scribes restait stable (environ dix à onze scribes actifs au même temps)<note n="28"
                type="footnote"><emph>ChLA</emph> 107, Vorwort, p. 5&#160;; <emph>ChLA</emph> 108,
                Vorwort, p. 5.</note>&#160;; mais aux années 880 la production d’actes stagnait et aux
              années 890 elle baissait (moyennes de 2-3 actes conservés par année), tandis que le
              nombre des scribes restait relativement haut avec huit à neuf scribes actifs en même
                temps<note n="29" type="footnote"><emph>ChLA</emph> 107-110. Voir par exemple les
                scribes de moindre qualification, et dont un seul acte a été conservé&#160;: Winidhere&#160;:
                  <emph>ChLA</emph> 107, nº 56, p. 140-141, Trudpret, Vuodalrich et Ruadpret dans
                les volumes <emph>ChLA</emph> 109-110.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Des compilations typées</head>
            <p>C’est exactement à ce moment que des formulaires furent composés à Saint-Gall. Pour
              fabriquer ces recueils, on utilisait, entre autres, des actes pris aux archives de
              Saint-Gall en les copiant, souvent en caviardant les noms propres, mais parfois en
              gardant les dates. La plupart des actes de ces collections remontent aux années 870 et
              880, et reflètent ainsi la pratique documentaire de cette période<note n="30"
                type="footnote"><emph>Formulae Sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 2 (883), 9 (sous l’empereur Arnoul), 10 (885), 11 (883-890), 14-15 (887),
                17 (888)&#160;; le nº 18 (887) n’est d’ailleurs pas forcément de Saint-Gall, et à la
                formule nº 6, dans un ms conservé à Colmar, on a ajouté le nom du roi Otton (ou on
                l’a substitué à Charles), dans&#160;: <emph>M.G.H. Formulae…</emph>, p. 380-388&#160;;
                  <emph>Collectio Sangallensis…</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 6 (870), 7
                (843-872), 10 (871), 21 (879), dans <emph>M.G.H. Formulae…</emph>,
                p. 400-408.</note>.</p>
            <p>Dans nombre de recueils de modèles d’actes de cette époque on trouve aussi des
              modèles de lettres. C’est le cas à l’abbaye de Saint-Gall, où ils portent souvent le
              titre d’<emph>epistola formata.</emph> Il est intéressant de remarquer que, si le
              premier recueil de modèles d’actes date de la fin du <num>ix<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle, les premiers modèles de lettres conservés dans un manuscrit à
              Saint-Gall remontent, eux, à la fin du <num>viii<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle<note n="31" type="footnote">Saint-Gall, Stiftsbibliothek,
                codex sangallensis 125, p. 274-275, deux modèles dont le deuxième a été édité comme
                  <emph>Formulae Sangallenses miscellaneae</emph>, nº 1, dans <emph>M.G.H.
                  Formulae…</emph>, p. 380.</note>. Apparemment, on éprouva le besoin de disposer de
              modèles de lettres beaucoup plus tôt que de modèles d’actes. L’éditeur des
                <emph>Formulae</emph>, Karl Zeumer, avait reparti les modèles d’actes et de lettres
              rassemblés par lui en deux ensembles, avec un petit annexe&#160;: la grande <emph>Collectio
                Sangallensis</emph> compilée au temps de Salomon, évêque de Constance et abbé de
              Saint-Gall (890-920), et vingt-trois modèles d’actes et lettres qu’il nommait
                <emph>mélangés</emph>, suivis par cinq autres modèles, qu’il appelait
                <emph>adjoint</emph>s<note n="32" type="footnote"><emph>Collectio Sangallensis
                  Salomonis III. tempore conscripta</emph>, dans <emph>M.G.H. Formulae…</emph>,
                p. 390-433&#160;; <emph>Formulae Sangallenses miscellaneae</emph>, <emph>ibidem</emph>,
                p. 378-390&#160;; <emph>Additamenta</emph>, <emph>ibidem</emph>, p. 433-437. Ces derniers
                sont deux modèles de lettres, un modèle pour un diplôme royal portant l’initiale de
                l’empereur K., et deux modèles d’actes privés émanant de l’auteur, l’évêque et abbé
                S., ce qui les rapporte sans doute à Salomon. Pour les formulaires de Saint-Gall,
                les manuscrits qui contiennent les modèles d’actes et la construction des
                collections dans l’édition de Zeumer&#160;: Alice Rio, <emph>Legal practice and the
                  written word in the early middle ages. Frankish Formulae, c. 500-1000</emph>,
                Cambridge, 2009, p. 152-160. Il est d’ailleurs à mentionner que Zeumer était plus
                détaillé dans un article paru avant son édition&#160;: Karl Zeumer, «&#160;Über die
                alamannischen Formelsammlungen&#160;», dans <emph>Neues Archiv der Gesellschaft für
                  ältere deutsche Geschichtskunde</emph> 8 (1883) p. 473-553, aux
              p. 505-552.</note>. Néanmoins, si on regarde le contenu des modèles et la répartition
              des modèles dans les manuscrits, on peut nettement distinguer trois petits recueils
              parmi ces formules <emph>mélangée</emph>s<note n="33" type="footnote">Zeumer, «Über
                die alamannischen Formelsammlungen…&#160;», p. 543-552, fait une distinction entre deux
                recueils, dont l’un avec des ajouts, mais sans la reprendre dans son
              édition.</note>. </p>
            <p>Le premier recueil se trouve dans un manuscrit aujourd’hui conservé à Rome, mais
              autrefois à Saint-Gall, qui contient des travaux de Walahfrid Strabo, dans une
              écriture habituelle à l’abbaye de Saint-Gall aux années 860-880<note n="34"
                type="footnote">Ce recueil était appelé au <num>xvii<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle <emph>Formulae Isonis</emph>, par son attribution au moine Iso
                de Saint-Gall, une attribution qui a été rejetée à bon droit par Zeumer, «Über die
                alamannischen Formelsammlungen…&#160;», p. 547-552.</note>. Le formulaire qui nous
              intéresse y est rajouté et se trouve dans la marge en bas du fol. 1, au verso du
              fol. 1, et dans les marges droites des fol. 19-20v<note n="35" type="footnote">Città
                del Vaticano, Biblioteca apostolica Vaticana, Reg. lat. 469, fol. 1-v, fol. 19-20v;
                description&#160;: A. Rio, <emph>Legal practice…</emph>, p. 265-266. Dans l’édition des
                  <emph>Formulae Sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 19-23,
                  <emph>M.G.H. Formulae…</emph>, p. 388-390.</note>, dans une main de la fin du
                  <num>ix<hi rend="sup">e</hi></num>-début du <num>x<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle. Les actes ne sont pas datés de façon précise, mais les années
              sont impériales, ce qui renvoie soit à Charles le Gros (881-887), soit à Arnoul
              (896-899). Les titres des actes sont transcrits dans une écriture capitale qui
              ressemble fort à celle des notes dorsales apposées aux documents des archives de
              l’abbaye dans la même période. Pour finir, les modèles ne contiennent pas seulement
              des textes, mais aussi trois signes de souscription habituels à Saint-Gall dans cette
              période&#160;: le rectangle orné, la grille ornée, et la ruche simplifiée<note n="36"
                type="footnote">Città del Vaticano, Biblioteca apostolica Vaticana, Reg. lat. 469,
                respectivement aux fol. 1v, 19v et 20v.</note>. Le recueil livre les modèles de cinq
              actes, intitulés <emph>carta dotis</emph>, <emph>carta concambii</emph>, <emph>carta
                pactionis</emph>, <emph>carta traditionis</emph> et <emph>precaria</emph>, dont les
              deux derniers sont des actes complémentaires (nommés <emph>traditio</emph> et
                <emph>precaria</emph> à Saint-Gall), que les savants appellent usuellement acte de
              précaire et de prestaire<note n="37" type="footnote">Voir pour ces actes en général
                ci-dessus, n. 15. À St.-Gall on désigne alors ce couple d’actes, contrairement á
                beaucoup d’autres fonds et formulaires, comme <emph>carta
                  (traditionis)</emph>/<emph>traditio</emph> et <emph>precaria.</emph> La
                désignation <emph>prestaria</emph> y est extrèmement rare. Par exemple la pratique
                archivistique à partir de l’année 815, qui met des notes dorsales à presque tous les
                actes, mentionne environ cinq cents fois <emph>carta/traditio</emph> ou
                  <emph>precaria</emph>, et seulement deux fois <emph>prestarium.</emph></note>.</p>
            <p>Le deuxième et le troisième recueils se trouvent tous deux dans un manuscrit du
                  <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, autrefois au monastère de Rheinau et
              aujourd’hui à Zurich, qui contient dans diverses parties du manuscrit un grand nombre
              de modèles de la <emph>Collectio Sangallensis</emph> (surtout les diplômes royaux et
              les lettres), ce qui donne à penser que ce manuscrit lui est postérieur<note n="38"
                type="footnote">Zürich, Zentralbibliothek, Rheinauer Handschriften 131. Pour le ms
                voir: A. Rio, <emph>Legal practice…</emph>, p. 271. Sur les fol. 2-9&#160;:
                  <emph>Formulae sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 2-8, sur
                les fol. 13-21&#160;: <emph>Formulae sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 9-17, sur les fol. 22v-28v&#160;: <emph>Collectio Sangallensis</emph>, n<hi
                  rend="sup">os</hi> 1-5, sur les fol. 37-52v&#160;: <emph>Collectio Sangallensis</emph>,
                  n<hi rend="sup">os</hi> 8-10, 24-25, 38-47. Zeumer, «&#160;Über die alamannischen
                Formelsammlungen…&#160;», p. 543-546, considère le troisième recueil comme un ensemble
                d’ajouts postérieurs, portés un par un pendant plusieurs années en complément de la
                deuxième compilation. L’hypothèse est peu probable, du fait que les deux recueils ne
                se trouvent pas sur des feuilles consécutives dans le manuscrit. Le manuscrit, du
                    <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, est visiblement de nature composite,
                et contient entre autres ouvrages, à quatre endroits, des groupes de modèles d’actes
                et de lettres.</note>. La composition du deuxième recueil ressemble fort à celle du
              premier, si on compare les types d’actes&#160;: <emph>carta traditionis</emph> (précaire),
                <emph>carta precaria</emph> (prestaire), <emph>carta concambii</emph>, <emph>carta
                reconciliationis, carta ingenuitatis</emph>, suivis de deux <emph>epistolae
                formatae</emph><note n="39" type="footnote">Zürich, Zentralbibliothek, Rheinauer
                Handschriften 131, fol. 2-9&#160;: <emph>Formulae sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi
                  rend="sup">os</hi> 2-8, dans <emph>M.G.H. Formulae…</emph> , p. 380-383.</note>.
              Le premier acte est daté de l’année 883, ce qui pose le <emph>terminus post
                quem.</emph> Le troisième recueil contient une <emph>noticia</emph>, qui est
              désignée dans le texte comme une <emph>divisio</emph> et <emph>iuramentum</emph>,
              après un litige, à comparer avec la <emph>pactio</emph> et la
                <emph>reconciliatio</emph> des deux autres recueils&#160;; puis une autre
                <emph>noticia</emph> (une notice de plaid), une <emph>carta concampii</emph> (sic),
              deux <emph>cartae dotis</emph>, un acte sans titre qui est une <emph>carta
                traditionis</emph> (dans le sens de précaire), une <emph>carta precaria</emph> (dans
              le sens de prestaire), une nouvelle <emph>carta dotis</emph> et une <emph>formata
                epistola</emph><note n="40" type="footnote">Zürich, Zentralbibliothek, Rheinauer
                Handschriften 131, fol. 13-21&#160;: <emph>Formulae sangallenses miscellaneae</emph>,
                  n<hi rend="sup">os</hi> 9-17, dans <emph>M.G.H. Formulae…</emph> ,
                p. 383-387.</note>. Quatre de ces actes sont datés entre 885 et 888.</p>
            <p>Ces trois recueils donnent chacun un exemple des trois types d’acte prépondérants à
              l’abbaye de Saint-Gall dans cette période&#160;: l’acte de précaire, l’acte de prestaire et
              l’acte d’échange, du moins si l’on prend comme référence les actes qui ont été
              conservés dans les archives. Les titres reportés au dos des actes privés des archives
              de Saint-Gall sont révélateurs aussi<note n="41" type="footnote">Pour les notes
                dorsales&#160;: Paul Staerkle, <emph>Die Rückvermerke…</emph>, p. 32-34; <emph>Die
                  Dorsualnotizen der älteren St. Galler Urkunden</emph>, éd. Otto Paul
                Clavadetscher, Paul Staerkle, Saint-Gall, 1970.</note>. Neuf sur dix sont désignés
              comme <emph>carta traditionis</emph> (ou <emph>traditio</emph>), <emph>precaria</emph>
              et <emph>carta concambii</emph> (<emph>concambium</emph>)&#160;; quelques rares autres,
              comme <emph>notitia</emph>, <emph>carta reconciliationis</emph>/
                <emph>pacationis</emph> ou <emph>conventio.</emph> Par contre, deux autres types
              d’actes illustrés par les formulaires ne figurent pas (<emph>carta dotalis</emph>) ou
              très rarement (<emph>carta ingenuitatis</emph>) dans les archives de Saint-Gall,
              peut-être parce que jugés de trop peu d’intérêt pour figurer dans un fonds qui servait
              surtout à conserver des traditions foncières. Ces trois formulaires sont ainsi de
              petits recueils, de cinq à huit modèles, d’actes fréquents et relativement simples,
              autrement dit des actes essentiels pour les scribes débutants. Dans les recueils, les
              modèles font souvent des références à un autre acte, ainsi pour le
                couple <emph>traditio-precaria</emph> ou pour les deux versions de l’acte d’échange,
              offrant alors des instructions précises<note n="42" type="footnote"><emph>Formulae
                  sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 2-3, dans <emph>M.G.H.
                  Formulae…</emph> , p. 380-381&#160;: «&#160;et cetera iuxta priorem cartam… personas hic
                muta&#160;»&#160;; nº 4, <emph>ibidem</emph>, p. 381-382&#160;: «&#160;Istam cartam ille qui loquitur
                haec det alii habendam. Hoc est Epitide. Aliam autem cartam similiter Epitides ex
                sua persona faciat et donet Eumelo habendam&#160;»&#160;; n<hi rend="sup">os</hi> 14-15,
                  <emph>ibidem</emph>, p. 385-386&#160;: «&#160;Hic scribe illos testes quos in priori carta
                habes scriptos et primum pone illum qui traditionem fecit, postmodum
                advocatum&#160;».</note>. On pourrait dire que c’étaient des recueils de nature pratique.
              Pour les actes plus complexes que l’on continuait à écrire à Saint-Gall, on peut
              supposer que l’on se retournait vers un scribe plus expérimenté.</p>
            <p>Le quatrième recueil, la collection de modèles d’actes et de lettres compilée au
              temps de Salomon évêque de Constance (890-920), est plus long et plus élaboré, et
              certainement destiné à un rédacteur de haut vol. Il contient cinquante modèles, dont
              cinq diplômes royaux portant les noms des rois Louis (le Germanique) et Charles (le
              Gros), seize actes privés dont trois datés entre 871 et 879, vingt-quatre modèles de
              lettres et trois poèmes<note n="43" type="footnote"><emph>Collectio
                  Sangallensis…</emph> , dans <emph>M.G.H. Formulae…</emph>, p. 390-433. Zeumer,
                «&#160;Über die alamannischen Formelsammlungen…&#160;», aux p. 506-529. La collection se
                trouve dans plusieurs mss, dont aucun n’est originaire de Saint-Gall, et dont les
                plus vieux datent du <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;: Zürich,
                Zentralbibliothek, Rheinauer Handschriften 131, <num>x<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle, description&#160;: A. Rio, <emph>Legal practice…</emph>, p. 271;
                Vienne, Österreichische Nationalbibliothek, 1609, ca. 900, Freising?, description&#160;:
                A. Rio, <emph>Legal practice…</emph>, p. 269-270. Paris, Bibliothèque nationale de
                France, ms lat. 10757, <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, Allemagne du Sud,
                description&#160;: A. Rio, <emph>Legal practice</emph>, p. 260. Munich, Bayerische
                Staatsbibliothek, Clm. 19413, autrefois Tegernsee, fin <num>x<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle, description&#160;: A. Rio, <emph>Legal practice</emph>,
                p. 249-251. Pour la composition de la première partie, voir&#160;: Bernhard Zeller,
                «&#160;Imperial reflections in Alemannic formularies &#160;», conférence présentée à
                  l’<emph>International Medieval Congress</emph>, Leeds, 10 juillet 2012.</note>.
              Deux de ces actes privés se trouvent aussi dans le premier recueil d’actes, et les
              deux premières <emph>epistolae formatae</emph> sont identiques avec les modèles du
              deuxième recueil<note n="44" type="footnote">Les modèles <emph>Collectio
                  Sangallensis</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 19-20, sont identiques aux
                  <emph>Formulae Sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 20-21&#160;;
                les formules <emph>Collectio Sangallensis</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 22-23 sont
                identiques aux <emph>Formulae Sangallenses miscellaneae</emph>, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 7-8&#160;: <emph>M.G.H. Formulae…</emph> , p. 383, 388-389 et 407-409.</note>.
              La collection contient d’abord trois fois le couple <emph>carta (traditionis)-
                precaria</emph>, mais cette fois pour des cas plus compliqués&#160;: l’entrée en religion
              du donateur ou de son enfant, le départ en guerre qui nécessitait une assurance par
              l’abbaye pour la famille qui restait au pays, et une donation d’assurance au fils
              cadet issu d’un deuxième mariage<note n="45" type="footnote"><emph>Collectio
                  Sangallensis</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 15, 21, <emph>ibidem</emph>,
                p. 405-406, 407-408.</note>. Viennent ensuite deux donations avec une référence
              simple au contre-acte (<emph>precaria</emph>), une donation pour obtenir une assurance
              du vieil âge (par exemple par un monastère) et une donation simple, qui mélange
              d’ailleurs les formules usuelles de la <emph>traditio</emph> et de la
                <emph>precaria</emph><note n="46" type="footnote"><emph>Collectio
                  Sangallensis</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 6-9, 13-14, <emph>ibidem</emph>,
                p. 400-403, 405.</note>. Cela à part, la collection contient un autre acte
              d’échange, deux <emph>cartae dot(al)is</emph>, une <emph>notitia divisionis</emph> et
              deux <emph>cartae libertatis</emph><note n="47" type="footnote"><emph>Collectio
                  Sangallensis</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 10-12, 16-18, <emph>ibidem</emph>,
                p. 403-404, 406-407.</note>. Le spectre des genres d’actes de cette partie de la
              collection montre alors des similitudes avec le contenu des trois autres recueils,
              quand bien même les formules peuvent être plus élaborées.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusion</head>
            <p>En conclusion, on peut dire que, jusqu’au dernier quart du <num>ix<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle, à l’abbaye de Saint-Gall, un formulaire pour les actes
              privés n’avait pas été nécessaire, car l’organisation interne de la gestion de
              l’écriture des actes suffisait. Avant la composition de formulaires, les titres portés
              au dos des actes conservés aux archives avaient peut-être aidé à trouver des modèles
              pour quelques scribes débutants. Dans le dernier quart du <num>ix<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle, l’indisponibilité de plusieurs scribes versés dans l’écriture
              des actes, accaparés par d’autres tâches de gestion, et le recours à un plus grand
              nombre de scribes, qui écrivaient peu, rendirent nécessaire la compilation de petits
              recueils avec des modèles d’actes habituels. Enfin, sous l’abbatiat de Salomon on se
              dotait aussi d’une grande collection de formules de plusieurs genres&#160;: diplômes
              royaux, actes privés, lettres et poèmes. Malheureusement l’effort fait pour faciliter
              l’écriture des actes par le recours à des formulaires venait trop tard pour
              Saint-Gall, dans la mesure où, après 890, la production des actes baissait fortement,
              pour atteindre des effectifs négligeables deux décennies plus tard<note n="48"
                type="footnote">Pour les actes du <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, on
                consultera la nouvelle édition du <emph>Chartularium Sangallense</emph>, vol. 2, en
                préparation.</note>.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part4">
        <front>
          <head>Ecos de las <emph>fórmulas visigóticas</emph><lb/> en la documentación altomedieval
            astur-leonesa</head>
          <byline><docAuthor>Miguel Calleja Puerta</docAuthor>, profesor titular de Ciencias y Técnicas Historiográficas,
            Universidad de Oviedo, Dpto. de Historia, C/ Teniente Alfonso Martínez s/n, ES-33071
            Oviedo, <ref target="mailto:mcalleja@uniovi.es">mcalleja@uniovi.es</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>El formulario más antiguo que se ha conservado en la Península Ibérica fue redactado en
            época visigoda, aunque solo se conoce a través de una única copia de erudito
            confeccionada en el siglo XVI. Contiene 46 fórmulas, a menudo fragmentarias, en las que
            el aspecto retórico destaca en perjuicio de la validación. El contraste de este
            formulario con los documentos conservados muestra su relativa difusión en los siglos
            siguientes a su redacción. Se observan ciertas concomitancias entre las fórmulas y los
            documentos escritos sobre pizarra de la época visigoda. Tras la conquista musulmana, su
            influjo en los territorios astur-leoneses se deja sentir con dificultad. Hay que esperar
            a fines del siglo IX para ver sus primeras repercusiones claras en la diplomática de
            estos territorios, que podrían estar relacionadas con grupos eclesiásticos desplazados
            desde el sur de la Península. Pero el material heredado se modela y se adapta en manos
            de unos escribas que lo manejan con una notable libertad.</p>
          <metamark rend="*"/>
          <p>El propósito de esta comunicación es evaluar la pervivencia y transformaciones de las
            llamadas <emph>Formulas visigóticas</emph> en un sector del noroeste peninsular entre
            los siglos <num>vii</num> y <num>xi</num>, para intentar comprender mejor la génesis
            documental en la alta Edad Media astur-leonesa<note n="1" type="footnote">Entenderemos
              formulario, fórmula y cláusula en las acepciones que recoge el <emph>Vocabulaire
                internationale de la Diplomatique</emph>, ed. Mª Milagros Cárcel Ortí, València,
              1994, n<hi rend="sup">os</hi> 82, 83 y 205. Nos referiremos a cada una de ellas con la
              sigla F seguida de su número de orden.</note>.</p>
          <p>El reino de los visigodos destacó entre las monarquías bárbaras por su apego a los usos
            jurídico-diplomáticos heredados de la Antigüedad, que proyectó hacia la Alta Edad
              Media<note n="2" type="footnote">«&#160;Dossier. Le droit hispanique latin du <num>vi<hi
                  rend="sup">e</hi></num> au <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;», coord.
              Thomas Deswarte, en <emph>Mélanges de la Casa de Velázquez</emph>, vol. 41/2 (2011),
              p. 7-127; Nicholas Everett, «&#160;Lay documents and archives in early medieval Spain and
              Italy, c. 400-700&#160;», en <emph>Documentary Culture and the Laity in the Early Middle
                Ages</emph>, eds. Warren C. Brown, Marios Costambeys, Matthew Innes y Adam J. Kosto,
              Cambridge, 2013, p. 63-94, en la p. 70.</note>. La compilación del <emph>Liber
              Iudiciorum</emph><note n="3" type="footnote">Karl Zeumer, <emph>Leges
                wisigothorum</emph>, Hannover y Leipzig, 1902(<emph>M.G.H., Leges nationum
                Germanicarum, 1)</emph>; para las transformaciones medievales del texto, Yolanda
              García López, <emph>Estudios críticos de la “Lex Wisigothorum”</emph>, Madrid, 1996
                (<emph>Memorias del Seminario de Historia Antigua</emph>, 5). Un buen resumen sobre
              la historia de la legislación visigoda en Roger Collins, <emph>Visigothic Spain,
                409-711</emph>, Oxford, 2004, en las p. 223-239.</note>, la redacción de un
            formulario y los testimonios documentales que se conservan demuestran una práctica
            continuada de escriturar los negocios públicos y privados.</p>
          <p>La conquista musulmana de la Península Ibérica modificó aquella situación después de
            711. Los cristianos de al-Andalus pudieron mantener su religión y regirse internamente
            por el <emph>Liber</emph>; hay posibles referencias a documentos privados de tradición
              latina<note n="4" type="footnote">«&#160;venditionem fecimus et per testes firmavimus&#160;»,
                <emph>Corpus scriptorum muzarabicorum</emph>, ed. Ioannes Gil, Madrid, 1973, en la
              p. 212. </note>, y se conocen actas como la del concilio de Córdoba de 839<note n="5"
              type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, en las p. 135-141.</note>; además, sus libros
            acreditan un fuerte conservadurismo gráfico y codicológico, que puede verse como
            elemento identitario<note n="6" type="footnote">Elena E. Rodríguez Díaz, «&#160;Los
              manuscritos mozárabes, una encrucijada de culturas&#160;», en <emph>Die Mozaraber.
                Definitionen und Perspektiven der Forschung</emph>, ed. Mathias Maser, Münster, 2011
                (<emph>Geschichte und Kultur der Iberischen Welt</emph>, 7), p. 75-103. Carmen del
              Camino Martínez, «&#160;La escritura visigótica de los centros mozárabes en su periodo
              primitivo&#160;», en <emph>La escritura visigótica en la Península Ibérica. Nuevas
                aportaciones</emph>, eds. J. Alturo, M. Torras y A. Castro, Bellaterra, 2012,
              p. 115-144.</note>.</p>
          <p>Pero su islamización también se constata por las tempranas traducciones al árabe del
            Evangelio o de la Colección canónica hispana<note n="7" type="footnote">Cyrille
              Ayllet, «&#160;Recherches sur le christianisme arabisé (<num>ix<hi rend="sup"
                  >e</hi></num>-<num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècles). Les manuscrits
              hispaniques annotés en arabe&#160;», en <emph>¿Existe una identidad mozárabe&#160;? Historia,
                lengua y cultura de los cristianos de al-Andalus
                (siglos</emph> <num>ix</num>-<num>xii</num>), eds. Cyrille Ayllet, Mayte Penelas y
              Philippe Roisse, Madrid, 2008 (<emph>Collection de la Casa de Velázquez</emph>, 101),
              p. 91-134.</note>. Y es lógico suponer que esa orientalización contrajese la redacción
            de documentos diplomáticos de tradición visigótica. No sabemos cuándo se produce su
            abandono, pero sabemos que las comunidades mozárabes de Toledo terminaron usando
            formularios notariales islámicos. Por lo tanto, las posibilidades de que perdurase el
            legado diplomático latino se redujeron al ambiente rural de los pequeños reinos del
            norte, que pronto reivindicarían la herencia de los visigodos, y a los grupos de
            emigrados <emph>mozárabes</emph> que con sus libros huyeron hacia allí en los
              siglos <name rend="sc">ix-x</name>, y que dejaron su huella sobre todo en comunidades
            monásticas.</p>
          <div>
            <head type="h1">I. El manuscrito de las <emph>Fórmulas visigóticas</emph></head>
            <p>A diferencia de la <emph>Lex Wisigothorum</emph>, cuyas transformaciones medievales
              se han podido reconstruir de forma razonable sobre un buen número de copias y
              fragmentos, el formulario que nos interesa ha sido transmitido por un único manuscrito
              en el que se basan todas las ediciones<note n="8" type="footnote">Madrid, Biblioteca
                Nacional de España, ms. 1.346 (olim F.58), fols. 75-90. Ediciones&#160;: <emph>Formules
                  Wisigothiques inédites publiées d’après un manuscrit de la Bibliothèque de
                  Madrid</emph>, ed. Eugène de Roziére, Paris, 1854; <emph>Commentatio ad Formulas
                  visigothicas novissime repertas</emph>, ed. Johann Gottfried Otto Biedenweg,
                Berlin, 1856; <emph>Formulae merowingici et karolini aevi</emph>, ed. Karl Zeumer,
                Hannover, 1886 (<emph>M.G.H., Legum sectio V. Formulae)</emph>, en las p. 572-595;
                «&#160;Formulae&#160;», ed. Ioannes Gil, en <emph>Miscellanea Wisigothica</emph>, Sevilla,
                1972, p. 69-112&#160;; olvida la fórmula 46. </note>: una copia erudita, hecha por el
              cronista regio Ambrosio de Morales en torno a 1560<note n="9" type="footnote">En
                1557 salió del archivo ovetense el códice, que quizá estaba ya copiado por Morales
                en 1563. Cfr. Diego Catalán, «&#160;Desenredando la maraña textual pelagiana (I)&#160;», en
                  <emph>Revista de Filoloxía Asturiana</emph>, vol. 3-4 (2003), p. 61-87.</note>,
              sobre un manuscrito altomedieval de la catedral de Oviedo, que no ha perdurado hasta
              hoy.</p>
            <p>Sobre el modelo hay más conjeturas que certezas. El manuscrito 1346 de la Biblioteca
              Nacional de España integra los contenidos de cuatro ejemplares preexistentes, y su
              folio 115 aclara que el formulario procede del que Morales llama <emph>Liber
                vetustissimus Ovetensis ecclesiae</emph>, un volumen misceláneo que unía, entre
              otras cosas, alguno de los tópicos que rodean a otros formularios<note n="10"
                type="footnote">Cfr. Alice Rio, <emph>Legal practice and the Written Word in the
                  Early Middle Ages. Frankish Formulae, c. 500-1000</emph>, Cambridge, 2009, en las
                p. 44-45.</note>: genealogías, textos históricos, epístolas y textos escolares<note
                n="11" type="footnote">A saber, «&#160;unos trataditos de las siete artes liberales y
                unas notas tironianas&#160;».</note>. Su primer folio declaraba que <emph>Pelagius de
                Obeto, indignus episcopus, scripsit haec genealogia</emph>; y el hecho de que
              Morales lo definiera como <emph>libro raro</emph>, que le había obligado a
                <emph>aprender la letra</emph><note n="12" type="footnote">Así lo declara en 1563
                (D. Catalán, «&#160;Desenredando…», en la p. 66).</note>, evoca las características
              gráficas del cartulario que es el único códice supérstite de los promocionados por el
              obispo Pelayo (1101-1130)<note n="13" type="footnote">Cfr. M.J. Sanz Fuentes,
                «&#160;Estudio paleográfico&#160;», en <emph>Liber Testamentorum Ecclesiae Ovetensis</emph>,
                Barcelona, 1995, p. 93-143.</note>, él mismo un reputado bibliófilo<note n="14"
                type="footnote">Quizá tuvo también un ejemplar de la Lex, como propone Y. García
                López, <emph>Estudios críticos…</emph>, p. 152.</note>. </p>
            <p>Es posible, por tanto, que este prelado haya hecho copiar el formulario. Pero también
              es extraño que las célebres refacciones diplomáticas promovidas por don Pelayo
              prescindan largamente de las fórmulas visigóticas, como se verá más adelante, o que el
              formulario no contenga ninguna referencia a la realidad local astur-leonesa. Por eso
              no debe excluirse que el formulario fuese ajeno a la obra del obispo, y que haya sido
              encuadernado, en el siglo <num>xii</num> o después, con otros materiales de la rica
              biblioteca capitular de Oviedo<note n="15" type="footnote">Morales escribió que era
                la más rica en códices visigóticos de todo el reino; y sabemos que tuvo las obras de
                Eulogio de Córdoba, copiadas quizá a fines del <num>ix</num> según Manuel C. Díaz y
                Díaz, <emph>Manuscritos visigóticos del Sur de la Península. Ensayo de distribución
                  regional</emph>, Sevilla, 1995, en la p. 165.</note>. Apuntaría en este sentido el
              comienzo abrupto del formulario, sin encabezamiento ni presentación, con una fórmula
              claramente mutilada.</p>
            <p>El conjunto suma 46 modelos documentales, pero su análisis sugiere que se formó por
              acumulación de materiales de distinto origen. En primer lugar, solo puede hablarse de
              6 fórmulas íntegras, 14 bastante completas y 26 muy fragmentarias: su extensión oscila
              entre las treinta palabras de los casos más sencillos y las quinientas cincuenta de
              F20. Asimismo resulta muy inestable su estructura clausular, y su propia
              caracterización como fórmulas: el elemento variable aparece generalmente abreviado
              como <emph>ill.</emph>, pero otras veces se desarrolla, y es particular F25, que usa
                <emph>ille</emph> y abrevia también como SSSS y DDDD; los objetos descritos se
              indican como <emph>hoc et illud</emph>; las formas numéricas oscilan entre
                <emph>tot</emph> y <emph>tantas.</emph></p>
            <p>La ordenación del conjunto también sugiere sucesivas etapas de redacción<note n="16"
                type="footnote">Alfonso García Gallo: «&#160;Los documentos y los formularios jurídicos
                en España hasta el siglo <num>xii</num>&#160;», en <emph>Anales de la Academia Matritense
                  del Notariado</emph>, vol. 22 (1980), p. 113-178, en la p. 138-9, n. 115.</note>.
              Hasta F31 se suceden distintos modelos documentales para un mismo negocio, con
              frecuencia encabezados con un <emph>alia formula</emph>: 6 de manumisión, 4 de
              fundación y dotación de iglesias, 3 de venta de siervos, 7 de donaciones
              matrimoniales, 6 de testamentos y actos sucesorios, 2 de permuta y 3 de donación. A
              partir de ahí se añaden en mayor desorden, a veces sin rúbrica, y con negocios
                distintos<note n="17" type="footnote">Obiurgatio=autoventa de libre como siervo,
                partición de herencia, emancipación, reclamación de bienes en litigio usurpados, 2
                concesiones de tierras en precario, caución=reconocimiento de préstamo en dinero,
                conditiones sacramentorum, iiudicatio=sentencia arbitral, 3 poderes (para litigar,
                para cobrar un préstamo y para buscar a siervo fugitivo), cesión de siervo en
                garantía de deuda, obediencia de clérigo a obispo y oblación a una iglesia.</note>.
              En el primer sector las referencias legales son más precisas; pero en las últimas se
              cita genéricamente la ley y se añade la costumbre. Así, resulta una compilación de
              perfil jurídico a veces contradictorio, que se basa en la práctica documental
              postclásica y se modifica con rasgos jurídicos de épocas posteriores<note n="18"
                type="footnote">Carlos Petit, «&#160;Sobre la práctica jurídica del Sur peninsular: las
                fórmulas notariales godas&#160;», en L.A. García Moreno (ed.), <emph>Historia de
                  Andalucía, II</emph>, Barcelona-Sevilla, 2006, p. 184-189, en la p. 187. Frente a
                la idea tradicional de la torpeza de los escribanos medievales, defiende su
                renovación en contextos nuevos Gian Paolo Massetto, «&#160;Elementi della tradizione
                romana in atti negoziali altomedievali&#160;», en <emph>Ideologie e pratiche del
                  reimpiego nell’Alto Medioevo</emph>, vol. I, Spoleto, 1999, p. 511-590.</note>. En
              cualquier caso, estas evidencias no bastan para negar su cronología visigoda<note
                n="19" type="footnote">Resumía la polémica sobre su aceptación A. García Gallo:
                «&#160;Consideraciones críticas de los estudios sobre la legislación y la costumbre
                visigodas&#160;», en <emph>Anuario de Historia del Derecho Español</emph>, vol. XLIV
                (1974), p. 343-464, en las p. 400-409.</note>, único periodo posible para su
                formación<note n="20" type="footnote">Su proximidad a algunas pizarras, o su
                empleo en la Septimania y Cataluña altomedievales abogan en esa dirección. Sobre su
                vinculación a la ley visigótica, José Antonio Fernández Flórez, <emph>La elaboración
                  de los documentos en los reinos hispánicos occidentales
                  (ss.</emph> <num>vi</num>-<num>xiii</num>), Burgos, 2002, en las
              p. 15-17.</note>.</p>
            <p>Por consiguiente, no parece posible generalizar la mención a Córdoba que contiene F25
              como lugar de origen del formulario, ni tampoco extender al conjunto la datación de
              615-616, tercer año del reinado de Sisebuto, que aparece citado en F20. Y es más
              lógico el planteamiento de Canellas López, que en su estudio diplomático las repartía
              entre los siglos <num>vi</num> y <num>vii</num><note n="21" type="footnote">Ángel
                Canellas López, <emph>Diplomática hispano-visigoda</emph>, Zaragoza, 1979, en las
                p. 21-29.</note>. En cualquier caso parece claro que en época visigoda se está
              formando una serie de fórmulas; que estas fórmulas fueron articuladas en época
                indeterminada<note n="22" type="footnote">Propone fines del siglo <num>viii</num>,
                sin argumentarlo, Manuel C. Díaz y Díaz, «&#160;Un document privé de l’Espagne
                wisigothique sur ardoise&#160;», en <emph>Studi Medievali</emph>, vol. I (1960),
                p. 52-71, en la p. 62.</note> en un conjunto poco equilibrado que ha transmitido
              nuestro manuscrito; y que en ellas destaca, más que su insistencia en las cláusulas
              diplomáticas, la dimensión literaria y el valor retórico. Esto es especialmente
              perceptible en F20, fórmula versificada, o en F25, donde se identifican ecos de la
              obra de Paulo Diácono<note n="23" type="footnote">Juan Gil, «&#160;Para la edición de los
                textos visigodos y mozárabes&#160;», en <emph>Habis</emph>, vol. 4 (1973), p. 189-223, en
                la p. 218. </note>. En el mismo sentido, la falta de una fórmula para negocio tan
              habitual como la compraventa de tierra sugiere que esto no era formulario de uso común
              sino modelo escolar avanzado de redacción de documentos, comprensible en una época en
              la que no hay certeza sobre la existencia de tabeliones, y sí hay constancia de la
              copia de expresiones formularias en libros de ambiente monástico<note n="24"
                type="footnote">Por ejemplo en la donación del obispo Vicente a la iglesia de
                Huesca en 576, que se vincula a F21 y F22 como dijo C. Petit, «&#160;Las fórmulas
                notariales godas…&#160;», en la p. 188.&#160;; o en <emph>marginalia</emph> del ms. 107 de la
                Biblioteca Municipal de Autun, escritos hacia 730 en Septimania o Cataluña y
                referentes a transferencias de propiedad, pero también a <emph>conditiones
                  sacramentorum</emph>; cfr. Rodney Potter Robinson, <emph>Manuscripts 27 (S. 29)
                  and 107 (S. 129) of the Municipal Library of Autun. A study of spanish half-uncial
                  and early visigothic minuscule and cursive scripts</emph>, New York, 1939
                  (<emph>Memoirs of the American Academy in Rome, 16)</emph>, en la
              p. 60.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. El empleo de las Formulas en el siglo VII</head>
            <p>Nuestro conocimiento del documento de época visigoda es escaso<note n="25"
                type="footnote">La obra fundamental sigue siendo la de A. Canellas López,
                  <emph>Diplomática hispano-visigoda.</emph>.. Interesan también las observaciones,
                hechas sobre el formulario, de J.G.O. Biedenweg, <emph>Commentatio…</emph>, en las
                p. 79-82.</note>, pero el sistema de derecho privado de la época está basado en el
              principio de escrituralidad<note n="26" type="footnote">Solo hay una referencia a
                  <emph>notarii publici</emph> en el <emph>Liber Iudiciorum.</emph> Cfr. José Bono,
                  <emph>Historia del Derecho notarial español</emph>, I, 1, Madrid, 1979, en la
                p. 80, que defiende la existencia de una clase profesional de
                  <emph>scriptores</emph>; <emph>contra</emph>, N. Everett, «&#160;Lay documents…&#160;», en
                la p. 70.</note>. Y aunque la ley permitía hacer actos o contratos sin escritura, la
              tendencia legislativa favorecía la escrituración, tendía a restringir los contratos
              orales y privilegiaba en los juicios al documento sobre los testigos<note n="27"
                type="footnote">Olga Marlasca, «&#160;Algunos requisitos para la validez de los
                documentos en la Lex Visigothorum&#160;», en <emph>Revue internationale des droits de
                  l’Antiquité</emph>, vol. 45 (1998), p. 563-584.</note>. Según la norma, las dudas
              sobre la autenticidad se dirimían mediante la identificación de la mano y el recurso a
              los testigos; y F21 todavía menciona la <emph>insinuatio</emph> del testamento en las
                <emph>gesta municipalia.</emph></p>
            <p>La publicación y estudio, en el último medio siglo, de varias decenas de documentos,
              mayoritariamente privados<note n="28" type="footnote">Con todas las reservas que
                plantea Benoît-Michel Tock, «&#160;L’acte privé en France, <num>vii<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle-milieu du <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;», en
                  <emph>Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge</emph>, vol. 111 (1999),
                p. 499-537.</note>, permite corroborar la imagen trazada por la legislación<note
                n="29" type="footnote">Vid. Isabel Velázquez, «&#160;Ardesie scritte di epoca visigota:
                Nuove prospettive sulla cultura e la scrittura&#160;», en <emph>Die Privaturkunden der
                  Karolingerzeit</emph>, eds. Peter Erhart, Karl Heidecker y Bernhard Zeller,
                Dietikon-Zurich, 2009, p. 31-45, con amplia bibliografía.</note>. Por un lado,
              cuatro fragmentos de pergaminos documentales, quizá procedentes del noreste
              peninsular, alumbran un panorama diplomático de la segunda mitad del
                siglo <num>vii</num> en el que un posible documento real y el precepto de un conde
              conviven con una declaración judicial, una permuta y una venta de ganado<note n="30"
                type="footnote"><emph>Chartae Latinae Antiquiores. Facsimile Edition of the Latin
                  Charters prior to the ninth Century</emph>, eds. Albert Bruckner y Robert
                Marichal, vol. XLVI, publ. Tiziano Dorandi, Dietikon-Zurich, 1995, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 1398-1402. Anscari Mundó, <emph>Los diplomas visigodos originales en
                  pergamino. Transcripción y comentario, con un regesto de documentos de la época
                  visigoda</emph>, Barcelona, 1974; José Manuel Ruiz Asencio, «&#160;Los documentos
                visigodos originales en pergamino&#160;», en <emph>En la pizarra. Los últimos
                  hispanorromanos de la Meseta</emph>, Burgos, 2005, p. 87-92. </note>. Junto a
              ellos, los documentos escritos sobre pizarra, procedentes sobre todo del sector
              occidental de la Meseta<note n="31" type="footnote">Tras sucesivas ediciones, cfr.
                Isabel Velázquez Soriano, <emph>Documentos de época visigoda escritos en pizarra
                  (siglos</emph> <num>vi</num>-<num>viii</num>), 2 vols., Turnhout (<emph>Monumenta
                  Palaeographica Medii Aevi, Series Hispanica</emph>), 2000&#160;; Ead., <emph>Las
                  pizarras visigodas, entre el latín y su disgregación. La lengua hablada en
                  Hispania (siglos VI-VIII)</emph>, Madrid, 2004.</note>, reflejan una sociedad
              rural fuertemente jerarquizada que recurre con asiduidad al testimonio escrito. Nunca
              se destaca en ellas la autoridad del escribano. Pero la importancia de las
              suscripciones y los signos, y también de la autografía, revela el valor atribuido a la
              escrituración de negocios, incluso de algunos de muy escaso valor económico<note
                n="32" type="footnote">I. Velázquez, «&#160;Ardesie scritte di epoca visigota…&#160;», en
                las p. 33-37.</note>.</p>
            <p>La comparación de estos escasos testimonios con el texto canónico de las fórmulas, ya
              avanzada por otros autores<note n="33" type="footnote">M.C. Díaz y Díaz, «&#160;Un
                document sur ardoise…&#160;», en la p. 63; Roger Collins, «&#160;‘Sicut lex gothorum
                continet’. Law and charters in ninth- and tenth-century León and Catalonia&#160;», en
                  <emph>English Historical Review</emph>, vol. 100 (1985), p. 489-512, en la p. 495;
                José Antonio Fernández Flórez, «&#160;La génesis documental. Desde las pizarras visigodas
                y la “Lex Romana Wisigothorum” al siglo <num>x</num>&#160;», en <emph>Documentación de la
                  Hispania altomedieval (ss. VI-X)</emph>, Madrid, 2009, p. 89-117; José Manuel
                Pérez-Prendes Muñoz-Arraco, «&#160;Resonancias jurídicas en las pizarras visigóticas&#160;»,
                en <emph>En la pizarra…</emph>, p. 127-141, en la p. 128; I. Velázquez Soriano:
                  <emph>Las pizarras visigodas...</emph>, en las p. 150-160.</note>, resulta también
              reveladora. Contrasta su tipología, pues pocas fórmulas encuentran su reflejo en los
              documentos conservados. Pero más allá de los avatares de la conservación, hay claras
              concomitancias en algunas compraventas, y en las <emph>conditiones
                sacramentorum</emph>, que es el juramento ante el juez para confirmar un contrato
              cuyo documento se ha perdido o cuyo derecho no se reconoce. En este caso, la omisión
              del Espiritu Santo en la pizarra 39 hace pensar que pertenece a la época arriana, y
              que F39, que sí jura por la Trinidad, es posterior. Por su parte, el texto de la
              pizarra 8, fechado en 586, se relaciona con F11, que es una venta; pero también con
              F29, que es una donación, o con F32, en la que un hombre se vende a sí mismo como
              siervo.</p>
            <p>Por consiguiente, parece que el formulario, según lo conocemos, reúne tipos
              documentales que debían ser comunes en época visigoda, y los dota de una riqueza
              retórica extraña a los documentos conocidos; y al contrario, destaca en él la pobreza
              de su formulación jurídica y de sus elementos de validación. El material conservado en
              las pizarras sugiere que la identidad se refiere más a cláusulas o expresiones
              concretas que a la fórmula completa. Pero la pobreza de nuestras informaciones impide
              saber dónde se formó y cómo o cuánto pudo haberse extendido.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Los documentos astur-leoneses del siglo IX</head>
            <p>Tras la destrucción del reino de los visigodos, la diplomática hispana entra en un
              muy largo siglo <num>viii</num> en el que no hay originales; cuando reaparezcan en el
                <num>ix</num> algunos escasos documentos y crónicas, mostrarán un panorama muy
              transformado. El hecho más visible es la desarticulación política del norte
              peninsular, cuyas aristocracias tratan de articular un sistema nuevo. Entran en la
              órbita carolingia los territorios orientales, ricos en testimonios y bien
                estudiados<note n="34" type="footnote">Vid. la gran obra de Michel Zimmermann,
                  <emph>Écrire et lire en Catalogne (</emph><num>ix</num><emph><hi rend="sup"
                  >e</hi></emph>-<num>xii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle)</emph>, Madrid,
                2003 (<emph>Bibliothèque de la Casa de Velázquez</emph>, 23).</note>; los condados
              aragoneses y el reino de Navarra inician una andadura propia, confinados en los
              Pirineos por la Zaragoza islámica. Y la franja cristiana se hace más extensa en el
              noroeste peninsular, donde la desarticulación eclesiástica acentúa la ruptura con el
              pasado.</p>
            <p>Excluyendo Galicia y Castilla, que sobre un fondo común muestran señales de una
              identidad propia<note n="35" type="footnote">Ernesto Pastor Díaz de Garayo, «&#160;Los
                testimonios escritos del sector meridional de Castilla (siglos <name rend="sc"
                  >x-xi</name>). Ensayo de crítica documental&#160;», en <emph>Historia. Instituciones.
                  Documentos</emph>, vol. 24 (1997), p. 355-380.</note>, nuestro análisis se ceñirá
              ahora a la documentación de la franja central de este territorio: un espacio de unos
              20.000 km<hi rend="sup">2</hi>, de escasa tradición urbana, para el que se conservan
              un centenar de documentos del siglo <num>ix</num>, y más de 3.000 de los siglos <name
                rend="sc">x-xi</name><note n="36" type="footnote">Usamos las siguientes
                ediciones&#160;: <emph>Colección de documentos de la Catedral de Oviedo</emph>, ed.
                Santos A. García Larragueta, Oviedo, 1962; <emph>Colección diplomática del
                  monasterio de San Vicente de Oviedo</emph>, ed. Pedro Floriano Llorente, Oviedo,
                1968; <emph>Cartulario de Santo Toribio de Liébana</emph>, ed. Luis Sánchez Belda,
                Madrid, 1948; <emph>Colección diplomática de Santa María de Piasca
                (857-1252)</emph>, ed. Julia Montenegro Valentín, Santander, 1991; <emph>Colección
                  documental del archivo de la Catedral de León (775-1230)</emph>, vols. I-IV, eds.
                Emilio Sáez, Carlos Sáez y José Manuel Ruiz Asencio, León, 1987-1990 (<emph>Fuentes
                  y estudios de historia leonesa</emph>, 41, 42, 43, 44); <emph>Colección documental
                  del monasterio de San Pedro de Eslonza</emph>, eds. José Manuel Ruiz Asencio e
                Irene Ruiz Albi, León, 2007 (<emph>Fuentes y estudios de historia leonesa</emph>,
                120); <emph>Colección diplomática del monasterio de Sahagún
                  (siglos</emph> <num>ix</num>
                <emph>y</emph>
                <num>x</num>), ed. José Mª Mínguez, León, 1976 (<emph>Fuentes y estudios de historia
                  leonesa</emph>, 17); <emph>Colección diplomática del monasterio de Sahagún
                  (857-1230), II (1000-1073)</emph> y <emph>III (1073-1109)</emph>, ed. Marta
                Herrero de la Fuente, León, 1988 (<emph>Fuentes y estudios de historia
                  leonesa</emph>, 36 y 37); <emph>Colección documental del monasterio de Santa María
                  de Otero de las Dueñas, I (854-1108)</emph>, eds. José Antonio Fernández Flórez y
                Marta Herrero de la Fuente, León, 1999 (<emph>Fuentes y estudios de historia
                  leonesa</emph>, 73); <emph>Tumbo Viejo de San Pedro de Montes</emph>, ed. Augusto
                Quintana Prieto, León, 1971 (<emph>Fuentes y estudios de historia Leonesa</emph>,
                5); <emph>Colección documental de la Catedral de Astorga, I (646-1126)</emph>, eds.
                Gregoria Cavero Domínguez y Encarnación Martín López, León, 1999 (<emph>Fuentes y
                  estudios de historia leonesa</emph>, 77), <emph>El tumbo del monasterio de San
                  Martín de Castañeda</emph>, ed. Á. Rodríguez González, León, 1973.</note>. La
              Cordillera Cantábrica lo divide; al norte queda una tierra montañosa de clima húmedo
              en la que se organizará un reino en torno a una capital nueva: Oviedo. A principios
              del siglo <num>x</num>, sus reyes se desplazarán al sector de la Meseta que se domina
              desde León, de clima más riguroso, donde permanecerá su panteón hasta el
                siglo <num>xii</num>. En principio, los estrechos vínculos patrimoniales, políticos
              y lingüísticos que se extienden a norte y sur podrían dar a este espacio los contornos
              de un <emph>Urkundenterritorium</emph><note n="37" type="footnote">Estado de la
                cuestión en Reinhard Härtel, <emph>Notarielle und kirchliche Urkunden im frühen und
                  hohen Mittelalter</emph>, Wien-München, 2011, en las p. 308-310.</note>, en el que
              se ha debatido la perduración o implantación de la ley visigótica<note n="38"
                type="footnote">Javier Alvarado, «&#160;A modo de conclusiones. El <emph>Liber
                  Iudiciorum</emph> y la aplicación del Derecho en los siglos <num>vi</num> a
                  <num>xi</num>&#160;», en <emph>Mélanges de la Casa de Velázquez</emph>, vol. 41-2
                (2011), p. 109-127.</note>. Las crónicas redactadas a fines del siglo <num>ix</num>
              afirman que el rey Alfonso II <emph>omnemque Gotorum ordinem, sicuti Toleto fuerat,
                tam in ecclesia quam in palatio in Ovetao cuncta statuit</emph><note n="39"
                type="footnote"><emph>Crónicas asturianas</emph>, eds. Juan Gil, José Luiz
                Moralejo y Juan Ignacio Ruiz de la Peña, Oviedo, 1985, en la p. 174.</note>. Pero
              los escasos documentos de la dinastía astur, que en algunas cláusulas evocan el
              pasado, no pueden ocultar la desaparición de la cancillería visigoda y su redacción
              habitual por parte de sus beneficiarios<note n="40" type="footnote">La última
                revisión global en Manuel Lucas Álvarez, <emph>El reino de León en la Alta Edad
                  Media, VIII. Cancillerías reales astur-leonesas (718-1072)</emph>, León, 1995
                  (<emph>Fuentes y estudios de historia leonesa</emph>, 57), en la p. 220 y
                ss.</note>.</p>
            <p>El panorama diplomático del siglo <num>ix</num>, de tradición documental muy
              discutida, reduce a diecisiete los originales, principalmente ventas o donaciones, de
              los que el rey intitula dos, y solo hay uno episcopal; destaca por tanto una sociedad
              rural de propietarios locales. En la mitad de esos documentos no consta el rogatario;
              donde sí figura, uno suscribe como <emph>notarius</emph>, y solo dos expresan su
              condición eclesiástica. En fin, es muy interesante constatar que la misma persona, un
              tal Ermoigius, <emph>scripsit</emph> tres de los originales restantes<note n="41"
                type="footnote"><emph>Piasca…</emph>, ed. J. Montenegro Valentín, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 1, 2, y 3. </note>.</p>
            <p>Continuando con el testimonio de las pizarras, este ejemplo permite pensar que
              incluso algunas transacciones menores establecidas entre particulares en comunidades
              rurales de montaña llegaban a ponerse por escrito; y que para ello se recurría a
              personas experimentadas en las tareas de redacción y escritura. La comparación de
              estas tres ventas de tierra también permite relativizar de nuevo el tópico de la
              arbitrariedad de los escribanos altomedievales. Está lejos del latín clásico, pero el
              escribano no se limita a copiar servilmente sino que varía la expresión<note n="42"
                type="footnote">Oscila entre «&#160;in aderato precio&#160;» o «&#160;adpreciato&#160;»; entre
                «&#160;accepi de vos precium&#160;» y «&#160;tu dedisti nobis…precium&#160;»; entre «&#160;kartula&#160;» y
                «&#160;scriptura&#160;».</note>, y adapta la cláusula al caso particular que describe<note
                n="43" type="footnote">«&#160;Si quis aliquis de parte mea… Si quis aliquis de nos, aut
                iermani vel quolibet omo de parte nostra… Si quis aliquis, an nos aut eredes vel
                quolibet omo de parte nostra…&#160;»</note>; aunque también yerra en la expresión de los
                testigos<note n="44" type="footnote">En dos casos anuncia su presencia, pero solo
                en uno se consignan sus nombres. Se aleja con ello de la norma visigótica sobre las
                escrituras auténticas, que requería data, signos y suscripciones de autor y
                testigos. </note>. En su estructura, la sucesión de las cláusulas revela una
              mecánica que se repite con notable fidelidad en los tres casos. Pero la retórica de
              las fórmulas del siglo <num>vii</num> no se percibe en este sector de contratos
              otorgados entre particulares en el <num>ix</num>. En otros casos, pueden hacerse
              coincidir ciertos giros en la expresión de espontaneidad del negocio, en la voluntad
              de su duración perpetua o en la formulación de las cláusulas penales<note n="45"
                type="footnote">Por ejemplo, la profiliación de 870 se otorga «&#160;sanus sana mente
                integroque consilio&#160;», como F25, y se repite varias veces en no originales la
                amenaza de los «&#160;rumphea celestis&#160;» y la calificación de Datán y Abirón como «&#160;viros
                sceleratissimos&#160;» de F39 (<emph>Liébana…</emph>, ed. L. Sánchez Belda, n<hi
                  rend="sup">os</hi> 9 y 12).</note>. Pero son cuestiones demasiado generales o
              documentos de autenticidad problemática como para hablar de la presencia en el reino
              del conjunto de fórmulas, y de que éstas ejerzan una influencia segura.</p>
            <p>Cambia la situación en las donaciones. La breve F30, en realidad un preámbulo sobre
              el valor de aquéllas, encuentra su primer reflejo en 864<note n="46" type="footnote"
                  >. <emph>León…</emph>, ed. E. Sáez, nº 6.</note>. Pero la mayor influencia aflora
              cuando participan personas o instituciones eclesiásticas<note n="47" type="footnote"
                >. Las pizarras visigodas, donde ya se observó cierto influjo de las fórmulas, han
                sido vinculadas a ambientes monásticos por I. Velázquez, «&#160; Ardesie scritte di epoca
                visigota…&#160;», passim.</note>, y destaca la <emph>oblationis cartula</emph> otorgada
              en 874 por Frunimio, primer obispo de la nueva diócesis de León<note n="48"
                type="footnote"><emph>León</emph>…, ed. E. Sáez, nº 6; en 873 hizo otra donación
                de formulario similar, que se conserva en copia muy posterior publicada por Antonio
                C. Floriano Cumbreño, <emph>Diplomática española del período astur</emph>, 2 vols.,
                Oviedo, 1949-1951, nº 105. </note>, que refleja las <emph>oblationes</emph>
              formularias con cierta libertad. Por un lado, usa la dirección de F8, <emph>Domnis
                sanctis adque gloriosis et post Deum nobis fortissimis</emph>…, llamada a un largo
              futuro, así como su préambulo y su motivación; pero más adelante, las cláusulas
              conminatorias rehuyen ese modelo y repiten casi enteras las de F7. Y desde luego
              olvida el <emph>stipulatus sum et spopondi</emph> o la mención a la <emph>lex
                Aquilia</emph> del modelo<note n="49" type="footnote">Sobre la
                  <emph>stipulatio</emph>, Giovanna Nicolaj, “Il documento privato italiano
                nell’Alto Medioevo&#160;», en <emph>Libri e documenti d’Italia. Dai longobardi alla
                  rinascita delle città</emph>, ed. C. Scalon, Udine, 1996 (<emph>Libri e
                  biblioteche</emph>, 4), p. 153-198, en la p. 160 y ss.</note>. Sería interesante
              conocer el origen de este obispo que por vez primera, en un documento autógrafo,
              atestigua un conocimiento claro del repertorio formulario. Pero los datos existentes
              no permiten apostar ni por su origen local ni por sus posibles conexiones
              meridionales, en una época en la que los martirios de Córdoba habrían abierto la
              puerta a la emigración hacia un reino astur donde se consolidaba el ideal
              restauracionista.</p>
            <p>Por último, los documentos regios presentan una doble tradición. Las primeras
              donaciones originales heredan de la documentación pública visigoda la expresión
                <emph>per huius nostre preceptionis iussionem</emph>, e incorporan la
                <emph>inscriptio</emph> de F8 en 904<note n="50" type="footnote"
                  >. <emph>León…</emph>, ed. E. Sáez, nº 2; <emph>Sahagún…</emph>, ed. J.M. Mínguez,
                nº 6. </note>; sobre las copias, la fecha se puede adelantar a 885<note n="51"
                type="footnote">Por brevedad citamos por la edición de A.C. Floriano Cumbreño,
                  <emph>Diplomática astur</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 143, 145, 146, 174, 181 y
                189.</note>, casi coincidiendo con la redacción de la <emph>Crónica
                Profética.</emph> Pero es llamativo que las citas se vinculen siempre a monasterios,
              sobre todo Sahagún<note n="52" type="footnote">Fuera de este espacio, destacan las
                catedrales de Santiago y Orense (<emph>ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 133,
                136, 144, 151, 161 y 165). </note>. Y es chocante que usen F8 como cualquier
              particular, y no F9 o F10, que eran fórmulas específicas para uso del rey: parece
              claro que se conocen algunas fórmulas, pero no el formulario íntegro. En fin, destaca
              la concentración de su empleo lejos de la corte real, pues los documentos de la
              catedral de Oviedo o del monasterio de San Vicente de esa ciudad no las reflejan en
              absoluto.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Las donaciones a iglesias en los siglos X-XI</head>
            <p>A partir del 920 la documentación conservada crece de forma exponencial y se
              diversifica. En el siglo <num>xi</num> se identifican incluso archivos de familias
              laicas, como el fondo condal de Otero de las Dueñas<note n="53" type="footnote">Adam
                J. Kosto, «&#160;<emph>Sicut mos esse solet</emph>: documentary practices in Christian
                Iberia, c. 700-1000&#160;», en <emph>Documentary Culture and the Laity..</emph>,
                p. 259-282, en la p. 269 ss.</note>. Pero monasterios y catedrales, cada vez más
              interesados por sus archivos, han sido el depósito secular de esta riqueza documental.
              Y los cartularios del siglo <num>xii</num> han tenido gran peso en su transmisión, con
              el problema de que la modificación formularia es un rasgo habitual de la
                cartularización<note n="54" type="footnote">Cfr. Mª Josefa Sanz Fuentes, «&#160;El
                lenguaje de los documentos falsos&#160;», en <emph>Orígenes de las lenguas romances en el
                  reino de León, ss.</emph>
                <num>ix</num>-<num>xii</num>, vol. I, León, 2005 (<emph>Fuentes y estudios de
                  historia leonesa</emph>, 103), p. 119-158, en la p. 120 ss.; José Antonio
                Fernández Flórez, “La huella de los copistas en los cartularios leoneses&#160;»,
                  <emph>ibid.</emph>, p. 159-227. Del mismo modo, las piezas sueltas no siempre
                pueden considerarse documentos auténticos, como advierte en el fondo de Sahagún José
                Antonio Fernández Flórez: «&#160;El fondo documental del monasterio de Sahagún y sus
                  <emph>scriptores</emph> (ss. <num>ix</num>-<num>x</num>)&#160;», en <emph>El monacato
                  en los reinos de León y Castilla (siglos</emph> <num>vii</num>-<num>xiii</num>).
                  <emph>X Congreso de Estudios Medievales</emph>, Ávila, 2007,
              p. 125-146.</note>.</p>
            <p>Aunque su perfil jurídico no siempre está claro<note n="55" type="footnote">Cfr.
                Wendy Davies, <emph>Acts of giving. Individual, Community and Church in
                  Tenth-Century Christian Spain</emph>, Oxford, 2007, en particular el capítulo 4,
                “The Language of Donation”, en las p. 88-109; Ead., «&#160;When gift is sale.
                Reciprocieties and commodities in tenth-century Christian Iberia&#160;», en Wendy Davies
                y Paul Fouracre (eds.), <emph>The Languages of Gift in the Early Middle Ages</emph>,
                Cambridge, 2010, p. 217-237.</note>, la gran mayoría de estos documentos son ventas
              y donaciones. Aquéllas, reflejo del mundo campesino, siguen expresándose con su
              sencillo formulario y permanecen en general refractarias a cualquier influjo de las
              fórmulas visigóticas. Los documentos de donación, con sus muchas facetas<note n="56"
                type="footnote">Tras la importante serie de publicaciones sobre <emph>Les
                  transferts patrimoniaux en Europe occidentale</emph>
                <num>viii</num><emph><hi rend="sup">e</hi></emph>-<num>x</num><emph><hi rend="sup"
                    >e</hi> siècle</emph>, ofrece una interesante revisión del tema en España W.
                Davies, <emph>Acts of giving...</emph>
              </note>, se multiplican desde mediados del siglo <num>x</num>; y por su naturaleza más
              retórica ofrecen el uso más intensivo del repertorio formulario, en particular de F8,
              sobre todo de su <emph>inscriptio.</emph> En León, se reconoce su eco en documentos
              otorgados por los obispos<note n="57" type="footnote"><emph>León</emph>…, ed. E.
                Sáez, nº 76, de 928.</note>. Pero la geografía de su empleo, y el foco de su
              producción, se dirige sobre todo hacia algunas pujantes comunidades monásticas
              situadas al sur de la Cordillera Cantábrica, poco influidas por los obispos o por
              familias aristocráticas, y que con frecuencia han sido identificadas como receptoras
              de influencias meridionales<note n="58" type="footnote">Aunque falta un estudio
                definitivo, Sahagún, Escalada, Castañeda, Lebeña, Eslonza o Montes son referencia
                habitual desde el estudio clásico de Manuel Gómez Moreno, <emph>Iglesias mozárabes.
                  Arte español de los siglos</emph> <num>ix</num>
                <emph>a</emph>
                <num>xi</num>, Madrid, 1929. </note>. En la montañosa Liébana, donde abundan los
              cenobios altomedievales<note n="59" type="footnote">Sobre la colonización monástica
                de la zona, Julia Montenegro Valentín, <emph>Santa María de Piasca. Estudio de un
                  territorio a través de un centro monástico (857-1252)</emph>, Valladolid, 1993, en
                las p. 22-36; sobre su valor como originales, J.A. Fernández Flórez, «&#160;Sahagún y sus
                scriptores…&#160;», en las p. 141-143.</note>, la huella de las fórmulas se percibe en
              los originales de Piasca desde la dotación de 930, con un uso selectivo del material
              que se centra en la <emph>inscriptio</emph><note n="60" type="footnote">De la
                fórmula selecciona la dirección («&#160;Domne gloriosae ac post Deum nobis fortissime
                patrone nostrae Sanctae Mariae virgini regine celesti… sive sanctis martiribus…
                quorum baselica in locum Piasca territornio levanensi fundata sive restaurata est&#160;»)
                y la expresión «&#160;mancipia nominibus designata&#160;» (<emph>Piasca…</emph>, ed. J.
                Montenegro Valentín, nº 6).</note>, y en sucesivos ejemplos de 945 y 966, muy fieles
              a un modelo del que toman la dirección, la intitulación y la motivación<note n="61"
                type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 10 y 18, así como
                copias que llegan hasta 1068, <emph>ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 9, 11, 23,
                29 y 42.</note>. Lo mismo se percibe en el cartulario de Liébana en documentos
              fechados a partir de 921<note n="62" type="footnote"><emph>Liébana…</emph>, ed. L.
                Sánchez Belda, n<hi rend="sup">os</hi> 29, 45, 50.</note>. En la comarca de Astorga
              y el Bierzo, que comparte las mismas condiciones ecológicas de aislamiento y
              fertilidad y que a principios del siglo <num>x</num> renueva una tradición monástica
              que se remonta al <num>vii</num><note n="63" type="footnote">Manuel C. Díaz y Díaz,
                «&#160;El monacato fructuosiano y su desarrollo&#160;», en <emph>El monacato en la diócesis de
                  Astorga durante la Edad Media</emph>, ed. G. Cavero Domínguez, León, 1995,
                p. 33-48. Manuel C. Díaz y Díaz, <emph>Valerio del Bierzo. Su persona. Su
                  obra</emph>, León, 2006 (<emph>Fuentes y estudios de historia leonesa</emph>,
                111). </note>, las copias tardías de los documentos de San Pedro de Montes y de
              otros monasterios reflejan igualmente el eco de F8 desde 912<note n="64"
                type="footnote"><emph>Montes…</emph>, ed. A. Quintana Prieto, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 1, 2, 7; <emph>Astorga…</emph>, ed. G. Cavero Domínguez y E. Martín
                López, n<hi rend="sup">os</hi> 10, 11, 12, 20, 24, 27, 28, 34, 35, 41, 51, 55, 82,
                84, 103, 111.</note>, como siempre en la dirección y motivación. Pero es muy
              interesante ver que algunos ejemplos de los mismos años componen su cláusula de
              sanción mezclando los modelos de F6 y F8, a veces sin comprenderlas bien y por tanto
              alterando su sentido<note n="65" type="footnote">«&#160;sacrilegii crimen teneatur
                obnoxius et sine cuius pagina valeat fundamenta disrumpere&#160;» (<emph>Montes…</emph>,
                ed. A. Quintana Prieto, nº 8); donde la fórmula dice «&#160;nec sic huius&#160;»; Nuevos
                ejemplos <emph>ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 9, 10, 11, 12, 13.</note>. Esto
              demuestra además que, más allá de una simple fórmula, se conocen varias de las piezas
              que también están presentes en el formulario que ha llegado a nosotros.</p>
            <p>Sin embargo, la esperanza de poder medir frecuencias de uso y cartografiar la
              extensión del fenómeno, que en un principio creímos posible ante la abundancia de
              donac­­iones dirigidas a instituciones eclesiásticas, se ha terminado diluyendo ante
              la maleabilidad del material que manejamos, que con el paso del tiempo termina
              haciendo el modelo casi irreconocible.</p>
            <p>Es lo que ocurre en el monasterio de Eslonza, donde predomina en la primera mitad del
                siglo <num>ix</num> una fórmulación propia, que insiste en el temor a presentarse
              sin buenas obras ante Dios y en la que los ecos de F8 son discretos: dudaríamos de que
              la conociesen a la vista de algunos originales regios y otros particulares que se
              limitan a donar a los <emph>domnos et patronos</emph><note n="66" type="footnote"
                  >. <emph>Eslonza…</emph>, ed. J.M. Ruiz Asencio e I. Ruiz Albi, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 1, 2, 8, 10, 11, 19, 26 y 27.</note>, pero la presencia de la habitual
              dirección en 936, lo suficientemente amplia para certificar su identificación<note
                n="67" type="footnote"><emph>Ibid</emph>, nº 12.</note>, atestigua el conocimiento
              del modelo, y también la libertad con que se emplea. En fin, con mayor o menor
              fidelidad, la huella también se percibe en otras comunidades leonesas a mediados del
                siglo <num>x</num>: Abellar, Ardón, Cellariolo<note n="68" type="footnote"
                  >. <emph>León…</emph>, ed. E. Sáez, n<hi rend="sup">os</hi> 126 y 93;
                  <emph>León…</emph>, ed. E. Sáez y C. Sáez, n<hi rend="sup">os</hi> 298 y
                351.</note>; contando con no originales, la nómina se ampliaría a los casos de
              Valdevimbre, Santiago de León, Valdepueblo<note n="69" type="footnote"
                  >. <emph>León…</emph>, ed. E. Sáez, n<hi rend="sup">os</hi> 115 y 180;
                  <emph>León…</emph>, ed. E. Sáez y C. Sáez, nº 274.</note>. A medida que avanzamos
              hacia el 1000, nuevas comunidades monásticas se suman al grupo, revelando que la
              dirección de F8 es ya un repertorio de uso común.</p>
            <p>Como contrapartida, es muy significativa su escasa presencia al norte de la
              Cordillera. Es cierto que allí el número de documentos es mucho más escaso. Pero en el
                siglo <num>x</num> apenas se advierte influjo alguno en las donaciones originales,
              ni siquiera cuando implican a presbíteros, obispos o monasterios<note n="70"
                type="footnote"><emph>San Vicente…</emph>, ed. P. Floriano Llorente, n<hi
                  rend="sup">os</hi> 4, 11, 16 y 18.</note>. La única cita clara se vincula a la
              naciente comunidad de San Vicente de Oviedo en 978<note n="71" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, nº 20, con un eco, por cierto, de la sanción de
              F39.</note>; pero los nuevos ejemplos se harán esperar a mediados del
                siglo <num>xi</num>, para prolongarse luego hasta el final de la centuria<note
                n="72" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 35, 43, 49, 63,
                75, 78, 92, 103, 118, 122.</note>. Y es paradójico que la catedral de Oviedo, que
              conservaría el único ejemplar conocido del formulario, presente una cláusula de
              dirección totalmente ajena en sus documentos originales; la única huella de F8 se
              reduce a dos copias tardía de documentos fechados en 834 y 1012<note n="73"
                type="footnote"><emph>Diplomática astur…</emph>, ed. A.C. Floriano Cumbreño,
                nº 41; <emph>Oviedo…</emph>, ed. S.A. García Larragueta, nº 41.</note>. En
              conclusión, los escasos ejemplos aducidos la hacen una influencia más, con frecuencia
              poco reconocible, en textos que sin embargo son creativos, ricos y complejos.</p>
            <p>La consideración detenida del rico archivo de Sahagún facilita entender mejor la
              génesis de estos documentos. En las primeras décadas del siglo <num>x</num> abundan
              las donaciones entre particulares que se redactan sobre un modelo de gran sencillez;
              pueden tener ecos antiguos – <emph>spopondi</emph> –<note n="74" type="footnote"
                  >. <emph>Sahagún</emph>, ed. J.M. Mínguez, nº 87.</note>; y si se dirigen al
              monasterio, a veces se enriquecen con citas bíblicas y consideraciones sobre el temor
              a la muerte<note n="75" type="footnote">Por ejemplo, <emph>ibid.</emph>, n<hi
                  rend="sup">os</hi> 25, 87, 128, 170, 190.</note>. Pero las donaciones dirigidas al
              cenobio van creando una solución formularia propia en la que F8 es un ingrediente
              entre muchos. Rara vez copian su motivación<note n="76" type="footnote">Hallamos el
                primer ejemplo en 980 (<emph>ibid.</emph>, nº 308). </note>, y lo común es un eco de
              la fórmula que empieza por la dirección a los <emph>domnis</emph> caracterizados como
                <emph>gloriosissimis</emph> o <emph>fortissimis</emph>, pero también
                <emph>invictissimis</emph> y justifica la donación <emph>pro luminaria ecclesiae et
                stipendia pauperum</emph> o expresiones similares<note n="77" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 145, 146, 147, 160, 164, 167, 197,
                251, 212, 219, 221, 228, 253, 255, 258, 266, 302, 317, 329, 330, 334, 344, 351,
                359.</note>.</p>
            <p>En 955, dos donaciones se dirigen <emph>vobis gloriosissimos et post Deum fortissimos
                patronos meos Sanctorum Facundi et Primitibi corum corpora humata dinoscitur esse in
                loco…</emph>; otra oblación del mismo año modifica a <emph>Primitivi cuius in honore
                eclesia et monasterio es constructum…</emph>, y otra de 958 a <emph>vobis
                serenissimis patronis</emph>, mientras que un último caso de 959 se queda en un
                <emph>vobis serenissimis patronis, scilicet patenti in aula venerandis sanctorum
                Facundi et Primitibi Zeiensi monasterii ubi proprio pro Domino fudistis cruore et
                corpora dinoscitur esse</emph>…<note n="78" type="footnote">Respectivamente n<hi
                  rend="sup">os</hi> 145, 147, 146, 160 y 164.</note>.</p>
            <p>Pese a la variación léxica, el conocimiento de F8 parece claro en estos casos. Pero
              otros ejemplos muestran de nuevo lo escurridiza que puede ser esa influencia. En 950
              Diego y Leocadia donan <emph>vobis serenissimi</emph> [<emph>patronis
                nostri</emph>]<emph>… pro luminaria altariorum vel elemosinis pauperum</emph>; en
              974 Graciosa y Amores hacen una donación <emph>vobis domnis patronis Sancti Felicis
                sub aula Sancti Facundi et Primitivi… pro stipendio monacorum et pro luminarias
                eclesie vestre</emph><note n="79" type="footnote"><emph>Sahagún</emph>, ed. J.M.
                Mínguez, n<hi rend="sup">os</hi> 128 y 275.</note>. Ambos quedan muy lejos del
              modelo. En el contexto sahagunino, donde se observa un gradiente de influencias de F8,
              sí podemos incluirlas en la órbita del formulario. Pero de haber faltado ese contexto
              quizá tendríamos más dudas a la hora de computarlos entre los tributarios de la
              fórmula visigoda.</p>
            <p>En otro sentido, y aunque no podamos asegurar que redactor y amanuense son la misma
                persona<note n="80" type="footnote">En este sentido, B.-M. Tock, «&#160;L’acte privé…»,
                en la p. 530.</note>, resulta interesante el análisis de cinco donaciones escritas
              por la misma mano en 958-976<note n="81" type="footnote">Fue identificada por J.A.
                Fernández Flórez, «&#160;Sahagún y sus scriptores…», en las p. 143-144.</note>. El
              escribano maneja con total libertad el repertorio de epítetos que se vinculan a F8, y
              con el paso del tiempo es capaz de enriquecer sus productos hasta el punto de que, en
              el último de ellos, la referencia al supuesto modelo se pierde por completo. Lo que
              empieza en 958 como <emph>vobis serenissimis patronis meis Sanctorum Facundi et
                Primitibi, quorum corpora humata dinoscitur esse super crepidinis alvei Zeia secus
                strata</emph>, se repite en 964 cambiando <emph>serenissimis</emph> por
                <emph>invictissimis sanctisque</emph>; en 965 se mantienen estos adjetivos, y se
              define el lugar <emph>ubi pro Domino cruorem vestrum fudistis et inde Dominum
                adsociastis</emph>; en 972 se vuelve a <emph>serenissimi</emph>, se añade <emph>hac
                inlustrissimi… hac post Deum triumphatoribus</emph> y se incorporan nuevos datos a
              la localización del monasterio; por último, en 976 la dirección queda diluida en un
              complejo discurso diplomático, como <emph>in aula sanctorum Facundi et Primitibi
                venerabilium martirum in loco ubi eorum corpora humata dinoscitur in cruce
              (</emph>sic pro <emph>cruore) fuderunt probrio et modo copia monacorum hacmina grates
                persolvuntur a Domino</emph><note n="82" type="footnote"><emph>Sahagún</emph>, ed.
                J.M. Mínguez, n<hi rend="sup">os</hi> 160, 219, 228, 266 y 285.</note>.</p>
            <p>Sobre estos ejemplos se ve que en Sahagún se ha creado una tradición diplomática
              propia, muy plástica. Y que esa tradición se va moldeando de unos casos a otros, a
              veces de memoria, a veces copiando un documento anterior que quizá se comprende mal, a
              veces innovando por la propia iniciativa del escribano<note n="83" type="footnote"
                >. En el mismo sentido, J.A. Fernández Flórez, <emph>La elaboración de los
                  documentos…</emph>, en la p. 67&#160;; W. Davies, <emph>Acts of giving…</emph>, en la
                p. 92 ss.</note>.</p>
            <p>Comprobamos lo mismo en el pequeño monasterio de San Cipriano de Valdesaz, también en
              León. Se reconoce F8 en algunos no originales desde 986<note n="84" type="footnote"
                  >. <emph>León…</emph>, ed. J.M. Ruiz Asencio, n<hi rend="sup">os</hi> 514, 594 y
                775.</note>, y pronto se aprecia una solución propia en la motivación por
                <emph>subsidium temporalem</emph> y <emph>veniam delictorum.</emph> Pero hay una
              interesante concentración de testimonios en el segundo cuarto del siglo <num>xi</num>.
              En 1038 coinciden seis donaciones escritas por cuatro presbíteros distintos, de los
              cuales uno – el culto Froila, que recurre a la criptografía en su suscripción –, hace
              tres piezas, una de ellas original; en 1039 y 1040 se añaden otros dos nuevos
              escribanos; y por último hay que contar con Don Patre, que suscribe sus cuatro
              primeros documentos entre 1042 y 1044.</p>
            <p>Más allá de las variantes ortográficas – quizá inducidas por la cartularización de
              algunos de ellos –, se aprecian dos esquemas en la formulación de la
                <emph>inscriptio.</emph> En 1038 Fakila suscribe un retórico documento con
              invocación trinitaria muy desarrollada, motivación muy rica y profusión de citas
              bíblicas, que en 1040 reproduce Moniu Gimaraz con bastante fidelidad, quizá con aquél
              a la vista<note n="85" type="footnote">«&#160;Domnos et invictissimos hac post Deum mihi
                fortissimos patronis nostri Sancti Cipriani episcopi, cimiterii edificatum est in
                Valle de Salice, secus fluminis Estula, in proximo Quoianka, et omnem congregacio
                sanctorum qui in domo Dei estis perseverantes in Christo, tibi Fortes et omnem
                collegium fratrum, presbiterorum et diaconorum, archidiaconorum vel omnium qui sub
                regula Benedicti patris fuerint perseverantes et hic vita sancta obtinentes&#160;»
                  (<emph>ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 959 y 984).</note>. Pero en el mismo
              1038 Petrus actúa como rogatario en otra donación de perfil mucho más sencillo<note
                n="86" type="footnote">«&#160;Domnos et gloriosos hac post Deum michi fortissimos
                patronos meos Sancti Cipriani episcopi et omnium sanctorum qui in vestro loco sancto
                meruerunt recondicione abere, cuius abitaculum sanctum et domus oracionis fundatum
                et edificatum est in Valle de Salice, ubi nunc modo est abitante servus Dei Fortes
                abba cum alius servus Dei in Domino permanentes&#160;» (<emph>ibid.</emph>,
                nº 962).</note>. Sin duda fue éste el modelo que siguió el presbítero Froila en las
              tres piezas que redacta en el mismo año, pero a su vez renueva el modelo al precisar
              que el monasterio <emph>edifigatum est intus civis Coianka, in loco predicto que
                nuncupant Valle de Salice</emph><note n="87" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>,
                  n<hi rend="sup">os</hi> 964, 965 y 966.</note>. Las obras de Froila serían a su
              vez base de la donación que redacta también en 1038 Dominicus, añadiendo
                <emph>congregacionem</emph>, y en 1039 Ciprianus, sin modificación alguna<note
                n="88" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 968 y 977.
              </note>. En fin, en 1042-1044 Don Patre redacta tres donaciones más sobre la base de
              este modelo, más sencillo, no sin pequeños cambios<note n="89" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 1000, 1011 y 1012.</note>; pero en
              una cuarta pieza se inspira en la primera fórmula, que habíamos visto en Fakila y
              Moniu Gimaraz<note n="90" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, nº 1015.</note>.</p>
            <p>En definitiva, el análisis de la <emph>inscriptio</emph> de F8 muestra algunas
              evidencias y también algunos problemas de método. En la parte positiva, queda claro
              que el obispo de León a fines del siglo <num>ix</num> y los monasterios de Piasca,
              Liébana o Montes a mediados del siglo <num>x</num> conocen de forma directa la
              fórmula, y la adaptan a sus necesidades. Otros ejemplos aislados de su sólido
              conocimiento pueden espigarse en la documentación de la época.</p>
            <p>Como contrapartida, los casos de Sahagún o Valdesaz muestran a comunidades con un
              alto número de presbíteros capaces de redactar documentos creando soluciones propias.
              Pero también parece dudoso que hayan dispuesto del formulario completo, ni siquiera de
              F8 en su totalidad, que nunca vemos. Parece que la cláusula de dirección de ésta se ha
              incorporado al repertorio diplomático común perdiendo su identidad primigenia. Y nos
              parece difícil que estos escribanos escribanos sean conscientes de su raigambre
              antigua o le atribuyan sentido identitario, pues es habitual que documentos muy
              solemnes y cultivados se desarrollen sin vinculación alguna a las fórmulas
                visigóticas<note n="91" type="footnote">Por ejemplo <emph>Sahagún</emph>, ed. J.M.
                Mínguez, n<hi rend="sup">os</hi> 285, 328, 333.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">V. Otras fórmulas: conditiones sacramentorum, arras e
              ingenuaciones</head>
            <p>Más allá de las donaciones, otros tipos documentales muestran también el conocimiento
              de las fórmulas visigóticas. </p>
            <div>
              <head type="h2">V.1. Documentos del ámbito judicial</head>
              <p>En el ámbito judicial existen más estudios para el procedimiento<note n="92"
                  type="footnote">Un estado de la cuestión en Pascual Martínez Sopena, «&#160;La
                  justicia en la época asturleonesa: entre el Liber y los mediadores sociales&#160;»,
                    <emph>El lugar del campesino. En torno a la obra de Reyna Pastor</emph>, ed. Ana
                  Rodríguez, Valencia, 2007, p. 239-260.</note> que para los documentos<note n="93"
                  type="footnote">Cfr. François Bougard, «&#160;Écrire le procès. Le compte rendu
                  judiciaire entre <num>viii<hi rend="sup">e</hi></num> et <num>xi<hi rend="sup"
                      >e</hi></num> siècle&#160;», en <emph>Médiévales</emph>, vol. 56 (2009), p. 23-40.
                  Para el noroeste peninsular, Wendy Davies, «&#160;The Language of Justice in Northern
                  Iberia before AD 1000&#160;», en prensa, por cortesía de la autora.</note>. La
                ruralización de los tribunales puede remontarse al siglo <num>vii</num><note n="94"
                  type="footnote">Céline Martin, <emph>La géographie du pouvoir dans l’Espagne
                    visigothique</emph>, Villeneuve d’Ascq, 2003, en las p. 151-159.</note>, y en el
                  <num>x</num> encontramos la habitual expresión del pleito como lugar de
                negociación, de compromiso y de escenificación de las relaciones sociales y de
                poder, si bien parece perdurar un fuerte sentido de justicia pública<note n="95"
                  type="footnote">Wendy Davies, «&#160;Judges and judging. Truth and justice in
                  northern Iberia on the eve of the millenium&#160;», en <emph>Journal of Medieval
                    History</emph>, vol. 36 (2010), p. 193-203, en la p. 202.</note>. No hemos
                podido comprobar la existencia de escribanos ligados a las cortes judiciales<note
                  n="96" type="footnote">Alexandre Jeannin, «&#160;Le greffier durant le haut Moyen
                  Âge: quelle réalité?&#160;», en <emph>Une histoire de la mémoire judiciaire</emph>,
                  eds. Olivier Poncet y Isabelle Storez-Brancourt, Paris, 2009 (<emph>Études et
                    rencontres de l’École des chartes</emph>, 29), p. 119-131.</note>, pero sus
                escritos atestiguan la herencia antigua al colocar la data al principio del
                documento, y también en el mantenimiento de las <emph>conditiones
                  sacramentorum</emph> en la amplia gama de escrituras procesales.</p>
              <p>El interés que este modelo despertaba queda certificado por la preservación, junto
                a F39, de otras dos fórmulas de <emph>conditiones sacramentorum</emph>: la del
                códice Albeldense<note n="97" type="footnote">Escorial, d.I.2; lo cita Y. García
                  López, <emph>Estudios críticos</emph>…, en la p. 124.</note>, que se fecha en este
                monasterio riojano en 976, y la añadida a una copia tardía del <emph>Liber</emph>,
                quizá ya del siglo <num>xiii</num>, de probable origen astur-leonés<note n="98"
                  type="footnote">London, British Library, Add. 49.365, olim ms. Holkham 212,
                  cuando fue dada a conocer por Augusto Gaudenzi, <emph>Notizie ed estratti di
                    manoscritti e documenti</emph>, Bologna, 1886, en las p. 5-14. Especula sobre su
                  origen ovetense Y. García López, <emph>Estudios críticos…</emph>, en la p. 163;
                  Ead., «&#160;La tradición del <emph>Liber Iudiciorum.</emph> Una revisión&#160;», en
                    <emph>De la Antigüedad al Medievo, ss.</emph> <num>iv</num>-<num>viii</num>,
                  Madrid, 1993, p. 381-415, en la p. 398 ss.</note>. La media docena de documentos
                que hemos hallado son anteriores a 960<note n="99" type="footnote">Aun encontramos
                  ecos en <emph>Sahagún</emph>, ed. M. Herrero de la Fuente, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 663 y 727.</note>, y se ha observado que las narraciones detalladas de
                los procesos se vinculan más a monasterios, que como beneficiarios de los bienes
                litigiosos se encargarían de la escrituración del acta, y que a veces hacen de ellas
                narraciones retrospectivas para conseguir una confirmación de prestigio<note n="100"
                  type="footnote">W. Davies, “The Language of Justice…”.</note>.</p>
              <p>Pero de nuevo debe subrayarse la distancia entre F39 y sus posibles reflejos.
                Frente a aquel modelo, que jura por una larga retahila de santos, nuestros ejemplos
                se limitan a las reliquias del altar sobre el que se ofrece el juramento, y emulan
                la cláusula londinense <emph>per XII prophetas et per XII apostolos et per hec IIII
                  evangelia sancta, id est Matheus et Marcus et Lucas et Iohannes</emph><note
                  n="101" type="footnote">«&#160;Sanctumque spiritum sanctum paraclitum qui est in
                  trinitate&#160;», del modelo, aparece en 915 como «&#160;sanctum qui est spiritum paraclitum
                  qui est in trinitate&#160;» (<emph>León</emph>…, ed. E. Sáez, nº 34).</note>. Lo mismo
                ocurre con las cláusulas penales, que en los documentos se reducen a su mínima
                expresión. Por lo tanto, lo que se mantiene es la práctica de los <emph>iura
                  testium</emph>, y a lo sumo expresiones muy concretas de F39: definir la cruz como
                patíbulo, nombrar a Datán y Abirón como <emph>viros sceleratissimos</emph>, o jurar
                  <emph>per cardines celi et fabrica mundi</emph><note n="102" type="footnote"
                  >. Respectivamente, <emph>León</emph>…, ed. E. Sáez, n<hi rend="sup">os</hi> 34 y
                  142, <emph>Castañeda…</emph>, ed. A. Rodríguez González, nº 1.</note>. </p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">V.2. Arras y dotes</head>
              <p>En época visigoda, la dote clásica fue sustituida por las arras que entrega el
                marido a la esposa, la décima parte de sus bienes en la norma original, y la mitad
                en la tradición leonesa. El <emph>Liber</emph> ya recomendaba poner por escrito las
                donaciones vinculadas al matrimonio, y éstas tienen siete modelos en el formulario.
                Pero frente a la vitalidad de la práctica en el área galaico-portuguesa<note n="103"
                  type="footnote">Paulo Merêa, «&#160;O dote nos documentos dos séculos
                    <num>ix</num>-<num>xii</num>&#160;», en <emph>Estudos de Direito hispânico
                    medieval</emph>, Coimbra, 1952, p. 59-77.</note>, en territorio astur-leonés son
                raras las noticias anteriores al milenio<note n="104" type="footnote">En general,
                  Manuel Ángel Bermejo Castrillo, «&#160;Transferencias patrimoniales entre los cónyuges
                  por razón del matrimonio en el Derecho medieval castellano&#160;», en J.I. de la
                  Iglesia Duarte (ed.), <emph>La familia en la Edad Media. XI Semana de Estudios
                    Medievales</emph>, Logroño, 2001, p. 93-150.</note>. El único ejemplo del
                  siglo <num>x</num> data de 962, y refleja con claridad el preámbulo de F16, aunque
                lo modifica acentuando las citas escriturarias<note n="105" type="footnote"
                    >. <emph>Sahagún…</emph>, ed. J.M. Mínguez, nº 227.</note>.</p>
              <p>A partir de ahí los ecos formularios son muy escasos. En el archivo del conde
                Fruela Muñoz se suceden en 1011-1045 cuatro donaciones a sus esposas, todas
                redactadas por presbíteros quizá situados al frente de iglesias rurales<note n="106"
                  type="footnote"><emph>Otero de las Dueñas…</emph>, ed. J.A. Fernández Flórez y
                  M. Herrero de la Fuente, n<hi rend="sup">os</hi> 87, 185, 214, 237. Ha destacado
                  el abundante número de escriptores que trabajan en esta época en el entorno del
                  conde José Antonio Fernández Flórez, «&#160;Los documentos y sus
                    <emph>scriptores</emph>&#160;», en <emph>Monarquía y sociedad en el reino de León. De
                    Alfonso III a Alfonso VII</emph>, León, 2007 (<emph>Fuentes y estudios de
                    historia leonesa</emph>, 118), vol. II, p. 97-139, en p. 125. Contrasta esta
                  situación con los documentos de los Flainez, del mismo fondo, que suelen tener un
                  escribano fijo; cfr. Marta Herrero de la Fuente y José Antonio Fernández Flórez,
                  «&#160;Cidi, ‘scriptor’ de documentos altomedievales del fondo monástico de Otero de
                  las Dueñas&#160;», en <emph>Escritos dedicados a José María Fernández Catón</emph>, I,
                  León, 2004 (<emph>Fuentes y estudios de historia leonesa</emph>, 100),
                  p. 651-688.</note>. La primera es una simple carta de unidad; las dos siguientes
                están claramente en el ámbito jurídico de las arras, aunque se asemejan en su forma
                a las donaciones por servicio. Y solo en 1045, que se declara documento rehecho por
                pérdida del original, hallamos la formulación de una auténtica carta de arras; pero
                en ella el influjo de la fórmula está ya muy difuminado entre fuertes tintes
                religiosos.</p>
              <p>Aunque parece que el tipo documental florece en los ambientes aristocráticos del
                  siglo <num>xi</num>, la mala conservación de sus archivos impide conocer en
                detalle su evolución<note n="107" type="footnote">Duda de los avatares
                  archivísticos Laurent Morelle, «&#160;Mariage et diplomatique. Cinq chartes de douaire
                  dans le Laonnois-Soissonnois, 1163-1181&#160;», en <emph>Bibliothèque de l’École des
                    chartes</emph>, vol. 146 (1988), p. 225-284, en la p. 228.</note>. En cualquier
                caso, los ejemplos conservados permanecen bastante ajenos a las fórmulas<note
                  n="108" type="footnote"><emph>Sahagún…</emph>, ed. M. Herrero de la Fuente, n<hi
                    rend="sup">os</hi> 467, 704, 729, 840, 886, 1092, 1096; <emph>Otero de las
                    Dueñas…</emph>, J.A. Fernández Flórez y M. Herrero de la Fuente, nº 278;
                    <emph>Oviedo…</emph>, ed. S.A. García Larragueta, nº 85. </note>; cuando en
                torno a 1100 el género emerja en los fondos conservados, será como simples
                donaciones, a veces con una multiplicación de citas escriturarias, o con adjetivos
                encomiásticos propios del género en toda la tradición medieval – <emph>dulcissima,
                  dilectissima, karissima</emph> – pero sin vínculo alguno con el modelo que en
                torno al milenio aún hemos visto en uso.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">V.3. Cartulae libertatis</head>
              <p>El mismo problema de sequía de datos afecta a las emancipaciones de esclavos.
                Aunque se encuentran referencias a ingenuaciones desde el siglo <num>ix</num>, los
                documentos más antiguos conservados en el área astur-leonesa datan de finales del
                  <num>xi</num>. Cuando hay ecos formularios el modelo es F2, que reflexiona sobre
                la caducidad de la vida y explica la liberación del esclavo por el deseo de hacer
                buenas obras<note n="109" type="footnote"><emph>León…</emph>, ed. J.M. Ruiz
                  Asencio, nº 1241.</note>. Ese modelo, imitado hasta el punto de mantener la
                ucrónica concesión de ciudadanía romana en 1072<note n="110" type="footnote"
                    >. <emph>Oviedo…</emph>, ed. S.A. García Larragueta, nº 68.</note>, se amplía
                con citas bíblicas y añade la obligación de que el manumitido haga oblaciones a
                algún templo. Esta circunstancia, que desplazará por completo la referencia
                formularia, explica la concentración de emancipaciones en el
                  siglo <num>xii</num><note n="111" type="footnote"><emph>León…</emph>, ed. J.M.
                  Ruiz Asencio, nº 1321; <emph>Otero de las Dueñas…</emph>, ed. J.A. Fernández
                  Flórez y M. Herrero de la Fuente, nº 317; se fecha en 1177 el documento que
                  publica S.A. García Larragueta, <emph>Oviedo…</emph>, nº 192.</note>.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VI. ¿Fórmulas o cláusulas? La intercambiabilidad del material</head>
            <p>Como se ha visto, la disolución progresiva de las fórmulas en los siglos <name
                rend="sc">x-xi</name> reduce su influencia al empleo de cláusulas particulares,
              siendo muy raro el uso de fórmulas enteras<note n="112" type="footnote">Ya lo
                indicó, para Castilla, E. Pastor, «&#160;Los testimonios escritos…&#160;», en la
                p. 379.</note>. Un paso más viene dado por la acumulación de cláusulas de origen
              distinto en un mismo documento, o la intercambiabilidad de una misma cláusula entre
              distintos tipos documentales<note n="113" type="footnote">Señalada por A. García
                Gallo, «&#160;Los documentos y los formularios…&#160;», en la p. 159.</note>.</p>
            <p>En el primer sentido puede invocarse la carta de unidad que hace en 976 la comunidad
              monástica de Santa Eulalia de Erías, que une citas de F7, F8 y F10, todas centradas en
              las donaciones a iglesias y monasterios<note n="114" type="footnote"><emph>Otero de
                  las Dueñas…</emph>, ed. J.A. Fernández Flórez y M. Herrero de la Fuente,
                nº 20.</note>. En 951 la donación de un presbítero a San Miguel de Rodiles une
              materiales diversos: comparte con F21 su <emph>sana mentem integroque consilio</emph>,
              la roboratio de F6 se simplifica en <emph>quod et aiuratione confirmans quia nunqua
                erimus venturi</emph>, y se describe el infierno como F39, lugar <emph>ubi erit
                fletus</emph><note n="115" type="footnote"><emph>Oviedo…</emph>, ed. S.A. García
                Larragueta, nº 25.</note>. En 989, el rey Vermudo II une el preámbulo de F30 con la
              inscriptio de F8<note n="116" type="footnote"><emph>León…</emph>, ed. J.M. Ruiz
                Asencio, nº 530.</note>. En 1073, la resolución de un pleito en Sahagún toma pasajes
              de la permuta de F8 y de la permuta de F27<note n="117" type="footnote"
                  >. <emph>Sahagún…</emph>, ed. M. Herrero de la Fuente, nº 727; lo cita J. A.
                Fernández Flórez, <emph>La elaboración de los documentos…</emph>, en las
                p. 73-75.</note>. En 1095, una donación a Santa María de Piasca mezcla el preámbulo
              de F2 sobre la duración de la vida con la motivación <emph>pro luminaria et
                stipendia</emph> de F8<note n="118" type="footnote"><emph>Piasca…</emph>, ed. J.
                Montenegro Valentín, nº 59.</note>.</p>
            <p>En segundo término, no es raro encontrar que ciertas cláusulas con un lugar claro en
              el formulario circulan, en los documentos de la práctica, por distintos tipos
              documentales. En algunos casos podría verse una intencionalidad de prestigio, como la
              donación de una condesa en 1045 que toma parte de F9, que era una fórmula de donación
                regia<note n="119" type="footnote">«&#160;pro reparationem supradictarum ecclesiarum,
                pro luminariis iugiter accendentibus et pro odoribus odolentibus sacris sacrifficiis
                Deo placabilibus inmolantis pro victo vel vestimento confessorum, fratrum, sororum,
                tam virorum quam feminarum, sive qui in advena sollicitus fuerit ipse est peregrinus
                adveniens…» (<emph>Oviedo</emph>…, ed. S. A. García Larragueta, nº 50).</note>. Pero
              esto parece excepcional, y en la mayoría de los casos creemos ver expresiones
              diplomáticas de uso común cuya referencia formularia se ha perdido en la perspectiva
              de los escribanos. Es el caso del preámbulo de F30, <emph>magnus titulus
                donationis…</emph>, que circula con facilidad entre donaciones, ventas y
                permutas<note n="120" type="footnote">Por ejemplo en <emph>Liébana…</emph>, ed. L.
                Sánchez Belda, n<hi rend="sup">os</hi> 19 y 20. No son raras en el
                  siglo <num>x</num> las referencias al <emph>Liber</emph> de que tanto valga
                donación como venta; por ejemplo en <emph>San Vicente…</emph>, ed. P. Floriano
                Llorente, n<hi rend="sup">os</hi> 48, 86, 87.</note>; de la amenaza al contraventor
              de que <emph>descendat ignea rumphea caelestis</emph>, que procede de F39 y aparece en
                donaciones<note n="121" type="footnote"><emph>Liébana</emph>…, ed. L. Sánchez
                Belda, n<hi rend="sup">os</hi> 9, 12, 19, 29, 49.</note>; o de las fórmulas de
              manumisión F1 y F2, que también ceden cláusulas a algunas donaciones<note n="122"
                type="footnote"><emph>Liébana</emph>…, ed. L. Sánchez Belda, n<hi rend="sup"
                  >os</hi> 51, 52, 53, 55, 58, 70, 71, 85, 90, 94, 95.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusión</head>
            <p>De los datos expuestos se deducen algunas dificultades para valorar la herencia
              formularia visigoda en la diplomática medieval astur-leonesa. La muestra documental
              conservada concierne sobre todo al área leonesa, y deja en la sombra la mayor parte de
              la diócesis de Astorga o el territorio asturiano. Su distribución cronológica complica
              las cosas, pues la información se hace más rica a medida que la tradición hispánica
              entra en crisis, a lo largo del siglo <num>xi</num>. La selección operada en los
              archivos eclesiásticos a lo largo del siglo <num>xii</num>, que se concentró
              masivamente en los títulos de propiedad, tiene también un papel importante en la
              imagen que podemos obtener de la etapa anterior.</p>
            <p>Por lo tanto, deben relativizarse los datos disponibles sobre el influjo del
              formulario en la Alta Edad Media. En su edición, Juan Gil identificaba repercusiones
              de seis fórmulas en el siglo <num>ix</num>, cuatro en el siglo <num>x</num> y cinco en
              el <num>xi</num>, en total menos de un tercio de los modelos<note n="123"
                type="footnote">Vid. también J. Bono, <emph>Historia del derecho notarial…</emph>,
                en la p. 154 y ss.; para Sahagún, J.A. Fernández Flórez, <emph>La elaboración de los
                  documentos…</emph>, en las p. 68-78.</note>. Pero tras análisis detallado de F8,
              que es la más empleada en las fuentes conservadas, se hace difícil hablar de
              dependencias claras<note n="124" type="footnote">Cfr. Antonella Ghignolli: «&#160;Koinè,
                influenze, importazioni transalpine nella documentazione ‘privata’ dei secoli <name
                  rend="sc">vii-viii</name>: lo stato dell’arte&#160;», en Laura Pani y Cesare Scalon
                (eds.), <emph>Le Alpi porta d’Europa. Scritture, uomini, idee da Giustiniano al
                  Barbarossa</emph>, Spoleto, 2009, p. 83-110.</note>. En unos casos se evidencia el
              desconocimiento total, o el total desinterés por el modelo, pues no hay pruebas de su
              empleo en la propia catedral de Oviedo, donde se conservó el manuscrito del
              formulario. En el otro extremo se hace patente que, aunque se modifique, F8 era bien
              conocida por los obispos de León en 874 y 928, por las comunidades de Piasca y quizá
              Montes y Liébana en el siglo X, por el monasterio de Valdesaz en 1019 o por el
              escribano Diego Pérez de Saelices en 980<note n="125" type="footnote"
                >. Respectivamente, <emph>León</emph>…, ed. C. Sáez, nº 761, y
                <emph>Sahagún…</emph>, ed. J.M. Mínguez, nº 308.</note>. Pero entre ambos puntos
              queda una inmensa zona intermedia donde determinadas cláusulas del formulario se han
              incorporado a un fondo común que es reelaborado en cada escuela monástica, e incluso
              por cada escribano.</p>
            <p>Explicar la recepción del material también plantea incertidumbres. Se tiene por
              cierto que en la segunda mitad del siglo <num>ix</num>, en un ambiente de optimismo
              frente al Islam y de afán restauracionista con influjo episcopal<note n="126"
                type="footnote">Carlos de Ayala Martínez, <emph>Sacerdocio y reino en la España
                  Altomedieval</emph>, Madrid, 2008, p. 157 ss.</note>, los reyes astures fortalecen
              su dominio sobre las comarcas de León y Astorga al tiempo que reciben a comunidades
              monásticas huidas de al-Andalus que ejercen un papel importante en la articulación de
              la zona<note n="127" type="footnote">Carlos M. Reglero de la Fuente: «&#160;Iglesia y
                monasterios en el Reino de León en el siglo <num>x</num>&#160;», en <emph>In principio
                  erat verbum. El reino de León y sus beatos</emph>, León, 2010, p. 31-40, en la
                p. 37. José Avelino Gutiérrez González, «&#160;El Páramo leonés. Entre la Antigüedad y la
                Alta Edad Media&#160;», en <emph>Studia Historica. Historia Medieval</emph>, vol. 14
                (1996), p. 47-96.</note>. No sería raro que notarios del sur hayan transferido su
              quehacer al reino astur-leonés<note n="128" type="footnote">Lo sugiere M.C. Díaz y
                Díaz, «&#160;Un document sur ardoise…&#160;», en la p. 62.</note>. En el fondo de Piasca se
              observa un contraste claro entre los documentos particulares de la primera época y los
              redactados tras la instalación de un grupo monástico cuya antroponimia acredita un
              posible origen meridional<note n="129" type="footnote">J. Montenegro Valentín,
                  <emph>Santa María de Piasca…</emph>, en la p. 49. </note>. Pero no hay pruebas
              contundentes en ningún sentido. Llegan códices de procedencia meridional, pero también
              viajan de esta a oeste algunas copias del <emph>Liber</emph><note n="130"
                type="footnote">Y. García López, <emph>Estudios críticos…</emph>, en la
                p. 143.</note>, y se expande desde el reino astur la obra de Beato de Liébana<note
                n="131" type="footnote">Manuel C. Díaz y Díaz, <emph>Libros y librerías en La
                  Rioja altomedieval</emph>, Logroño, 1979, en la p. 47. </note>. En los monasterios
              donde está más claro el origen andalusí – Entrepeñas<note n="132" type="footnote">Se
                sabe de quizá tres códices meridionales traídos por los Banu Gómez a mediados del
                  siglo <num>x</num>, según indica José Manuel Ruiz Asencio, «&#160;Documentos y códices
                altomedievales en San Román de Entrepeñas&#160;», en <emph>Actas del I Congreso de
                  Historia de Palencia</emph>, II, Palencia, 1987, p. 9-50, en las p. 26-33.</note>,
              Escalada – faltan los documentos; y al contrario, las pruebas de origen mozárabe son
              más esquivas allí donde la documentación abunda: San Pedro de Montes, Sahagún o
              Eslonza.</p>
            <p>De la ideología de estas comunidades, que aún merece un profundo estudio, la
              biblioteca de Abellar es testimonio privilegiado<note n="133" type="footnote">Estado
                de la cuestión en María José Carbajo Serrano, <emph>El monasterio de los santos
                  Cosme y Damián de Abellar</emph>, León, 1988, en las p. 83-91.</note>. Allí se
              constatan textos gramaticales y un ejemplar del <emph>Liber Iudiciorum</emph>; y por
              allí pasó el llamado códice samuélico, quizá escrito en Toledo o Córdoba, y que
              contiene citas textuales del <emph>Liber</emph> y de otra fórmula diplomática, la de
              profesión de fe para los judíos del año 638<note n="134" type="footnote">Y. García
                López, <emph>Estudios críticos…</emph>, en la p. 130; M.C. Díaz y Díaz,
                  <emph>Manuscritos visigóticos del sur…</emph>, en la p. 71.</note>. El interés por
              los textos escolares, la copia de la legislación visigoda o la conformación de
              formularios documentales propios sobre la tradición cultural hispánica, parecen hablar
              de un deseo de restauración del pasado<note n="135" type="footnote">En el mismo
                sentido, M.C. Díaz y Díaz, <emph>Libros y librerías en La Rioja…</emph>, en la
                p. 71.</note>.</p>
            <p>La cronología del fenómeno no puede precisarse con exactitud, pero al conocimiento
              claro de F8 en 874 se suma la primera cita explícita y referenciada del
                <emph>Liber</emph> en 952, precisamente en un documento de Abellar que se justifica
                <emph>sicut lex docet</emph><note n="136" type="footnote"><emph>León…</emph>, ed.
                E. Sáez, nº 209. Véase Pascual Martínez Sopena, «&#160;El uso de la Ley Gótica en el
                reino de León&#160;», en <emph>Remploi, citation, plagiat. Conduites et pratiques
                  médiévales</emph>, <num>x</num><emph><hi rend="sup"
                    >e</hi></emph>-<num>xii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle</emph>, eds.
                Pierre Toubert y Pierre Moret, Madrid, 2009 (<emph>Collection de la Casa de
                  Velazquez</emph>, 112), p. 97-114.</note>. Y en ese período se verifica la
              multiplicación del número de documentos conservados en el contexto de una toma de
              poder monástico sobre el documento<note n="137" type="footnote">Cfr. Olivier
                Guyotjeannin, «&#160;“Penuria scriptorum”. Le mythe de l’anarchie documentaire dans la
                France du nord (<num>x<hi rend="sup"> e</hi></num>-première moitié du <num>xi<hi
                    rend="sup">e</hi></num> siècle)&#160;», en <emph>Bibliothèque de l’École des
                  chartes</emph>, vol. 155 (1997), p. 11-44, en la p. 33.</note> que continuará
              extendiéndose hasta el siglo <num>xii</num>.</p>
            <p>Pero las oficinas de escritura que funcionan en estos monasterios modifican el
              material heredado al insertarlo en una realidad nueva. Como escribe Díaz y Díaz, en la
              cultura de la época se aprecia especialmente la capacidad de sintetizar lo previo<note
                n="138" type="footnote">M.C. Díaz y Díaz, <emph>Libros y librerías en La
                  Rioja…</emph>, en la p. 23.</note>. Y el ensamblaje de citas, que ya presidía la
              obra de Beato a fines del siglo <num>viii</num>, concierne también a la producción
              diplomática. Se ha observado que los escribanos, cuando citan el <emph>Liber
                Iudiciorum</emph><note n="139" type="footnote">Y. García López, <emph>Estudios
                  críticos…</emph>, en la p. 130. </note> o la Biblia<note n="140" type="footnote"
                >. Por ejemplo en algunas donaciones a Abellar (<emph>León</emph>, ed. E. Sáez, n<hi
                  rend="sup">os</hi> 276 y 341).</note>, mezclan y alteran pasajes de distinta
              procedencia. Entendemos que con las fórmulas visigóticas ocurre lo mismo. El caso de
              las <emph>conditiones sacramentorum</emph> nos enseña que había una pluralidad de
              fórmulas en uso para un mismo caso. Pero el estudio monográfico del empleo de F8 en
              Sahagún y en Valdesaz demuestra la libertad con que trabajan los escribanos sobre el
              material heredado. La ausencia de copias serviles puede significar que generalmente no
              tienen un formulario, y que toman como modelo documentos anteriores, o redactan de
                memoria<note n="141" type="footnote">Cfr. Jérôme Belmon, «&#160;“<emph>In conscribendis
                  donationibus hic ordo servandus est…”. L’écriture des actes de la pratique en
                  Languedoc et en Toulousain (</emph><num>ix</num><emph><hi rend="sup"
                >e</hi></emph>- <num>x</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle)</emph>&#160;», en
                  <emph>Auctor et auctoritas. Invention et conformisme dans l’écriture
                  médiévale</emph>, ed. Michel Zimmermann, Paris, 2001, p. 283-320, en la p. 305 ss.
                En el mismo sentido, J.A. Fernández Flórez, <emph>La elaboración de los
                  documentos…</emph>, en la p. 78; y W. Davies, <emph>Acts of giving</emph>…, en la
                p. 92 ss.</note>. Pero la constatación del uso de borradores previos como práctica
                habitual<note n="142" type="footnote">José Manuel Ruiz Asencio, «&#160;Notas sobre el
                trabajo de los notarios leoneses en los siglos <num>x</num>-<num>xii</num>&#160;», en
                  <emph>Orígenes de las lenguas romances en el reino de León,
                  siglos</emph> <num>ix</num>-<num>xii</num>, vol. I, León, 2004 (<emph>Fuentes y
                  Estudios de Historia Leonesa</emph>, nº 103), p. 87-117, en la p. 91.</note>,
              limita las posibilidades de que alteren el modelo por error.</p>
            <p>Por lo tanto, los escribanos monásticos de los siglos <name rend="sc">x-xi</name>
              aparecen como profesionales de la escritura que manejan con libertad repertorios
              clásicos para componer formulaciones documentales propias. Y en ese contexto, la
              fórmula no es la tipificación de una estructura clausular fija para tipos documentales
              diferenciados, sino un texto de valor retórico y escolar<note n="143" type="footnote"
                >. En el mismo sentido, para el <emph>Chartularium</emph>, Giovanna Nicolaj,
                «&#160;Formulari e nuovo formalismo nei processi del <emph>Regnum Italiae</emph>&#160;», en
                  <emph>La giustizia nell’Alto Medioevo (secoli</emph>
                <num>ix</num>-<num>xi</num>), Spoleto, 1997, p. 347-384, en la p. 369.</note>, cuyas
              cláusulas pueden intercambiarse entre negocios de distinta naturaleza, y se van
              alterando a voluntad del escribano, el cliente, o la comunidad de escribientes que lo
              comparte. Y desde luego parece evidente que el formulario conservado en Oviedo nunca
              tuvo valor oficial, ni fue difundido desde los centros de decisión del reino.</p>
            <p>Si el lenguaje diplomático es la codificación de los actos sociales que tienen
              trascendencia jurídica a través de expresiones formularias, la evolución de las
              fórmulas visigóticas en la Alta Edad Media astur-leonesa refleja bien de qué modo los
              viejos esquemas se iban adaptando y reelaborando ante necesidades nuevas, hasta
              perderse casi por completo la referencia inicial. A reserva de un estudio en
              profundidad que aclare el final de su uso, creemos que la reforma eclesiástica
              iniciada a fines del <num>xi</num> conduciría lentamente hacia la desaparición de la
              herencia formularia. Las comunidades reformadas transforman pronto su escritura y sus
              esquemas de redacción de documentos; y solo en zonas periféricas permanecerían durante
              algún tiempo los ecos de la tradición hispánica. Pero es muy posible que sus propios
              redactores ya no fuesen capaces de reconocerlos.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="synthese">
        <front>
          <head>Formulaires du haut Moyen Âge<lb/>
            Éléments d’un bilan</head>
          <byline><docAuthor>Josiane Barbier</docAuthor>, maître de conférences HDR, Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, UMR 7041-ArScAn, équipe THEMAM, UMR 6298-ArteHis, 68 Cours de Vincennes, F-75012 Paris.<ref target="mailto:josianebarbier@u-paris10.fr">josianebarbier@u-paris10.fr</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Les contributions qui précèdent traitent de formulaires et de collections de formules composés en Europe occidentale continentale (Italie exclue) entre le <hi rend="sc">vi</hi><hi rend="sup">e</hi> et le <hi rend="sc">ix</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle. Alice Rio<note n="1" type="footnote">A. Rio, «&#160;Les formulaires mérovingiens et carolingiens&#160;: quelques réflexions tardives&#160;».</note>complète la réflexion d’ensemble sur les formules franques qu’elle a menée dans sa thèse<note n="2" type="footnote"><emph>Ead., Legal practice and the written word in the Early Middle Ages. Frankish formulae, c. 500-1000</emph>, Cambridge (UK), 2009 (Cambridge Studies in Medieval Life and Thought. Fourth series).</note>. SarahPatt<note n="3" type="footnote">S. Patt, «&#160;<emph>DieFormulae imperiales</emph> und die Urkunden Ludwigs des Frommen&#160;».</note> étudie les formules impériales du temps de Louis le Pieux, Karl Heidecker<note n="4" type="footnote">K. Heidecker, «&#160;L’influence de la production documentaire sur les formulaires en <emph>Alamannia</emph>&#160;».</note>, les formules de Saint-Gall de la fin du <hi rend="sc">ix</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle. Miguel Calleja Puerta<note n="5" type="footnote">M. Calleja Puerta, «&#160;Ecos de las <emph>Fórmulas visigóticas</emph> en la documentación altomedieval astur-leonesa&#160;».</note>examine le cas ibérique des formules wisigothiques.</p>
            <p>Ces quatre articles embrassent une chronologie et une géographie larges. Tout en abordant les formulaires/les collections de formules<note n="6" type="footnote">Le terme «&#160;formulaire&#160;» sera désormais utilisé au sens de «&#160;collection de formules&#160;».</note>haut-médiévaux avec des grilles de lecture différentes, ils se rencontrent sur trois points&#160;: les relations entre formules et actes, la naissance d’un formulaire, la vie et la mort d’un formulaire.</p>
          <div>
            <head type="h1">I. Formules et actes</head>
            <p>Toutes les contributions évoquent naturellement le rôle, reconnu de longue date<note n="7" type="footnote">Voir par exemple les pages qu’Arthur Giry consacra aux formulaires dans son manuel de diplomatique (<emph>Manuel de diplomatique</emph>, Paris, 1894, p. 479-481&#160;; <emph>ibid.</emph>, p. 482-488, pour les formulaires du haut Moyen Âge).</note>, que formules et actes jouent réciproquement. Le regard porté de nos jours sur ce lien fondamental s’appuie sur une expertise de la documentation renouvelée au cours des dernières décennies<note n="8" type="footnote">Parmi les travaux récents sur les formulaires, on rappellera l’existence, outre la thèse d’A. Rio, de celle d’Alexandre Jeannin, <emph>Formules et formulaires Marculf et les praticiens du droit au premier Moyen Âge (<hi rend="sc">v</hi><hi rend="sup">e</hi>-<hi rend="sc">x</hi><hi rend="sup">e</hi> siècles)</emph>, thèse pour le doctorat en histoire du droit et des institutions, Université Jean-Moulin-Lyon 3, 2007, 2 vol.</note>&#160;; il restitue toute sa complexité à cette relation.</p>
            <p>Par précaution de méthode, Alice Rio souligne que les recueils de formules ne sont pas des ensembles d’actes, que les formules ne sont ni des ersatz d’actes, ni des fantômes d’actes. Elle appelle à considérer les formulaires et les formules comme des textes toujours susceptibles d’être modifiés ou transformés, aussi longtemps que l’ensemble ou ses composantes circulai(en)t ou étai(en)t copié(es).</p>
            <p>Sarah Patt et Miguel Calleja Puerta montrent pour leur part, en se fondant sur des masses documentaires importantes (plus de 400 actes impériaux carolingiens, plus d’un millier d’actes espagnols), la distance qui pouvait exister entre formules et actes. En effet, les points de contact entre les formules impériales et les actes impériaux d’une part, les formules wisigothiques et les actes de la pratique d’autre part, ne sont pas de serviles démarquages&#160;: les formules impériales et les formules wisigothiques jouèrent le rôle de répertoires de clauses, dans lesquelles les utilisateurs puisèrent à leur gré et dont ils agencèrent à leur convenance les éléments qu’ils avaient sélectionnés.</p>
            <p>Quant à Karl Heidecker, il met en évidence que le lien entre formules et actes put être limité et à sens unique&#160;: les formules de Saint-Gall, rédigées dans les années 880/890 à partir des actes engrangés dans les archives du monastère une dizaine d’années plus tôt, n’eurent pas ou peu d’emploi diplomatique, faute d’actes à instrumenter.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Naissance d’un formulaire</head>
            <p>Le cas de Saint-Gall conduit à une autre question abordée par nos collègues, la naissance d’un formulaire. Nous avons tous présent à l’esprit le préambule du formulaire de Marculf, sans doute rédigé au tournant des <hi rend="sc">vii</hi><hi rend="sup">e</hi> et <hi rend="sc">viii</hi><hi rend="sup">e</hi> siècles<note n="9" type="footnote">Sur cette datation, je me permets de renvoyer à la mise au point que j’ai faite récemment&#160;: Josiane Barbier, <emph>Archives oubliées du haut Moyen Âge. Les</emph> gesta municipalia <emph>en Gaule franque (<hi rend="sc">vi</hi><hi rend="sup">e</hi>-<hi rend="sc">ix</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle)</emph>, Paris, 2014 (<emph>Histoire et archives</emph>, 12), p. 206-209.</note>. Le savant moine laisse entendre que son travail avait été composé, sur <emph>iussio</emph> de l’évêque dédicataire, <emph>ad exercenda initia puerorum</emph> [<emph>ad dictandum</emph>] et à l’usage des notaires<note n="10" type="footnote">Karl Zeumer éd., <emph>Formulae merowingici et karolini aevi</emph>, Hanovre, 1882-1886 (<emph>MGH. Legum sectio</emph>, V), p. 36-37, 39.</note>. D’après l’introduction de sa <emph>capitulatio</emph>, il avait rassemblé <emph>exemplaria de diversis condiccionibus, qualiter regales vel cartas paginsis… scribantur</emph><note n="11" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, p. 39.</note> et amassé <emph>quod apud maiores meos iuxta consuetudinem loci quo degimus didici, vel ex sensu proprio cogitavi, ut potui</emph><note n="12" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, p. 37.</note>. Raisons –&#160;conserver et transmettre un savoir juridique et rédactionnel à un public de notaires et d’apprentis&#160;– et méthode –&#160;mise à profit des ressources locales, réflexion et inventivité du rédacteur&#160;–, tout semble dit sur la naissance d’un formulaire.</p>
            <p>Quelles que soient les distances que l’on doive prendre avec ce préambule<note n="13" type="footnote">J. Barbier, <emph>Archives oubliées…</emph>, p. 239-240.</note>, il en ressort un point, développé par Alice Rio&#160;: les formulaires francs connus furent le résultat d’initiatives privées et furent pour l’essentiel destinés à une communauté donnée, ecclésiastique ou monastique. Sarah Patt confirme cette approche pour les formules impériales&#160;: elles seraient dues à un moine de Saint-Martin de Tours, <emph>recognoscens</emph> à la chancellerie impériale pendant plus de vingt ans. Quant à Karl Heidecker, il éclaire les raisons de la production des formules de Saint-Gall et la manière dont elles furent composées par les scribes du grand monastère alémanique. </p>
            <p>La rédaction d’un formulaire ou d’une collection de formules était une lourde tâche, notamment quand ces recueils prenaient la forme d’un livre pourvu d’une capitulation. Pour Alice Rio, le saut quantitatif qu’elle observe à l’époque carolingienne (multiplication des formulaires et des copies de formulaires), nonobstant la lourdeur de l’entreprise, aurait répondu à la nécessité de former un grand nombre de scribes à une cadence assez rapide pour répondre aux besoins d’une instrumentation croissante. Karl Heidecker montre toutefois que, à Saint-Gall, ce n’est pas tant la croissance du nombre d’actes à instrumenter que la diminution du nombre de scribes expérimentés, qui rendit nécessaire la rédaction de petits recueils de formules à l’usage des rédacteurs peu experts et moins sollicités qui prirent le relais. Quoi qu’il en soit, les cas de Saint-Gall au <hi rend="sc">ix</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle et d’Oviedo au <hi rend="sc">x</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle donnent à voir comment l’émergence ou la résurgence d’un/de formulaire(s) put accompagner la naissance ou le développement d’un centre d’écriture documentaire.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Vie et mort d’un formulaire</head>
            <p>Un autre point considéré par nos collègues est celui de la vie d’un formulaire, entre composition, copies, utilisation et désaffection. Alice Rio insiste sur le fait que les formulaires du haut Moyen Âge purent être employés pendant un long moment, avec une large diffusion géographique et dans un processus continu de sélection et d’accrétion&#160;: tant qu’il circulait et tant qu’il était copié, un formulaire était un chantier permanent. C’est le cas non seulement des formulaires francs qu’elle a étudiés, mais des formules wisigothiques présentées par Miguel Calleja Puerta, qui seraient le produit de plusieurs étapes de rédaction menées au cours des <hi rend="sc">vi</hi><hi rend="sup">e</hi> et <hi rend="sc">vii</hi><hi rend="sup">e</hi> siècles –&#160;ce ne serait donc pas un formulaire élaboré à Cordoue dans la deuxième décennie du <hi rend="sc">vii</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle, comme on l’a longtemps cru.</p>
            <p>La production et la copie de formulaires avaient –&#160;nos collègues l’ont à nouveau mis en valeur&#160;– des raisons pratiques et didactiques (conserver et transmettre un savoir-faire et un répertoire techniques, connaître et faire connaître ce qui existait ou avait existé en matière d’écrit documentaire), mais leur usage à court, moyen ou long terme put résulter de raisons plus politiques. On sait ainsi que les formules de Tours auraient été diffusées dans l’empire carolingien pendant l’archicancellariat de Fridugise (819-832), à partir d’un atelier d’écriture sis dans son abbaye Saint-Martin et à l’instigation d’un pouvoir impérial «&#160;soucieux de fournir à ses agents des compilations réunissant de manière homogène sources du droit et modèles d’actes écrits&#160;»<note n="14" type="footnote">Jérôme Belmon, «&#160;<emph>In conscribendis donationibus hic ordo servandus est</emph>… L’écriture des actes de la pratique en Languedoc et en Toulousain (<hi rend="sc">ix</hi><hi rend="sup">e</hi>-<hi rend="sc">x</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle)&#160;», dans <emph>Auctor et auctoritas</emph>. <emph>Invention et conformisme dans l’écriture médiévale. Actes du colloque tenu à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (14-16 juin 1999)</emph>, dir. Michel Zimmermann, Paris, 2001 (<emph>Mémoires et documents de l’École des chartes, 59</emph>), p. 283-320, aux p. 313-314.</note>. Mais ces raisons purent être plus idéelles&#160;: Miguel Calleja Puerta montre un remploi discret et inventif, aux <hi rend="sc">x</hi><hi rend="sup">e</hi> et <hi rend="sc">xi</hi><hi rend="sup">e</hi> siècles, de clauses empruntées aux actes/aux formules wisigothiques dans les <emph>scriptoria</emph> monastiques des Asturies et du Léon, dans un contexte idéologique de retour au passé goth&#160;; Alice Rio suggère que la copie de formules ou de formulaires sans intérêt pratique pour l’établissement copiste (ainsi des formules d’actes royaux) révèlerait le développement espéré de l’établissement copiste, ou exprimerait le rêve d’un lien privilégié de ce dernier avec le pouvoir central carolingien. </p>
            <p>Formulaires et collections de formules meurent quand ils ne sont plus utilisés, quand l’écriture des actes de la pratique se transforme pour prendre en compte les changements intervenus dans la société&#160;: cela est particulièrement net avec l’oubli des formules wisigothiques dans les Asturies et le Léon du <hi rend="sc">xii</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle, quand la réforme de l’Église initiée à la fin du <hi rend="sc">xi</hi><hi rend="sup">e</hi> siècle conduisit à une modification profonde des normes et des habitudes rédactionnelles des communautés réformées.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusion</head>
            <p>Ces brefs commentaires ne sauraient rendre compte de la richesse et de la variété des contributions de nos collègues. Les renouvellements qu’elles apportentsur les formulaires francs et hispaniques du haut Moyen Âge –&#160;sans doute des épaves dérisoires au regard de ce qui a dû exister&#160;– n’épuisent en rien la gamme des questions qu’ils suscitent. Elles ouvrent des fenêtres sur les ateliers à conduire (comme la révision de l’édition procurée par Karl Zeumer, dont l’intérêt ressort des travaux d’Alice Rio, ou l’approfondissement de la réflexion sur chaque collection de formules, à la manière de Sarah Patt, de Karl Heidecker et de Miguel Calleja Puerta), plutôt qu’elles ne concluent une expertise achevée.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part5">
        <front>
          <head>Das Formular der Tauschurkunde im Europäischen vergleich (8. bis 12.
            Jahrhundert)</head>
          <byline><docAuthor>Irmgard Fees</docAuthor>, professeur, Historisches Seminar der LMU München, Abt. Historische
            Grundwissenschaften und Historische Medienkunde, Geschwister-Scholl-Platz 1, D-80539
            München. <ref target="mailto:irmgard.fees@lrz.uni-muenchen.de"
              >irmgard.fees@lrz.uni-muenchen.de</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Der Beitrag stellt auf der Basis der aktuellen Forschung das Formular von
            Tauschurkunden in Europa zwischen dem 8. und dem 12. Jahrhundert vor. In nahezu allen
            untersuchten Regionen lässt sich einerseits ein deutlich erkennbares, grundsätzlich
            befolgtes Formular erkennen&#160;; im gesamten Europa nördlich der Alpen orientierten sich
            die Urkundenschreiber dabei überwiegend an den frühmittelalterlichen Vorbildern der
            westfränkischen Formelsammlungen. Andererseits zeigen die starken Variationen im Detail
            in vielen Urkundenlandschaften, besonders klar erkennbar etwa im Raum um St. Gallen, in
            Freising und in Katalonien, dass die Schreiber ihre Texte nicht nach schriftlichen
            Vorlagen stilisierten, sondern sie aus der Erinnerung reproduzieren und, innerhalb des
            traditionellen Formulars, auch abwechslungsreich formulieren konnten. Der Grund für
            diese Verfügbarkeit und Reproduzierbarkeit der Texte aus dem Gedächtnis war zweifellos
            die große Häufigkeit, mit der Tauschgeschäfte stattfanden und zu dokumentieren
            waren.</p>
          <div>
            <head type="h1">Einleitung</head>
            <p>Der Tausch insbesondere von Immobilien ist eine der am häufigsten dokumentierten
              Rechtshandlungen des Mittelalters&#160;; zu Recht hat man von einer «&#160;regelrechte(n)
              Konjunktur des Tauschverhaltens&#160;» seit dem frühen Mittelalter gesprochen, bedingt
              nicht nur, aber doch vor allem durch die Unveräusserbarkeit des Kirchengutes<note
                n="1" type="footnote">Stefan Esders, «&#160;Die frühmittelalterliche ‘Blüte’ des
                Tauschgeschäfts&#160;: Folge ökonomischer Entwicklung oder Resultat rechtspolitischer
                Setzung?&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde vom 8. bis zum 12. Jahrhundert
                  - L’acte d’échange, du</emph>
                <num>viii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> au</emph>
                <num>xii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle</emph>, hg. von Irmgard Fees,
                Philippe Depreux, Köln u.a., 2013 (<emph>Archiv für Diplomatik</emph>, Beiheft 13),
                S. 19-44, auf S. 42, hat von einer «&#160;regelrechte(n) Konjunktur des
                Tauschverhaltens&#160;» seit dem frühen Mittelalter gesprochen, bedingt nicht nur, aber
                doch vor allem durch die Unveräußerbarkeit des Kirchengutes, die dem Tausch «&#160;eine
                unerhörte Bedeutung&#160;» bescherte.</note>. Der Gütertausch zwischen Kirchen und
              Klöstern, aber auch zwischen geistlichen Institutionen und Laien ist für die früh- und
              hochmittelalterliche Wirtschafts- und Sozialgeschichte von hoher Bedeutung<note n="2"
                type="footnote">Zum bisherigen Forschungsstand vgl. Philippe Depreux, Irmgard
                Fees, «&#160;Einführung&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1),
                S. 11-18; einen bedeutenden Fortschritt in der Behandlung des Themas stellt der
                angeführte Band dar, der die Beiträge einer im Jahre 2010 veranstalteten Tagung zum
                Thema vereint.</note>, eine Bedeutung, die sich in vielen normativen Regelungen zum
              Tausch widerspiegelt, nicht zuletzt aber auch in der Tatsache, dass sich Vorlagen zur
              Anfertigung von Tauschurkunden in zahlreichen frühmittelalterlichen Formelbüchern
              finden.</p>
            <p>In den allgemeinen Handbüchern zur Urkundenlehre hat der Tausch trotzdem bislang eher
              wenig Aufmerksamkeit gefunden. In den älteren Überblickswerken zur Diplomatik wird der
              Tausch hin und wieder, meist im Zusammenhang mit der Behandlung von Kauf und
              Schenkung, gestreift<note n="3" type="footnote">Zum Beispiel Harry Bresslau,
                  <emph>Handbuch der Urkundenlehre für Deutschland und Italien</emph> Bd. 1–2/1, 2.
                Aufl. (1912, 1931)&#160;; Bd. 2/2, bearb. von Hans-Walter Klewitz (1931)&#160;; Registerbd.,
                bearb. von Hans Schulze (1960)&#160;; 4. Aufl. (1969), hier Bd. 1 S. 62, 619, 637, 668&#160;;
                Bd. 2 S. 40–42, 62f., 65f., u. a.&#160;; Arthur Giry, <emph>Manuel de
                diplomatique</emph>, Paris, 1894, S. 859f.</note>&#160;; nur selten ist ihm, vor allem
              von seiten der französischen Forschung, grössere Aufmerksamkeit geschenkt worden<note
                n="4" type="footnote">Im Handbuch von Olivier Guyotjeannin, Jacques Pycke,
                Benoît-Michel Tock, <emph>Diplomatique médiévale</emph>, Turnhout, 1993, S. 180–183,
                gibt es einen ausführlichen Kommentar zu einer Tauschurkunde von 974&#160;; vgl. auch
                Benoît-Michel Tock, «&#160;L’acte privé en France, <num>vii<hi rend="sup">e</hi></num> –
                milieu du <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;», in <emph>Mélanges de l’École
                  française de Rome. Moyen Age</emph>, 111 (1999) 2 S. 499–537, auf S. 518&#160;; Ders.,
                «&#160;Les actes entre particuliers en Bourgogne méridionale (<num>ix<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> – <num>xi<hi rend="sup">e</hi></num> siècles)&#160;», in <emph>Die
                  Privaturkunden der Karolingerzeit</emph>, hg. von Peter Erhart, Karl Heidecker,
                Bernhard Zeller, Dietikon-Zürich, 2009, S. 121–134, auf S. 131&#160;; Ders., «&#160;<emph>La
                  diplomatique française du Haut Moyen Age vue à travers les originaux&#160;», in La
                  diplomatique française du Haut Moyen Âge. Inventaire des chartes originales
                  antérieures à 1121 conservées en France</emph>, sous la direction de Benoît-Michel
                Tock par Michèle Courtois, Marie-José Gasse-Grandjean, Philippe Demonty, Bd. 1:
                  <emph>Introduction générale, album diplomatique, table chronologique, table des
                  auteurs</emph>, Turnhout, 2001 (<emph>Atelier de Recherches sur les Textes
                  Médiévaux</emph>, 4), S. 1–119, auf S. 9.</note>, obwohl etwa in neuester Zeit
              Reinhard Härtel in seinem Handbuch zur Privaturkunde den Tausch zu den «&#160;klassischen&#160;»
              Geschäftsarten zählt<note n="5" type="footnote">Reinhard Härtel, <emph>Notarielle
                  und kirchliche Urkunden im frühen und hohen Mittelalter</emph>, Wien-München,
                2011, S. 35&#160;; hier finden sich verstreut auch weitere Hinweise auf Tausch und
                Tauschurkunde, so S. 68, 71, 178, 288f. und öfter.</note>. Dagegen sind in den
              letzten rund vier Jahrzehnten zahlreiche Einzelstudien zu bestimmten Regionen
              vorgelegt worden, so insbesondere zu Italien, Bayern und Katalonien, und in neuester
              Zeit widmen sich viele, wenn auch nicht alle Beiträge eines Sammelbandes zum Tauschakt
              und zur Tauschurkunde im mittelalterlichen Europa<note n="6" type="footnote"
                  >. <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1). </note> auch Fragen
              des Formulars. Ausser für Ober- und Mittelitalien, Katalonien und Bayern liegen
              nunmehr auch Untersuchungen für Nordfrankreich und Lotharingien, Westfalen und
              Thüringen, das Languedoc und das Königreich Asturien-León vor. Die Aufzählung macht
              deutlich, dass nach wie vor Lücken bestehen, besonders schmerzlich für bedeutende
              Regionen wie Flandern<note n="7" type="footnote">Zu beachten ist allerdings, daß
                Georges Declercq, «&#160;Les Formulae salicae Lindenbrogianae et l’acte privé dans le
                nord-ouest du royaume franc à l’époque carolingienne&#160;», in <emph>Die Privaturkunden
                  der Karolingerzeit</emph> (wie Anm. 4), S. 135-144, die Entstehung der Sammlung
                der Formulae Salicae Lindenbrogianae in der Region zwischen Schelde und Maas
                nachgewiesen hat&#160;; die Sammlung umfaßt auch ein Tauschurkundenformular, siehe
                Anm. 21. </note>, Anjou und Poitou, Burgund<note n="8" type="footnote">Der Beitrag
                von Eliana Magnani, «&#160;L'échange dans la documentation diplomatique bourguignonne&#160;:
                autour du vocabulaire des transferts&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und
                  Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 403-426, widmet sich der Terminologie der
                Tauschurkunde, nicht ihrem Formular. </note> sowie für die zentrale Region des
              mittleren Rheingebietes und Hessens mit den Klöstern Lorsch, Fulda und Hersfeld. Dies
              ist besonders angesichts der hohen Bedeutung dieser Klöster zu bedauern, deren Archive
              über umfangreiche Bestände an Herrscher-, Papst- und vor allem Privaturkunden von der
              frühen Karolingerzeit bis ins 12. Jahrhundert verfügen<note n="9" type="footnote"
                >. Einen der Gründe für die Forschungslücke stellt zweifellos die Tatsache dar, daß
                die Urkunden dieser Klöster nur unzureichend ediert vorliegen bzw. vorlagen, denn
                mittlerweile hat sich die Forschungslage in mancher Hinsicht gebessert. Für Fulda
                erfaßt die im Druck erschienene Edition nur die Urkunden von 744 bis 802&#160;:
                  <emph>Urkundenbuch des Klosters Fulda</emph>, Bd. 1&#160;: <emph>Die Zeit der Äbte
                  Sturmi und Baugulf</emph>, ed. Edmund Ernst Stengel, Marburg, 1958
                  (<emph>Veröffentlichungen der Historischen Kommission für Hessen</emph>, 10) (mehr
                nicht erschienen)&#160;; vgl. jetzt aber die digitale Präsentation der Urkunden im
                Projekt «&#160;Online-Erschließung des Urkundenbestandes der Reichsabtei Fulda
                (751–1837)&#160;» über die Archivdatenbank des Landes Hessen (www.hadis.hessen.de), die
                die im Original erhaltenen Urkunden im Bild und einem ausführlichen Regest enthält,
                jedoch die Chartularüberlieferung nicht erfaßt&#160;; vgl. dazu&#160;: <emph>Repertorien des
                  Hessischen Staatsarchivs Marburg: Urkunden 75, Reichsabtei Fulda, Stiftisches
                  Archiv, Orts- und Personenindex</emph>, hg. von Andreas Hedwig, bearb. von
                Sebastian Zwies, Marburg, 2011. – Für Hersfeld umfaßt die Edition von Hans Weirich,
                  <emph>Urkundenbuch der Reichsabtei Hersfeld</emph>, Bd. 1.1, Marburg, 1936
                  (<emph>Veröffentlichungen der Historischen Kommission für Hessen und
                  Waldeck</emph>, 19), die Urkunden von 771/2 bis 1100. Zur Erschließung auch der
                Urkunden der späteren Zeit ist eine dem Fulda-Projekt vergleichbare
                Online-Publikation inzwischen abgechlossen&#160;; vgl. <emph>Repertorien des Hessischen
                  Staatsarchivs Marburg: Urkunden 56, Reichsabtei Hersfeld, Stiftisches Archiv,
                  Orts- und Personenindex</emph>, bearb. und hg. von Uwe Braumann, mit einer
                Vorbemerkung von Francesco Roberg, Marburg, 2014. </note>. Trotzdem lässt sich
              aufgrund der vorliegenden Untersuchungen zwar kein vollständiger, aber doch ein
              zufriedenstellender Überblick über das Formular der Tauschurkunde in weiten Teilen
              Europas geben.</p>
            <p>Im folgenden sollen zunächst kurz die normativen Regeln der Spätantike und des frühen
              Mittelalters vorgestellt werden, sodann die in den Formelsammlungen verzeichneten
              Tauschurkunden, bevor auf das Formular der Tauschurkunden in den europäischen Regionen
              eingegangen wird. Abschliessend sollen Gemeinsamkeiten und Unterschiede des
              Tauschurkundenformulars im europäischen Vergleich vorgestellt werden.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Normative Quellen</head>
            <p>In den frühmittelalterlichen Rechtsquellen begegnet das Thema Tausch hauptsächlich in
              zwei thematischen Zusammenhängen&#160;: zum einen in Bezug auf die Frage der
              Rechtsgültigkeit von Tauschgeschäften, zum anderen in Verbindung mit dem Gebot der
              Unveräusserlichkeit der kirchlichen Besitzungen, in dessen Folge sich der Tausch für
              Gütertransaktionen durch Kirchen und Klöster anbot.</p>
            <p>In der römischen Antike gab es zwei unterschiedliche Haltungen zum Tausch&#160;: Entweder
              betrachtete man ihn als eine Sonderform des Kaufes, oder man schätzte Kauf und Tausch
              als zwei grundsätzlich voneinander zu trennende Rechtsformen ein. Im klassischen
              römischen Recht setzte sich die letztere Haltung durch, was insbesondere für die
              Rechtsgültigkeit des Geschäftes von Belang war&#160;; demnach waren die im Rahmen eines
              Tauschvertrages vereinbarten Bedingungen nicht einklagbar<note n="10" type="footnote"
                >. S. Esders, «&#160;Die frühmittelalterliche ‘Blüte’&#160;» (wie Anm. 1), S. 25f.</note>. Die
              normativen Texte des frühen Mittelalters nehmen eine grundsätzlich andere Haltung
                ein<note n="11" type="footnote">Vgl. Theodor Mayer-Maly, «&#160;<emph>Pactum</emph>,
                Tausch und <emph>laesio enormis</emph> in den sog. <emph>leges Barbarorum</emph>&#160;»,
                in <emph>Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte, Romanistische
                  Abteilung</emph>, 108 (1991), S. 213–233, auf S. 222.</note>&#160;: Sie setzen den
              Tausch in seiner Rechtskraft dem Kauf gleich. So findet es sich im Codex Euricianus,
              aufgezeichnet im westgotischen Südgallien Ende des 5. Jahrhunderts<note n="12"
                type="footnote">«&#160;Conmutatio talem qualem emptio habeat firmitatem&#160;», Legum
                Codicis Euriciani fragmenta, c. 293, in <emph>Leges Visigothorum</emph>, hg. von
                Karl Zeumer, Hannover-Leipzig, 1902 (<emph>M.G.H., Leges Nationum
                  Germanicarum</emph>, 1), S. 13.</note>, ganz ähnlich in der um das Jahr 500 im
              Rhônegebiet für die Romanen des Burgunderreiches aufgezeichneten Lex Romana
                Burgundionum<note n="13" type="footnote">«&#160;Sciendum etiam, quod facta
                qualiterlibet commutatio vicem obtenit emptionis&#160;», Lex Burgundionum c. 35.5, in
                  <emph>Leges Burgundionum</emph>, hg. von Ludwig Rudolf von Salis, Hannover, 1892
                  (<emph>M.G.H., Leges Nationum Germanicarum</emph>, 2,1), S. 153.</note>, ebenso in
              der Lex Visigothorum<note n="14" type="footnote">«&#160;De commutationibus et
                venditionibus, I&#160;: Ut ita valeat commutatio, sicut et emtio. Commutatio, si non
                fuerit per vim et metum extorta, talem qualem et emtio habeat firmitatem&#160;», Lex
                Visigothorum V, c. 4.1, in <emph>Leges Visigothorum</emph>, hg. von K. Zeumer (wie
                Anm. 12), S. 217f.</note>. Auch in der Lex Baiwariorum aus dem 7. oder 8.
              Jahrhundert wird der Tausch den Verkäufen zugeordnet und in Bezug auf die
              Rechtsgültigkeit ausdrücklich dem Kauf gleichgesetzt<note n="15" type="footnote"
                >. «&#160;Commutatio, hoc est quod cambias, talem qualem emtio habeat firmitatem&#160;», in
                  <emph>Lex Baiwariorum</emph> 16 c. 8, hg. von Ernst von Schwind, Hannover 1926
                  (<emph>M.G.H., Leges Nationum Germanicarum</emph>, 5,2), S. 436.</note>. Für
              Tauschakte, an denen kirchliche Institutionen beteiligt waren – und das war die bei
              weitem überwiegende Mehrheit der mittelalterlichen Tauschakte überhaupt –, war die
              schriftliche Dokumentation des Rechtaktes ein zentrales Erfordernis. Zudem musste der
              Tausch der beteiligten kirchlichen Einrichtung Vorteile bringen&#160;; nur dann war eine
              normalerweise untersagte Veräusserung von Kirchengut gestattet.
                «&#160;<emph>Consensus</emph>, <emph>utilitas</emph>, <emph>necessitas</emph> und
                <emph>ratio</emph> sowie Schrift und Eid sollten (…) nach Aussage der normativen
              Texte einen ausnahmsweisen Tausch von Kirchengut legitimieren&#160;»<note n="16"
                type="footnote">S. Esders, «&#160;Die frühmittelalterliche ‘Blüte’&#160;» (wie Anm. 1),
                S. 43.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Die Tauschurkunde in den Formelsammlungen</head>
            <p>Die grosse Bedeutung der Tauschurkunde für das frühe Mittelalter zeigt sich unter
              anderem darin, dass in den Formelsammlungen des frühen Mittelalters regelmässig
              Vorlagen für Tauschurkunden enthalten sind<note n="17" type="footnote">Die Belege
                hat im wesentlichen bereits Philippe Depreux, «&#160;The development of charters
                confirming exchange by the royal administration (eighth–tenth centuries)&#160;», in
                  <emph>Charters and the use of the written word in medieval society</emph>, ed.
                Karl Heidecker, Turnhout, 2000 (<emph>Utrecht Studies in Medieval Literacy</emph>,
                5), S. 43–62, auf S. 44-46, zusammengestellt.</note>&#160;; so gibt es eine
              Tauschurkundenvorlage in den Formulae Andecavenses<note n="18" type="footnote"
                >. Formulae Andecavenses, in <emph>Formulae Merowingici et Karolini aevi</emph>, ed.
                Karl Zeumer, Hannover, 1882-1886 (<emph>M.G.H., Formulae</emph>), Nr. 8 S. 7. – Vgl.
                dazu auch Werner Bergmann, «&#160;Die Formulae Andecavenses. Eine Formelsammlung auf der
                Grenze zwischen Antike und Mittelalter&#160;», in <emph>Archiv für Diplomatik</emph>, 24
                (1978), S. 1-53&#160;; <emph>The formularies of Angers and Marculf&#160;: two Merovingian
                  legal handbooks</emph>, translated with an introduction and notes by Alice Rio,
                Liverpool, 2008 (<emph>Translated Texts for Historians</emph>, 46), S. 3846&#160;; zu den
                Problemen der Edition von Zeumer allgemein vgl. ebd., S. 1-36, und Alice Rio, «&#160;Les
                formulaires mérovingiens et carolingiens&#160;: Tradition manuscrite et réception&#160;», in
                  <emph>Francia</emph>, 35 (2008), S. 327-348, besonders S. 327-339. Zur
                Überlieferung und zur Datierung aller Formelsammlungen vgl. Alice Rio, <emph>Legal
                  practice and the written word in the early middle ages. Frankish Formulae, c.
                  500-1000</emph>, Cambridge, 2009 (<emph>Cambridge Studies in Medieval Life and
                  Thought</emph>, 4th ser.).</note>, drei in den Marculfschen Formeln<note n="19"
                type="footnote">Marculfi Formularum liber 1, in <emph>Formulae Merowingici et
                  Karolini aevi</emph>, ed. Karl Zeumer, Hannover, 1882-1886 (<emph>M.G.H.,
                  Formulae</emph>), Nr. 30 S. 61 (Commutatio cum rege)&#160;; Marculfi Formularum liber
                2, <emph>ibid.</emph>, Nr. 23 S. 91, Nr. 24 S. 91f. – Vgl. dazu auch <emph>The
                  formularies of Angers and Marculf</emph>, ed. A. Rio (wie Anm. 18),
                S. 104-123.</note>, zwei in den Formulae Visigothicae<note n="20" type="footnote"
                >. Formulae Visigothicae, in <emph>Formulae Merowingici et Karolini aevi</emph>, ed.
                Karl Zeumer, Hannover, 1882-1886 (<emph>M.G.H., Formulae</emph>), Nr. 27 und 28
                S. 588&#160;; vgl. auch die neuere Edition durch Juna Gil (ed.), <emph>Miscellanea
                  Wisigothica</emph>, Sevilla, 1972 (<emph>Publicaciones de la Universidad de
                  Sevilla, Serie Filosofia y letras</emph>, 15), Nr. XXVII S. 99, Nr. XXVIII
                S. 100.</note>, jeweils eine in den Formulae Salicae Lindenbrogianae<note n="21"
                type="footnote">Formulae Salicae Lindenbrogianae, <emph>ibid.</emph>, Nr. 5
                S. 270. – Zu den Formulae Salicae Lindenbrogianae vgl. G. Declercq, «&#160;Les Formulae
                salicae Lindenbrogianae&#160;» (wie Anm. 7), S. 135-144.</note>, den Formulae
                Turonenses<note n="22" type="footnote">Formulae Turonenses, in <emph>Formulae
                  Merowingici et Karolini aevi</emph>, ed. Karl Zeumer, Hannover, 1882-1886
                  (<emph>M.G.H., Formulae</emph>), Nr. 26 S. 149f.&#160;; zu den Formulae Turonenses vgl.
                Philippe Depreux, «&#160;La tradition manuscrite des ‘ Formules de Tours ’ et la
                diffusion des modèles d’actes aux <num>viii<hi rend="sup">e</hi></num> et <num>ix<hi
                    rend="sup">e</hi></num> siècles&#160;», in <emph>Alcuin, de York à Tours. Écriture,
                  pouvoir et réseaux dans l’Europe du haut Moyen Âge</emph>, ed. Philippe Depreux,
                Bruno Judic, Rennes, 2004 (<emph>Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest</emph>,
                tome 111, n° 3), S. 55-71.</note>, den Formulae Bituricenses<note n="23"
                type="footnote">Formulae Bituricenses, in <emph>Formulae Merowingici et Karolini
                  aevi</emph>, ed. Karl Zeumer, Hannover, 1882-1886 (<emph>M.G.H., Formulae</emph>),
                Nr. 1 S. 169.</note>, den Formulae Senonenses<note n="24" type="footnote">Formulae
                Senonenses, <emph>ibid.</emph>, Nr. 5 S. 187.</note>, den Formulae Salicae
                Merkelianae<note n="25" type="footnote">Formulae Salicae Merkeliana,
                  <emph>ibid.</emph>, Nr. 20 S. 248f.</note>, den Formulae Argentinensis<note n="26"
                type="footnote">Formulae Argentinensis, <emph>ibid.</emph>, Nr. 3 S. 338.</note>
              und den Formulae Augienses<note n="27" type="footnote">Formulae Augienses,
                  <emph>ibid.</emph>, Nr. 38 S. 361f.</note> sowie vier bzw. fünf in den Sankt
              Galler Formelsammlungen<note n="28" type="footnote">Formulae Sangallenses
                miscellaneae, <emph>ibid.</emph>, Nr. 4 S. 381f.&#160;; Nr. 11 S. 385&#160;; Nr. 20 S. 388f.&#160;;
                Formulae Sangallenses Salomonis III, <emph>ibid.</emph>, Nr. 11 S. 404&#160;; Nr. 19
                S. 407.</note>. Auch die Formulae imperiales enthalten zwei einschlägige Vorlagen,
              eine für eine königliche Betätigung eines Tausches und eine weitere für einen Tausch
              zwischen dem Herrscher und einem Kloster<note n="29" type="footnote">Formulae
                imperiales, <emph>ibid.</emph>, Nr. 3 S. 289&#160;; Nr. 36 S. 314.</note>, und
              schliesslich findet sich ein Formular einer Tauschurkunde in einer katalanischen
              Formelsammlung des 10. Jahrhunderts<note n="30" type="footnote">Vgl. dazu Michel
                Zimmermann, «&#160;Un formulaire du <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle conservé à
                Ripoll&#160;», in <emph>Faventia</emph>, 4 (1982), S. 25–86, auf S. 37f.&#160;; vgl. auch
                Ders., <emph>Écrire et lire en Catalogne (</emph><num>ix</num><emph><hi rend="sup"
                    >e</hi>–</emph><num>xii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle)</emph> Bd. 1-2,
                Madrid, 2003), hier Bd. 1 S. 260f.&#160;; Ders., «&#160;Vie et mort d’un formulaire.
                L’écriture des actes catalans (<num>x<hi rend="sup">e</hi></num>–<num>xii<hi
                    rend="sup">e</hi></num> siècle)&#160;», in <emph>Auctor et auctoritas&#160;: invention et
                  conformisme dans l’écriture médiévale. Actes du colloque de
                  Saint-Quentin-en-Yvelines (14–16 juin 1999)</emph>, ed. Michel Zimmermann, Paris,
                2001, S. 337–358, besonders S. 339ff.&#160;; Edition des Textes&#160;: M. Zimmermann, «&#160;Un
                formulaire&#160;», S. 77&#160;; Ders., <emph>Écrire et lire en Catalogne</emph>, Bd. 2,
                S. 1129–1130&#160;; Ludwig Vones, «&#160;Zwischen Tausch und Teilung&#160;: Besitz- und
                Herrschaftstrukturen in Katalonien vom 9. bis zum 11. Jahrhundert&#160;», in
                  <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 451-470, hier
                Anhang 1 S. 469.</note>.</p>
            <p>Sehen wir uns diese Texte näher an, so ist zunächst festzustellen, dass es sich
              überwiegend um Urkunden in der Form der Notitia handelt und dass sie objektiv und im
              Imperfekt oder Perfekt formuliert sind<note n="31" type="footnote">Formulae
                Andecavenses, Nr. 8&#160;; Marculfi Formularum 2, Nr. 23, 24&#160;; Formulae Turonenses,
                Nr. 26&#160;; Formulae Bituricenses, Nr. 1&#160;; Formulae Senonenses, Nr. 5&#160;; Formulae
                Salicae Merkelianae, Nr. 20&#160;; Formulae Salicae Lindenbrogianae, Nr. 5&#160;; Formulae
                Argentinensis, Nr. 3&#160;; Formulae Sangallenses miscellaneae, Nr. 20. </note>. Einige
              dieser Formeln wechseln allerdings am Ende der Dispositio, konkret bei den
              Bestimmungen im Falle der Übertretung der Vereinbarungen, in eine subjektive
              Formulierung, oft nur mit einer einzigen Wendung<note n="32" type="footnote"
                >. Formulae Andecavenses, Nr. 8&#160;: «&#160;epistola… quem inter nus fieri rogavimus&#160;»&#160;;
                ähnlich Formulae Turonenses, Nr. 26&#160;; Formulae Senonenses, Nr. 5&#160;; Formulae Salicae
                Merkelianae, Nr. 20.</note>. Nicht in Form der Notitia gefasst sind dagegen die
              Urkunden mit königlicher Beteiligung, die, wenn der König einer der Tauschpartner ist,
              die Form der Carta aufweisen<note n="33" type="footnote">Marculfi Formularum 1,
                Nr. 30.</note> bzw. dem üblichen Formular der Herrscherurkunde folgen, wenn der
              Herrscher die Tauschgeschäfte bestätigt<note n="34" type="footnote">Formulae
                imperiales, Nr. 3, 36.</note>. In Form der Carta verfasst sind zudem die
              Tauschvorlage in den Formulae Augienses, zwei der Vorlagen aus den St. Gallener
              Sammlungen, die beiden Texte in den Formulae Visigothicae sowie die katalanische
                Formel<note n="35" type="footnote">Formulae Augienses, Nr. 38&#160;; Formulae
                Sangallenses miscellaneae, Nr. 4, 11&#160;; Formulae Visigothicae, Nr. 27, 28&#160;; M.
                Zimmermann, «&#160;Un formulaire&#160;» (wie Anm. 30), S. 77.</note>&#160;; sie sind also subjektiv
              formuliert (<emph>inter nos conplacuit…, quod et ita fecimus…, ego tibi
              dedi…</emph>).</p>
            <p>Einigen Texten fehlt eine Arenga<note n="36" type="footnote">Formulae Andecavenses,
                Nr. 8&#160;; Marculfi Formularum 2, Nr. 24&#160;; Formulae Augienses, Nr. 38.</note>&#160;; in den
              Marculfschen Formeln und den davon abhängigen Sammlungen kommt die Arenga <emph>nihil
                sibi quisque cernitur minuendo, quicquid econtra recepitur in augmentum</emph> oder
              ähnlich vor<note n="37" type="footnote">Marculfi Formularum 2, Nr. 23&#160;; Formulae
                Salicae Lindenbrogianae, Nr. 5&#160;; vgl. auch Formulae Turonenses, Nr. 26.</note>.
              Arengen, die auf die Notwendigkeit der Schriftform<note n="38" type="footnote"
                >. Formulae Sangallenses miscellanae, Nr. 4, 11, 20&#160;; vgl. auch Formulae
                Argentinensis, Nr. 3.</note> oder der Überlieferung an die Nachwelt verweisen<note
                n="39" type="footnote">Formulae Visigothicae, Nr. 27, 28.</note>, erscheinen in
              den St. Galler Formelsammlungen und in den Formulae Visigothicae. In keinem Fall
              jedoch begegnet in diesen Formeln, auch nicht in denen der Formulae Visigothicae oder
              in der katalanischen Formel, die später im südlichen Europa so häufige Arenga, die den
              Tausch direkt mit dem Kauf vergleicht. Zwar spiegelt sich die von den normativen
              Quellen vorgenommene Gleichsetzung des Tausches mit dem Kauf, zumindest was seine
              Rechtsverbindlichkeit angeht, in den Formelsammlungen des frühen Mittelalters
                wider<note n="40" type="footnote">Harald Siems, <emph>Handel und Wucher im Spiegel
                  frühmittelalterlicher Rechtsquellen</emph>, Hannover, 1992 (<emph>M.G.H.,
                  Schriften</emph>, 35), S. 407&#160;: «&#160;Allgemein ist festzustellen, daß die Formulare
                nicht zwischen Kauf und Tausch unterscheiden. Sie gehen gelegentlich davon aus, daß
                mit Geld gezahlt wurde, dann rechnen sie wieder mit der Hingabe vereinbarter
                Sachwerte. Entscheidend ist, daß beide Möglichkeiten in den Formularsammlungen
                nebeneinander stehen, ohne daß daraus Konsequenzen hinsichtlich der sonstigen
                Ausgestaltung der Vertragsmuster gezogen würden&#160;».</note>, jedoch wird in den
              Arengen darauf nicht ausdrücklich Bezug genommen.</p>
            <p>Typisch ist das Einsetzen der Dispositio mit der Wendung <emph>placuit et convenit
                inter… ut inter se concammiare deberint… ita fecerunt</emph><note n="41"
                type="footnote">So in Marculfi Formularum 2, Nr. 23, 24&#160;; Formulae Turonenses,
                Nr. 26&#160;; Formulae Senonenses, Nr. 5&#160;; Formulae Salicae Merkeliana, Nr. 20&#160;; Formulae
                Salicae Lindenbrogianae, Nr. 5.</note>, gefolgt von der mit den Worten
                <emph>dedit</emph> eingeleiteten Nennung des einen Tauschpartners und seines
              Tauschgutes, sodann von der Wendung <emph>similiter dedit</emph> und der Nennung des
              anderen Partners und seines Gutes. Danach wird die volle Verfügungsgewalt der Partner
              über die eingetauschten Güter betont und eine Geldstrafe für etwaige Verletzung der
              Vereinbarungen festgelegt, beides in stärker voneinander abweichenden Formulierungen.
              Betont wird schliesslich in vielen Beispielen, dass über die Einigung zwei Urkunden
              gleichen Wortlauts hergestellt wurden, etwa in der Form <emph>conmutacio, unde duas
                inter se uno tinore conscribserunt</emph><note n="42" type="footnote">Marculfi
                Formularum 2, Nr. 23.</note> oder <emph>has duas epistolas uno tenore conscriptas
                inter se</emph><note n="43" type="footnote">Formulae Salicae Lindenbrogianae,
                Nr. 5&#160;; ähnlich in Formulae Andecavenses, Nr. 8&#160;; Marculfi Formularum 2, Nr. 24&#160;;
                Formulae Turonenses, Nr. 26&#160;; Formulae Senonenses, Nr. 5&#160;; Formulae Salicae
                Merkelianae, Nr. 20&#160;; Formulae Sangallenses miscellaneae, Nr. 20.</note>&#160;; die
              herrscherlichen Bestätigungen von Tauschurkunden erwähnen dieses Vorgehen ebenfalls
                ausdrücklich<note n="44" type="footnote">Formulae imperiales, Nr. 3&#160;: «&#160;unde et
                duas commutationes pari tenore conscriptas manibusque bonorum hominum roboratas prae
                manibus se habere professi sunt&#160;».</note>. Wohl kaum Zufall ist es, dass sich die
              Erwähnung dieser Praxis in den in der Form der Carta gefassten Beispielen<note n="45"
                type="footnote">Formulae Augienses, Nr. 38&#160;; Formulae Sangallenses miscellaneae,
                Nr. 4, 11&#160;; Formulae Visigothicae, Nr. 27, 28&#160;; M. Zimmermann, «&#160;Un formulaire&#160;»
                (wie Anm. 30), S. 77.</note> nicht findet. Hier sei eines der Ergebnisse der
              Untersuchungen der regionalen Urkundenpraxis vorweggenommen&#160;: Generell scheint es so
              zu sein, dass in den in Form der Carta abgefassten Urkunden, etwa in der Toskana oder
              in Venedig, aber auch in anderen Regionen, nicht zwei gleichlautende Urkundentexte für
              die Tauschpartner ausgestellt wurden, sondern «&#160;spiegelbildlich&#160;» formulierte, «&#160;actes
              en miroir&#160;», um einen von Emmanuel Huertas geprägten Begriff<note n="46"
                type="footnote">Emmanuel Huertas, «&#160;Des actes en miroir. La double rédaction des
                actes d’échange à Lucques au <num>viii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;», in
                  <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 159-169.</note> zu
                verwenden<note n="47" type="footnote">Bereits B.-M. Tock, «&#160;<emph>La diplomatique
                  française&#160;» (wie Anm. 4), Bd.</emph> 1, S. 1–119, auf S. 9, weist auf den
                wichtigen Tatbestand hin, daß nahezu alle Tauschgeschäfte bis zum Ende des 10.
                Jahrhunderts in der Urkundenform der Notitia verschriftlicht werden, was sich schon
                in den merowingischen Formelsammlungen zeige, aber kein römisches Vorbild habe, und
                sieht den Grund dafür darin, daß zwei handelnde Personen genannt werden müssen und
                sich daher die objektive Formulierung der Notitia anbiete. Zudem müssen zwei
                Exemplare der Tauschurkunde ausgestellt werden, deren Text übereinstimmt. Auch
                hierin sieht Tock einen Grund, die Form der Notitia zu wählen&#160;; dann können zwei
                wirklich gleichlautende Exemplare der Urkunde ausgestellt werden, und jeder der
                Partner erhält ein Exemplar, das mit dem der anderen Seite identisch ist.</note>.
              Aufgrund der subjektiv formulierten dispositiven Wendungen dieser Urkunden mussten die
              Urkundenpaare notwendig unterschiedlich sein und konnten nicht ein und denselben
              Wortlaut aufweisen. Anstelle des allerdings sehr anschaulichen und einprägsamen
              Begriffs der «&#160;spiegelbildlich&#160;» formulierten Urkunden, der «&#160;actes en miroir&#160;»,
              möchte ich den präziser den Sachverhalt treffenden Begriff der «&#160;reziprok&#160;»
              formulierten Urkunden verwenden.</p>
            <p>In den Formulae imperiales werden ausdrücklich auch Aktivitäten von <emph>boni
                homines</emph> erwähnt, die ausser den Tauschpartnern selbst am Tauschakt beteiligt
                sind<note n="48" type="footnote">Formulae imperiales, Nr. 3, 36.</note>, aber in
              den sonstigen Beispielen aus den Formelsammlungen nicht genannt werden.</p>
            <p>Bis auf die Formeln von der Iberischen Halbinsel und einigen aus dem alemannischen
              Gebiet sind sich die Texte der Tauschurkunden in den Formelsammlungen in ihrer
              Struktur sehr ähnlich, wenn sie auch im Wortlaut voneinander abweichen&#160;:
              Charakteristisch ist die Form der Notitia mit objektiv formuliertem und in einer
              Vergangenheitsform gehaltenem Bericht über die Rechtshandlung, eingeleitet von der
              Wendung <emph>placuit atque convenit inter… quod et ita fecerunt</emph>, zudem die
              Verwendung einer Schriftlichkeitsarenga und schliesslich der Hinweis, dass zwei
              gleichlautende Urkunden über den Vorgang ausgestellt worden seien. Die in der Form der
              Carta gehaltenen Vorlagen weisen zwar ebenfalls Schriftlichkeitsarengen auf, ihnen
              fehlt jedoch der Hinweis auf die Ausstellung zweier wortgleicher Urkunden.</p>
            <p>Wenn wir uns nun den einzelnen europäischen Regionen und dem Formular ihrer
              Tauschurkunden zuwenden, müssen wir uns überwiegend auf die bereits zu diesem Thema
              vorliegenden Untersuchungen stützen&#160;; eigene Forschungen waren nur im Ausnahmefall
              möglich.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Westfrankenreich und Frankreich</head>
            <p>In Nordfrankreich gibt es im 10. und 11. Jahrhundert nur einen geringen
              Urkundenbestand&#160;; an den wenigen Beispielen lässt sich jedoch feststellen, dass es im
              10. Jahrhundert zwar kein festes Schema zur Abfassung von Tauschurkunden gab, dass
              sich aber noch Reminiszenzen an die frühmittelalterlichen Formulare finden lassen,
              etwa in der Verwendung von Schriftlichkeitsarengen<note n="49" type="footnote"
                >. Benoît-Michel Tock, «&#160;L’acte d’échange dans le Nord de la France (<num>ix<hi
                    rend="sup">e</hi></num>–<num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècles)&#160;», in
                  <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 313-324.</note>.
              Die Überlieferungszahlen nehmen erst im 12. Jahrhundert zu&#160;; aber in dieser Zeit ist
              der Anteil an Tauschurkunden gering, wenn auch durch die übrigen Urkundentexte klar
              wird, dass Tauschakte weiterhin praktiziert wurden&#160;: Bei Besitztransaktionen wird das
              Recht auf Tausch der Besitztümer jeweils vermerkt. Die wenigen erhaltenen
              Tauschurkunden zeigen, dass kein festes Formular für diesen Rechtsakt mehr befolgt
              wurde&#160;; allenfalls fällt auf, dass sie häufig in Form von Chirographen ausgestellt
                wurden<note n="50" type="footnote">Ebd., S. 317f.</note>.</p>
            <p>Die Untersuchung von Tauschurkunden in Lotharingien, genauer gesagt im Gebiet der
              Diözesen Utrecht, Lüttich, Verdun, Toul, Metz, Trier und Köln, bis zum Jahr 1100<note
                n="51" type="footnote">Brigitte Kasten, Katharina Groß, «&#160;Tausch- und
                Prekarieurkunden in Lotharingien bis 1100&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und
                  Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 325-380&#160;; vgl. auch Michel Margue, «&#160;L’acte
                d’échange entre pratiques de l’écrit et enjeux politiques&#160;: L’acte d’échange de
                963/987 entre l’abbaye Saint-Maximin de Trèves et le comte Sigefroid&#160;», in
                  <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 381-402.</note> hat
              ergeben, dass auch hier Schriftlichkeitsarengen weit verbreitet waren. Daneben lässt
              sich der Einfluss der Marculfschen Formeln nachweisen, etwa in den Tauschurkunden der
              Bischöfe von Verdun<note n="52" type="footnote">In der bei B. Kasten, K. Groß,
                «&#160;Tausch- und Prekarieurkunden&#160;» (wie Anm. 51), S. 341 Anm. 56 zitierten Arenga
                einer Urkunde Bischofs Wigfrids von Verdun von 968 (<emph>Inter quos karitas
                  illibata permanet, pars parti beneficia opportuna non denegat, quia nequaquam res
                  minuuntur, dum pro qualitate seu quantitate et utriusque partis adiacenti
                  convenientia inter se commutantur</emph>) zeigt sich deutlich der Einfluß der
                Marculfschen Formeln (Marculfi Formularum 2, Nr. 23) oder davon abhängiger
                Formelsammlungen, etwa Formulae Turonenses, Nr. 25.</note>. Insbesondere die
              Urkunden des Klosters Gorze folgten seit der zweiten Hälfte des 9. Jahrhunderts einem
              einheitlichen Formular, das mit einer Schriftlichkeitsarenga einsetzte und dessen
              Dispositio mit der verbreiteten Wendung <emph>placuit et / atque convenit inter</emph>
                begann<note n="53" type="footnote">B. Kasten, K. Groß, «&#160;Tausch- und
                Prekarieurkunden&#160;» (wie Anm. 51), S. 344-347.</note>&#160;; der Einfluss der Marculfschen
              Formeln oder derjenigen der Formulae Lindenbrogianae ist hier deutlich zu
                erkennen<note n="54" type="footnote">Bereits Heinz Zatschek, «&#160;Die Benutzung der
                Formulae Marculfi und anderer Formularsammlungen in den Privaturkunden des 8. bis
                10. Jahrhunderts&#160;», in <emph>Mitteilungen des österreichischen Instituts für
                  Geschichtsforschung</emph>, 42 (1927), S. 165-267, auf S. 192, hat vermutet, daß
                eine Handschrift der Marculfschen Formelsammlung in Gorze zur Verfügung stand, und
                hat die Verwendung des Tauschurkundenformulars nach Marculfi Formularum 2, Nr. 23
                oder den Formulae Salicae Lindenbrogianae, Nr. 5 wahrscheinlich gemacht (ebd.,
                S. 192-198)&#160;; ähnlich in Stablo (ebd., S. 192). </note>. Der Hinweis auf zwei
              textgleich ausgestellte Urkunden ist auch hier zu finden, etwa in einer Urkunde des
              Klosters Saint-Èvre zu Toul von 942 (<emph>commutationes sub duo testamentis pari
                tenore conscripta</emph>)<note n="55" type="footnote">B. Kasten, K. Groß,
                «&#160;Tausch- und Prekarieurkunden&#160;» (wie Anm. 51), S. 348 mit Anm. 87.</note>. Seit dem
              zweiten Viertel des 10. Jahrhunderts wurden Tauschurkunden wie bilaterale
              Grundstücksgeschäfte überhaupt zunehmend in Form von Chirographen bzw. Teilurkunden
                ausgestellt<note n="56" type="footnote">Ebd., S. 25f.</note>.</p>
            <p>Für Prüm ist die Benutzung der Marculfschen Formeln für Tauschurkunden bis zum Ende
              des 9. Jahrhunderts nachzuweisen<note n="57" type="footnote">H. Zatschek, «&#160;Die
                Benutzung&#160;» (wie Anm. 54), S. 186.</note>.</p>
            <p>Das Erscheinungsbild der Tauschurkunden des Languedoc<note n="58" type="footnote"
                >. Ursula Vones-Liebenstein, «&#160;<emph>Qui utiliter commutat, nullatenus
                  alienat.</emph> Vom Tausch über die Schenkung zur Restitution: Kirchengut im
                Languedoc&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1),
                S. 427-450.</note> unterscheidet sich deutlich von denjenigen im Norden Frankreichs
              und Lotharingien. Hier findet sich, wie auch auf der Iberischen Halbinsel und in
                Italien<note n="59" type="footnote">Siehe dazu unten, bei Anm. 88-96 (zu
                Katalonien), bei Anm. 97-100 (zu Asturien-León) und bei Anm. 101-123 (zu
                Italien).</note>, in den Arengen häufig ein Bezug auf die Bestimmung der normativen
              Quellen, die den Tausch in seiner rechtlichen Verbindlichkeit mit dem Kauf
                gleichsetzt<note n="60" type="footnote">U. Vones-Liebenstein, «&#160;<emph>Qui utiliter
                  commutat</emph>&#160;» (wie Anm. 58), S. 429f.</note>, am häufigsten in der Form
                <emph>qualis est emptio, talis et commutatio&#160;; emptio et commutatio simul obtineant
                firmitatem</emph><note n="61" type="footnote">Ebd., S. 434f., 448.</note>,
              jedenfalls bis zur Mitte des 11. Jahrhunderts&#160;; danach geht der Gebrauch der Formel
              nach den Untersuchungen von U. Vones-Liebenstein zurück<note n="62" type="footnote"
                >. Ebd., S. 435.</note>. Daneben treten auch Schriftlichkeitsarengen auf<note n="63"
                type="footnote">Ebd., S. 448.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Ostfrankenreich und Deutsches Reich</head>
            <p>In Bayern bzw. im süddeutsch-österreichischen Raum<note n="64" type="footnote">Vgl.
                zur Tauschurkunde in Bayern allgemein Wilhelm Störmer, <emph>Früher Adel. Studien
                  zur politischen Führungsschicht im fränkisch-deutschen Reich vom 8. bis 11.
                  Jahrhundert</emph>, Bd. 1–2, Stuttgart, 1973 (<emph>Monographien zur Geschichte
                  des Mittelalters</emph>, 6), S. 374–377&#160;; Christine Rädlinger-Prömper, <emph>St.
                  Emmeram in Regensburg. Struktur und Funktionswandel eines bayerischen Klosters im
                  früheren Mittelalter</emph>, Kallmünz, 1987 (<emph>Thurn und Taxis-Studien</emph>,
                16) S. 113–120&#160;; Thomas Kohl, <emph>Lokale Gesellschaften. Formen der Gemeinschaft
                  im frühmittelalterlichen Bayern vom 8. bis zum 10. Jahrhundert</emph>, Ostfildern,
                2010 (<emph>Mittelalter-Forschungen</emph>, 29), S. 106–113.</note> war der Tausch
              im frühen Mittelalter eine der häufigsten Formen der Besitztransaktion. Für das 8.
              Jahrhundert sind allerdings relativ wenige Tauschurkunden überliefert&#160;; die Zahl der
              dokumentierten Tauschakte nimmt erst im Laufe des 9. Jahrhunderts zu<note n="65"
                type="footnote">Thomas Kohl, «&#160;<emph>Pro ambarum utilitate</emph> und die Suche
                nach der <emph>melior pars</emph> – Tauschgeschäfte und Tauschstrategien in Bayern
                vom 8. bis zum 11. Jahrhundert&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph>
                (wie Anm. 1), S. 201-216, auf S. 201-205&#160;; Geneviève Bührer-Thierry, «&#160;De la
                  <emph>traditio</emph> à la <emph>commutatio</emph>&#160;: sens et pratiques de
                l’échange à Freising du <num>viii<hi rend="sup">e</hi></num> au <num>xi<hi
                    rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und
                  Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 217-237, auf S. 218.</note>. Bemerkenswert
              ist die Anlage von eigenen, ausschliesslich Tauschgeschäften gewidmeten
              Traditionsbüchern, die die auch quantitative Relevanz dieses Geschäfts und eben auch
              der Urkunden, in diesem Fall in Form der Traditionsnotiz, erkennen lassen.</p>
            <p>Die Urkundentexte sind anders als bei Schenkungsurkunden überwiegend knapp&#160;; Arengen
              sind selten<note n="66" type="footnote">T. Kohl, «&#160;<emph>Pro ambarum
                  utilitate</emph>&#160;» (wie Anm. 65), S. 206.</note>. Bereits Fichtenau hat darauf
              hingewiesen, dass etwa die Tauschurkunden der Salzburger Traditionsbücher sich an den
              Formulae Lindenbrogianae orientierten<note n="67" type="footnote">Heinrich
                Fichtenau, <emph>Das Urkundenwesen in Österreich vom 8. bis zum 12.
                  Jahrhundert</emph>, Wien-Köln-Graz 1968 (<emph>Mitteilungen des Instituts für
                  österreichische Geschichtsforschung</emph>, Ergänzungsbd. 23), S. 100f.</note>,
              ebenso diejenigen in Brixen und Freising<note n="68" type="footnote">Ebd.,
                S. 109-111.</note>, und auch für Mondsee hat man solche Zusammenhänge nachweisen
                können<note n="69" type="footnote">H. Zatschek, «&#160;Die Benutzung&#160;» (wie Anm. 54),
                S. 229f., zu Salzburg und Mondsee und der Verwendung der Marculfschen Formelsammlung
                bzw. der Formulae Salicae Lindenbrogianae vgl. auch ebd., S. 241-245.</note>. Die
              grosse Variationsbreite der Formulierungen hat Geneviève Bührer-Thierry für Freising
              betont und vermutet, dass es kein striktes Formular gab, dem die Schreiber
                folgten<note n="70" type="footnote">G. Bührer-Thierry, «&#160;De la
                  <emph>traditio</emph>&#160;» (wie Anm. 65), S. 219-221.</note>&#160;; unübersehbar ist aber
              in allen angeführten Beispielen die Abhängigkeit von den Formulae Lindenbrogianae<note
                n="71" type="footnote">Formulae Salicae Lindenbrogianae, Nr. 5&#160;; vgl. G.
                Bührer-Thierry, «&#160;De la <emph>traditio</emph>&#160;» (wie Anm. 65), Annexes 1 und 2,
                S. 232-234&#160;; zur Verwendung der Formulae Salicae Lindenbrogianae in Werden (834,
                841), Echternach (876/877), Mondsee (799, 817/829, 829), Salzburg (923/935) vgl. G.
                Declercq, «&#160;Les Formulae salicae Lindenbrogianae&#160;» (wie Anm. 7), S. 143.</note>&#160;:
              Der Text wird objektiv formuliert, beginnt mit der Wendung <emph>placuit atque
                convenit inter…, ut… pro communi utilitate et compendio inter se commutare deberent
                quod ita et fecerunt.</emph> Es folgt die Nennung der Tauschpartner und der
              entsprechenden Güter, eingeleitet mit der Formel <emph>Dedit itaque</emph>&#160;; die
              Ausstellung zweier Urkunden <emph>pari tenore</emph> wird betont, die Rechtsgültigkeit
              der Vereinbarungen auch bei Verstoss gegen die Bestimmungen, und auch die Wendung
                <emph>presens commutatio omni tempore firma permaneat cum stipulatione
                subnixa</emph> in der Freisinger Urkunde findet ihr Vorbild in der Formulierung
                <emph>presentes commutationes… firme et stabiles permaneant, cum stipulatione
                interposita diuturno tempore maneant inconvulsa</emph> der Formulae Lindenbrogianae
              Nr. 5.</p>
            <p>In Alemannien nahm um die Mitte des 9. Jahrhunderts der Tausch, «&#160;dessen Motiv […]
              die Abrundung des Besitzes war&#160;», im Vergleich zu anderen Erwerbsmöglichkeiten
              deutlich zu<note n="72" type="footnote">Hans-Werner Goetz, «&#160;Beobachtungen zur
                Grundherrschaftsentwicklung der Abtei St. Gallen vom 8. zum 10. Jahrhundert&#160;», in
                  <emph>Strukturen der Grundherrschaft im frühen Mittelalter</emph>, hg. von Werner
                Rösener, Göttingen, 1989&#160;; 2., durchgesehene Auflage 1993 (<emph>Veröffentlichungen
                  des Max-Planck-Instituts für Geschichte</emph>, 92), S. 197–246, auf
                S. 204.</note>. Dies fügt sich in einen rechtlich-diplomatischen Komplex ein, der
              auch die Gestaltung anderer Urkunden – z. B. Vereinbarungen in Form von Schenkungen –
                prägt<note n="73" type="footnote">Karl Heidecker, «&#160;Charters as texts and as
                objects in judicial actions&#160;: the example of the Carolingian private charters of St
                Gall&#160;», in <emph>Medieval legal process&#160;: physical, spoken and written performance
                  in the Middle Ages</emph>, ed. Marco Mostert, Paul S. Barnell, Turnhout, 2011
                  (<emph>Utrecht Studies in Medieval Literacy</emph>, 22), S. 39–53, auf
                S. 49f.</note>. Terminologie und Formular der Tauschurkunden in Alemannien und
              besonders derjenigen des Klosters St. Gallen<note n="74" type="footnote">Hans-Werner
                Goetz, «&#160;Die St. Galler Tauschurkunden (und der alemannische Raum)&#160;», in
                  <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 171-200.</note>
              sind in den St. Galler Urkunden inhaltlich ausgesprochen homogen, bei gleichzeitiger
              ständiger Variation des Wortlauts. Typisch für die Tauschurkunden sind Arengen, die
              mit jeweils leicht abgewandeltem Wortlaut durchweg Schriftlichkeitsarengen sind, also
              betonen, dass solche Verträge zur Vermeidung späterer Streitigkeiten schriftlich
              festgehalten werden sollen. Anderslautende Arengen treten dagegen selten auf. Grossen
              Wert legten die Tauschpartner darauf, die Gültigkeit des Geschäfts und die jeweils
              übertragene Verfügungsgewalt zu dokumentieren. Die Sanctio sah zumeist eine Geldstrafe
              vor. Die Nähe der Urkundentexte zu den Beispielen aus den Sankt-Galler
              Formelsammlungen, insbesondere zu Formulae Sangallenses miscellaneae, Nr. 20, ist
                evident<note n="75" type="footnote">Man vergleiche etwa die von H.-W. Goetz, ebd.,
                Anhang S. 198f., als «&#160;moderne wissenschaftliche Fälschung&#160;» zusammengestellte
                «&#160;typische Tauschurkunde aus St. Gallen&#160;»&#160;; vgl. auch die Vorbemerkungen zu den St.
                Galler Tauschurkunden in <emph>Chartae Latinae Antiquiores&#160;: Facsimile-Edition of
                  the Latin Charters</emph>, 2nd series&#160;: Ninth century (ChLA<hi rend="sup">2</hi>),
                part 104, 105, ed. Peter Erhart, Bernhard Zeller, Karl Heidecker, Dietikon-Zürich,
                2011-2012, Nr. 22, 29, 43, 46, 49. – Karl Heidecker danke ich vielmals für die
                Übersendung der Urkundentexte von Nr. 1-3 der ChLA<hi rend="sup">2</hi> Bd. 106 vor
                dem Erscheinen des Bandes.</note>. Zumeist scheinen die Urkunden in ihrem objektiv
              und im Perfekt formulierten Text eher diesem Modell zu folgen. Ausnahmen gibt es
              jedoch&#160;: So wurde eine Urkunde von 839<note n="76" type="footnote">ChLA<hi
                  rend="sup">2</hi> 104, Nr. 22 S. 67-69.</note> in Form einer Carta abgefasst, mit
              subjektiv formulierten, teils im Präsens, teils im Perfekt gehaltenen Sätzen
                (<emph>igitur ego Patacho et Sigibret conplacuit atque convenit nos</emph>…,
                <emph>quod nos donamus in concambium</emph>…)&#160;; unterfertigt wurde die Urkunde von
              den Tauschpartnern des Klosters St. Gallen, aufbewahrt im Archiv des Klosters. Der
              Gedanke liegt nahe, dass es sich hier um einen Fall einer reziproken
              Urkundenausstellung handeln könnte, in dem nur eine der beiden ursprünglich
              ausgestellten Urkunden, die nicht <emph>uno tenore</emph>, sondern «&#160;spiegelbildlich&#160;»
              formuliert waren, sich erhalten hat&#160;; in den Formelsammlungen der Region war dieses
              Modell ja ebenso vorgesehen wie die üblichere Form<note n="77" type="footnote">Vgl.
                Formulae Augienses, Nr. 38&#160;; Formulae Sangallenses miscellaneae, Nr. 4&#160;; Formulae
                Sangallenses miscellaneae, Nr. 11, im Unterschied zu Formulae Sangallenses
                miscellaneae, Nr. 20.</note>.</p>
            <p>Tauschurkunden in Westfalen sind selten<note n="78" type="footnote">Mark
                Mersiowsky, «&#160;Tauschgeschäfte und Tauschurkunden in Westfalen bis 1125&#160;», in
                  <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 239-271. </note>.
              Die beiden ältesten überlieferten von 799 finden sich im Werdener Traditionscodex&#160;;
              sie weisen ein übereinstimmendes, jedoch eigenständiges Formular auf&#160;; eine Arenga
                fehlt<note n="79" type="footnote">Ebd., S. 249f.</note>. Zwei weitere aus dem 9.
              Jahrhundert stammende Urkunden orientierten sich, wie schon Zatschek<note n="80"
                type="footnote">H. Zatschek, «&#160;Die Benutzung&#160;» (wie Anm. 54), S. 182f.</note> und
                Blok<note n="81" type="footnote">Dirk Peter Blok, <emph>Een diplomatisch onderzoek
                  van de oudste particuliere oorkonden van Werden. Met enige uitweidingen over het
                  ontstaan van dit soort oorkonden in het algemeen</emph>, Phil. Diss. Amsterdam,
                Assen, 1960, S. 56&#160;; vgl. M. Mersiowsky, «&#160;Tauschgeschäfte&#160;» (wie Anm. 78),
                S. 250f.</note> nachgewiesen haben, an den Formulae Salicae Lindenbrogianae, deren
              Kenntnis vielleicht durch Bischof Hildegrim von Châlons, dem Bruder Abt Liudgers von
              Werden, vermittelt worden war<note n="82" type="footnote">D. P. Blok, <emph>Een
                  diplomatisch onderzoek</emph> (wie Anm. 81), S. 75f.&#160;; zur Verwendung der Formulae
                Salicae Lindenbrogianae in Werden (834, 841), Echternach (876/877), Mondsee (799,
                817/829, 829), Salzburg (923/935) vgl. auch G. Declercq, «&#160;Les Formulae salicae
                Lindenbrogianae&#160;» (wie Anm. 7), S. 143.</note>.</p>
            <p>Auch die Tauschurkunden in den Corveyer Traditionen, die wie alle Corveyer Urkunden
              dieser Zeit in die Form der Notitia gefasst sind<note n="83" type="footnote">Vgl.
                Klemens Honselmann, <emph>Von der Carta zur Siegelurkunde. Beiträge zum
                  Urkundenwesen im Bistum Paderborn 862-1178</emph>, Paderborn, 1939,
              S. 37f.</note>, greifen auf Texte der westfränkischen Formelsammlungen zurück<note
                n="84" type="footnote">M. Mersiowsky, «&#160;Tauschgeschäfte&#160;» (wie Anm. 78), S. 252&#160;;
                bereits K. Honselmann, <emph>Von der Carta zur Siegelurkunde</emph> (wie Anm. 83),
                S. 37, hatte für Corvey die Benutzung vorkarolingischer Formeln nachgewiesen,
                konkret der Formulae Andecavenses, Nr. 8, der Marculfschen Formeln 2, Nr. 23, 24,
                und der Formulae Turonenses, Nr. 26&#160;; D. P. Blok, <emph>Een diplomatisch
                  onderzoek</emph> (wie Anm. 81), S. 270, hatte an die Formulae Salicae
                Lindenbrogianae, Nr. 5 erinnert.</note>. Aus ottonischer Zeit sind aus Westfalen
              keine Privaturkunden, die Tauschgeschäfte dokumentieren, mehr überliefert, sondern
              lediglich Herrscherurkunden, und auch aus der nachottonischen Zeit gibt es nur wenige
              Belege, die in Bezug auf die Frage des Formulars zudem nicht aussagekräftig sind<note
                n="85" type="footnote">M. Mersiowsky, «&#160;Tauschgeschäfte&#160;» (wie Anm. 78),
                S. 258-268.</note>.</p>
            <p>In Thüringen, wo Untersuchungen der Tauschurkunden des 12. Jahrhunderts
                vorliegen<note n="86" type="footnote">Stefan Tebruck, «&#160;Beobachtungen zum
                Besitztausch thüringischer Klöster im 12. Jahrhundert&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und
                  Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 273-311.</note>, hat es in dieser Zeit allem
              Anschein nach kein eigenes Formular für Tauschurkunden gegeben<note n="87"
                type="footnote">Ebd., S. 283, 296.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">V. Iberische Halbinsel</head>
            <p>In Katalonien fand das in der Formelsammlung des Klosters Santa María de Ripoll
              enthaltene Formular einer Tauschurkunde<note n="88" type="footnote">M. Zimmermann,
                «&#160;Un formulaire&#160;» (wie Anm. 30), S. 77&#160;; Ders., <emph>Écrire et lire en
                  Catalogne</emph> (wie Anm. 30), Bd. 2, S. 1129–1130&#160;; L. Vones, «&#160;Zwischen Tausch
                und Teilung&#160;» (wie Anm. 30), Anhang 1 S. 469.</note> weite Verbreitung&#160;;
              aufgezeichnet im letzten Drittel des 10. Jahrhunderts, wurde es auch das ganze 11.
              Jahrhundert hindurch benutzt<note n="89" type="footnote">L. Vones, «&#160;Zwischen Tausch
                und Teilung&#160;» (wie Anm. 30), S. 454-458.</note>. Es ist in subjektiver Form
              abgefasst und betont in der Arenga, unter Berufung auf alte Gesetze (<emph>est in
                antiquis regulis statutum et in Gotorum legibus est decretum</emph>), die
              Notwendigkeit der schriftlichen Fassung für ein Tauschgeschäft&#160;; dementsprechend
              herrschen in Katalonien offenbar ebenfalls die reziprok oder spiegelbildlich
              formulierten Tauschurkunden vor. Die äusserst knapp gefasste Formel des späten 10.
              Jahrhunderts verwendeten zahlreiche Tauschurkunden der Region als Arenga<note n="90"
                type="footnote">Ebd.&#160;; vgl. auch Michel Zimmermann, «&#160;L’acte privé en Catalogne
                aux <num>ix<hi rend="sup">e</hi></num> et <num>x<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècles&#160;: portée sociale, contraintes formelles et liberté
                d’écriture&#160;», in <emph>Die Privaturkunden der Karolingerzeit</emph> (wie Anm. 4),
                S.193-212, auf S. 201. </note>. Dass mit den <emph>Gotorum leges</emph> die Lex
              Visigothorum gemeint war, wie vermutet wird<note n="91" type="footnote">L. Vones,
                «&#160;Zwischen Tausch und Teilung&#160;» (wie Anm. 30), S. 452.</note>, liegt nahe, ebenso,
              dass man sich konkret auf die Passagen bezog, die den Tausch in seiner Verbindlichkeit
              dem Kauf gleichsetzen<note n="92" type="footnote">Siehe oben Anm. 14.</note>, denn
              in den Urkunden, die das Formular oder eine Abwandlung davon als Arenga verwendeten,
              wird genau dieser Zusammenhang hergestellt, allerdings nicht in einer relativ
              feststehenden Formel, sondern in vielfältigen Variationen, etwa in einer Urkunde von
              988 Juli 11&#160;: <emph>Vox legum iure decrevit auctoritas, ut qualis sit empcio talis sit
                et comutacio. Empcio namque et comutacio, sicut iam dudum in antiquis temporibus est
                roboratum et in Gotorum legibus decretum est, equalem habeat firmitatem sicut et
                empcio</emph><note n="93" type="footnote">Cebrià <name rend="sc">Baraut</name>,
                «&#160;Els documents dels anys 981–1010, de l’Arxiu Capitular de la Seu d’Urgell&#160;», in
                  <emph>Urgellia</emph>, 3 (1980), S. 7–166, hier Nr. 214 S. 45–47&#160;; zitiert nach L.
                Vones «&#160;Zwischen Tausch und Teilung&#160;» (wie Anm. 30), S. 455 Anm. 16&#160;; ebd.
                zahlreiche weitere Beispiele.</note>. Auf die Arenga folgt die Dispositio etwa in
              der Form <emph>Ego… commutator sum tibi… Certum quidem manifestum est enim quia
                placuit animis meis et placet ut inter nos commutacionem fecissemus</emph>, oder&#160;:
                <emph>com</emph>[<emph>m</emph>]<emph>utatores sumus… Certum quidem et manifestum
                est enim qualiter convenit nobis, ut inter nos
                com</emph>[<emph>m</emph>]<emph>utacionem fecissemus, sicuti et facimus</emph><note
                n="94" type="footnote">L. Vones, «&#160;Zwischen Tausch und Teilung&#160;» (wie Anm. 30),
                S. 456 mit Anm. 24, 25.</note>. Auf die Fassung in Form der Carta<note n="95"
                type="footnote">Vgl. dazu auch M. Zimmermann, «&#160;L’acte privé en Catalogne&#160;» (wie
                Anm. 90), S. 197.</note> und die daraus folgende Art der Ausfertigung in zwei
              reziprok formulierten Exemplaren wurde bereits hingewiesen&#160;; eine Tauschurkunde des
              Bischofs Vigo von Girona von 936 formuliert diese Tatsache ausdrücklich und beschreibt
              den Sachverhalt sehr anschaulich&#160;: <emph>Ex ac autem commutationem duas scripturas
                fieri iussimus de quibus unam uobis nostra manu, clericorum nostrorum firmatam,
                tradimus et aliam uero nobis, uel ceterorum bonorum homin[um] roborata, a uobis
                recepimus</emph><note n="96" type="footnote"><emph>Col.lecció diplomàtica de la
                  Seu de Girona (817–1100)</emph>, ed. R. Martí, Barcelona, 1997, Nr. 71 S. 116–119,
                zitiert nach L. Vones, «&#160;Zwischen Tausch und Teilung&#160;» (wie Anm. 30), S. 458
                Anm. 37.</note>.</p>
            <p>Im gesamten ausgedehnten Gebiet des Königreichs Asturien-León waren sich die
              Tauschurkunden vom 8. bis zum Ende des 10. Jahrhunderts sehr ähnlich<note n="97"
                type="footnote">Wendy Davies, «&#160;Exchange charters of the kingdom of Asturias-León,
                700–1000&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1),
                S. 471-489. </note>&#160;: In Form der Carta subjektiv formuliert<note n="98"
                type="footnote">Vgl. das Beispiel ebd., S. 476, das als «&#160;standard record of an
                exchange between two lay parties&#160;» gelten kann.</note>, fehlt auch ihnen der sonst
              verbreitete Hinweis auf die Ausstellung zweier Urkunden <emph>uno tenore</emph>&#160;;
              vielmehr gibt es Indizien, dass zwei reziprok formulierte Urkunden ausgestellt und
              ausgetauscht wurden. Die Urkunden tragen keine Arenga. Ein Vergleich zwischen Kauf und
              Tausch oder eine Gleichsetzung der Rechtsgültigkeit beider Geschäftsarten fehlt<note
                n="99" type="footnote">Ebd., S. 477.</note>. Generell lässt sich in den
              frühmittelalterlichen Urkunden der Regionen Asturien und León eine Benutzung der
              Formulae Visigothicae feststellen<note n="100" type="footnote"> Miguel Calleja
                Puerta (Oviedo) danke ich vielmals für die Übermittlung der Ergebnisse seiner
                Untersuchung zum Einfluss der Formulae Visigothicae auf die frühmittelalterlichen
                Urkunden der Region noch vor der Drucklegung.</note>&#160;; vielleicht gilt das auch für
              die Tauschurkunden.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VI. Italien</head>
            <p>Die eingehendsten Untersuchungen zur Tauschurkunde und ihrem Formular liegen für
              Italien vor. Hier hat G. Vismara eine umfassende Untersuchung des Tauschs im frühen
              Mittelalter vorgelegt, publiziert zuerst 1980<note n="101" type="footnote">Giulio
                Vismara, «&#160;Ricerche sulla permuta nell’alto medioevo [1980]&#160;», in Ders.,
                  <emph>Scritti di storia giuridica</emph>, Bd. 2&#160;: <emph>La vita del diritto negli
                  atti privati medievali</emph>, Milano, 1987, S. 79–141 (danach zitiert).</note>&#160;;
              er behandelt den Ablauf der Rechtshandlungen und widmet sich intensiv dem Formular der
              Tauschurkunden vor allem in Ober- und Mittelitalien, aber auch in Apulien sowie Rom,
              Neapel, Ravenna und Gaeta bis zum Ende des 10. Jahrhunderts, auch in seiner
              historischen Entwicklung. Zudem sind die Beiträge von François Bougard<note n="102"
                type="footnote">François Bougard, «&#160; <emph>Commutatio</emph>,
                <emph>cambium</emph>, <emph>viganeum</emph>, <emph>vicariatio</emph>&#160;: l’échange
                dans l’Italie des <num>viii<hi rend="sup">e</hi></num>–<num>xi<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècles&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie
                Anm. 1), S. 65-98.</note> zu Italien allgemein, von Cristina Mantegna<note n="103"
                type="footnote">Cristina Mantegna, «&#160;Il documento privato di area longobarda in
                età carolingia&#160;», in <emph>Die Privaturkunden der Karolingerzeit</emph> (wie
                Anm. 4), S. 57-71.</note> zu den langobardischen Gebieten in der Zeit der
              Karolinger, von Marco Stoffella zur westlichen Toskana<note n="104" type="footnote"
                >. Marco Stoffella, «&#160;Gli atti di permuta nella Toscana occidentale tra
                  <num>viii</num> e <num>xi</num> secolo (Pisa, Lucca, S. Salvatore al Monte
                Amiata)&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1),
                S. 129-157.</note>, von Emmanuel Huertas speziell zur Region Lucca<note n="105"
                type="footnote">Emmanuel Huertas, «&#160;Des actes en miroir. La double rédaction des
                actes d’échange à Lucques au <num>viii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;», in
                  <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 159-169.</note> und
              von Irmgard Fees zu Venedig und dem Veneto<note n="106" type="footnote">Irmgard
                Fees, «&#160;Tauschurkunden in Venedig und im Veneto&#160;», in <emph>Tauschgeschäft und
                  Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 99-128.</note> heranzuziehen.</p>
            <p>Aus Italien haben sich bekanntlich keine frühmittelalterlichen Formelsammlungen
              erhalten, auf die sich Tabellionen oder Notare bei der Formulierung der Urkundentexte
              stützten. Auffallend ist unter diesen Umständen, dass sich das Formular der
              Tauschurkunde seit dem 8. Jahrhundert relativ rasch verfestigte und sich in seinen
              Grundzügen bis in das 11. Jahrhundert kaum veränderte<note n="107" type="footnote"
                >. Vgl. dazu ausführlich G. Vismara, «&#160;Ricerche&#160;» (wie Anm. 101)&#160;; vgl. auch F.
                Bougard, «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie Anm. 102).</note>. Im Italien nördlich des
              Apennin – mit Ausnahme Venedigs<note n="108" type="footnote">I. Fees,
                «&#160;Tauschurkunden&#160;» (wie Anm. 106), S. 106f.</note> – sind die Urkundentext objektiv,
              südlich des Apennin dagegen subjektiv formuliert<note n="109" type="footnote">F.
                Bougard, «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie Anm. 102), S. 69-72&#160;; zur Toskana M.
                Stoffella, «&#160;Gli atti di permuta&#160;» (wie Anm. 104), S. 136f.</note>. Dem entspricht,
              dass in der Lombardei, im Piemont und im Veneto üblicherweise zwei im Text
              übereinstimmende Urkunden für die Tauschpartner ausgestellt wurden, der Urkundentext
              dies auch ausdrücklich vermerkte und dabei mit dem Ausdruck <emph>due cartule
                comutacionis uno tenore</emph> oder ähnlichen Wendungen<note n="110" type="footnote"
                >. Zahlreiche Beispiele bei G. Vismara, «&#160;Ricerche&#160;» (wie Anm. 101), S. 105 Anm. 77,
                S. 116 Anm. 136, S. 127 Anm. 173.</note> Formulierungen wählte, die denen der
              fränkischen Formelsammlungen genau entsprechen<note n="111" type="footnote">Siehe
                oben, Anm. 41, 42, 43.</note>. Diese Vermerke finden sich bereits im 8. Jahrhundert
              im langobardischen Reich, im 9. und 10. Jahrhundert im westlichen Oberitalien und
              nehmen seit der zweiten Hälfte des 10. Jahrhunderts dort leicht ab<note n="112"
                type="footnote">G. Vismara, «&#160;Ricerche&#160;» (wie Anm. 101), S. 105, 116, 127.</note>.
              Im Veneto treten sie später auf&#160;; so wird die Wendung in Padua im 11. Jahrhundert und
              in der ersten Hälfte des 12. Jahrhunderts am Schluss des Kontextes plaziert, wandert
              im Laufe des 12. Jahrhunderts in die Unterfertigungsformel des Schreibers und Notars
              und scheint gegen Ende des Jahrhunderts häufig ganz zu fehlen. In Verona findet sich
              die Formel im 9., 10. und in der ersten Hälfte des 11. Jahrhunderts nicht&#160;; sie
              erscheint erst in den letzten Jahrzehnten des 11. Jahrhunderts, wie in Padua am Ende
              des Kontextes eingeordnet, wird in der ersten Hälfte des 12. Jahrhunderts in nahezu
              allen Tauschurkunden verwendet, tritt um die Mitte des Jahrhunderts zuweilen in der
              Notarsunterfertigung auf, scheint aber dann immer weniger Anwendung zu finden<note
                n="113" type="footnote">I. Fees, «&#160;Tauschurkunden&#160;» (wie Anm. 106),
              S. 108.</note>. Ob das einer Änderung der Praxis entspricht oder ob man es nur nicht
              mehr für notwendig hielt, auf eine selbstverständliche Tatsache hinzuweisen, ist
              unklar. – Südlich des Apennin sowie in venezianischem Gebiet dagegen findet sich die
              Formel nicht, da hier nicht zwei im Text übereinstimmende Urkundentexte für die
              Tauschpartner ausgestellt wurden, sondern die Partner sich vielmehr gegenseitig
              Urkunden ausstellten. Zu jedem Tauschakt wurden also zwei reziprok formulierte
              Urkunden ausgefertigt, die sich dadurch voneinander unterschieden, dass in einer der
              Urkunden der Tauschpartner A als Aussteller, sein Partner B als Empfänger erschien,
              während es in der anderen umgekehrt war. Die durch A ausgestellte und unterfertigte
              Urkunde wurde B übergeben, die durch B ausgestellte und unterfertigte Urkunde erhielt
              dagegen der Partner A<note n="114" type="footnote">E. Huertas, «&#160;Des actes en
                miroir&#160;» (wie Anm. 105) hat dafür den anschaulichen und einprägsamen Begriff der
                Urkunden «&#160;en miroir&#160;» eingeführt&#160;; F. Bougard, «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie
                Anm. 102), S. 72, schlägt stattdessen die Bezeichnung «&#160;bilaterale Urkunden&#160;»,
                «&#160;deux documents… bilatéraux&#160;», vor&#160;; ich selbst plädiere für den Begriff «&#160;reziprok
                formulierte Urkunden&#160;», siehe oben, bei Anm. 46, 47.</note>.</p>
            <p>Die typische Arenga im Piemont und dem grössten Teil der Lombardei betont die
              Tatsache, dass der Tausch die Partner ebenso binde wie der Kauf (<emph>Comutatio bone
                fidei noscitur esse contractum</emph> [<emph>contractus</emph>], <emph>ut vicem
                emptionis optineat firmitatem eodemque nexu obligat contrahentes</emph>) und geht
              damit auf eine Konstitution des Codex Iustinianus<note n="115" type="footnote">Vgl.
                zur Entwicklung der Theorie, der Tausch sei dem Kauf rechtlich vergleichbar, in
                spätrömischer und frühmittelalterlicher Zeit G. Vismara, «&#160;Ricerche&#160;» (wie
                Anm. 101), S. 82–87 , und besonders S. Esders, «&#160;Die frühmittelalterliche ‘Blüte’&#160;»
                (wie Anm. 1)&#160;; vgl. auch F. Bougard, «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie Anm. 102),
                S. 69f.</note> zurück. Sie ist vom Ende des 8. Jahrhunderts an belegt und unterliegt
              bis einschliesslich des 12. Jahrhunderts keiner Veränderung. Seit dem 10. Jahrhundert
              tritt sie auch in Padua auf, seit der zweiten Hälfte des 11. Jahrhunderts in
                Verona<note n="116" type="footnote">I. Fees, «&#160;Tauschurkunden&#160;» (wie
                Anm. 106).</note>. Wenn sonst Arengen in italienischen Tauschurkunden vorkommen,
              handelt es sich um Schriftlichkeitsarengen<note n="117" type="footnote">Vgl.
                Heinrich Fichtenau, <emph>Arenga. Spätantike und Mittelalter im Spiegel von
                  Urkundenformen</emph>, Graz-Köln, 1957 (<emph>Mitteilungen des Instituts für
                  Österreichische Geschichtsforschung</emph>, Ergänzungsbd. 18), S. 133-135.</note>,
              die betonen, dass eine schriftliche Fassung der Übereinkunft wünschenswert sei, da sie
              dem Vergessen und möglichem künftigen Streit entgegenwirke. Solche Arengen sind in
              Rom, Farfa, Ravenna, Bologna, Neapel<note n="118" type="footnote">F. Bougard,
                  «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie Anm. 102), S. 71.</note> sowie in Venedig und
              seiner Lagune belegt<note n="119" type="footnote">I. Fees, «&#160;Tauschurkunden&#160;» (wie
                Anm. 106), S. 109f.</note>. In den übrigen Regionen Italiens kommen Arengen in
              Tauschurkunden dagegen nicht vor<note n="120" type="footnote">F. Bougard,
                  «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie Anm. 102), S.71.</note>.</p>
            <p>Die Dispositio beginnt mit den Worten <emph>placuit atque</emph> (<emph>bona
                voluntate</emph>) <emph>convenit inter… nec non et inter, ut commutationem facere
                deberent, quod ita fecerunt</emph>, gebraucht also wiederum Wendungen, die sich
              wortgleich oder annähernd wortgleich in den fränkischen Formelsammlungen finden<note
                n="121" type="footnote">Siehe dazu oben, bei Anm. 41&#160;; vgl. F. Bougard,
                  «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie Anm. 102), S 70.</note> . Die darauffolgende
              Nennung und Beschreibung der Tauschobjekte setzt ein mit <emph>dedit in primis… unde
                ad vicem recepit….</emph> Es folgt eine Beschreibung der Werteinschätzung der
              getauschten Güter, die durch <emph>boni homines</emph>, sogenannte <emph>extimatores /
                estimatores</emph>, erfolgte. Häufig finden sich an der Seite der
                <emph>extimatores</emph> auch einer oder mehrere <emph>missi</emph>, die den Bischof
              vertreten, wenn es sich um die Güter einer Kirche handelt, oder den Abt und die
              Äbtissin, wenn die Güter einem Kloster gehören. Die Formel, die die Teilnahme der
                <emph>missi</emph> und der <emph>extimatores</emph> ankündigt, beginnt üblicherweise
              mit der Erklärung&#160;: <emph>quidem et ut ordo legis depossit, ad hanc previdendam
                comutacionem accesserunt…</emph> Weitere Formulierungen bekräftigen, dass die zum
              Vorteil der Kirche oder des Klosters durch die <emph>extimatores</emph> vorgenommene
              Bewertung einen notwendigen Bestandteil für die Gültigkeit des Tauschgeschäfts
              überhaupt darstellt, etwa <emph>quidem et ut lex continet textus, et ad hanc
                previdendam comutacionem accesserunt.</emph> Wenn der Tausch zwischen Kirchen und
              Klöstern erfolgt, erklären <emph>missi</emph> und <emph>extimatores</emph>, die
              Gleichwertigkeit der getauschten Güter geprüft zu haben (<emph>extimaverunt eo quod
                ipsis comutatores bene et apta causa inter se ad invicem darent et
              receperent</emph>), und lassen den Schluss folgen, dass der Tausch den Gesetzen
              entspreche&#160;: <emph>et ac comutacione istas bene et legibus fieri posset…</emph>
              Lediglich in Venedig und seinem Gebiet scheint diese Praxis der Begleitung der
              Rechtshandlung durch <emph>missi</emph> der beteiligten Parteien und <emph>boni
                homines</emph> aus der Umgebung keine Anwendung gefunden zu haben<note n="122"
                type="footnote">I. Fees, «&#160;Tauschurkunden&#160;» (wie Anm. 106), S. 122.</note>.</p>
            <p>Schliesslich verpflichten sich die Tauschpartner, die vereinbarten Punkte einzuhalten
              und den Tausch gegen Eingriffe jeglicher Art zu schützen. Für den Fall des
              Vertragsbruchs wird eine Geldstrafe vereinbart, zumeist die <emph>pena dupla.</emph>
              Eine solche eine Geldzahlung vorsehende Sanctio ist ebenfalls ein Element, das aus den
              nördlich der Alpen verbreiteten Urkundenformularen übernommen wurde<note n="123"
                type="footnote">Vgl. dazu Cristina Mantegna, «&#160;Il documento privato tra
                  <emph>Regnum Italiae</emph> e oltrealpe (secoli <num>viii</num> ex. –
                <num>x</num>)&#160;», in <emph>Le Alpi porta d’Europa. Scritture, uomini, idee da
                  Giustiniano al Barbarossa</emph>, a cura di Laura Pani, Cesare Scalon, Spoleto,
                2009, S. 111-140, auf S. 118&#160;; vgl. F. Bougard, «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie
                Anm. 102), S. 70.</note>.</p>
          </div>
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            <head type="h1">VII. Die herrscherlichen Tauschbestätigungen</head>
            <p>Mit den Königs- und Kaiserurkunden, die Tauschgeschäfte bestätigen, hat sich in einem
              grundlegenden Beitrag Philippe Depreux befasst&#160;; neben der Analyse von Ursachen und
              Praxis des Tauschaktes hat er sich insbesondere dem Formular der herrscherlichen
              Bestätigungen gewidmet und dabei das besonders gleichförmige und stabile Formular
              dieser Urkunden betont<note n="124" type="footnote">Ph. Depreux, «&#160;The development&#160;»
                (wie Anm. 17), S. 44&#160;; vgl. auch Ders., «&#160;Le souverain, maître de l’échange&#160;?&#160;», in
                  <emph>Tauschgeschäft und Tauschurkunde</emph> (wie Anm. 1), S. 45-64, besonders
                S. 44, 56-61.</note>. Seinen Befunden ist wenig hinzuzufügen. Die Marculfschen
              Formeln enthalten ein Beispiel für eine Tauschurkunde mit Beteiligung des Königs<note
                n="125" type="footnote">Marculfi Formularum 1, Nr. 30.</note>, und in den Formulae
              imperiales liegen zwei Entwürfe für herrscherliche Tauschbestätigungen vor<note
                n="126" type="footnote">Formulae imperiales, Nr. 3, 36.</note>. Die tatsächlich
              ausgestellten Urkunden sind sehr zahlreich&#160;; Depreux konnte hundert Beispiele allein
              aus dem 9. und 10. Jahrhundert nachweisen, und offensichtlich erhielt jeder der
              Tauschpartner eine eigene Bestätigung des Herrschers<note n="127" type="footnote"
                >. Ph. Depreux, «&#160;The development&#160;» (wie Anm. 17), S. 47.</note>. Die Ursachen für
              die hohe quantitative Bedeutung der Stücke ist in der Tatsache zu suchen, dass seit
              dem 9. Jahrhundert und entsprechenden Bestimmungen durch Ludwig den Frommen
              Tauschgeschäfte, die Kirchengut betrafen, ohne königliche Bestätigung Gefahr liefen,
              für ungültig erklärt zu werden<note n="128" type="footnote">Ebd., S. 48f.</note>,
              bzw. seit der Zeit Karls des Kahlen im Westfrankenreich grundsätzlich untersagt
                waren<note n="129" type="footnote">Ebd., S. 50.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VIII. Der Tausch in Papsturkunden</head>
            <p>Tauschbestätigungen durch Päpste kommen vor, spielen jedoch eine bei weitem geringere
              Rolle als die königlichen und kaiserlichen Bestätigungen. Eine päpstliche Bestätigung
              von Tauschvorgängen erfolgte zumeist im Rahmen von allgemeinen, umfassenden
              Bestätigungen von Recht und Besitz der Empfänger<note n="130" type="footnote"
                >. Beispiele sind etwa&#160;: Papst Johannes XIII. für den Erzbischof Adalbero von Reims,
                972 April 23 (JL 3762)&#160;; Papst Gregor V. für Kloster Villeneuve-lès-Avignon, 999
                Januar (JL 3898)&#160;; Papst Johannes XVIII. für Bistum Bamberg, 1007 Juni (JL 3954).
                Zahlreiche Beispiele gibt es von Papst Lucius III.&#160;; vgl. etwa J. F. Böhmer,
                  <emph>Regesta Imperii</emph> IV, Abt. 4&#160;: <emph>Papstregesten 1124-1198</emph>,
                Teil 4&#160;: <emph>1181-1185</emph>, Bd. 1-2, bearb. von Katrin Baaken, Ulrich Schmidt,
                Köln 2003-2006, Nr. 82, 259, 484, 653, 830, 1005, 1419, 1968, 2166. - Auch eine
                ausdrückliche Erklärung, alle vom Empfänger geschlossenen Kauf- und Tauschverträge
                über Klostergut seien ungültig, kommt vor&#160;: Papst Sergius IV. für Kloster
                Arles-sur-Tech, 1011 (JL 3977).</note>&#160;; einem festen Formular folgten diese
              päpstlichen Bestätigungen zumindest bis zum Ende des 12. Jahrhunderts nicht. Auch
              Tauschgeschäfte, die die Päpste selbst tätigten, sind in geringem Masse bezeugt&#160;;
              entsprechende Tauschurkunden sind aber selten erhalten<note n="131" type="footnote"
                >. Ein Beispiel für eine solche päpstliche Tauschurkunde ist das im Original
                überlieferte JL 4001 von Februar 1014&#160;: Papst Benedikt VIII. bestätigt dem Kaiser
                Heinrich II. einen Besitztausch&#160;; Druck&#160;: <emph>Papsturkunden 896-1046</emph>,
                Bd. 1-2, hg. von Harald Zimmermann, Wien 1984-1985, 2., revid. Aufl. 1988-1989
                  (<emph>Veröffentlichungen der Historischen Kommission</emph>, 3-4)
                  (<emph>Österreichische Akademie der Wissenschaften, Phil.-hist. Kl.
                  Denkschriften</emph>, 174, 177), Nr. 484 S. 918-920&#160;; vgl. zum Formular auch Hans
                Henning Kortüm, <emph>Zur päpstlichen Urkundensprache im frühen Mittelalter. Die
                  päpstlichen Privilegien 896-1046</emph>, Sigmaringen, 1995 (<emph>Beiträge zur
                  Geschichte und Quellenkunde des Mittelalters</emph>, 17), S. 322. Die
                Tauschvereinbarungen zwischen Kaiser und Papst wurden dem Urkundentext zufolge
                offenbar in Form einer reziproken Urkundenausstellung verschriftlicht. Vgl. zur
                Sache auch J. F. Böhmer, <emph>Regesta Imperii</emph> II, <emph>Sächsische
                  Kaiserzeit</emph>, Abt. 5&#160;: <emph>Papstregesten 911-1024</emph>, bearb. von Harald
                Zimmermann, 2., verb. und erg. Aufl. Wien u. a. 1998, Nr. 1127, 1128,
              1221.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Fazit</head>
            <p>In nahezu dem gesamten Europa nördlich der Alpen folgten die Tauschurkunden in ihrem
              Formular weitgehend, wenn auch zuweilen variantenreich, den frühmittelalterlichen
              Vorbildern der westfränkischen Formelsammlungen, besonders stark den Formulae Salicae
              Lindenbrogianae. Das bedeutet konkret, dass in den Regionen des nördlichen
              Frankreichs, in Lotharingien, in Westfalen und im gesamten bayrisch-österreichischen
              Raum die Urkunden in der Form der Notitia formuliert sind, also objektiv und in einer
              Vergangenheitsform, dass sie entweder gar keine oder aber eine Schriftlichkeitsarenga
              aufweisen und dass sie betonen, zwei wörtlich gleichlautende Urkunden seien über den
              Vorgang ausgestellt worden. Auch in das Languedoc haben solche Formen in geringem
              Masse Eingang gefunden. Abweichungen von diesem Muster scheint es lediglich in St.
              Gallen und im alemannischen Raum gegeben zu haben, wo die Formelsammlungen auch
              Tauschurkunden in Form der Carta aufweisen und wo einzelne Beispiele auftreten, die
              diesem Vorbild folgten&#160;; es blieben jedoch offensichtlich Einzelfälle.</p>
            <p>Das Beispiel Thüringen zeigt, dass durchaus nicht überall Tauschurkunden nach einem
              gesonderten Formular stilisiert wurden. Ob Thüringen eine Ausnahme darstellt oder ob
              Ähnliches für andere europäische Regionen gilt, kann nach dem derzeitigen Stand der
              Forschung nicht beantwortet werden.</p>
            <p>Die Tauschurkunden im südeuropäischen Raum, konkret in Katalonien und in Italien,
              weisen in ihrer Mehrzahl eine charakteristische Gemeinsamkeit auf, die von den
              nordeuropäischen Urkundentexten deutlich abweicht&#160;: den Hinweis in der Arenga, dass
              dem Tausch dieselbe Rechtsgültigkeit zukomme wie dem Kauf. Damit nehmen sie Bezug auf
              eine auf den Codex Iustinianus zurückgehende und in mehreren Volksrechten enthaltene
              Bestimmung. In Katalonien wurden Arengen diesen Inhalts sehr variantenreich und somit
              vermutlich von den Schreibern nach dem Gedächtnis formuliert&#160;; solche Arengen fehlen
              aber in den Beispielen, die aus Asturien-León bekannt sind.</p>
            <p>Allgemein wurden Tauschurkunden in Katalonien wie in Asturien-León in Form der Carta
              ausgestellt&#160;; wohl demzufolge fehlt der für die nordeuropäischen Urkunden so
              charakteristische Hinweis auf die Ausstellung von zwei Exemplaren <emph>uno
                tenore.</emph></p>
            <p>Auf der italienischen Halbinsel treten die Arengen, die Kauf und Tausch miteinander
              vergleichen, ebenfalls überaus häufig auf, nämlich im ganzen nördlichen Italien ausser
              Venedig&#160;; jedoch erscheinen sie hier mit ausserordentlich festen, geradezu stereotypen
              Formulierungen. Daneben finden sich Schriftlichkeitsarengen, so in Venedig, Ravenna,
              Bologna, Farfa und Neapel, und nicht selten weisen die italienischen Tauschurkunden
              gar keine Arenga auf.</p>
            <p>Im gesamten Italien nördlich des Apennin, mit Ausnahme Venedigs, wurden
              Tauschurkunden in die Form der Notitia gefasst, im gesamten Raum südlich des Apennin
              und in Venedig dagegen in die Form der Carta. Folgerichtig weisen die Urkunden der
              nördlichen Regionen – ausser Venedigs – den Hinweis auf die Ausstellung zweier
              gleichlautender Urkunden auf&#160;; in den südlichen Regionen sowie in Venedig wurden
              dagegen zwei reziprok formulierte Urkunden über jedes Tauschgeschäft ausgestellt. Die
              beiden Gruppen, die sich in Bezug auf die Tauschurkunden feststellen lassen, gehen
              allem Anschein nach auf die bereits von Cristina Mantegna beschriebenen
              «&#160;Urkundenlandschaften&#160;» zurück, deren Grenze der toskanisch-emilianische Apennin
                bildete<note n="132" type="footnote">C. Mantegna, «&#160;Il documento privato di area
                longobarda&#160;» (wie Anm. 104), S. 59f.&#160;; Dies., «&#160;Il documento privato tra
                  <emph>Regnum Italiae</emph>&#160;» (wie Anm. 123), S. 113-115.</note>. Die Regionen
              nördlich dieser gedachten Linie sind von einer stärkeren Aufnahme von Anregungen
              nordalpinen Ursprungs auch im Bereich der Privaturkunde gekennzeichnet, einem
              «&#160;intricato intreccio di romanità e germanismo&#160;»<note n="133" type="footnote">C.
                Mantegna, «&#160;Il documento privato tra <emph>Regnum Italiae</emph>&#160;» (wie Anm. 123),
                S. 114&#160;; vgl. dazu auch F. Bougard, «&#160;<emph>Commutatio</emph>&#160;» (wie Anm. 102),
                S. 71f.&#160;; G. Nicolaj, «&#160;Il documento privato italiano nell’alto medioevo, in
                  <emph>Libri e documenti d’Italia dai Longobardi alla rinascita delle città. Atti
                  del Convegno nazionale dell’Associazione italiana paleografi e diplomatisti,
                  Cividale, 5-7 ott. 1994</emph>, a cura di G. Scalon, Udine, 1996, S. 153-198, auf
                S. 171&#160;; vgl. auch den Band <emph>L’héritage byzantin en Italie
                  (</emph><num>viii</num><emph><hi rend="sup">e</hi>–</emph><num>xii</num><emph><hi
                    rend="sup">e</hi> siècle)</emph>, I: <emph>La fabrique documentaire. Études
                  réunies</emph> par Jean-Marie Martin, Annick Peters-Custot et Vivien Prigent
                (Collection de l’École française de Rome 449), Rome, 2011.</note>, während die
              südlichen Regionen weniger stark beeinflusst erscheinen.</p>
            <p>In nahezu allen untersuchten Regionen lässt sich einerseits ein deutlich erkennbares,
              grundsätzlich befolgtes Formular erkennen&#160;; andererseits zeigen die starken
              Variationen im Detail in vielen Urkundenlandschaften, besonders klar erkennbar etwa im
              Raum um St. Gallen, in Freising und in Katalonien, dass die Schreiber ihre Texte nicht
              nach schriftlichen Vorlagen stilisierten, sondern sie aus der Erinnerung reproduzieren
              und, innerhalb des traditionellen Formulars, auch abwechslungsreich formulieren
              konnten. Der Grund für diese Verfügbarkeit und Reproduzierbarkeit der Texte aus dem
              Gedächtnis war zweifellos die große Häufigkeit, mit der Tauschgeschäfte stattfanden
              und zu dokumentieren waren.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part6">
        <front>
          <head>Formularios notariales en las notarías de la diócesis de Tarragona (siglos
            XIII-XIV)</head>
          <byline><docAuthor>Daniel Piñol</docAuthor>, professeur de paléographie et de diplomatique, Universitat de
            Barcelona, Història Medieval, Paleografia
              i Diplomàtica, Carrer Montalegre 6, E-08001 Barcelona. <ref
              target="mailto:danielpinol@ub.edu">danielpinol@ub.edu</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Resúmen</p>
          <p>Este trabajo es un estudio sobre los formularios notariales de época medieval
            conservados en el Archivo Histórico Archidiocesano de Tarragona. Estos formularios
            proceden de notarías que estaban adscritas a las parroquias de manera que los mismos
            párrocos ejercían de notarios. Por ello estos formularios procedentes de notarías
            parroquiales pueden aportar alguna luz sobre las relaciones entre el notariado y la
            Iglesia en los siglos medievales. A partir de un análisis más detallado de los
            formularios localizados se pretende aportar nuevas noticias a las ya publicadas en los
            estudios de Sanç Capdevila, F. Xavier Ricomà o Félix Durán Cañameras. Estos estudios son
            el punto de partida para el análisis de los formularios que de forma obligada nos
            llevará a ver aspectos de la práctica notarial en las pequeñas notarías parroquiales y
            en el papel que jugaban los párrocos-notarios.</p>
          <div>
            <head type="h1">I. Estudios precedentes</head>
            <p>En el año 1930, el archivero Sanç Capdevila, daba a conocer un ejemplar de la
                <emph>Practica dictaminis</emph> conservado en el Archivo Histórico Archidiocesano
              de Tarragona<note n="1" type="footnote">S. Capdevila, «&#160;La <emph>Practica
                  dictaminis</emph> de Llorenç de Aquileia en un còdex de Tarragona&#160;», en
                  <emph>Analecta Sacra Tarraconensia</emph>, VI (1930), p. 207-230.</note>. En ese
              mismo artículo el autor daba noticia de tres formularios notariales que fueron
              localizados en el archivo durante la revisión e instalación de los fondos notariales
              procedentes de las parroquias diocesanas. Por voluntad del cardenal arzobispo de
              Tarragona, Francesc Vidal i Barraquer, el día 9 de febrero de 1920 se creó el Archivo
              Archidiocesano con el objetivo de reunir la documentación existente en las parroquias
              de la diócesis<note n="2" type="footnote">Salvador Ramon i Vinyes, «&#160;L’Arxiu
                Històric Arxidiocesà, la gran obra de Mn. Sanç Capdevila&#160;», en <emph>Església de
                  Tarragona. Butlletí oficial de l’Arquebisbat</emph>, 155 (1984),
                p. 103-112.</note>. Junto con los registros parroquiales conservados anteriores a
              1750 llegaron al archivo las ricas series de registros notariales generadas en las
              notarías parroquiales y que se inician en 1228.</p>
            <p>Entre dichos registros aparecieron los formularios que fueron separados de sus series
              originales y depositados en una sección del Archivo Archidiocesano llamada “Armario de
              los Códices”. En este armario se conservan diplomatarios con copias de documentos del
              siglo <num>xii</num> referentes a la restauración de la sede metropolitana y primada
              de Tarragona, por poner un ejemplo. Con la ubicación física de los formularios en esta
              sección se creaba una colección facticia. Esta actuación, que se debe entender dentro
              del contexto archivístico del primer tercio del siglo <num>xx</num>, comporta ahora
              ciertos problemas de localización y de acceso a los formularios, otros códices y
              documentos de esta sección, problemática a la que aludiremos más adelante. Pero además
              no disponemos de suficientes datos sobre la procedencia de los formularios que
              trabajamos, cuestión que añade más dificultades a nuestro estudio.</p>
            <p>El primero que dedicó unas breves referencias a los formularios tarraconenses fue el
              propio archivero, Sanç Capdevila. Este cita únicamente tres formularios junto al
              citado libro de Aquileia, y los datos que da no van más allá de una simple reseña de
              cada uno de ellos. Así se cita un formulario procedente de la parroquia de Guimerà, el
              cual se dice que fue redactado por un discípulo de Rolandino; un segundo formulario
              procedente de la parroquia de Arbeca, el autor del cual es Guillem Vadell, notario de
              Mallorca del siglo <num>xiv</num>; y un tercer formulario procedente de la parroquia
              de Pont d'Armentera. Más adelante volveremos sobre estos formularios puesto que forman
              parte del elenco objeto de estudio en el presente artículo.</p>
            <p>Los datos sobre estos primeros formularios fueron la base para otro brevísimo estudio
              sobre otros formularios localizados en el archivo. Francesc Xavier Ricomà, en 1979,
              dio a conocer cinco formularios más, citando únicamente unos pocos datos de cada uno
              de ellos<note n="3" type="footnote">F. X. Ricomà Vendrell, «&#160;Formularios notariales
                del arzobispado de Tarragona (s. <num>xiii</num>-<num>xiv</num>)&#160;», en <emph>I
                  Jornades d’Investigació dels Arxius</emph>, Tarragona, 1979, p. 46-48.</note>.</p>
            <p>Los formularios notariales tarraconenses fueron citados también por José Bono en un
              estudio sobre formularios notariales españoles modernos<note n="4" type="footnote"
                >. J. Bono Huerta, «&#160;Los formularios notariales españoles de los siglos
                  <num>xvi</num>, <num>xvii</num> y <num>xviii</num>&#160;», en <emph>Anales de la
                  Academia Matritense del Notariado</emph>, 22-1 (1980), p. 289-317.</note>. De
              forma especial se refería a los formularios notariales relacionados con la práctica
              notarial de las parroquias. Y para ello remitía a las constituciones sinodales de Vic
              y de Tarragona, de las que cita expresamente las tarraconenses de 1704. Estas
              constituciones sinodales son la muestra de que los obispos controlaban también el
              ejercicio de la función notarial, junto con la organización de las notarías y la
              redacción de la documentación en estas oficinas rurales. Y lo hacían porque muchas de
              estas notarías rurales estaban adscritas a las parroquias.</p>
            <p>Félix Duran Cañameras también citó tres formularios notariales tarraconenses
              conservados en la Biblioteca Pública de Tarragona en 1966, en un momento en que los
              fondos de la biblioteca estaban mezclados con los del Archivo Histórico
                Provincial<note n="5" type="footnote">F. Duran Cañameras, «&#160;Los formularios
                notariales en Cataluña&#160;», en <emph>Anuario de la Academia de doctores del Distrito
                  Universitario de Barcelona</emph>, (1966), p. 15-24.</note>. En este archivo se
              conserva todavía una parte de la serie de protocolos notariales de Tarragona; la otra
              parte está conservada en el archivo diocesano. En los fondos del archivo provincial se
              localiza un formulario notarial con fechas que van desde 1380 hasta 1500<note n="6"
                type="footnote">Tarragona, Archivo Histórico Provincial, Protocolos notariales de
                Tarragona, 6541, ca. 1380-1500. Isabel Companys Ferrerons, <emph>Catàleg dels
                  protocols notarials de Tarragona (1472-1899)</emph>, Barcelona, 2000,
                p. 140.</note>. Y en los fondos de la Biblioteca Pública de Tarragona se conserva un
              volumen misceláneo procedente del Monasterio cisterciense de Santes Creus<note n="7"
                type="footnote">Tarragona, Biblioteca Pública, Ms. 71.</note>. Entre los folios
              152r-174v aparecen copias de documentos del monasterio y algunas fórmulas sueltas que
              no configuran un formulario como tal, aunque deben ser tomadas en consideración en
              cualquier trabajo sobre formularios notariales catalanes. Por lo tanto, entre el
              trabajo de Duran Cañameras y la situación actual solamente se tiene noticia de dos
              formularios y no de tres, tal como apuntaba el autor, conservados además en dos
              instituciones diferentes.</p>
            <p>Todos estos trabajos sirvieron para hacer una pequeña introducción a la cuestión de
              los formularios notariales con motivo de mi tesis doctoral sobre el notariado en
                Tarragona<note n="8" type="footnote">D. Piñol Alabart, <emph>El notariat públic al
                  Camp de Tarragona: història, activitat, escriptura i societat (segles</emph>
                <num>xiii</num>-<num>xiv</num>), Barcelona, 2000, p. 150-155.</note>. Para ello
              retomé las noticias dadas por Sanç Capdevila y por Francesc Xavier Ricomà para
              adentrarme un poco más en los formularios que citaban. Con el repaso a dichos
              formularios pude ampliar algunos datos y citar alguna fórmula concreta con el fin de
              ver la influencia de los formularios en la redacción del instrumento notarial.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Los formularios notariales tarraconenses: ejemplares
              conservados</head>
            <p>Partiendo de los datos apuntados en el apartado anterior nos detenemos ahora
              únicamente en los formularios notariales procedentes de las parroquias tarraconenses.
              Y el análisis pausado nos lleva a un aumento del número de formularios conservados en
              el Archivo Histórico Archidiocesano de Tarragona llegando a un total de 14 ejemplares.
              Se amplía pues la cronología, podemos conocer con más profundidad el contenido de
              dichos formularios y podemos confirmar una vez más cómo la práctica notarial, en
              muchos lugares de la diócesis de Tarragona, estaba en manos de los párrocos. De hecho
              esta es la razón por la que se guardan en el archivo diocesano junto con los archivos
              parroquiales recogidos en tiempos del cardenal Vidal i Barraquer.</p>
            <p>El arco cronológico de estos ejemplares se inicia en época medieval, correspondiendo
              con el momento de implantación del notariado y de la posterior consolidación de esta
              institución, de la evolución de las fórmulas gracias a la incorporación del derecho
              común, del incremento de las tipologías de contratos fruto de la evolución de la
              sociedad bajomedieval… Al lado de estos formularios medievales hemos localizado otros
              de los siglos <num>xv</num> al <num>xvii</num> y que no fueron contemplados en los
              estudios citados. Estos nuevos formularios nos dan indicios de continuidad de las
              fórmulas, la consolidación de las cláusulas jurídicas y la ampliación de la casuística
              contractual. Algunos se han recuperado recientemente después de la revisión a que
              hemos sometido la sección del archivo en la que se conservan. Pero el análisis que
              hemos hecho de todo el conjunto nos lleva a detectar problemas debidos a la particular
              clasificación de los volúmenes.</p>
            <p>A estas deficiencias debemos añadir una cierta confusión a la hora de describir estos
              formularios modernos. Sobre todo porque en esta sección del archivo, el Armario de los
              Códices, no se han realizado actuaciones que busquen mejorar la descripción,
              adecuándola a los parámetros actuales de la Archivística, y se mantienen las antiguas
              signaturas. La descripción, al contrario, sí que se está realizando con los fondos
              parroquiales del archivo, actuación que incluye la digitalización de gran parte de
              dichos fondos.</p>
            <p>Volviendo a las dificultades en la descripción nos consta, por ejemplo, un libro que
              se describe como formulario. No dispone de portada ni cubierta, pero el
                <emph>incipit</emph> ya desvela que no se trata de un formulario: <emph>Incipit
                summa super officio advocaciones in foro ecclesie a bona guida iudicum et iure
                canonici proffessori</emph><note n="9" type="footnote">Tarragona, Archivo
                Histórico Archidiocesano [AHAT], Armario de los Códices, (volum de l'Aleixar),
                s.n.</note>. El análisis del texto, tanto en los aspectos externos como en el
              contenido nos indican que, efectivamente, es un libro de Derecho. Según una pequeña
              inscripción que aparece en el primer folio el libro procede de la parroquia de Sant
              Martí de l'Aleixar, pero no es un formulario.</p>
            <p>En otros casos hay confusión en las signaturas y la descripción archivística ya que
              hay diversos volúmenes con la misma signatura en el mismo Armario de los Códices, pero
              no todos ellos son formularios. Por ejemplo, existe un códice titulado <emph>Patrimoni
                de la Mitra</emph> y otro titulado <emph>Sentència del Priorat de Tarragona</emph>,
              cuyas signaturas son las mismas que dos de los formularios que se trabajan ahora.</p>
            <p>Puesto que el número de formularios es mayor del que nos ofrecían los trabajos
              anteriores y que las cifras pueden variar en función del repaso minucioso del armario
              donde se conservan todos los códices tarraconenses, se ha decidido acotar la
              investigación a los siglos <num>xiii</num> y <num>xiv</num>. Sobre todo porque son los
              siglos de implantación del notariado publico en Tarragona y de la aplicación del nuevo
              sistema de redacción del instrumento notarial según la tradición boloñesa. No obstante
              pensamos que es importante remarcar la necesidad de un estudio pormenorizado de todos
              y cada uno de estos formularios, no únicamente de los medievales, pero aquí y ahora no
              disponemos del espacio suficiente. El estudio debería incluir un análisis comparativo
              de las fórmulas, de su evolución, del orden en que se insertan en cada formulario, de
              la casuística de cada contrato…</p>
            <p>De esta forma se podría llegar al mes de mayo de 1704 cuando fueron impresas en
              Barcelona las constituciones sinodales correspondientes al sínodo diocesano de
              Tarragona celebrado ese mismo año. El sínodo fue convocado por el arzobispo Josep
              Llinàs y los temas tratados fueron los habituales<note n="10" type="footnote"
                  >. <emph>Constitutiones sinodales archidioecesis Tarraconensis, statutae et
                  promulgatae in Sinodo Diocesano quam in sua metropolitana ecclesia celebravit D.
                  D. Fr. Joseph Llinàs, ex regali Ordine Beatissimae Mariae de Mercede redemptionis
                  captivorum, archiepiscopatus Tarraconensis assumptus, Hispaniarum primas,
                  regiusque consiliarius etc.</emph>, Barcelona: Ex Typ. Raphaelis Figueró,
                1704.</note>. Entre las páginas 385 y 440 del volumen se inserta un formulario
              notarial, <emph>Formulae instrumentorum quibus uti debent rectores et alii curam
                animarum regentes civitatis et dioecesis Tarraconensis in conficiendis
                instrumentis</emph><note n="11" type="footnote">Inmediatamente después, en las
                páginas p. 441-448, se insertan unas <emph>Taxes dels salaris, qua han de rebrer los
                  rectors, y regents escrivanias de las iglesias de la Diocesi de Tarragona, dels
                  actes, que en poder seu se farán, fetas, y reformadas per lo Illustrissim y
                  Reverendíssim Señor Don Fr. Joseph Linàs, per la gràcia de Déu y de la Santa Sede
                  Apostolica, Arquebisbe de Tarragona, y del Consell de Sa Magestat,
                etc.</emph></note>. Este ejemplar impreso de las constituciones sinodales se
              conserva junto con los formularios y los demás códices a los que ya hemos aludido.
              Esta recopilación de fórmulas notariales es la continuación de formularios que
              aparecían también en constituciones sinodales y conciliares anteriores, sobre todo en
              la recopilación ordenada por el arzobispo Antonio Agustín en 1581<note n="12"
                type="footnote">J. Bono Huerta, «&#160;Los formularios notariales…&#160;»,
              p. 307.</note>.</p>
            <p>Teniendo en cuenta que los párrocos ejercían de notarios, no solamente en la diócesis
              tarraconense si no también en otras catalanas, en diversos compendios conciliares y
              sinodales se localizan formularios similares. La finalidad de la inserción de estas
              fórmulas en unos libros recopilatorios de las resoluciones de los sínodos diocesanos y
              los concilios provinciales no era única. Por un lado se pretendía que los párrocos
              desarrollaran la función notarial con la debida corrección, habida cuenta que estos
              párrocos no disponían de la suficiente formación jurídica para ofrecer soluciones a
              los casos particulares que les presentaban los usuarios de las escribanías. Por otro
              lado, había la voluntad de que los párrocos cumplieran también con los mandatos
              surgidos de los sínodos y concilio. Para ello tenían la obligación de disponer de un
              ejemplar de las resoluciones en sus archivos, además de que debían leerlas en público,
              sobre todo las del último concilio o sínodo, en las principales fiestas litúrgicas del
              año.</p>
            <p>Ya tenemos constancia de un manuscrito de mediados del siglo <num>xiii</num> que
              recoge las resoluciones del concilio provincial de Lleida de 1229 y en el que se
              incluye un formulario instrumental en los últimos folios<note n="13" type="footnote"
                >. Tomàs Noguer i Musqueras, Josep M. Pons Guri, «&#160;Constitucions sinodals de Girona
                de la primera compilació&#160;», <emph>Annals de l’Institut d’Estudis Gironins</emph>, 18
                (1966), p. 49-212 (7 y 11).</note>. Precisamente por los instrumentos contenidos en
              este formulario se deduce que el manuscrito procede de la comarca del Penedés,
              diócesis de Barcelona, aunque se conserve en el Arxiu Històric Municipal de Barcelona.
              El formulario añadido al final del cuaderno reúne las fórmulas instrumentales más
              habituales en una notaría rural medieval.</p>
            <p>En el ejemplar de las constituciones sinodales de Lleida, impreso en 1691, no
              encontramos ningún formulario, pero sí la indicación de que se añadiera al final de
              dicha recopilación. Así, en el capítulo once del título X de las constituciones se
              dice que, para que los párrocos puedan cumplir con la obligación de la redacción de
              instrumentos notariales, <emph>“se pondrá al fin de estas constituciones un formulario
                de todos los actos que se les pudiere ofrecer, por el qual se rigirán con toda
                atención”</emph><note n="14" type="footnote"><emph>Constitutiones sinodales
                  Ilerdenses in diversis dioecessanis synodis stabilitae &amp; Illustrissimi &amp;
                  Reverendissimi D. Fr. D. Michaelis Hieronymi de Molina</emph>, Lleida: Imprenta de
                  I. Magallon, 1691, p. 134-135. Consulta en línea: <ref target="http://soltorres.udl.cat/handle/10459/2850?show=full">http://soltorres.udl.cat/handle/10459/2850?show=full</ref> [Consulta el 17/ 01/
                2013].</note>. Pero el análisis del libro nos indica que la orden episcopal no se
              cumplió.</p>
            <p>También aparece un <emph>Formulari y breu instrucció per los rectors o curats que han
                de exercir lo Art de Notaria en ses parroquias</emph>, dentro del <emph>Synodi
                Barcinonensis</emph>, 1600, p. 190. Otro en las <emph>Constitutiones
                Barcinonenses</emph>, 1673, p. 337-424, y nuevamente en las <emph>Constitutiones
                Solsona</emph>, 1671, p. 117-148<note n="15" type="footnote">Referencias citadas
                por Henry Kamen, <emph>Cambio cultural y sociedad del Siglo de Oro: Cataluña y
                  Castilla, siglos XVI-XVII</emph>, Madrid, 1998, p. 2.</note>. Incluso en
              territorios eclesiásticos que constituían distritos separados de su diócesis, como el
              caso del abadiato/arciprestazgo de Àger y el Priorato de Meià, adscritos a la diócesis
              de Urgell. En las constituciones sinodales del primer distrito, recopiladas en 1648,
              localizamos fórmulas notariales en unas setenta páginas. Estas fórmulas están
              encabezadas con el título <emph>Fórmules que han d’usar els rectors i d’altres que
                regeixin la cura de les animes a les parròquies i llocs de la diòcesi</emph> (sic)
                <emph>d’Ager, del Principat de Catalunya, quan redactin els instruments que el
                costum els permet fer</emph><note n="16" type="footnote">Enric Moliné, «&#160;Les
                constitucions sinodals d’Àger i Meià&#160;», en <emph>Pedralbes. Revista d’Història
                  Moderna</emph>, 13/2 (1993), p. 163-169.</note>. La mayoría de las fórmulas se
              refieren a los contratos habituales que se redactaban en cualquier notaría rural:
              compraventas, arriendos, censales, testamentos, ápocas, etc. Todas las fórmulas se
              redactan en latín excepto en el caso de los capítulos matrimoniales y en los
              testamentos, que aparecen escritas en catalán. En la recopilación sinodal de 1665, de
              este mismo distrito, se repiten las mismas fórmulas y con los mismos términos. No
              aparecen, en cambio, en la recopilación de Meià de 1659.</p>
            <p>Centrándonos en el caso concreto que nos ocupa debemos decir que la mayoría de
              formularios notariales conservados en el Archivo Histórico Archidiocesano de Tarragona
              proceden de parroquias tarraconenses que tenía adscritas pequeñas notarías rurales,
              excepto algún caso muy concreto. No obstante y como ya se ha sugerido, es posible que
              este número se incremente a raíz de un repaso más exhaustivo de los fondos notariales
              de dicho archivo.</p>
            <p>Enumeramos a continuación los formularios que son objeto de este trabajo: </p>
            <table>
              <row>
                <cell role="label">Referencia<note n="17" type="footnote">Todos los formularios están
                    conservados en el Archivo Histórico Archidiocesano de Tarragona (AHAT), Armario
                    de los Códices. En la referencia insertamos únicamente el archivo y el número
                    actual de descripción que consta en los catálogos.</note></cell>
                <cell role="label">Parroquia de procedencia</cell>
                <cell role="label">Cronología</cell>
                <cell role="label">N. de fórmulas</cell>
              </row>
              <row>
                <cell>AHAT, 22</cell>
                <cell>Albi</cell>
                <cell>finales siglo <num>xiv</num></cell>
                <cell>180</cell>
              </row>
              <row>
                <cell>AHAT, 26</cell>
                <cell>No consta</cell>
                <cell>siglo <num>xiii</num></cell>
                <cell>168</cell>
              </row>
              <row>
                <cell>AHAT, 27</cell>
                <cell>No consta</cell>
                <cell>siglo <num>xiv</num></cell>
                <cell>86</cell>
              </row>
              <row>
                <cell>AHAT, 28</cell>
                <cell>Arbeca</cell>
                <cell>siglo <num>xiv</num></cell>
                <cell>254</cell>
              </row>
              <row>
                <cell>AHAT, 29(1)</cell>
                <cell>El Pont d’Armentera</cell>
                <cell>siglo <num>xiv</num></cell>
                <cell>45</cell>
              </row>
              <row>
                <cell>AHAT, 29(2)</cell>
                <cell>El Pont d’Armentera</cell>
                <cell>siglo <num>xiv</num></cell>
                <cell>58</cell>
              </row>
              <row>
                <cell>AHAT, 29(3)</cell>
                <cell>Ulldemolins</cell>
                <cell>siglo <num>xiv</num></cell>
                <cell>50</cell>
              </row>
              <row>
                <cell>AHAT, 24- 29</cell>
                <cell>Guimerà</cell>
                <cell>finales siglo <name rend="sc">xiv-xv</name></cell>
                <cell>21</cell>
              </row>
            </table>
            <p>Además de estos ocho formularios que se ubican en el arco cronológico objeto de este
              trabajo se localizan en este archivo un formulario procedente de Vallmoll (AHAT, 23),
              otro de Rocafort de Queralt (AHAT, 24) y de Creixell (AHAT, s.n.) todos de finales del
              siglo <num>xv</num> y principios del <num>xvi</num>. Y tres formularios más del siglo
                <num>xvii</num>: uno procedente de Ulldemolins (AHAT, s.n.) y dos de Vimbodí (AHAT,
              25) i (AHAT s.n.). Estos seis formularios no son objeto de análisis en este momento ya
              que presentan algunas cuestiones que nos hacen dejarlos de lado, tanto por cuestiones
              cronológicas como por su procedencia. Por ejemplo, el de Creixell se incorporó al
              Archivo Archidiocesano en 1968, como consta en una nota insertada en su interior, en
              el momento en que esta población pasó a formar parte de la diócesis de Tarragona y los
              fondos parroquiales se llevaron al Archivo tarraconense. Hasta el momento perteneció a
              la de Barcelona, por lo que debemos descartarlo si consideramos únicamente los
              formularios diocesanos tarraconenses en la época medieval.</p>
            <p>Otro formulario problemático es el AHAT, 24. Si bien la información que se dispone en
              este archivo es que procede del fondo notarial de Rocafort de Queralt, el análisis
              detenido de su contenido nos da otras informaciones. Todas las referencias que
              aparecen en él son de la ciudad y diócesis de Valencia, pero bien podría haber sido
              utilizado en esta pequeña notaria parroquial tarraconense aunque no dispongamos de
              datos que nos lo confirmen. Este formulario presenta además unos problemas
              codicológicos que obligan a estudiarlo con más atención. Está completamente
              desencuadernado y con los cuadernos desordenados. Entre éstos hay de diferentes épocas
              y manos, y parece que se incluyen algunos que pueden pertenecer a otros
              formularios.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Procedencia de los formularios notariales</head>
            <p>Entre los ocho formularios que ahora se estudian también surgen problemas de
              procedencia. En la mayoría de ellos, tal como se ha incluido en el listado mencionado
              más arriba, se indica la parroquia de donde proceden. Se hace a través del nombre de
              la parroquia escrito en la carpeta donde se guardan o en la cubierta, datos que se
              incluyeron en el momento de la creación del Archivo diocesano y la incorporación de
              los fondos notariales de las parroquias. Pero no siempre encontramos esta información
              o, en alguna ocasión, aparece un poco confusa. Por ejemplo, en AHAT, 26, no se tiene
              constancia de su procedencia y ésta figura como desconocida tanto en la información
              que se dispone de él como en la ficha de descripción. No se conserva la cubierta
              original y en cambio sí que hay una encuadernación moderna, con pergamino en el lomo y
              con foliación actual en números arábigos y en lápiz. En su interior encontramos
              topónimos como Santa Maria de Avià, en la diócesis de Urgell, o la ciudad de Berga, en
              el Pre-Pirineo catalán, entre otras referencias. Los datos cronológicos insertados en
              su interior sí que confirman su pertenencia al siglo <num>xiii</num>, así como las
              características gráficas de los textos<note n="18" type="footnote">AHAT, 26,
                fol. 10-v, <emph>Anno Domini Mº CCº LXº VIº, IIIº idus iulii.</emph></note>. Es
              posible que perteneciera a alguna escribanía parroquial tarraconense, pero su
              contenido nos da informaciones de zonas alejadas de Tarragona.</p>
            <p>Un caso similar es AHAT, 27, un formulario del siglo <num>xiv</num> con una cubierta
              de pergamino que contiene un texto litúrgico del siglo <num>xi</num>, escrito con
              escritura carolina. Aunque la ficha de descripción no diga nada al respecto de su
              procedencia la lectura de las fórmulas nos da información referente a los prelados
              tarraconense, a la parroquia del pueblo de Vallmoll y parece el nombre de Ramon de
              Comabella, notario de Tarragona del que no hemos localizado ninguna noticia<note
                n="19" type="footnote">AHAT, 27, fol. 47. </note>.</p>
            <p>De la parroquia de Arbeca procede un códice manuscrito, AHAT, 28, que consta como
              formulario. Fue escrito por Guillem Vadell, notario de Mallorca, tal como reza la
              introducción de dicho libro. El autor explica también en los primeros folios la
              estructura del libro, dividido en cuatro libros y cada uno de ellos en diversas
              partes, dando explicaciones jurídicas en cada una de dichas partes que, a su vez,
              engloban las principales tipologías contractuales. De esta manera parece que estamos
              ante un tratado notarial más que de un formulario, pero en el archivo figura entre los
              formularios. Este ejemplar, por sus características e importancia, necesitaría un
              estudio individual, más detallado y, si cabe, con una edición completa. Conserva las
              cubiertas de pergamino, en el interior de las cuales aparecen <emph>probationes
                calami</emph> de <emph>notificationes</emph> – <emph>Noverint universi; Sit omnibus
                notum</emph> – o <emph>salutationes</emph> – <emph>Al molt amat</emph> –. También en
              las hojas de guarda aparecen textos similares, abecedarios y dibujos, siguiendo la
              tónica habitual en los registros notariales de la época<note n="20" type="footnote"
                >. Laureà Pagarolas Sabaté, «&#160;Recull d'anotacions esparses dels protocols medievals
                barcelonins&#160;», en <emph>Estudis sobre història de la institució notarial a Catalunya
                  en honor de Raimon Noguera</emph>, Barcelona, 1988, p. 59-90.</note>. Según se
              observa del análisis codicológico del libro faltaría el último cuaderno, tal como
              indica el reclamo que aparece al final del folio 121v. En este se dice “<emph>Maiorice
                cum intratibus”</emph>, que corresponde a las primeras palabras que deberían
              aparecer en el folio siguiente, tal como sucede en el resto de cuadernos del libro.
              Estos cuadernos guardan el orden de forma correcta y siguen la foliación de la época,
              en números romanos. En el cuaderno que falta deberían de figurar algunas fórmulas que
              no localizamos en otra parte del libro. Por ejemplo no hemos encontrado la fórmula del
              testamento, que era uno de los contratos más habituales que se escrituraban en
              cualquier notaría medieval. Tal vez estuviera escrita en el cuaderno que falta.</p>
            <p>Guillem Vadell, <emph>“notarius et civis Maiorice”</emph>, escribió este formulario,
              conservado en una pequeña escribanía parroquial tarraconense, “<emph>attendens quod
                quidam tabelliones antiqui temporis et presentis quasdam consueverunt in
                instrumentis empcionum et vendicionum et aliorum contractuum apponeri verbositates
                et alia supervacua et inutilia que nullus rerum sequitur aut sequebatur effectus,
                scientesque et atendens quod omnis superfluitas et nimia verbositas reprobantur et
                omnis compendiositas approbatur</emph>”. Antonio Mut apunta que sería necesario
              estudiar este formulario, un verdadero <emph>Ars Notariae</emph>, el manuscrito del
              cual, dice el autor, se conserva en el Archivo Archidiocesano Histórico de
                Tarragona<note n="21" type="footnote">Antonio Mut, «&#160;Tratados y formularios de
                notaría. Mallorca, siglos <num>xv</num> a <num>xix</num>&#160;», en Luz Zaforteza, A.
                Mut, Manuel Oliver, <emph>Tratados de Notaría en el Reino de Mallorca. Facsímil del
                  ’Tractatus’ de Antoni Moll de 1714</emph>, Madrid, 1995, p. 23.</note>. El notario
              Vadell está documentado en Mallorca entre 1298-1318<note n="22" type="footnote">M.
                Carme Coll Font, «&#160;Els signes i les subscripcions dels notaris mallorquins al segle
                  <num>xiii</num>&#160;», en <emph>Memòries de la Reial Acadèmia Mallorquina d’Estudis
                  Genealògics, Heràldics i Històrics</emph>, 13 (2003), p. 37-62, p. 41.</note> y
              consta como “autor de un interesante tratado sobre el arte notarial – <emph>La
                Vedellina</emph> –, que puede ser identificado con un jurisperito del mismo nombre
              que actuó como asesor de las curias en el primer cuarto del siglo <num>xiv</num>”<note
                n="23" type="footnote">Antonio Planas Rosselló, «&#160;La condición estamental de los
                notarios en la Mallorca del Antiguo Régimen&#160;», en <emph>Memòries de la Reial
                  Acadèmia Mallorquina d’Estudis Genealògics, Heràldics i Històrics</emph>, 14
                (2004), p. 71-91, p. 82, nota 34.</note>. El tratado redactado por Vadell se
              localiza en inventarios de notarios y juristas mallorquines<note n="24"
                type="footnote">Id., «&#160;El notariado en la Mallorca del siglo <num>xiii</num>&#160;», en
                  <emph>Memòries de la Reial Acadèmia Mallorquina d’Estudis Genealògics, Heràldics i
                  Històrics</emph>, 13 (2003), p. 7-36, p. 31.</note>. Y también lo localizamos
              entre los libros pertenecientes al notario tarraconense Pere Sabater, notario público
              de la ciudad y escribano municipal. El inventario de sus bienes es del 7 de febrero de
              1439 y el libro en cuestión aparece referenciado como <emph>La Vedelma</emph>, y es
              inventariado junto con una <emph>Dictamina magistri Laurencii</emph>, entre otros 80
              libros más<note n="25" type="footnote">D. Piñol Alabart, «&#160;Pere Sabater, notari de
                Tarragona i lletrat (segle <num>xv</num>)&#160;», en <emph>Estudis Històrics i Documents
                  dels Arxius de Protocols</emph>, 17 (1999), p. 125-152, p. 150.</note>.</p>
            <p>Otros formularios presentan también cierta confusión a pesar de que en las cubiertas
              o en las carpetas en que se conservan aparezca el nombre de la parroquia. Por ejemplo
              los dos formularios de la parroquia de El Pont d’Armentera aparecen como ejemplares
              separados pero algunos indicios codicológicos nos llevan a pensar que se trata de un
              solo volumen. Y el formulario de Guimerà lleva la signatura 24-29 que coincide con las
              signaturas de otros formularios con los cuales nada tiene que ver.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Formularios y práctica notarial</head>
            <div>
              <head type="h2">IV.1. Las escribanías parroquiales</head>
              <p>Para adentrarnos en este apartado debemos partir de una pregunta: ¿Por qué se
                conservan formularios notariales procedentes de parroquias? Esta pregunta se podría
                hacer extensiva a los registros notariales que se conservan en el Archivo Histórico
                Archidiocesano de Tarragona y que fueron generados en las notarías que pertenecían a
                las parroquias. La respuesta nos lleva a pensar que este hecho se debe al papel que
                juegan estas notarías parroquiales en el desarrollo e implantación de la institución
                notarial en la Baja Edad Media, sobre todo en el ámbito rural. Los párrocos eran
                nombrados también como notarios y regentaban las notarías rurales o escribanías
                comunas, que es el nombre que reciben estas oficinas en la época. Precisamente José
                Bono explica que en la diócesis de Tarragona los notarios eran nombrados por la
                  Iglesia<note n="26" type="footnote">J. Bono Huerta, <emph>Historia del Derecho
                    Notarial Español</emph>, t. I/2, Madrid, 1982, p. 135-138.</note>.</p>
              <p>Cuando se producía una colación o nombramiento parroquial, se adjuntaba la toma de
                posesión de la escribanía local. Los párrocos tenían el título de notario público y
                actuaban como tales o delegaban la función notarial a los vicarios o a notarios
                laicos que lo eran por autoridad regia. Estos podían recibir las escribanías a
                través de un contrato de arrendamiento, generalmente anual. Los arrendatarios
                cobraban los aranceles y pasaban cuentas con el titular de la notaría, que siempre
                era el párroco. Este, en el caso que fuera él quien actuara de notario, suscribía
                los contratos como <emph>rector et notarius.</emph> Estas evidencias las encontramos
                en las subscripciones que validan los instrumentos en pergamino, en los contratos de
                arrendamiento de las escribanías insertados en los protocolos notariales<note n="27"
                  type="footnote">D. Piñol Alabart, <emph>El notariat públic…</emph>,
                  p. 119-138.</note> , o como en el caso que nos ocupa, en los mismos
                formularios.</p>
              <p>Noticias de este tipo se localizan también en las diligencias de apertura de los
                libros notariales, en las que se indica siempre la autoridad por la que actúa el
                notario, quién es el usufructuario de la escribanía, quién el arrendatario, etc. Un
                ejemplo lo encontramos en AHAT 29(1), en el fragmento de cubierta que se conserva,
                con la noticia: “<emph>In presencia mei, Guillelmi Fontana, vicarius et notarius
                  publicus</emph>”. Y en la parte interior de esta misma cubierta, además de
                diversas anotaciones ilegibles aparece un ensayo de suscripción, sin el signo, pero
                con información importante a destacar: <emph>“Sig(+)num mei, Berengarii Sancii,
                  vicarii et notarii publici loci de Rupe Fortis pro venerabilis</emph> (sic)
                  <emph>Bernardo de Matagalls, rectorem</emph> (sic) <emph>eiusdem loci, qui hoc
                  scripsi et clausi</emph>”. Este tipo de anotaciones son habituales en los las
                encontramos también en el interior de los formularios, ya sea con nombres concretos:
                  “<emph>Berengarii Sancii, notari publici de Capre pro venerabili Bernardo de Monte
                  Acuto, rectore eiusdem loci</emph>”<note n="28" type="footnote">AHAT, 29(2),
                  fol. 5v.</note>. Bernat de Montagut consta como notario y párroco de la parroquia
                de El Pont d'Armentera, o al menos es autor de dos registros notariales entre 1371 y
                  1375<note n="29" type="footnote">AHAT, Protocols notarials Pont d'Armentera,
                  vols. 8 y 9.</note>. También aparecen referencias a los párrocos notarios con la
                nomenclatura propia de los formularios que indican los nombres propios con el
                acostumbrado <emph>Talis: “Ego Talis, notarii publici de Prati, pro venerabili
                  domino Talis, rectorem dicti loci qui hoc translatum scripsi</emph>”<note n="30"
                  type="footnote">AHAT, 29(3), fol. 7.</note>.</p>
              <p>A la vista de estas referencias y otras similares que se localizan en muchas
                fórmulas podemos concluir que estos formularios tenían una estrecha relación con las
                notarías parroquiales. Seguramente que podían ser confeccionados en éstas,
                incorporando ejemplos procedentes de la realidad cotidiana de las escribanías. De
                hecho, un análisis detenido de las fórmulas, nos indica nombres y topónimos propios
                de los lugares de donde proceden los formularios, aunque sean de zonas alejadas de
                la diócesis tarraconense, como se ha visto.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">IV.2. Usos y continuidad de los formularios</head>
              <p>En segundo lugar los formularios nos demuestran también un uso continuado de los
                mismos, no solamente para la época en que fueron elaborados sino también para las
                posteriores. Los que ahora se analizan están todos escritos con escritura gótica de
                tipo notular que no difiere en nada de la escritura de los registros notariales.
                Ciertamente que se trata de una escritura con un <emph>ductus</emph> menos cursivo
                que la presente en los registros notariales puesto que la naturaleza de éstos es
                diferente de la de los formularios. Los registros recogen redacciones previas a la
                redacción <emph>in mundum</emph> de los contratos; en cambio, los formularios se
                generan con una voluntad de conservación en el tiempo. Ello hace que la escritura
                sea más legible aunque siempre dentro de los cánones de la grafía propia del ámbito
                notarial. La continuidad viene determinada también por las diferentes manos en su
                factura.</p>
              <p>Debemos pensar que un formulario confeccionado en una escribanía rural se redacta
                con la intención de servir para un momento y un tiempo concreto, con una casuística
                contractual propia de una época. El notario o la persona que redacta un formulario
                utiliza ejemplos de contratos ya realizados y lo hace con la intención de servir
                para futuros notarios y para que éstos realicen la documentación siempre con los
                mismo términos jurídicos. Pero el formulario permanece en la notaría, los notarios
                pasan y la sociedad cambia con el tiempo. De esta manera aparecen nuevas necesidades
                contractuales a las que los notarios deben dar respuesta. Y las fórmulas, para
                garantizar su validez jurídica, deben ser fijadas. Estos cambios se reflejan en la
                inserción de nuevas fórmulas en épocas posteriores a la de la primera redacción de
                un formulario. Así en todos los formularios podemos individualizar diversas manos
                que muestran este uso prolongado y una incorporación de fórmulas continua, excepto
                en el tratado mallorquín de Guillem Vadell. También observamos, sobre todo en los
                últimos folios, fórmulas redactadas con caracteres humanísticos, otro indicio de
                esta continuidad.</p>
              <p>En todos ellos encontramos <emph>probationes calami</emph> y pruebas de escritura
                con grafías de tipo humanístico que se alejan de los modelos medievales con que
                fueron redactados los formularios. Aparecen tanto en las cubiertas de pergamino que
                se han conservado o en el interior de éstas y generalmente son fragmentos de
                fórmulas habituales en los instrumentos notariales: <emph>Sit notum cunctis;
                  Noverint universi…</emph> Son <emph>notificationes</emph> u otras partes del tenor
                documental. Incluso encontramos fragmentos procedentes de los libros bíblicos, de
                los libros litúrgicos o de libros devocionales que no difieren demasiado de textos
                que podemos encontrar intercalados entre los instrumentos insertados en los
                registros notariales o en las cubiertas de éstos<note n="31" type="footnote"
                  >. Laureà Pagarolas, «&#160;Recull d’anotacions espares…&#160;».</note>. Entre uno de los
                formularios que trabajamos ahora también se localizan algunas fórmulas que no son
                propias del ámbito notarial. Nos referimos a ensayos de fórmulas más propias del
                género epistolar: “<emph>Al molt amat e car iermà, la present és per avisar-vos com
                  estich m.</emph> (sic)”<note n="32" type="footnote">AHAT, 22, fol. 75. En el
                  fol. 112v aparece una fórmula similar con una grafía diferente.</note>; <emph>"a
                  vós señor Anthoni Giner"</emph>, ésta última como una frase suelta, inacabada, que
                no forma parte de ningún instrumento ni de ninguna carta<note n="33" type="footnote"
                  >. AHAT, 27, fol. 52.</note>.</p>
              <p>Finalmente el uso continuado por parte de las escribanías queda demostrado también
                por la presencia de otros escritos completamente ajenos a las fórmulas jurídicas. Me
                refiero al uso que se podía hacer de estos formularios como libros para anotar
                cuentas o noticias, tal como solía suceder en los registros notariales. El
                formulario AHAT, 27, es del siglo <num>xiv</num> pero hacia la mitad del formulario
                (fol. 53-56) se insertan cuentas de ventas de mulas, con fechas del año 1524. Más
                adelante aparece la fecha del 23 de mayo de 1534 acompañando cuentas y textos
                similares como éste: “<emph>Mamòria sie a mi Anthoni Nort com afirmí Peyrot a pastor
                  de XXIII de maig any M C XX IIII preu de soldada permés onze sous y sis dinés,
                  dich XI sous VI dinés, pagats</emph>”, con las anotaciones de los gastos generados
                por el trabajo de un pastor. No sabemos por qué aparecen estos textos dentro de un
                formulario, ni quiénes son sus autores, excepto el del último texto del cual nos
                dice el nombre y es autógrafo. No sabemos si las cuentas en cuestión tienen que ver
                con las actividades de la parroquia o de la notaría. O podemos aventurar que estas
                anotaciones fueron escritas por alguien en manos del cual estaba el formulario, que
                ya había caído en desuso. Este formulario, además, está encuadernado con un
                pergamino procedente de un misal del siglo <num>xi</num>, con una escritura carolina
                libraria y con algunas de sus letras escritas con tinta de color rojo. Desconocemos
                la procedencia del folio del misal, y su lectura es complicada por la deficiente
                conservación, aunque se pueden leer las frases iniciales del prefacio de la misa –
                  <emph>Dominus vobiscum. Et cum spiritu tuo. Sursum corda</emph> –. Estas palabras
                nos indican que se trata de un libro litúrgico para la celebración eucarística, no
                un texto bíblico o de otro tipo.</p>
              <p>La presencia de anotaciones como las que encontramos en este último formulario es
                muy habitual en otro género de libros como son las llamadas <emph>llibretes de
                  pagès</emph> o también <emph>llibres de família</emph><note n="34" type="footnote"
                  >. Xavier Torres, <emph>Els llibres de família de pagès. Memòries de pagès,
                    memòries de mas (segles</emph>
                  <num>xvi</num>-<num>xviii</num>), Girona, 2000, p. 67-74.</note>. Pero la razón de
                ser de los libros de familia es servir para la gestión de las cosechas, de las
                cuentas y sirven para conservar y fijar la memoria de la vida cotidiana y familiar.
                No es la razón de los formularios, pero es evidente que se aprovechan unos folios en
                blanco para insertar unas notas económicas ajenas al formulario. ¿Podemos hablar de
                continuidad o más bien de la intención de otorgar un nuevo uso a un espacio gráfico
                inaprovechado dentro de un formulario que tal vez había caído en desuso.</p>
              <p>El formulario en cuestión, el número 27, podría proceder de la parroquia de
                Vallmoll puesto que hay muchas referencias a esta población. De esta parroquia sí
                que hay constancia de otro formulario del siglo <num>xvii</num><note n="35"
                  type="footnote">AHAT, 23.</note>. Este formulario, que ahora no trabajamos,
                presenta unos folios iniciales cosidos que parecen ser un índice. Pero la grafía del
                siglo <num>xv</num> ya nos delata que no se trata del índice del formulario, dato
                que confirmamos porque el orden de las fórmulas no coincide con el orden que aparece
                en el interior del libro. Este segundo formulario podría ser el sustituto del
                anterior, que habría caído en desuso, pero es una hipótesis que no podemos confirmar
                puesto que las fórmulas en ambos formularios no aparecen en el mismo orden, no son
                las mismas, la grafía es completamente diferente, los topónimos no coinciden y la
                cronología de ambos se solapa en algunos instrumentos.</p>
              <p>En relación a esta cuestión de la aparición de un índice cabe de decir que tenemos
                un caso similar al que se acaba de exponer. Entre los primeros folios del formulario
                AHAT 29(2) se inserta un listado que bien podría ser un índice, aunque no se indican
                los folios donde se redactan las fórmulas en el interior del libro. A pesar de ello
                la disposición de los títulos de los contratos en las listas coincide con el orden
                dentro del formulario. El listado viene indicado por un título fijado en la parte
                superior del folio: <emph>"Incipit tabula istòries instrumentorum quolibet ad suum
                  compotum per ffolias ut sequitur de inde"</emph><note n="36" type="footnote"
                  >. AHAT, 29(2), fol. 1-2.</note>. Pero este listado también es una muestra de
                continuidad en el uso del formulario puesto que el elenco de fórmulas no se
                actualizó. El número de fórmulas presentes en el libro es superior al que aparece en
                el listado, lo cual nos indica que éste no se actualizó. La grafía de esta tabla es
                siempre la misma y coincide con las primeras manos del formulario. Esto mismo sucede
                en los otros formularios que también tienen esta especie de índice, con la misma
                cuestión relacionada con la grafía y la falta de actualización de la tabla de
                fórmulas.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">IV.3. Formularios y sociedad</head>
              <p>En tercer lugar los formularios notariales nos demuestran cómo las escribanías
                parroquiales aportan soluciones jurídicas a los nuevos planteamientos contractuales
                que se presentaban cotidianamente. Los formularios reflejan la realidad económica y
                social de la Baja Edad Media, al menos en un ámbito rural ya que todos los
                formularios presentados pertenecen a este ámbito. Conforme van surgiendo nuevas
                realidades se reflejan en la incorporación de nuevas fórmulas en cada uno de los
                libros estudiados. Las fórmulas contenidas en todos ellos recogen contratos propios
                de la época: comandas, contratos enfitéuticos, contratos de compraventa, contratos
                de derecho matrimonial, testamentos… Pero los notarios siempre aportan soluciones
                jurídicas a cualquier problema que pueda surgir en cada momento. Incluso podemos
                afirmar que incorporan a sus formularios cuestiones que la sociedad ya pone en
                práctica de antemano y lo único que hacen los notarios es dotarlos del carácter
                jurídico necesario para su validez.</p>
              <p>En consecuencia la casuística se amplía en los formularios y se multiplica en el
                momento en que, de cada tipología documental, se añaden diversos casos concretos con
                su vocabulario jurídico concreto y las cláusulas adecuadas. A la vista de
                situaciones como la que acabamos de esbozar se ha llegado a hablar de que el notario
                es producto de la sociedad, como afirma José Bono a lo largo de su obra sobre el
                notariado español<note n="37" type="footnote"><emph>Cfr.</emph> J. Bono, <emph>El
                    notariado como creación de la sociedad y su adecuación a las necesidades
                    sociales. Indicaciones Históricas</emph> (ejemplar mecanografiado). Id.,
                    <emph>Historia del Derecho Notarial Español</emph>, Madrid, 1979-1982, 2
                  vols.</note>. También Ramon Josep Puchades afirma, en un artículo sobre el
                notariado valenciano, que el notario es el árbitro de la sociedad bajomedieval. El
                notariado, como institución, ayuda a configurar la sociedad en los últimos siglos
                medievales desde el devenir cotidiano haciendo que una parte importante de la
                población participe del renacer jurídico; y el notariado participa del desarrollo
                económico y los cambios que se producen en estos siglos<note n="38" type="footnote"
                  >. Ramon Josep Puchades, «&#160;El notari valencià baixmedieval: exemple de la posició
                  i percepció social de la professió notarial en l'occident mediterrani dels segles
                    <num>xiii</num>, <num>xiv</num> i <num>xv</num>&#160;», en <emph>Estudis Històrics i
                    Documents dels Arxius de Protocols</emph>, XVI (1998), p. 87-122. Ver también
                  Sebastià Solé, Pere Verdés, «&#160;L’aportació dels notaris a la societat catalana en
                  els camps del dret, de la història, la literatura i la política&#160;», en <emph>Actes
                    del I Congrés d’Història del Notariat Català</emph>, Barcelona, 1994,
                  p. 11-130.</note>. No son afirmaciones nuevas puesto que ya las encontramos en el
                libro de Giorgio Costamagna sobre el notario genovés, un personaje que se pone al
                servicio de la sociedad ligur bajomedieval y que redacta los instrumentos en el
                mismo puerto<note n="39" type="footnote">G. Costamagna, <emph>Il notaio a Genova
                    tra prestigio e potere</emph>, Roma, 1970.</note>. Los registros notariales son
                reflejo de la sociedad, afirmación que podemos hacer extensiva a los formularios.
                Unos y otros se complementan; unos y otros son modelos a seguir. De esta manera las
                fórmulas se adaptan a cada momento y a cada circunstancia, siendo un buen ejemplo
                los contratos notariales relacionados con el ámbito comercial, presente también en
                los formularios como modelo y en los registros como ejemplo<note n="40"
                  type="footnote">Ignasi Baiges, D. Piñol, «&#160;Notariat, comerç i cultura escrita a
                  la Catalunya Nova (segles <num>xiii</num>-<num>xv</num>)&#160;», en <num>xviii</num>
                  <emph>Congrés d'Història de la Corona d'Aragó. La Mediterrània de la Corona
                    d'Aragó, segles</emph>
                  <num>xiii</num>-<num>xvi</num>, València, 2005, p. 1825-1838.</note>.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">V. Análisis de las fórmulas</head>
            <p>Un repaso general a todos los formularios nos lleva a ver una gran disparidad en el
              número de fórmulas contenidas en cada uno de ellos. Entre el tratado de Guillem
              Vadell, con 254 y el formulario procedente de Guimerà , con 21 fórmulas, hay una
              notable diferencia. Ciertamente que este último formulario parece muy fragmentado
              puesto que está formado por cuadernos descosidos, incompletos y en mal estado.</p>
            <p>Una primera conclusión que se puede extraer del análisis de los formularios es que
              ninguno de los que hemos revisado sitúa las fórmulas en el mismo orden. Otra
              consideración es que no tienen todos las mismas fórmulas aunque sí que contienen las
              más habituales, que serían las relacionadas con el derecho de sucesión y la
              transmisión de bienes. La disposición de las fórmulas en el espacio gráfico sigue un
              patrón similar en todos los casos. Es habitual la presencia de márgenes más o menos
              amplios y marcados con líneas verticales, así como una separación bien definida entre
              los instrumentos, un espacio que es ocupado en general por una o dos líneas
              horizontales, tal y como sucede en un gran número de registros notariales
              tarraconenses de los siglos medievales<note n="41" type="footnote">AHAT, 29 (3). Hay
                dos líneas horizontales como separación entre las que se encuentra el título de la
                fórmula.</note>. También es normal encontrar el título de la fórmula en el centro
              del folio y antes del correspondiente modelo<note n="42" type="footnote">AHAT, 29
                (1).</note>. Incluso este título aparece remarcado con algún tipo de decoración que
              lo hace destacar aún más, ya sea mediante una forma más o menos circular <note n="43"
                type="footnote">AHAT, 26.</note> o una línea subrayando las grafías<note n="44"
                type="footnote">AHAT, 29(3).</note>.</p>
            <p>Al inicio de las fórmulas es frecuente encontrar un calderón, a menudo, de color
              rojo, con una tinta más oscura o con un trazo más grueso que hace diferenciarlo del
              resto de grafías de la fórmula que abren. Es usual también que la primera palabra de
              la fórmula (<emph>Quod, ego, Quoniam…</emph>) siga las mismas características de los
              calderones a que acabamos de referirnos. También es posible encontrar en algunas
              fórmulas letras góticas capitales escrita con tinta roja – la S de <emph>Sit omnibus
                notum</emph>; la N de <emph>Noverint universi</emph>; la Q de <emph>Quoniam
                nullus</emph>… – y con un módulo más grande, que introducen el texto del
              instrumento. De esta manera se refuerza aún más el <emph>incipit</emph> de cada
              fórmula con el objetivo de evitar la confusión al usuario del formulario y facilitar
              la localización del modelo adecuado a la redacción de cada instrumento notarial.</p>
            <p>En todos los formularios, y según se ha podido observar en el cuadro insertado más
              arriba, las fórmulas varían en número. De cada fórmula se introducen diferentes
              modelos, con variantes que se refieren a la tipología de los bienes transmitidos, por
              ejemplo, en una venta. Se diferencian los bienes muebles de los inmuebles, y entre
              éstos las casas, patios, tierras… Veámoslo en el formulario más antiguo de todos los
              de la colección que presentamos, AHAT, 26. De las 168 fórmulas que contiene muchas de
              ellas son concreciones casuísticas de tipos contractuales. En un principio constan
              tres diferentes modalidades de ventas con unos bienes transmitidos: tierras, mansos y
              casas. Una de las fórmulas de venta de casas, en la <emph>dispositio</emph> de la
              fórmula de venta de casas – en plural <emph>de vendicione domorum</emph>, dice:
                <emph>vendo e trado et cum hoc publico instrumento perpetuo valituro tibi ille et
                tuis in perpetuo et cui volueris illas meas domos quos habemus et havere debemos in
                tali loco…</emph><note n="45" type="footnote">AJAT, 26, fol. 39v-40.</note>. Pero
              conforme van avanzando los folios del formulario, se incorporan otros casos:
                <emph>tascha, census gallinis, expletorum ad terris, molendini, mansi cum
                condicione, mansi per manumissoribus, mansi, terre pro manumissoribus, mansi pro
                alodio, castri pro alodio, domorum per manumissoribus, terre, expletorum ad certum
                tempus, domorum….</emph> En este formulario no aparecen todos estos casos de forma
              seguida si no que se alternan con otras tipologías. Probablemente el formulario el
              formulario se fue confeccionando a medida que iban surgiendo los diversos contratos
              con sus problemas concretos y con el aumento del uso de cláusulas.</p>
            <p>En otro caso, por seguir con un ejemplo claro de esta diversidad casuística,
              encontramos cuatro fórmulas no consecutivas de reconocimiento de deuda diferentes.
              Antes de las fórmulas, como suele ser en todos los formularios, aparece el título del
              modelo encabezada por el sustantivo <emph>instrumentum</emph>: <emph>debiti simplicis
                racione mutui; debiti cum fideiussore et pena tercii; debiti cum renunciacione
                gracie elongacionis; debiti cum hostagio</emph><note n="46" type="footnote">AHAT,
                22.</note>. Para que no haya duda del tipo de deuda y de creditor, en un caso
              conreto localizamos un instrumento de débito de judíos – <emph>de debito
                iudeorum</emph> –<note n="47" type="footnote">AHAT, 26, fol. 95-96v.</note>.</p>
            <p>Otro tipo documental del que aparecen diversos casos es el de la comanda y los
              diferentes modelos van acompañados de las correspondientes ápocas. En uno de ellos se
              especifica que es comanda pura – <emph>Instrumentum comande pure</emph> – y en otro
              caso es la comanda para <emph>“quandam asinam de pilo nigro et quendam bovem de pilo
                virmilio, etiam tres porcos albos que quidem omnia sunt extimenta valent inter nos
                et vos comuni extimacioni tot solidos monete barcinonense de terno“</emph><note
                n="48" type="footnote">AHAT, 22, fol. 12v.</note>. El dispositivo de estos casos
              aparece con abreviaturas en suspensión – <emph>recognosco me tenere in co. pu. sive
                deposito</emph> – con las mismas características que las que encontramos en los
              registros notariales de la época<note n="49" type="footnote">D. Piñol, «&#160;Las
                abreviaturas en los manuales notariales: el caso del <emph>Camp de Tarragona</emph>
                en el siglo <num>xiii</num>&#160;», en Maurilio Pérez (coord.), <emph>Actas del II
                  Congreso hispánico de Latín Medieval</emph>, León, 1998, vol. II,
                p. 757-768.</note>.</p>
            <p>Otra de las cuestiones a considerar es que las fórmulas se adaptan a cada lugar ya
              que, comparando diversas fórmulas encontramos variaciones locales y concretas en cada
              uno de los formularios. Si bien se mantiene la esencia de cada uno de los contratos y
              la estructura, algunos aspectos varían entre unos y otros. Un ejemplo claro de ello lo
              encontramos en los testamentos con ligeras variantes en la <emph>expositio</emph>
              sobre la fórmula habitual, incorporando en alguna ocasión la invocación verbal o una
              notificación: <emph>“Quoniam nullus in carne positus mortis evadere potest
                corporalem”</emph><note n="50" type="footnote">AHAT, 26, fol. 6v-7.</note>;
                “<emph>In Christi nomine Amen, et eius genitricis Beatissime Virginis Marie Amen.
                Sit omnibus manifestum quod cum omnia mundana sint transitoria atque labilia
                nullusque in carne possitus morti periculum evadere possit”</emph><note n="51"
                type="footnote">AHAT, 27, s. fol.</note>.</p>
            <p>Esta tónica la siguen los demás formularios que incluyen las tipologías contractuales
              habituales seguidas de todas las posibilidades y casos que se puedan dar. Pero todos
              lo hacen de forma desordenada excepto el tratado de Guillem Vadell, el único
              formulario en el que nos consta su autoría de forma explícita. Vadell reúne en primer
              lugar las fórmulas de las ventas, incluyendo más de 80 posibilidades dentro de estos
              contratos. También en las permutas aparecen más de 40 posibilidades contractuales,
              cada una con sus fórmulas y cláusulas específicas, junto con el vocabulario adecuado,
              propio de un tratadista que domina el lenguaje jurídico. Es más, Vadell incluye la
              fórmula del alquiler de libros y los ejemplos que inserta en la fórmula se concretan
              en el <emph>“Digestum Novum vel Vetus, vel Infortiatum vel Codicem Domini Iustiniani
                scriptum de llittera grossa in cartis cum apparatu domini Accursii</emph>…”<note
                n="52" type="footnote">AHAT, 28, fol. 56.</note>.</p>
            <p>Estos elementos demuestran un conocimiento de la literatura jurídica, cuestión nada
              extraña tratándose de un notario que fue asesor curial y autor de un <emph>Ars
                Notariae</emph> más que de un formulario. También aparece especificado el título del
              libro en el caso de la fórmula de venta de libros en el formulario de Albi, de finales
              del siglo <num>xiv</num>. Se trata de un ejemplar de las Decretales, cuyo nombre
              aparece en catalán entre el resto de vocablos en latín – <emph>quendam librum vocatum
                Decretals.</emph> La fórmula es tan completa que incluso inserta el
                <emph>incipit</emph>: <emph>“Et incipit dictus libri</emph> (sic) <emph>in secundo
                folio primi quaterni ipsius libri sit pro precio autem huiusmodi vendicionis
                confiteor me habuisse et recepisse a vobis numerando</emph><note n="53"
                type="footnote">Tachado.</note>, <emph>quingentos solidos monete barchinonense de
                terno scienter de quibus renuncio excepcioni peccunie non numerate et non
                recepte</emph>…”<note n="54" type="footnote">AHAT, 22, fol. 25.</note>. La
              precisión de este texto y la minuciosidad con que se explica el tipo de libro nos
              indica también que el libro era conocido por el notario que redactó la fórmula y que
              es posible que lo hubiera, incluso, poseído.</p>
            <p>Al contrario, el detallismo en la nomenclatura del códice objeto del contrato
              jurídico no la vemos en la fórmula de depósito de libros del formulario del siglo
                <num>xiii</num><note n="55" type="footnote">AHAT, 26, fol. 9v-10.</note>. En dicha
              fórmula no se dice ni el título ni el autor, simplemente aparece la palabra
                “<emph>quendam codicem”.</emph></p>
            <p>Otras fórmulas a considerar son las de las relacionadas con la enfiteusis, figura
              jurídica romana que se recupera con el renacimiento del derecho en el siglo
                <num>xiii</num> y que va consolidando su estructura diplomática y jurídica a lo
              largo de los siglos bajomedievales. No obstante lo que no encontramos es la palabra
              enfiteusis hasta bien entrado el siglo <num>xv</num> o, en otros formularios, hasta el
              siglo <num>xvi</num>. La fórmula incluye el dispositivo <emph>dono et stabilio / damus
                et stabilimus</emph> pero no se especifica <emph>in emphiteosim</emph> hasta más
              adelante. En cualquier caso la fórmula demuestra la introducción del derecho romano en
              la práctica notarial en el ámbito rural y un conocimiento claro de esta figura
              jurídica por parte de los notarios/párrocos tarraconenses. La evolución de la fórmula
              y la casuística jurídica se observa en los formularios que incorporan todas las
              posibilidades en torno a todos los inmuebles que pueden ser objeto de establecimientos
              enfitéuticos: casas, molinos, solares para construir, huertos, talleres, tierras (se
              subdividen éstas por tipologías según los cultivos o según la superficie –
                <emph>peciam, fexiam, trocium…</emph>–), mansos, dehesas… Estos tipos de inmuebles
              son similares a los referidos a las compraventas, a los que habría que añadir los
              bienes muebles y los animales y personas (esclavos). Todos los contratos enfitéuticos
              incorporan además diversas posibilidades según sean los otorgantes (uno o varios) o si
              estos van acompañados de sus cónyuges (marido con esposa). Y lo hacen con
              explicaciones que el notario deberá de incorporar después al redactado <emph>in
                mundum</emph> del contrato, explicaciones que siempre se redactan igual: “<emph>Si
                uxor firmavit in estabilimento</emph>…”<note n="56" type="footnote">AHAT, 26,
                fol. 72v.</note>. Los contratos enfitéuticos incorporan entre sus cláusulas las
              diversas posibilidades de señorío eminente que puede haber en cada zona en la que han
              estado confeccionados, pero lo hacen con la expresión “<emph>Salva fidelitate domino
                talis…”</emph> sin especificar si es el arzobispo, el rey u otro señor. Será en los
              registros donde se concretará el nombre de este señor.</p>
            <p>Todas las fórmulas del conjunto de los formularios aparecen en latín, como es
              habitual en los registros notariales catalanes hasta el siglo <num>xviii</num>.
              Únicamente encontramos alguna palabra en catalán en los inventarios o en algún
              testamento, pero en general están siempre en latín. Las fórmulas no acostumbran a
              estar abreviadas ni las cláusulas etceteradas, aunque no podemos extraer una
              conclusión general al respecto.</p>
            <p>En los formularios es difícil encontrar nombres propios entre los nombres de los
              otorgantes de los contratos ya que siempre aparece la palabra <emph>Talis</emph>, en
              ocasiones abreviada con la sigla <emph>T.</emph>, pero hay ocasiones en las que el
                <emph>talis</emph> va acompañado por algún cargo o algún dato de filiación:
                <emph>“Quod ego, Talis, rectore ecclesie Sancte Marie de tali loco”</emph>
              <note n="57" type="footnote">AHAT, 26, fol. 5v.</note>; “<emph>Item vendimus vobis
                Tali, habitatori de tali loco et vestris”</emph><note n="58" type="footnote">AHAT,
                27, s. fol. En una fórmula de venta de un esclavo.</note>. Cuando aparecen nombres
              propios junto con su procedencia es normal que se refieran a al lugar de donde
              supuestamente procede el formulario: “<emph>Quod ego, Bernardus Senzor, habitator de
                Ponte Armentarie, barbitunsor”</emph>
              <note n="59" type="footnote">AHAT, 29(3), fol. 1v.</note>; “<emph>Quod ego, Petrus
                de Bages, presbiter de Monteolivo, diocesis Vicencis, procurator constitutus
                venerabilis et discreto Thome Pastoris, rectorem Ville Rotunde ac canonicus
                Vicencsi</emph>”<note n="60" type="footnote">AHAT, 29(1), fol. 30v-31.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusión</head>
            <p>Hasta el momento me he referido a formularios notariales que proceden de unas pocas
              notarías parroquiales de la diócesis de Tarragona y que son los que se conservan. Pero
              tal como se ha dicho al inicio de este texto, en el Archivo Histórico de Tarragona se
              localiza un formulario datado en el 1380. El análisis detallado de este ejemplar nos
              lleva a ver algunas cuestiones que nos sirven para concluir este artículo. En primer
              lugar parece que no procede de una notaría parroquial, de una escribanía comuna de
              tipo rural. Forma parte de la colección de registros notariales del Archivo que fueron
              generados en la escribanía comuna de la ciudad de Tarragona. Esta notaría era a la que
              acudían los vecinos de la ciudad a escriturar sus contratos, y era la única, aunque en
              la ciudad había otras escribanías: la del oficialato de la diócesis, la del
                <emph>veguer</emph> real o del v<emph>eguer arzobispal</emph>, o la del
                <emph>Consell Municipal</emph><note n="61" type="footnote">D. Piñol Alabart,
                  <emph>El notariat públic…</emph>, p. 138-141.</note>.</p>
            <p>La escribanía comuna era propiedad del arzobispo y tenía el monopolio de la
              escrituración en la ciudad, al menos en la Edad Media. No era una notaría adscrita a
              una parroquia y el notario que la regentaba tenía que ser notario público por
              autoridad real pero el nombramiento de notario de Tarragona le venía de manos del
              arzobispo. El caso era diferente del resto de notarías de la diócesis, en manos de los
              párrocos nombrados por el metropolitano, tal como ya se ha apuntado. Pero la lectura
              atenta de este formulario de Tarragona nos indica que no procede de esta ciudad si no
              que el pergamino que hace de cubierta está firmado en Barcelona en el mes de febrero
              de 1350. Además en su interior aparecen tres cédulas en papel, sin fecha, en las que
              se hace referencia a Santa Coloma de Queralt. Esta población perteneció a la diócesis
              de Vic hasta 1957, tenía una escribanía que los señores del lugar, los condes de Santa
              Coloma, entregaron a la Comunidad de Presbíteros local. Los fondos notariales se
              integraron en 1931 a los de Montblanc por pertenecer al mismo partido judicial y
              fueron depositados en el Archivo Histórico de Tarragona. Tal vez un problema en la
              clasificación situó este formulario entre los fondos notariales de Tarragona,
              separándolo de su fondo archivístico de origen.</p>
            <p>Con esta última consideración quiero remarcar que todavía es mucho el trabajo que
              queda por hacer con los formularios notariales tarraconenses. En primer lugar en el
              aspecto de las fórmulas que piden un estudio comparativo de las diferentes fórmulas.
              También se impone un estudio comparativo de cada formulario, lo que permitiría
              comprobar el orden en que están escritas las fórmulas, si están agrupadas por
              tipologías, si hay un programa previo para la clasificación de las fórmulas o si éstas
              se incorporan según las necesidades ocasionales de la clientela en cada momento. El
              estudio comparativo debería de incluir un repaso a los instrumentos redactados en los
              registros notariales conservados y correspondientes con las fechas de cada uno de os
              formularios. Se ha hecho con el formulario más significativo, el mallorquín de Guillem
              Vadell y procedente de la parroquia de Arbeca. Pero los registros notariales
              conservados de esta escribanía son posteriores y no he detectado semblanzas exactas en
              las fórmulas que nos indiquen que el formulario fue utilizado en épocas
              posteriores.</p>
            <p>Finalmente creo que es necesaria una revisión de la descripción archivística y del
              sistema de clasificación de estos formularios, incluyendo una investigación más
              exhaustiva sobre su procedencia. A pesar de que aquí ya se ha apuntado algo al
              respecto creo que no es suficiente y algunos datos son todavía provisionales.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part7">
        <front>
          <head>Il formulario del documento privato tra norma giuridica e prassi notarile<lb/>
            L’apporto della scuola bolognese di notariato del secolo XIII</head>
          <byline><docAuthor>Giovanni Feo</docAuthor> †, professore, Università di Bologna.</byline>
          <byline><docAuthor>Lorenza Iannacci</docAuthor>, PhD, Università di Bologna, Piazza S. Giovanni in Monte 2,
            Bologna. <ref target="mailto:lorenza.iannacci@gmail.com"
              >lorenza.iannacci@gmail.com</ref></byline>
          <byline><docAuthor>Annafelicia Zuffrano</docAuthor>, PhD, Università di Bologna; Piazza S. Giovanni in Monte 2,
            Bologna. <ref target="mailto:annafelicia.zuffrano@gmail.com"
              >annafelicia.zuffrano@gmail.com</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Il contributo si propone di analizzare il rapporto dottrinale tra l’opera di due fra i
            più grandi maestri bolognesi di notariato del <num>xiii</num> secolo: l’<emph>Ars
              Notariae</emph> di Salatiele e la <emph>Summa totius artis notariae</emph> di
            Rolandino, che vengono esaminate in particolare rispetto alla concezione del formulario
            e alla sua evoluzione, in più ampia relazione con la normativa giuridica e con la prassi
            processuale. Il contributo si presenta suddiviso in due parti: una prima nella quale si
            ripercorre il contesto storico-giuridico generale dall’età tardo-antica al Medioevo,
            attraverso la pratica giudiziaria dell’età romano-barbarica, per inquadrare l’evoluzione
            subita dai formulari notarili in relazione al rapporto processo-documento scritto e per
            meglio apprezzare le motivazioni di quello che viene definito dalla dottrina come il
            “crollo dei formulari” (Tjäder) del periodo alto-medievale; nella seconda parte si
            analizzano nello specifico le vicende editoriali, scientifiche e politiche che videro
            contrapporsi nella Bologna della metà del Duecento Rolandino e Salatiele alla luce della
            diversa concezione che i due maestri avevano del notariato e della pratica notarile e
            processuale, in un momento, il <num>xiii</num> secolo, che rappresenta la fase decisiva
            di ricostruzione del rapporto tra legislazione e prassi notarile, che si estrinseca nel
            formulario, e che nel corso di questo secolo si arricchisce della riflessione teorica e
            dottrinale proprio della scuola bolognese.</p>
          <metamark rend="*"/>
          <p>La presente ricerca si propone di analizzare il rapporto dottrinale tra l’opera di
            Salatiele (<emph>Ars Notariae</emph>) e quella di Rolandino (<emph>Summa totius artis
              notariae</emph>) rispetto alla concezione del formulario e alla sua evoluzione, in
            rapporto con la normativa giuridica e con la prassi processuale<note n="*"
              type="footnote"> Il seguente contributo riprende e rielabora la relazione dal titolo
                <emph>Les formulaires bolonais</emph>, tenuta il 3 settembre 2012, in occasione del
              convegno internazionale <emph>Les formulaires</emph> organizzato dalla Commission
              internationale de diplomatique: <ref target="http://cidipl.org/news/"
                >http://cidipl.org/news/</ref>. Il lavoro è così suddiviso: G. Feo Introduzione e
              paragrafo 1; L. Iannacci paragrafi 2-4; A. Zuffrano paragrafi 5-7 e
              Conclusioni.</note>. Prima di entrare nel merito della questione, dunque, si rende
            necessaria una breve premessa storico-giuridica di carattere generale per meglio
            inquadrare i problemi sollevati dal tema del nostro intervento.</p>
          <div>
            <head type="h1">Introduzione</head>
            <p>Parlando della documentazione scritta quale fonte privilegiata per la conoscenza
              della vita e degli sviluppi degli istituti giuridici nel medioevo, Guido Astuti ne
              avvertiva e sottolineava contemporaneamente l’intrinseca fragilità e fallacità di
              fronte ad un approccio scarsamente critico. I documenti, avvertiva il compianto
              maestro, “non sono sempre espressione genuina, schietta, immediata della concreta
              empiria giuridica, occorre sapervi distinguere ciò che è vivo e ciò che è morto,
              sceverare il dato della effettiva realtà del diritto, dalla terminologia, dalle
              clausole, dagli schemi tralatizi, che sopravvivono tenacemente per il proverbiale
              conservatorismo della prassi notarile, legata quasi sempre all’uso ed abuso dei
              formulari tradizionali. Sarebbe, infatti, fonte di gravi errori di valutazione
              l’accettare senz’altro come interamente corrispondenti alla pratica giuridica dell’età
              romano-barbarica le testimonianze dei documenti intorno al contenuto e alle forme
              degli atti e negozi documentati, quali risultano dai formulari tipici del notariato
                medievale”<note n="1" type="footnote">Guido Astuti, <emph>Lezioni di storia del
                  diritto italiano. Le fonti (età romano-barbarica)</emph>, Padova, 1968,
                p. 446.</note>.</p>
            <p>Queste parole di Astuti ci pare introducano al meglio l’oggetto del nostro discorso,
              i formulari medievali (da intendersi quelli notarili o comunque atti alla redazione di
              documenti giuridici, ché di formulari nel Medioevo ne transitano di tanti tipi, dai
              cerimoniali ai liturgici<note n="2" type="footnote">Ci riferiamo anzitutto alla
                ‘definizione’ di formulario che Luigi Schiaparelli pone in L. Schiaparelli, «Note
                diplomatiche sulle carte longobarde. II: Tracce di antichi formulari nelle carte
                longobarde. III: La formula <emph>post traditam (chartam)</emph>», in <emph>Archivio
                  storico italiano</emph>, 7ª serie, v. 19 (1933), pp. 1-66, ora in Id., <emph>Note
                  di diplomatica</emph>, a c. di Alessandro Pratesi, Torino, 1972, pp. 215-280, a
                p. 222: «Intendiamo per formulario, sia documenti singoli, con pieno valore
                giuridico, i quali hanno servito da modello,sia raccolte di documenti fatte per
                servire come formulario». In generale, su <emph>forme</emph> e
                  <emph>formalismi</emph> diplomatici rimandiamo a Giovanna Nicolaj, <emph>Lezioni
                  di diplomatica generale</emph>, vol. 1, Roma, 2007, cap. III (<emph>Le forme del
                  documento</emph>), e in partic. a p. 87 per i <emph>formulari</emph> propriamente
                detti.</note>), mettendone ben in rilievo l’estrema complessità e le molteplici
              sfaccettature, diverse delle quali ancora non del tutto conquistate alla scienza
              storica.</p>
            <p>Un sommario sguardo alla dottrina giuridica potrà bastare a rendere evidente tale
              affermazione. Per diverso tempo, ad esempio, si è dibattuto circa il valore <emph>ad
                probationem</emph> o <emph>ad substantiam</emph> del documento medievale. Non sono
              state risparmiate su questo fronte forze e intelligenza. Su opposti versanti della
              disputa i maggiori nomi della scienza giuridica contemporanea: Brunner, Brandileone,
              Astuti, Freudt, Rasi per fare solo qualche nome. Ebbene ognuno potrà constatare da sé
              come quella battaglia si giocò praticamente sul terreno del formulario notarile
              medievale mentre, sul piano dottrinale, gli opposti schieramenti spendevano analisi
              finissime e indagini ponderose allo scopo di dimostrare la vitalità di alcune formule,
              ovvero, al contrario, provarne la sostanziale sopravvivenza solo come veste priva di
              reale contenuto a ricordo di antichi istituti oramai da tempo scomparsi<note n="3"
                type="footnote">Fondamentale e ragionato panorama dottrinale in G. Astuti, <emph>I
                  contratti obbligatori nella storia del diritto italiano</emph>, vol. 1, Milano,
                1952.</note>.</p>
            <p>Ancora a quel grande maestro di diritto e storia che fu Guido Astuti dobbiamo le
              analisi teoriche cui tuttora la dottrina giuridica fa saldo riferimento. Fermissimo
              assertore della “concreta unità del fenomeno della documentazione”<note n="4"
                type="footnote">G. Astuti, <emph>Lezioni</emph>…, p. 444.</note> contro quelle che
              venivano definite frequenti banalizzazioni circa la presunta separatezza medievale tra
              profilo processuale e profilo sostanziale del documento – che poi altro non era che la
              speculare proiezione ai tempi medievali della tradizionale distinzione tra
                <emph>instrumentum ad probationem</emph> e <emph>instrumentum ad substantiam</emph>
              che travagliava le pagine degli antichisti<note n="5" type="footnote">Cfr.
                  <emph>ibid.</emph>, in partic. pp. 443-445; si veda anche la bibliografia in
                Giovanni Diurni, <emph>Le situazioni possessorie nel Medioevo. Età
                  longobardo-franca</emph>, Milano, 1988 (<emph>Quaderni di Studi senesi</emph>,
                64), in partic. pp. 120-122; sul superamento di questa bipartizione e per una
                “critica della posizione che accetta supinamente come corretta la dicotomia tra
                documenti <emph>ad substantiam</emph> e documenti <emph>ad probationem</emph>, come
                se la realtà documentaria possa lecitamente esaurirvisi” cfr. Victor Crescenzi,
                «Prime pagine per la storia del formalismo negoziale», in <emph>Initium</emph>,
                vol. 5 (1998), pp. 275-382, a p. 286.</note> –, lo studioso riconosceva nel
              documento medievale anzitutto lo svolgimento di una “funzione giuridica di vera e
              propria forma contrattuale, come fonte formale di un vincolo obbligatorio astratto,
              funzione analoga a quella dell’antica <emph>stipulatio</emph> romana e della
                <emph>wadiatio</emph> germanica”, da cui la conclusione che “nella concezione
              materiale della efficacia della forma scritta, tipica dell’alto medioevo barbarico,
              l’elemento obbligatorio appariva come incorporato nel documento”<note n="6"
                type="footnote">G. Astuti, <emph>I contratti</emph>…, pp. 245-246.</note>. Questa
              consistenza dell’atto contrattuale nella sua materiale costruzione concettuale creava
              però non pochi grattacapi allo studioso che doveva più volte ricordare come “nei
              documenti notarili dell’alto Medioevo sopravviva tenacemente, per effetto della
              ripetizione di formule antiche di carattere meramente tralatizio, il ricordo di
              istituti e principi giuridici appartenenti talvolta al remoto passato e sicuramente
              caduti da tempo in desuetudine; e come sia pertanto necessario sottoporre ad una
              vigile critica il contenuto di questi documenti, per evitare di confondere il nuovo
              con il vecchio, ciò che è vivo nella pratica giuridica del tempo, e ciò che invece è
              morto, mera reminiscenza storica dovuta unicamente al perpetuarsi dei formulari di
              stile, che è caratteristico del notariato di ogni tempo, e tanto più comprensibile in
              epoche di generale decadenza della vita e della cultura giuridica”<note n="7"
                type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, p. 248.</note>.</p>
            <p>Per evitare dunque di cadere in grave errore e prendere per vivo ciò che vivo non era
              più, per sostanziale ciò che altro non era ormai se non pura veste formale, spesso
              male o punto compresa, bisognava passare ad attento vaglio “i formulari tipici del
              notariato medievale” dove si annidavano ancora formule tradizionali del tabellionato
              romano “anche quando queste più non corrispondevano alla realtà della prassi
              giuridica”; fenomeno, questo, che non mancava di dare singolari quanto aberranti
              risultati, come ad esempio nell’uso improprio della clausola stipulatoria che,
              unitamente all’uso ridondante di altre formule, finiva col rendere l’intero documento
              medievale sovraccarico di elementi formali talvolta acriticamente trasposti dagli
              antichi formulari tradizionalmente in uso<note n="8" type="footnote">G. Astuti,
                  <emph>Lezioni</emph>…, in partic. pp. 447-448.</note>.</p>
            <p>Per sentieri affatto diversi, con il dichiarato e costante proposito di comprendere
              quanto del diritto romano sopravviveva effettivamente nelle formule contrattuali usate
              nei formulari e nelle carte notarili di area franca tra <num>vi</num> e
              <num>xii</num> secolo, si dispiega la ricerca di una ancora per certi tratti
              insuperata storiografia giuridica francese, attiva scientificamente tra il
                <num>xix</num> e il <num>xx</num> secolo. Le ricerche, che prendevano spunto
              dall’analisi delle formule usate dai notai nelle carte o delle raccolte formulari
              redatte a scopo pratico, muovevano in sostanza dal quesito sul valore da attribuire al
              diritto romano richiamato variamente e frequentemente in quei documenti.</p>
            <p>E la risposta offerta, in tutta evidenza, non poteva non chiamare direttamente in
              causa il sapere notarile e la sua cultura giuridica.</p>
            <p>A partire dal quadro delineatosi nel periodo postclassico, quando la dialettica tra
              tradizione, rappresentata dalla cancelleria imperiale, e innovazione, vivificata
              costantemente da una prassi che sempre più premeva sugli istituti classici, si va
              risolvendo, almeno in parte, in favore del nuovo formalismo scritto<note n="9"
                type="footnote">A titolo di esempio si veda G. Astuti, «I principi fondamentali
                dei contratti nella storia del diritto italiano», in <emph>Annali di Storia del
                  Diritto: rassegna internazionale</emph>, vol. 1 (1957), pp. 13-41, ora in Id.,
                  <emph>Tradizione romanistica e civiltà giuridica europea</emph>: <emph>raccolta di
                  scritti</emph>, a c. di G. Diurni, vol. 2, Napoli, 1984 (<emph>Ius nostrum</emph>,
                2ª serie, 1), pp. 1031-1069; il concetto viene ripreso anche in Id., «Contratto
                (diritto intermedio)», in <emph>Enciclopedia del diritto</emph>, vol. 9, Milano,
                1961, ora in Id., <emph>Tradizione romanistica</emph>…, a c. di G. Diurni, vol. 3,
                pp. 1905-1953; si vedano inoltre: Ugo Zilletti, <emph>Studi sul processo civile
                  giustinianeo</emph>, Milano, 1965; Gian Gualberto Archi, «Indirizzi e problemi del
                sistema contrattuale nella legislazione da Costantino a Giustiniano», in
                  <emph>Scritti di diritto romano in onore di Contardo Ferrini</emph>, a c. di G. G.
                Archi, Milano, 1946, pp. 661-727, ora in Id., <emph>Scritti di diritto
                romano</emph>, vol. 3, Milano, 1981 (<emph>Pubblicazioni della Facoltà di
                  Giurisprudenza</emph>, 42/3), pp. 1779-1853.</note> e dopo aver registrato, per
              l’epoca romana, la “présence dans le formules d’une sorte de droit romain populaire
              formé des traditions de la pratique et qu’une distance toujours plus grande sépare du
              droit romain officiel”, Louis Stouff faceva notare come “à mesure que l’on pénètre au
              cœur du Moyen Âge, ces vestiges du droit romain s’effacent, en même temps que
              s’obscurcissent les notion juridiques” <note n="10" type="footnote">Louis Stouff,
                «Étude sur la formation des contrats par l’écriture dans le droit des formules du
                    <num>v<hi rend="sup">e</hi></num> au <num>xii<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle», in <emph>Nouvelle Revue Historique de droit français et
                  étranger</emph>, vol. 11 (1887), pp. 249-287, alle pp. 269 e 273.</note>. A cadere
              sotto i colpi dell’ignoranza è un po’ tutto, clausola stipulatoria compresa, che
              diviene formula introduttiva per le sottoscrizioni, con tanto di adeguamento formulare
              da <emph>cum stipulatione subnixa</emph> a <emph>subscriptione subnexa.</emph>
              Nonostante i continui richiami formali alla legge romana, sotto i precetti della quale
              viene posto formalmente qualsiasi atto o istituto, la realtà rimanda insomma una
              conoscenza irrimediabilmente compromessa: “une fausse interprétation des constitutions
              impériales relatives à l’insinuation des donations contribua au développement de
              l’idée que, d’après la loi romaine, les contrats devaient étre faits par écrit”,
              creando quella falsissima equazione tra <emph>gestis allegatio</emph>, ancora
              ricordata nelle carte fino al secolo <num>xi</num>, e obbligatorietà dell’atto
                scritto<note n="11" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, a p. 282; Giannino
                Ferrari, <emph>La degenerazione della</emph> stipulatio <emph>nel diritto intermedio
                  e la clausola</emph> cum stipulatione subnixa, Venezia, 1910 (Estr. da: <emph>Atti
                  del Reale Istituto Veneto di scienze, lettere ed arti</emph>, vol. 69/2 (1910),
                pp. 741-795). Sulla ripresa e il fraintendimento della clausola stipulatoria cfr.
                anche G. Nicolaj, «Il documento privato italiano nell’alto medioevo» in <emph>Libri
                  e documenti d’Italia. Dai Longobardi alla rinascita delle città. Atti del Convegno
                  nazionale dell’Associazione Italiana dei Paleografi e Diplomatisti (Cividale del
                  Friuli, 5-7 ottobre 1994)</emph>, a c. di Cesare Scalon, Udine, 1996, pp. 153-198,
                ora in Ead., <emph>Storie di documenti. Storie di libri. Quarant’anni di studi,
                  ricerche e vagabondaggi nell’età antica e medievale</emph>, a c. di Cristina
                Mantegna, Dietikon-Zürich, 2013, pp. 60-83, in particolare si v. pp.
              72-73.</note>.</p>
            <p>E le cose non migliorano certo nemmeno di fronte a quelle raccolte di formule che
              spesso rappresentavano l’unico approccio, per così dire, scolastico da parte di un
              ceto notarile che fin dall’epoca giustinianea, periodicamente, aveva attirato su di sé
              l’attenzione sovrana, non sempre benevola rispetto alla sua preparazione
                tecnico-giuridica<note n="12" type="footnote">Ennio Cortese, <emph>Il diritto
                  nella storia medievale</emph>, vol. 1: <emph>L'alto Medioevo</emph>, Roma, 1995,
                in partic. pp. 317-321.</note>. L’analisi proposta del formulario di Tours<note
                n="13" type="footnote"><emph>Formulae Turonenses vulgo Sirmondicae dictae</emph>,
                in <emph>Formulae Merowingici et Karolini aevi, accedunt Ordines iudiciorum
                  Dei</emph>, a c. di Karolus Zeumer, Hannoverae, 1886 (<emph>M.G.H., Leges</emph>,
                  <emph>Formulae Merowingici et Karolini aevi</emph>), pp. 128-165 ss.</note>
              dimostra come, per la redazione delle forme documentali dall’orizzonte conosciuto, sia
              oramai scomparsa ogni traccia di conoscenza della legge romana che, quando è citata –
              cosa molto frequente, giusta la necessità rimasta sentimento vivo, di ricoprire di
              quel nome qualsiasi cosa si dovesse rivestire d’autorità indiscutibile –, viene
              ripresa sempre da un qualche volgarizzamento, come l’<emph>interpretatio</emph>,
              fornita dal <emph>Breviarium Alaricianum</emph><note n="14" type="footnote">E.
                Cortese, <emph>Il diritto…</emph>, vol. 1, in partic. pp. 56-58.</note>, rispetto
              alla quale le formule operano ulteriori semplificazioni e modifiche alla norma
              originaria, che allontanano viepiù gli istituti descritti dal modello cui
              pretenderebbero ispirarsi<note n="15" type="footnote">L. Stouff,
                  «L’<emph>interpretatio</emph> de la loi romaine des Wisigoths dans les formules et
                les chartes du <num>vi<hi rend="sup">e</hi></num> au <num>xi<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle», in <emph>Mélanges Fitting</emph>, vol. 2, Montpellier,
                1908, pp. 165-188.</note>.</p>
            <p>A fronte del quadro ora sommariamente richiamato, ci sentiremmo, dunque, per
              concludere questa carrellata transalpina, di condividere ancora la perentoria ma,
              crediamo, realistica affermazione di Jacques Flach secondo il quale: “Les érudits qui,
              rencontrant dans un cartulaire quelque mention de la <emph>lex romana</emph>, ou
              quelque allusion plus ou moins exacte aux <emph>gesta</emph>, à la <emph>lex
                Julia</emph> ou à la quarte falcidie, se sont imaginé, à la suite de Raynouard,
              avoir affaire à du droit romain, ont fait erreur du tout au tout. Ils ont pris du
              plaqué pour du solide, un ornement postiche pour une pierre de soubassement, un débris
              fossile pour une plante vivace”<note n="16" type="footnote"> Johannes Flach, «Le droit
                romain dans les chartes du <num>ix<hi rend="sup">e</hi></num> au <num>xi<hi
                    rend="sup">e</hi></num> siècle», in <emph>Mélanges Fitting</emph>, vol. 1,
                Montpellier, 1907, pp. 383-421.</note>.</p>
            <p>Ma certo sarebbe alquanto semplicistico attribuire tutto e solo a
                <emph>ignoranza.</emph> Quasi che l’uomo medievale rappresenti davvero quel ritratto
              di sprofondo intellettuale che per lungo tempo ha accompagnato l’immaginario di tanta
              scrittura storica e non. Anche quell’ignoranza è il frutto di un processo storico: si
              perde cognizione di ciò che non serve più e, col tempo, si disconosce lo strumento che
              privato del proprio <emph>ambito di utilizzo</emph> vede venir meno anche la sua
              originaria funzione. E <emph>l’ambito</emph> d’uso naturale del documento è sempre
              stato il processo: “È constatazione ovvia – tanto ovvia da non apparire forse inutile
              di ricordarla – che qualsiasi funzionalità si voglia riconoscere o discutere per il
              documento, nell’ambito del traffico negoziale, deve andar collegata a quella
              caratteristica che è indefettibilmente specifica di esso, e cioè la memorizzazione di
              fatti avvenuti, il che si traduce, nella prospettiva di una possibile controversia
              sugli stessi, nella precostituzione di un mezzo con cui provarne il reale
                svolgimento”<note n="17" type="footnote">Mario Talamanca, «Periodo classico», in
                  <emph>Atti del XVII Congresso Internazionale di Papirologia</emph>, vol. 3,
                sezione e: <emph>Documentazione privata e prova (Tavola rotonda)</emph> Napoli,
                1984, pp. 1145-1159, a p. 1146.</note>.</p>
            <p>È dunque al cambiamento che il processo subì con la caduta delle istituzioni
              imperiali romane che si deve almeno in parte l’ignoranza della legge o, meglio, la sua
              rappresentazione riflessa, il suo travaso operato dalla prassi nelle formule
              documentali, che appunto a quel tipo di apprezzamento probatorio erano collegate.</p>
            <p>Non un semplicistico imbarbarimento dunque, come ha scritto Gaudemet quando,
              ricordando la sostanziale differenza tra processo romano e processo medievale, cercava
              anche di evitare facili e superficiali analisi di inciviltà: “L’introduction des
              ordalies n’est donc pas seulement signe de décadence et de facilité. Elle tient aussi
              à un changement de mentalité, à la confiance accordée aux preuves fournies par la
              Divinité, c’est-à-dire à la reconnaissance de la supériorité de Dieu sur la raison
                humaine”<note n="18" type="footnote">Jean Gaudemet, <emph>Les ordalies au Moyen
                  Âge: doctrine, législation et pratique canoniques</emph>, in <emph>Recueils de la
                  Société Jean Bodin pour l'histoire comparative des institutions</emph>, vol. 17
                (1965), pp. 99-135, alle pp. 104-105.</note>.</p>
            <p>Ma cerchiamo allora molto brevemente di ripercorrere le tappe indicate dalla dottrina
              a proposito del rapporto processo-documento scritto, tenendo sempre chiaro lo sfondo
              del nostro problema: il formulario delle carte.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Il periodo post-classico</head>
            <p>In epoca post-classica dal punto di vista processuale l’atto scritto si ritaglia nel
              tempo, sul piano del peso probatorio ricoperto, un ruolo sempre maggiore. Certo non è
              mai stata una strada semplice e lineare, come i romanisti insegnano da tempo<note
                n="19" type="footnote">Si vedano in generale i contributi pubblicati in <emph>Atti
                  del XVII Congresso internazionale di papirologia</emph>, vol. 3, sezione e:
                  <emph>Documentazione privata e prova</emph>…</note>, quella che porta il documento
              scritto a soppiantare nella pratica altri formalismi e a diventare, accanto alla
              testimonianza orale, elemento di prova addirittura decisivo, come accade ad esempio
              con i documenti insinuati nei <emph>gesta</emph> pubblici. Il documento del resto, e
              proprio a causa di questa sua inarrestabile ‘ascesa’, diviene sempre più oggetto di
              attenzione da parte del legislatore, il quale, pur attraverso interventi
              contraddittori se non addirittura contrastanti, cerca sempre di imbrigliarne il libero
              sviluppo, che, lasciato nelle mani dei pratici, non soffre di alcuna chiara
              regolamentazione.</p>
            <p>Come esempio risalente di intervento legislativo che trova immediata ripercussione
                <emph>formulare</emph>, per così dire, nelle carte si può citare senz’altro
              C. 4.64.2, costituzione con la quale Diocleziano, a proposito della permuta,
              stabilisce che <emph>Permutationem re ipsa utpote bonae fidei constitutam, sicut
                commemoras, vicem emptionis obtinere non incogniti iuris est</emph><note n="20"
                type="footnote">Cfr. anche G. Diurni, <emph>Le situazioni possessorie</emph>…,
                pp. 82-83, e bibliografia ivi citata.</note>. Col tempo gli interventi cominciano a
              sommarsi, come quando ad esempio Costantino nel 316 stabilisce che in
                <emph>conscribendis autem donationibus nomen donatoris, ius ac rem notari oportet,
                neque id occulte aut per imperitos aut privatim, set ut tabulae aut quodcumque aliud
                materiae tempus dabit vel ab ipso vel ab eo, quem sors ministraverit, scientibus
                plurimis perscribatur</emph> (Th. 8.12.1). Non si tratta certo ora di entrare nel
              dettato di una norma importantissima, fulcro di dibattiti accesi tra romanisti, quanto
              di sottolineare come questo sia precisamente il caso di una legge che offre anche un
              indirizzo pratico per la redazione degli atti di donazione<note n="21" type="footnote"
                >. Simona Tarozzi, <emph>Ricerche in tema di registrazione e certificazione del
                  documento nel periodo postclassico</emph>, Bologna, 2006, con bibliografia ivi
                citata.</note>. O ancora, possiamo ricordare i due interventi legislativi del 323 e
              poi del 337 (Fr.Vat. 249 e Fr.Vat. 35), con i quali lo stesso imperatore richiede,
              sempre per le donazioni, la redazione scritta <emph>advocata vicinitate</emph> e, per
              le vendite di immobili, sia <emph>l’inspectio censualis</emph> sia la presenza dei
              vicini al compimento del negozio<note n="22" type="footnote">G. G. Archi, «La prova
                nel diritto del Basso Impero», in <emph>Iura</emph>, vol. 12 (1961), pp. 3-23, a
                p. 11, ora in Id., <emph>Scritti</emph>…, vol. 3, pp. 1855-1881.</note>.</p>
            <p>Poi, tanto per passare al capo opposto rispetto a quello costantiniano, altri esempi
              si hanno quando Giustiniano interviene ordinando la necessità sia della sottoscrizione
              delle parti sia della redazione del documento in <emph>mundum</emph>, ossia la bella
              copia tratta dall’originaria <emph>scheda</emph> (C. 4.21.17)<note n="23"
                type="footnote">Sulla norma, in generale Filippo Gallo, «Riflessioni sulla
                funzione della <emph>scriptura</emph> in C. 4.21.17», in <emph>Studi in onore di
                  Biondo Biondi</emph>, vol. 2, Milano, 1965, pp. 411-443; Mario Talamanca,
                «Documento e documentazione (diritto romano)», in <emph>Enciclopedia del
                  diritto</emph>, vol. 13, Milano, 1964, pp. 548-560; G. G. Archi, «Studi sulla
                  <emph>stipulatio.</emph> 1. La <emph>querella non numerate pecuniae</emph>», in
                Id., <emph>Scritti di diritto</emph>…, vol. 1, pp. 521-641; circa le formalità di
                  <emph>completio</emph> e <emph>absolutio</emph> L. Stouff, «Étude sur la
                formation…»; per la diplomatica G. Nicolaj, «Il documento privato ...» .</note>;
              stabilendo precise norme in merito alle modalità di assunzione e svolgimento
              dell’incarico da parte dei tabellioni; precisando funzioni e ruolo formale dei
              testimoni negoziali; ordinando l’uso di fogli aventi il protocollo (con nome del
                <emph>comes sacrarum largitionum</emph> dell’epoca e data di fabbricazione) (Nov. 73
              e Nov. 44)<note n="24" type="footnote">Silvia Schiavo, <emph>Il falso documentale
                  tra prevenzione e repressione</emph>, Milano, 2007, con bibliografia ivi citata;
                Livia Migliardi Zingale, «In margine a Nov. Iust. 44.2: <emph>to kaloumenon
                  protokollon</emph>», in <emph>Studi in onore di Arnaldo Biscardi</emph>, Milano,
                1984, pp. 151-175; M. Amelotti, Giorgio Costamagna, <emph>Alle origini del notariato
                  italiano</emph>, Roma, 1975 (<emph>Studi storici sul notariato italiano</emph>,
                2); M. Amelotti, «Notaio (diritto romano)», in <emph>Enciclopedia del
                diritto</emph>, vol. 28, Milano, 1978, pp. 553-559; M. Amelotti, «Il documento nel
                diritto giustinianeo. Prassi e legislazione», in <emph>Il mondo del diritto
                  nell’epoca giustinianea. Caratteri e problematiche. Atti del convegno
                  internazionale “Caratteri e problematiche del mondo del diritto nell’epoca
                  giustinianea” (30 settembre-1 ottobre 1983)</emph>, a c. di G. G. Archi, Ravenna,
                1985 (<emph>Biblioteca di Felix ravenna</emph>, 2), pp. 125-137.</note> e riformando
              il sistema di datazione ad uso documentario (Nov. 47)<note n="25" type="footnote"
                >. Jan-Olof Tjäder, «Alcune osservazioni sulla prassi documentaria a Ravenna nel VI
                secolo», in <emph>Il mondo del diritto</emph>…, a c. di G. G. Archi, pp. 23-42;
                Denis Feissel, «La réforme chronologique de 537 et son application dans l’épigraphie
                greque: années des règnes et dates consulaires de Justinien à Héraclius», in
                  <emph>Document, droit, diplomatique de l’Empire romain tardif</emph>, Paris, 2010,
                pp. 503-524.</note>; o infine quando, reagendo contro i <emph>verba superflua, quae
                in donationibus poni solebat</emph>, stabilisce che <emph>set et si quisquam per
                verbositatem aliquid tele inscripserit sive remiserit, nulla differentia sit</emph>
                (C. 8.53.37)<note n="26" type="footnote">G. G. Archi, «Donazione (diritto
                romano)», in <emph>Enciclopedia del diritto</emph>, vol. 13, Milano, 1964,
                pp. 930-955, in partic. pp. 951-953; G. G. Archi, «<emph>Animus donandi</emph>», in
                Id., <emph>Scritti di diritto…</emph>, vol. 2, pp. 1027-1080, in partic. a p. 1077;
                J.-O. Tjäder, «Alcune osservazioni…», in partic. alle pp. 36-37.</note>. Vorremmo,
              infine, ricordare l’esempio citato da Giannino Ferrari: “Nei γραμματα dei papiri è
              frequentissimo il verbo ομολογω, che in latino è reso con <emph>spondeo</emph>, ma
              Giustiniano, colla importantissima cost. 4 § 6 C. 2.55 (56) dell’a. 529, che si
              rivolge esplicitamente al mondo ellenistico, dichiara non necessario l’uso di tal
              verbo, riconoscendo valore obbligatorio alla semplice dichiarazione di volontà
              espressa con altri verbi”<note n="27" type="footnote">G. Ferrari, <emph>La
                  degenerazione</emph>…, alle pp. 758-759.</note>.</p>
            <p>Costantino e Giustiniano e, fra questi, tutti i sovrani che sono intervenuti sul
              problema della documentazione scritta, come Leone, che “vieta al <emph>tabellio</emph>
              di redigere per iscritto traffici di eunuchi, alienazioni di beni ecclesiastici,
              cessioni di beni in cambio di patronato (C. 4.42.2; C. 1.2.14.6 (3); C. 11.54 [53].1
                pr.)”<note n="28" type="footnote">M. Amelotti, «Dall’epoca postclassica all’età
                giustinianea», in <emph>Atti del XVII Congresso internazionale di
                papirologia</emph>, vol. 3, sezione e: <emph>Documentazione privata e prova…</emph>,
                pp. 1161-1172, a p. 1166.</note>, dimostrano il nesso costante presente tra
              legislazione, giurisprudenza, prassi tabellionale e formulario del documento<note
                n="29" type="footnote">Nesso oggetto del lavoro di Paolo Frezza, «Giurisprudenza e
                prassi notarile nelle carte italiane dell’alto Medioevo e negli scritti dei giuristi
                romani», in <emph>Studia et documenta historiae et iuris</emph>, vol. 42 (1976),
                pp. 197-245.</note>.</p>
            <p>Una prassi dunque che aveva spinto il legislatore dapprima a prendere atto, quindi ad
              accettare e infine, in alcuni casi, a decretare la funzione costitutiva del nuovo
              formalismo della scrittura. Documento scritto che quindi veniva a configurarsi come
              elemento sempre più importante nel processo, per la cui redazione sempre più ci si
              affidava ad esperti confidando nella loro ‘scienza’<note n="30" type="footnote"
                >. Lucio Bove, «Le <emph>tabulae ceratae</emph>», in <emph>Atti del XVII Congresso
                  internazionale di papirologia</emph>, vol. 3, sezione e: <emph>Documentazione
                  privata e prova…</emph>, pp. 1189-1200.</note>. Scienza e affidamento che si
              traducevano nelle formule, apparse probabilmente ai più – niente di diverso da oggi –
              alquanto incomprensibili, ma che si pensavano atte a proteggere meglio diritti e
              ragioni delle parti<note n="31" type="footnote">E questo anche se, come sappiamo
                bene, il documento tabellionale non godeva di nessun particolare privilegio sul
                piano probatorio rispetto al semplice documento testimoniale. Come scrive il Lévy:
                «La ligne de démarcation, du point de vue de la force probante, passe ailleurs: elle
                sépare les documents établis sans témoin, sous la seule souscription des parties, et
                d’autre part deux sortes d’actes placés sur le même plan: ceux que dressent les
                tabellions, <emph>instrumenta publice confecta</emph>, et ceux qui, rédigés sans
                tabellion, <emph>private scripta</emph>, sont munis de la présence de trois témoins
                au minimum. Entre les deux dernières catégories, il n’y a pratiquement aucune
                différence d’autorité… Il n’est donc pas exact de classer, comme le fait
                Bethmenn-Holweg, suivi par M. Kroell, les instruments en trois catégories dont la
                force probante irait en diminuant et qui seraient: les actes insinués, les actes
                rédigés par des tabellions, et les actes rédigés sans tabellion. Les derniers en
                effet ont même autorité que les seconds s’ils sont souscrits de trois témoins»,
                Jean-Philippe Lévy, «L’autorité des <emph>instrumenta publice confecta</emph>
                d’après le Code et le Novelles de Justinien», in <emph>Annales de la Faculté de
                  Droit d’Aix</emph>, nuova serie, vol. 43 (1950), pp. 173-191, alle pp. 182-183. Si
                veda comunque l’opera di G. G. Archi, <emph>Scritti di diritto…</emph>, voll. 1-3 e
                vol. 4: <emph>Il lascito dell'esperienza giuridica del</emph>
                <num>v</num>
                <emph>e</emph>
                <num>vi</num>
                <emph>secolo</emph>, Milano, 1995 (<emph>Pubblicazioni della Facoltà di
                  Giurisprudenza</emph>, 75); e in sintesi M. Talamanca, «Documento…&#160;»; contrario a
                questo punto di vista M. Amelotti, G. Costamagna, <emph>Alle origini</emph>… Un
                interessante sguardo al problema dalla prospettiva della prassi processuale in
                Domenico Vera, <emph>Commento storico alle</emph> Relationes <emph>di Quinto Aurelio
                  Simmaco</emph>, Pisa, 1981, in partic. «Rel. 28», pp. 202-220.</note>.</p>
            <p>È a questo che, in altri termini, possiamo riferire le proposizioni di Gian Gualberto
              Archi, quando, nel suo ancora oggi magistrale contributo <emph>Civiliter vel
                criminaliter agere</emph>, scriveva: “L’istrumento tabellionico che si chiama ora
              anche <emph>instrumentum publice confectum</emph> (C. 8.17.11.1 e Nov. 73 cap. 7),
              viene nelle costituzioni dell’epoca tarda presupposto come normale negli atti fra
              vivi, che importano alienazioni di beni e costituzione di diritti reali […]. E questa
              preferenza, che non esclude del resto il ricorso all’<emph>instrumentum</emph> privato
              anche in questi tipi di negozi (C. 8.17.11 a. 472), si spiega agevolmente con la
              difficoltà dei formulari in un’epoca di cultura ristretta”<note n="32" type="footnote"
                >. G. G. Archi, «<emph>Civiliter vel criminaliter agere.</emph> In tema di falso
                documentale, Contributo storico dommatico al problema dell’efficacia della
                scrittura», in <emph>Scritti di diritto romano in onore</emph>…, a c. di G. G.
                Archi, pp. 1-55, ora in Id., <emph>Scritti di diritto</emph>…, vol. 3,
                pp. 1588-1668, a p. 1660.</note>. Ed è a questo che pensava anche Jean-Philippe Lévy
              quando scriveva: “Quel est dès lors le rôle des tabellions et pourquoi les parties
              recourent-elles à leur ministère? Ils sont en quelque manière des écrivains publics,
              chez lesquels on se rend d’abord parce qu’ils savent écrire – en un temps où
              l’instruction est assez peu répandue – et surtout parce qu’ils possèdent une certaine
              science juridique”<note n="33" type="footnote">J.-P. Lévy, «L’autorité…», a
                p. 189.</note>.</p>
            <p>In altre parole è la stretta simbiosi tra intervento legislativo e documentazione a
              rendere necessario da parte dei pratici, per la confezione di una prova il più
              possibile inoppugnabile, la conoscenza e la traduzione <emph>formulare</emph> del
              dettato legislativo. Scrive a questo proposito Victor Crescenzi che il tabellionato
              romano andrà considerato “come strumentale a dare consulenza giuridica alle parti in
              ordine al compimento dei loro affari e le assiste nel compimento di negozi validi ed
              efficaci, formalmente inattaccabili, quindi stabili… L’aspetto della scrittura,
              allora, assume un rilievo di secondo piano e puramente derivato”<note n="34"
                type="footnote">V. Crescenzi, «Prime pagine…», a p. 345.</note>.</p>
            <p>Ciò che dunque più ci preme sottolineare in questa sede è che la caratteristica
              fondamentale del <emph>formulario</emph> del documento tabellionale in quest’epoca è
              quella di essere una entità viva, costantemente animata e vivificata dal rapporto con
              la norma positiva. La legislazione entrava direttamente nell’azione della prassi
              imponendo, direttamente o meno, forme e formalismi che divennero, nel tempo e nella
              percezione comune, patrimonio dell’<emph>ordo tabellionale.</emph> Il documento
              scritto da questi prodotto, se è vero che non godeva sul piano probatorio di nessun
              particolare privilegio, come si è detto, aveva però il vantaggio di presentarsi, alla
              coscienza generale<note n="35" type="footnote">Mi riferisco a quella distinzione tra
                  <emph>rilevanza legale</emph> e <emph>rilevanza psicologica</emph> che il
                Talamanca associa all’uso delle varie forme documentali: «In una esperienza
                giuridica caratterizzata dall’assenza di un’elaborazione tecnico-giuridica dei dati
                forniti dalla prassi e dalla normazione, la rilevanza soltanto psicologica di certe
                determinate strutture può valere, sul piano dell’effettività, quanto l’esistenza
                indiscussa di una norma di diritto», M. Talamanca, «Periodo classico…», a
                p. 1155.</note>, come fonte di maggiori garanzie processuali rispetto ad altri tipi
              di prova<note n="36" type="footnote">Benché orientato ad altri problemi, anche dal
                nostro punto di vista è interessante J.-P. Lévy, «Les stipulations de garantie
                contre l’éviction dans la vente romaine», in <emph>Revue Historique de droit
                  français et étranger</emph>, vol. 32 (1934), pp. 321-357.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Il periodo romano-barbarico</head>
            <p>Come abbiamo sin qui tentato di descrivere in riferimento all’epoca tardoantica, vi è
              uno stretto legame che unisce attività normativa e attività tabellionale, rapporto che
              si rende esplicito e prende vita appunto nel dettato documentario, cioè nel
              formulario, che recepisce e traduce quelle norme in certezza giuridica, soprattutto
                <emph>ad probationem</emph>, ovvero in certezza processuale. Al contrario, “nel
              Medioevo cosiddetto barbarico vengono in luce nessi singolari tra i vari aspetti in
              cui si articola il problema della norma inteso nella sua portata più generica: il
              problema cioè dei modi in cui il diritto pone regole di comportamento. È uso di sempre
              individuare tali modi sulla scorta della distinzione delle tre fonti da cui
              l’obbligatorietà principalmente scaturisce – la legge, la consuetudine, il contratto
              –; ma è una distinzione che se in talune epoche storiche appare tracciata con
              rigidità, in altre si viene invece sfocando molto: e di tale sfocatura offre il
              migliore esempio, appunto, l’Alto Medioevo”<note n="37" type="footnote">E. Cortese,
                «Norma (storia)», in <emph>Enciclopedia del diritto</emph>, vol. 28, Milano, 1978,
                pp. 393-411, a p. 393.</note>.</p>
            <p>Vorremmo senz’altro usare questa considerazione come sfondo sul quale porre e
              illuminare, per le capacità che possediamo beninteso, il tema centrale del nostro
              dibattito, i formulari notarili appunto, nel tentativo di definirli meglio prima di
              tutto nella prospettiva storico giuridica, convinti, come siamo, che è in quella
              prospettiva, e in funzione di quelle esigenze, che i formulari fondamentalmente si
              creano, per poi diventare, se si vuole e anche legittimamente, oggetto di ricerca per
              varie ‘storie’, da quella diplomatistica a quella culturale, il che non dovrebbe però
              fare dimenticare mai quali necessità e quali funzioni primariamente questi svolgono e
              per rispondere alle quali sono sorti<note n="38" type="footnote">È ovvio il rinvio a
                G. Nicolaj, <emph>Lezioni…</emph>, vol. 1.</note>.</p>
            <p>Cerchiamo ora di cogliere al volo alcuni caratteri peculiari del cosiddetto
                <emph>Medioevo del diritto</emph>, tanto per parafrasare un celebre titolo, – sempre
              ovviamente in riferimento al nostro assunto –, sui quali oramai la dottrina è
              concorde.</p>
            <p>Nonostante il progressivo e inarrestabile deterioramento dell’esistenza e della
              conoscenza della <emph>lex romana</emph>, “il diritto romano, ormai privo dei suoi
              raffinati meccanismi, conserva tuttavia un fascino quasi mitico il cui segno è la
              qualifica di <emph>legge</emph> che il linguaggio usuale continua ad assegnargli”<note
                n="39" type="footnote">E. Cortese, «Norma…», a p. 395.</note>. Diverse le
              testimonianze in tal senso. Anzitutto le compilazioni romano barbariche, dalla
                <emph>Lex Romana Wisigothorum</emph> alla <emph>Lex Burgundionum</emph> passando per
                l’<emph>Edictum Theodorici</emph>, che attraverso quella dialettica tra <emph>lex
                mundialis</emph> romana e prima legislazione scritta dei nuovi popoli sovrani
              cercava di costruire nuovi assetti sociali e giuridici<note n="40" type="footnote"
                >. E. Cortese, <emph>Il diritto…</emph>, vol. 1, in partic. pp. 51-98.</note>.</p>
            <p>Ma è la prassi, ancora una volta, a stabilire una commistione tra istituti romani e
              barbarici: “istituti longobardi come la <emph>wadia</emph> e il
              <emph>launegild</emph>, o addirittura capitoli di Rotari, compaiono nei documenti
              sotto l’etichetta della <emph>lex romana</emph>”<note n="41" type="footnote">E.
                Cortese, «Norma…», a p. 395.</note>. Così non solo si dà una veste romana a ciò che
              romano non è al solo evidente scopo di nobilitare istituti e consuetudini proprie<note
                n="42" type="footnote">È il caso conclamato dei formulari e delle carte franche:
                L. Stouff, «L’<emph>interpretatio</emph>…».</note>, ma addirittura si utilizzano a
              Piacenza, ancora nel secolo <num>viii</num>, vecchi formulari di quella
                <emph>mancipatio</emph> che già Giustiniano aveva abolito<note n="43"
                type="footnote">Arrigo Solmi, <emph>La formula della</emph> mancipatio <emph>nei
                  documenti piacentini del secolo VIII</emph>, Roma, 1913; a questo proposito anche
                Francesco Calasso sottolineava che «sarà legittimo pensare che queste formule
                rappresentassero, in pieno secolo <num>viii</num>, più che altro i rottami
                galleggianti di antichi formulari notarili dell’ultima età romana in uso nelle terre
                occidentali dell’Impero», Francesco Calasso, <emph>Medioevo del diritto</emph>,
                Milano, 1954, pp. 88-89. Per uno sguardo alla documentazione piacentina si v.
                inoltre <emph>Chartae Latine Antiquiores. Facsimile-edition of Latin
                Charters</emph>, 1st series, ed. by A. Bruckner - R. Marichal, <emph>Part XXVII
                  Italy VIII</emph>, published by J. O. Tjäder, Dietikon-Zürich, 1992, nn. 816,
                819-821, 823-824, 831</note>. Un <emph>nomen</emph> dunque, quello di <emph>lex
                romana</emph>, privo ormai della sua originaria identità, che affida il suo corpo
              non più al codice scritto “ma piuttosto a formulari notarili di contenuto ondeggiante,
              a epitomi rozze o a qualche serie di regolette che i giudici usano come falsariga
              incerta delle loro decisioni”; ondeggiamenti, che permettono, tra l’altro, “la
              frequente emersione della parola <emph>lex</emph> nel significato di obbligazione
              privata”, come dimostrano le equivalenze espressive presenti nelle carte longobarde
              tra “<emph>ea condicione et lege</emph>” ed “<emph>ea condicione et pacto</emph>”<note
                n="44" type="footnote">E. Cortese, «Norma…», alle pp. 395-396.</note>.</p>
            <p>Questo stato di cose, nel quale la legge romana viene nominalmente chiamata a coprire
              un vuoto sempre maggiore dovuto sia a una sempre maggiore rapsodicità dell’intervento
              legislativo sia alla caduta libera del momento interpretativo e speculativo, con il
              progressivo avanzare del Medioevo non fa che peggiorare: oscillazioni,
              sovrapposizioni, epitomazioni, semplificazioni, in una parola impoverimento e
              scomparsa, perché “se il legislatore è lontano o inesistente, e quindi avaro di norme,
              ancor di più viene avvertito il vuoto della voce dell’interprete e della dottrina che
              aiuti a recuperare, secondo un preciso disegno giuridico, un uso deviante o nomi
              negoziali non correttamente invocati dai soggetti per definire i rapporti giuridici
              che li legano”<note n="45" type="footnote">Adriana Campitelli, <emph>Accertamento e
                  tutela dei diritti nei territori italiani nell’età medievale</emph>, Torino, 1999,
                p. 17.</note>. </p>
            <p>Insomma il legislatore non guida più la prassi con norme precise e dirette, non
              indica più al notariato la strategia migliore per garantire i diritti processualmente,
              non ne argina più le intemperanze orientate sempre alla sopravvalutazione del proprio
              ruolo e del proprio prodotto, il documento notarile. E quando se ne interessa, come fa
              Liut. 91, lo fa solo per dichiarare che l’accordo delle parti “recante la rinuncia a
              posizioni giuridiche attive attribuite da una norma, se documentato, prevale sulla
              norma stessa”, ovvero che si possono compiere atti <emph>difformi</emph> dalla norma
                stessa<note n="46" type="footnote">Severino Caprioli, «Per Liutprando 91», in
                  <emph>Studi in memoria di Giuliana D’Amelio</emph>, vol. 1, Milano, 1978,
                pp. 203-217, a p. 207; Id., «La critica del testo come scienza giuridica, ovvero
                  <emph>Ecdotica more iuridico demonstrata</emph>», in <emph>Rivista Internazionale
                  di Diritto Comune</emph>, vol. 19 (2008), pp. 41-92.</note>.</p>
            <p>In una parola i due mondi si separano. E segno evidente di questo scollamento sono
              proprio i formulari dei documenti. Chiunque abbia frequentato, anche solo
              superficialmente, la diplomatica medievale, sa benissimo di cosa si stia parlando:
              formule male interpretate, richiami a istituti inesistenti da secoli, difficoltà
              manifesta a gestire giuridicamente qualsivoglia azione che esca da un qualsiasi
              formulario stereotipato, formulari diversi usati per documentare il medesimo negozio,
              formulari usati indistintamente per negozi differenti. Parlando dei documenti privati
              del periodo longobardo, lo Schiaparelli notava come “un carattere generale, che
              colpisce subito chi li esamina rispetto al formulario, è la varietà dei caratteri
              diplomatici secondo i territori […] e come essi non si possono ridurre ad un unico
              formulario, così non sembra che i loro scrittori avessero un comune modello da
                imitare”<note n="47" type="footnote">L. Schiaparelli, «Note diplomatiche…», a
                p. 219; allo stesso modo l’Autore ricordava il diffuso utilizzo «di due o più
                formulari per lo stesso genere di atto», a p. 228.</note>. Potremmo dunque parlar,
              sulla scorta di Giovanna Nicolaj, di <emph>particolarismo diplomatico</emph>,
              richiamando l’efficace espressione di <emph>particolarismo grafico</emph> designata,
              sempre per i secoli medievali, dal Cencetti<note n="48" type="footnote">G. Nicolaj,
                «Dal particolarismo documentario altomedievale a una nuova unità carolina», in
                  <emph>Die Privaturkunden der Karolingerzeit</emph>, hrsg. von Peter Erhart, Karl
                Heidecker, Bernhard Zeller, Dietikon-Zürich, 2009, pp. 13-22, ora in Ead.,
                  <emph>Storie di documenti…</emph>, pp. 160-169, in particolare pp. 165-166.
              </note>. D’altronde questo fenomeno che, proseguendo nel parallelo paleografico,
              potremmo definire di <emph>corsivizzazione diplomatistica</emph>, ovvero di
              allontanamento e dissoluzione di un “canone” formulare, è altresì influenzato da un
              progressivo processo di contaminazione, sovrapposizione e successive influenze di
              tradizioni giuridiche e formulari fra loro molto differenti. Infatti, come già
              avvertiva l’Astuti, “uno studio sistematico dei diversi formulari locali e regionali e
              dei loro reciproci rapporti, non è ancor stato compiuto; e non occorre sottolineare le
              molteplici difficoltà che questo studio presenterebbe, per le gravi lacune che pur si
              accompagnano alla ricchezza e varietà del materiale documentario, e per le difficoltà
              di classificazione di tutta una serie di formule, vecchie e nuove, di stile e
              particolari […]. Questo studio dovrebbe, d’altra parte, affrontare il problema
              dell’uso della legge romana secondo formulari pregiustinianei, giustinianei, e
              postgiustinianei; poiché non mancano nei documenti italiani tracce anche notevoli di
              diritto teodosiano e di diritto bizantino”<note n="49" type="footnote">G. Astuti,
                «Formulari (storia del diritto)», in <emph>Novissimo Digesto Italiano</emph>,
                vol. 7, Torino, 1961, pp. 585-587, a p. 586.</note>.</p>
            <p>Da qui, comunque, il giudizio severo dei giuristi che a questo tema si sono dedicati
              e con i quali abbiamo voluto aprire questo intervento, per i quali, infatti, “scribi e
              notai ricopiavano e riproducevano senza discernimento il contenuto degli atti più
              antichi, o dei formulari tradizionalmente in uso, senza un preciso riferimento alla
              concreta realtà dei rapporti documentati”<note n="50" type="footnote">G. Astuti,
                  <emph>Lezioni…</emph>, p. 447.</note>. Chi guarda a queste carte con gli occhi del
              diritto classico, o di un qualsivoglia diritto normato con una qualche efficacia, non
              può che provare sorpresa, quando non proprio sconcerto, di fronte a quel procedere
              affannato dei nostri documenti medievali. Non esiste diplomatista che non sia rimasto
              perplesso e indeciso almeno una volta nel tentativo di discernere il negozio
              documentato, e non sia stato costretto, in qualche caso a richiamare direttamente il
              verbo o le clausole originali utilizzate, in luogo di qualsiasi tentativo di
                interpretazione<note n="51" type="footnote">L’uso “spropositato” di “formule” e
                “clausole” «impone grande cautela nell’esame del contenuto giuridico dei rapporti di
                cui le <emph>charta</emph>e medievali ci offrono una documentazione in apparenza
                precisa e completa, ma spesso incerta e non veritiera»: G. Astuti,
                  <emph>Lezioni…</emph>, p. 449; cfr. anche Id., «Formulari…».</note>. E chi le ha
              guardate per maggior tempo, e forse con più attenzione, ha spesso registrato una
              caratteristica tipica nella pratica del notariato medievale: quella di chi, lasciato
              scoperto dalla norma positiva, cerca comunque di proteggere giuridicamente ciò che fa
              e a questo scopo trasforma di fatto il documento in un bacino dove si precipita e si
              ferma tutto il possibile, un arcipelago che raccoglie tutto ciò che può: ciò che è
              ridondante, ciò che non serve, ciò che non esiste più, tutto pur di mettere insieme
              più materiale possibile a protezione e difesa di ciò che si scrive<note n="52"
                type="footnote">Su questo cfr. anche G. Nicolaj, <emph>Lezioni…</emph>, p. 77;
                Ead., «Dal particolarismo…», pp. 163-164.</note>.</p>
            <p>Lo ricordava per la prassi tabellionale ravennate del VI secolo Jan-Olof Tjäder,
              quando scriveva che “i tabellioni non toglievano volentieri dai formulari termini o
              frasi che una volta vi erano state inserite, ed avevano in generale una forte
              inclinazione a conservare le espressioni o le forme già esistenti nei formulari, anche
              se, dal punto di vista contenutistico, un ritocco si rendeva opportuno. Vi era
              certamente in questo loro atteggiamento una buona dose di cautela: non si saranno
              sempre sentiti in grado di giudicare quale cosa dovesse essere cancellata e quale no,
              e avranno allora scelto l’espediente più sicuro”<note n="53" type="footnote">J.-O.
                Tjäder, «Alcune osservazioni…», a p. 36.</note>. E lo richiamava ancora, questa
              volta su un piano storico-istituzionale, Giovanni Tabacco: “Un fatto complesso di
              cultura, non orizzonte elementare di vita, è all’origine dell’ibrido e sconnesso
              linguaggio delle carte e dei diplomi, a noi giunti come testimonianza di quel
              groviglio di ambizioni: carte notarili e di cancelleria, dove le formule si accumulano
              nello sforzo di esprimere volontà perentorie su cose e diritti. Non si tratta soltanto
              della consueta difficoltà di trasporre voleri e propositi in formule, ma di reale
              sovrapposizione di concetti e istituti”<note n="54" type="footnote">Giovanni
                Tabacco, «Ordinamento pubblico e sviluppo signorile nei secoli centrali del
                Medioevo», in <emph>Bullettino dell’Istituto Storico Italiano per il
                Medioevo</emph>, vol. 79 (1968), pp. 37-51, a p. 42.</note>. Mentre su un piano
              squisitamente giuridico ancora l’Astuti si soffermava a considerare la presenza di
              quel “complesso di formule, di clausole, di espressioni tradizionali, riprodotte ed
              usate assai spesso fuori luogo e in modo spropositato […] in quanto sovrabbondante di
              elementi formali e sostanziali di carattere tralatizio”<note n="55" type="footnote"
                >. G. Astuti, <emph>Lezioni…</emph>, p. 449.</note>. Dottrina, questa, raccolta in
              quella mirabile sintesi diplomatistica nota come <emph>teoria
                dell’accrocco</emph><note n="56" type="footnote">G. Nicolaj,
                <emph>Lezioni…</emph>, in partic. pp. 17-19; Ead.., «<emph>Originale, authenticum,
                  publicum</emph>: una sciarada per il documento diplomatico», in <emph>Charters,
                  Cartularies and Archives</emph>, ed. by Adam J. Kosto, Anders Winroth, Toronto,
                2002, pp. 8-21, ora in Ead., <emph>Storie di documenti...</emph>, pp. 113-120; cfr.
                G. Diurni, <emph>Le situazioni possessorie</emph>…, che ricorda che nel periodo
                longobardo-franco nel documento giudiziale, come in quello privato, «è usato un
                formulario del tutto inappropriato che spesso presenta riferimenti e valutazioni non
                attinenti direttamente all’oggetto trattato… questi riferimenti sembrano inseriti
                dall’estensore per dare maggiore spessore e più corpo al documento stesso»,
                p. 198.</note>.</p>
            <p>Si tratta in fin dei conti del medesimo dilemma che già stava di fronte al Tjäder
              quando si domandava: “in questo stato di cose, con formulari difettosi e poco
              coerenti, pieni di espressioni contaminate o anacolutiche, di frasi o parole
              conservate in modo rudimentale e senza significato, di espressioni che non più
              corrispondevano al senso previsto, di frasi completamente insensate […] in questo
              stato dunque non possiamo non domandarci: come funzionava il tutto? Non vi fu mai un
              controllo, non si procedeva mai a una revisione autoritaria dei formulari dal punto di
              vista formale e linguistico? Direi di no: sembra che su questo punto la responsabilità
              sia stata lasciata esclusivamente ai tabellioni”<note n="57" type="footnote">J.-O.
                Tjäder, «Alcune osservazioni…», a p. 40.</note>.</p>
            <p>Perché dunque i notai medievali furono lasciati soli a gestire formule e clausole dei
              documenti; come spiegare il disinteresse del legislatore alla confezione del
              documento, causa prima della progressiva separazione tra norma e formule documentarie
              e che ebbe come ovvia conseguenza proprio il “crollo dei formulari”<note n="58"
                type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, a p. 39.</note> nei nostri documenti
                tabellionali<note n="59" type="footnote">Una spiegazione di carattere geografico
                parrebbe essere adombrata dall’Amelotti che, studiando i papiri documentari egizi
                del secolo <num>vi</num> specificatamente in relazione a possibili richiami e
                collegamenti con le costituzioni giustinianee, sulla scorta delle ricerche dello
                Steinwenter e dello Schiller, arrivava alla conclusione che “i notai copti, pur
                attenendosi alle forme dei documenti tabellionici bizantini, sono sempre più lontani
                nello spirito da Bisanzio e miseri nelle loro conoscenze. I richiami alle leggi sono
                per lo più generici, e possono riferirsi alla Codificazione giustinianea, ma talora
                anche al costume giuridico locale, quando addirittura non sono fantasiosi” (M.
                Amelotti, «Le costituzioni giustinianee nei papiri», in <emph>Akten des XIII
                  Internationalen Papyrologenkongresses, Marburg, Lahn, 2.-6. August 1971</emph>,
                hgg. von Emil Kiessling, Hans-Albert Rupprecht, München, 1974, pp. 27-34, a p. 31,
                concetti ribaditi nell’introduzione alla raccolta di papiri e epigrafi <emph>Le
                  costituzioni giustinianee nei papiri e nelle epigrafi</emph>, a c. di M. Amelotti,
                Giuseppe Ignazio Luzzatto, Milano, 1972).</note>?</p>
            <p>Per rispondere in maniera almeno approssimativamente esauriente a questi quesiti, è
              necessario, come si è detto, inquadrare il problema nella prospettiva, senz’altro più
              adeguata, del valore e dell’importanza riconosciuti al documento scritto nel panorama
              probatorio del processo germanico-medievale (intendendo con questo termine il periodo
              che si conclude con la Rinascita giuridica), cioè nell’ottica lucidamente indicata già
              da Francesco Calasso del “problema storico del rapporto […] indissolubile tra
              documento e processo”<note n="60" type="footnote">F. Calasso, «Accertamento
                negoziale e processuale di diritti nell’alto Medio Evo», in <emph>Annali di Storia
                  del Diritto</emph>, vol. 9 (1965), pp. 169-203, a p. 202.</note>. Né pare
              superfluo a questo proposito ricordare con l’Astuti, che il documento nasce
              soprattutto, anche se non esclusivamente, come <emph>tutela</emph>, e che “i caratteri
              essenziali di un ordinamento si rivelano con chiarezza, prima ancora che nei diversi
              istituti del diritto pubblico e privato, nelle forme storiche della tutela giuridica,
              ossia negli istituti processuali: il processo è infatti il momento fondamentale
              dell’esperienza giuridica, tanto sotto il profilo della tutela e dell’accertamento del
              diritto oggettivo, quanto sotto il profilo della difesa e concreta attuazione dei
              diritti soggettivi”<note n="61" type="footnote">G. Astuti, «Spirito del diritto
                longobardo: il processo ordalico», in Id., <emph>Tradizione romanistica</emph>…, a
                c. di G. Diurni, vol. 1, pp. 83-104, a p. 86.</note>.</p>
            <p>Tra norma e prassi si pone insomma il processo.</p>
            <p>Ed è al processo che a nostro avviso bisogna rivolgersi per capire l’altrimenti poco
              comprensibile atteggiamento del legislatore, molto meno interessato che in passato a
              regolare l’attività del notaio, e l’assoluta libertà con cui questi redige documenti
              utilizzando, magari senza capirle, o semplicemente non utilizzando, formule e clausole
              diversissime per il medesimo negozio o addirittura rimettendo in vita ciò che era
              morto e sepolto da secoli. Quello che nel processo vive è diritto, quello che nel
              processo muore è nulla. Ed è esattamente per questo che si va da un notaio: farsi fare
              un documento significa, nella percezione comune, garantire i propri diritti. Ed è
              dunque nella prospettiva processuale che meglio si può apprezzare quanto, nelle
              diverse epoche, il documento scritto sia stato capace di tutelare i diritti
              vantati.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Il processo germanico</head>
            <p>Com’è noto, il processo longobardo, in quanto sostanzialmente giudizio ordalico,
              risulta diretto “non già all’accertamento della verità dei fatti, alla formazione del
              convincimento del giudice e alla conseguente decisione di merito secondo il diritto,
              bensì unicamente ad un regolamento formale, atto a dirimere la lite mediante un
              giudizio di prova, ossia mediante un provvedimento con cui il giudice regola la prova,
              rimettendo all’esito di un esperimento probatorio di valore definitivo, nelle forme
              tradizionali del <emph>sacramentum</emph> e della <emph>pugna</emph>, la decisione
              della causa”<note n="62" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, alle pp. 88-89. Mentre,
                al contrario, il riferimento costante alla ricerca della «veritas» informa tutto il
                diritto postcostantiniano: cfr. G. G. Archi, «<emph>Civiliter vel criminaliter
                  agere</emph>…», in partic. alle pp.1617ss.; si veda inoltre Luigi De Sarlo,
                «Ancora sulla produzione dei documenti nel processo romano», in <emph>Rivista di
                  diritto processuale civile</emph>, vol. 16 (1939), pp. 272-292; S. Schiavo,
                  <emph>Il falso….</emph></note>.</p>
            <p>Nel sistema normativo longobardo “non sono esplicitati né una precisa funzione né un
              concreto valore del documento in sede processuale, tali per sé comunque da definire la
              lite. Al documento non viene assegnata neppure l’efficacia di piena prova legale o
              almeno di prova, posta su un piano diverso dagli altri eventuali mezzi di prova
              previsti. La prova ordalica, che continua a decidere la lite, non consente neppure di
              apprezzare direttamente la prova per documento”<note n="63" type="footnote">G.
                Diurni, Fiducia. <emph>Tecniche e principi negoziali nell’alto medioevo</emph>,
                Torino, 1992, p. 117.</note>.</p>
            <p>In questo sistema processuale la <emph>charta</emph> non assume quindi mai “il valore
              di prova formale, decisoria della lite; essa costituisce elemento su cui fondare una
              richiesta o una difesa nel processo, da contrapporre rispettivamente all’eccezione o
              alla domanda altrui; il giudizio si risolve in ogni caso con i mezzi di prova
              ordalica, il giuramento e il duello”<note n="64" type="footnote">G. Diurni, <emph>Le
                  situazioni possessorie</emph>…, p. 123.</note>. La consuetudine rimarrà comunque
              nel tempo la “vera ispiratrice di ogni norma”, come dimostra “la sconsolata
              confessione di Liutprando che, pur convinto dell’ingiustizia di affidare al duello la
              definizione di talune delle più gravi controversie, si dichiara impotente ad abrogare
              una consuetudine della sua gente longobarda”<note n="65" type="footnote">E. Cortese,
                «Norma…», a p. 394, in riferimento a Liut. 118. E questa resa riguarda anche la
                prova documentale, la quale «non ha alcun effetto, se non confermata dal giuramento
                purgatorio di parte» (G. Diurni, <emph>Le situazioni possessorie</emph>…, p. 115) in
                riferimento a Liut. 54 (anche rispetto alle posizioni sostenute in Franca Sinatti
                D’Amico, <emph>Le prove giudiziarie nel diritto longobardo: legislazione e prassi da
                  Rotari ad Astolfo</emph>, Milano, 1968, in partic. pp. 287-290); sul ruolo svolto
                dal giuramento nella «cognitio extra ordinem» quale indispensabile integrazione
                della prova derivata dalla <emph>examinatio litterarum</emph> si veda V. Crescenzi,
                «Prime pagine…&#160;», alle pp. 334-335 (con rinvio all’opera del Diurni per la prassi
                giudiziaria longobarda).</note>.</p>
            <p>A dimostrazione di quanto si è venuti sin qui esponendo si può richiamare almeno quel
              particolare procedimento detto per <emph>ostensio chartae.</emph> Lasciando da parte
              la polemica tra chi vedeva in questa procedura una sorta di <emph>processo
                apparente</emph> e chi, al contrario, sosteneva trattarsi esclusivamente della
              caratteristica evoluzione tipologica della documentazione processuale<note n="66"
                type="footnote">Cesare Manaresi, «Della non esistenza di processi apparenti nel
                territorio nel Regno» in <emph>Rivista di storia del diritto italiano</emph>,
                vol. 23 (1950), pp. 179-217 e vol. 24 (1951), pp. 7-45; Id., «Prefazione» in <emph>I
                  placiti del “Regnum Italiae”</emph> a c. di C. Manaresi, vol. 1, Roma, 1955
                  (<emph>Fonti per la storia d'Italia</emph>, 92), pp. <name rend="sc"
                  >vii-xix.</name></note> – totalmente anodina nella nostra prospettiva attuale –,
              importa qui rilevare come tanto più insicura appariva la tutela dei diritti, in un
              sistema probatorio di fatto imperniato su giuramento e duello, tanto maggiore doveva
              manifestarsi la necessità della ricerca di ulteriori garanzie atte a prevenire
              eventuali impugnazioni dei propri documenti. Che potevano essere trovate, ad esempio,
              proprio attraverso questo peculiare processo, il cui scopo era quello di “ottenere la
              pubblica conferma e convalidazione della <emph>charta</emph> concernente un rapporto
              contrattuale non controverso, e con essa l’accertamento del diritto, nella forma della
              decisione giudiziaria su un diritto contestato, mediante <emph>notitia iudicati</emph>
                inattaccabile”<note n="67" type="footnote">G. Astuti, <emph>I contratti
                  obbligatori…</emph>, p. 274.</note>. Con il ricorso all’<emph>ostensio
                chartae</emph> “si dà più forza al documento, attraverso la conferma –
                <emph>confessio</emph> – della parte convenuta della validità della scrittura”<note
                n="68" type="footnote">G. Diurni, Fiducia. <emph>Tecniche e principi</emph>…,
                p. 119; cfr. anche G. Diurni, <emph>Le situazioni possessorie</emph>…, in partic.
                pp. 278-279.</note> consentendo in tal modo di “sostituire una situazione
              giuridicamente certa a una incerta”<note n="69" type="footnote">F. Calasso,
                «Accertamento negoziale<emph>…</emph>», a p. 201; sulla procedura dell<emph>ostensio
                  chartae</emph> si v. anche G. Nicolaj, «Formulari e nuovo formalismo nei processi
                del <emph>Regnum Italiae</emph>» in <emph>La giustizia nell’alto medioevo: secoli
                  IX-XI (11-17 aprile 1996)</emph>, vol. 1, Spoleto, 1997, pp. 347-379, ora in Ead.
                  <emph>Storie di documenti…</emph>, pp. 230-246, in partic. alle pp.
                233-234.</note>: il diritto <emph>incerto</emph>, rappresentato appunto dal
              documento, diviene grazie a questo procedimento assai più sicuro e garantito, perché
              promanato da un diretto delegato dell’autorità pubblica che, in ultima analisi, altro
              non è se non quell’autorità stessa<note n="70" type="footnote">Ovvero «si tende ad
                accertare, senza contrasti, un diritto che si vuole tutelare e rendere definito,
                documentato e opponibile a terzi, perché con altri mezzi non sarebbe più possibile
                garantirne la difesa», A. Campitelli, <emph>Accertamento</emph>…,
              pp. 84-85.</note>.</p>
            <p>A cosa si deve dunque questo sostanziale e sensibile <emph>arretramento</emph> del
              documento scritto dal primo piano del sistema probatorio medievale?</p>
            <p>Per rispondere potremmo prendere ancor oggi a prestito alcune delle conclusioni di
              quella esemplare ricerca dedicata alla gerarchia delle prove che Jean-Philippe Lévy
              condusse nei primi decenni del secolo <num>xx</num>, e che le scoperte contemporanee
              di nuove fonti o le ‘modernissime’ letture di quelle già conosciute<note n="71"
                type="footnote">Scrive G. Tabacco, <emph>I liberi del re nell’Italia carolingia e
                  postcarolingia</emph>, Spoleto, 1966 (<emph>Biblioteca degli Studi
                  Medievali</emph>, 2): «Il fastidio per gli schemi giuridici e l’ardore per una
                storia viva favoriscono la revisione dei concetti tradizionalmente applicati al
                mondo medievale. Ma in questa predilezione per il dinamismo politico e sociale si
                corre il rischio di rinunziare a veder chiaro nel groviglio delle tradizioni
                giuridiche, delle strutture mentali e culturali che in esse si esprimevano e
                attraverso cui le trasformazioni di quella società si effettuavano. Si guarda con un
                certo disdegno alla storiografia che si era impegnata nel descrivere, a guisa di un
                sistema, l’ordinamento in verità piuttosto confuso dell’Europa carolingia e, peggio,
                postcarolingia, ma vi si sostituisce una rievocazione alquanto approssimativa, una
                semplificazione politica dello sviluppo, non pazientemente verificata nelle fonti»,
                p. 198.</note> non hanno scalfito in nulla della loro solidità: “Durant les siècles
              qui suivirent les invasions, les modes de preuve rationnels, écrit et témoignages,
              déclinèrent rapidement, cependant que se développait le rôle et l’autorité des modes
              irrationnels… Quant au duel judiciaire, il devint la preuve des preuves, servant de
              moyen général pour contrôler la valeur des autres preuves, pour <emph>fausser</emph>
              en particulier les écrits et les serments. C’était donc lui qui figurait au sommet de
              la hiérarchie des preuves… Le système établi à la fin de l’époque carolingienne se
              caractérisait donc par la préférence des preuves irrationnelles”<note n="72"
                type="footnote">J.-P. Lévy, <emph>La hiérarchie des preuves dans le droit savant
                  du Moyen Âge</emph>, Paris, 1939, pp. 15, 17.</note>.</p>
            <p>Insomma, nel <num>ix</num> e nel <name rend="sc">x</name> secolo e anche per tutto il
              secolo successivo il documento scritto, ereditato dal mondo romano, viene attirato
              all’interno del sistema probatorio germanico dominato dalle prove irrazionali, dove
              anche l’accusa di falso fatta in giudizio, nella sostanza, altro non è se non “un atto
              per passare alle prove ordaliche”<note n="73" type="footnote">G. Nicolaj, «Il
                documento privato…», a p. 74. In generale si veda poi <emph>La Preuve</emph>, voll.
                1-2: <emph>Antiquité</emph>, <emph>Moyen Âge et temps modernes</emph>, Bruxelles,
                1964-1965. Vero è, del resto, che progressivamente «le prerogative del giudice si
                ampliano e si specificano, divenendo autonome, anche in relazione alla ricerca e
                alla allegazione dei fatti nel processo» e che «l’elemento più rilevante e recepito
                direttamente è proprio il documento, già immediatamente valutabile nella sua
                materialità», anche se «altra cosa è, poi, il valore da assegnarsi al documento per
                l’esito della lite, il cui percorso è e rimane ancorato all’ordalia» (G. Diurni,
                Fiducia. <emph>Tecniche e principi</emph>…, p. 116).</note>.</p>
            <p>Dunque è questo scivolamento verso il basso sopportato dalla <emph>prova
                documentale</emph> nel processo medievale a rappresentare ad un tempo causa ed
              effetto della separazione tra norma e formulario notarile di cui si è parlato.</p>
            <p>Due direttrici strettamente connesse fra loro agiscono, per concludere, sul documento
              notarile: un legislatore che sostanzialmente non prosegue più, non avendone
              l’interesse e la capacità legislativa, nella politica operata a suo tempo dalla
              cancelleria imperiale romana tesa a chiudere il documento all’interno di spazi
              normativi chiari, costringendo il ceto professionale dei tabellioni a confrontarsi con
              precetti che intervenivano direttamente sulla propria attività e sul prodotto finito
              di questa, il documento appunto<note n="74" type="footnote">Interessanti a questo
                proposito appaiono alcune considerazioni proposte da Giovanni Diurni in merito a
                Wid. 5, «capitolo che disciplina il caso di colui che abbia inteso occupare una cosa
                altrui in base ad una carta, nel presupposto che sia noto trattarsi di una
                  <emph>invasio</emph>»: anche in questa norma, infatti, risulta «significativo […]
                che il legislatore si disinteressi del comportamento illegittimo delle parti nella
                costituzione del documento», G. Diurni, <emph>Le situazioni possessorie</emph>…,
                pp. 176-180, in partic. citato alle pp. 176-177. Sull’intervento normativo in età
                carolingia in materia di noai, e di documentazione, si v. Michele Ansani,
                  «<emph>Notarii</emph> e <emph>cancellari</emph> nei capitolari carolingi: una
                rilettura», in <emph>Le Alpi porta d’Europa. Scritture, uomini, idee da Giustiniano
                  al Barbarossa. Atti del Convegno internazionale di studio dell’Associazione
                  italiana dei Paleografi e Diplomatisti (Cividale del Friuli, 5-7 ottobre
                  2006)</emph>, a c. di Laura Pani, Cesare Scalon, Spoleto, 2009, pp. 141-172 e
                bibliografia ivi citata.</note>, e, seconda direttrice, il processo che va
              inesorabilmente germanizzandosi e che mette al centro del sistema probatorio le prove
              ordaliche. Sono queste le cause, crediamo, che hanno giocato a favore di quello che è
              stato autorevolmente definito “il crollo dei formulari”<note n="75" type="footnote"
                >. J.-O. Tjäder, «Alcune osservazioni…», a p. 39.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Il XIII secolo bolognese: la scuola di ars notariæ</head>
            <p>Lo scenario appena abbozzato serve da sfondo e da riferimento storico-giuridico
              all’analisi delle vicende editoriali, scientifiche e politiche che videro contrapporsi
              nella Bologna della metà del Duecento due tra i più grandi maestri di <emph>ars
                notaria</emph>: Rolandino e Salatiele. Da un lato il <emph>principe dei notai
                bolognesi</emph>, dall’altro colui per il quale questo principe non era altro che un
                <emph>lividus hostis</emph><note n="76" type="footnote">Salatiele, <emph>Ars
                  Notarie</emph>, vol. 1, p. 3.</note>. Crediamo infatti che, a conti fatti, la
              storia appena raccontata più che un contorno sia il vero nodo intorno al quale si
              contrapposero i due capiscuola.</p>
            <p>Il periodo storico in cui si cala la loro vicenda, il <name rend="sc"
              >xiii</name> secolo, rappresenta un momento decisivo di ricostruzione del rapporto tra
              legislazione e prassi notarile che si estrinseca nel formulario e che proprio nel
              corso di questo secolo si arricchisce di un altro elemento: la riflessione teorica e
              dottrinale della scuola bolognese<note n="77" type="footnote">Di questa rinnovata
                vitalità e dialettica tra legislazione e documento si possono cogliere qua e là i
                segni in alcune categorie particolari di atti, diverse dai documenti di tipo
                contrattuale. A Bologna, ne è un esempio la documentazione di tipo fiscale: gli
                estimi relativi al censimento promosso dal comune nel 1296, per citare un caso
                specifico, si pongono infatti in strettissima relazione con la normativa statutaria
                in materia, che non solo stabilisce l’obbligo per i cittadini bolognesi di
                sottoporsi al censimento e regolamenta quindi tutta la complessa procedura con cui
                esso deve avere luogo, ma prevede tutta una serie di norme specifiche riguardo alle
                dichiarazioni scritte degli estimandi e alla <emph>forma</emph> di esse. Cfr. su
                questo Rosa Smurra, <emph>Città, cittadini e imposta diretta a Bologna alla fine del
                  Duecento. Ricerche preliminari</emph>, Bologna, 2007 e da ultimo Armando
                Antonelli, Giovanni Feo, Maddalena Modesti, «Filologia e diplomatica: un modello
                bolognese dall’edizione di documenti in volgare (secc. <name rend="sc"
                  >xiii-xiv</name>)», in <emph>Regionale Urkundenbücher. Die Vorträge der 12. Tagung
                  der Commission Internationale de Diplomatique (St. Pölten, 23. bis 25. September
                  2009)</emph>, hg. von Theo Kölzer, Willibald Rosner, Roman Zehetmayer, St. Pölten,
                2010 (<emph>Nöla. Mitteilungen ausdem Niederösterreichischen Landesarchiv</emph>,
                14), pp. 50-85, in partic. alle pp. 59-72.</note>. I maestri di <emph>ars
                notariae</emph>, incoraggiati dal vivace dibattito scientifico che aveva animato lo
                <emph>Studium</emph> e influenzati dai nuovi metodi appresi dal contatto con i
                <emph>doctores</emph>, pongono mano alla loro materia con intenti di
              sistematizzazione scientifica e danno alla luce una lunga lista di formulari e opere
              di stampo più o meno teorico che si susseguono e si rinnovano con ritmo incalzante nel
              corso del secolo, sotto la spinta delle esigenze sempre più pressanti che giungono
              dalla società e dai nuovi organismi di governo comunali. Così vediamo il secolo
              aprirsi con il cosiddetto <emph>Formularium tabellionum</emph> pseudo-irneriano,
              databile tra la fine del <num>xii</num> e gli inizi del <num>xiii</num> secolo,
              seguito qualche anno dopo dalle due importanti raccolte di formule di Ranieri da
              Perugia, il <emph>Liber formularius</emph> (1214-1216) e l’<emph>Ars notariae</emph>
              (avviata già nel 1223, ma ascrivibile agli anni Quaranta del <num>xiii</num> sec.);
              nel 1235 circa è la volta quindi dei formulari di Bencivenne e Martino da Fano,
              accompagnati agli inizi degli anni Quaranta dalla <emph>Summa notariae</emph>
              dell’Aretino (1240-1243) e dalla <emph>Summa</emph> di maestro Zaccaria (seconda metà
              del <num>xiii</num> sec.). Negli stessi anni, e più precisamente nel 1242-1243, vede
              la luce la prima stesura dell’<emph>Ars notariae</emph> di Salatiele, sostituita tra
              il 1242 e il 1254 dalla seconda redazione dell’opera, accompagnata successivamente
              dalla <emph>Summula de libellis formandis</emph> dello stesso autore; il 1255 è invece
              l’anno della <emph>Collectio contractuum</emph> di Rolandino Passaggeri, cui
              seguiranno a distanza di qualche tempo il <emph>Contractus domini Rolandini</emph>
              (fine <num>xiii</num>) e soprattutto la glossa dell’<emph>Aurora</emph> (1273) che
              assieme all’<emph>Aurora novissima</emph> di Pietro d’Anzola e all’<emph>Aurora
                novella</emph> di Pietro Boattieri (fine <num>xiii</num>) confluirà in ultimo nella
                <emph>Summa totius artis notariae</emph> rolandiniana (inizi
                <num>xiv</num> sec.)<note n="78" type="footnote">Per uno sguardo d’insieme sul
                periodo, sui protagonisti e sulle opere, fondamentali rimangono Gianfranco
                Orlandelli, «Appunti sulla scuola bolognese di notariato nel secolo <num>xiii</num>
                per una edizione della <emph>Ars notarie</emph> di Salatiele», in <emph>Studi e
                  Memorie per la Storia dell’Università di Bologna</emph>, nuova serie, vol. 2
                (1959), pp. 3-54, ora in Id., <emph>Scritti di paleografia e diplomatica</emph>, a
                c. di Roberto Ferrara, G. Feo, Bologna, 1994 (<emph>Istituto per la storia
                  dell'Università di Bologna, Opere dei maestri</emph>, 7), pp. 347-398; Id.,
                «Genesi dell’<emph>ars notariae</emph> nel secolo <num>xiii</num>», in <emph>Studi
                  medievali</emph>”, 3ª serie, vol. I (1965), pp. 1-38, ora in Id.,
                  <emph>Scritti</emph>…, pp. 429-466; Id., «Documento e formulari bolognesi. Da
                Irnerio alla <emph>Collectio contractuum</emph> di Rolandino», in <emph>Notariado
                  público y documento privado: de los orígenes al siglo</emph>
                <num>xiv</num>. <emph>Actas del VII Congreso Internacional de Diplomática</emph>,
                vol. 2, Valencia, 1986, pp. 1009-1036, ora in Id., <emph>Scritti</emph>…,
                pp. 529-556; E. Cortese, <emph>Le grandi linee della storia giuridica
                  medievale</emph>, Roma 2000, in particolare pp. 422-423; sulla “battaglia” fra i
                due grandi maestri di <emph>notaria</emph> Salatiele e Rolandino, si v. G. Feo,
                «“Notariati” bolognesi del XIII secolo tra Salatiele e Rolandino. Appunti di
                diplomatica», in <emph>La norma e la memoria. Studi per Augusto Vasina</emph>, a c.
                di Tiziana Lazzari, Leandro Mascanzoni, Rossella Rinaldi, Roma, 2004 (<emph>Nuovi
                  studi storici</emph>, 67), pp. 195-212. Per le edizioni delle singole opere si v.
                rispettivamente: <emph>Wernerii (Irnerii) formularium tabellionum saeculo</emph>
                <num>xiii</num>
                <emph>ineunte in novam formam redactum</emph>, in <emph>Scripta anedocta
                  glossatorum</emph>, prodeunt curante Johanne Baptista Palmerio, Bononiae, 1888
                  (<emph>Bibliotheca Iuridica Medii Aevi</emph>, 1), pp. 9-45; <emph>Die</emph> Ars
                notariae <emph>des</emph> Rainerius Perusinus, hg. von Ludwig Wahrmund, Innsbruck,
                1917 (<emph>Quellen zur Geschichte des römisch-kanonischen Processes im
                  Mittelalter</emph>, 3.2); <emph>Summa notariae annis MCCXL-MCCXLIII Aretii
                  composita</emph>, prodit curante Carlo Cicognario Notario, in <emph>Scripta
                  anecdota glossatorum vel glossatorum aetate composita</emph>, Bononiae, 1901
                  (<emph>Bibliotheca Iuridica Medi Aevi</emph>, 3), pp. 281-332; <emph>Der</emph>
                Ordo iudiciorum <emph>des</emph> Martinus de Fano, hg. von Ludwig Wahrmund,
                Innsbruck, 1906 (<emph>Quellen zur Geschichte des römisch-kanonischen Processes im
                  Mittelalter</emph>, 1.7); Salatiele, <emph>Ars notarie</emph>, a c. di Gianfranco
                Orlandelli, vol. 1: <emph>I frammenti della prima stesura dal Codice bolognese
                  dell'Archiginnasio B. 1484</emph>2, vol. 2: <emph>La seconda stesura dai codici
                  della Biblioteca Nazionale di Parigi Lat. 4593 e Lat. 14622</emph>, Milano, 1961
                  (<emph>Istituto per la storia dell'Università di Bologna, Opere dei
                maestri</emph>, 2); Bencivenne, <emph>Ars notarie</emph>, a c. di Giovanni Bronzino,
                Bologna, 1965 (<emph>Studi e ricerche</emph>, 14); Salatiele, <emph>Summula de
                  libellis</emph>, a c. di Arrigo Grazia, Bologna, 1970 (<emph>Studi e
                  ricerche</emph>, nuova serie, 26); Roberto Ferrara, <emph>La</emph> Summa <emph>di
                  maestro Zaccaria dal ms. lat. 4595 della Biblioteca Nazionale di Parigi</emph>,
                Bologna, 1975 (Estr. da: <emph>Atti dell’Accademia delle Scienze dell’Istituto di
                  Bologna, Classe di scienze morali, Rendiconti</emph>, vol. 63 [1974-75],
                pp. 189-255); Rolandino Passaggerii, <emph>Rolandini Passagerii Contractus</emph>, a
                c. di R. Ferrara, Roma, 1983 (<emph>Fonti e strumenti per la storia del notariato
                  italiano</emph>, 5); cfr. inoltre G. Orlandelli, «&#160;Boattieri Pietro&#160;», in
                  <emph>Dizionario Biografico degli Italiani</emph>, vol. 10, Roma, 1986,
                pp. 805-806; S<emph>umma totius artis notarie Rolandini Rodulphini
                  Bononiensis</emph>, rist. anastatica a c. del Consiglio Nazionale del Notariato,
                Sala Bolognese, 1977 (Ripr. facs. dell’ed. Venezia, 1546); Zaccaria di Martino,
                  <emph>Summa artis notarie</emph>, a c. di R. Ferrara, Bologna, 1993 (<emph>Opere
                  dei maestri</emph>, 6). Per una bibliografia generale sulle edizioni delle opere
                prodotte dalla scuola bolognese di notariato si rinvia anche a G. Orlandelli,
                «Appunti sulla scuola…&#160;», <emph>passim.</emph></note>.</p>
            <p>La produzione di raccolte di modelli di <emph>formulae</emph> ad uso dei notai non è,
              naturalmente, un fenomeno nuovo per il Medioevo<note n="79" type="footnote">Un
                excursus per quanto riguarda il panorama italiano si ha in G. Nicolaj, «Formulari…»,
                in partic. pp. 230-231.</note>. Tuttavia, vale la pena ribadirlo, le opere che
              vedono la luce ora si distinguono perché frutto del clima nuovo prodottosi a Bologna
              con il sorgere prima dello <emph>Studium</emph> e poi della scuola di <emph>ars
                notariae</emph>, che sollecita la riflessione dottrinale anche tra i notai e la
              necessità, avvertita da una parte almeno del composito ceto notarile, di dare
              fondamenta culturalmente più solide alla propria preparazione professionale<note
                n="80" type="footnote">Cfr. Nicoletta Sarti, «<emph>Publicare – Exemplare –
                  Reficere.</emph> Il documento notarile nella teoria e nella prassi del <name
                  rend="sc">xiii</name> secolo», in <emph>Rolandino e l’</emph>ars notaria <emph>da
                  Bologna all'Europa: atti del Convegno internazionale di studi storici sulla figura
                  e l'opera di Rolandino (Bologna… 9-10 ottobre 2000)</emph>, a c. di Giorgio Tamba,
                Milano, 2002 (<emph>Per una storia del notariato nella civiltà europea</emph>, 5),
                pp. 611-665, che ricorda «i formulari e le <emph>summae</emph> che mai come nel
                secolo tredicesimo hanno puntualmente scandito le tappe di una non sempre facile
                mediazione fra le vestigia dell’antica pratica tabellionale, la cui embrionale
                teorica si rivelava vieppiù insoddisfacente, ed un’<emph>ars notariae</emph> di
                recentissimo conio, che aspirava a rileggere ad a reinterpretare ai propri fini
                metodi e conquiste della scienza per eccellenza, quella giuridica celebrata nello
                  <emph>Studium</emph>», a p. 614; cfr. anche Lorenzo Sinisi, «Alle origini del
                notariato latino: la <emph>Summa Rolandina</emph> come modello di formulario
                notarile», in <emph>Rolandino e l’</emph>ars notaria…, a c. di G. Tamba,
                pp. 165-233.</note>. Infatti, è solo a partire dal <num>xii</num> secolo, sotto
              l’evidente influsso della scuola bolognese di diritto, che “assistiamo, secondo il
              preciso giudizio del Brunner, ad un vero e proprio ‘rinascimento diplomatico’,
              caratterizzato dalla introduzione di un nuovo formulario, inconfondibile con i
              precedenti per le clausole, per la terminologia, per lo stile veramente tecnico e di
              intonazione quasi scientifica”<note n="81" type="footnote">G. Astuti, «Formulari…»,
                a p. 587.</note>. D’altra parte, in questa direzione spingevano anche la nascita del
              Comune, che per la sua giovane ma già complessa struttura organizzativa aveva sempre
              più bisogno di notai e, più in generale, la vigorosa accelerazione impressa alle
              attività economiche, commerciali e mercantili, che richiedevano strumenti di tutela
              giuridica aggiornati, cioè in altre parole una adeguata documentazione<note n="82"
                type="footnote">Cfr. su questo anche Silio Pietro Paolo Scalfati, «La materia
                processuale nella scienza giuridica, nei formulari e nella pratica notarile nel
                medioevo», in Sit liber gratus, quem servulus est operatus. <emph>Studi in onore di
                  Alessandro Pratesi per il suo 90° compleanno</emph>, a c. di Paolo Cherubini, G.
                Nicolaj, Città del Vaticano, 2012, pp. 423-430, a p. 424, che ricorda: «A Bologna
                già verso gli inizi del <num>xii</num> secolo oltre al ceto notarile anche le
                autorità accademiche e municipali avvertirono l’esigenza di dare nuovi fondamenti
                alla dottrina, all’attività e all’organizzazione del notariato».</note>.</p>
            <p>E’ questo senza dubbio un tema studiatissimo e largamente sondato dalla medievistica
              contemporanea. Noti sono ormai l’ambiente, le fisionomie dei protagonisti, le linee di
              sviluppo, e pubblicati nella maggior parte dei casi sono i testi e le opere<note
                n="83" type="footnote">Cfr. <emph>supra.</emph></note>. Potrebbe dunque apparire
              inutile, o addirittura velleitario, tornare ancora su questo argomento che fu
              carissimo, tra gli altri, a maestri del calibro di Giorgio Cencetti e Gianfranco
              Orlandelli. Ma esso ci pare estremamente interessante proprio per la nuova attenzione
              che allora si viene riservando alle formule e al dettato dei documenti. Sulla
              concezione e sulla funzione del formulario si giocherà infatti l’aspra partita che
              vede opporsi i due maestri di cui intendiamo qui occuparci, Salatiele e Rolandino.</p>
            <p>Norma e formulario, legge e tutela processuale offerta dal documento. Questo vincolo,
              che il medioevo aveva dapprima allentato e poi progressivamente quasi sciolto, secondo
              un processo le cui linee di fondo abbiamo cercato di ripercorrere sopra, si ripresenta
              ora, nella Bologna del secolo <num>xiii</num>, con tutta la sua forza. Legge e
              formulario, dialettica riemergente e viva. E dirompente al punto da concentrare su di
              sé le migliori menti che secoli di prassi erano stati capaci di forgiare. <emph>Ars
                notariae</emph> e <emph>Summa totius artis notarie</emph>, si misurarono prima di
              tutto e soprattutto sul modo di intendere questo rapporto. È dunque in questa
              prospettiva che vorremmo tornare sul tema e fare ancora qualche osservazione in
              proposito.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">V. Salatiele e Rolandino Passaggeri</head>
            <p>Salatiele e Rolandino: due protagonisti di primo piano della Bologna della metà del
                <num>xiii</num> secolo, due uomini divisi in tutto, nella professione, nel
              magistero, nella politica. Una distanza irriducibile li separa, loro pur così vicini
              nel tempo e nello spazio, una diversità incolmabile e livorosa che affonda le sue
              radici nel diverso modo di intendere la società tutta e le forze che la governano ma
              prima ancora, e soprattutto, nel diverso modo di concepire la propria
                <emph>arte</emph><note n="84" type="footnote">Salatiele e Rolandino sono stati al
                centro degli interessi di Gianfranco Orlandelli che sul tema è tornato a più
                riprese: si vedano in particolare i contributi oggi raccolti in G. Orlandelli,
                  <emph>Scritti…</emph>, a c. di R. Ferrara, G. Feo. Cfr. inoltre Giorgio Cencetti,
                «Rolandino Passaggeri dal mito alla storia», in <emph>Rivista del notariato</emph>,
                vol. 4 (1950), pp. 201-215; sulla figura del Passaggeri la storiografia successiva
                ha scritto molto, approfondendo sia le singole opere da lui prodotte sia gli aspetti
                del Rolandino “politico”, cfr. ad es., senza alcuna pretesa di esaustività,
                  <emph>Rolandino e l’</emph>ars notaria…, a c. di G. Tamba e, da ultimo,
                Autographa, <emph>I.1 Giuristi, giudici e notai (sec.</emph> <name rend="sc"
                  >xii-xvi</name>
                <emph>med.)</emph>, a c. di G. Murano con la collaborazione di G. Morelli, Bologna,
                2012, pp. 22-31.</note>. Sono loro ad incarnare, per buona parte del
              <num>xiii</num> secolo, le diverse anime della <emph>Societas notariorum.</emph></p>
            <p>I fatti e le idee che stanno all’origine della loro contrapposizione sono ormai noti,
              grazie in primo luogo alle attentissime ricerche di Gianfranco Orlandelli, ma non sarà
              inutile ricordarli qui brevemente.</p>
            <p>“<emph>Quadam iuris civilis particula que vulgo dicitur notaria</emph>”<note n="85"
                type="footnote">Salatiele, <emph>Ars Notarie</emph>, vol. 1, p. 3.</note>: in
              queste parole, tante volte ricordate dagli storici, si condensa icasticamente la
              concezione che Salatiele ha dell’<emph>ars notariae</emph>, un brandello di firmamento
              che dal cielo del diritto è caduto e che in quel cielo deve tornare a splendere.
              Coerentemente con questa idea, la sua opera si caratterizza come un “coraggioso
              tentativo d’immettere anche la notaria […] nel sistema della scienza, cosa tanto
              singolare da far sospettare che il Salatiele tenesse cattedra di notariato tra i
                giuristi”<note n="86" type="footnote">E. Cortese, <emph>Il rinascimento giuridico
                  medievale</emph>, Roma, 1992, p. 75; cfr. inoltre Id., <emph>Il diritto…</emph>,
                vol. 2: <emph>Il basso Medioevo</emph>, Roma, 1995, pp. 267-268.</note>.</p>
            <p>Rispetto al panorama coevo, infatti, il testo, specie nella sua prima redazione, si
              distingue subito per l’enorme sproporzione della parte teorica su quella formulare:
              tre libri dedicati alla prima (I: persone, cose, azioni; II: contratti e patti; III:
              testamenti e ultime volontà) e uno solo, che “assume tutto l’aspetto di una appendice
              di documenti apposta ad un trattato, più che di un vero e proprio formulario
                notarile”<note n="87" type="footnote">G. Orlandelli, «Appunti sulla scuola…&#160;», a
                p. 373.</note>, dedicato alla seconda (<emph>De instrumentis confitiendis
                refitiendis et exemplandis</emph>). Se è vero infatti che già il <emph>Liber
                formularius</emph> e l’<emph>Ars notariae</emph> di Ranieri da Perugia “presentano
              sin dall’inizio un carattere sia teorico che pratico, contenendo non solo modelli
              negoziali ma anche spiegazioni di natura teorica relative agli istituti contemplati
              nelle formule stesse”<note n="88" type="footnote">L. Sinisi, «Alle origini…», a
                p. 169: «Il formulario, però non si mostrò così soltanto come uno strumento
                fondamentale per l’esercizio della professione, ma si impose presto anche come
                strumento per l’insegnamento e l’apprendimento nella scuola e nella
                  <emph>stacio</emph> dell’arte notarile».</note>, quello di Salatiele è però un
              vero e proprio “trionfo della teorica sulla pratica”<note n="89" type="footnote">G.
                Orlandelli, «Introduzione» in Salatiele, <emph>Ars notarie</emph>, a c. di G.
                Orlandelli, vol. I, pp. <name rend="sc">v-xxvii</name>, a
              p. <num>xxiv</num>.</note>, nel quale la sezione dottrinale diviene il perno centrale
              attorno al quale ruota tutto il resto, “il verbo stesso di quelle formule che nella
              pratica apparivano spesso usate impropriamente, o corrotte, o fraintese”<note n="90"
                type="footnote">G. Orlandelli, «‘Studio’ e scuola di notariato», in <emph>Atti del
                  Convegno internazionale di studi accursiani (Bologna, 21-26 ottobre 1963)</emph>,
                a c. di Guido Rossi, vol. I, Milano, 1968, pp. 71-95, a p. 78.</note> e che quindi
              dovevano essere ricollocate nella dimensione di una dottrina salda e certa come quella
              di Azzone e di Accursio. Solo adeguando “pratica e teorica del notariato al livello
              della dottrina giuridica”<note n="91" type="footnote">G. Orlandelli, «Genesi…», a
                p. 462.</note>, quelle formule avrebbero potuto ergersi a garanzia certa di diritti,
              farsi baluardo saldo e inattaccabile; solo in questo modo si poteva bandire dal
              notariato quel <emph>turpe crimen artis ignorate</emph> attraverso cui si spalancano
              le pericolose vie che portano al processo, non a caso escluso dal piano editoriale
                dell’opera<note n="92" type="footnote">Ed è il motivo per cui per Salatiele è
                inconcepibile la materia processuale nell’ambito della notaria poiché sarebbe
                inimmaginabile la riflessione sull’istrumento perfetto contemporaneamente
                all’elaborazione di una teorica e di una pratica processuale «che in certo modo
                insegnano a demolire o quanto meno a smontare l’efficacia congenita
                nell’istrumento», ancora G. Orlandelli, «Genesi…», a p. 463. Ma su questo aspetto,
                fondamentale a nostro avviso, torneremo più avanti. </note>. Il salto rispetto ai
              lavori prodotti a Bologna fino a quel momento è completo, e anche i pur notevolissimi
              affondi di Ranieri sul terreno dello <emph>ius civile</emph> appaiono rispetto a
              Salatiele solo timide incursioni.</p>
            <p>Ma si tratta di un salto che non attecchisce nella successiva produzione dottrinale
              della scuola notarile bolognese, se già nel 1255 con l’uscita della <emph>Collectio
                contractuum</emph> di Rolandino si torna all’impostazione tradizionale: in evidente
              polemica con il suo rivale, l’opera del Passaggeri si configura infatti come un puro
              formulario, “una raccolta di documenti deliberatamente nuda di qualunque apparato,
              priva di qualsiasi disquisizione teorica”<note n="93" type="footnote">G. Orlandelli,
                «Documento e formulari…», a p. 554.</note>, che si ricollega direttamente alla
              tradizione locale. Di questa tradizione, radicata nella teorica dei quattro
                istrumenti<note n="94" type="footnote">Cfr. Gianfranco Orlandelli, «Irnerio e la
                teorica dei quattro istrumenti», in <emph>Atti della Accademia delle Scienze
                  dell’Istituto di Bologna, Rendiconti</emph>, vol. 61 (1973), pp. 112-124, ora in
                Id., <emph>Scritti…</emph>, a c. di R. Ferrara, G. Feo, pp. 493-507.</note>,
              Rolandino coglie le fila e diviene anzi il culmine espressivo portando a compimento
              quel processo che aveva avuto avvio già con il <emph>Formularium tabellionum</emph>
              pseudoirneriano e nel <num>xiii</num> secolo si era incarnato quindi in Ranieri da
                Perugia<note n="95" type="footnote">Cfr. S. P. P. Scalfati, «La materia
                processuale…», a p. 429, che definisce l’opera rolandiniana «il più insigne
                monumento del notariato medievale». </note>.</p>
            <p>Certo, l’esperienza di Salatiele – nonostante la sua fin troppo ostentata
                <emph>damnatio memoriae</emph> – non è passata invano e alcuni dei suoi frutti si
              ritrovano proprio nell’opera rolandiniana<note n="96" type="footnote">Cfr. G.
                Orlandelli, «Appunti sulla scuola…&#160;», a p. 385.</note>. Ma non c’è dubbio che quello
              di Rolandino sia un ritorno al passato, un impianto programmaticamente assai più
              conservatore, per quanto denso di cultura tecnico-notarile. La vera novità sta,
              semmai, nella sostanziale apertura all’ambito pubblico e amministrativo, giacché per
              quanto riguarda la distribuzione della materia e soprattutto la piena accettazione
              della materia processuale l’<emph>imperialis auctoritate notarius</emph> non fa che
              portare a compimento i tentativi già messi in atto da Ranieri<note n="97"
                type="footnote">Sulle affinità tra la <emph>Rolandina</emph> e l’opera di Ranieri
                da Perugia si v. ad es. L. Sinisi, «Alle origini…», in partic. a p. 171, che
                sottolinea come, rispetto a Ranieri, «l’unica vera novità» proposta da Rolandino sia
                «l’inserimento di un capitolo autonomo, il decimo, dedicato alle tecniche di
                redazione delle copie degli <emph>instrumenta</emph> e al rifacimento degli stessi
                in caso di perdita e di distruzione».</note>.</p>
            <p>L’esito di questo scontro dottrinale fra <emph>magistri</emph>, ad ogni modo, è noto
              e portò senz’altro alla sconfitta di Salatiele. Sulle ragioni di questo risultato,
              tuttavia, oltreché sui modi e tempi di esso si può ancora discutere, se non altro per
              ripulire un po’ la vicenda da quei luoghi comuni e stereotipi che come polvere nel
              tempo hanno ricoperto le spalle dei suoi protagonisti. Il quadro dipinto dalla critica
              ha invero accentuato in maniera forse eccessiva i toni di questa sconfitta, disegnando
              un Salatiele travolto sul piano scientifico dall’atteggiamento più attuale e moderno
              di Rolandino e costretto ad una resa pressoché immediata. Gli storici hanno teso ad
              evidenziare soprattutto le numerose critiche che l’uscita dell’<emph>Ars
                notariae</emph> dovette subito sollevare<note n="98" type="footnote">Cfr. ad es.
                S. P. P. Scalfati, «La materia processuale…», a p. 427.</note> – la voce di
              Rolandino, nonostante il suo ostentato silenzio in proposito, si percepisce come un
              sottofondo costante – tanto da indurre il suo autore ad una nuova redazione, che si
              presenta smorzata nei toni polemici e parzialmente rivista anche nei contenuti, cui
              l’autore attese tra il 1242 e il 1254. Nemmeno questo tentativo, però, dai risultati
              peraltro piuttosto disorganici<note n="99" type="footnote">Cfr. G. Orlandelli,
                «Appunti sulla scuola…&#160;», alle pp. 383 e 385.</note>, valse all’opera di Salatiele
              un maggior successo di pubblico. L’uscita del formulario di Rolandino nel 1255, ad
              appena un anno di distanza, infatti, avrebbe chiuso del tutto la partita soppiantando
              completamente l’opera del rivale<note n="100" type="footnote">Orlandelli, ad
                esempio, ripercorrendo le tappe redazionali dell’<emph>Ars notariae</emph> di
                Salatiele, sottolinea come essa «nel 1255» sia «già praticamente soppiantata dalla
                comparsa del formulario di Rolandino» (si v. G. Orlandelli, «Introduzione», a
                  p. <num>ix</num>); cfr. anche G. Orlandelli, «Appunti sulla scuola…», a p. 385.
                «L’operazione di Salatiele recava in sé tuttavia una forte contraddizione. Lo studio
                aveva cercato di calare il diritto giustinianeo nella realtà dell’Europa dei secoli
                  <name rend="sc">xi-xii</name>; Salatiele compiva il cammino inverso: adattava o,
                meglio, tentava di inserire il mondo del secolo <num>xiii</num> nella visione
                lucida, ma astratta, del <emph>Corpus iuris.</emph> Il risultato fu un testo
                ineccepibile teoricamente, ma freddo e artificiale nella sua essenza. Esso non
                incontrò il favore del pubblico […]. L’insuccesso di Salatiele fu motivato anche dal
                fatto che nel 1255 uscì il testo di Rolandino, la <emph>Collectio
                contractuum</emph>», G. Tamba, <emph>Una corporazione per il potere. Il notariato a
                  Bologna in età comunale</emph>, Bologna, 1998 (<emph>Biblioteca di Storia Urbana e
                  Medievale</emph>, 11), p. 35.</note>.</p>
            <p>In questa ricostruzione, tuttavia, le figure dei due notai hanno assunto toni un po’
              troppo convenzionali e Salatiele, specialmente, è stato tratteggiato troppo spesso
              come un uomo fuori dal tempo, se non addirittura senza tempo. Un raffinatissimo
              intellettuale, di cui non si mancano di riconoscere la bravura e la capacità di
              analisi, ma di cui si mettono costantemente in luce la tendenza eccessiva
              all’astrazione e l’aristocratico distacco rispetto alle istanze più concrete della
                prassi<note n="101" type="footnote">G. Orlandelli, «Documento e formulari…», a
                p. 533, a proposito dell’opera di Salatiele, scriveva della «sensazione di muoversi
                in un mondo irreale, non corrispondente con precisione a quello cittadino della metà
                del secolo <num>xiii</num> e nemmeno corrispondente, in definitiva, a qualsiasi
                altro mondo esistito mai».</note>. Un uomo sofisticato, freddo e non scevro da una
              certa alterigia, adatto più alle disquisizioni teoriche di un aula che alla realtà
              concreta dei suoi tempi e per questo sostanzialmente isolato nella Bologna degli anni
              ’50 del <num>xiii</num> secolo. Una concezione aristocratica la sua, giudicata
              sostanzialmente avulsa dal mondo pullulante e in rapida trasformazione che lo
              circonda, tanto più se confrontata con il solido pragmatismo di Rolandino<note n="102"
                type="footnote">Cfr. ad es. N. Sarti, «<emph>Publicare – Exemplare</emph>…», a
                p. 622: «Le fortune di questa operazione di altissimo livello scientifico, pur se
                totalmente sorda nei confronti delle istanze provenienti da una scuola e da un ceto
                professionale che cercavano, soprattutto, l’approfondita e aggiornata solidità della
                parte formulare, furono scarsissime. La reazione, ad un tempo politica e di metodo,
                fu cavalcata dal coetaneo e collega Rolandino Passaggeri – notaio dal 1234
                […]».</note>.</p>
            <p>Anche questo, però, crediamo sia un mito da sfatare. Salatiele, è verissimo, rompe
              consapevolmente, anzi programmaticamente con la tradizione formularistica che da
              sempre aveva caratterizzato il notariato, non solo bolognese. Ma l’immagine di
              solitudine scientifica e umana che la storiografia di lui ha tracciato, <emph>sic et
                simpliciter</emph>, appare a nostro avviso troppo riduttiva e limitante. Vi sono
              infatti fonti e circostanze alle quali non si è prestata forse la debita attenzione e
              che, pur non modificando il quadro nel suo insieme, possono servire comunque a dare
              una più compiuta valutazione della sua opera e forse anche a restituire a Salatiele un
              po’ della sua perduta umanità. Soprattutto crediamo che la sua vicenda debba essere
              letta e interpretata, per essere compresa a fondo, alla luce di quel rapporto
              articolatissimo e complesso che storicamente il formulario e il documento
              intrattengono con la legislazione e con il processo.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VI. Le condizioni generali del notariato bolognese</head>
            <p>Anzitutto vi è un fatto, o meglio un antefatto, che va tenuto presente e che a noi
              sembra essere fondamentale: la nuova impostazione che egli dà alla prima redazione
              della sua <emph>Ars notariae</emph> risponde, o almeno tenta di rispondere, ad un
              problema concretissimo e assai vivo a Bologna per lo meno dall’epoca di Ranieri:
              quello della preparazione professionale e del livello culturale dei notai<note n="103"
                type="footnote">Cfr. G. Orlandelli, «Genesi…», a p. 462.</note>. Si tratta di un
              problema serio, divenuto sempre più urgente col rapido evolversi della situazione
              socio-economica e politico-istituzionale e con il parallelo aumento della domanda di
              documentazione. Su questo aspetto è necessario insistere, aprendo qui una breve
              parentesi, perché centrale per capire tutta l’opera di Salatiele, il contesto in cui
              essa si viene ad inserire, gli intenti che la muovono e dunque le ragioni delle scelte
              compiute dal suo autore.</p>
            <p>Di quanto fosse grave il problema, ci si potrà rendere meglio conto dando un occhio
              ai numeri e osservando un po’ più da presso il quadro sociale. La nuova Bologna
              comunale della metà del <num>xiii</num> secolo, che vede la rapida avanzata del ceto
              mercantile e artigianale e la progressiva affermazione politica dei
                <emph>populares</emph><note n="104" type="footnote">Cfr. Antonio Ivan Pini,
                «Bologna nel suo secolo d’oro: da 'comune aristocratico' a 'repubblica di notai'»,
                in <emph>Rolandino e l’</emph>ars notaria…, a cura di G. Tamba, pp. 1-20; Roberto
                Greci, «Bologna nel Duecento», in <emph>Storia di Bologna, 2. Bologna nel
                  medioevo</emph>, a cura di O. Capitani, Bologna 2007, pp. 499-579.</note>, brulica
              di questi tecnici della documentazione. Nella costituenda <emph>repubblica dei
                notai</emph> bolognese, per richiamare la felice espressione coniata da Gianfranco
              Orlandelli, la quantità di tabellioni che si aggirano per le vie della città lavorando
              nelle <emph>stationes</emph> o nei vari uffici comunali raggiunge cifre
              impressionanti, sia in assoluto sia in rapporto alla popolazione allora vivente fra
              città e contado<note n="105" type="footnote">Basti pensare che su una popolazione
                cittadina stimata approssimativamente attorno alle cinquantamila unità alla fine del
                Duecento, la media annua di notai approvati calcolata per il periodo 1219-1283
                risulta di 66,6, «un numero assai elevato anche per una città in fase di crescita
                demografica»; più esattamente «nel primo trentennio (1220-1249) i 1475 notai
                approvati danno una media annua di 49,1 notai. Nel secondo trentennio (1250-1279)
                abbiamo invece 2252 nuovi notai, con una media annua di 75 notai approvati» (R.
                Greci, «Professioni e ‘crisi’ bassomedievali: Bologna tra Due e Quattrocento», in
                Società italiana di demografia storica, <emph>Disuguaglianze: stratificazione e
                  mobilità sociale nelle popolazioni italiane (dal sec.</emph>
                <num>xiv</num>
                <emph>agli inizi del secolo</emph>
                <num>xx</num>): <emph>relazioni e comunicazioni presentate da autori italiani al II
                  Congré Hispano Luso Italià de Demografía Histórica, Savona 18-21 novembre
                  1992</emph>, vol. 2, Bologna, 1997, pp. 707-729, a p. 710. L’importanza anche
                numerica del ceto notarile bolognese è messa in evidenza da numerosi studi, cfr.
                  <emph>Notariato medievale bolognese (Atti del Convegno tenuto a Bologna nel
                  1976)</emph>, vol. 2: <emph>Atti di un convegno, febbraio 1976</emph>, Roma, 1977
                  (<emph>Studi storici sul notariato italiano</emph>, 3), con particolare
                riferimento agli interventi di Roberto Ferrara, Gina Fasoli e Giorgio Tamba;
                  <emph>Liber sive matricula notariorum comunis Bononie (1219-1299)</emph>, a c. di
                R. Ferrara, Vittorio Valentini, Roma, 1980 (<emph>Fonti e strumenti per la storia
                  del notariato italiano</emph>, 4); A. I. Pini, <emph>Città medievali e demografia
                  storica. Bologna, Romagna, Italia (secc. XIII-XV)</emph>, Bologna, 1996
                  (<emph>Biblioteca di Storia Urbana e Medievale</emph>, 10); G. Tamba, <emph>Una
                  corporazione</emph>…</note>, “in netta controtendenza […] con l’andamento
              demografico cittadino che, cresciuto tumultuosamente fra <num>xii</num> e
                <num>xiii</num> secolo, aveva poi subìto un brusco ridimensionamento con la prima
              cacciata dei ghibellini nel 1274 e un vero e proprio tracollo con la peste del 1348 e
              le ondate epidemiche successive”<note n="106" type="footnote">A. I. Pini, «Un
                principe dei notai in una Repubblica dei notai: Rolandino Passaggeri nella Bologna
                del Duecento», in <emph>Nuova rivista storica</emph>, vol. 1 (2000), pp. 51-71, a
                p. 52.</note>. La situazione è stata ben descritta da Gina Fasoli: “I notai […]
              erano presenti in tutti i centri del potere: c’era un notaio in ogni società del
              popolo – di mestiere e d’armi – con funzioni di segretario; c’erano dei notai in tutti
              gli uffici comunali, in tutti i consigli cittadini, in tutte le commissioni tecniche o
              amministrative o politiche, nominati in quanto notai, con funzioni di notai; ma ce
              n’erano anche molti altri, nominati nei vari consigli, nei vari uffici, in quanto
              cittadini noti e stimati”<note n="107" type="footnote">G. Fasoli, «Il notaio nella
                vita cittadina bolognese (secc. <name rend="sc">xii-xv</name>)», in <emph>Notariato
                  medievale bolognese…</emph>, vol. 2, pp. 121-142, a p. 133. Sempre presenti sono,
                per fare solo un esempio, i notai nelle commissioni incaricate dal comune di
                raccogliere le dichiarazioni d’estimo dei cittadini, cfr. R. Smurra, <emph>Città,
                  cittadini…</emph></note>.</p>
            <p>Se ciò è vero, sarebbe però fuorviante immaginarsi un ceto fortemente compatto e
              omogeneo al suo interno. Le ricerche che hanno affrontato il tema della composizione
              sociale del notariato bolognese, ancorché poco numerose e forse un po’ datate, hanno
              infatti messo in luce l’estrema divaricazione e la diversa collocazione sociale ed
              economica dei suoi membri<note n="108" type="footnote">Cfr. G. Fasoli, «Il notaio…».
                Ancora da fare, per quanto assai interessante, è una ricerca sistematica sulla
                situazione socio-economica dei notai bolognesi, intesa come riflesso del successo
                professionale, attraverso le serie documentarie degli estimi, che pure ad un primo
                sommario sguardo sembrano confermare l’ipotesi di un ceto notarile quanto mai
                disomogeneo sotto questo profilo.</note>: accanto a vere e proprie dinastie notarili
              sono sempre più numerosi i casi di <emph>homines novi</emph>, “figli di medici, di
              giudici” ma anche “figli di artigiani che avevano desiderato per i loro figli un
              maggior prestigio sociale”<note n="109" type="footnote">G. Fasoli, «Il notaio…», a
                p. 136.</note>. Un arcipelago vastissimo, verso il quale faceva rotta una larga
              umanità non sempre interessata a praticare concretamente la professione o che non
              faceva della professione l’esclusivo mezzo di sostentamento e che doveva comunque
              confrontarsi con una forte concorrenza interna alla corporazione, come si desume dalla
              presenza negli statuti della società dell’anno 1288 – giustamente messa in rilievo da
              Valentini – di una norma “relativa alla cancellazione dalla matricola di coloro che
              non avessero esercitato l’<emph>officium tabellionatus</emph> o lo avessero fatto solo
              di rado”<note n="110" type="footnote">V. Valentini, «Introduzione», in <emph>Liber
                  sive matricula</emph>…, a c. di R. Ferrara, V. Valentini, pp. <name rend="sc"
                  >xi-xxxv</name>, in partic. a p. <num>xxxi</num>. «Mentre da un lato infatti essa
                costituisce un valido elemento per affermare che i notai che vennero iscritti,
                almeno da tale data in avanti, esercitassero di fatto il tabellionato […] dall’altro
                lascerebbe supporre che per il periodo precedente ciò non fosse sempre avvenuto»,
                  <emph>ibid.</emph> Cfr. del resto il proemio al <emph>Liber sive
                matricula</emph>…, che ci informa del fatto che a Bologna erano oramai «multi [che]
                exercerent offitium notarie de quibus fama non erat quod essent notarii»,
                p. 1.</note>. Accanto a notai affermatissimi e assai attivi sia per numero di
              documenti rogati sia per incarichi pubblici ricoperti, doveva convivere, insomma, una
              fittissima schiera di indistinti e anonimi praticanti la professione con assai minor
                successo<note n="111" type="footnote">Cfr. a titolo di esempio ancora G. Fasoli,
                «Il notaio…», alle pp. 134-135.</note>.</p>
            <p>A questa forte differenziazione sociale interna alla categoria doveva peraltro
              corrispondere una analoga, se non più accentuata, disparità culturale<note n="112"
                type="footnote">Lasciamo da parte qui il problema della cultura letteraria dei
                notai – quella cultura che talvolta trova espressione negli spazi bianchi dei
                registri e delle carte da essi compilati –, perché suscettibile di mutevolissimi
                fattori, spesso indipendenti dalla cultura specialistica e dalla pratica
                strettamente professionale, e perché sostanzialmente estraneo al nostro discorso,
                sull’argomento si v. Massimo Giansante, «I notai bolognesi in età comunale tra
                cultura letteraria e impegno ideologico», in <emph>I quaderni del Mæs/Mediae Aetatis
                  sodalicium, Associazione per lo studio e la diffusione della cultura
                  medievale</emph>, vol. 3 (2000), pp. 65-90..</note>. Una persuasiva descrizione di
              come doveva presentarsi, all’epoca, il panorama culturale offerto dalla <emph>Societas
                notariorum</emph> ci è stata offerta da Roberto Ferrara: “Il rapido incremento del
              ceto tabellionale bolognese, divenuto particolarmente intenso tra gli ultimi decenni
              del <num>xii</num> secolo ed i primi del <num>xiii</num>, aveva certamente acuito il
              divario numerico e culturale fra chi, mettendo a profitto le risorse che un ambiente
              come quello bolognese poteva offrire, aveva con scrupolo cercato di acquisire gli
              strumenti necessari per meglio operare e gli altri invece, certo assai più numerosi,
              che, sulla base della <emph>licentia</emph> conferita dal privilegio, strumentavano
              alle proprie esigenze gli elementari rudimenti di una cultura e di una tradizione
              superate, utilizzando in modo pedissequo formulari correnti, ovvero anche facendo
              ricorso al modello degli <emph>instrumenta</emph> rogati da altri notai”<note n="113"
                type="footnote">R. Ferrara, «“Licentia exercendi” ed esame di notariato a Bologna
                nel secolo <num>xiii</num>», in <emph>Notariato medievale bolognese</emph>, vol. 2,
                pp. 47-120, a p. 82.</note>.</p>
            <p>È possibile quindi mettere a fuoco con un grado maggiore di realismo una umanità dove
              si muovevano e agivano alcune personalità di elevato prestigio, dotate di tutti gli
              strumenti culturali e professionali necessari per essere protagoniste delle epocali
              trasformazioni in atto nella società, accanto alle quali operava però una massa ben
              più ampia di individui che viveva passivamente grazie alla reputazione che altri
              avevano guadagnato e proiettato sull’intera categoria<note n="114" type="footnote"
                >. Nonostante le recenti ricerche condotte da Ugo Bruschi sul rapporto tra la
                dottrina e la prassi documentaria dei notai di Bologna, Imola e Forlì tra la fine
                del <num>xii</num> e la metà del <num>xiii</num> secolo (ma limitatamente ad alcune
                fattispecie documentarie come la compravendita e l’enfiteusi e, soprattutto,
                limitatamente al pochissimo edito), abbiano portato l’Autore a concludere in favore
                della <emph>compattezza</emph> del notariato bolognese di questo periodo (sua
                «l’impressione […] di veder sfilare un esercito, tra <emph>ancien régime</emph> e
                primo periodo napoleonico, in cui si procede compatti […] sublimando l’individualità
                del singolo in un’azione concertata a un solo scopo»; e ancora: «l’impressione che
                la stragrande maggioranza dei notai pensi con una sola testa», U. Bruschi,
                  <emph>Nella fucina dei notai. L’</emph>ars notaria <emph>tra scienza e prassi a
                  Bologna e in Romagna, fine</emph>
                <num>xii</num>-<emph>metà</emph>
                <num>xiii</num> <emph>secolo</emph>, Bologna, 2006 [<emph>Studi e memorie per la
                  storia dell’Università di Bologna</emph>, nuova serie, 1], p. 228); ci pare, al
                contrario, che proprio i dati analitici messi in luce dallo studioso circa l’estrema
                complessità e varietà dei formulari usati, al punto che non solo si fatica ad
                individuare linee di sviluppo o di svolgimento coerenti, ma che addirittura «non
                esistono, praticamente, due atti uguali, neanche tra quelli rogati dai più prolifici
                di essi», inducano a conclusioni del tutto opposte, confermando, di fatto,
                l’immagine di scarsa compattezza di un ceto che si presenta estremamente
                diversificato al suo interno. Tale varietà infatti, più che il segno di un solido e
                acquisito metodo scientifico o di un atteggiamento creativo da parte di un notariato
                che si sente «sicuro di sé» e non «succube della dottrina» (<emph>ivi</emph>,
                p. 237), ci sembra il frutto di quell’approccio fortemente empirico nei confronti
                del formulario e della professione che da secoli caratterizzava una parte almeno del
                notariato bolognese. </note>. E lo iato fra questi due estremi doveva farsi non di
              rado ben visibile. Visibile, e insopportabilmente fastidioso, era di certo questo
              divario agli occhi di due eminenti rappresentanti della cultura bolognese del tempo:
              il <emph>legum professor</emph> Odofredo e il maestro di <emph>ars dictandi</emph>
              Guido Fava. Un giurista e un dettatore figlio di notaio – che per un breve periodo
              della sua vita esercitò a sua volta la professione paterna –, entrambi insigni maestri
              dello <emph>Studio</emph> bolognese e dunque autorevoli esponenti della cultura
              cittadina dell’epoca nelle sue due massime espressioni, il diritto e l’arte del bello
              scrivere. Sono le loro stesse parole, nella loro icastica sinteticità, a restituirci
              un quadro estremamente vivido e efficace della situazione: Odofredo osserva i notai
              della sua città e non vede altro che <emph>rudes tabelliones</emph>; Guido, dal canto
              suo, che probabilmente per necessità finanziarie ricorre <emph>ad tabelllionatus
                artem</emph> e dunque tocca con mano l’ambiente, non risparmia il sarcasmo e li
              paragona ai <emph>cerdones</emph>, i conciatori di pelle, vili artigiani che si
              sollazzano immersi nella <emph>putredinem caninam</emph> del loro lavoro<note n="115"
                type="footnote">Cfr. <emph>Magistri Guidonis Fabe, Rota nova ex codice manuscripto
                  oxoniensi New College 255 nunc primum prodit</emph>, curantibus Alphonso
                P. Campbell et Vergilio Pini, in appendice: Virgilio Pini «La tradizione manoscritta
                di Guido Faba dal <num>xiii</num> al <num>xv</num> secolo», Antonio Saiani, «La
                figura di Guido Faba nel Prologo autobiografico della Rota Nova. Una rilettura»,
                Bologna, 2000, p. 7 § 13: «Ad hec, cum in studio die noctuque sollicite laboraret,
                attenuatum est corpus eius, et ossa cum pelle consilium inierunt, quibus spiritus
                anxietas et animi maceratio sociata pro carnis receptione communiter decreverunt,
                quod dimissis litteris cerdonum sollatio iungeretur, qui per putredinem caninam,
                quibus pelles aptantur que postea dentibus extenduntur, et per puncturam subule
                malum cognitum evitavit. Tandem ad tabellionatus artem recurrens in utraque curia
                magister nominari promeruit magistrorum; sed cum talis actus angustia non modica
                premeretur, tam pro fatigationibus quam pro inimicitiis acquisitis, quia declinare
                nolebat ad dexteram vel sinistram, ad dominum refugium est conversus annis duobus
                pro scriba domini Bononiensis episcopi commorando». A proposito di questo passo
                Saiani (<emph>ibid.</emph>, p. 478 nt. 18) spiega che «La “putredo canina”
                evidenziata da Guido andrà riferita alle fasi più sgradevoli e crude della
                preparazione e concia delle pelli. Il tono sprezzante e il sarcasmo usati
                dall’autore stabiliscono una netta separazione fra la teoria, in cui si svolge
                l’opera dei grammatici, e la prassi che caratterizza quella dei tabellioni
                simboleggiata dalla manualità della “punctura subule”, alludente ai fori praticati
                nella pergamena per farvi passare i nastri dei sigilli: gli uni fruitori di una
                libertas intellettuale immune dalle cure mondane, gli altri coinvolti in “causis
                truffis baruffis vel mendaciis”, e anche per questo motivo considerati “artigiani”
                addetti a una attività vile e meccanica (cerdones) assai più che liberale […]. Il
                tabellionato, dunque è inteso da Guido come un recursus (“ad tabellionatus artem
                recurrens”), quasi un ‘ripiegamento’ su meta meno nobile, sebbene più facile e
                vantaggiosa». Sull’atteggiamento di Guido Fava nei confronti dei notai bolognesi
                cfr. anche Massimo Giansante, «Guido Fava, Boncompagno da Signa e il Comune di
                Bologna. Cultura retorica e istituzioni nella prima metà del Duecento», in
                  <emph>Politica e ‘Studium’: nuove prospettive e ricerche. Atti del Convegno
                  Bologna, 18 ottobre 2003</emph>, Bologna, 2005 (<emph>Studi e Memorie per la
                  storia dell’Università di Bologna</emph>, nuova serie, 10), pp. 47-59, in
                particolare a p. 57.</note>.</p>
            <p>D’altra parte, solo in quest’ottica può essere letta l’istituzione da parte del
              comune del <emph>Liber notariorum comunis Bononie</emph>, divenuto poi
                <emph>matricola</emph><note n="116" type="footnote"><emph>Liber sive
                  matricula</emph>…, a c. di R. Ferrara, V. Valentini.</note>, e la successiva
              trasformazione di quella che in origine era una semplice procedura di accertamento del
              titolo in un vero e proprio esame per l’accesso alla professione. A partire dal 1221
              infatti, alla <emph>licentia et facultas exercendi</emph> rilasciata dall’autorità
              imperiale o, più comunemente, da altra autorità delegata si affiancò una procedura
              volta ad accertare le competenze professionali di base degli aspiranti notai<note
                n="117" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, pp. 62-63.</note>.</p>
            <p>L’esame di notariato fu quindi disciplinato attraverso una serie successiva di norme
              contenute negli statuti bolognesi, al fine di regolamentarlo e renderlo sempre più
              rigido e severo<note n="118" type="footnote">A leggere solamente le varie norme
                previste dagli Statuti bolognesi in materia, si potrebbe ricavare l’impressione di
                una prova ardua e altamente selezionatrice, garanzia effettiva di qualità e di
                competenza. Ma la norma, in questo caso, non ci rimanda che un frammento di una
                realtà assai più complessa e articolata. Cfr. su questo anche A. Antonelli, G. Feo,
                «La lingua dei notai a Bologna ai tempi di Dante», in <emph>La langue des actes.
                  Actes du XI<hi rend="sup">e</hi> Congrès international de diplomatique (Troyes,
                  jeudi 11-samedi 13 septembre 2003)</emph>, Parigi, 2005 <ref
                  target="http://elec.enc.sorbonne.fr/CID2003/antonelli_feo"
                  >http://elec.enc.sorbonne.fr/CID2003/antonelli_feo</ref> (ultima consultazione:
                dicembre 2012).</note>. Nemmeno questi provvedimenti, tuttavia, dovettero essere
              sufficienti a garantire l’effettiva preparazione e la qualità di coloro che, avendo
              superato la prova, si fregiavano del titolo, se ancora Ranieri da Perugia denunciava i
              tanti che ai suoi tempi ricoprivano indegnamente il ruolo e si lamentava degli
                “<emph>hebetes qui commoda pecuniarum assistricis sapientie lumini atque gratie
                preferentes, notarie scientiam, […] usurpare pertentant</emph>”<note n="119"
                type="footnote">R. Ferrara, «“Licentia exercendi”…», a p. 87.</note>, dandoci una
              viva testimonianza di come almeno la parte del ceto notarile culturalmente più
              avvertita si fosse posta il problema del “vuoto culturale che troppe volte forse
              poteva nascondersi dietro le formule solenni dei privilegi e della investitura
                notarile”<note n="120" type="footnote"><emph>Ibid.</emph></note>.</p>
            <p>La situazione, peraltro, non migliorò neppure col passare del tempo, e a
              testimoniarlo è proprio l’indignazione con la quale Salatiele, nella ormai famosa
              glossa <emph>nugis sophisticis</emph><note n="121" type="footnote">«Sophisticis] hoc
                refertur ad illos qui dum corticem .iiij. instrumentorum cordetenus didicerunt sicut
                ediscunt femine <emph>Pater noster</emph> hanelant ad examinationem et hoc faciunt
                nugis falsorum amicorum deceptis qui artem notarie in .iiij. instrumentis consistere
                dicunt; sed dicet aliquis “si nesciunt quare approbantur” respondeo: quia non a
                magistro nec a iudice, sed a falso amico corrupto vel prece vel forte pretio
                commendantur, qui clamat «Pulcre! Bene dixit!», nam dicit falsus amicus «cur ego
                amicum offendam in nugis? Amicum in nugis offendere me?»; qui, nugis non
                consentiendo, eos redarguit, unde dicit; sophisticis: id est sophistarum, est enim
                sophista qui falsis et probabilibus utitur argumentis, id est trufis», Salatiele,
                  <emph>Ars notarie</emph>, a c. di G. Orlandelli, vol. 1, p. 3. Questa glossa è
                stata costantemente al centro delle ricostruzioni storiografiche di Gianfranco
                Orlandelli.</note>, si scaglia contro la pratica oramai endemica di superare alla
              meglio l’esame ‘cantilenando’, alla stregua delle donne che recitano il Padre nostro,
              i rituali quattro formulari in cui di fatto veniva a sintetizzarsi l’intero universo
                documentario<note n="122" type="footnote">G. Orlandelli, «Irnerio e la
                  teorica<emph>…</emph>» e Id., «<emph>Petitionibus emphyteuticariis
                  annuendo.</emph> Irnerio e l’interpretazione della legge <emph>iubemus</emph>
                (C.1.2.14)», in <emph>Atti della Accademia delle Scienze dell’Istituto di Bologna,
                  Rendiconti</emph>, vol. 71 (1984), pp. 51-66 ora in Id., <emph>Scritti</emph>…, a
                c. di R. Ferrara, G. Feo, pp. 509-526.</note>. Del resto, di cosa ci si doveva
              meravigliare: era o no, la <emph>teorica dei quattro instrumenti</emph>, il bagaglio
              culturale principale, se non unico, delle stesse “persone che avrebbero dovuto
              assumersi il compito di garantire la effettiva idoneità e dignità di chi aspirava a
              divenire notaio”<note n="123" type="footnote">R. Ferrara, «“Licentia exercendi”…», a
                p. 101.</note>?</p>
            <p>Proprio qui sta, per Salatiele, la radice del problema. I seguaci del
                <emph>Formularium tabellionum</emph>, lungi dall’essere dei “superstiti ai tempi
                suoi”<note n="124" type="footnote">G. Orlandelli, «Documento e formulari…», a
                p.536.</note>, come li ha definiti Orlandelli, dovevano essere ancora una parte
              assai consistente del ceto notarile e la teorica dei quattro istrumenti, nonostante
              gli sforzi di Ranieri da Perugia, non solo rappresentava ancora per molti di loro la
              base dello svolgimento quotidiano della professione, notoriamente conservatrice e
              tradizionalista, ma, fatto ben più grave, costituiva ancora la parte principale della
              formazione scolastica dei futuri notai<note n="125" type="footnote">A proposito
                della prima opera di Ranieri, ad esempio, si può ricordare che egli «ristrutturando
                […] l’intera materia contrattuale» attraverso le due categorie azzoniane di
                  <emph>dominio diretto</emph> e <emph>dominio utile</emph> «rientrava perfettamente
                nell’ambito della teorica dei quattro istrumenti superando senza apparenti
                difficoltà i molti contrasti che da tempo si agitavano nell’ambito della scuola» (G.
                Orlandelli, «Documento e formulari…», a p. 544). </note>.</p>
            <p>Lo dimostra, tra l’altro, la stessa struttura dell’esame di notariato, che anche dopo
              la riforma statutaria del 1246-1250, come ha sottolineato Orlandelli – con il quale in
              questo caso non possiamo che concordare – si presentava “come sostanzialmente ed
              esclusivamente basato sulla conoscenza del formulario […] orientato verso la
                pratica”<note n="126" type="footnote">G. Orlandelli, «Appunti sulla scuola…», a
                p. 351, nt. 1.</note> ed è per questo che non è pensabile, come invece ha fatto e
              continua a fare certa storiografia locale, che tale riforma possa aver recepito “i
                suggerimenti”<note n="127" type="footnote">L’ipotesi è di Lino Sighinolfi,
                «Salatiele e la sua <emph>Ars notarie</emph>», in <emph>Studi e memorie per la
                  storia dell’Università di Bologna</emph>, vol. 4, Bologna, 1920, pp. 65-149,
                ripresa più recentemente da G. Tamba, <emph>Una corporazione</emph>…, alle
                pp. 33-34.</note> di Salatiele in merito all’esame, potendosi parlare piuttosto “di
              una manifesta influenza, prima di Ranieri da Perugia, e quindi, soprattutto, di
              Rolandino […]”<note n="128" type="footnote">G. Orlandelli, «Appunti sulla scuola…»,
                a p. 351, nt. 1.</note>. D’altronde, come fa notare sempre Orlandelli, è da credere
              che “se la riforma fosse stata affidata o quanto meno se essa avesse subìto una
              notevole influenza delle idee del nostro, essa si sarebbe fondata non già sulla
              effettiva conoscenza del formulario, che è il punto sul quale batte prima Ranieri da
              Perugia e quindi soprattutto Rolandino, bensì su un grosso esame di diritto civile
              imperniato sulla dottrina delle persone, delle cose, e delle azioni nonché sulla
              teorica dei patti e dei contratti, piuttosto che sulla approfondita conoscenza del
              formulario in relazione ai negozi effettivamente vivi nella pratica”<note n="129"
                type="footnote"><emph>Ibid.</emph></note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VII. L’apporto di Salatiele</head>
            <p>Quello della preparazione professionale dei notai non è dunque, attorno alla metà del
                <num>xiii</num> secolo, un problema nuovo per Bologna, come si è visto. Nuova, e
              forse più radicale, è però la risposta di Salatiele. Il <emph>doctor artis
                notarie</emph>, infatti, – ed è ciò che qui ci preme sottolineare – pone sul banco
              degli accusati l’intero modo di far scuola attraverso raccolte più o meno estese di
              formulari, come quelle che fino ad allora avevano rappresentato – e con Rolandino
              torneranno a rappresentare – l’orizzonte indiscusso dell’insegnamento bolognese<note
                n="130" type="footnote">Lo sottolinea anche L. Sinisi, «Alle origini…», a p. 170:
                «[Salatiele], dando, rispetto a quanto fatto dal suo maestro Ranieri, un maggior
                sviluppo alla parte teorica che diventa il vero fulcro della trattazione, si pone in
                accesa polemica con il sistema di insegnamento allora vigente a Bologna basato quasi
                esclusivamente sull’apprendimento del formulario e, di conseguenza, con lo stesso
                sistema di esami che consentiva a soggetti poco meno che digiuni di diritto ed in
                possesso soltanto di una mnemonica quanto acritica conoscenza di alcune formule, di
                ottenere la <emph>licentia</emph> di esercitare la professione notarile».</note>. In
              questo sostanziale appiattimento della notaria sul formulario egli individua la causa
              prima dell’ignoranza e della incompetenza dilaganti nella corporazione, con grave
              rischio della certezza di <emph>acta</emph> e <emph>instrumenta.</emph> Questo spiega
              il suo tono aspramente polemico e, soprattutto, la collocazione emblematica della
              glossa <emph>nugis sophisticis</emph> nel <emph>Proemium</emph> della sua <emph>Ars
                notariae</emph>, che si comprende solo avendo a mente l’importanza fondamentale che
              l’autore attribuiva al problema. Ma questo spiega ancor più la sua scelta di dare
              spazio e attenzione soprattutto alla parte teorico-dottrinale, a scapito di quella,
              senz’altro più elementare e didascalica, formulare-esemplificativa.</p>
            <p>Se letta dunque in questa prospettiva, la nuova impostazione che Salatiele dà al suo
              trattato non ci pare affatto dettata da un atteggiamento intellettualistico e
              aristocratico, come troppe volte e forse un po’ semplicisticamente è stata
                interpretata<note n="131" type="footnote">Questo è diventato quasi un luogo comune
                ripreso puntualmente e senza varianti significative nella storiografia più recente;
                così ad es. N. Sarti, «<emph>Publicare – Exemplare</emph>…», a p. 621, definisce
                ancora Salatiele «un sostenitore di una concezione «aristocratica» del notariato e
                dell’arte notarile».</note>, ma dalla intima convinzione che un vero rinnovamento
                dell’<emph>ars notariae</emph>, un suo innalzamento e consolidamento culturale, non
              possano avvenire se non ristabilendo quel rapporto forte e sostanziale tra diritto,
              legislazione e documento che è, in fin dei conti, alla origine stessa del notariato,
              come si è visto in principio. Il suo non è un rifiuto aprioristico del formulario – e
              come potrebbe esserlo d’altra parte? – ma una visione lucida e a suo modo estremamente
              moderna dei rischi riconnessi ad una concezione troppo schematica e al tempo stesso
              assolutizzante di esso. Se le formule dei documenti non scaturiscono da un rapporto
              vivo con la legge, sia pure quella giustinianea rivista e aggiornata
              nell’interpretazione dei glossatori, da un suo preciso e puntuale rispecchiamento
                nell’<emph>instrumentum</emph>, esse perdono la loro stessa ragione d’essere e
              divengono vuoto formalismo, venendo meno anche la funzione prima che si riconosce
              loro: quella di fare del documento uno strumento inattaccabile di certezza giuridica.
              È per questo che bisogna tornare ad una intima conoscenza del <emph>ius civile</emph>,
              che bisogna studiarlo e analizzarlo a fondo: si parte dalla legge per arrivare al
              formulario e quindi al documento; la strada inversa è senza dubbio più breve, ma non
              porta se non ad un progressivo svuotamento di significato di quelle stesse formule che
              si vorrebbero così padroneggiare più facilmente.</p>
            <p>Certo, è vero, mai come in questo periodo si pone come determinante il problema della
              prassi e delle istanze che, non ancora recepite e stabilizzate in un chiaro e preciso
              quadro normativo, si fanno però avanti con forza dalla parte più viva e dinamica della
                società<note n="132" type="footnote">Il problema è evidenziato in modo concorde da
                tutti gli storici, a partire da Orlandelli.</note>. Quella prassi che già Ranieri
              aveva cercato di conciliare con le formule dei documenti e di cui senza dubbio
              Rolandino saprà farsi ottimo interprete. Ma anche sotto questo profilo va tenuto
              presente, a nostro avviso, che quello di Salatiele non è né un rifiuto totale né un
              disinteresse dal sapore un po’ snobistico. Anzi, in alcuni casi egli dimostra di avere
              ben presente queste istanze: è il caso, ad esempio, nel formulario della
              compravendita, della “clausola per cui il venditore risponde delle sue obbligazioni
              con ogni suo bene” (<emph>sub pena dupli extimationis dicte rei ut pro tempore plus
                valuerit et sub obligatione suorum bonorum</emph>), diffusa nella prassi a partire
              dal secondo decennio del <num>xiii</num> secolo e inserita per la prima volta in un
              manuale di notaria proprio da Salatiele, seguito non casualmente in questo da
                Rolandino<note n="133" type="footnote">Cfr. Salatiele, <emph>Ars notarie</emph>, a
                c. di G. Orlandelli, vol. 1, p. 111 e vol. 2, p. 224 e gl. «bonorum»; S<emph>umma
                  totius artis notarie Rolandini…</emph>, fol. 11-v, «Venditio simplex». Su questo
                si v. U. Bruschi, <emph>Nella fucina…</emph>, pp. 42-43.</note>. O ancora si può
              ricordare l’attenzione particolare che egli dedica ad un contratto molto importante
              nella Bologna universitaria della metà del <num>xiii</num> secolo, come la
              compravendita di libri: non solo egli riprende il riferimento alla cosiddetta
                <emph>consuetudo civitatis Bononie</emph> già previsto, nella clausola relativa
              all’impegno assunto dal venditore di rispondere per l’evizione e i vizi della cosa
                (<emph>promittens idem venditor pro se suisque heredibus stipulanti de victio et
                evictione ipsius libri secundum usum et consuetudinem civitatis Bononie</emph>), da
              «un personaggio minore come Bencivenne, normalmente ricondotto
                all’<emph>entourage</emph> dei discepoli di Ranieri»<note n="134" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, p. 47; si vedano anche le pagine seguenti.</note>, ma
              «coglie anche l’opportunità offerta dal suo apparato di glosse per illuminare il
              lettore anche sul contenuto dell’evocata consuetudine bolognese» (gl.
                <emph>Bononie</emph>), tanto che è solo grazie a lui che oggi sappiamo in cosa
              consistesse, e inoltre «procede ad una descrizione più precisa dell’oggetto del
                contratto»<note n="135" type="footnote">U. Bruschi, <emph>Nella fucina…</emph>,
                p. 48.</note> rispetto a quanto non avesse fatto Ranieri. Tutti elementi che, ancora
              una volta, saranno ripresi da Rolandino<note n="136" type="footnote">Cfr. Salatiele,
                  <emph>Ars notarie</emph>, a c. di G. Orlandelli, vol. 1, pp. 159-161 e S<emph>umma
                  totius artis notarie Rolandini…</emph>, fol. 64-v, «Instrumentum venditionis
                librorum». Sempre nel caso della compravendita di libri, inoltre, è interessante
                questo rilievo di Bruschi: «da un lato egli [Salatiele] pone in secondo piano la
                presenza del fideiussore, citandola solo, quasi in margine
                  dell’<emph>instrumentum</emph> proposto, come una possibilità («si autem dabitur
                fideiussor», Salatiele, <emph>Ars notarie</emph>, a c. di G. Orlandelli, vol. 1,
                p. 161); dall’altro, immediatamente, evidenzia che questa presenza è consueta nella
                prassi («quod plerumque accidit»: <emph>ibid.</emph>, gl. «fideiussor»)». La prassi
                dunque è ben nota, ma si dà a essa il giusto peso nell’economia del trattato. Del
                resto, si potrebbero citare altri casi simili. Eloquente ad esempio quello
                dell’enfiteusi: la definizione del contratto che egli dà sembrerebbe a prima vista
                meno avanzata di quella offerta da Ranieri, ponendo ancora al centro la funzione di
                miglioramento del bene; tuttavia se dalla sezione teorica si passa a leggere
                  l’<emph>instrumentum emphyteosin</emph> concretamente proposto da Salatiele si
                nota come il riferimento all’obbligo di miglioramento del bene sia sparito dal
                formulario, conformemente a quanto avveniva di fatto nella pratica (cfr. U. Bruschi,
                  <emph>Nella fucina…</emph>, p. 71). Sempre a proposito di enfiteusi, «Salatiele
                non introduce grandi novità rispetto alla dottrina precedente» per quanto riguarda
                gli obblighi dell’enfiteuta; nondimeno, a lui si debbono due riferimenti forse non
                di primo rilievo, ma che si ritrovano senz’altro nella pratica e avranno ulteriore
                sviluppo in Rolandino, come il riferimento all’avvenuto pagamento della somma alla
                presenza non solo dei testimoni ma anche <emph>coram me notario</emph> – che, sia
                detto senza polemica, ci sembra una concreta preoccupazione di certezza giuridica
                più che «un piccolo, ulteriore segno, dell’orgoglio di una classe in continua
                ascesa» – e soprattutto il richiamo alla rinuncia alle eccezioni relative al
                pagamento del “prezzo” da parte dell’enfiteuta, si v. Salatiele, <emph>Ars
                  notarie</emph>, a c. di G. Orlandelli; U. Bruschi, <emph>Nella fucina…</emph>, in
                particolare pp. 179-180 e cfr. anche pp. 185, 187. Salatiele è inoltre il primo a
                mettere in rilievo il valore economico delle eventuali migliorie apportate al bene
                dall’enfiteuta al momento del rinnovo dell’enfiteusi stessa: un rilievo che assume
                importanza parallelamente alla scomparsa dell’obbligo di miglioramenti verificatasi
                nella prassi, cfr. <emph>ibid.</emph>, p. 188. </note>.</p>
            <p>Il fatto è, però, che nella visione di Salatiele la prassi, proprio per il suo essere
              soggetta alle istanze più mutevoli della società, per il suo incessante divenire, non
              può fornire al documento quell’appiglio giuridico forte e certo che invece viene ad
              esso dal diritto civile, stabilizzatosi nella glossa accursiana e nella
                <emph>Summa</emph> di Azzone: nel mondo in perenne trasformazione e continuo
              cambiamento che lo circonda solo una piena aderenza delle formule alla roccia salda e
              ferma del <emph>ius civile</emph> è in grado di conferire davvero al documento quella
                <emph>firmitas</emph> e quella <emph>fides</emph> inattaccabili cui in definitiva
              ambisce ogni <emph>instrumentum.</emph> Questo è il motivo per cui la prassi, per
              quanto importante, non può divenire il faro principale sul quale orientare il dettato
              dei documenti ma deve essere letta e meditata anch’essa alla luce del diritto
                positivo<note n="137" type="footnote">Cfr. ad es. U. Bruschi, <emph>Nella
                  fucina…</emph>, p. 166 n. 77, circa il ruolo del consenso del capitolo nelle
                enfiteusi ecclesiastiche, ricondotto inizialmente da Salatiele alla consuetudine ma
                riletto alla luce del diritto canonico.</note>.</p>
            <p>Né d’altra parte ha senso, ci pare, affermare che «Salatiele compie rispetto ai
              colleghi il massimo sforzo di avvicinamento alla <emph>iuris civilis sapientia</emph>
              insegnata nello Studio, ma perde di vista la realtà della pratica e la specificità
              della sua arte, riducendola ad ancella del diritto civile»<note n="138"
                type="footnote">N. Sarti, «<emph>Publicare – Exemplare</emph>…», a p. 621.</note>,
              ponendo così la questione nei termini di una autonomia e dignità delle singole
              discipline come quella che tanto spesso affanna noi moderni. Se è vero, infatti, che
              Rolandino ha una visione della notaria come arte in sé e per sé, fondata
              essenzialmente sulla conoscenza del formulario, per Salatiele l’idea che essa sia così
              intimamente legata, e foss’anche subordinata, al diritto non è affatto uno svilimento
              vista la nobilissima concezione che ha del <emph>ius civile</emph>, ritenuto
              addirittura una parte del firmamento! Al contrario, egli ha della sua arte un’idea
              tanto alta da perseguire l’obiettivo ambiziosissimo – forse troppo, questo fu il suo
              vero limite –, di renderla ancora più nobile e vicina a Dio attraverso la creazione
              “di un <emph>instrumentum</emph> tetragono ad ogni attacco”<note n="139"
                type="footnote">A. Antonelli, G. Feo, M. Modesti, «Filologia e diplomatica…», a
                p. 71.</note>, quale solo poteva essere quello scaturito da una piena aderenza al
                <emph>ius civile.</emph></p>
            <p>Per questo stesso motivo, e qui veniamo al dunque, non è nemmeno concepibile per
              Salatiele che nella notaria trovi spazio la materia processuale, a meno che
                <emph>l’ars notariae</emph> non rinneghi se stessa<note n="140" type="footnote"
                >. Cfr. G. Orlandelli, «Genesi…», a p. 463. Concetto ribadito più recentemente anche
                da S. P. P. Scalfati, «La materia processuale…», a p. 427: «Partendo infatti
                dall’assunto che l’<emph>ars notaria</emph>, basata essenzialmente sul <emph>Corpus
                  iuris</emph> e sulla sua “interpretatio” storica, ha il compito di insegnare ai
                notai tutti i modi e le tecniche per redigere l’istrumento perfetto, laddove la
                dottrina e la prassi giudiziaria mirano per loro natura a distruggerne la forza
                giuridica, Salatiele diede al suo libro una impostazione rigorosamente civilistica e
                – discostandosi decisamente dalla pratica del tempo – prese in considerazione
                soprattutto le azioni contrattuali dell’uomo, al fine non soltanto di conservarne
                intatti il valore e la memoria ma anche di far sì che “sopiuntur lites, iurgia
                evanescunt”».</note>. Non vi è dubbio che anche da questo punto di vista Rolandino
              incarni una realistica coscienza dei tempi che sfugge completamente a Salatiele,
              saldamente ancorato all’idea che il notaio debba “conoscere alla perfezione i diritti
              e i doveri della parti, le azioni e le eccezioni; ma di esse si dovrà servire per
              armare la torre dell’instrumento non per demolirla”<note n="141" type="footnote">G.
                Orlandelli, «‘Studio’ e scuola…», a p. 92, e Id. «Genesi…», alle pp. 463-464. A
                questo proposito è molto probabile, come afferma sempre lo studioso in Id., «Appunti
                sulla scuola…», a p. 381, che non siano mancate a Salatiele accuse più o meno
                velenose di «minore familiarità» con la materia processuale, vero motivo, secondo i
                suoi detrattori, fra cui il solito Rolandino, per cui questa parte fu esclusa dal
                piano dell’opera. A tali accuse, però, Salatiele rispose successivamente con la
                pubblicazione della <emph>Summula de libellis formandis</emph>, tesa proprio a
                «dimostrare, attraverso un’altra e nuova opera […], la buona conoscenza che aveva
                anche di questa materia» (<emph>ibid.</emph>, pp. 383-384).</note>. Il processo è
              considerato infatti una “manifestazione patologica dell’esistenza del documento
              notarile, imputabile ad una non corretta osservanza dei principi romanistici”<note
                n="142" type="footnote">N. Sarti, «<emph>Publicare – Exemplare</emph>…», a
                p. 622.</note> o, in altre parole, e per tornare ad insistere sul punto che ci pare
              nodale, ad un mancato rapporto tra <emph>formulario</emph> e
                <emph>legislazione.</emph></p>
            <p>Tutto diverso, opposto si direbbe, l’atteggiamento di Rolandino riguardo a questo
              problema. A fronte di “una umanità che non si limitava ad esporre in modo più o meno
              chiaro le sue volontà nella <emph>statio</emph> del notaio, ma che gridava pazzamente
              le sue ragioni nell’aula del tribunale”<note n="143" type="footnote">G. Orlandelli,
                «‘Studio’ e scuola…», a p. 81.</note>, come ha efficacemente rilevato Orlandelli,
              comprende perfettamente l’ineluttabilità di un allargamento alla materia processuale
              e, non senza una buona dose di lungimirante pragmatismo, scorge anche tutti i vantaggi
              che da ciò sarebbero potuti derivare alla corporazione, in un momento storico
              caratterizzato da traumatiche e continue trasformazioni degli equilibri di potere.</p>
            <p>La strada imboccata dal <emph>principe dei notai</emph> risulterà quindi nella
              Bologna popolare del settimo decennio del <num>xiii</num> secolo più economica e
              soprattutto più funzionale. Nessuno strappo violento e radicale con il passato, anzi
              un pieno ritorno “allo schema formularistico della tradizione: egli effettivamente
              insegnava in una scuola professionale e badava quindi a fornire gli strumenti più
              adatti ai professionisti”<note n="144" type="footnote">E. Cortese, <emph>Il
                  rinascimento…</emph>, p. 75; cfr. inoltre Id., <emph>Il diritto…</emph>, vol. 2,
                pp. 267.</note>. Un programma didattico concentrato essenzialmente sullo studio dei
              contratti concretamente attuati nella pratica<note n="145" type="footnote">Da qui
                deriva alla <emph>Collectio contractuum</emph> anche una certa patina di
                  <emph>bolognesità</emph>, che rappresenta ben più di «un tocco di colore», come
                qualcuno invece ha voluto interpretarla (cfr. G. Tamba, <emph>Una
                  corporazione</emph>…, p. 36): «non pochi, infatti, e significativi sono i rinvii
                che troviamo nella <emph>Rolandina</emph> al diritto bolognese sia statutario […]
                che consuetudinario» (L. Sinisi, «Alle origini…», a p. 171), che dovettero risultare
                molto utili ai tabellioni bolognesi e costituire per essi un ulteriore elemento di
                forte identificazione e partecipazione; su questo cfr. anche G. Cencetti, «Rolandino
                Passaggeri…», a p. 206.</note> e tradotti in quelle formule che da sempre, sul piano
              linguistico, si esprimevano con un latino “del tipo formulare-ripetitivo, lingua
              appresa una volta per tutte in fase di tirocinio”<note n="146" type="footnote"
                >. Giampaolo Ropa, «Sulla lingua e su alcuni modelli espressivi delle più antiche
                carte bolognesi (secoli <name rend="sc">x-xii</name>)», in <emph>Studio bolognese e
                  formazione del notariato. Convegno organizzato dal Consiglio notarile di Bologna
                  con il patrocinio dell’Università degli Studi di Bologna, Bologna 6 maggio
                  1989</emph>, Roma, Milano 1992 (<emph>Studi storici sul notariato italiano</emph>,
                9), pp. 69-115, a p. 102.</note>. Il tutto raccolto, commentato ed esemplificato in
              un comodo e ricco prontuario adatto all’uso di studenti e praticanti, qual è, di
              fatto, la <emph>Collectio contractuum.</emph> Semplicità, accessibilità e
                immediatezza<note n="147" type="footnote">Sulla <emph>semplicità</emph> dell’opera
                di Rolandino si vedano, da ultimi, Antonio Padoa Schioppa, «Profili del processo
                civile nella <emph>Summa artis notarie</emph> di Rolandino», in <emph>Rolandino e
                  l’</emph>ars notaria…, a cura di G. Tamba, pp. 583-609 e L. Sinisi, «Alle
                origini…».</note>: sono dunque questi gli ingredienti che decreteranno il successo
              dell’opera di Rolandino in quella parte della corporazione da sempre poco avvezza a
              salti e visuali teoriche di spessore<note n="148" type="footnote">Su questo
                argomento G. Nicolaj, <emph>Cultura e prassi di notai preirneriani. Alle origini del
                  rinascimento giuridico</emph>, Milano, 1991 (<emph>Ius nostrum</emph>, 19), che
                riferendosi agli anni immediatamente precedenti Irnerio afferma che la cultura
                notarile bolognese «è ferma e salda ad un risoluto pragmatismo, aliena da avventure
                e perciò in qualche modo conservatrice e vischiosa», p. 8. Caratteristiche che,
                nonostante gli importantissimi <emph>salti</emph> compiuti dal notariato bolognese
                nel corso dell’<num>xi</num> e del <num>xii</num> secolo sul piano giuridico
                diplomatistico (l’interessantissimo uso delle <emph>cartule conveniencie</emph>),
                grafico (la scrittura innovatrice di alcuni notai sullo scorcio del
                  secolo <num>xi</num>, fino alla <emph>svolta carolina</emph> di Angelo),
                linguistico (la nuova lingua dei documenti di Angelo e Bonando), rimangono vive
                ancora nel <num>xiii</num> secolo almeno in una parte, non poi così insignificante,
                del ceto notarile.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusioni</head>
            <p>Non vi è dubbio che in questa differente visione della notaria risiedano le ragioni
              profonde del dissidio tra Rolandino e Salatiele e del loro destino scientifico.
              Tuttavia, non sarebbe corretto affermare che l’uscita della <emph>Collectio
                contractuum</emph> abbia decretato sul piano scientifico la fine di Salatiele. Certo
              influì su di essa, ma nei fatti non basta a spiegarla.</p>
            <p>Significativi ci paiono in tal senso soprattutto i dati relativi all’attività
              didattica dei due maestri, finora sostanzialmente trascurati dalla critica. Il
                <emph>Liber sive matricula</emph> ci tramanda infatti l’elenco degli allievi
                <emph>representati</emph><note n="149" type="footnote">Sull’argomento si v. ancora
                l’introduzione di V. Valentini, «Introduzione», alle pp. <name rend="sc">xxiii-
                  xxiv.</name></note> dai due rivali all’esame di notariato e, mettendoli a
              confronto fra loro, ne emerge uno scenario interessante e in parte forse inaspettato.
              Le cifre ci attestano infatti l’enorme successo che riscosse l’insegnamento di
              Salatiele, un successo pari se non addirittura maggiore a quello ottenuto da Rolandino
              ma soprattutto, ed è un rilievo fondamentale, ininterrotto, visto che perdurò anche
              dopo l’uscita editoriale della <emph>Collectio contractuum</emph> nel 1255. Vediamo
              infatti affollarsi i banchi della sua scuola almeno fino al 1260-1261<note n="150"
                type="footnote">Nello specifico dalla matricola dei notai bolognesi leggiamo che
                per l’anno 1257 gli aspiranti notai rappresentati da Salatiele sono ben 36 a fronte
                dei 6 di Rolandino, vantaggio testimoniato anche per il 1259 dove si contano 101
                notai da parte di Salatiele contro i 95 di Rolandino mentre nel biennio 1260-61
                iniziano a scorgersi i primi segni del declino di Salatiele che rappresenta soltanto
                23 notai rispetto a Rolandino che ne conta 29; si v. <emph>Liber sive
                  matricula</emph>…, a c. di R. Ferrara, V. Valentini, cfr. anche A. I. Pini, «Un
                principe…», a p. 60. In tal senso ci pare interessante anche rilevare quanto emerso
                nella discussione generale seguita agli interventi della giornata a proposito della
                notevole diffusione che l’opera di Salatiele ebbe fuori d’Italia e in particolare in
                Spagna, nel regno di Castiglia, dove influenzò le <emph>Siete Partidas</emph> di
                Alfonso X, cfr. qui L. Pardo, <ref
                  target="http://elec.enc.sorbonne.fr/cid2012/part9"
                  >http://elec.enc.sorbonne.fr/cid2012/part9</ref></note>.</p>
            <p>In aggiunta, non pare privo di una sua importanza il fatto che Salatiele, così
                <emph>metafisico</emph> nella nostra storiografia, nello stesso periodo abbia
              ricoperto incarichi di primo piano all’interno della Società dei notai, dove fu eletto
              console e massario ancora negli anni Sessanta. Una circostanza, anche questa, che vale
              senz’altro a dimostrare il prestigio di cui il maestro continuava a godere agli occhi
              dei contemporanei ben oltre il termine storiograficamente fatidico del 1255<note
                n="151" type="footnote"><emph>Liber sive matricula</emph>…, a c. di R. Ferrara, V.
                Valentini, pp. 160ss. e 203ss. Lo ricorda, inoltre, da ultimo: G. Tamba, «Rolandino
                nei rapporti familiari e nella professione», in <emph>Rolandino e l’</emph>ars
                notaria…, a cura di G. Tamba, pp. 75-118, a p. 114. È possibile, peraltro, che a
                questa carriera interna alla Società dei notai abbia giovato, almeno in parte, il
                fatto che Salatiele nella seconda redazione della sua opera avesse abbandonato i
                toni più duri e taglienti di denuncia.</note>.</p>
            <p>Quali dunque, in ultima istanza, le ragioni della sconfitta di Salatiele? Ci pare che
              esse vadano ricercate anche fuori dalla scuola. È sul piano politico, infatti,
              fomentato dall’insanabile rivalità scientifica, che si giocherà l’ultima pesante
              battaglia tra i due maestri bolognesi, schierati ancora una volta su opposte fronde.
              Tanto è stato scritto sull’argomento, perciò basterà ricordare qui i fatti
              principali.</p>
            <p>In quegli anni ’60 del Duecento durante i quali avvampa a Bologna – e specie attorno
              allo <emph>Studium</emph>, vero e proprio volano dell’economia cittadina<note n="152"
                type="footnote">Cfr. A. I. Pini, «Bologna nel suo secolo<emph>…</emph>», a
                p. 13.</note> – lo scontro tra fazioni avverse e le forze del popolo, guidate dalla
              Società dei notai, sono ormai ad un passo dal conquistare il governo della città,
              Salatiele, coerente con la sua visione del mondo e della società, rimane fedele alla
              fazione dei Lambertazzi<note n="153" type="footnote">Come precisa A. I. Pini,
                «Bologna nel suo secolo…», a p. 13, cui si rinvia anche per il quadro storico
                generale, sarebbe erroneo identificare <emph>tout court</emph> i Lambertazzi con i
                ghibellini. </note> e al partito aristocratico che fino ad allora aveva retto il
              comune. Legato ad un’idea ormai sorpassata della società posta sotto la guida
              illuminata dell’Imperatore, garanzia suprema di ordine e stabilità attraverso la
              legge, prima ancora che mediante le armi, e fonte stessa dell’esercizio notarile, non
              può riconoscersi nel nuovo mondo che si sta affacciando alle porte e a cui guarda anzi
              con timore e sospetto. Un’idea destinata fatalmente ad essere travolta assieme ai suoi
              sostenitori, a cominciare proprio da quell’illustre maestro di notaria che, sebbene
              non avesse avuto una parte di primo piano nei fatti di quel periodo, rappresentava per
              Rolandino prima di tutto un nemico personale.</p>
            <p>E’ soltanto a partire da questo momento, infatti, che la fortuna di Salatiele inizia
              ad offuscarsi: nel 1264 è iscritto nell’elenco dei soggetti tenuti a pagare una
              colletta imposta dai Geremei alla parte avversa, nel 1265 è inserito nelle liste di
              proscrizione e condannato al bando assieme al resto dei “ghibellini” bolognesi, nel
              1277 risulta ancora fra i confinati<note n="154" type="footnote">Cfr. G. Orlandelli,
                «Introduzione», a p. <num>xxii</num>; sulle liste di proscrizione di questo periodo
                si v. Giuliano Milani, «Il governo delle liste nel comune di Bologna. Premesse e
                genesi di un libro di proscrizione duecentesco», in <emph>Rivista storica
                  italiana</emph>, vol. 108 (1996), pp. 149-229; Id., «Dalla ritorsione al
                controllo. Elaborazione e applicazione del programma antighibellino a Bologna alla
                fine del Duecento», in <emph>Quaderni storici</emph>, vol. 94 (1997),
                pp. 43-74.</note>.</p>
            <p>Nei fatti, dunque, Salatiele cade vittima della persecuzione politica messa in atto
              dai Geremei, che non conobbe perdono e non si arrestò nemmeno sulle soglie della
              scuola, “atteggiamento che non appare giustificabile se si considera la modestissima
              rilevanza politica di Salatiele rispetto a Rolandino, ma che appare motivata a chi non
              dimentica le ragioni intime del dissidio e l’irriducibile divergenza di principii fra
              i due”<note n="155" type="footnote">G. Orlandelli, «‘Studio’ e scuola…», a
                p. 94.</note>. Una condanna durissima che poi, come un’ombra cupa, si allungherà su
              tutta la sua figura e la sua opera scientifica.</p>
            <p>È invece proprio a questo nuovo mondo e alle forze che lo animano che guarda
              Rolandino, come all’unico capace di riempire quel vuoto di potere e di legittimità
              lasciato aperto dall’inesorabile declino dell’autorità imperiale. Dopo la vittoria del
              partito antimagnatizio negli anni Sessanta e la successiva cacciata dei Lambertazzi
              ghibellini dalla città negli anni Settanta e Ottanta del <num>xiii</num> secolo,
              Rolandino diventa quindi il punto di riferimento dottrinale e organizzativo del
              notariato bolognese, finalmente pronto a porsi alla guida della macchina
              amministrativa e giudiziaria del nuovo comune<note n="156" type="footnote">Punto di
                riferimento sull’argomento M. Giansante, <emph>Retorica e politica…</emph>, e
                recentemente Id., «Rolandino e l’ideologia del comune del popolo. Dallo statuto dei
                cambiatori del 1245 a quello dei notai del 1288», in <emph>Rolandino e l’</emph>ars
                notaria…, a cura di G. Tamba, pp. 49-74.</note>.</p>
            <p>Grazie a questo “antico maestro di notaria fattosi capoparte e capopopolo”<note
                n="157" type="footnote">G. Cencetti, «Rolandino Passaggeri…», a p. 214.</note>,
              come lo ha definito Cencetti, il notariato bolognese acquisisce un ruolo centrale
              nell’ambito cittadino, possibile proprio in virtù di quella impostazione teorica che
              estendeva senza remore l’ambito di intervento del notaio al processo e
              all’amministrazione pubblica in genere, ma che, d’altra parte, si sostanziava in un
              ritorno alla scuola del formulario.</p>
            <p>La sconfitta politica di Salatiele quindi non fa che acuire un divario di natura
              prettamente scientifica. Saldare tradizione, sul piano dottrinario, e moderna
              spregiudicatezza, sul piano politico: questa, dunque, in poche parole, l’operazione
              vincente di Rolandino.</p>
            <p>Ma in ultima istanza, al di là delle ragioni di parte e dei risentimenti personali, e
              al di là dei molti stereotipi storiografici, ci pare che l’acceso scontro dottrinario
              e scientifico fin qui descritto fra i due grandi maestri bolognesi di notaria possa
              trovare il suo senso profondo solo se letto come un ulteriore episodio all’interno di
              quel processo storico secolare che aveva portato, come abbiamo visto, la legislazione
              e la dottrina giuridica ad allontanarsi progressivamente, ma inesorabilmente, dalla
              prassi notarile e dal formulario dei documenti. Allontanamento di fatto ancora marcato
              nel <num>xiii</num> secolo: non era evidentemente ancora giunto il momento di
              coltivare concretamente l’idea di una armonica simbiosi tra documento e diritto
              positivo, come aveva tentato di fare Salatiele. Sarà solo in tempi a noi assai più
              vicini che il notariato tornerà ad incamminarsi lungo quei sentieri, alla ricerca
              dell’istrumento perfetto.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part8">
        <front>
          <head>Les formulaires toscans d’ars notaria</head>
          <byline><docAuthor>Silio P.P. Scalfati</docAuthor>, professeur ordinaire, Università degli studi di Pisa,
            Dipartimento di Storia, via P. Paoli 15, I-56126 Pisa. <ref
              target="mailto:s.scalfati@mediev.unipi.it">s.scalfati@mediev.unipi.it</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>En Toscane, ainsi que dans les autres régions de l’Italie du centre-nord, les notaires
            médiévaux gardaient dans leurs études des recueils de formules, composés d’actes
            transcrits en entier ou abrégés, et de notes techniques. Conservés aujourd’hui en très
            petit nombre, ils étaient sûrement très diffusés. Le matériau concerne le droit privé
            canonique et civil, le droit féodal et judiciaire, les différentes institutions
            juridiques qui pouvaient servir à un notaire dans l’exercice de sa profession. La
            présente recherche porte sur les formulaires compilés par des notaires toscans des
                <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> et <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècles,
            période d’une importance fondamentale pour l’histoire de l’évolution de l’art notarial,
            non seulement dans l’Italie du centre-nord mais encore en de nombreux pays d’Europe.</p>

          <div>
            <head type="h1">Introduction</head>
            <p>Tous les savants qui étudient l’<emph>ars notaria</emph> et l’histoire du notariat
              italien s’accordent, avec raison, sur le fait que la plupart des recueils de formules,
              schémas, modèles de contrats et autres types de documents qui venaient aider le
              notaire médiéval dans l’exercice quotidien de sa profession, ont disparu sans laisser
              aucune trace. Il est, par ailleurs, attesté que des anthologies, de divers types et
              ampleurs, étaient présentes dans presque tous les cabinets de ces techniciens du droit
              auxquels tout le monde devait avoir recours dans certaines occasions de la vie où
              s’avérait nécessaire l’intervention du notaire, c’est-à-dire pour la rédaction de
              pactes, contrats et documents permettant d’acquérir des droits, de les défendre et de
              transmettre ses dernières volontés.</p>
            <p>Au début du siècle dernier, Harry Bresslau écrivait, dans un chapitre sur la genèse
              des documents de son célèbre traité de diplomatique, que, au Moyen Âge, quand les
              chanceliers et les notaires rédigeaient leurs actes, ils se servaient souvent de
              modèles, qui dans de nombreux cas constituaient de véritables formulaires, établis à
              partir de documents parfois modifiés ou abrégés<note n="1" type="footnote">Harry
                Bresslau, <emph>Handbuch der Urkundenlehre für Deutschland und Italien</emph>, 2
                vol., Berlin, 1968-1969 <hi rend="sup">4</hi>&#160;: II, p. 225 s. Dans le chapitre 13,
                consacré surtout aux formulaires, Bresslau – après avoir critiqué l’opinion de
                Heinrich Brunner, selon lequel aucun formulaire notarial antérieur à ceux que nous
                connaissons n’aurait été produit – soutient que de tels formulaires existaient déjà
                en Italie dans le haut Moyen Âge, mais qu’ils auraient été perdus parce que le
                notariat était exercé par des laïcs, et donc ce genre de textes aurait difficilement
                pu être introduit et conservé dans les bibliothèques ecclésiastiques, dans
                lesquelles se trouvent surtout les œuvres médiévales arrivées jusqu’à nous (p. 247).
                Toutefois, au-delà du fait que le formulaire florentin dont nous nous occuperons
                bientôt nous est arrivé parce qu’il était conservé dans les archives d’un monastère
                jusqu’à sa suppression, on doit faire remarquer que nombreux et bien connus sont les
                cas de documents et d’archives de particuliers, et en général de laïcs, qui dans le
                cours du Moyen Âge étaient conservés dans les sièges d’établissements
                religieux.</note>. Ces recueils qui, dans l’Italie du centre et du nord, furent
              produits même avant l’époque de la nouvelle exégèse du droit romain, sont, pour la
              plupart, perdus. C’est précisément de ces derniers que s’inspiraient les notaires pour
              rédiger leurs actes, qui pour cette raison présentent, en Toscane par exemple, une
              certaine uniformité et homogénéité dans leurs structures formelles et dans de
              nombreuses tournures, formules et expressions. Bresslau estime que Ranieri da Perugia,
              pour élaborer son œuvre majeure, l’<emph>Ars notariae</emph>, composée entre 1225 et
              1245 et destinée à servir de manuel aux apprentis notaires, eut recours à différents
              formulaires aujourd’hui disparus. À l’autre extrémité du siècle, Olivier Guyotjeannin,
              Jacques Pycke et Benoît-Michel Tock écrivirent, dans le chapitre consacré à la genèse
              des actes de leur manuel de diplomatique, que pour la rédaction de ses documents le
              notaire médiéval disposait de formulaires, qui offraient des modèles fiables et
              éprouvés. Ces «&#160;brochures&#160;» étaient constituées de documents dérivant de l’expérience
              professionnelle du notaire lui-même, provenant de l’étude de collègues ou encore
              obtenus par voie de succession, d’un père notaire par exemple<note n="2"
                type="footnote">H. Bresslau, <emph>Handbuch…</emph>, II, p. 256 s.&#160;; O.
                Guyotjeannin, J. Pycke, B.-M. Tock, <emph>Diplomatique médiévale</emph>, Turnhout,
                1993 (<emph>L’atelier du médiéviste</emph>, 2), p. 243&#160;; Reinhard Härtel,
                  <emph>Notarielle und kirchliche Urkunden im frühen und hohen Mittelalter</emph>,
                München-Wien, 2011, p. 231 ss.</note>.</p>
            <p>Cependant, à plus d’un siècle de la reprise des études sur l’<emph>ars
              notaria</emph>, qui ont privilégié certaines œuvres produites par la célèbre école
              bolonaise, nous ne sommes pas encore en mesure de nous prononcer avec exactitude quant
              à la consistance des formulaires notariaux ni à l’ampleur des pertes, vu que ce type
              de source écrite ne jouit pas d’une grande fortune auprès des chercheurs, à quelques
              rares exceptions près. Comme le dénonçait, à juste titre, Vito Piergiovanni, historien
              du droit et spécialiste de l’histoire du notariat, il s’agit d’un genre littéraire
              qui, souvent négligé, pour une aridité présumée, mériterait une plus grande
                attention<note n="3" type="footnote">Vito Piergiovanni, «&#160;Scienza giuridica e
                notariato italiano tra medioevo ed età moderna&#160;», dans <emph>El notariado andaluz en
                  el tránsito de la edad media a la edad moderna. Jornadas sobre el notariado en
                  Andalucía (Febrero de 1994)</emph>, éd. Pilar Ostos Salcedo, Maria Luisa Pardo
                Rodríguez, Sevilla, 1995, p. 27.</note>. Il y a plus de cinquante ans déjà, un autre
              historien du droit, Francesco Calasso, avait souligné l’importance de ces textes, dans
              lesquels se trouvent les premiers germes de la science du droit et qui présupposent
              une élaboration ou bien une activité de la pensée qui, si elle peut apparaître modeste
              quand on la compare aux récoltes plus fécondes que donnera plus tard la réflexion
              juridique, est cependant importante si on la rapporte à son temps<note n="4"
                type="footnote">Francesco Calasso, <emph>Medioevo del diritto, 1&#160;: Le
                fonti</emph>, Milano, 1954, p. 244.</note>.</p>
            <p>Cette attention préconisée par Francesco Calasso, portée en particulier aux
              caractères de la culture juridique telle qu’elle nous apparaît à travers les documents
              d’un formulaire notarial dont il sera bientôt question, semble ne pas avoir retenu
              l’attention de Gino Masi qui, en 1943, publia une étude dans la collection <emph>Orbis
                Romanus</emph> de l’Université catholique de Milan, avec l’intention déclarée et
              «&#160;con la speranza di aver saldato questo prodotto della scuola notarile fiorentina
              alle tradizioni della romanità&#160;». En réalité, l’auteur ne nous fournit aucune
              information sur cette prétendue école notariale de Florence, mais par contre il tente
              souvent de minimiser ce qu’un historien du droit, Paolo Grossi, a défini comme le
              «&#160;pluralismo giuridico&#160;» caractéristique de l’âge médiéval<note n="5" type="footnote"
                >. Paolo Grossi, <emph>L'ordine giuridico medioevale</emph>, Bari-Roma, 1995, p. 223
                ss. V. aussi p. 157, où l'A., illustrant avec une clarté exemplaire l’imposant
                travail fait sur le <emph>Corpus</emph> justinien par les glossateurs et
                commentateurs médiévaux, affirme que ce fut «&#160;uno dei tempi più intensi e più
                fertili della storia del pensiero giuridico occidentale, che soltanto una mente
                malata di classicismo potrebbe ritenere di qualità inferiore alla pur grandissima
                ‘iurisprudentia’ romana dell'età aurea&#160;».</note>. Nombreuses sont ses
              interprétations forcées visant à faire rentrer le formulaire dans les cadres du droit
              romain et romano-chrétien&#160;; du coup il dépréciait l’existence des traditions, coutumes
              et institutions juridiques germaniques, pour la plupart d’empreinte longobarde,
              présents dans nombre de documents du recueil et qui sont définis avec mépris
              «&#160;sporadici e talvolta dubbi – forse perché semplicemente volgari – richiami al
              diritto germanico&#160;»<note n="6" type="footnote"><emph>Formularium Florentinum artis
                  notariae (1220-1242)</emph>, éd. Gino Masi, Milano, 1943 (<emph>Orbis
                  Romanus</emph>, 17) (introduction et mauvaise transcription), p. LXXXVI. Masi,
                selon qui le formulaire serait une œuvre de «&#160;pretto spirito romano&#160;» produite dans
                une école florentine indépendante de celle de Bologne, confond les dates, les titres
                des œuvres et les noms des auteurs de l’école bolonaise. Ainsi à la p. XXXVII s.&#160;:
                  «&#160;L'<emph>Ars</emph> di Ranieri offre una libera divisione in 5 libri&#160;: 1.
                strumenti di proprietà a titolo diverso&#160;; 2. contratti enfiteutici&#160;; 3. testamenti&#160;;
                4. contratti di donazione, adozione, emancipazione e manumissione&#160;; 5. patti e
                contratti straordinarii. Più sinteticamente si può dire che il formulario sia diviso
                in due parti, inter vivos e post obitum&#160;: 1. strumenti che si riferiscono ad atti di
                diretto dominio&#160;; 2. strumenti relativi a concessione d’uso ed usufrutto. Altra
                opera di Ranieri, <emph>De contractibus</emph>, redatta forse verso il 1240, è
                divisa in tre parti&#160;: contratti e patti&#160;; giudizi&#160;; negozi di ultima volontà&#160;»&#160;;
                «&#160;il formulario di Ranieri da Perugia (1221-1245), <emph>Summa artis
                notariae</emph>, composto fra il 1214 e il 1246&#160;». En réalité, ce n’est pas
                  l'<emph>Ars</emph> di Ranieri mais le <emph>Formularium tabellionum</emph>
                pseudo-irnérien (1205) qui est divisé en 5 livres. En outre, dans le <emph>Liber
                  formularius</emph> de Ranieri (1215) la matière testamentaire est comprise dans la
                première partie (domaine direct). Enfin, l’autre œuvre de cet auteur n’est pas le
                  <emph>De contractibus</emph> de 1240, mais bien l<emph>'Ars notariae</emph>,
                composée entre 1225 et 1245. Cette œuvre (et non una <emph>Summa artis
                  notariae</emph>) fut écrite justement entre ces deux dates et non entre 1214 et
                1246.</note>.</p>
            <p>Nous le savons bien, l’apport de la culture germanique au processus créatif et à
              l’évolution de la science juridique médiévale a été longtemps sous-évalué et considéré
              avec suffisance par de nombreux chercheurs italiens, surtout durant la période de la
              forte opposition entre romanité et germanisme qui a caractérisé la fin du <num>xix<hi
                  rend="sup">e</hi></num> et les premières décennies du <num>xx<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle<note n="7" type="footnote">Gianfranco Orlandelli, «&#160;La scuola
                di notariato fra VIII e IX centenario dello Studio bolognese&#160;», dans <emph>Studio
                  bolognese e formazione del notariato. Atti di un convegno (Maggio 1989)</emph>,
                Milano, 1992 (<emph>Studi storici sul notariato italiano</emph>, 9), p. 35. V. aussi
                Sandro Sandrucci, <emph>Appunti sull'evoluzione del notariato in Toscana</emph>,
                Firenze, 1932, p. 15 ss.</note>. Dans une communication présentée au congrès
              historique international de Zürich de 1938, le diplomatiste autrichien Hans Hirsch
              faisait observer, en reprenant et développant des thèmes déjà abordés, par exemple,
              par Heinrich Brunner et par Oswald Redlich, que la science du document doit être
              étroitement liée, presque jusqu’à coïncider avec l’histoire du droit, «&#160;da die Urkunde
              nun einmal eine Erscheinung des Rechtslebens ist&#160;» et que les diplomatistes devraient
              étudier avec une attention toute particulière le «&#160;Gewohnheitsrecht&#160;» et la
              «&#160;germanische Rechtsauffassung&#160;», vu que «&#160;die Germanen haben dem Urkundenwesen, das
              sie bei der Besitzergreifung römischen Bodens vorfanden, den Stempel ihrer Eigenart
                aufgedrückt&#160;»<note n="8" type="footnote">Hans Hirsch, «&#160;Methoden und Probleme der
                Urkundenforschung&#160;», dans <emph>Mitteilungen des österreichischen Instituts für
                  Geschichtsforschung</emph>, t. 53 (1939), p. 1 ss. Cette importante relation non
                seulement n’est pas rééditée mais elle n’est même pas citée par Th. Mayer dans le
                recueil d’études de H. Hirsch, <emph>Aufsätze zur mittelalterlichen
                  Urkundenforschung</emph>, éd. Theodor Mayer, Köln-Graz, 1965.</note>.</p>
            <p>Car, s’il est vrai que durant tout le Moyen Âge le droit romain fut toujours adapté
              et interprété en fonction des besoins et des exigences d’une nouvelle société bien
              différente de celle des siècles précédents, il est tout aussi vrai que dans la culture
              juridique de cette période – y compris l’époque de la nouvelle exégèse du droit romain
              – institutions, usages, actes formels et symboliques d’origine germanique (et pas
              seulement longobarde) continuèrent à survivre dans les transactions et à se refléter
              dans les formes documentaires des différents territoires et régions de l’Italie
              médiévale du centre et du nord. Nous nous limiterons ici à ne donner que quelques
              exemples&#160;: la présence réitérée du munduald, l’assistance accordée à la femme dans les
              contrats, le consentement exprimé par le fils en cas d’une vente effectuée par le
              père, l’usage fréquent du <emph>launechild</emph> ou <emph>meritum</emph>, les
              cérémonies d’investiture de biens et de concession de fief, avec le serment du
                <emph>fidelis vassallus suo domino</emph> et l’<emph>osculatio ad invicem</emph>, la
                <emph>preda</emph>, l’<emph>anagriph</emph>, la <emph>probantia per pugnam</emph>,
              la <emph>morgengabe</emph>, et d’autres encore.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Un formulaire florentin</head>
            <p>Nous souhaitons examiner, en premier lieu, un formulaire notarial aussi important que
              rare, composé à Florence par un auteur inconnu, très probablement un notaire riche
              d’expériences culturelles et professionnelles, qui travaillait dans la première moitié
              du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, période cruciale dans l’histoire de
              l’évolution de l’art notarial dans l’Italie du centre-nord. L’œuvre, qui peut être
              considérée comme l’un de ces textes dont la genèse reste souvent obscure ou nébuleuse,
              même après leur édition – comme l’a écrit Gianfranco Orlandelli, l’un des meilleurs
              spécialistes de l’Université et de l’école bolonaise de notariat<note n="9"
                type="footnote">G. Orlandelli, «&#160;Genesi dell'ars notariae nel secolo XIII&#160;», dans
                  <emph>Studi medioevali</emph>, t. 6, 2 (1965), p. 330. Sur le formulaire florentin
                v. <emph>Notarii. Documenti per la storia del notariato italiano</emph>, éd. Armando
                Petrucci, Milano, 1958, p. 89 n° 35 (brève fiche)&#160;; <emph>Il notaio nella civiltà
                  fiorentina, secoli XIII-XVI. Mostra nella Biblioteca Medicea Laurenziana
                  (Ottobre-Novembre 1984)</emph>, Firenze, 1984, p. 33 n° 15 (autre brève fiche)&#160;;
                édition dans S. Scalfati, <emph>Un formulario notarile fiorentino della metà del
                  Dugento</emph>, Firenze, 1997 (<emph>Quaderni della Scuola di archivistica,
                  paleografia e diplomatica</emph>, 5). Suivent quelques indications
                bibliographiques essentielles qui renvoient surtout à des titres où sont rapportées
                de plus amples citations de sources publiées et inédites et d’études générales et
                spécifiques sur le notariat et sur l’<emph>ars notaria</emph>&#160;: Oswald Redlich,
                  <emph>Die Privaturkunden des Mittelalters</emph>, München-Berlin, 1911, p. 212
                ss.&#160;; <emph>Il notariato nella civiltà italiana. Biografie notarili dall'VIII al XX
                  secolo</emph>, Milano, 1961&#160;; <emph>Scritti di Giorgio Cencetti</emph>, dans
                  <emph>Notariato medioevale bolognese</emph> 1, Roma, 1977&#160;; Giorgio Costamagna,
                «&#160;Dalla charta all'instrumentum <emph>»</emph>, et G. Orlandelli, «&#160;La scuola
                bolognese di notariato&#160;», tous deux dans <emph>Notariato medioevale bolognese. Atti
                  di un convegno (Febbraio 1976)</emph>, Roma, 1977 (<emph>Studi storici sul
                  notariato italiano</emph>, 3), p. 7 ss., 27 ss.&#160;; Peter Weimar, «&#160;Ars
                  notariae <emph>»</emph>, dans <emph>Lexikon des Mittelalters</emph>, 1,
                München-Zürich, 1980, col. 1045 ss.&#160;; José Bono y Huerta, <emph>Historia del derecho
                  notarial español</emph>, 1-1, Madrid, 1979, p. 208 ss.&#160;; G. Costamagna, «&#160;Il
                notariato nell'Italia settentrionale durante i secoli XII e XIII&#160;»&#160;; G. Orlandelli,
                «&#160;Documento e formulari bolognesi da Irnerio alla ‘Collectio contractuum’ di
                Rolandino&#160;», tous deux dans <emph>Notariado público y documento privado&#160;: de los
                  orígenes al siglo XIV. Actas del VII Congreso internacional de Diplomática
                  (Valencia 1986)</emph>, Valencia, 1989, p. 991 ss., 1009 ss.&#160;; G. Costamagna,
                «&#160;Bologna e il ritorno del diritto romano nella documentazione notarile (secoli
                  XII-XIV) <emph>»</emph>, dans <emph>Studio bolognese e formazione del
                  notariato</emph>, p. 11 ss.&#160;; <emph>Rolandino e l'ars notaria da Bologna
                  all'Europa</emph>, éd. Giorgio Tamba, Milano, 2002 (<emph>Per una storia del
                  notariato nella civiltà europea</emph>, V).</note> –, contient des
                <emph>exempla</emph>, ou modèles documentaires, ainsi que des <emph>notulae</emph>
              techniques utiles et précises destinées aux notaires. Manquent, par contre, les
              introductions théoriques et les explications de nature juridique qui caractérisent les
              traités dans lesquels, en plus de la partie formulaire, se trouve plus ou moins
              développée l’illustration théorique et doctrinale de toute la matière notariale, ou
              tout au moins du secteur ayant trait au droit privé.</p>
            <p>Le manuscrit, sur parchemin, anonyme, anépigraphe et non daté, est conservé parmi les
              actes du fonds monastique de S. Piero a Monticelli, aux Archives d’État de Florence.
              Il est formé de trois cahiers, de quatre feuilles pliées en deux (8 feuillets) chacun,
              pour un total de 24 feuillets écrits recto-verso<note n="10" type="footnote"
                >. Archives d’État de Florence (désormais&#160;: ASF), S. Piero a Monticelli, n° 235, 1
                (ex 655, 4). Le titre <emph>Formularium Florentinum artis notariae
                  (1220-1242)</emph> n’est qu’un ajout de Masi, p. 1. Sur l’histoire et les
                documents de S. Piero v. Giovanni Richa, <emph>Notizie istoriche delle chiese
                  fiorentine divise ne' suoi quartieri</emph>, II, Firenze, 1755, p. 176 ss.&#160;; Dario
                Moreni, <emph>Notizie istoriche dei contorni di Firenze</emph>, IV, Firenze, 1793,
                p. 169 ss.&#160;; VI, Firenze, 1795, p. 221 ss.&#160;; <emph>Guida generale degli Archivi di
                  Stato italiani</emph>, dir. Piero D'Angiolini, Claudio Pavone, 2, Roma, 1983, p.
                33, 148&#160;: «&#160;pergamene 191 (1262-1749)&#160;»&#160;; «&#160;registri e buste 251 (1340-1789)&#160;». V.
                aussi Pietro Leopoldo di Asburgo Lorena, <emph>Relazioni sul governo della
                  Toscana</emph>, éd. Antonio Salvestrini, Firenze, 1969, p. 220, 233 ss., App. III,
                p. 384&#160;; Antonio Zobi, <emph>Storia civile della Toscana dal 1737 al 1848</emph>,
                II, Firenze, 1850, p. 456&#160;; Oddone Fantozzi Micali, Paolo Roselli, <emph>Le
                  soppressioni dei conventi a Firenze</emph>, Firenze, 1980, p. 31 ss.&#160;; Diana
                Toccafondi, «&#160;L'archivio delle Compagnie religiose soppresse&#160;: una concentrazione o
                una costruzione archivistica?&#160;», dans <emph>Dagli archivi all'Archivio. Appunti di
                  storia degli archivi fiorentini</emph>, éd. Carlo Vivoli, Firenze, 1991
                  <emph>(Quaderni della Scuola di archivistica, paleografia e diplomatica</emph>,
                3), p. 107 ss.</note>. L’écriture employée est une minuscule notariale du
                  <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, posée et de petit module,
              caractérisée par une fragmentation des traits soignée et régulière et par une
              élongation discrète des hampes supérieures et inférieures des lettres. Les différents
              mots sont nettement séparés, les abréviations par suspension et par contraction sont
              très fréquentes, comme dans les actes notariés toscans de la même époque<note n="11"
                type="footnote">Les trois cahiers du manuscrit sont reliés&#160;; la couverture est
                elle aussi en parchemin et contient une longue liste de cens en argent et en nature
                    (<num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle), elle est en très mauvais état de
                conservation à cause de nombreuses déchirures et de sa destruction en différents
                endroits&#160;; on y lit encore des notes manuscrites des <num>xviii<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> («&#160;N. 4&#160;») et <num>xx<hi rend="sup">e</hi></num> siècles («&#160;N. 235.
                Monastero di S. Piero a Monticelli&#160;»). L’état de conservation du manuscrit est assez
                bon en général, malgré quelques taches d’humidité qui toutefois n’entravent pas la
                lecture du texte. L’encre est parfois décolorée. Une double numérotation récente en
                chiffres arabes est apposée sur le recto de chaque feuille&#160;: au crayon noir dans
                l’angle supérieur droit, avec un numéroteur à l’encre noire dans l’angle inférieur
                droit. Les feuillets mesurent 320-330 x 220-230 mm. La surface écrite est variable à
                cause des marges&#160;: la marge supérieure 5-15 mm (en moyenne 10 mm environ)&#160;; la marge
                inférieure 15-60 mm (en moyenne 25-50 mm), avec deux feuillets laissés en blanc dans
                leur moitié inférieure pour pouvoir transcrire le document suivant sur une nouvelle
                feuille&#160;; la marge droite 5-15 mm (en moyenne 10 mm environ)&#160;; la marge gauche
                10-25 mm (en moyenne 15 mm environ). Toutes les feuilles entièrement écrites
                contiennent de 36 à 46 lignes d’écriture (en moyenne 40-44 lignes).</note>. Le
              formulaire contient environ 150 documents, rédigés dans la forme objective typique de
              l’instrument public, au temps du passé et à la troisième personne<note n="12"
                type="footnote">Trois documents seulement sont rédigés en forme subjective&#160;: deux
                brèves demandes d’appel présentées au juge (fol. 7) et une sentence de divorce tout
                aussi concise, prononcée par un ecclésiastique (fol. 7v). Deux <emph>instrumenta
                  venditionis</emph>, copiés presque en entier et privés de titre, sont rédigés en
                forme subjective pour le premier et en forme narrative pour le second
                (fol. 13-14).</note>, avec diverses formules de souscription notariale et de
              nombreuses <emph>notulae</emph> doctrinales, pour la plupart séparées<note n="13"
                type="footnote">Les <emph>notae iuris</emph>, rédigées après le texte des
                documents et destinées aux notaires, sont précédées du titre «&#160;<emph>De dotrina
                  huius artis et offitii</emph>&#160;» (ou «&#160;<emph>De dotrina huius
                offitii/artis</emph>&#160;»). Dans deux cas seulement, au début du premier et du second
                cahiers du manuscrit perdu, le titre de la première note de chaque cahier est&#160;:
                  «&#160;<emph>De dotrina huius artis et offitii notarie</emph>&#160;» (fol. 2v et 8v de notre
                ms).</note>. Quelques-unes toutefois sont apposées à la fin des documents<note
                n="14" type="footnote">Par ex. fol. 6v «&#160;<emph>De compromisso litis</emph>&#160;»,
                fol. 10v «&#160;<emph>De testamentis et ordine</emph>&#160;» etc., fol. 12 «&#160;<emph>De
                  preceptis guarentiscie</emph>&#160;», fol. 22 «&#160;<emph>De venditione facta ad
                  pactum</emph>&#160;», fol. 22v «&#160;<emph>De venditione et actione
              debiti</emph>&#160;».</note>.</p>
            <p>Comme nous le verrons plus loin, la matière de ce formulaire concerne le droit privé
              canonique et civil, le droit féodal et judiciaire, les différentes institutions
              juridiques, particulièrement de droit privé, qui pouvaient servir à un notaire du
                  <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle dans l’exercice de sa profession.
              Certains documents sont transcrits presque en entier, y compris les noms des parties
              contractantes et des personnes intéressées, à différents titres, à la négociation&#160;;
              mais le gros du manuscrit est constitué par des formules qui contiennent tous les
              éléments essentiels des diverses <emph>actiones</emph> complétant le dispositif
              (réserves, renonciations, pénalités, <emph>defensiones</emph>, exceptions, garanties,
              engagements de tout genre, etc.), mais contracte, synthétise, mentionne ou omet les
              autres parties de l’acte (dates et témoins par exemple sont toujours absents.</p>
            <p>Déclarer qu’il s’agit d’un formulaire élaboré dans une école de notariat florentine,
              indépendante de l’école bolonaise, comme l’a écrit Masi, n’est qu’une affirmation
              dénuée de fondement. En effet nous ne disposons, sur un tel organisme, d’aucune
              information, du moins pour cette époque<note n="15" type="footnote">G. Masi, éd.
                cit., p. LIII. Le seul témoignage concernant l’existence d’une école florentine de
                notariat serait précisément notre manuscrit qui, de plus, – comme l’écrit plus loin
                Masi (p. LXVI) – «&#160;rappresenta l'unico esempio fino ad oggi di formulario notarile
                fiorentino della prima metà del secolo XIII&#160;». Masi ajoute (p. LXXXII) que ce texte
                «&#160;era per certo destinato anche alla scuola&#160;: lo dimostrano le ‘notae iuris’ che
                accompagnano la formula&#160;». Même les affirmations sans aucun fondement comme celle-là
                peuvent avoir du succès&#160;: Petrucci n’ajoute rien de nouveau et se limite à répéter,
                sans fournir aucune preuve, que le formulaire «&#160;indubbiamente nacque in una scuola
                di arte notaria, di cui però non abbiamo alcuna notizia&#160;» (<emph>Notarii…</emph>, p.
                36). Selon Calleri aussi, «&#160;deve ritenersi che a Firenze esistessero scuole di
                notariato fin dalla prima metà del secolo XIII, come dimostrano le note che
                accompagnano molte formule del <emph>Formularium</emph> pubblicato dal Masi&#160;»&#160;:
                Sandro Calleri, <emph>L'arte dei giudici e notai di Firenze nell'età comunale e nel
                  suo statuto del 1344</emph>, Milano, 1966, p. 33 n. 15. En réalité, l’existence de
                ces notes ne prouve rien, elle indique seulement qu’il s’agit de simples
                commentaires doctrinaux, destinés à aider un notaire dans l’exercice de sa
                profession. Plus correctement, la brève fiche dédiée au formulaire dans le volume
                  <emph>Il notaio nella civiltà fiorentina…</emph> (p. 33) précise que «&#160;nella
                Toscana del XIII secolo, come in altre regioni, in ambienti, più che scolastici,
                professionali, si provvedeva a raccogliere modelli dei negozi correnti, per
                rispondere ad esigenze ovvie ma non ancora soddisfatte appieno&#160;», et cite à ce sujet
                notre formulaire. En effet, nous avons la certitude que des recueils de modèles de
                documents et textes de divers types étaient compilés depuis des siècles dans
                certains milieux professionnels, indépendamment de l’existence d’écoles proprement
                dites destinées à la formation ou à la spécialisation des rédacteurs. Une lecture
                attentive du manuscrit nous montre que l’enseignement devait se faire directement à
                travers les <emph>exempla</emph> et les notes explicatives, destinés naturellement à
                un notaire. Il est aussi probable ou du moins possible que ce formulaire – tout
                comme ceux qui ne nous sont pas parvenus – ait joui d’une heureuse fortune dans un
                milieu notarial plus ou moins vaste, traduite par l’existence de nombreuses versions
                semblabes à l’œuvre originelle, ou amplifiées, voire modifiées. On ne sait pas non
                plus si ces interventions étaient souhaitées ou bien prévues par l’auteur, qui
                pourrait avoir joué les fonctions de <emph>magister</emph> pour quelques apprentis
                notaires, comme, du reste, cela se passait depuis des siècles (p. ex. à l’époque
                longobarde).</note>. L’écriture du manuscrit peut être datée, grosso modo, du milieu
              du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Le matériau documentaire du recueil
              remonte à une période comprise entre les dernières décennies du <num>xii<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> et la première moitié du siècle suivant, une période où désormais
              l’instrument notarial se présentait sous une forme définie et assez homogène, même sur
              le territoire florentin. Le seul document portant une date est de l’année 1242. La
              mention de certains personnages nous reporte aux premières décennies du <num>xiii<hi
                  rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;: parmi eux, le comte Guido Guerra, l’évêque de
              Florence Ardingo, l’abbé Bartolomeo du monastère de S. Maria<note n="16"
                type="footnote">Le «&#160;<emph>dominus A. Florentinus episcopus</emph>&#160;» peut être
                identifié avec l’évêque Ardingo (1231-1249&#160;; v. au fol. 5 la rubrique «&#160;<emph>De
                  iconimo et actore ordinato</emph>&#160;»)&#160;: v. Pius Bonifatius Gams, <emph>Series
                  episcoporum Ecclesiae catholicae</emph>, Regensburg, 1873 (Suppl. 1879, 1886,
                réimpr. Stuttgart, 1931, Graz, 1957), p. 747&#160;; Masi, p. LXX. Le «&#160;<emph>dominus B.
                  abbas monasterii sancte Marie de Florentia</emph>&#160;» (fol. 5, rubrique «&#160;<emph>De
                  sindaco et procuratore generaliter et specialiter</emph>&#160;») est très probablement
                l’abbé Bartolomeo (v. p. ex. Diplomatico Badia di Firenze, 1242 décembre 10 et 1242
                décembre 24). Si, comme c’est possible, les documents utilisés pour la rédaction du
                formulaire ont été tirés, au moins en partie, de ceux qui avaient été rédigés par
                l’auteur lui-même, on pourrait émettre l’hypothèse que parmi ses clients figuraient
                le comte Guido Guerra (fol. 1v, 10, 20), l’évêque de Florence (fol. 5) et le
                monastère de S. Maria (fol. 5, 20v)&#160;; mais aucun des documents ne cite le nom du
                notaire. La recherche sur les notaires présents dans le formulaire a été conduite
                avant tout à travers les dépouillements du ‘Diplomatico’ de l’ASF, menés par les
                archivistes des <num>xviii<hi rend="sup">e</hi></num> et <num>xix<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècles. Ont été examinés les documents stipulés entre la fin du
                    <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> et le milieu du <num>xiii<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècle, relatifs aux principaux établissements religieux
                florentins. La vérification postérieure sur les parchemins où apparaissent notaires
                et juges homonymes en qualité de rédacteurs ou de souscripteurs n’a pas permis de
                dégager des identifications certaines, vu que les six notaires repérés dans le
                formulaire ne sont cités que par leur nom personnel (sauf Bolgaro), avec la simple
                qualification de <emph>notarius</emph>, sans autre précision&#160;; Bruno était aussi
                juge comme certains de ses collègues homonymes.</note>.</p>
            <p>Nous trouvons par ailleurs cités les notaires suivants&#160;: Berardo, Bolgaro fils de feu
              Bolgaro juge, Bruno juge et notaire, Gualterio, Gualterotto, Spedalerio. Le formulaire
              nous fournit bien peu de renseignements sur leur compte&#160;: Berardo est cité pour avoir
              rédigé un acte de vente dans un document du notaire Gualterotto<note n="17"
                type="footnote">Fol. 15v, rubrique «&#160;<emph>De venditione rei stabilis</emph>&#160;». Un
                certain Berardo juge et notaire rédige un document le 29 mai 1189, Dipl. Badia di
                Firenze. Un autre Berardo passe un acte le 23 juin 1242, Dipl. Camaldoli. Berardus
                Alberti juge et notaire instrumente le 8 décembre 1243, S. Donato in Polverosa.
                Berardus notaire q. Berardi de Rignano dans Dipl. Coltibuono, 17 mars 1245.</note>&#160;;
              Bolgaro fils de feu Bolgaro juge, le seul qui soit dénommé par son patronyme, est
              énuméré parmi les voisins dans l’une des deux opérations de vente dont l’acte notarié
              est rédigé par Bruno, juge et notaire<note n="18" type="footnote">Fol. 13v
                  [«&#160;<emph>Venditio</emph>&#160;»]. Nous trouvons dans ASF, Dipl. Cestello, quatre
                documents dressés par Bulgarus juge et notaire&#160;: 1229 janvier 10, 1233 novembre 23,
                1233 novembre 24, 1239 juin 27. Dans Dipl. Vallombrosa, deux documents de Bolgherus
                juge et notaire&#160;: 1229 janvier 20, 1242 mai 18. L’écriture de ce second notaire est
                très proche de celle du rédacteur du formulaire, bien que certaines lettres (p. ex.
                le <emph>g</emph>) aient une forme différente.</note>&#160;; Gualterio se désigne comme
              rédacteur d’un acte dans l’un de ses propres instruments<note n="19" type="footnote"
                >. Fol. 15, rubrique «&#160;<emph>De vendictione et actione facta a potestate pro Comuni
                  cum consensu hominum alicui persone</emph>&#160;». Un Gualterius notaire dresse un acte
                à Lamole le 15 mars 1236&#160;: Dipl. Coltibuono. Gualterius de Cascia juge et notaire
                signe un acte rédigé par le juge et notaire Bencivenne de feu Rustico&#160;: 1242
                décembre 7, Dipl. Strozzi Uguccioni.</note>&#160;; Gualterotto stipule un acte de vente
              dans lequel est mentionné le susdit notaire Berardo<note n="20" type="footnote"
                >. Fol. 15v, rubrique «&#160;<emph>De venditione rei stabilis</emph>&#160;». Dans Dipl. S.
                Matteo in Arcetri, 22 juillet 1233, Gualterottus Lungobardi notaire impérial copie
                et souscrit un acte de vente rédigé par Spedalerio juge et notaire, copié à son tour
                par le juge et notaire impérial Bonavenuta. Fol. 15v, rubrique «&#160;<emph>De venditione
                  rei stabilis</emph>&#160;». Dans Dipl. S. Matteo in Arcetri, 22 juillet 1233,
                Gualterottus Lungobardi notaire impérial copie et souscrit un acte de vente rédigé
                par Spedalerio juge et notaire, copié à son tour par le juge et notaire impérial
                Bonavenuta.</note>&#160;; Spedalerio enfin rédige un acte de vente à Florence, «&#160;<emph>in
                domo de Amideis</emph>&#160;»<note n="21" type="footnote">Fol. 24v, rubrique «&#160;<emph>De
                  venditione rei stabilis</emph>&#160;». Nous trouvons Spedalerius juge et notaire dans&#160;:
                Dipl. Carmine Firenze, 1227 23 février&#160;; Dipl. Badia Firenze, 1227 10 août&#160;; Dipl.
                S. Matteo in Arcetri, 1233 22 juillet.</note>. Bruno est le seul notaire à porter
              aussi le titre de juge&#160;; il rédige deux actes de vente<note n="22" type="footnote"
                >. Fol. 13-14. Nombreux sont les homonymes que nous trouvons dans les fonds du
                ‘Diplomatico’ de l’ASF&#160;: B. juge et notaire à S. Apollonia, 1181 février 25, et
                Badia Firenze, 1182 novembre 22&#160;; B. juge q. Truffe à Badia Firenze, 1197 novembre
                8&#160;; B. Truffi juge et notaire «&#160;<emph>domini Frederici imperatoris</emph>&#160;» à S.
                Apollonia, 1204 janvier 8&#160;; B. q. Rainerii juge et notaire à Badia Firenze, 1204
                mars 3, 1214 novembre 26, 1218 juillet 27, et à S. Donato in Polverosa, 1241
                décembre 11&#160;; B. juge et notaire à Passignano, 1220 février 24&#160;; B. q. Ranerii juge
                à Badia Firenze, 1224 avril 1.</note>. Dans le premier, daté de 1242, Guglielmino
              fils de feu Rustico de Leccio et sa femme Adaleita vendent à Vassallo fils de feu
              Ranieri de la Cacciata une terre située à San Giorgio, près du château de Leccio, lieu
              où est passé le document. L’un des témoins est Ugo fils de feu Ranieri. Selon toute
              probabilité, il s’agit du même personnage qui, dans l’acte suivant, stipulé lui aussi
              au château de Leccio, vend à son frère Vassallo une terre située au Rio de Leccio. Le
              texte de la première des deux ventes contient sous forme écourtée la souscription
              notariale&#160;: «&#160;<emph>Ego talis his omnibus dum agerentur rogatus interfui</emph> et
              cetera&#160;» (fol. 13v). Il s’agit d’une exception, comme le prouvent d’autres documents
              transcrits pratiquement en entier<note n="23" type="footnote">V. p. ex. les ventes
                de fol. 13v-14, 15v, 24v&#160;; mais aussi les longs documents sur les actions juridiques
                du comte Guido Guerra&#160;: fol. 1v-2, 20.</note>. Une partie du formulaire (fol. 12-v)
              est consacrée expressément aux formules qui doivent être employées en fonction de la
              typologie et de la tradition des divers documents. Dans ce cas précis, nous trouvons
              la formule complète sous la rubrique «&#160;<emph>De subscriptione cuiuslibet instrumenti a
                se notario scripti</emph>&#160;»<note n="24" type="footnote">Fol. 12. C’est la seule
                rubrique où soit cité un notaire impérial&#160;: «&#160;<emph>Ego talis domini Frederigi
                  Romanorum imperatoris iudex et notarius</emph> etc.&#160;». Or, au fol. 4v, rubrique
                  «&#160;<emph>De mandato facto a notario complendi instrumenta sua</emph>&#160;», est prévu
                le cas d’un juge et notaire qui charge un collègue de rédiger ses documents. Alors
                que, au début du texte, celui qui confère le mandat est dit «&#160;<emph>Talis iudex et
                  notarius</emph>&#160;», il est cité peu après comme «&#160;<emph>ipse B.</emph>&#160;» Puisque
                des six notaires que nous trouvons dans le manuscrit, Bruno est le seul qui soit
                également juge, on pourrait avancer avec beaucoup de prudence l’hypothèse que dans
                ce cas «&#160;B.&#160;» serait mis pour «&#160;<emph>Brunus</emph>&#160;», même si en d’autres endroits
                (fol. 3v, 5, 6v, 7v, 9v, 15, 19v, 23v) ce sigle indique simplement un homme ou une
                femme. Bruno juge et notaire a rédigé les deux longues ventes déjà citées
                (fol. 13-14) et pourrait être identifié avec le juge et notaire «&#160;<emph>domini
                  Frederigi Romanorum imperatoris</emph>&#160;» du fol. 12 et – peut-être – avec celui
                qui a stipulé l’acte de vente déjà cité du 8 janvier 1204, Dipl. S. Apollonia. Étant
                donné le peu de consistance des quelques indices rassemblés, il n’est pas possible
                d’attribuer à Bruno la paternité du formulaire florentin.</note>.</p>
            <p>Arrivé ce point, il nous faut préciser que le formulaire sous examen procède de la
              copie synchrone d’un texte antérieur, comme nous le révèlent, de façon manifeste, une
              série d’indices. Vers la fin du deuxième cahier, nous trouvons une table des
                <emph>rubricae primi quaterni</emph>, unique liste des documents présents dans le
              manuscrit. Le texte intégral originel devait se développer, en admettant qu’il ait
              contenu toute la matière comprise dans le petit manuscrit qui nous est conservé, sur
              30 feuillets écrits recto verso, réunis en trois cahiers de huit feuillets chacun plus
              un fascicule de six feuillets (à moins qu’il ne s’agisse d’un quatrième cahier amputé
              de ses deux dernières feuilles parce que restées vierges). C’est sur le recto du
              feuillet 14 qu’est transcrite la liste des rubriques <emph>primi quaterni</emph>, qui
              se réfère donc aux documents occupant la première partie du premier fascicule
              (fol. 1-7v, jusqu’à «&#160;<emph>De pronumptiatione exbannimenti</emph>&#160;»). À partir de la
              rubrique «&#160;<emph>De sententia matrimoni</emph>&#160;» commençait, dans le manuscrit perdu,
              le second cahier, lequel finissait par la liste des rubriques. Avant cette table, nous
              trouvons deux longs documents rapportés presque sans abrègements, dépourvus
              d’intitulés et concernant des ventes de biens fonciers<note n="25" type="footnote"
                >. Les seuls documents qui ne soient pas précédés d’un titre sont précisément ces
                deux ventes (fol. 13-14), transcrites avant la liste des rubriques par laquelle se
                concluait le second cahier originel (fol. 9-16, correspondant aux fol. 7v-14 de
                notre ms). Étant donné que cette table se réfère au contenu du premier cahier du
                recueil perdu et est donc une copie, on en déduit que déjà alors le
                  <emph>tenor</emph> des différents documents était précédé de titres, qui en
                facilitaient la consultation. Sur la question des deux ventes, voir plus loin dans
                le texte. Il est probable que le manuscrit modèle contenait une liste des rubriques
                non seulement du <emph>primi quaterni</emph>, mais aussi du second. Toutefois, en
                formulant des hypothèses quant à sa structure, on doit tenir compte que l’on ne peut
                rien dire ni sur le support (dimensions, surface d’écriture, marges…) ni sur
                l’écriture elle-même (module, système d’abréviations…).</note>.</p>
            <p>Considérant que la matière <emph>primi quaterni</emph> est comprise dans les
              feuillets 1-7 de notre manuscrit, et que le second cahier (fol. 9-16) correspond aux
              feuillets 7 verso (partie finale) à 14 recto de la copie, on peut en déduire que le
              troisième fascicule (fol. 17-24) devait commencer par la «&#160;<emph>Donatio inter
                vivos</emph>&#160;» (fol. 14v) et se terminer par des documents compris dans les
              feuillets 20 ou 21 de notre exemplaire. Étant donné qu’aux feuillets 19 et 20 se
              trouvent deux longs documents ayant trait à une vente, comme dans la partie finale du
              deuxième cahier du manuscrit perdu (fol. 13-14 du manuscrit conservé), nous pouvons
              raisonnablement avancer l’hypothèse que le troisième cahier (fol. 17-24) devait, à
              l’origine, se terminer par l’instrument par lequel le comte Guido Guerra vendait son
              château de Vico. Le quatrième et dernier fascicule commençait donc (fol. 25) par
              l’acte de vente suivant<note n="26" type="footnote">Correspond au fol. 20 (deuxième
                moitié) de notre manuscrit. Mais étant donné que l’acte «&#160;<emph>de venditione
                  castri</emph>&#160;» déjà cité, et qui ouvre le fol. 20, parle dans les dernières
                lignes de «&#160;<emph>coloni</emph>&#160;», on ne peut pas exclure qu’à l’origine la fin du
                troisième cahier (fol. 24v) ne coïncidait pas avec la fin de notre fol. 20,
                comprenant les deux actes de vente de «&#160;<emph>coloni</emph>&#160;», et que le quatrième
                cahier (à partir du fol. 25) ne commençait pas avec l’actuel fol. 20v. Toutefois, vu
                que le premier document de cette feuille commence par «&#160;<emph>vel integre
                  videlicet</emph>&#160;», se reliant ainsi à celui qui précède, il est aussi possible
                que le dernier fascicule du manuscrit perdu ait commencé avec le second, ou
                peut-être le troisième document du fol. 20v.</note> et se terminait
              (vraisemblablement au fol. 30) par le document de vente de notre feuillet 24 verso, en
              admettant que – comme nous le verrons ci-après – le texte qui nous est parvenu
              rapporte la copie de tous les documents présents dans le manuscrit originel et ne
              contient pas d’ajouts. Il est fort plausible que la structure des deux premiers
              cahiers du texte perdu ait correspondu, à peu près, à celle que nous avons décrite.
              Certes, la reconstruction de la seconde partie que nous proposons (8+8 ou bien 8+6
              feuillets, le quatrième fascicule commençant à l’actuel fol. 20) est raisonnable,
              étant donné que le format du cahier est d’usage fréquent, mais elle n’exclut pas
              d’autres reconstitutions possibles (bien que peu probables)&#160;: ainsi de l’hypothèse que
              les deux premiers cahiers auraient pu être complétés à l’origine d’un troisième et
              unique fascicule, contenant tous les documents transcrits à partir du feuillet 14
              verso du manuscrit conservé. En exécutant son travail de copie, le scribe a eu soin,
              dans la plupart des cas, de faire coïncider la fin d’un document avec la fin du
              feuillet, laissant quelquefois, à cet effet, partiellement en blanc la moitié
              inférieure de la page, de manière à transcrire le document suivant sur un nouveau
                feuillet<note n="27" type="footnote">Dans huit cas (sur un total de quarante-huit)
                le texte d’un document est au contraire transcrit à cheval sur deux pages ou
                feuilles, dans des proportions variables, environ une moitié du texte de chaque côté
                (fol. 8-v, 13v-14, 18-v), un quart contre trois quarts (fol. 1v-2, un tiers contre
                deux tiers (fol. 10-v), trois quarts contre un quart (fol. 13-v). Dans deux cas, les
                dernières lignes d’un document se trouvent sur une nouvelle page (fol. 17v-18,
                20v-21). Dans les pages dont la partie inférieure est restée en blanc, le document
                suivant étant reporté tout entier à la page suivante, les lignes du texte sont au
                nombre de 25-28 (contre une moyenne de 40-44 lignes).</note>.</p>
            <p>Le manuscrit conservé procède donc de la transcription d’un texte précédent&#160;; de la
              compilation, il est le <emph>codex unicus</emph>, le seul représentant ou témoin
              survivant de la tradition, du moins en l’état actuel de nos connaissances. En ce qui
              concerne son rapport avec le texte originel, il n’est pas possible d’établir s’il en
              descend directement ou si des versions intermédiaires étaient venues s’interposer
              entre ces deux états du texte. On peut noter que, en différents endroits, la copie ne
              respecte pas fidèlement l’ordre originel, ce qui explique – mais seulement en partie –
              ce désordre dans la succession des documents que Masi attribua à l’auteur du recueil&#160;:
              position qui lui a fait écrire qu’il manque au formulaire «&#160;una trama sistematica,
              cioè l’intendimento dell’autore di disporre la materia in un certo ordine rigoroso&#160;».
              Ont été collectés «&#160;qua e là i tipi di atti più varii&#160;», et «&#160;un ordinamento preciso
              del materiale&#160;» fait défaut. Il serait donc inutile de chercher «&#160;un ordine logico
              [che] non si sarebbe trovato, né una successione a gruppi compatti di formule
              riguardanti i vari istituti del diritto privato&#160;»<note n="28" type="footnote">G.
                Masi, éd. cit., p. LXV s. Nous signalons ici quelques exemples de désordre dans la
                succession des divers textes copiés dans le ms&#160;: au fol. 9 (titre&#160;: «&#160;<emph>De
                  electionibus prelati</emph>&#160;»), le texte commence par «&#160;<emph>Vel ita</emph>&#160;» et
                finit par «&#160;<emph>ut supra</emph>&#160;», mais le contenu n’a aucun rapport avec le
                document qui précède (un acte de <emph>depositum pecunie super altare</emph>)&#160;; la
                dernière partie du fol. 9 et la première partie de la page suivante accueillent la
                copie partielle et dans un ordre altéré par rapport à l’antigraphe, dans lequel il y
                avait d’abord un modèle (<emph>forma</emph>) d’«&#160;<emph>electio per
                  compromissum</emph>&#160;» qui manque dans notre manuscrit, puis le commentaire
                  «&#160;<emph>De dotrina huius artis et offitii</emph>&#160;», qui commence par
                  «&#160;<emph>Sciendum est tamen quod</emph>&#160;», ce qui laisse à penser qu’il y avait un
                document précédent&#160;; suivent des textes courts, «&#160;<emph>De electionibus per
                  compromissum</emph>&#160;», qui renvoie à la <emph>forma</emph>, et «&#160;<emph>De
                  electionibus prelati</emph>&#160;» («&#160;<emph>Vel ita</emph> […] <emph>ut
                supra</emph>&#160;»), puis «&#160;<emph>De dotrina</emph>&#160;» sur la «&#160;<emph>secunda eligendi
                  forma</emph>&#160;» (i. e. «&#160;<emph>per scruptinium</emph>&#160;»), puis «&#160;<emph>De
                  electionibus factis per scruptinium</emph>&#160;», et enfin la note «&#160;<emph>De dotrina
                  huius artis</emph>&#160;» sur «&#160;<emph>iste due forme</emph>&#160;». Le fol. 9 commence par
                  «&#160;<emph>Vel&#160;: Talis, renuntians cause et liti et accusationi</emph> etc.&#160;»,
                c’est-à-dire le début d’un document «&#160;<emph>De promissione in causa non
                  procedendi</emph>&#160;», qui malgré le «&#160;<emph>vel</emph>&#160;» n’est pas en relation avec
                le document précédant, «&#160;<emph>De matrimonio</emph>&#160;». Au fol. 23, les deux brèves
                notes «&#160;<emph>De dotrina offitii</emph>&#160;» et «&#160;<emph>De renovatione sacramentum
                  fidelitatis</emph>&#160;» sont la copie fidèle de deux textes que nous trouvons au
                fol. 10. Mais, tandis que les deux <emph>notae</emph> («&#160;<emph>Et est
                  notandum</emph> etc.&#160;» et «&#160;<emph>De renovatione iuramenti fidelitatis</emph>&#160;»)
                se réfèrent aux documents qui précèdent («&#160;<emph>De re data in feudum</emph>&#160;» et
                  «&#160;<emph>De promissione et iuramento fidelitatis</emph>&#160;»), au fol. 23 elles n’ont
                aucun rapport avec le document «&#160;<emph>De re data in solutum</emph>&#160;». Au début du
                fol. 15, nous trouvons le commencement d’un document, sans titre, qui s’interrompt
                après quelques mots&#160;; un tel phénomène se retrouve dans le premier document du
                fol. 15v, précédé de «&#160;<emph>De venditione rei stabilis</emph>&#160;». Au fol. 3, la note
                  «&#160;<emph>Si autem pater predictus etc.</emph>&#160;», concernant la promesse faite au
                père par son fils émancipé (qui dans l’éd. Masi semblerait se trouver à la fin du
                fol. 2v), est écrite en bas de la page. Le copiste s’est aperçu trop tard qu’il
                aurait dû insérer cette note avant le document «&#160;<emph>De mutuo</emph>&#160;»&#160;; il a donc
                renversé la page, et ajouté la note sur un total de 5 lignes. Bien qu’il soit
                théoriquement possible que ces inadvertances et négligences fussent déjà présentes
                dans le manuscrit perdu, il est, à mon avis, très probable qu’il s’agit de fautes de
                copiste d’un apprenti notaire, qui commet aussi plusieurs erreurs de transcription,
                dues le plus souvent à un manque d’attention au sens du texte (mots répétés, omis ou
                écrits sans signes d’abréviation, concordances erronées, «&#160;<emph>pro
                ulterius</emph>&#160;» au lieu de «&#160;<emph>non pro usuris</emph>&#160;»,
                  «&#160;<emph>potestas</emph>&#160;» à la place de «&#160;<emph>petitionem</emph>&#160;»,
                  «&#160;<emph>vivorum</emph>&#160;» au lieu de «&#160;<emph>virorum</emph>&#160;»,
                  «&#160;<emph>expedire</emph>&#160;» pour «&#160;<emph>expedite</emph>&#160;», «&#160;<emph>adcas</emph>&#160;»
                avec signe abréviatif, qui devient «&#160;<emph>ad dictas</emph>&#160;» au lieu de «&#160;<emph>ad
                  causas</emph>&#160;», etc.).</note>.</p>
            <p>Nous allons voir, au contraire, en exposant synthétiquement le contenu du manuscrit,
              dans l’ordre où se succèdent les documents, qu’il s’y trouve bel et bien une cohérence
              structurelle, si l’on a soin de se reporter aux critères adoptés par un notaire du
                  <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle et si l’on tient compte de ses
              exigences professionnelles et des textes qui circulaient dans le milieu des notaires
              de l’époque et de la région en question. Et si cet ordre peut ne pas sembler logique,
              rigoureux et systématique, il est bon de rappeler que nous ne nous trouvons pas en
              face d’un manuel moderne destiné à l’enseignement dans une école proprement dite, mais
              face à un recueil de documents et notes qui devaient servir de guide à un notaire dans
              l’exercice quotidien de sa fonction. La partie finale est enrichie par des
                <emph>exempla</emph> qui représentent des variations sur certains thèmes
              fondamentaux bien précis déjà traités précédemment dans l’ouvrage.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. De l’influence bolonaise</head>
            <p>Étant donné que nous ne disposons pas d’autres recueils contemporains analogues,
              rédigés à Florence, et vu que dès l’époque d’Irnerio l’influence de la prestigieuse
              école de notariat bolonaise s’étendait aussi à la Toscane et à d’autres régions de
              l’Italie du centre et du nord, il ne semblera pas vain de se demander si l’auteur de
              notre manuscrit – où nous trouvons la formule <emph>ars notaria</emph> dans les titres
              de deux rubriques – n’avait pas sous les yeux quelque traité ou formulaire de
              provenance bolonaise, ou s’il ne s’est pas inspiré de tel de ces textes lus dans une
              compilation qui ne nous serait pas parvenue. Pour pouvoir répondre à cette question,
              et donc être en mesure d’établir les caractéristiques et les éventuels éléments de
              nouveauté contenus dans le formulaire florentin, il faut prêter quelque attention aux
              principales œuvres produites jusqu’au milieu du <num>xiii<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle au sein de l’école de notariat bolonaise.</p>

            <div>
              <head type="h2">II.1. La fabrique bolonaise</head>
              <p>Vers la fin du <num>xix<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, l’Université de Bologne
                reçut un cadeau d’anniversaire précieux et de grand intérêt, à l’occasion du
                huitième centenaire de sa naissance, qui tombait peu de temps après la proclamation
                du Royaume d’Italie. Dans le programme des célébrations solennelles préparé pour
                fêter cet événement figurait la publication de textes médiévaux réthoriques et
                juridiques ayant vu le jour à Bologne, et parmi ceux-ci l’édition de plusieurs
                œuvres fondamentales de l’école qui formait les notaires de la ville, école qui a
                contribué de façon déterminante au développement et au succès de tout le notariat
                italien. L’expression elle-même d’«&#160;<emph>ars notaria</emph>&#160;» fut conçue dans cette
                Université au début du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle pour indiquer,
                précisément, l’application des méthodes de la science juridique renouvelée aux
                pratiques notariales traditionnelles<note n="29" type="footnote">Nous trouvons
                  pour la première fois la formule <emph>ars notaria/notarie</emph> en 1220, dans la
                  matricule des notaires bolonais qui venait d’être instituée (1219)&#160;: «&#160;<emph>ad
                    examinationem faciendam super illis qui ad artem volunt de novo notarie
                    pervenire</emph>&#160;». Cf. <emph>Liber sive matricula notariorum Comunis Bononiae
                    1219-1299</emph>, éd. Roberto Ferrara, Valerio Valentini, Roma, 1980
                    (<emph>Fonti e strumenti per la storia del notariato italiano</emph>, 3), p.
                  27&#160;; G. Orlandelli, «&#160;La scuola di notariato…&#160;», p. 48. V. aussi Hans Georg
                  Walther, «&#160;Die Anfänge des Rechtsstudiums und die kommunale Welt Italiens im
                  Hochmittelalter&#160;», dans <emph>Schule und Studium im sozialen Wandel des hohen und
                    späten Mittelalters</emph>, éd. Johann Fried, Sigmaringen, 1986 (<emph>Vorträge
                    und Forschungen hg. vom Konstanzer Arbeitskreis für mittelalterliche
                    Geschichte</emph>, 30), p. 121 ss.</note>. Et c’est grâce à l’école bolonaise de
                notariat, à partir surtout du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, que la
                classe des notaires acquit une nouvelle autoconscience et put s’assurer le monopole
                de la «&#160;rechtskräftige Beurkundung&#160;» des actes juridiques de différentes natures en
                Italie et dans d’autres pays européens.</p>
              <p>Les premiers résultats des initiatives scientifiques et éditoriales bolonaises
                furent la publication des trois volumes de la <emph>Bibliotheca iuridica medii
                  aevi</emph>, promue et dirigée par Augusto Gaudenzi, jeune professeur d’Histoire
                du droit italien à l’Université royale. En 1888, Giovanni Battista Palmieri, élève
                de Gaudenzi, fit paraître dans le premier volume de cette collection un
                  <emph>Formularium tabellionum</emph> et l’attribua par erreur à Irnerio. L’œuvre,
                qui reste la plus ancienne de celles qui nous sont parvenues de l’école bolonaise de
                notariat, est en fait d’un auteur inconnu, actif dans la ville aux premières années
                du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Dans le deuxième volume (1892),
                Gaudenzi lui-même édita une œuvre de Ranieri da Perugia, écrite à Bologne dans la
                seconde décennie du même siècle, et l’intitula <emph>Ars notariae</emph>, alors que
                son titre originel était <emph>Liber formularius</emph> ou <emph>Formularium</emph>,
                comme le précisa Ludwig Wahrmund une vingtaine d’années plus tard<note n="30"
                  type="footnote">Ludwig Wahrmund, <emph>Die Ars notariae des Rainerius
                    Perusinus</emph>, dans <emph>Quellen zur Geschichte des römisch-kanonischen
                    Prozesses im Mittelalter</emph>, 3-2, Innsbruck, 1917, p. XXIV ss.</note>. Dans
                le troisième et dernier volume de la <emph>Bibliotheca iuridica</emph> le notaire
                Carlo Cicognari, disciple lui aussi de Gaudenzi, donna en 1901 l’édition d’un texte
                intitulé <emph>Summa notariae annis MCCXL–MCCXLIII Aretii composita.</emph> L’auteur
                était un élève de Ranieri da Perugia, que Salatiele qualifia dans son <emph>Ars
                  notariae</emph> d’«&#160;<emph>Aretinus parabolanus</emph>&#160;» («&#160;ce bavard
                  d’Arezzo&#160;»)<note n="31" type="footnote">Salatiele, <emph>Ars notariae</emph>,
                  éd. G. Orlandelli, Bologna, 1961 (<emph>Istituto per la storia dell'Università di
                    Bologna, Opere dei maestri</emph>, 2), p. 219. Cette édition comprend aussi bien
                  tous les fragments de la première version de l’œuvre (1237-1242) que la seconde
                  rédaction, complète, qui est postérieure d’une dizaine d’années
                  (1252-1254).</note>.</p>
              <p>La <emph>Summa</emph> d’Aretino s’inspire, dans sa partie formulaire, du
                  <emph>Liber formularius</emph> de Ranieri da Perugia, avec toutefois des
                adaptations et des modifications imposées par leur application à un milieu
                différent, Arezzo et ses alentours. La partie théorique emprunte son contenu à une
                œuvre postérieure de Ranieri, l’<emph>Ars notariae</emph>, qui fut publiée par
                Wahrmund. Aussi bien le <emph>Liber formularius</emph> (1215 environ) que
                  l’<emph>Ars notariae</emph>, œuvre à laquelle Ranieri travailla avec beaucoup de
                zèle pendant plus de vingt ans (1225-1245 environ) mais qui cependant resta
                inachevée, ont efficacement contribué à l’affirmation et au triomphe du notariat en
                Italie. C’est grâce à Aretino que le formulaire de l’école bolonaise fut introduit
                en Toscane où, dans les documents privés, étaient encore présents des formules et
                des usages du droit longobard et féodal, dont Ranieri avait tenu compte déjà dans
                son premier opus. Entre les œuvres de Ranieri et celle d’Aretino s’intercalent le
                  <emph>Formularium super contractibus et libellis</emph> de Martino da Fano<note
                  n="32" type="footnote">L. Wahrmund, <emph>Das Formularium des Martinus de
                    Fano</emph>, dans <emph>Quellen zur Geschichte des römisch-kanonischen Prozesses
                    im Mittelalter</emph>, 1-8, Innsbruck, 1907, ouvrage rédigé vers 1232 et qui
                  dépend de Ranieri da Perugia. V. aussi <emph>Medioevo notarile. Martino da Fano e
                    il ‘Formularium super contractibus et libellis’</emph>, éd. V. Piergiovanni,
                  Milano, 2007 (<emph>Fonti e strumenti per la storia del notariato italiano</emph>,
                  X)&#160;; S. Scalfati, «&#160;La materia processuale nella scienza giuridica, nei formulari
                  e nella prassi notarile nel medioevo <emph>»</emph>, dans <emph>Sit liber gratus
                    quem servulus est operatus. Studi in onore di Alessandro Pratesi</emph>, éd.
                  Paolo Cherubini, Giovanna Nicolai, Città del Vaticano, 2012 (<emph>Littera
                    Antiqua</emph>, 19), p. 423 ss.</note> et l<emph>’Ars notariae</emph> de
                Bencivenne da Norcia, ce dernier ayant contribué à la diffusion du formulaire
                bolonais en Ombrie, dans les Marches et sur la côte adriatique<note n="33"
                  type="footnote">Bencivenne, <emph>Ars notariae</emph>, éd. Giovanni Bronzino,
                  Bologna, 1965 (<emph>Studi e ricerche della Facoltà di Lettere e Filosofia
                    dell'Università degli Studi di Bologna</emph>, N. S. 14). Bencivenne fut très
                  probablement élève de Ranieri da Perugia et composa son œuvre vers
                1235.</note>.</p>
              <p>Peu après le milieu du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, le premier
                noyau de la célèbre <emph>Summa totius artis notariae</emph> de Rolandino Passeggeri
                était et se présentait comme une simple <emph>Collectio contractuum</emph> (comme
                elle est définie dans la préface), qui puisait en partie aux «&#160;<emph>compilationes
                  et summae iuxta tunc viventium mores et consuetudines</emph>&#160;» rédigées
                  «&#160;<emph>per quosdam prudentes viros</emph>&#160;» dans les temps passés
                  («&#160;<emph>antiquis temporibus</emph>&#160;»)<note n="34" type="footnote">Rolandini
                  Rodulphini (Passagerii), <emph>Summa totius artis notariae</emph>, Venezia, 1546
                  (réimpr. anastatique Bologna, 1977), p. 1 s.</note>. Il est fort probable qu’ici
                l’auteur a voulu faire allusion non seulement au <emph>Formularium
                  tabellionum</emph> pseudo-irnérien et au <emph>Liber formularius</emph> de Ranieri
                da Perugia, c’est-à-dire à des œuvres, alors récentes, produites quelques décennies
                auparavant, mais aussi et surtout à des formulaires d’époque antérieure et de
                différentes provenances, à d’autres recueils de «&#160;<emph>contractuum et
                  instrumentorum formae et ordines</emph>&#160;» pas mieux identifiés et inconnus de
                nous.</p>
              <p>Tandis que les auteurs et les compilateurs précédents avaient dans leurs
                formulaires présenté les contrats comme une succession de typologies plurielles et
                variées, ils ressentirent, à partir de Ranieri, l’exigence de donner des fondements
                théoriques et une organisation doctrinale rigoureuse à toute l’<emph>ars
                  notaria.</emph> La présence d’introductions, de préfaces, de chapitres et de
                parties entièrement dédiés aux aspects théoriques et aux questions de méthode ainsi
                que de riches annotations sur les différents aspects de l’activité notariale
                caractérisèrent à partir de ce moment les œuvres des docteurs de l’école bolonaise
                et celles de leurs successeurs, dont l’enseignement fut accueilli favorablement
                aussi par les compilateurs des simples formulaires de contrats et d’actes
                judiciaires de la fin du Moyen Âge.</p>
              <p>Ce profond renouvellement, qui dans des formulaires du <num>xiii<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècle rédigés dans des milieux autres que Bologne n’est pas
                toujours évident, partit donc de l’école bolonaise de notariat, qui sut transformer
                en science l’antique pratique notariale, influencée et sollicitée dans ce rapide
                processus de développement par des stimulations et des requêtes provenant de
                l’Université et de la commune de la ville. L’initiative éditoriale de Gaudenzi, née
                dans le cadre des célébrations du huitième centenaire de l’Université, eut le mérite
                indiscutable d’attirer l’attention des chercheurs sur l’école de notariat de Bologne
                sur laquelle, à la fin du <num>xix<hi rend="sup">e</hi></num> siècle encore, les
                connaissances étaient assez limitées. Grâce aux travaux de recherche qui furent
                engagés à la suite de cette publication, nous sommes, aujourd’hui, en mesure de
                reparcourir les étapes du chemin qui aboutit à la <emph>Summa</emph> de
                Rolandino.</p>
              <p>À Bologne, dès le début du <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, la nécessité
                de donner de nouveaux fondements à la doctrine, à l’activité et à l’organisation du
                notariat, était ressentie non seulement dans le monde des notaires mais aussi par
                les autorités académiques et municipales. L’œuvre composée par le célèbre juriste
                Irnerio, <emph>Lucerna iuris</emph>, au cours de la deuxième décennie du siècle
                nacquit dans ce climat politique et culturel. Une information nous reporte aux
                origines de la production scientifique et didactique de l’école bolonaise, nouvelle
                qui remonte à la littérature juridique des <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num>
                (Accursio, Odofredo) et <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècles (Pietro de
                Anzola), selon laquelle Irnerio écrivit un formulaire de documents à l’usage des
                notaires, un recueil de schémas de transactions qui, hélas, ne nous est pas
                  parvenu<note n="35" type="footnote">G. Orlandelli, «&#160;Petitionibus
                  emphyteuticariis annuendo. Irnerio e l'interpretazione della legge Iubemus&#160;», dans
                    <emph>Atti della Accademia delle scienze dell'Istituto di Bologna.
                    Rendiconti</emph>, 71 (1984), p. 54 ss.</note>.</p>
              <p>L’école bolonaise, dont le premier grand maître fut précisément Irnerio, enseignait
                alors que la matière contractuelle devait s’articuler en quatre catégories
                fondamentales (les contrats d’achat-vente, les contrats emphytéotiques, les
                donations, les testaments), auxquelles toute autre <emph>forma</emph> devait être
                reconduite. Dans cette organisation quadripartite de la théorie des instruments,
                Irnerio eut le mérite indiscutable de moderniser la formule de l’emphytéose,
                éliminant ainsi du document le texte de la requête adressée au
                <emph>dominus</emph>-propriétaire par l’emphytéote, dans le but de placer les
                contrats dans le cadre des accords entre les parties (pactes bilatéraux), évinçant
                ainsi le concept de soumission féodale. Dans les transactions foncières, le secteur
                de la location et du bail, qui pendant de longs siècles avait fait partie du régime
                emphytéotique, gagna son autonomie, en accord avec les conditions et les exigences
                de la nouvelle économie de marché, dans un contexte social assez complexe,
                caractérisé par un important développement des activités commerciales et artisanales
                dans les villes communales. Une excellente formation professionnelle était assurée
                aux notaires par l’Université, où étaient élaborés les fondements de la culture
                juridique, qui se voyait ensuite appliquée dans les documents. C’est justement à
                cette époque qu’à Bologne furent définis le système théorique et le nouveau genre
                littéraire de l’<emph>ars notaria</emph>, qui acquit une spécificité substantielle
                et méthodologique.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.2. Les inventions</head>
              <p>Tandis que, dans les débuts du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, le
                compilateur inconnu du formulaire pseudo-irnérien continuait à respecter la
                subdivision traditionnelle de la matière en quatre types d’instruments fondamentaux,
                tout en ayant, par ailleurs, soin d’ajouter un cinquième livre consacré au genre des
                  «&#160;<emph>pactorum et cautionum et aliorum contractuum extraordinariorum</emph>&#160;»,
                dans le but de concilier le vieux schéma irnérien avec la nouvelle réalité
                économique et sociale, une dizaine d’années plus tard Ranieri da Perugia, dans son
                  <emph>Liber formularius</emph>, introduisait un changement radical&#160;: il
                accueillait l’enseignement du célèbre Azzone, qui établissait une distinction entre
                domaine direct et domaine utile. Sous l’étiquette du premier il faisait rentrer les
                actes d’achat-vente, de donation et les testaments, tandis qu’il insérait sous
                l’enseigne du second (usage et usufruit) l’autre terme de la théorie traditionnelle,
                c’est-à-dire l’emphytéose avec tous les divers types contractuels de bail et de
                location.</p>
              <p>De son côté, la commune, à la suite des profonds changements qui caractérisèrent
                les décennies à cheval sur les deux siècles, avait un besoin urgent, pour satisfaire
                à son activité politique et administrative, d’un nombre élevé de notaires
                compétents. Pour cela elle ne se contenta pas d’en choisir plusieurs parmi ceux qui
                exerçaient déjà sur place, mais elle s’organisa pour en nommer d’autres, après avoir
                soumis à examen ceux qui «&#160;<emph>ad artem volunt de novo notarie pervenire vel de
                  novo ipsam artem exercere</emph>&#160;», comme on peut le lire dans la matricule des
                notaires bolonais, instituée précisément au début du <num>xiii<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle. Tandis que dans le <emph>Liber formularius</emph> Ranieri
                fondait son analyse sur le document, sur ses typologies et sur son processus de
                formation, à partir de la <emph>rogatio</emph> ou <emph>imbreviatura</emph> jusqu’à
                la rédaction du <emph>mundum</emph> de l’<emph>instrumentum</emph>, dans l’<emph>Ars
                  notariae</emph>, qui est postérieure, le point central et l’objet même de l’œuvre
                est l’homme, considéré dans les divers moments de sa vie et <emph>sub specie</emph>
                des différentes actions juridiques pour lesquelles est requise l’intervention du
                notaire, comme par exemple les pactes et les contrats qui «&#160;<emph>fiunt hominum
                  consensu et voluntate</emph>&#160;» et par lesquels on acquiert les droits
                  (<emph>paciscendo</emph>), les documents ayant trait à la défense des droits
                  (<emph>litigando</emph>) et ceux par lesquels se transmettent les <emph>ultime
                  voluntates</emph> (<emph>disponendo</emph>), avec une tripartition de toute la
                matière <emph>ad summe Trinitatis honorem.</emph></p>
              <p>La connaissance des fondements de la science juridique devait donc servir au
                notaire, désormais doté de la <emph>publica fides</emph>, pour répondre, au mieux,
                aux exigences de l’homme, engagé à des moments différents et de façons variées dans
                l’affirmation de ses droits. La finalité didactique de l’œuvre est clairement
                énoncée&#160;: l’auteur veut fournir un «&#160;<emph>documentum generale de omnibus
                  scribendis</emph>&#160;» dans une forme appropriée («&#160;<emph>cum suis verbis
                  specialibus</emph>&#160;»). Ce n’est pas par hasard que dans l’<emph>Ars
                  notariae</emph> Ranieri consacre beaucoup de place à la matière judiciaire,
                sollicité par les besoins et les requêtes de la commune et par l’Université, mais
                poussé aussi par une vision organique des différentes <emph>actiones</emph> de
                l’homme, raison pour laquelle la matière judiciaire est en étroite connexion avec la
                matière contractuelle.</p>
              <p>Les types et les formes des documents d’une part, les principes du droit de
                l’autre, ne sont pas ici considérés que sur le plan théorique ni même conçus comme
                deux mondes différents et distincts, mais comme des moyens et instruments de
                connaissance et d’intervention, grâce auxquels, à travers la doctrine de l’école de
                droit, on arrive à la formation d’un professionnel de haut niveau culturel, très
                compétent, auquel le système juridique reconnaissait la pleine validité de la
                documentation qu’il produisait. La leçon et la méthode de Ranieri trouvent leur
                application dans la <emph>Summa notariae</emph> de l’Aretino, dans laquelle, après
                une première partie «&#160;<emph>de contractibus et pactis</emph>&#160;», vu que «&#160;<emph>ex
                  ipsis iudicia prodeant</emph>&#160;» la deuxième partie traite «&#160;<emph>de iudiciorum
                  ordine</emph>&#160;» et enfin la troisième, «&#160;<emph>de ultimis voluntatibus</emph>&#160;».
                Comme dans l’œuvre majeure de son maître, l’Aretino articule chacune des trois
                parties autour d’une section théorique et d’une section formulaire.</p>
              <p>Au cours de ces mêmes années, à Bologne, tandis que Ranieri achevait son activité
                sans avoir pu compléter son <emph>opus egregium</emph>, Salatiele travaillait à la
                première rédaction de son <emph>Ars notariae</emph>, où la matière judiciaire est
                pratiquement inexistante. Partant du principe que l’<emph>ars notaria</emph>,
                essentiellement fondée sur le <emph>Corpus iuris</emph>, a le devoir d’enseigner aux
                notaires les façons de rédiger l’instrument parfait, là où la doctrine et la
                pratique judiciaires visent, de par leur nature, à en détruire la force juridique,
                Salatiele donna donc à son traité une orientation rigoureusement «&#160;civilistique&#160;» et
                – s’éloignant radicalement de la pratique de son temps – il prit surtout en
                considération les actions contractuelles de l’homme, non seulement pour en conserver
                intacte la mémoire mais aussi pour faire en sorte que «&#160;<emph>sopiuntur lites,
                  iurgia evanescunt</emph>&#160;»<note n="36" type="footnote">Dans ses positions de
                  défense rigoureuse de l’orthodoxie civilistique, Salatiele, à la différence de
                  Ranieri da Perugia, montre une aversion profonde contre le droit longobard&#160;: v. G.
                  Orlandelli, «&#160;Appunti sulla scuola bolognese di notariato nel secolo XIII per una
                  edizione dell'Ars notariae di Salatiele&#160;», dans <emph>Studi e memorie per la
                    storia dell'Università di Bologna</emph>, 2 (1961), p. 32 ss.</note>.</p>
              <p>Dans la prestigieuse école bolonaise de notariat, l’œuvre de Salatiele, publiée en
                1242, trouva de nombreux admirateurs, mais aussi beaucoup de détracteurs et
                critiques sévères, dont faisait partie, en première ligne, Rolandino. Sans contester
                sa cohérence et sa rigueur sur le plan purement théorique et méthodologique, ces
                critiques dénonçaient surtout, et à juste titre, l’absence d’une partie consacrée à
                la matière judiciaire, dont le notaire était de plus en plus appelé à s’occuper.
                Avant de présenter la seconde rédaction de son <emph>Ars</emph> (1254), où la partie
                théorique («&#160;<emph>propter scire</emph>&#160;») est nettement plus développée que la
                partie documentaire («&#160;<emph>propter operari</emph>&#160;»), Salatiele décida alors de
                s’occuper de la matière judiciaire dans une <emph>Summula de libellis</emph>,
                présentée comme <emph>supplementum</emph> de son œuvre majeure<note n="37"
                  type="footnote">Salatiele, <emph>Summula de libellis</emph>, éd. Antonio Grazia,
                  Bologna, 1970 (<emph>Studi e ricerche della Facoltà di Lettere e Filosofia
                    dell'Università degli Studi di Bologna</emph>, N. S. 26).</note>.</p>
              <p>Avec Salatiele l’<emph>ars notaria</emph> a atteint les sommets de la doctrine
                juridique&#160;; toutefois le <emph>ius civile</emph> n’accordait aucune place aux
                traditions et usages différents, et ignorait totalement la matière judiciaire. En
                net contraste avec cette ligne méthodologique, qui se reflétait profondément dans la
                formation professionnelle, dans le rôle social de la classe et dans la physionomie
                même de l’institution notariale, Rolandino Passeggeri, dès la préface de sa
                  <emph>Collectio contractuum</emph> de 1255, recommandait aux notaires de suivre
                dans leurs documents la pratique du temps. Il réitèra le conseil une vingtaine
                d’années plus tard, avec une autorité plus grande, dans sa <emph>Summa totius artis
                  notariae</emph>, œuvre à succès et de grande diffusion, qui reprenait en substance
                la tripartition de Ranieri («&#160;<emph>de contractibus et pactis, de testamentis et
                  ultimis voluntatibus, de ordine iudiciorum</emph>&#160;»). En outre, tout comme ce
                dernier avait doté son <emph>Ars</emph> d’un chapitre final contenant une série de
                conseils sur la rédaction des documents, Rolandino conclut sa <emph>Summa</emph> sur
                une partie à caractère général, «&#160;<emph>de exemplificationibus et refectionibus
                  scripturarum</emph>&#160;», subdivisée elle aussi en trois parties.</p>
              <p>Grâce à cette œuvre bien articulée du point de vue pédagogique, claire et moderne,
                l’école bolonaise de notariat disposait d’un texte fondamental pour l’enseignement
                de toute la matière notariale. Toutefois, il nous faut souligner – et nous le ferons
                avec plus de précision en revenant au formulaire florentin – que les normes de droit
                romain proposées par les <emph>doctores</emph> en droit et en <emph>ars
                  notaria</emph> de Bologne, souvent caractérisées par de profondes modifications et
                innovations apportées au <emph>Corpus iuris</emph>, s’affirmeront et se répandront
                avec une certaine lenteur, due sans doute à la coexistence et parfois même à
                l’«&#160;impatto più o meno brusco con altre costumanze, altre tradizioni culturali,
                giuridiche e politiche&#160;»<note n="38" type="footnote">G. Costamagna, «&#160;Bologna e il
                  ritorno del diritto romano…&#160;», p. 13.</note>.</p>
              <p>Tandis que, dans les siècles antérieurs à la renaissance juridique et à la
                constitution de l’école bolonaise de notariat, les rédacteurs d’actes privés avaient
                dû se servir de formulaires schématiques, qui ne répondaient pas toujours aux
                nécessités d’une société en profonde transformation sur le plan économique,
                politique et culturel, ils purent, grâce au formulaire pseudo-irnérien et surtout
                aux œuvres de Ranieri da Perugia, de ses collègues et élèves, disposer désormais des
                instruments professionnels adaptés aux besoins du monde citadin du <num>xiii<hi
                    rend="sup">e</hi></num> siècle, dans lequel continuaient à coexister sans trop
                de conflit des éléments de droit romain, germanique et féodal. Un exemple
                particulièrement significatif des profondes innovations introduites par les
                glossateurs, les commentateurs et les docteurs en <emph>ars notaria</emph> est
                représenté par l’<emph>interpretatio</emph> du concept de <emph>dominium</emph>, qui
                dans le <emph>Corpus iuris civilis</emph> indique l’appartenance d’un bien à un
                sujet et donc ne peut être «&#160;ni limitable ni soumis à condition&#160;», alors que les
                interprètes du Moyen Âge firent en sorte de distinguer un <emph>dominium</emph>
                direct (<emph>substantia rei</emph>) et un <emph>dominium</emph> utile
                  (<emph>utilitas rei</emph>). Ils partaient donc de l’objet et non du sujet
                propriétaire, de façon à tenir compte, au niveau du <emph>dominium</emph> partagé,
                d’une série de situations diverses telles que l’emphytéose, le fief, les concessions
                à bail, la location à long terme et d’autres encore, toutes de grande importance
                dans la société de l’époque. Au propriétaire fut donc reconnu le domaine substantiel
                et direct, tandis que le domaine utile revenait à celui qui jouait un rôle actif
                dans la vie économique.</p>
              <p>Une distinction analogue fut introduite dans la <emph>locatio-conductio rei</emph>
                d’origine romaine. Dans ce cas aussi l’objectif était d’adapter et de conformer aux
                exigences des temps nouveaux le texte du Code justinien&#160;: pour la location à court
                terme restait valable la norme classique du droit romain relative à la simple
                détention du bien, tandis que pour la <emph>locatio ad longum tempus</emph> on
                reconnut, dès la fin du <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, que la longue
                résidence du concessionnaire sur les biens immeubles et fonciers se reflète et
                produit aussi des effets sur la qualité juridique de cette présence. On créa ainsi
                un contrat de location à long terme, qui conférait à l’occupant un droit utile et
                lui reconnaissait la qualité de <emph>dominus utilis</emph> pour toute la durée du
                  contrat<note n="39" type="footnote">P. Grossi, <emph>L'ordine giuridico
                    medioevale…</emph>, p. 237 ss.</note>.</p>
              <p>Sur le plan de la forme des documents, le passage du régime de «&#160;Dualismus
                charta-notitia&#160;», pour le dire avec les diplomatistes allemands, au triomphe de
                l’instrument public s’était imposé dès avant la diffusion des œuvres bolonaises
                  d’<emph>ars notaria</emph> dans l’Italie du centre et du nord. Il s’agit d’un acte
                entièrement rédigé sous forme objective, à l’exception de la souscription finale du
                notaire stipulant. Comme le <emph>mundum</emph>, l’<emph>imbreviatura</emph> avait
                désormais une valeur juridique. Le notaire doté de <emph>publica fides</emph> la
                consignait dans un registre approprié. C’est justement à partir de
                  l’<emph>imbreviatura</emph> que le notaire pouvait développer le
                  <emph>mundum</emph> de l’instrument <emph>in publicam formam</emph> à la demande
                des parties. À l’impressionante variété des formes du document privé à caractère
                dispositif et probatoire, qui avait marqué le paysage documentaire jusqu’au
                    <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, se substitua à l’âge de la
                «&#160;diplomatische Renaissance&#160;» (H. Brunner) la structure substantiellement uniforme
                et homogène de l’instrument rédigé par le notaire, lequel – comme le précise
                Salatiele dans la préface de son <emph>Ars notariae</emph> – est une personne
                publique, qui exerce une fonction publique, et qui garantit la mémoire écrite de
                toute action ou fait juridique avec pleine crédibilité<note n="40" type="footnote"
                  >. S. Scalfati, «&#160;Forma chartarum. Sulla metodologia della ricerca
                  diplomatistica&#160;», dans Id., <emph>La forma e il contenuto. Studi di scienza del
                    documento</emph>, Pisa, 1995 (<emph>Percorsi</emph>, 4), p. 51 ss.</note>.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.3. La réception à Florence</head>
              <p>Après avoir illustré rapidement les principales caractéristiques des œuvres
                majeures d’<emph>ars notaria</emph> produites par les maîtres bolonais de l’école de
                notariat, nous pouvons revenir au formulaire florentin, pour tenter d’établir si ou
                bien en quelle mesure l’auteur inconnu s’est inspiré de l’un de ces textes. Dans le
                manuscrit qui nous intéresse, non seulement il manque une préface, une section ou un
                chapitre dédiés à la présentation générale et à la répartition de la matière
                  («&#160;<emph>de rerum divisione et actionum varietatibus</emph>&#160;»), que nous trouvons
                au contraire dans les traités d’ars notaria à partir de Ranieri da Perugia, mais en
                outre la succession des différents actes ne semble pas suivre – du moins à la
                première lecture – un ordre visant à en simplifier la consultation, pas même à
                l’intérieur du premier cahier, qui est le seul à être pourvu d’une table des
                diverses <emph>rubricae</emph><note n="41" type="footnote">Cette table, qui ne
                  renvoie pas aux pages, privées de numérotation originelle, est cependant utile
                  pour repérer les diverses <emph>formae</emph> à l’intérieur du fascicule. Il
                  s’agit d’une liste qui, dans bien des cas, regroupe plusieurs documents semblables
                  sous un titre unique et omet les notes doctrinales. Il est très probable que
                  l’auteur du formulaire a doté le manuscrit d’une liste des rubriques pour chacun
                  des cahiers, après avoir recueilli le matériau et l’avoir transcrit avec les
                  modifications opportunes, après avoir placé un bref titre avant les différents
                  documents et avant les notes de commentaire. Ce qui est sûr, c’est que notre
                  formulaire offre une seule liste, celle des rubriques <emph>primi quaterni</emph>
                  du manuscrit perdu, à la fin du second cahier. Nous avons déjà fait remarquer que
                  notre témoin n’est pas une reproduction fidèle et intégrale du texte
                copié.</note>.</p>
              <p>Les œuvres de l’école bolonaise qui pouvaient être connues de l’auteur de notre
                texte étaient le formulaire perdu d’Irnerio (1120 environ), le formulaire
                pseudo-irnérien (1205), le <emph>Liber formularius</emph> de Ranieri da Perugia
                (1215) et deux traités qui remontent précisément à ces mêmes années, c’est-à-dire
                  l<emph>’Ars notariae</emph> de Ranieri (1225-1245) et la <emph>Summa</emph> de
                l’Aretino (1240-1243). Comme nous venons de le voir, dans ces deux dernières œuvres
                est accueillie aussi la matière judiciaire (<emph>de iudiciis</emph>), qui manquait
                dans les formulaires précédents et que Salatiele avait exclue de propos délibéré de
                son <emph>Ars notariae</emph> (1242 et 1254), mais dont il s’occupa dans la
                  <emph>Summula</emph> composée pendant la décennie comprise entre la première et la
                deuxième rédaction de son <emph>Ars notariae.</emph> Il serait donc légitime
                d’avancer l’hypothèse que notre auteur ait pu fréquenter l’école de Bologne,
                connaître quelques anciens élèves, avoir lu un formulaire ou un traité provenant de
                Bologne ou simplement influencé par le modèle bolonais (p. ex. la <emph>Summa</emph>
                de l’Aretino), et que toutes ces circonstances auraient pu avoir une influence sur
                lui et l’induire à insérer des documents <emph>de iudiciorum ordine</emph> en
                complément de la matière contractuelle et testamentaire. Nous reviendrons ci-après
                sur cet argument&#160;; pour l’instant nous nous limiterons à dire que la présence
                  d’<emph>exempla</emph> concernant des actions judiciaire peut facilement
                s’expliquer, en rappelant qu’à cette époque l’activité d’un notaire florentin
                pouvait aussi inclure la matière judiciaire. Nous savons que pour cette raison aussi
                le magistère de Ranieri, de Rolandino et de leurs disciples, où la pratique joue un
                rôle fondamental, a connu un succès majeur et plus durable que celui de Salatiele,
                trop théorique et rigidement civilistique.</p>
              <p>Passons maintenant à un rapide examen du contenu de notre formulaire. La place des
                  <emph>notulae</emph> disposées dans la partie finale des différents documents ou
                mises en évidence par des pieds de mouche après une série de textes d’égale ou
                semblable nature, indique que le travail de transcription des documents,
                opportunément modifiés et abrégés pour pouvoir servir de modèles, avait été précédé
                d’une phase de sélection et de classement des actes par groupes homogènes, que les
                  <emph>notae</emph> doctrinales contribuaient à rendre plus limpides. Les
                  <emph>exempla</emph> choisis pour le recueil ne sont généralement pas de simples
                copies, partielles ou intégrales, de documents déjà rédigés. Ils contiennent des
                parties ajoutées par l’auteur (introduites par <emph>vel</emph>, <emph>item
                  si</emph>, <emph>verum</emph>, <emph>preterea</emph>, <emph>vel aliter</emph>,
                  <emph>et nota quod</emph>, <emph>vel ita</emph>, <emph>et si</emph>, <emph>verum
                  si</emph>, <emph>alioquin</emph>, <emph>insuper</emph>, <emph>tamen</emph>,
                  <emph>et sic facias</emph>, <emph>si vero</emph>, <emph>si autem</emph>, <emph>set
                  in fine dicas sic</emph>, etc.), où sont examinées des situations et des
                conditions diverses qui nécessitent des rajouts, des adaptations ou des
                modifications de certaines parties du document originel ayant servi de socle.</p>
              <p>Le modèle d’acte, bien que tiré des événements de la pratique quotidienne, contient
                souvent une ou plusieurs variations, que le lecteur-notaire peut trier en fonction
                des cas concrets qui, de jour en jour, se présentent, «&#160;<emph>mutando ea que mutanda
                  sunt</emph>&#160;» à partir d’exemples déjà connus (<emph>ut in antea
                continetur</emph>, <emph>ut supra</emph>) ou qui suivent (<emph>tali modo</emph>,
                  <emph>prout breviter videri potest</emph>, etc.). Toute la matière regroupée dans
                le formulaire est le produit d’une élaboration destinée à faciliter la tâche du
                notaire, qui en fréquentant les études d’autres collègues pouvait disposer de copies
                de documents rédigés à la demande de clients, et parfois même de recueils plus ou
                moins riches et élaborés de <emph>formae</emph> variées. Dans notre manuscrit, nous
                trouvons souvent des instructions, des enseignements et des conseils précis sur la
                rédaction et la formulation des documents («&#160;<emph>scribere vel ordinare</emph>&#160;»).
                Ces <emph>auxilia</emph> sont introduits dans le texte par des expressions du type
                  «&#160;<emph>sciendum est tamen quod</emph>&#160;», «&#160;<emph>et est notandum quod</emph>&#160;»,
                  «&#160;<emph>et nota quod</emph>&#160;», «&#160;<emph>et si (…) dicas ita</emph>&#160;», «&#160;<emph>si
                  vero (….) dicas hoc modo</emph>&#160;», «&#160;<emph>et sic scribendum est</emph>&#160;», et
                similaires. Dans les œuvres principales de Ranieri, Salatiele et Rolandino, ils font
                l’objet de chapitres ou de sections entières, bien distincts et disposés à cet
                effet.</p>
              <p>Le formulaire commence par différents actes de donation, d’assignation de dot et de
                paiement de dettes. Viennent ensuite des documents d’affranchissement de colons et
                de serfs, de vente de terres, de concession de prêt et de promesse d’extinction de
                dette, d’achat ou de vente de choses ou d’animaux, de baux à cheptel, de procuration
                et de mandat spécial et générau, de renonciation à des héritages, d’accord et pacte
                ayant trait à des servitudes prédiales et à l’utilisation de biens communs, à
                l’attribution et aux devoirs du munduald, à la location de terrains, à l’adoption
                d’enfants. Après cette première partie, pratiquement consacrée à des pactes et
                contrats de différente nature qui «&#160;<emph>fiunt hominum consensu et
                voluntate</emph>&#160;», comme les aurait définis Ranieri da Perugia dans son <emph>Ars
                  notariae</emph>, suit une partie «&#160;<emph>de iudiciis</emph>&#160;». Elle commence par
                un exemple de sentence prononcée par des arbitres désignés par les parties en
                litige, puis l’on passe à plusieurs types de documents concernant des <emph>actiones
                  in curia</emph>&#160;: instances d’appel, présentations de témoins, requêtes de
                justice, sentences prononcées par des juges (dans un cas de divorce, il s’agit de la
                brève sentence rendue par un ecclésiastique). Dans les cas qui précèdent comme dans
                ceux qui suivent, le notaire recevait de la part du client ou de l’autorité publique
                la charge d’établir la documentation concernant une action en justice, qui pouvait
                présenter des aspects plus ou moins complexes, et du coup demander la rédaction de
                différentes pièces. Leur présence et leur place apparemment incongrues à l’intérieur
                du formulaire peuvent donc s’expliquer par le fait qu’elles reflètent les différents
                moments, stades et passages de l’iter d’une <emph>actio</emph> et de tout son
                arsenal.</p>
              <p>La dernière sentence contenue dans le formulaire concerne une <emph>societas</emph>
                désormais dissoute. C’est tout ce que le compilateur anonyme nous offre en matière
                de société, mis à part deux annotations (fol. 1v «&#160;<emph>De fine facta pro parte
                  debiti</emph>&#160;», fol. 3v «&#160;<emph>De mutuo et dotrina artis</emph>&#160;»). Suivent deux
                exemples de documents concernant des accords sur la construction de murs mitoyens.
                Après divers actes d’engagement prémarital, où sont énumérées les obligations à la
                charge des parties, adaptées aux cas particuliers, nous trouvons une série d’accords
                et compositions de litiges et procès, suivis d’une notice (<emph>breve</emph>) de
                dépôt d’argent <emph>super altare</emph> de la part d’un débiteur, après que le
                créancier avait refusé de recevoir la somme d’argent qui lui était due. Nous
                trouvons ensuite quelques documents contenant divers cas et modes d’élection
                d’ecclésiastiques. Les exemples suivants sont de toute autre nature. Ils se réfèrent
                aux rapports entre serfs et patrons, entre vassaux et seigneurs, caractérisés par un
                serment de fidélité («&#160;<emph>sicut fidelis suo domino</emph>&#160;») et par des
                promesses&#160;: prestations de services, redevances de dîmes et paiement de loyer dans
                le cas des serfs et colons&#160;; engagement de prêter <emph>auxilium et consilium</emph>
                de la part du vassal qui reçoit de son <emph>dominus</emph> l’investiture
                  <emph>recti feudi.</emph></p>
              <p>Vient ensuite un groupe de documents qui concernent la matière testamentaire, qui
                faisait déjà l’objet d’une section à part dans le formulaire d’Irnerio, puis dans le
                formulaire pseudo-irnérien et dans les œuvres suivantes du <num>xiii<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècle. Le premier exemple de testament est précédé d’un titre
                général («&#160;<emph>De testamentis et ordine testamenti et ultime voluntatis</emph>&#160;»)
                et est introduit par un <emph>exordium</emph> qui est relié par
                «&#160;<emph>ideo</emph>&#160;» à la partie dispositive. Suivent divers types de testaments et
                exemples d’inventaires de biens rédigés par le notaire à la demande de tuteurs,
                mundualds et exécuteurs testamentaires, dans l’intérêt des héritiers mineurs et
                adultes, hommes ou femmes. Dans le second cahier nous trouvons une note sur le
                  <emph>preceptum guarentigie</emph>, par lequel le notaire – en vertu du
                  <emph>capitulum constituti et guarentiscie Comunis Florentie</emph> – avait le
                pouvoir d’imposer aux parties l’observance des obligations contractées dans l’acte
                stipulé par ses soins<note n="42" type="footnote">Cf. fol. 12&#160;: «&#160;<emph>De
                    preceptis guarentiscie factis per constitutum Florentinum</emph>&#160;». La formule
                  du <emph>preceptum</emph>, suivie par une note doctrinale, rappelle que le
                  notaire, agissant «&#160;<emph>ex offitio (ex forma capituli, per capitulum) constituti
                    et guarentigie Comunis Florentie</emph>&#160;», a sommé les personnes intéressées (p.
                  ex. vendeur, débiteur, etc.) d’observer les engagements mentionnés dans le
                  document (paiement, <emph>defensio</emph>, etc.). V. aussi fol. 7v «&#160;<emph>De
                    preceptis</emph>&#160;», «&#160;<emph>De exbannimento</emph>&#160;», fol. 13v
                    [«&#160;<emph>Venditio</emph>&#160;»], fol. 14 [«&#160;<emph>Venditio</emph>&#160;»], fol. 15
                    «&#160;<emph>De venditione</emph>&#160;», fol. 15v et 24v «&#160;<emph>De venditione rei
                    stabilis</emph>&#160;», fol. 22v «&#160;<emph>De venditione et actione debiti</emph>&#160;».
                  Les actes notariés avec <emph>guarentigia</emph>, apparus en Toscane au XIII<hi
                    rend="sup">e</hi> siècle, étaient pourvus d’une clause d’exécution spécifique,
                  ce qui fait que non seulement ils avaient pleine crédibilité, mais ils
                  garantissaient aussi l’exécution immédiate&#160;: v. H. Bresslau,
                    <emph>Handbuch…</emph>, I, p. 664 note 4. V. aussi Antonio Campitelli,
                    <emph>Precetto di guarentigia e formule di esecuzione parata nei documenti
                    italiani del secolo XIII</emph>, Milano, 1970. Nombreux sont ces cas dans les
                  documents florentins de la même époque&#160;: v. p. ex. ASF, Dipl. Carmine, 1267 avril
                  30 («&#160;<emph>Donatio</emph>&#160;»).</note>. Suivent une quinzaine de modèles de
                souscriptions notariales, deux longs actes de vente et la liste des rubriques du
                premier cahier. Les formules que le notaire doit placer en fin du document,
                  «&#160;<emph>posito et facto signo</emph>&#160;», sont d’un intérêt tout particulier. Elles
                varient selon que l’acte est écrit et souscrit par le notaire ou qu’il est
                authentifié par lui mais écrit par un autre notaire, ou encore qu’il est écrit par
                lui mais à la demande d’un autre notaire, ou écrit après la mort d’un collègue (sur
                  <emph>mandatum</emph> du défunt ou bien du podestat). D’autres formules se
                réfèrent à des originaux et des copies d’actes publics et privés, que le notaire
                rédige ou copie, puis souscrit, à la requête d’autorités publiques (juge, podestat)
                ou d’autres notaires.</p>
              <p>Quant aux deux longs contrats déjà cités de vente-achat de biens fonciers, ce sont
                les seuls documents dont le texte n’est pas précédé du <emph>nomen iuris</emph> de
                l’action juridique documentée. Rédigés tous deux par le même notaire, ils concernent
                l’achat de terrains qu’un certain Vassallo de feu Ranieri rachète à son propre frère
                et à deux époux. Ils se présentent comme des copies pratiquement intégrales de deux
                instruments dotés du <emph>preceptum guarentigie</emph>, rédigés sous forme
                subjective comme la vieille <emph>cartula</emph> dans la première partie, tandis que
                la seconde partie est développée sous forme narrative et à un temps du passé,
                c’est-à-dire dans la forme que l’<emph>instrumentum</emph> hérite du <emph>breve
                  recordationis.</emph> Dans le premier document, la datation est plus complète
                  («&#160;<emph>millesimo CCXLII, die tali</emph> et cetera, <emph>indictione tali</emph>
                et cetera&#160;»), dans le second elle est à peine mentionnée («&#160;<emph>die tali</emph> et
                cetera&#160;»). Les <emph>signa manuum</emph> des auteurs et témoins présents dans le
                premier document ainsi que la «&#160;Rogationsformel des Ausstellers&#160;», manquent dans le
                second. Ce document est également dénué de la souscription du notaire, qui dans
                l’autre document est présente sous une forme abrégée. On peut formuler l’hypothèse
                que ces deux documents, dépourvus de titre et recopiés presque <emph>in
                  extenso</emph> à la fin du second cahier du manuscrit originel, avant la liste des
                  <emph>rubricae primi quaterni</emph>, ont été directement pris sur des originaux
                avant la remise aux clients, ou extraits de copies «&#160;de service&#160;» que le notaire
                conservait dans son étude. Mais il est aussi possible que le rédacteur de notre
                petit manuscrit, après avoir trouvé à la fin du second cahier les parchemins non
                reliés contenant la copie du <emph>mundum</emph> des deux ventes, les ait, à son
                tour, transcrites en laissant tomber les parties <emph>minus utiles</emph> dans
                l’optique d’un futur emploi.</p>
              <p>Nous arrivons ainsi au troisième fascicule du manuscrit perdu, qui s’ouvrait sur un
                  «&#160;<emph>Instrumentum donationis pro remedio animarum</emph>&#160;»&#160;: deux époux offrent
                à une église de Poppi une pièce de terre, et renoncent à <emph>omni merito et
                  launechild</emph> (une formule qui normalement ne figure pas dans les actes
                  d’<emph>offersio</emph> ou d’<emph>oblatio</emph> de biens en faveur
                d’établissements religieux). Suit un document par lequel deux autres époux renoncent
                à un modeste cens en nature qui leur était dû par un prêtre, dont ils reçoivent en
                échange une petite somme d’argent. Viennent ensuite une promesse de paiement pour
                l’achat d’un terrain, l’acte par lequel un podestat cède à un particulier le droit
                d’encaisser des sommes d’argent revenant à la commune, la promesse de paiement faite
                par des débiteurs, une dénonciation concernant la vente d’un mauvais cheval, un
                instrument de vente de terrain, divers documents ayant trait à des engagements et à
                des promesses faits à la suite de prêts d’argent, de cessions de droits et d’actes
                de donation.</p>
              <p>Dans la dernière partie du formulaire l’emportent nettement les documents de
                vente-achat et les <emph>instrumenta proprietatis diverso nomine condita</emph>,
                pour utiliser l’expression du <emph>Formularium tabellionum</emph> pseudo-irnérien.
                Il y a aussi des documents d’autre nature, mais les matières judiciaire et
                testamentaire ne sont plus représentées. Nous avons ensuite plusieurs exemples
                d’actes de vente (d’objets, d’animaux, de terrains, de maisons, de serfs, de
                moulins, de châteaux etc.) et les engagements correspondants, pris par les parties
                et par leurs parents et <emph>consortes.</emph> Un <emph>exemplum</emph> spécifique
                concerne la promesse par laquelle le vendeur s’engage à faire rédiger par le notaire
                un exemplaire de l’acte de vente et à le remettre à l’acquéreur à la demande de ce
                dernier. Dans cette partie, essentiellement dédiée aux ventes-achats, nous trouvons
                quelques instruments de vente <emph>iure libellario seu emphiteutico</emph> et
                  <emph>nomine ficti vel tenimenti</emph>, avec le montant du paiement en argent et
                l’engagement du versement d’un cens annuel en argent ou en nature. Suivent plusieurs
                exemples de différents types d’actes de vente, dont les auteurs sont des laïcs, des
                ecclésiastiques, des tuteurs, des mundualds, des créditeurs.</p>
              <p>Deux <emph>formae</emph> ayant trait à une vente de biens fonciers avec une clause
                de réméré pour un temps déterminé sont d’un certain intérêt. Si le vendeur restitue
                à l’acquéreur, avant une échéance fixée, la somme d’argent qu’il a reçue, il sera de
                nouveau propriétaire de la terre. L’auteur du formulaire précise à ce sujet que pour
                ce genre d’opération (il s’agissait souvent d’une vente fictive qui masquait un prêt
                d’argent sur gage foncier) le notaire pouvait opter entre la rédaction d’un document
                unique contenant tous les termes de l’action juridique et l’écriture – «&#160;<emph>quod
                  melius est</emph>&#160;» –, et celle d’un instrument de vente séparé d’un acte de
                promesse, par lequel le vendeur s’engageait à restituer l’argent reçu, à une date
                établie, pour pouvoir rentrer en possession de son bien aliéné. Le conseil de
                reporter les divers aspects et moments de l’opération en deux documents distincts
                (charte de vente «&#160;<emph>sine pacto</emph>&#160;» et «&#160;<emph>scriptura pacti</emph>&#160;») a
                peut-être pour but de permettre au lecteur-notaire de mettre par écrit, sans
                possibilité d’erreur, les différents éléments du contrat. Mais déjà dans les siècles
                précédents, la clause du retrait de réméré pouvait se trouver aussi bien dans un
                codicille de la <emph>carta venditionis</emph> que dans un acte de promesse séparé,
                qui par ailleurs était souvent rédigé aussi dans des cas de vente-achat tout à fait
                traditionnels.</p>
              <p>Suivent quelques modèles de vente de biens immobiliers et de droits de jouissance
                acquis ou détenus à différents titres (dot, donation <emph>inter vivos</emph>, bail,
                prêt d’argent). Mais la forme de la <emph>venditio</emph> peut être employée aussi
                pour rédiger un <emph>instrumentum permutationis</emph>, dont nous trouvons un
                exemple sous la rubrique suivane. Là, après la formule abrégée de la
                  <emph>defensio</emph>, l’auteur du formulaire ajoute&#160;: «&#160;<emph>Set in fine, in
                  loco pretii dicas sic</emph>&#160;» et rapporte les formules spécifiques de l’acte
                d’échange. Le document transcrit au paragraphe qui suit est semblable&#160;: deux
                personnages qui possèdent <emph>comunes terras et res</emph> décident de procéder à
                une division de leurs biens et s’engagent à respecter les termes de l’accord conclu.
                On peut lire ensuite le modèle d’un acte de vente sans clause de
                  <emph>defensio</emph>, suivi de divers exemples de documents de donation, dans
                lesquels sont présentés des cas de figure variés (<emph>donatio inter vivos</emph>,
                ou <emph>mortis causa</emph>, réserve d’usufruit, concession de
                  <emph>launechild</emph>, assignation de dot ou de «&#160;morgengabe&#160;», etc.). Le
                formulaire se termine par un document doté du <emph>preceptum guarentigie</emph>
                pour la vente d’un terrain.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.4. Remplois et synthèses</head>
              <p>Nous pouvons amorcer la conclusion de notre analyse en relevant avant toute chose
                que la plupart des feuillets (une vingtaine sur vingt-quatre) contiennent des
                formules de contrats, d’accords, de pactes et autres actions du même genre, tandis
                que celles qui portent sur les matières testamentaire et judiciaire sont peu
                nombreuses. Sur un total d’environ cent cinquante documents, près des deux tiers
                concernent la matière contractuelle, au sens large, le tiers restant étant consacré
                à des testaments, à des actes judiciaires, à des donations et à quelques
                emphytéoses. Les <emph>formae</emph> qui prévalent nettement sont celles que le
                notaire était appelé à rédiger le plus souvent, c’est-à-dire des actes de
                vente-achat et toutes les écritures qui en dérivent (promesses, engagements de tous
                genres, fidéjussions, etc.), présents en nombre très élevé, vu l’ample casuistique
                des affaires concernées. Il s’agit d’<emph>exempla</emph> qui souvent se distinguent
                par la longueur du texte. Quant à la distribution de la matière, nous pouvons
                observer que se suivent cinq blocs distincts de documents&#160;: contrats et pactes,
                documents judiciaires, contrats et pactes, testaments, contrats et pactes. Les deux
                groupes «&#160;<emph>De iudiciis</emph>&#160;» et «&#160;<emph>Testamenta</emph>&#160;» sont placés dans
                la partie finale, respectivement, du premier et du deuxième cahier. À l’intérieur
                des ensembles de documents qui concernent pactes et contrats, nous trouvons des
                  <emph>formae</emph> qui sont plus ou moins en rapport direct et étroit avec la
                concession de <emph>dominium</emph> et de droits de tous genres, tels que
                procurations, élections, prêts, réfutations, permutations, locations et – surtout
                dans la seconde partie du manuscrit – différents documents d’emphytéose et de
                donation.</p>
              <p>L’auteur du recueil, se fondant sur des situations, des cas et des exigences
                concrets et sur les éléments du système juridique de son temps, a recueilli et
                réussi à harmoniser les institutions de droit romain, longobard et féodal, attentif
                et sensible non tant à la théorie qu’à la substance des choses, qui avait bien peu
                en commun avec la «&#160;akademische Rechtskultur&#160;» fondée sur le <emph>Corpus
                  iuris.</emph> Dans sa culture professionnelle confluaient des éléments dérivés des
                traditions juridiques locales, qui se reflètent avec netteté dans un texte destiné à
                fournir aux notaires la solution des problèmes posés par la pratique quotidienne.
                Ces techniciens du droit, appelés à exprimer avec une exactitude et une clarté
                substantielles et formelles les nuances de la volonté des commettants, devaient
                opérer à une époque et dans un milieu où le croisement de divers facteurs techniques
                et juridiques, institutionnels, économiques et sociaux contribuait à définir de
                façon nouvelle la figure du notaire, auquel la science juridique avait la charge et
                la capacité d’assurer des connaissances appropriées et des instruments opératoires.
                Peu après la paix de Constance (1183), mais surtout avec le passage à la phase de la
                commune du podestat, la présence imposante des notaires à l’intérieur des
                institutions publiques, à la suite du développement de la législation et des
                structures administratives citadines, poussa législateurs et <emph>doctores
                  iuris</emph>, glossateurs et canonistes, commentateurs et notaires à opérer une
                profonde révision des règles juridiques et des formes documentaires, qui
                s’adaptèrent bien et vite à la nouvelle organisation sociale, économique et
                politique.</p>
              <p>À l’époque où fut compilé notre formulaire, il existait à Florence, depuis quelque
                temps déjà, une <emph>societas</emph> de notaires et juges régulièrement organisée
                avec ses propres recteurs, comme il résulte d’une sentence arbitrale de l’année
                1212, dans laquelle ont voit un juge-notaire qui intervient «&#160;<emph>precepto
                  rectorum iudicum et notariorum</emph>&#160;»<note n="43" type="footnote">S. Calleri,
                    <emph>L’arte dei giudizi…</emph>, p. 7. L’emblème de la corporation florentine
                  des juges et notaires, une étoile d’or à huit pointes sur champ azur, ne
                  représentait pas seulement l’astre qui, dans les ténèbres, a guidé les Rois mages
                  vers le Messie, mais elle symbolisait aussi «&#160;la funzione direttiva del proconsolo
                  su tutte le corporazioni fiorentine&#160;». Un écusson de cette corporation se trouve
                  aux ASF, Carte Strozziane, S. 3, II, fol. 7v. Cf. S. Calleri, <emph>L’arte dei
                    giudizi…</emph>, p. 6, et ASF, Manoscritti, n° 471, fol. 13.</note>. Dans la
                ville et les campagnes alentours œuvrait un bon nombre de notaires, comme le
                montrent avant tout les documents provenant des archives d’institutions religieuses
                séculières et régulières. C’est toutefois à partir de la seconde moitié du
                    <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle que l’<emph>ars notaria</emph>,
                appuyée sur les enseignements des manuels d’origine bolonaise, se répandit et
                s’affirma également en Toscane. On sait aussi que l’école bolonaise de notariat
                était fréquentée par de jeunes étudiants provenant de différents centres urbains
                toscans. Mais l’on peut tout aussi bien expliquer la présence dans le recueil de
                formules de nature judiciaire par les exigences professionnelles plutôt que par
                l’influence exercée directement ou indirectement par les maîtres bolonais&#160;; mais
                certains éléments me portent à formuler une hypothèse que j’espère pouvoir vérifier
                avec d’autres textes analogues. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’auteur a
                disposé la matière par groupes ou blocs de documents suivant la même répartition et
                dans le même ordre que Ranieri da Perugia dans son œuvre majeure, bientôt suivis par
                son élève Aretino. J’estime aussi significatif le fait que deux
                <emph>notulae</emph>, placées précisément en ouverture du premier et du second
                cahier du manuscrit perdu, contiennent dans le titre la mention explicite
                  d’<emph>ars notaria</emph>&#160;: «&#160;<emph>De dotrina huius artis et offitii
                  notarie</emph>&#160;».</p>
              <p>Comme nous l’avons déjà signalé, des cinq groupes de documents, le premier et le
                troisième concernent des pactes et des contrats de différents genres, tandis que le
                second et le quatrième sont réservés à des <emph>exempla</emph> d’actions
                judiciaires et de testaments et documents similaires et complémentaires. Ces deux
                blocs de documents (<emph>iudicia</emph> et <emph>testamenta</emph>) étaient placés
                respectivement à la fin du premier et du second cahier du texte originel. La seconde
                partie du formulaire, constituée par les dix derniers feuillets de la copie qui nous
                est parvenue, contient le dernier grand regroupement de documents, relevant tous du
                genre des «&#160;pactes et contrats&#160;».</p>
              <p>Pour conclure, à la lumière de ce qui a été dit jusqu’ici quant à la structure et
                au contenu du manuscrit, on peut proposer une hypothèse de reconstruction de la
                genèse et du processus de formation de ce formulaire. L’auteur a disposé en un texte
                assez uniforme et homogène toute la matière contenue dans le volume qui nous est
                parvenu, comme il résulte des divers indices qui portent à attribuer à une même
                personne la composition de tout le recueil. On peut remarquer par exemple que la
                  <emph>ratio</emph> adoptée dans le choix et dans l’opération d’adaptation et
                d’élaboration des divers <emph>exempla</emph> et des notes doctrinales est
                identique. Le type de formulation des titres qui précèdent les notes et les
                documents, et plus généralement les caractéristiques formelles, orthographiques et
                lexicales, restent les mêmes du début jusqu’à la fin du manuscrit. Le travail de
                rédaction fut cependant exécuté en deux phases et à deux moments différents,
                probablement à peu d’années d’intervalle.</p>
              <p>Le noyau originel, correspondant environ aux deux tiers du texte, contient, dans
                l’ordre, les sections suivantes&#160;: «&#160;<emph>De contractibus et pactis</emph>&#160;»,
                  «&#160;<emph>De iudiciis</emph>&#160;», d’autres accords et contrats, puis «&#160;<emph>De
                  ultimis voluntatibus</emph>&#160;». On trouve ensuite plusieurs formules de
                souscription notariale en fonction des types de documents, les deux longs actes de
                vente sans intitulé, et la liste des rubriques. Ici finissait le second cahier du
                manuscrit et se concluait aussi la première rédaction de l’œuvre, qui accueillait
                des exemples de documents des trois <emph>partes</emph> dans lesquelles toutes les
                  <emph>actiones</emph> de l’homme pouvaient se distinguer, comme dans
                  l’<emph>Ars</emph> de Ranieri et dans la <emph>Summa</emph> de son élève Aretino.
                  <emph>In fine</emph>, pour permettre une consultation plus aisée, étaient ajoutées
                les quinze formules de diplomatique notariale et les tables des rubriques (la
                seconde manque dans notre manuscrit). Les deux actes de vente sans titre devaient
                constituer, à l’origine, un menu supplément, ou étaient peut-être encore contenus
                dans deux feuilles de parchemins glissées à part, à la fin du petit volume, comme
                nous l’avons déjà dit.</p>
              <p>La deuxième partie qui comprend la matière contractuelle de diverse nature fut,
                elle, ajoutée plus tard, utilisant de nouveaux documents qui venaient éclairer et
                compléter, par des exemples différents, ceux qui avaient été compilés dans les
                sections précédentes. Le fait que les notes doctrinales séparées des
                  <emph>formae</emph> se trouvent sans exception concentrées dans la première partie
                du manuscrit, renforce l’hypothèse que la partie suivante est le fruit d’une
                intervention postérieure et représente une sorte d’appendice documentaire fourni,
                mais presque entièrement dépourvu de commentaires (on compte deux notes pour une
                soixantaine de documents). Les actes de vente-achat, qui – comme nous l’avons vu –
                l’emportent en nombre à l’intérieur de tout le formulaire, représentent dans cette
                section la majorité absolue, c’est-à-dire les trois quart du total. Alors que les
                deux premiers cahiers avaient été conçus et réalisés comme un petit manuel complet,
                aussi riche d’<emph>exempla</emph> que de notes, l’expérience acquise ultérieurement
                dans l’exercice de la profession et dans le travail de rédaction du formulaire (et
                peut-être aussi dans l’enseignement prodigué à quelque jeune stagiaire) aura
                suggéré, par la suite, à l’auteur la possibilité d’amplifier sa compilation avec
                l’ajout d’autres matériaux documentaires, choisis parmi les typologies les plus
                demandées et les plus employées, et qui avaient déjà été l’objet d’amples
                annotations explicatives.</p>
              <p>Salatiele écrivait dans la préface de son célèbre traité que «&#160;<emph>Cum ergo
                  notaria sit scientia propter scire et propter operari, notaria bene dividitur in
                  theoricam et practicam</emph>&#160;», distinction que nous trouvons aussi chez Ranieri
                da Perugia&#160;: «&#160;Prius de iure&#160;» vient l’étude théorique des bases juridiques,
                  «&#160;<emph>consequenter in cartis de facto</emph>&#160;» on en arrive à l’exercice de
                  l’<emph>ars notaria</emph>, c’est-à-dire à la pratique documentaire.
                  «&#160;<emph>Theoria cum praxi</emph>&#160;», dans la Florence du milieu du <num>xiii<hi
                    rend="sup">e</hi></num> siècle, signifiait, dans le domaine de l’art notarial,
                que le bon vieux système accrédité de l’apprentissage continuait à fonctionner
                remarquablement, surtout quand il était renforcé par des instruments didactiques et
                professionnels modernes et efficaces, tels que les formulaires et les traités
                  d’<emph>ars notaria</emph> produits ou inspirés par les maîtres de l’école
                bolonaise.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Le formulaire pisan conservé à Barcelone</head>
            <p>Nous allons maintenant nous tourner vers un formulaire notarial composé au début du
                  <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, très probablement à Pise, contenant
              des formules, des portions de documents, et des actes notariés et judiciaires entiers
              et de divers types. Ce recueil, rare et important, conservé à Barcelone, est resté
              jusqu’à ces dernières années non seulement inédit mais aussi inutilisé par les
              chercheurs. Il a été signalé une première fois dans un bref article de Francisco
              Sevillano Colom, qui le data de 1270 environ<note n="44" type="footnote">Francisco
                Sevillano Colom, «&#160;Un nuevo formulario medieval inédito (siglo XIII)&#160;», dans
                  <emph>Anuario de historia del derecho español</emph>, t. 19 (1948-1949), p.
                584-589. Outre une description sommaire et imprécise du manuscrit, que l’A. date
                «&#160;alrededor de 1271&#160;» sans tenir compte des documents plus récents qui y sont
                contenus, cet essai contient une mauvaise transcription de trois documents
                (l'inventaire du fol. 1, la «&#160;<emph>carta iurium quando fideiussor solvit pro
                  principali</emph>&#160;» du fol. 4 et la seconde «&#160;<emph>carta liberationis
                  ancille</emph>&#160;» du fol. 10). L'A. adopte la foliotation portée aux archives, et
                relève donc, dans la plupart des feuillets, de brusques interruptions et des
                reprises sans aucun «&#160;encabezamiento&#160;». Il est au contraire indispensable de lire
                avec attention tout le texte et de reclasser les feuilles dans un ordre totalement
                différent de celui dans lequel il se présente.</note>, puis par José Bono y Huerta
              dans le premier volume de son histoire fondamentale du droit notarial espagnol<note
                n="45" type="footnote">J. Bono y Huerta…, <emph>Historia del derecho</emph>, I, 1,
                p. 213.</note>. Il s’agit d’un texte particulièrement important, non seulement par
              sa rareté mais aussi pour les allusions à des relations et à des rapports commerciaux
              avec différentes zones de la Méditerranée, parmi lesquelles Naples et Tunis, la
              Sardaigne et la Sicile, Malte et la Catalogne<note n="46" type="footnote">V.
                l’édition dans S. Scalfati, <emph>Un formulario notarile pisano del primo
                  Trecento</emph>, Pisa, 2003 (<emph>Collana Fonti della Società storica
                  pisana</emph>, 10). V. aussi Id., «&#160;Alle origini della Privaturkundenlehre&#160;», dans
                  <emph>Libri e documenti d’Italia&#160;: Dai Longobardi alla rinascita delle città. Atti
                  del convegno nazionale della Associazione italiana dei paleografi e diplomatisti
                  (Cividale, Ottobre 1994)</emph>, Udine, 1996, p. 129 ss.&#160;; «&#160;Diplomatische
                Anmerkungen zu den mittelalterlichen Urkunden der Pisaner Archive&#160;», dans
                  <emph>Italia Regia. Europäische Herrscher und die Toskana im Spiegel der
                  urkundlichen Überlieferung</emph>, éd. Wolfgang Huschner, sous presse&#160;; et «&#160;I
                notai delle carte arcivescovili pisane del secolo XII <emph>»</emph>, dans
                  <emph>Bollettino storico pisano</emph>, t. 71 (2012), p. 105 ss.</note>.</p>

            <div>
              <head type="h2">III.1. Forme, date et sources</head>
              <p>Le manuscrit est conservé parmi les chartes de la «&#160;Sección Ordenes Militares&#160;», à
                l’intérieur du fonds «&#160;Gran Priorato de S. Juan de Jerusalén&#160;», aux Archives de la
                Corona de Aragón<note n="47" type="footnote">Archivo de la Corona de Aragón
                  (désormais&#160;: ACA), Seccion Ordenes Militares, Gran Priorato de S. Juan de
                  Jerusalén, n° 555, olim armario 6 (ex armario 24), Legajo 6. Dans la chemise qui
                  les contient, les 25 feuillets du formulaire sont précédés d’un feuillet en papier
                  sur lequel une main du <num>xviii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle a porté&#160;:
                  «&#160;[For]mulari antich del art de Notaria&#160;». Le fonds S. Juan est d’un grand
                  intérêt&#160;: outre quelques milliers de parchemins, conservés dans 29 «&#160;armarios&#160;» et
                  énumérés dans le ms «&#160;Inventario de pergaminos del Gran Priorato de S. Juan de
                  Jerusalén&#160;», il contient&#160;: Volumenes y Legajos (n° 1-1063, armarios 1-54), Indices
                  y Extractos (n° 1064-1147), Impresos y Manuscritos (n° 1148-1161)&#160;: vol. dact. de
                  p. 262 avec titres et cotes de ce fonds, entré à l’ACA en 1939. Aux p. 50-53 de la
                  section «&#160;Volumenes y Legajos&#160;», l’inventaire décrit le contenu de l'armario 24
                  (d’où provient le formulaire notarial pisan, où est cité, entre autres, l’hôpital
                  hiérosolymitain de St. Jean ou du St. Sépulcre de Pise&#160;: «&#160;<emph>petitio</emph>&#160;»
                  au fol. 6v)&#160;: il s’y trouve une quarantaine de volumes, registres et fascicules
                  (n° 518-555), principalement des <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> et
                      <num>xvii<hi rend="sup">e</hi></num> siècles, et qui concernent le Prieuré de
                  l’Ordre de St. Jean. Le volume n° 555, en plus du fragment pisan, contient divers
                  manuscrits, parmi lesquels nous signalons un «&#160;Manual&#160;» ou registre des actes de
                  Guillem Borrell (Guillermo Borrel), notaire à Barcelone&#160;; écrit sur papier, il est
                  daté de 1326 et contient des actes en latin stipulés en janvier 1327 n. St.
                  (fol. 1&#160;: «&#160;1326, die Iovis XVIII Kalendas februarii&#160;» = 1327 janvier 15&#160;; vers la
                  fin&#160;: «&#160;Die lune VII Kalendas februarii, anno Domini MCCCXXVI&#160;» = 1327 janvier
                  26). Il est composé d’environ cent feuillets (310 x 210 mm), en très mauvaise
                  condition matérielle à cause des rongeurs et de lacérations, l’encre ayant souvent
                  déteinte ou se trouvant même effacée. Sous la cote 530/13 se trouve un
                  «&#160;Formulario antiguo de diferentes contratos&#160;» du <num>xiv<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècle, ms sur papier, 136 feuillets numérotés. Sur le dos, d’une
                  main du <num>xv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;: «&#160;Formulari antich de
                  dife[re]nts contractes&#160;»&#160;; sur la couverture, d’une main du <num>xviii<hi
                      rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;: «&#160;Ex armario 24&#160;». Le volume s’ouvre sur une
                  rubrique datée de 1693, précisant que le «&#160;present libre&#160;» contient divers types
                  d’actes&#160;; suit une sorte de table, qui renvoie aux chartes et aux numéros de
                  chaque document (du n° 1 au 52&#160;; nombre de pages sont restées vierges). Les
                  documents sont en latin, la plupart ne sont pas datés. On doit ce ms à
                    «&#160;<emph>frater Rogerius de Pinibus, magister sacre domus hospitalis sancti
                    Iohannis Ierosolimitani</emph>&#160;» (environ 1360-1370). Il contient, entre autres,
                    «&#160;<emph>littera seu forma manumissionis sclavorum</emph>&#160;», «&#160;<emph>forma
                    manumissionum</emph>&#160;» de serfs de Chypre et de Rhodes, «&#160;<emph>forma
                    receptionis confratrum</emph>&#160;», «&#160;<emph>forma collationis prioratus
                    vacantis</emph>&#160;», «&#160;<emph>forma constitutionis procuratoris
                  generalis</emph>&#160;».</note>. Écrit sur papier, anonyme, anépigraphe et non daté, il
                compte vingt-cinq feuillets, la plupart faits de feuilles volantes, et écrits recto
                  verso<note n="48" type="footnote">Les feuillets mesurent 325 x 235 mm, la
                  surface écrite est de 270 x 180 mm environ, les lignes d’écriture sont en moyenne
                  35, sauf dans les quatre pages restées vierges dans leur partie inférieure
                  (fol. 1, 4v, 22v, 25v). Forment un binion, avec une écriture recto verso, les
                  feuillets 7 et 8, 13 et 16, 14 et 15, 21 et 22&#160;; la plupart du fragment est
                  constituée de feuilles volantes, détériorées et déchirées dans leurs marges, à
                  cause de la fragilité du support et de la fréquente consultation des documents. Il
                  est probable qu’entre les feuillets 7 et 8, 9 et 10, 11 et 12, 14 et 15, il y
                  avait à l’origine un binion. En outre, il manque un feuillet ou un binion après le
                  fol. 20, comme avant et après le fol. 21. Cependant, au stade actuel il n’est pas
                  possibile de s’exprimer sur la réelle consistance des fascicules composant le
                  formulaire: la plupart des feuillets peuvent être répartis en binions (7-8 et
                  21-22), ou en binions insérés l’un dans l’autre (13-16 extérieur et 14-15
                  intérieur), mais le texte des documents peut passer d’une feuille à l’autre
                  (fol. 2-4, 5-9, 12-20). Il en résulte que les feuilles détachées et non reliées
                  aux autres se réduisent à peu d’unités (1, 10, 11, 23, 24, 25). Le fol. 1 (main A,
                  comme les fol. 2-4) a été laissé en tête dans l’édition, en suivant l’archiviste
                  du <num>xviii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, qui au bas du fol. 1 avait
                  écrit&#160;: «&#160;I. Ex armario 24&#160;», et du coup fit partir d’ici la numérotation des
                  feuillets. Le manuscrit s’ouvrait peut-être sur l'«&#160;<emph>instrumentum positionis
                    cum aliquo</emph>&#160;» (actuellement fol. 1v) et se terminait sur le verso par
                    l’«&#160;<emph>inventarii confectio</emph>&#160;», qui occupe un tiers de l’espace
                  disponible (cas analogues aux fol. 4v, 22v, 25v). Après avoir établi que toutes
                  les feuilles, aussi bien celles qui aujourd’hui sont détachées que celles qui sont
                  unies entre elles ou reliées avec celles qui précèdent et/ou qui suivent,
                  faisaient partie à l’origine de fascicules dont nous ne sommes pas en mesure de
                  déterminer le type, la consistance et le nombre total, on peut ajouter qu’un
                  examen du contenu du fragment permet de déclarer que le manuscrit a perdu au moins
                  une dizaine de feuillets.</note>. La date de composition du manuscrit, que l’on
                peut fixer aux débuts du <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, est suggérée
                par l’écriture et par certains documents intégrés par l’auteur&#160;; elle est confirmée
                par le filigrane visible sur presque toutes les feuilles, qui représente une croix
                grecque ou une lettre D<note n="49" type="footnote">La croix grecque résulte
                  apparentée aux types Briquet 5426-5427, attestés à Pistoie et à Bologne dès le
                  début du <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;: Charles M. Briquet,
                    <emph>Les filigranes. Dictionnaire historique des marques du papier dès leur
                    apparition vers 1282 jusqu'en 1600</emph>, II, Genève, 1907, p. 315-327 et n°
                  5425-5462. La forme de la lettre D est différente de celles des types Briquet
                  8121-8131 (III, Genève, 1907, p. 439). Un filigrane avec croix grecque, similaire
                  à certains des types Briquet, est attesté à Pise dans les registres de la
                  chancellerie communale, au début du <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;:
                  Francesca Pacini, <emph>Le provvisioni degli Anziani del Comune di Pisa del 1316&#160;:
                    Archivio di Stato di Pisa, Comune, Divisione A, Nr. 86</emph>, tesi di laurea,
                  directeur Emilio Cristiani, Università degli Studi di Pisa, année 1989-1990, p.
                  I.</note>. On repère nettement trois mains différentes contemporaines&#160;: l’une dans
                les quatre premiers feuillets, une autre pour ceux qui suivent, à l’exception du
                dernier, qui présente une graphie semblable à celle de certains registres de
                chancellerie de la commune de Pise des premières années du XIV<hi rend="sup">e</hi>
                siècle. Les rédacteurs étaient très probablement des notaires&#160;; l’écriture est une
                minuscule soignée et de petit module, caractérisée par un trait régulier et par un
                modeste développement des hampes supérieures et inférieures des lettres. Les mots
                sont presque toujours bien séparés, les abréviations par contraction et par
                suspension sont fréquentes et ne présentent ni nouveautés ni différences notables
                avec celles qui sont employées dans les actes notariés et dans les registres des
                chancelleries communales.</p>
              <p>Une hypothétique «&#160;reconstitution idéale&#160;» du manuscrit originel, de sa structure,
                de son contenu et de la succession des parties, ne donnerait aucun résultat sûr et
                digne de foi, puisque nous ne sommes pas en mesure d’établir le nombre global et la
                typologie des fascicules<note n="50" type="footnote">Je me limite, ici, à signaler
                  deux cas qui, dans la phase de composition du manuscrit, concernent l’ordre de
                  succession des documents&#160;: avant la «&#160;<emph>Carta generalis procurationis</emph>&#160;»
                  (fol. 11) le rédacteur avait écrit le titre du document suivant («&#160;<emph>Carta de
                    commictendo acta sua uni notario</emph>&#160;»), puis il l’a biffé et a copié dans le
                  bon ordre titres et textes des deux documents&#160;; la raison d’une autre correction
                  apparaît moins claire&#160;: au fol. 21, le scribe avait commencé à copier le titre de
                  la «&#160;<emph>Carta de conservando</emph>…&#160;» (actuellement au fol. 21v), puis il a
                  opté pour la «&#160;<emph>Carta finis et refutationis</emph>&#160;».</note>. Le formulaire
                ne possède pas de table ni même de répertoire ou d’autre outil qui permettrait de
                simplifier la consultation de la part des praticiens auxquels il était destiné. En
                outre, les feuillets qui nous sont parvenus ne portent aucune numérotation
                originelle. Les chiffres arabes de 1 à 25, mis au crayon dans l’angle supérieur
                droit au recto de chacun des feuillets, par un archiviste inconnu dans les premières
                décennies du <num>xx<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, servent seulement à nous
                informer sur le total des feuilles qui composent le recueil. L’archiviste a sans
                doute exécuté rapidement ce travail de pagination, sans prendre le temps d’examiner
                le texte et peut-être en respectant tout simplement l’ordre fortuit des feuilles
                telles qu’elles se suivaient dans la chemise qui les contenait.</p>
              <p>La présence de certains personnages cités dans les documents nous reporte à une
                période qui s’étend de la seconde moitié du <num>xiii<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle aux premières années du siècle suivant. Les documents, datés ou
                datables, transcrits dans le formulaire, vont de l’année 1270 à 1310 environ<note
                  n="51" type="footnote">Parmi les quelques personnages cités dans les documents,
                  nous rappelons l’archevêque de Pise Federico Visconti (1253-1277), le juge et
                  juriste Giovanni Fazioli (1223-1286), le roi Charles d'Anjou (la seconde
                    «&#160;<emph>Carta liberationis ancille</emph>&#160;», fol. 10, doit être datée de 1271 si
                  l’on veut faire concorder l’année, l’indiction et l’année du règne). Les notaires
                  qui apparaissent dans les documents sont environ une dizaine, presque tous cités
                  par leur seul nom personnel (p. ex. «&#160;Albertus notarius&#160;»)&#160;; ceux que l’on réussit
                  à identifier ne sont que trois et ils ont travaillé à Pise dans la seconde moitié
                  du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle&#160;: Angelus f. Camerini, Guillielmus
                  q. Henrici de Sancto Pietro, Saladinus q. Corbinelli de Acqui. Les dates sont une
                  dizaine en tout&#160;: quelques fois l’année et indiction concordent (fol. 12v&#160;: 1303
                  ind. 1&#160;; fol. 24v&#160;: 1305 ind. 3), dans certains cas non (le document déjà cité, au
                  fol. 10, de 1271&#160;; fol. 25&#160;: 1309 ind. 5 au lieu de 7), mais dans de nombreux
                  documents les éléments chronologiques sont incomplets (voir aux fol. 10v, 20v, 22,
                  23v, 24). L'allusion à la guerre entre Pise et Gênes (fol. 19v-20) porte à la
                  période qui précède la bataille de la Meloria de 1284. Les anthroponymes et les
                  toponymes sont souvent déspécifiés&#160;: «&#160;Talis quondam Talis de tali loco&#160;». Cette
                  même opération concerne aussi les dates. Il est vrai que le compilateur d’un
                  formulaire notarial n’avait aucune raison de reporter de façon complète et exacte
                  tous les éléments, y compris le numéro de l'indiction, comme le prouvent les cas
                  que nous venons de citer.</note>. Comme nous l’avons déjà dit, en 1255 fut publiée
                à Bologne la <emph>Collectio contractuum</emph> de Rolandino Passeggeri, qui adopta
                ce titre dans la préface du premier noyau de sa très célèbre <emph>Summa totius
                  artis notariae</emph>, qu’il livra volontairement sans apparat critique ni
                commentaires théoriques. Le simple formulaire représentait la base sur laquelle le
                maître bolonais sut construire au cours d’une vingtaine d’années d’activité le texte
                fondamental qui donna une assise doctrinale à toute la matière notariale et que la
                prestigieuse école de notariat sélectionna pour l’enseignement de cette discipline,
                  l’<emph>ars notaria</emph> précisément, une formulation académique qui avait été
                adoptée dès le début du siècle par l’Université bolonaise<note n="52"
                  type="footnote">G. Orlandelli, «&#160;Genesi dell'ars notariae…&#160;», p. 329&#160;; «&#160;La
                  scuola bolognese di notariato…&#160;», p. 27 ss.&#160;; «&#160;La scuola di notariato fra VIII e
                  IX…&#160;», p. 23 ss.</note>.</p>
              <p>Comme l’écrivit Harry Bresslau<note n="53" type="footnote">H. Bresslau,
                    <emph>Handbuch</emph>…, II, p. 257-258.</note>, il s’agit certainement de
                l’œuvre la plus importante et la plus significative dans le domaine de l’art
                notarial, celle qui fut le traité et le manuel le plus chargé d’autorité jusqu’à
                l’aube de l’âge moderne. La <emph>Summa</emph> eut une vaste et rapide diffusion et
                connut la fortune aussi en Toscane, contribuant à stimuler la compilation de
                recueils documentaires plus ou moins développés et mis à jour, dont chaque notaire
                savait apprécier l’utilité dans l’exercice de sa profession. C’est de l’une de ces
                anthologies que dérive notre texte, qui se caractérise, entre autres, par une
                disposition de la matière tout autre que bien ordonnée, où les <emph>iudicia</emph>
                peuvent alterner avec les contrats sur une même feuille. C’est pour cette raison
                que, bien que le manuscrit ne nous soit pas parvenu dans sa forme originelle, nous
                sommes autorisés à le considérer comme l’un de ces formulaires difficiles à
                consulter, qui – comme l’écrivait Antonio Era – «&#160;recano le formule collocate alla
                rinfusa&#160;» et où «&#160;gli strumenti si susseguono in modo da lasciar comprendere che gli
                autori non vollero proporsi un piano prestabilito&#160;»<note n="54" type="footnote">A.
                  Era, «&#160;Di Rolandino Passeggeri e della sua Summa artis notariae <emph>»</emph>,
                  dans <emph>Rivista di Storia del diritto italiano</emph>, t. 7, 1 (1934), p.
                  398.</note>.</p>
              <p>La dérivation de modèles qui, par leur forme et leur typologie, sont présents dans
                la <emph>Collectio</emph> rolandinienne, est dans de nombreux cas seulement
                partielle. Des parties de documents, des actes entiers et de simples formules sont
                modifiées, adaptées ou abrégées sur la base d’autres recueils documentaires
                conservés dans les études des notaires. L’auteur de notre formulaire était très
                probablement lui aussi notaire. On peut se demander si les titres apposés avant le
                texte des documents l’ont été dès l’origine, ou s’il s’agit de rajouts introduits
                dans une phase de réélaboration et de copie du recueil. À plusieurs reprises
                s’observent des discordances de forme ou de substance entre le contenu annoncé dans
                le titre et le texte du document qui suit. Il est possible, et je dirais même
                probable, que les titres soient de l’auteur ou de l’un de ses collaborateurs ou
                disciples, bref du responsable ou de l’exécuteur du projet. Le grand espace laissé
                entre un document et l’autre, la mise en évidence des titres des chapitres, séparés
                du texte des documents et des notes, ainsi que la position des annotations dans la
                marge des feuillets, l’emploi de l’encre rouge pour écrire, repasser ou souligner
                les titres et les notes, à plusieurs reprises un petit dessin explicatif (un bœuf,
                un porcelet, une tête d’homme tonsuré), tout cela tendait à simplifier la lecture
                d’un petit manuel qui présentait toute sa matière disposée de façon désordonnée, et
                qui était dépourvu de numérotation des feuillets et sans doute aussi de table et de
                  répertoire<note n="55" type="footnote">On doit probablement à l’auteur ou à son
                  assistant (et non à un scribe quelconque) les notes techniques «&#160;<emph>Ita debet
                    dici</emph>&#160;» et «&#160;<emph>Que fieri debet decurso perhentorio</emph>&#160;»
                  accompagnant le titre des formules de <emph>perhentorium</emph> (fol. 5) et de
                    <emph>proclamatio</emph> (fol. 12)&#160;; le titre «&#160;<emph>Perhentorium de
                    soccita</emph>&#160;» (fol. 13v&#160;: dans le document on ne parle pas de bail à
                  cheptel)&#160;; l'ajout «&#160;<emph>post III menses</emph>&#160;» au titre du dernier document
                  du fol. 14 (dont le texte ne mentionne aucun terme)&#160;; le titre de la
                    <emph>confessio</emph> (fol. 23v, puisqu’il n’est pas question de
                    <emph>perhentorium</emph> dans ce document mais bien dans la
                    <emph>notitia</emph> suivante, dans le titre de laquelle la note technique
                    «&#160;<emph>elapso suprascripto termino</emph>&#160;» est peut-être elle aussi de
                  l’auteur). Les ajouts «&#160;<emph>Angeli notarii Camerini</emph>&#160;» dans le titre de la
                    <emph>carta liberationis ancille</emph> stipulée par Daniele de Danielis
                  (fol. 10) et «&#160;<emph>Angeli notarii</emph>&#160;» dans le titre de la <emph>carta
                    actionis iurium’</emph> stipulée par le notaire B. (fol. 20v) pourraient
                  également remonter aux origines de l’histoire du recueil, sans toutefois exclure
                  la possibilité qu’elles y soient entrées dans une phase postérieure.</note>.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">III.2. Composition et fonctions</head>
              <p>Nous ne connaissons pas la date de création d’une corporation des notaires à Pise.
                Nous avons trace de son existence à partir de 1254<note n="56" type="footnote"
                    >. <emph>Codex diplomaticus Sardiniae</emph>, éd. Paolo Tola, Torino, 1861
                    (<emph>Historiae patriae monumenta</emph>, X, 1), doc. n° 85, p. 363 (1254 août
                  13), cité par Emilio Cristiani, <emph>Nobiltà e popolo nel Comune di Pisa. Dalle
                    origini del podestariato alla signoria dei Donoratico</emph>, Napoli, 1962, p.
                  29 note 27. Cf. aussi Adolf Schaube, <emph>Das Konsulat des Meeres in Pisa</emph>,
                  Leipzig, 1888, p. 43 ss.&#160;; Ottavio Banti, «&#160;Ricerche sul notariato a Pisa fra il
                  XIII e il XIV secolo&#160;», dans Id., <emph>Scritti di storia, diplomatica ed
                    epigrafia</emph>, éd. S. Scalfati, Pisa, 1995 (<emph>Biblioteca del Bollettino
                    storico pisano. Collana storica</emph>, 43), p. 375. O. Banti partage
                  l’hypothèse de Gioacchino Volpe, selon lequel la corporation des notaires se
                  développe à Pise au cours du XII<hi rend="sup">e</hi> siècle, sur la base de
                  formes associatives plus anciennes. Dans un essai sur les notaires et
                  l’administration communale à Pise au Moyen Âge, Banti ajoute que le Collège des
                  notaires se transforme en Corporation dans les années 1266-1267, et qu’en 1277
                  elle faisait partie des Septs Corporations&#160;: <emph>Scritti…</emph>, p. 440 note
                  26, et p. 444 note 31.</note>, et des informations sur son statut apparaissent
                dans un <emph>breve</emph> de la commune pisane daté de 1287<note n="57"
                  type="footnote"><emph>I brevi del Comune e del popolo di Pisa dell'anno
                    1287</emph>, éd. Antonella Ghignoli, Roma, 1998 (<emph>Fonti per la storia
                    dell'Italia medioevale dell'Istituto storico italiano per il medioevo,
                    Antiquitates</emph>, 11), rubr. 49 p. 104 («&#160;<emph>in brevi collegii
                    notariorum</emph>&#160;»).</note>. Du début du siècle suivant nous est parvenu le
                  <emph>Breve collegii notariorum</emph><note n="58" type="footnote"><emph>Breve
                    collegii notariorum</emph>, dans Francesco Bonaini, <emph>Statuti inediti della
                    città di Pisa dal XII al XIV secolo</emph>, III, Firenze, 1857, chap. 49 p. 799
                  et chap. 15 p. 776&#160;; v. aussi chap. 45 (sur l’exercice de la profession
                  notariale), 46 (sur les normes à suivre dans les actes notariés), 47 (sur le
                  rapport entre notaires et apprentis notaires)&#160;; nouvelle édition par O. Banti,
                    <emph>Breve del collegio dei notai di Pisa dell’anno 1304</emph>, Pisa,
                  2005.</note>. En outre, nous tenons pour sûr que, à la fin du <num>xiii<hi
                    rend="sup">e</hi></num> siècle, la corporation des notaires était à Pise l’une
                des plus importantes. C’est aux divers aspects et problèmes de la vie
                professionnelle qu’étaient dédiés les textes statutaires dont les attestations les
                plus anciennes remontent au <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Témoin de
                référence et riche d’informations est le <emph>Breve collegii…</emph> déjà cité, de
                1304, dans les chapitres duquel nous apprenons, notamment, que le notaire devait
                s’engager à tenir son disciple avec lui, dans son étude (<emph>apotheca</emph>),
                pour lui enseigner à rédiger les différentes formes d’actes&#160;; mais il avait
                également le devoir de mettre à la dispostion de ce dernier «&#160;<emph>formularium meum
                  vel alterius persone vel aliquem contractum pro arte notarie adiscenda</emph>&#160;».
                Réduits, aujourd’hui, à quelques exemplaires, les formulaires étaient très nombreux
                au Moyen Âge&#160;; il était d’usage que le notaire en possedât un ou qu’il eût, pour le
                moins, un spécimen à portée de main, faute de quoi il pouvait recourir à des actes
                (pas seulement des contrats, peut-être) conservés dans ses propres registres.
                L’apprenti notaire, à son tour, s’engageait à rester, pour une période de quatre ans
                au moins, au service de son maître et à rédiger et copier les documents à la demande
                du notaire<note n="59" type="footnote">«&#160;Bei Notaren werden berufliche Fähigkeiten
                  ähnlich wie im Handwerksbetrieb weitergegeben&#160;», écrit Peter Classen,
                    <emph>Studium und Gesellschaft im Mittelalter</emph>, éd. Johannes Fried,
                  Stuttgart, 1983 (<emph>Schriften der Monumenta Germaniae Historica</emph>, 29), p.
                  31.</note>.</p>
              <p>«&#160;<emph>Ars et officium notariae in tres partes dividitur principales. Virtus enim
                  huius officii aut contractuum aut ultimarum voluntatum aut iudiciorum formam
                  respicit et naturam</emph>&#160;», écrit Rolandino dans la <emph>Summa totius artis
                  notariae</emph><note n="60" type="footnote"><emph>Summa</emph>, fol. 230, début
                  de la partie II (chap. VIII, fol. 230-272v) dédiée aux testaments, après la
                  première partie en sept chapitres sur les contrats&#160;; la troisième partie s’ouvre
                  avec l’exposition «&#160;<emph>De iudiciorum atque causarum ordine</emph>&#160;»&#160;: chap. IX,
                  fol. 273-396v&#160;: v. <emph>Prooemium</emph>, fol. 273v.</note>. À l’intérieur de
                chacune des trois sections de son œuvre, une exposition théorique sur les
                institutions juridiques auxquelless se réfèrent les documents-modèles, les formules
                et les <emph>notulae doctrinales</emph> correspondantes, est placée avant le texte
                du formulaire proprement dit. La première partie traite des pactes et contrats et
                est articulée en sept chapitres. Elle embrasse les contrats de vente de biens
                mobiliers et immobiliers, les permutations, les emphytéoses, les donations,
                locations, inventaires, constitutions de sociétés, émancipations et manumissions,
                ainsi que les contrats matrimoniaux, les transactions et accords de tous genres, les
                prêts, les réfutations, les adoptions et autres encore. Les testaments, leurs
                codicilles et les formules de donation <emph>mortis causa</emph> font l’objet de la
                deuxième section, et sont regroupés en un seul chapitre. La troisième et dernière
                partie coïncide avec le chapitre neuf et est consacrée à l’exposition théorique et
                au déroulement des procès civils depuis la citation jusqu’à la sentence, suivie par
                les formules d’actes judiciaires de tous genres. L’<emph>opus egregium</emph> se
                conclut par un chapitre d’une vingtaine de pages, «&#160;<emph>De exemplificationibus et
                  refectionibus scripturarum</emph>&#160;», où l’on peut lire une note intéressante sur
                les faux (fol. 398).</p>
              <p>Par rapport à la tripartition rolandinienne, que nous trouvons déjà (1225-1245)
                dans l’<emph>Ars notariae</emph> de Ranieri da Perugia («&#160;De contractibus et
                pactis&#160;», «&#160;De testamentis et ultimis voluntatibus&#160;», «&#160;De ordine iudiciorum&#160;»), on
                remarquera que dans le fragment du formulaire pisan manquent totalement des exemples
                de testaments&#160;: nous trouvons seulement quelques formules relatives au bref
                préambule qui caractérise ce type d’actes<note n="61" type="footnote">Fol. 18&#160;:
                  après un acte de permutation et le début d’une formule concernant les inventaires
                  de biens hérités (sur lesquels v. aussi fol. 1 et 18v), nous trouvons cinq types
                  de brèves introductions et deux exemples («&#160;<emph>Et dico et volo</emph>…&#160;») de
                  formules relatives à la validité et l’observance des dispositions testamentaires.
                  Au fol. 9v nous avons en outre la formule par laquelle un père confirme et ratifie
                  le testament de son fils. V. Giovanni Chiodi, «&#160;Rolandino e il testamento&#160;», dans
                    <emph>Rolandino e l’ars notaria…</emph>, p. 461 ss.</note>. Les documents de
                nature judiciaire et les contrats sont en tout plus de cent. Sont aussi reportées
                plusieurs <emph>notae iuris</emph> explicatives, et quelques formules ou parties de
                formules concernant les différents types d’actions juridiques. Les actes privés sont
                une soixantaine environ et presque autant ceux qui concernent les causes examinées
                dans les <emph>curiae</emph> citadines. Pour de nombreux documents, rédigés puis
                copiés pour servir de modèles aux notaires, ne sont retranscrits que les éléments et
                les formules essentiels. Les noms des personnes sont souvent remplacés par
                  <emph>Talis.</emph> Comme il advient aussi dans d’autres manuels, formulaires et
                recueils du genre<note n="62" type="footnote">V. p. ex. Koichiro Shimizu,
                    <emph>L'amministrazione del contado pisano nel Trecento attraverso un manuale
                    notarile</emph>, Pisa 1975 (<emph>Biblioteca del Bollettino storico pisano.
                    Collana storica</emph>, 13), p. 71 n° 16&#160;: «&#160;<emph>Martinus Andree, Andreas
                    Martini, Petrus Cambii, Cambius Petri, Iohannes Alberti, Albertus
                    Iohannis</emph> (…) <emph>Gerardus Pieri, Pierus Gerardi, Sinibaldus Nocchi,
                    Nocchus Sinibaldi</emph>&#160;»&#160;; p. 71-72, n° 17&#160;: «&#160;<emph>Placuit Martino q.
                    Alberti et Alberto q. Martini</emph> (…) <emph>consensu et voluntate Andree
                    Becti et Becti Andree</emph>&#160;».</note>, les mêmes noms sont répétés dans des
                documents différents ou bien modifiés à l’intérieur d’un même document, n’ayant
                comme seule fonction que celle d’indiquer au notaire la position dans laquelle
                devaient figurer les divers éléments de chaque acte<note n="63" type="footnote"
                  >. Les noms qui reviennent le plus souvent&#160;: «&#160;Iacobus, Iohannes, Martinus,
                  Petrus&#160;». Pour de nombreux noms propres ne sont données que les initiales ou
                  l’ensemble du nom personnel, mais sans le patronyme. Quelques fois les nominatifs
                  changent d’un document à l’autre ou à l’intérieur du même document&#160;: p. ex. au
                  fol. 20v, dans le titre du premier document, on parle de Martino, qui dans le
                  texte devient Federico&#160;; au fol. 19v dans un document un navire «&#160;<emph>vocatur
                    Sanctus Nicolaus</emph>&#160;», dans le document suivant («&#160;<emph>de dicta
                    nave</emph>&#160;» dans le titre) est dédié à St. Antoine&#160;; un des vendeurs est
                  appelé une fois Alberto («&#160;<emph>Pisano et Alberto</emph>&#160;», fol. 20) au lieu de
                  Bernardo. Au fol. 9, dans le titre du premier document, on parle de 100 livres,
                  dans le texte de 3000.</note>.</p>
              <p>Les documents ayant trait à des <emph>iudicia</emph> concernent surtout les causes,
                instances, témoignages, sentences, invitations à comparaître devant le tribunal pour
                la restitution de terres, d’objet et d’argent, et pour des indemnités de
                dédommagement. Les causes les plus fréquentes sont celles qui sont liées à la
                défense des droits et des intérêts de femmes et de mineurs en matière de dot et
                d’héritage. Parmi les documents privés, prévalent nettement les promesses et les
                accords concernant des paiements, prêts, gages et rachats. Figurent aussi des actes
                de vente, de procuration, de bail à cheptel et, en moindre quantité, de baux, de
                donations, de sociétés de terre et de mer.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">III.3. Matériaux</head>
              <p>La matière comprise dans le formulaire pisan peut être répartie, grosso modo, entre
                six groupes de documents&#160;: les quatre premiers feuillets contiennent des actes entre
                particuliers (baux à cheptel, ventes et donations de droits, etc.)&#160;; les trois
                suivants se réfèrent à des causes devant les tribunaux civils et
                  ecclésiastiques<note n="64" type="footnote">À l’exception d’un acte notarié en
                  faveur d’un ecclésiastique (fol. 5v&#160;: «&#160;<emph>Promotione clericorum
                    instrumentum</emph>&#160;»). Au fol. 6v, dans le premier document, on parle de
                    «&#160;<emph>suprascripto Rainerio</emph>&#160;» et de «&#160;<emph>suprascripto domino
                    Tedicio</emph>&#160;», qui toutefois n’apparaissent pas dans les actes précédents
                  mais dans les actes qui suivent&#160;; plus loin, dans le dernier document de la même
                  page, «&#160;<emph>suprascripte domus sancti Iohannis</emph>&#160;», qui toutefois est citée
                  ici pour la première fois.</note>&#160;; on trouve ensuite une série d’actes privés
                (fol. 8-11) et encore trois feuillets de <emph>iudicia</emph><note n="65"
                  type="footnote">Fol. 12-14. Au début du fol. 12, la première de trois chartes
                  contenant des <emph>iudicia</emph>, on parle de «&#160;<emph>suprascriptam
                    curiam</emph>&#160;» et «&#160;<emph>suprascripti Talis</emph>&#160;»&#160;: à l’origine donc, avant
                  la <emph>promissio</emph>, il y avait un autre document ayant trait au
                    «&#160;<emph>dicto perhentorio</emph>&#160;»&#160;; à la même page nous lisons dans le
                  troisième document «&#160;<emph>suprascripti Talis minoris</emph>&#160;»&#160;; dans la seconde
                    <emph>promissio</emph> comme dans la <emph>proclamatio</emph> qui suit, les
                  juges qui paraissent pour la première fois sont dits
                  «&#160;<emph>suprascripti</emph>&#160;». De même, dans le dernier document du fol. 15, Maria
                  et Berto sont dits «&#160;<emph>suprascripti</emph>&#160;» sans que l’on en ait parlé
                  précédemment, comme il en advient pour Giovanni et pour Filippo au fol. 15v, dans
                  un document qui commence par «&#160;<emph>Ad hec</emph>&#160;», et dans lequel une mère
                  approuve une vente faite par son fils, qualifiée elle aussi de
                    «&#160;<emph>suprascripta</emph>&#160;» mais absente dans notre fragment. Notons que les
                  titres de ce document et du suivant («&#160;<emph>Carta si unus filius…</emph>&#160;» et
                    «&#160;<emph>Carta si unus vir…</emph>&#160;») annoncent la vente et l’approbation, alors
                  que seul le second document comprend ces deux volets (le second introduit par
                    «&#160;<emph>Ad hec</emph>&#160;»).</note>. Les deux derniers groupes concernent
                respectivement des documents d’actions entre particuliers et des causes devant les
                cours citadines. Un des feuillets consacrés aux contrats est occupé en entier par
                une série de formules et de parties de documents tels que les inventaires et les
                testaments (fol. 18), tandis que dans le fil d’un autre feuillet de ce même groupe
                se lit la partie finale d’une sentence (fol. 21), dont le début était transcrit sur
                un feuillet perdu. De même, parmi les documents concernant les causes en justice,
                qui occupent les quatre feuillets finaux du manuscrit, se trouve un
                  <emph>instrumentum</emph> rédigé par un notaire, transmis à la <emph>Curia
                  pupillorum</emph> et ayant pour objet une donation de biens effectuée par un père
                en faveur de son fils «&#160;<emph>in premium emancipactionis</emph>&#160;» (fol. 25).</p>
              <p>Le formulaire s’ouvre sur un document relatif à la rédaction d’un inventaire de
                biens hérités<note n="66" type="footnote">Ce texte occupe la partie supérieure de
                  la page 1, restée blanche pour les deux tiers environ. À une main du <num>xviii<hi
                      rend="sup">e</hi></num> siècle nous devons l’ajout «&#160;I. Ex armario 24&#160;» dans
                  la partie inférieure de la page, qui présente de larges déchirures. On peut
                  retenir que, à partir des premières années du <num>xviii<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècle, le formulaire s’ouvrait avec cette «&#160;<emph>Inventarii
                    confectio</emph>&#160;». Il s’agit par ailleurs du seul cas où notre numérotation
                  coïncide avec celle qui fut apposée dans l’angle supérieur droit des chartes par
                  un archiviste du <num>xx<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Sur les inventaires,
                  v. <emph>Summa</emph>, fol. 204v-209v, 392v, 399v&#160;: «&#160;<emph>Forma
                    inventarii</emph>&#160;».</note> et poursuit avec un <emph>instrumentum</emph>
                destiné à régler les rapports entre une famille et une employée de maison qui pour
                un an devra assurer la charge de domestique<note n="67" type="footnote">Fol. 1v.
                  V. <emph>Summa</emph>, fol. 121v-124v, un «&#160;<emph>instrumentum locationis et
                    conventionis ad serviendum</emph>&#160;» qui présente de nombreuses analogies avec
                  notre document. Le service prévu est de la durée d’un an dans les deux textes&#160;; la
                  rémunération est de trois livres bolonaises (3 et non 33, come l’écrit G. Tamba,
                  «&#160;Rolandino nei rapporti familiari e nella professione <emph>»</emph>, dans
                    <emph>Rolandino e l'ars notaria…</emph>, p. 109 note 135), qui deviennent quatre
                  livres pisanes.</note>. Suivent des documents de constitution de compagnies de mer
                et de terre, de ventes de droits<note n="68" type="footnote">Fol. 2. V.
                    <emph>Summa</emph>, fol. 104-107v, différents types de <emph>iurium et actionum
                    cessiones.</emph> V. aussi plus loin, fol. 4, la «&#160;<emph>carta iurium quando
                    fideiussor solvit pro principali</emph>&#160;», qui dans la première partie est
                  presque identique au modèle du fol. 2.</note>, de choix et nomination d’un arbitre
                pour démêler les controverses nées entre deux particuliers<note n="69"
                  type="footnote">Fol. 2v. V. <emph>Summa</emph>, fol. 155v-157, un
                    «&#160;<emph>instrumentum compromissi</emph>&#160;» très différent dans la forme.</note>.
                On lit ensuite le modèle d’un acte par lequel un personnage se fait convers d’une
                  église<note n="70" type="footnote">Fol. 3. V. <emph>Summa</emph>, fol. 175, un
                    «&#160;<emph>instrumentum offersionis seu oblationis et professionis</emph>&#160;» où un
                  personnage se fait convers d’un monastère cistercien.</note>&#160;; des baux à
                  cheptel<note n="71" type="footnote">Fol. 3-v&#160;; deux autres instruments de bail à
                  cheptel au fol. 17. Dans <emph>Summa</emph>, fol. 140v-142, un
                    «&#160;<emph>instrumentum socidae ad salvum capitale</emph>&#160;» a de nombreuses parties
                  en commun avec le document du fol. 3, suivi par un autre «&#160;<emph>ad salvum
                    caput</emph>&#160;».</note>&#160;; un acte de nolissement (<emph>locatio ad naulum</emph>)
                de navire avec tout l’appareillage et un équipage de dix marins, destiné au
                transport de vins de Livourne à Pise. La richesse de l’éventail typologique de ce
                petit manuel est confirmé par les modèles qui suivent&#160;: en premier lieu une vente de
                droits «&#160;<emph>quando fideiussor solvit pro principali</emph>&#160;», suivie par une
                donation de droits, à propos de laquelle l’auteur du recueil précise, à l’usage du
                lecteur, jusqu’à quel point doit être adopté le «&#160;<emph>predictus modus</emph>&#160;»,
                autrement dit la formule de l’acte de cession de droits en échange d’argent. C’est
                la première d’une intéressante série de <emph>notae iuris</emph>, conseils et
                remarques destinés au notaire qui devra s’occuper de la rédaction d’actes à la
                demande de ses clients<note n="72" type="footnote">Fol. 4v, fin de la
                    «&#160;<emph>donatio iurium contra aliquem</emph>&#160;». Il s’agit de notes généralement
                  très synthétiques à l’intérieur des différents documents (p. ex. début du fol. 5,
                  dans le titre du document&#160;: «&#160;<emph>Ita debet dici</emph>&#160;»&#160;; fol. 6v, dernière
                  partie du «&#160;<emph>libellus coram iudice delegato</emph>&#160;»&#160;; fol. 18 début&#160;:
                    «&#160;<emph>Debet micti sicut in venditione</emph>&#160;»&#160;; fol. 25, à l’intérieur du
                  document «&#160;<emph>Alimenta pupilli</emph>&#160;» et à la fin de la vente sans titre&#160;:
                    «&#160;<emph>etc. ut in cartis venditionis</emph>&#160;») ou regroupées par sujets&#160;:
                  fol. 12v «&#160;<emph>Interrogationes</emph>&#160;» ayant trait à des difficultés «&#160;<emph>de
                    petio terre obligato</emph>&#160;»&#160;; fol. 22-v plusieurs «&#160;<emph>Nota quod</emph>&#160;»
                  portant sur des questions de nature judiciaire. V. dans la <emph>Summa</emph> de
                  Rolandino, fol. 106, une semblable «&#160;<emph>Cessio ex titulo donationis facta
                    contra plures debitores</emph>&#160;».</note>.</p>
              <p>On passe ensuite à un groupe de documents, réduits en général aux parties
                essentielles, concernant des causes présentées devant différentes cours
                  citadines<note n="73" type="footnote">Les <emph>curiae</emph> pisanes citées
                  dans le formulaire sont les suivantes&#160;: «&#160;<emph>foretaneorum, pupillorum,
                    assessorum, archiepiscopi, legis, arbitrorum, usus, ecclesiastica,
                    appellationum</emph>&#160;». Les documents concernant des causes présentées devant
                  les tribunaux ecclésiastiques sont une faible minorité&#160;: sur un total d’une
                  soixantaine, on n’en compte que quelques-unes, toutes comprises dans le premier
                  groupe des actes relatifs aux <emph>iudicia</emph> (fol. 5-7). Rolandino traite
                    «&#160;<emph>De iudiciorum atque causarum ordine</emph>&#160;» dans la troisième partie de
                  la <emph>Summa</emph>, chap. IX, fol. 273 ss.</note>. Après la réclamation des
                biens de sa dot de la part d’une femme, nous trouvons une autorisation accordée par
                les juges à des tuteurs afin qu’ils agissent en faveur des mineurs, puis le
                  <emph>perhentorium</emph> par lequel les responsables de la <emph>curia
                  foretaneorum</emph> ordonnent à un particulier de comparaître devant le tribunal
                pour confirmer un engagement assumé dans un contrat de vente. La série des actes
                  <emph>de iudiciis</emph> s’interrompt avec un dernier ensemble de textes&#160;: la
                formule résumée d’un instrument notarié où un évêque intervient en faveur d’un
                ecclésiastique&#160;; la requête qu’un consul ou un tuteur adresse à des juges pour qu’il
                lui soit permis de produire en tribunal, au-delà des termes fixés, des témoins en
                faveur d’une commune ou d’un mineur<note n="74" type="footnote">Fol. 5v. Rolandino
                  traite «&#160;<emph>De dilationibus seu terminis in iudiciis dandis</emph>&#160;» aux
                  fol. 337v-339v de la <emph>Summa.</emph></note>&#160;; une sentence transcrite presque
                intégralement, par laquelle les juges de la <emph>curia foretaneorum</emph>
                autorisent une femme à entrer en possession des biens qu’elle avait apportés en dot
                et qui avaient été englobés dans l’héritage du mari défunt – l’acte de mise en
                possession (<emph>immissio in possessionem</emph>) et la notification publique de
                cette disposition sont copiées à la suite de la sentence. Un document placé au début
                d’une <emph>causa rei servande</emph>, au lieu de se trouver à la fin, comme ceux
                que nous venons de citer, est reporté dans le formulaire immédiatement après une
                requête présentée par le consul d’une commune aux magistrats pisans afin qu’ils
                contraignent Untel à payer les impôts de cette commune. On trouve ensuite une
                  «&#160;<emph>proclamatio causa rei servande</emph>&#160;» ordonnée par la <emph>curia
                  foretaneorum</emph> et qui concerne la demande d’une veuve qui entend pouvoir
                disposer d’une partie des biens hérités de son conjoint.</p>
              <p>Les deux documents suivants se rapportent à une cause <emph>in curia
                  archiepiscopi</emph> et <emph>in curia ecclesiastica</emph>&#160;: dans la
                  <emph>commissio</emph>, l’archevêque pisan assigne à un juge délégué une cause
                d’appel&#160;; dans le <emph>libellus</emph> qui suit sont exposés au juge, sous une
                forme synthétique, les termes de la cause qui porte sur des questions d’usure. On
                passe, tout de suite après, à une cause devant les responsables de la <emph>curia
                  legis</emph>, lesquels convoquent un particulier pour qu’il restitue à un
                monastère des terres qu’il avait obtenues en location de la part du prieur avec un
                acte notarié parfaitement en règle&#160;; à l’origine de cette cause, il y a une instance
                introduite par le procureur de cet établissement, selon lequel «&#160;<emph>dictum
                  monasterium ex dicta locatione fuit et sit lesum</emph>&#160;». Une autre institution
                religieuse, l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, au travers de sa maison du
                Saint-Sépulchre de Pise, engage une procédure judiciaire contre des particuliers, en
                l’occurence devant le vicaire de l’archevêque pisan, pour entrer en possession des
                biens d’un personnage qui avait fait donation de tout son patrimoine à l’hôpital qui
                l’avait accueilli. Cette fois les modèles copiés sont au nombre de deux&#160;: après la
                  <emph>petitio</emph> présentée par le procureur de l’hôpital vient la
                  <emph>responsio</emph> des deux adversaires de l’établissement religieux, qui
                  «&#160;<emph>negant narrata ut narrantur vera esse et petita dicunt fieri non
                  debere</emph>&#160;». Les documents suivants sont des exemples de <emph>libelli</emph>
                présentés au vicaire archiépiscopal, afin qu’il annule des contrats de prêts
                d’argent, qui auraient été rédigés «&#160;<emph>in fraudem usurarum</emph>&#160;». Le dernier
                document de cet ensemble est une sentence du capitaine des collines, et concerne un
                dédommagement à la suite de l’abattage d’un porcelet.</p>
              <p>Un excellent exemple du lien étroit qui existait au Moyen Âge entre la matière
                contractuelle et la matière judiciaire dans l’exercice de la profession notariale,
                et qui se reflète dans la structure de notre formulaire, est représenté par la
                  <emph>carta</emph> placée au début du second groupe des documents privés, où l’on
                met en scène une personne qui, après avoir été entravée dans la jouissance de ses
                propres droits sur un terrain qu’elle avait acquis, s’adresse aux juges de la
                  <emph>curia legis</emph> pour obtenir du vendeur qu’il respecte les engagements de
                  <emph>defensio</emph> pris dans le contrat de vente. Suivent une révocation de
                procuration, la déclaration d’un propriétaire de biens immobiliers à propos du
                paiement régulier du loyer de la part du locataire, la nomination de
                l’administrateur et procurateur général d’une chapelle. Dans le document suivant on
                présente un individu qui, après avoir accepté de recevoir des objets en gage, les
                met en vente après avoir attendu, en vain, qu’ils soient rachetés. Les documents qui
                suivent concernent une fausse remise d’argent et la promesse du vendeur d’une
                parcelle de terre, qu’il s’engage à revendre au nouveau propriétaire, dans les cinq
                ans, sans variation de prix et avec l’obligation de <emph>defensio</emph><note
                  n="75" type="footnote">Fol. 9&#160;: dans ce document, tout comme dans le précédent,
                  dans celui qui suit et d’autres encore (v. p. ex. fol. 13v, 15v, 19v, 20v, 24v),
                  figurent dans le ms des espaces blancs qui correspondent à des mots que le
                  rédacteur du texte (main B) n’a pas réussi à lire ou qui manquaient déjà dans
                  l’antigraphe.</note>.</p>
              <p>Suivent encore d’autres documents qui, sous une forme très synthétique, se
                rapportent à la nomination du responsable d’une <emph>guardia</emph> conventuelle, à
                la ratification d’un testament, à une déclaration de vente de biens dotaux, à la
                décision prise par des frères de ne plus vivre et travailler tous ensemble,
                  «&#160;<emph>set divisim</emph>&#160;». La charte se termine par le titre d’un document
                constatant que les biens d’un mineur sont mis en vente à l’encan<note n="76"
                  type="footnote">Fol. 9v&#160;: «&#160;<emph>Incantus rerum</emph>…&#160;». Il est probable que
                  le texte du document se trouvait sur un feuillet aujourd’hui perdu. Dans le
                  fragment de formulaire qui nous est parvenu, nous ne trouvons pas d’autres titres
                  privés du texte de l’acte, et vice versa nous avons des textes sans titre&#160;: une
                  vente faite par un tuteur testamentaire (fol. 25&#160;: «&#160;<emph>Talis tutor</emph>…&#160;»,
                  main C) et une dizaine de formules et plusieurs parties de testaments et
                  inventaires (fol. 18-v, main B). Une «&#160;<emph>proclamatio subastationis alicuius
                    rei pupillaris vendende</emph>&#160;» dans <emph>Summa</emph>, fol. 389.</note>. Nous
                avons ensuite deux actes d’affranchissement, «&#160;<emph>liberationis ancille ab omni
                  iugo servitutis</emph>&#160;»<note n="77" type="footnote">Fol. 10. V. dans
                    <emph>Summa</emph> un long «&#160;<emph>instrumentum manumissionis</emph>&#160;»
                  (fol. 178-180v) et un «&#160;<emph>instrumentum manumissionis breviori forma</emph>&#160;»
                  (fol. 180v)&#160;: la manumission est accordée dans les deux cas en échange d’un
                  rachat. Rolandino prépara des instruments en matière d’affranchissement
                  précisément dans les années où à Bologne avait lieu la libération des serfs
                  (1255-1256)&#160;: v. Maria Gigliola Di Renzo Villata, «&#160;Il volto della famiglia
                  medioevale tra pratica e teoria nella Summa totius artis notariae&#160;», dans
                    <emph>Rolandino e l'ars notaria…</emph>, p. 420 ss.</note>, une concession en
                fief de biens fonciers suivie par une investiture «&#160;<emph>cum baculo et
                  cirotheca</emph>&#160;» et «&#160;<emph>pacis osculo</emph>&#160;»<note n="78" type="footnote"
                  >. Fol. 10v. C’est l’un des rares documents où le formulaire pisan s’appuie sans
                  l’ombre d’un doute sur un modèle qui a comme source la <emph>Summa</emph>
                  rolandinienne (fol. 37v-38v). V. Gian Paolo Massetto, «&#160;Osservazioni in materia di
                  contratti nella Summa totius artis notariae&#160;», dans <emph>Rolandino e l'ars
                    notaria…</emph>, p. 280.</note>. Un notaire pisan, sur le point de s’éloigner de
                la ville pour un certain temps, pourvoit à nommer des procurateurs, en l’occurrence
                son frère, sa femme et un collègue notaire, auquel par acte séparé il confère la
                charge de stipuler des actes en son absence.</p>
              <p>Un second groupe d’actes «&#160;De iudiciis&#160;» s’ouvre avec deux promesses faites devant
                le notaire et scribe du tribunal&#160;: dans la première, une personne s’engage à en
                défendre une autre <emph>in iudicio</emph>&#160;; dans la seconde, un particulier en
                litige avec un autre garantit que, en cas de perte du procès, il versera à la
                commune une somme d’argent correspondant à la <emph>dirictura curie</emph>, qu’il
                n’est pas en mesure de payer sur le moment. Après l’invitation à se présenter devant
                le tribunal, adressée par les juges à quiconque entendait aider un mineur à défendre
                ses biens, on trouve quelques <emph>notae iuris</emph> sur des questions à poser au
                tribunal, puis le <emph>perhentorium</emph> par lequel les magistrats de la
                  <emph>curia legis</emph> convoquent l’ancien tuteur d’un mineur, désormais adulte,
                afin qu’il présente le compte-rendu de sa gestion des biens qui lui avaient été
                confiés à l’époque de son mandat&#160;; dans la <emph>responsio</emph>, l’ex-tuteur se
                déclare prêt à rendre compte et raison de son administration passée. Avec des
                  <emph>perhentoria</emph> analogues, les juges invitent d’autres personnes à
                comparaître devant le tribunal pour se justifier de la gestion de biens dotaux, de
                l’utilisation de capitaux, de la vente de maisons et terrains.</p>
              <p>Le recueil donne encore plusieurs documents <emph>de iudiciis</emph>&#160;: ils
                concernent des demandes de compensation et de compte-rendu, de révision et
                d’annulation de sentences et arbitrages tenus pour «&#160;<emph>iniqui et pravi</emph>&#160;»,
                et d’autres questions relevant de la compétence des diverses cours citadines. Le
                dernier groupe de documents privés s’ouvre avec l’engagement solennel de vivre en
                paix, pris par les représentants de deux lignages. Il continue par la déclaration
                d’un Catalan, qui «&#160;<emph>tactis sacrosanctis evangeliis</emph>&#160;» jure que toutes
                les marchandises apportées à Pise par un charretier de Prato lui appartiennent.
                Suivent deux documents concernant deux cas de mariages – dans le second, la femme
                est mineure et son tuteur doit donc intervenir. On trouve ensuite le résumé d’un
                instrument dans lequel une veuve, «&#160;<emph>causa indigentie et necessitatis</emph>&#160;»,
                est obligée de mettre en vente une partie de ses biens. Une autre veuve confirme,
                dans le document qui suit, la vente d’un terrain faite par son fils<note n="79"
                  type="footnote">Fol. 15v. Un cas analogue, introduit par «&#160;<emph>Ad
                  haec</emph>&#160;», dans <emph>Summa</emph>, fol. 50, suivi par un document où c’est le
                  père et non la mère du vendeur qui donne son autorisation.</note>. Il s’agit d’un
                texte qui se trouve normalement dans les actes de vente, introduit par «&#160;<emph>ad
                  hec</emph>&#160;», tout de suite après le passage où le vendeur et l’acquéreur
                expriment leurs propres volontés, comme le montre par exemple le document suivant,
                dans lequel un individu dépourvu de moyens de subsistance effectue une vente et où
                sa femme «&#160;<emph>ad hec</emph>&#160;» confirme et ratifie cette cession<note n="80"
                  type="footnote">Fol. 15v. Dans ce cas aussi, le document de la
                    <emph>Summa</emph> (fol. 47) «&#160;<emph>Si uxor venditioni praesens
                    consentiat</emph>&#160;» commence par «&#160;<emph>Ad haec</emph>&#160;», mais la vente ne se
                  fait pas <emph>causa necessitatis</emph> et concerne des biens revenant par dot à
                  la femme, ce qui fait l’objet de notes de commentaire au fol. 47-v (dans notre
                  formulaire la «&#160;<emph>res vendita non est expressim pro suis ractionibus
                    obligata</emph>&#160;»).</note>. Suivent encore l’acte de vente de quelques barils de
                moût, la charte par laquelle un monastère cède à bail un terrain à un particulier,
                terrain sur lequel s’élève une maison, un acte de donation de droits acquis à la
                suite d’un prêt, un acte de prêt d’argent garanti par un gage foncier, deux baux à
                cheptel, le document par lequel prend fin le service d’un jeune <emph>famulus</emph>
                auprès d’un artisan. Le recueil se poursuit avec une charte de division de biens
                entre frères, l’acte de liquidation d’une société<note n="81" type="footnote"
                  >. Fol. 17v&#160;: «&#160;<emph>Carta salidationis societatis</emph>&#160;»&#160;; v. dans
                    <emph>Summa</emph> un «&#160;<emph>instrumentum dissolutionis societatis quorundam
                    mercatorum</emph>&#160;» (fol. 400).</note> et un échange de terrains.</p>
              <p>Après une dizaine de formules et des parties d’inventaires et de testaments, vient
                un acte dans lequel plusieurs personnes déclarent n’avoir aucune obligation ni droit
                les unes envers les autres, sauf un différend encore pendant, dont témoigne une
                  <emph>carta debiti</emph> rédigée par un notaire. Suit un prêt d’argent garanti
                par un gage qui est représenté dans ce cas non par des biens immobiliers mais par la
                cargaison d’un navire. Le document qui suit traite de la vente d’un navire, et
                précède une autre pièce, traitant de la vente simulée d’un autre navire qui, en
                fait, est loué durant la période des hostilités entre Pise et Gênes. Vient ensuite
                un document par lequel une personne s’engage, en cas de vente éventuelle d’un
                terrain, à le céder à un prix de faveur à l’autre partenaire de l’acte de promesse.
                La feuille se termine avec le début et le milieu d’un instrument de cession de
                droits dans une affaire de prêt d’argent. La fin du document était consignée dans
                une feuille perdue, tout comme dans une autre feuille manquante était consigné le
                début d’une sentence d’annulation de dette prononcée par des juges contre un
                débiteur. Cet acte <emph>de iudiciis</emph>, qui se conclut au début d’une nouvelle
                feuille, est suivi par différents actes privés&#160;: la quittance remise par le
                propriétaire d’une <emph>apotheca</emph> (il s’agit d’un notaire) au locataire en
                règle du versement fixé dans l’acte de bail, une vente avec fidéjussion&#160;;
                l’engagement pris par le vendeur d’un terrain de faire confirmer la cession au
                moment de l’émancipation de son frère, mineur à l’époque de l’acte&#160;; la partie
                initiale d’un instrument de prêt avec fidéjussion – dans ce cas aussi, le reste du
                document se trouvait sur une feuille qui ne nous est pas parvenue.</p>
              <p>Commence enfin le dernier groupe de documents, avec l’ordre donné par le juge à un
                débiteur pour qu’il se présente devant le tribunal et pourvoie au paiement auquel il
                est tenu. Suivent une dizaine de notes avec des instructions à l’usage des notaires
                engagés dans la rédaction de documents et dans les procédures relatives à divers
                types de cause. Après la sentence d’un recours concernant une dette et un mandat de
                comparution émis par des magistrats pour que puisse commencer une cause d’appel,
                nous trouvons des documents transcrits dans leur intégralité et des formules ayant
                trait à des procès de différentes natures et de sujets variés&#160;: prêts d’argent et
                dettes, défense de mineurs et actions de tuteurs, héritages assignés à des mineurs
                et à des veuves. Sur une même feuille on trouve divers actes <emph>de
                  iudiciis</emph> concernant des mineurs, ainsi que l’annotation «&#160;<emph>Pupillorum
                  curia</emph>&#160;» en marge du schéma d’un instrument notarial concernant
                l’émancipation d’un jeune qui, à cette occasion, reçoit un <emph>premium</emph> de
                son père<note n="82" type="footnote">Fol. 25&#160;: «&#160;<emph>Quando pars datur filio
                    emancepato</emph>&#160;»&#160;; v. dans <emph>Summa</emph> (fol. 180v-182) un
                    «&#160;<emph>instrumentum emancipationis</emph>&#160;» qui, comme souligne le commentaire,
                  s’articule en plusieurs <emph>capitula</emph>, dont le premier est la véritable
                    <emph>emancipatio</emph>, suivie par la <emph>donatio</emph>&#160;; le formulaire
                  pisan contient seulement la donation.</note>. Les commentateurs de la
                  <emph>Summa</emph> argumentaient à cet égard que, réflexion faite, le don qu’il
                était d’usage d’accorder au fils aurait dû être attribué à l’émancipateur, comme le
                soutenait, entre autres, le célèbre juriste Bartolo da Sassoferrato.</p>
            </div>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part9">
        <front>
          <head>Un formulario notarial castellano del siglo XIII<lb/> La III Partida</head>
          <byline><docAuthor>M<hi rend="sup">a</hi> Luisa Pardo Rodríguez</docAuthor>, catedrática de Ciencias y Técnicas
            Historiográficas, Universidad de Sevilla, Fac. Geografia e Historia, c/Maria de Padilla,
            s.n., E-41004 Sevilla. <ref target="mailto:lpardo@us.es">lpardo@us.es</ref></byline>

        </front>
        <body>
          <p>Resúmen</p>
          <p>En este trabajo se analiza cómo el formulario notarial, sito en la III Partida del rey
            Alfonso X el Sabio, supuso un ejemplo de la introducción de los modelos culturales
            boloñeses en la Corona de Castilla. La notable influencia de la obra del maestro
            Salatiel en los arquetipos que contiene, y su necesaria convivencia con otros,
            procedentes de prácticas locales, dieron lugar a su puesta al día por parte de los
            compiladores, quienes consiguieron un producto de referencia inexcusable. Su
            introducción en el <emph>Libro de las Leyes</emph> le garantizó además una difusión
            amplia en tiempo y espacio entre los notarios castellanos, al igual que una
            normalización de su praxis.</p>

          <div>
            <head type="h1">Introducción</head>
            <p>Es de sobra conocido el ambiente cultural tan vivaz que se respiraba en la corte de
              Alfonso X de Castilla (1252-1284). El reinado del rey Sabio con independencia de su
              trascendencia política se caracterizó además por una importante producción literaria,
              jurídica y de carácter historiográfico, relacionada con el <emph>scriptorium</emph>
              alfonsí, tanto en lo referido a su producción material como por la presencia habitual
              en ella, al lado de los oficiales palatinos, de intelectuales y, asimismo, de
                <emph>litterati</emph> u hombres de pluma vinculados muchos de ellos de manera
              directa o indirecta a la praxis documental. El canciller, los notarios de los reinos
              que componían entonces la Corona castellano-leonesa y los distintos escribanos
              ejercientes en la cancillería real, o en la imperial, una oficina de expedición creada
              para vehicular documentalmente la pretensión del monarca español al Imperio, y que
              funcionó mientras ésta se mantuvo<note n="1" type="footnote">Organizada para atender
                los asuntos relativos a las aspiraciones imperiales de Alfonso, con personal y sello
                propio, y que estuvo funcionado entre 1257 y 1275. La mayoría de sus integrantes
                procedían de Italia y el latín era su lengua de expresión frente al vulgar
                consagrado en la Cancillería real. Vid.: Ingo Schwab, “Kanzlei und Urkundenwesen
                Königs Alfons´ X. Von Kastilien für das Reich”, <emph>Archiv für Diplomatik</emph>
                32 (1986), pp. 556-616.</note>, compartían este ambiente. Un círculo diverso pero
              también cosmopolita, en cuyas obras se reflejaban los saberes al uso en la Europa del
              momento, que eran especialmente apreciados por el monarca<note n="2" type="footnote"
                >. Alfonso d'Agostino, “La corte di Alfonso X di Castiglia”, en <emph>Lo spazio
                  letterario del medioevo. 2. Il medioevo volgare</emph>, vol. I: <emph>La
                  produzione del testo</emph>, t. II, Piero Boitani, Mario Mancini, y Alberto
                Vàrvaro (dirs.), Roma-Salerno, 2001, pp. 735-785, en particular pp. 745-746.
              </note>. </p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. El espacio de elaboración</head>
            <p>Relativo al mundo de lo escrito y, en particular, a la teoría literaria del momento,
              resulta enormemente indicativa la existencia de dos tratados del <emph>ars
                dictandi</emph> vinculados ambos al entorno alfonsino, que ejemplifican
              conjuntamente cómo y en qué momento estas artes del dictamen, tan frecuentes en la
              Italia o la Francia de la época y, fundamentalmente, las referidas a las pautas que
              debían regir la producción epistolar empezaron a difundirse por toda la Península, y,
              en particular, por sus territorios más occidentales. </p>
            <p>Realizados ambos en la década de los setenta, se da también la circunstancia de que
              tan solo se cuenta hoy en día con un único ejemplar de cada uno de ellos. Del
                <emph>Dictaminis Epithalamium</emph>, datado entre 1277 y 1282, fue autor el
              polígrafo franciscano Juan Gil de Zamora, quien de regreso a Castilla tras sus
              estudios en París acredita una estrecha relación con la corte real no sólo por su
              actividad intelectual sino por haber sido, al menos desde 1278, el preceptor del hijo
              primogénito de Alfonso X, el futuro rey Sancho IV. El otro tratado se debe a Geoffrey
              de Eversley o Gaufridus Anglicus, tal y como se denomina este clérigo y notario inglés
              quien escribió en los años setenta de la centuria un <emph>Ars epistolaris
                ornatus</emph> igualmente conocido como <emph>Ars scribendi epistolas</emph>
              dedicado al monarca, tal y como expresa su autor en el proemio<note n="3"
                type="footnote">Valeria Bertolucci Pizzorusso, “Un Trattato di Ars Dictandi
                dedicato a Alfonso X”, <emph>Studi Mediolatini e Volgari</emph>, vol. XV-XVI,
                Bologna (1968), pp. 10-88; “Los tratados retóricos italianos y la corte alfonsina»,
                  <emph>La Corónica</emph>, 34.2. (2006), pp. 75-91. Juan Gil de Zamora,
                  <emph>Dictaminis Epithalamium</emph>, edic., introducción y notas de Charles
                Faulhaber, Biblioteca degli Studi Mediolatini e Volgari, nuova serie, 2, Pisa,
                1978.</note>.</p>
            <p>Va a ser en este contexto en donde la labor legislativa desarrollada por el monarca y
              su círculo más cercano tome cuerpo de manera sucesiva en tres libros legales – Fuero
              Real, Espéculo y las Siete Partidas –, y como parte indisociable de este último se
              introduzca en la Partida III, en particular, en los títulos XVIII y XIX, un auténtico
              tratado del <emph>Ars Notariae</emph> que comparte espacio con la regulación relativa
              a la escrituración en el ámbito de la cancillería real, completada igualmente con otro
              formulario. No es un detalle menor que sea en esta última compilación alfonsina,
              también llamada <emph>Libro de las Leyes</emph>, en donde se aúnen y perfilen las
              novedades relativas a este campo, culminando así todo el proceso de recepción del
              derecho romanista realizado durante este reinado, ni que se incluyan ambas pautas
              escriturarias precisamente en la parte o <emph>partida</emph> dedicada en su totalidad
              a la justicia. </p>
            <p>Calificada por José Bono como una si no la más completa formulación legal de la
              materia en Occidente<note n="4" type="footnote">José Bono, <emph>Historia del
                  Derecho Notarial Español</emph>, t. I, Madrid, 1979, p. 245.</note>, sin duda, el
              compendio llevado a cabo por este monarca ofrece el panorama más completo y
              estructurado de la institución notarial y de su privativo sistema documental en el
              reino de Castilla durante todo el Antiguo Régimen. Desde luego consagró desde su
              implantación lo que era ya una realidad en muchos ejemplos de la praxis en esta zona,
              la instauración del principio de matricidad del documento notarial y su irreversible
              transformación en <emph>scriptura publica</emph> que obviamente corrió paralela a la
              del <emph>scriptor</emph> en <emph>publicus notarius</emph><note n="5" type="footnote"
                >. José Bono, “La práctica notarial del reino de Castilla en el siglo
                  <num>xiii</num>. Continuidad e innovación”, en <emph>Notariado público y documento
                  privado: de los orígenes al siglo</emph>
                <num>xiv</num>. <emph>Actas del VII Congreso Internacional de Diplomática. Valencia,
                  1986</emph>, Valencia, 1989, t. I. pp. 481-506, en particular p. 483</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. El formulario</head>
            <p>La regulación del sistema documental en Castilla que trasluce dicha compilación
              comprendía la teoría general que sistematizaba todo lo relativo a la expedición y
              confección del <emph>estromento público</emph><note n="6" type="footnote"><emph>Las
                  Siete Partidas del Rey Don Alfonso el Sabio</emph>, cotejadas con varios códices
                antiguos por la Real Academia de la Historia, Madrid, 1807. Edición anastática
                realizada en Madrid en 1972, en particular t. II, Partida III, <num>xviii</num>, 1,
                54, 55, 111-118 y 120. En adelante se citará solo el texto legal.</note>, pero
              también una parte especial, fundamentalmente práctica, un formulario desarrollado
              entre las leyes 56 y 110 del título XVIII, y al que en una primera apreciación hay que
              asignarle cuando menos una indudable finalidad didáctica. Son un total de 55 los
              documentos-modelos allí asentados. Todos ellos corresponden a asuntos referidos a lo
              judicial y extrajudicial, los dos ámbitos de actuación característicos de los
              escribanos públicos hispanos, que aparecen ya perfectamente delimitados en este libro.
              La inmensa mayoría, cincuenta y dos, son los relativos al derecho privado mientras que
              los restantes, tan sólo tres, inciden en la práctica forense.</p>
            <p>Se sistematizan en el siguiente orden, correspondiendo ley a arquetipo<note n="7"
                type="footnote">José Bono, <emph>Historia del Derecho Notarial…</emph>,
                pp. 249-250.</note>:</p>
            <list type="a">
            <item> contratos traslativos de dominio: ventas, cesión, permuta, donación,
              infeudación y censo (56-69);</item>
              <item> contratos reales: préstamo y depósito (70-72);</item>
            <item> contratos locativos: alquiler, arriendo, locación de servicios y de
              semovientes (73-76);</item>
            <item> contratos de asociación: afletamiento, compañía, aparcería y partición
              de elemento común (77-80);</item>
              <item> negocios de remisión: cancelación de deuda, paz y tregua (81-83);</item>
            <item> contratos matrimoniales: promesa esponsalicia, esponsales, dote,
              donación y arras (84-87);</item>
              <item> fórmulas de encomendación religiosa (88) y vasallática (89);</item>
            <item> fórmulas de relaciones personales: manumisión, adopción, arrogación y
              emancipación y tutela (90-96);</item>
              <item> fórmulas de apoderamiento (97-98);</item>
              <item> inventario de bienes de la tutela y de bienes relictos (99-100);</item>
            <item> fórmulas de repudiación de herencia y de liquidación de cuentas
              tutelares (101-102);</item>
            <item> fórmulas de últimas voluntades: testamento, codicilo y donación
              <emph>mortis causa</emph> (103-105);</item>
              <item> fórmulas de compromiso y de sentencia arbitral (106-107);</item>
            <item> fórmulas judiciales: incautación judicial de los bienes del demandado
              rebelde, sentencia definitiva y alzada (108-110).</item>
            </list>
            <div>
              <head type="h2">II.1. Su datación</head>
              <p>José Bono<note n="8" type="footnote">Ibídem, p. 251.</note> y más recientemente
                Raúl Orellana<note n="9" type="footnote">Raúl Orellana Arévalo, “En torno a la
                  datación y lugar de redacción de la <emph>Tercera Partida</emph> de Alfonso X El
                  Sabio”, en <emph>Lengua, reinos y dialectos en la Edad Media ibérica. La
                    construcción de la identidad.</emph> Homenaje a Juan Ramón Lodares,
                  Madrid-Frankfurt am Main, 2008, pp. 367-388.</note> justifican su redacción en la
                década de los setenta del siglo <num>xiii</num>. La localización de la mayor parte
                de los personajes aludidos en la <emph>Tercera Partida</emph> que en su momento
                ensayara con otra finalidad Alfonso García-Gallo<note n="10" type="footnote"
                  >. Alfonso García Gallo, “El Libro de Leyes de Alfonso el
                    Sabio”, <emph>Anuario de Historia del Derecho Español</emph>, 21-22
                  (1951-1952), pp. 345-528, en particular pp. 440-442. </note>, ha dado paso al
                análisis casi prosopográfico de los supuestos protagonistas o simples intervinientes
                que ilustran más concretamente partes características del discurso en determinados
                arquetipos de nuestro formulario. De estos personajes se hablará más adelante, pero
                la conclusión que se saca de ello provoca que se sitúe en este periodo los trabajos
                de elaboración del texto, al coincidir la mayoría de estos hombres desempeñando
                funciones de gobierno o judiciales de importancia entre los años que transcurren de
                1270 a 1280 en ciudades como Sevilla o Toledo, tan significativas durante el reinado
                de Alfonso X<note n="11" type="footnote">Raúl Orellana Arévalo, “En torno a la
                  datación…”, pp. 367-380.</note>.</p>
              <p>Un ejemplo revelador es el de Diego Alfonso, el personero del concejo hispalense
                que protagoniza el poder especial para pleitos sito en el ley 98. De él se conocen
                datos fiables que lo sitúan en la ciudad al menos desde 1282, actuando siempre en
                acontecimientos que lo vinculan muy estrechamente a los distintos ámbitos de
                manifestación del Poder. Fue testigo ese mismo año en calidad de juez de la curia
                real en la sentencia que allí dictó el propio monarca contra su hijo Sancho<note
                  n="12" type="footnote"><emph>Diplomatario Andaluz de Alfonso X</emph>, edic. de
                  Manuel González Jiménez, Sevilla 1991, doc. 503bis.</note>. Como tesorero mayor
                del rey aparece entre los confirmantes de un Privilegio Rodado datado el 1 de
                septiembre de 1283<note n="13" type="footnote">Diego Ortíz de Zúñiga,
                    <emph>Annales eclesiásticos y seculares de la muy noble y muy leal ciudad de
                    Sevilla, metrópoli de la Andalucía</emph>, Madrid, 1795, t. I, p. 331. M.
                  González Jiménez, <emph>Diplomatario Andaluz…</emph>, doc. 515.</note>, el mismo
                año que tras la muerte del alcalde mayor de Sevilla, Rodrigo Esteban, fuera nombrado
                para desempeñar una de las alcaldías ciudadanas<note n="14" type="footnote"
                    >. <emph>Crónica de Alfonso X</emph>, edic. de M. González Jiménez, Murcia,
                  1998, p. 332. Diego Ortiz de Zúñiga, <emph>Annales eclesiásticos y
                    seculares…</emph>, t. I, p. 329.</note>. </p>
              <p>Más adelante el rey Sancho IV le encargó recabar en Toledo traslado de su Fuero, al
                ser la misma norma legal por la que se regía Sevilla tras su conquista, y cuya
                primera copia se había extraviado. La fórmula del traslado indica que se realizó en
                la ciudad del Tajo el 13 de enero de 1285 y es ésa la que se situó en un cartulario
                conocido como <emph>Tumbo A</emph>, elaborado probablemente por esas fechas en el
                seno del cabildo eclesiástico hispalense<note n="15" type="footnote">Diego
                  Belmonte Fernández, “La memoria institucional de la Iglesia de Sevilla: el Tumbo A
                  de la Catedral”, en <emph>Lugares de la escritura: la Catedral</emph>, F.J.
                  Molina, I. Ruiz Albi, M. Herrero de la Fuente (edits) Valladolid, 2014, pp.
                  226-227.</note>. En 1288 seguía siendo alcalde<note n="16" type="footnote">Diego
                  Ortiz de Zúñiga, <emph>Annales eclesiásticos y seculares…</emph>, t. I, p. 380.
                </note>. Y de ser el mismo actuó como testigo, en 1257, de una concesión que hizo el
                Concejo al Cabildo de la Iglesia de Sevilla de 100 maravedís en el montazgo de la
                ciudad por el alma del fallecido Fernando III, a condición de que el día de las
                vírgenes mártires Perpetua y Felicidad se hiciera cada año una fiesta de ”sex
                capas”, acompañada de una procesión<note n="17" type="footnote">Ibídem, p.
                  224.</note>.</p>
              <p>Por tanto, parece lógico pensar que una vida tan activa desempeñando cargos
                políticos en el entorno regio y también en el poder ciudadano lo convirtiera para
                los compiladores de este libro legal en el candidato perfecto para figurar como
                actor escriturario. No obstante, lo que interesa aquí señalar es que la existencia
                probable de este documento reafirma para él, probablemente también para el conjunto
                de fórmulas, una cronología anterior al 1283 y posterior a 1260, fecha en la que se
                generalizan las concesiones reales a la Iglesia sevillana sobre pueblos como
                Cazalla, Cantillana, Umbrete o Tercia, que ya alegara Alfonso García-Gallo siguiendo
                la fundada opinión de Julio González, y que recientemente Raúl Orellana ha vuelto a
                poner en circulación en lo relativo a la cuestión de la datación<note n="18"
                  type="footnote">Raúl Orellana Calderón, “En torno a la datación…”,
                  pp. 379-380.</note>. </p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.2. Su origen</head>
              <p>Nuestro formulario tiene su epicentro en la ciudad de Bolonia, vinculándose
                directamente con el <emph>Ars Notariae</emph> de Salatiel y, en particular, con su
                segunda redacción. Redunda más en ello la muy escasa presencia en él de instrumentos
                de contenido judicial, tan claramente minoritaria que sólo es explicable ante la
                total ausencia de los mismos en este arte boloñés. La inspiración de estos
                arquetipos judiciales, con independencia de que puedan mostrar prácticas concretas,
                señalan al <emph>Speculum iuditiale</emph> de Durante como el referente y, en
                particular, a su primera edición, pues ser simultáneo en tiempo a la cronología
                propuesta coincide con significar también la introducción de la doctrina de la
                  <emph>refectio scripturarum</emph> de Rolandino<note n="19" type="footnote">José
                  Bono, <emph>Historia del Derecho Notarial…</emph>, p. 246.</note>.</p>
              <p>La procedencia italiana y en concreto la salateliana, abrumadoramente mayoritaria,
                se demuestra por la identidad temática y disposición formal de la mayoría de las
                fórmulas que evidencian ambos tratados, en la coincidencia de términos utilizados en
                sus respectivas denominaciones y en la existencia de una misma sistemática e igual
                patrón a la hora de ordenar y agrupar sus respectivos contenidos<note n="20"
                  type="footnote">Ibídem, pp. 246-250. </note>.</p>
              <p>Su paralelismo de texto y estructura sale a la luz cuando se observa las formas
                adoptadas para la escrituración de las cartas de venta, de las que el formulario
                castellano aporta nueve modalidades distintas. Incluye el modelo convenido más
                general, presente en la escrituración latina desde época romana, el que recoge y
                articula dicho negocio cuando media un fiador, el que expresa el consentimiento de
                la mujer a la efectuada por el marido, la modalidad que vertebra la actuación de un
                tutor de los bienes raíces de un menor, así como la del personero o procurador, la
                del albacea de los bienes del finado, la de bienes raíces propiedad de monasterio o
                iglesia, la que formula la venta de cesión de derecho sobre algún bien o
                  <emph>instrumentum cessionis</emph> y, por último, el modelo referido a la
                  <emph>vendida</emph> de animales de labor.</p>
              <p>También se aprecia dicha equivalencia en las cartas de depósito o
                  <emph>condesijo</emph>, de arrendamiento de obra o carta de <emph>labor</emph>, de
                sociedad o carta de <emph>compañía</emph>, de esponsales o carta de
                  <emph>prometimiento de casamiento</emph>, de consentimiento matrimonial por
                palabras de presente, de dote, de manumisión o <emph>aforramiento</emph>, de
                adopción o <emph>porfijamiento</emph> y de emancipación. </p>
              <p>En otras, la necesaria puesta al día llevada a cabo por los compiladores de las
                Partidas de los presupuestos legales vigentes y de materiales con los que
                sistematizar las leyes-modelos allí asentadas, dio lugar a que en dichas fórmulas
                pusieran en práctica los preceptos notariales boloñeses relativos a la presencia en
                el discurso de cláusulas destinadas a garantizar derechos, lo que atestigua de nuevo
                su fundamento en la obra de Salatiel<note n="21" type="footnote">Salatiel,
                    <emph>Ars Notariae</emph> II, edic. di Gianfranco Orlandelli, Bologna, 1961,
                  pp. 147-165. </note>. Unos requisitos documentales de cuño romanista que, además,
                en la praxis de la mayoría de los territorios de la Corona castellano-leonesa
                empiezan a hacerse presentes muy discretamente desde la mitad de la centuria, y no
                siempre con la misma intensidad y cadencia temporal en su uso<note n="22"
                  type="footnote">Mª Dolores Rojas Vaca, “Los inicios del notariado público en el
                  reino de Castilla. Aportación a su estudio”, <emph>Anuario de Estudios
                    medievales</emph> 31/1 (2001), pp. 329-395, en particular pp. 375-383.</note>,
                mostrando así su paulatino acomodo al nuevo pensar jurídico sito en los libros
                legales alfonsinos<note n="23" type="footnote">José Bono, “Prólogo”, en Pilar
                  Ostos y Mª Luisa Pardo, <emph>Documentos y Notarios de Sevilla en el siglo</emph>
                  <num>xiii</num>, Ars Notariorum Hispaniae IV, Madrid, Fundación Matritense del
                  Notariado, 1989, p. 12. </note>.</p>
              <p>Por eso, aún siendo su discurso y contenido análogos, resultan muy innovadoras las
                formulaciones de <emph>Partidas</emph> al incluirse en ellas cláusulas de promesa y
                fianza, obligación de personas y/o bienes y sanción material, o las referidas a la
                renuncia de derechos. La aplicación del fondo translaticio garantista deja ver su
                mayor desarrollo en los arquetipos correspondientes a las cartas de fianza de la
                venta, de permuta o <emph>cambio</emph>, de consentimiento <emph>uxoris</emph>, de
                donación, de infeudación o <emph>dación en feudo</emph>, de censo, de préstamo con
                garantía pignoraticia o <emph>empréstito</emph>, de arrendamiento urbano o carta de
                  <emph>alquiler</emph>, de aparcería o carta <emph>de labrar a medias</emph>, de
                partición de bienes, de compromiso y, por último, en el laudo o carta de
                  <emph>avenencia.</emph>
              </p>
              <p>La misma comunidad de origen se reafirma aún más al observar la exacta traslación
                del latín al romance de los términos que identifican la mayoría de los negocios.
                También cuando se advierte en el formulario alfonsí la presencia de la misma lógica
                que presidía el tratado italiano, y que saca a la luz una sistemática igual por
                parte de los que efectuaron la labor de análisis y selección de materiales
                disponibles para su adecuada recopilación. </p>
              <p>En definitiva, una misma coordenada por la que se procedió a compilar de manera
                pensada todo este material inédito hasta entonces en la Corona castellana, que se
                asume e incorpora como referente escriturario específico, y cuya singularidad para
                el ámbito hispano habría que buscarla precisamente en su inclusión en dicho libro,
                que repite aquí la misma disposición y tratamiento de la obra de referencia.</p>
              <p>Por otra parte, el precepto salateliano por el que los <emph>instrumenta</emph>
                basados en la doctrina legal sólo se acreditan cuando están vigentes en los usos
                  diarios<note n="24" type="footnote">Salatiel, <emph>Ars Notariae…</emph>, p.
                  212.</note>, explica una supuesta incoherencia, que en este formulario estén
                presentes también prácticas nacionales específicas, dando lugar a una evidente
                tensión dialéctica entre modelos autóctonos en gestación y/o en uso y la doctrina
                boloñesa importada.</p>
              <p> Desde luego, el esfuerzo de los compiladores cortesanos por conseguir un
                vademécum, que mantuviera el equilibrio entre la teoría y la práctica al igual que
                entre modelos forjados por necesidades administrativas diferenciadas, tuvo como
                objetivo dotar al formulario de las Partidas de esa conveniente pátina de
                cotidianidad, procurando que éste adquiriera cuando menos un tinte manifiestamente
                localista. Debido a ello la relación dialéctica que se establece entre las fórmulas
                españolas y los italianas, su coexistencia, da lugar a un reflejo, a un más que
                aparente “color” local<note n="25" type="footnote">José Bono, <emph>Historia del
                    Derecho Notarial…</emph>, p. 251.</note>, provocado paradójicamente por
                influencias foráneas.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.3. Las pautas seguidas</head>
              <p>Esta necesaria convivencia se resuelve dando cabida en el plan trazado por los
                autores a determinadas estrategias encaminadas a conseguir tal fin. La primera de
                ellas consistió en la incorporación de determinados arquetipos documentales ausentes
                de la obra de Salatiel y de uso habitual en la praxis castellana.</p>
              <p>El caso de la carta de fletamento<note n="26" type="footnote">Partida III,
                    <num>xviii</num>, 77.</note> es tremendamente revelador de cómo se debió
                considerar eficaz incorporar un modelo ausente en la obra del boloñés pero muy
                conocido en la Sevilla de la época, ya que se utilizó para reglar el importante
                tráfico comercial de su puerto fluvial. El acuerdo entre el maestre de la nave y el
                dueño de la mercancía, en el que se fijaban las obligaciones y condiciones mutuas,
                el flete o precio del transporte, la ruta, sus escalas y el nombre de la nave, que
                caracterizan este contrato, se ejemplifica aquí mediante un modelo sevillano en el
                que además de los datos anteriores se singulariza el envío en la nao llamada
                Buenaventura de la mercancía, una determinada cantidad de pieles y cera propiedad
                del mercader Alamán, utilizando la ruta atlántica hasta La Rochela, su lugar de
                destino en la costa francesa, con escalas en Lisboa y en el puerto de La Coruña.</p>
              <p>De la existencia y vida de este personaje tenemos noticias contrastadas, que lo
                sitúan residiendo en la ciudad desde 1251 y que vivió o poseyó unas casas y/o
                bodegas en el barrio de Francos antes de 1291<note n="27" type="footnote">Julio
                  González, <emph>El Repartimiento de Sevilla</emph>, Madrid, 1951, t. I, pp. 70-72,
                  278, t. II, pp. 324, 329, 330. P. Ostos y Mª L. Pardo, <emph>Documentos y Notarios
                    de Sevilla…</emph>, doc. nº 93.</note>, lo mismo que de este tipo documental,
                que en sí resume una historia de larga duración del comercio mercantil por el
                Atlántico o en el Mediterráneo presente obviamente en la documentación notarial
                  hispana<note n="28" type="footnote">José Martínez-Gijón, “La práctica del fletamento de mercancías con las Indias (siglo
                      <num>xvi</num>)”, <emph>Historia. Instituciones. Documentos</emph>, 10
                  (1983), pp. 119-155. Mª Dolores Rojas Vaca, <emph>El documento marítimo mercantil
                    en Cádiz (1550-1600). Diplomática notarial</emph>, Servicio de Publicaciones de
                  la Universidad, Cádiz, 1996. Juan José Iglesias Rodríguez, “Notas sobre los
                  fletamentos sevillanos (siglos <num>xv</num> y <num>xvi</num>)”, en <emph>Tra
                    Siviglia e Genova: Notaio, Documento e comercio nell´età colombiana</emph>, a
                  cura di Vito Piergiovanni, Milán, 1994, pp. 437-458. Reyes Rojas García, “La
                  literatura notarial castellana durante el siglo <num>xvi</num> y su difusión en
                  América”, <emph>Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Debates</emph>, 2012. Puesto en línea
                  el 30 enero 2012. URL: <ref target="http://nuevomundo.revues.org/62407"
                    >http://nuevomundo.revues.org/62407</ref>. [Consultado el 20 junio
                2012].</note>, y que encontramos ya citado en el arancel de escribanos que regía en
                la ciudad durante el reinado de Sancho IV (1284-94). Su emisión le reportaba al
                notario de Sevilla la cantidad de cinco maravedís<note n="29" type="footnote">Mª
                  Luisa Pardo Rodríguez, “Aranceles de escribanos públicos de Sevilla”,
                    <emph>Historia. Instituciones. Documentos</emph>, 25 (1998), pp. 527-533, en
                  particular p. 529.</note>. </p>
              <p>Una segunda actuación a señalar se realizó sobre el conjunto de las fórmulas
                “boloñesas”. Redactado, como se ha dicho antes, en un contexto palaciego, el compás
                marcado por una corte itinerante debió influir, sin duda, en la necesaria
                apropiación de determinadas prácticas y modelos escriturarios vigentes, en
                particular, los procedentes de Sevilla y Toledo. Dicha acción se manifiesta en
                nuestro formulario de dos maneras distintas, introduciendo los autores del texto
                menciones a personajes reales conocidos por su actividad pública, que se vinculan a
                determinados documentos, o bien se aplica a los arquetipos italianos ejemplos
                propios de la praxis local. Hay que indicar que el empleo de estas pautas por parte
                de los compiladores de nuestro formulario hace difícil atisbar si existió un límite
                exacto que las separaba y, en consecuencia, si fueron estrategias aisladas o hubo
                entre ellas posibilidades de interacción.</p>
              <p>En cualquier caso, la ley 70, correspondiente a la carta de préstamo, inicia el
                camino de la sustitución del genérico <emph>Fulano</emph>, tan habitual en este tipo
                de literatura, por nombres de personas que en verdad existieron. Al menos eso indica
                las alusiones a estos actores documentales. El asunto ya citado de Diego Alfonso lo
                prueba, pero también las menciones que engrosan la nómina de sus colegas en Sevilla.
                Se trata de los alcaldes Rodrigo Esteban, Gonzalo Vicente, Alfonso Díaz y Fernando
                Mateos referidos en nueve fórmulas, en concreto las leyes 70, 90, 94, 97, 98,
                106,107, 108 y 109, a quienes se les conoce formando parte de su geografía
                  humana<note n="30" type="footnote">Raúl Orellana Calderón, “En torno a la
                  datación…”, pp. 376-379.</note>. Junto a ellos es indicador encontrar además a dos
                escribanos públicos ejercientes allí. El notario Garci Pérez fue uno de los
                protagonistas de la carta de préstamo (ley 70), junto al ya citado alcalde Gonzalo
                Vicente, del que se conoce su presencia en la ciudad desde 1253 hasta 1294, lo mismo
                que su trabajo como profesional de la escritura<note n="31" type="footnote">Pilar
                  Ostos y Mª Luisa Pardo, <emph>Documentos y Notarios de Sevilla…</emph>, docs. 1 y
                  108. J. González, <emph>El Repartimiento</emph>… t. II, pp. 98, 118, 177, 232,
                  246, 249, 266, 267, 311 y 312. </note>. El otro, llamado Garci Ibáñez, aparece
                como destinatario en la carta de cesión (ley 64). Y lo mismo que a su compañero se
                le localiza desde 1253 desempeñando este oficio público, al menos hasta 1274<note
                  n="32" type="footnote">Pilar Ostos y Mª Luisa Pardo, <emph>Documentos y Notarios
                    de Sevilla…</emph>, docs. nºs 27 y 85. J. González <emph>El
                  Repartimiento</emph>…t. II, 89, 258 y 342.</note>.</p>
              <p>Al alcalde de Toledo Gonzalo Ibáñez o Juanes se alude en cuatro ocasiones, en
                concreto en las leyes 91, 93, 95 y 96. Perteneció a una de las más importantes
                familias mozárabes de la ciudad del Tajo, en donde desarrolló su actividad judicial
                que se sepa entre 1220 y 1270<note n="33" type="footnote">Francisco J. Hernández y
                  Peter Linehan, <emph>The mozarabic Cardinal. The live and times of Gonzalo Pérez
                    Gudiel</emph>, Firenze, 2004, p. 14. </note>. La misma que el burgalés Marín
                Pérez, quien como juez participó en un sonado pleito entre el monasterio de Oña y el
                concejo de Frías, que duró cerca de diez años, en el que también intervino la
                justicia real. Activo entre 1270 y 1280, la labor desempeñada le hizo ser un firme
                candidato para protagonizar la ley 110, una de las tres fórmulas de contenido
                judicial, que ejemplifica la sentencia de alzada<note n="34" type="footnote">Raúl
                  Orellana Calderón, “En torno a la datación…”, pp. 374-376.</note>. </p>
              <p>Ilustrar determinados modelos salatelianos con prototipos locales resulta ser la
                segunda operación encaminada hacia el mismo objetivo y, por tanto, necesariamente
                relevante. El caso del testamento, muy completo en la Partida III, <num>xviii</num>,
                103, es un síntoma más que significativo de que otros paradigmas funcionaron para el
                formulario castellano, pues en nada tiene que ver con el que a modo de resumen
                refiere el maestro Salatiel en su tratado<note n="35" type="footnote">José Bono,
                    <emph>Historia del Derecho Notarial…</emph>, pp. 247-248.</note>. De hecho
                responde más a la <emph>ordinatio</emph> que su colega Rolandino estableció para su
                adecuada composición<note n="36" type="footnote">Rolandinus Rodulphini
                  Bononiensis, <emph>Summa totius artis notariae Rolandini Rodulphini Bononiensis.
                    De iudicis et ordine iudiciorum</emph>, Venecia, 1546. Edición anastática del
                  Consiglio Nazionale del Notariato, Bologna, 1977, pp. 469-471.</note>. Algo
                similar pudo ocurrir con el modelo de repudiación de herencia o <emph>instrumentum
                  arrarum</emph> (ley 101), cuya formulación no corresponde con la que presenta
                dicho contrato en la obra de Salatiel, pudiendo asignarse su procedencia a Toledo,
                aunque no se cuente al día de hoy con datos suficientes que confirmen tal
                  hipótesis<note n="37" type="footnote">La persistencia de la escrituración
                  privada en árabe en el Toledo del siglo <num>xiii</num> dificulta en gran manera
                  tal cuestión. Ésta llevaba aparejada unos formularios de tradición ajena a la
                  latina, empleados mayoritariamente por mozárabes, pero también por los
                  restantantes segmentos sociales, judíos y cristianos. Vid.: Jean Pierre Molénat,
                  “Le problème du rôle des notaires mozarabes dans l´œuvre des traducteurs de Tolède
                      (<num>xii<hi rend="sup">e</hi></num>-<num>xiii<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècles)”, <emph>En la España Medieval</emph>, 18 (1995),
                  pp. 39-60.</note>.</p>
              <p> Otro ejemplo apreciable es la escrituración del poder especial para pleitos, ya
                citada antes, de la carta por la que el Concejo de Sevilla y sus alcaldes, Rodrigo
                Esteban y Alfonso Díaz, apoderaron a Diego Alfonso como su representante en el
                litigio que sostuvieron con el Arzobispo y el Cabildo catedralicio, sobre la
                propiedad y jurisdicción del lugar de Villaverde, y los claros indicios que muestran
                su muy probable existencia pese a su no conservación actual<note n="38"
                  type="footnote">Partida III, <num>xviii</num>, leyes 75, 78 y 98.</note>. </p>
              <p>Todos estos casos ponen en evidencia que, en estas ocasiones, la experiencia local
                se impuso a la hora de mostrar el tipo documental apropiado. De hecho ese mismo
                procedimiento no era ajeno al plan general llevado a cabo por los compiladores del
                libro, ya que fueron utilizados con el mismo fin en otras leyes de la Partida III,
                ajenas al texto formular, disponiendo a modo de <emph>exemplar</emph> los
                nombramientos de alcalde y de escribano de sendos documentos de la práctica,
                correspondientes el primero al sevillano Fernand Mateos y el segundo al escribano de
                Segovia, Velasco Ibáñez<note n="39" type="footnote">Partida III, <num>xviii</num>,
                  leyes 7 y 8.</note>.</p>
              <p>Una tercera acción incide en la lengua. Se utiliza el vulgar frente al latín
                presente siempre en los <emph>ars notariae</emph> italianos de los que bebe la
                regulación del oficio en Castilla, manteniéndose en la cancillería real tan sólo
                para las relaciones internacionales y en los tratados del dictamen surgidos del
                entorno cortesano. </p>
              <p>Los motivos del uso del romance como el idioma más adecuado se hacen aún más
                indudables al tener en cuenta la praxis coetánea y funcionalidad del propio
                formulario. Si la pretensión era implantar una norma igual en todos los territorios
                del reino que conjugara al mismo tiempo práctica cotidiana, su carácter didáctico y
                una fuerte propagación no podía ser de otra manera. En Castilla la tensión creada en
                el ámbito documental entre ambas lenguas se resuelve más pronto que en otros
                territorios peninsulares y europeos. El idioma castellano se había impuesto en todos
                los ámbitos escriturarios relativos al Poder, cancillerescos o no, lo mismo que su
                introducción en la documentación privada era ya una realidad desde mediados del
                siglo <num>xiii</num>. Va a ser precisamente este hecho lo que asegure a nuestro
                formulario una fácil y efectiva difusión y, en consecuencia, el éxito de la
                  empresa<note n="40" type="footnote">Fernando González Ollé, “El establecimiento
                  del castellano como lengua oficial”, <emph>Boletín de la Real Academia
                    Española</emph>, 68 (1978), pp. 229-280. Luís Rubio García, “Del latín al
                  castellano en la cancillería de Alfonso el Sabio”, <emph>Glossae: Revista de
                    Historia del Derecho Europeo</emph>, 5-6 (1993-1994), pp. 225-241. Robert A.
                  Macdonald, “El cambio del latín al romance en la cancillería real de Castilla”,
                    <emph>Anuario de Estudios Medievales</emph>, 27 (1997), pp. 381-414. Inés
                  Fernández Ordóñez, “Alfonso X en la historia del español”, en <emph>Historia de la
                    lengua española</emph>, Rafael Cano Aguilar (edit.), Barcelona, 2004,
                  pp. 381-422. Pilar Ostos Salcedo, “Cancillería castellana y lengua vernácula: su proceso de
                    consolidación”, <emph>Espacio, tiempo y forma. Serie
                      III, Historia</emph>
                  <emph>medieval</emph>, 17, (2004), pp. 471-484.</note>.</p>
              <p>Un cuarto trabajo consistió en la adopción de novedades relativas al lenguaje
                documentario de los modelos aportados procedentes del uso local. La notificación
                  <emph>Sepan quantos esta carta vieren</emph>, remite también a una praxis ya
                conocida, implantada en todos los ámbitos escriturarios en la década de sesenta del
                siglo <num>xiii</num>, que generaliza aquí a todas y cada una de las fórmulas
                recogidas en este manual con independencia de su tipología. La expresión directa de
                los verbos que califican el negocio muestra una <emph>dispositio</emph> articulada
                al modo moderno, al igual que las cláusulas de fianza y promesa, que enuncia el
                arquetipo, destinadas a reforzar de manera específica el cumplimiento de lo
                estipulado, fortalecidas a su vez con la obligación de bienes presentes y futuros al
                igual que con las renuncias, dejan lejos las añejas sanciones penales de tipo
                espiritual.</p>
              <p>Todo ello junto con la suscripción del notario, al que incorpora a partir de ahora
                su signo o <emph>sennal</emph>, acredita la composición de un nuevo discurso que
                pretende hacerse global. Una nueva vía documental que se había iniciado en ciudades
                como Sevilla, en la que por razones históricas el desenvolvimiento del trabajo
                notarial no estaba lastrado con el peso de una tradición previa, siendo así capaz de
                asumir más prontamente un renovado pensamiento jurídico<note n="41" type="footnote"
                  >. José Bono, “La práctica notarial…”, pp. 501-502. Pilar Ostos y Mª Luisa Pardo,
                    <emph>Documentos y Notarios de Sevilla…</emph></note>.</p>
              <p>Por consiguiente, la intención principal de este formulario fue, sin duda, la de
                sistematizar toda la praxis notarial castellana entonces bastante dispar, mediante
                la creación de un <emph>stilus notariae</emph> estandarizado, basado en el criterio
                revolucionario que el maestro Rainero de Perugia había expresado unos años antes, la
                confección de un <emph>documentum generale de omnibus scribendis.</emph> Dicho
                presupuesto se reafirma al participar también del mismo objetivo que la empresa
                legislativa del rey Sabio, la unificación político-administrativa de todos los
                territorios pertenecientes a la Corona de Castilla bajo una misma norma. Al
                extenderse a la práctica documental se evidencia el valor de lo escrito en este
                contexto y que su función principal, me refiero al formulario, radicaba precisamente
                en su capacidad de poner al día, regular y controlar dicha praxis para los nuevos
                tiempos. En definitiva, conseguir su normalización.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.4. Su éxito</head>
              <p>El nivel de cumplimiento de nuestro formulario fue bastante generalizado. Su grado
                de socialización fue avalado por la implantación gradual en los territorios de la
                corona castellana del sistema documental expresado en las Partidas y por sus huellas
                evidentes en los documentos de la práctica durante los siglos <num>xiv</num> y
                  <num>xv</num><note n="42" type="footnote">José Bono, “La práctica
                  notarial…”</note>. Su “codificación” hizo innecesaria, asimismo, la existencia de
                más formularios, lo que explica en gran manera la escasez de este tipo de subsidio
                escriturario frente a otros reinos peninsulares y europeos. Esta circunstancia, que
                dejan traslucir los pocos ejemplares de auxilio técnico con que contaban los
                escribanos públicos castellanos durante el periodo medieval, contrasta vivamente con
                la abundancia de estos recursos técnicos en los territorios más orientales de la
                Península y, en particular, en la Corona de Aragón<note n="43" type="footnote"
                  >. Juan García-Granero Fernández, “Formularios notariales de los siglos
                    <num>xiii</num> al <num>xvi</num>”, <emph>Anales de la Academia Matritense del
                    Notariado</emph>, XXII-I, Madrid,
                      (1979), pp. 227-286. </note>.</p>
              <p>En suma, se convirtió la <emph>Partida</emph> III, <num>xviii</num>, 54-110, en el
                único referente de la praxis notarial de Castilla hasta los últimos tiempos
                medievales, un formulario que tuvo valor de ley para su época, pero también para la
                práctica escribanil posterior. De hecho las continuas menciones sitas en este tipo
                de literatura durante el Antiguo Régimen tienen la virtud de seguir reflejando la
                nítida asociación entre ley y praxis documental, que ya estableciera para el ámbito
                notarial el rey Sabio.</p>
              <p>Al hilo de ello resulta muy significativo que en los tratados de época moderna se
                encuentren claras alusiones a este libro legal, por ser una obra de obligada
                consulta para la mayoría de los notarios, autores de estos mismos manuales. El
                granadino Diego de Ribera, al solicitar licencia para la impresión de su tratado,
                dice haber estado muchas horas estudiándolas<note n="44" type="footnote">Diego de
                  Ribera, <emph>Escripturas y orden de particion y cuenta, y de residencia judicial,
                    ciuil y criminal. Con vna instruccion particular a los escriuanos del
                    Reyno</emph>, Granada, 1563. Utilizo la versión digital de la Universidad de
                  Granada (<ref target="http://adrastea.ugr.es/"
                  >http://adrastea.ugr.es</ref>).</note>, circunstancia que refleja en la mayoría de
                las fórmulas que incluye, entre otras las relativas al testamento<note n="45"
                  type="footnote">Ibídem, fol. 5.</note> o la escritura de dote<note n="46"
                  type="footnote">Ibídem, fol. 37v.</note>. También Gabriel de Monterroso en la
                  <emph>Práctica Civil y Criminal</emph>, refiere en su proemio a ellas en varias
                ocasiones, y éstas seguirán presentes además en todos los modelos incluidos en dicho
                formulario, anotando siempre, al margen de los mismos, a qué parte o
                  <emph>partida</emph> corresponde cada una de las citas que realiza<note n="47"
                  type="footnote">Gabriel de Monterroso y Alvarado, <emph>Pratica ciuil y criminal
                    e instruction de scriuanos. Texto impreso: diuidido en nueue tractados.</emph>
                  Valladolid, 1563. </note>. Lo mismo hace Lorenzo de Niebla en su <emph>Summa del
                  estilo de escrivanos y de herencias</emph><note n="48" type="footnote">Lorenzo
                  de Niebla, <emph>Summa del estilo de escrivano y de herencias, y de particiones y
                    escripturas y avisos de juezes</emph>, Sevilla, 1565. Vid.: Mª Luisa Pardo
                  Rodríguez, “Ser escribano en la Andalucía Señorial: Lorenzo de Niebla
                  (1541-1585)”, en <emph>El Notariado andaluz. Institución, Práctica notarial y
                    Archivos. Siglo</emph>
                  <num>xvi</num>, Mª Amparo Moreno, Juan Mª de la Obra y Mª José Osorio (edits),
                  Granada, 2011, pp. 171-175.</note>. Incluso el best seller del siglo
                  <num>xvii</num>, el <emph>Estilo Nuevo</emph> de Tomás de Palomares siguió
                considerándolas como la fuente jurídica substancial sobre la que basar su obra, aun
                conociendo las principales leyes y pragmáticas que en su época le afectaban al
                desempeño de su trabajo como notario<note n="49" type="footnote">Tomás de
                  Palomares, <emph>Estilo Nuevo de escrituras publicas donde el curioso hallara
                    diferentes generos de contratos… y las escrituras tocantes a la navegación de
                    las Indias</emph>, Sevilla, 1645, en el proemio <emph>A el que
                  leyere.</emph></note>. En su formulario, trasunto de la práctica documental
                española transplantada de Índias, como tantos otros procedentes de la
                  metrópolis<note n="50" type="footnote">Pedro Rueda, “Escrituras de navegación a
                  las Índias: El <emph>Estilo Nuevo</emph> (1645) de Tomás de Palomares”, <emph>El
                    nervio de la República. El oficio de escribano en el Siglo de Oro</emph>,
                  Enrique Villalba y Emilio Torné (edits), Madrid, 2010, pp. 421-444. Reyes Rojas
                  García, “La literatura notarial castellana…”</note>, sigue modelos alfonsíes en
                algunos tipos documentales, como el poder<note n="51" type="footnote">Tomás de
                  Palomares, <emph>Estilo Nuevo…</emph>, fol. 38.</note>, el testamento<note n="52"
                  type="footnote">Ibídem, fol. 67v.</note> o las tutelas<note n="53"
                  type="footnote"> Ibídem, fol. 87v.</note>.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusión</head>
            <p>En todo caso, estos u otros datos que podrían engrosar la nómina de estos útiles
              culturales dicen hasta qué punto la estrecha vinculación conseguida al insertar en un
              cuerpo legal los paradigmas escriturarios, que debían regir el trabajo notarial en
              pleno siglo <num>xiii</num>, resulta ser un suceso íntimamente ligado con su eficacia
              pero también con la capacidad de permanencia del formulario de la <emph>Partida</emph>
              III y, en consecuencia, con la vigencia en tiempo de sus modelos.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Apéndice<note n="54" type="footnote">Este apéndice está basado en el
                correlato de ambos tratados que realizó José Bono en su obra <emph>Historia del
                  Derecho Notarial…</emph>, t. I, 1, especialmente desarrollado entre las páginas
                246 y 250, y en las apreciaciones que a lo largo de este trabajo he ido expresando.
              </note></head>
            <p>Ley 56, <emph>Carta de la vendida</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum venditionis
                rei date iure proprio</emph>, 218-224.</p>
            <p>Ley 57, <emph>Carta de fiadura de la vendida =</emph> Salatiel, <emph>Instrumentum
                fideiussorie cautionis</emph>, 225-226.</p>
            <p>Ley 58, <emph>Carta quando la muger consiente la venta que faze su marido</emph> =
              Salatiel, <emph>Instrumentum uxoris consentientis et iuri ypothece
              renuntiantis</emph>, 226-228.</p>
            <p>Ley 59, <emph>Carta de la vendida</emph>, <emph>quando el vendedor non es de edad
                cumplida</emph> = Salatiel, <emph>Sacramentum minoris</emph>, 231-232.</p>
            <p>Ley 60, <emph>Carta quando el guardador del huérfano vende algunas cosas que sean
                rayz, de las que tiene en guarda</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum tutoris
                vendentis rem pupillarem cum Decreto</emph>, 239-242.</p>
            <p>Ley 61, <emph>Carta de la vendida que faze el personero en nome de otri</emph> =
              Salatiel, <emph>Instrumentum venditionis sine conditione et procuratorio
              nomine</emph>, 243-245.</p>
            <p>Ley 62, <emph>Carta de la vendida que el albacea faze de los bienes del
                finado.</emph> Compilador. Variable de la ley 61.</p>
            <p>Ley 63, <emph>Carta de la cosa que es rayz, que vende Eglesia, o Monesterio.</emph>
              Compilador. Variable de la ley 61.</p>
            <p>Ley 64, <emph>Carta quando un ome a otro vende el derecho que el ha en alguna
                cosa</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum cessionis facte titulo venditionis vel
                alio titulo</emph>, 237-239.</p>
            <p>Ley 65, <emph>Carta de la vendida de las bestias</emph> = Salatiel,
                <emph>Instrumentum venditionis equorum</emph>, 234-236.</p>
            <p>Ley 66, <emph>Carta del cambio</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum permutationis
                rerum</emph>, 255-257.</p>
            <p>Ley 67, <emph>Carta de la donacion</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum pure et
                libere donationis facte inter vivos et de insinuatione</emph>, 260-263.</p>
            <p>Ley 68, <emph>Carta de lo que algun Señor da en feudo a sus vasallos</emph> =
              Salatiel, <emph>Instrumentum feudi et fidelitatis et investiture</emph>, 257-260.</p>
            <p>Ley 69, <emph>Carta de los emprestidos, sobre las cosas que se suelen medir, o
                contar, o pesar</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum emphiteosis renovationis et
                venditionis emphiteotice rei</emph>, 246-251. </p>
            <p>Ley 70, <emph>Carta de los empréstidos, sobre las cosas que se suelen medir, o
                contar, o pesar</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum mutui et pignoratitie
                cautionis mutui</emph>, 292-293.</p>
            <p>Ley 71, <emph>Carta de las cosas que se emprestan, assí como cauallo o otra cosa
                mueble</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum locationis equorum et aliarum rerum et
                animalium</emph>, 275-277; vid. también <emph>Instrumentum commodati</emph>,
              293.</p>
            <p>Ley 72, <emph>Carta quando algun ome da a otro dineros, o alguna cosa en
                condesijo</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum depositi</emph>, 293-294.</p>
            <p>Ley 73, <emph>Carta quando alguno sus casas alquila a otri</emph> = Salatiel,
                <emph>Instrumentum locationis domorum</emph>, 273-275.</p>
            <p>Ley 74, <emph>Carta de arrendamiento de viñas, o de huertas o de otra cosa</emph> =
              Salatiel, <emph>Istrumentum terre date ad laborandum</emph>, 280-281.</p>
            <p>Ley 75, <emph>Carta de la lauor, que un ome promete de fazer a otro</emph> =
              Salatiel, <emph>Instrumentum locationis operarum</emph>, 277.</p>
            <p>Ley 76, <emph>Carta del loguero</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum bouum datorum
                ad laborandum ad partem lucri et dapni</emph>, 281-283.</p>
            <p>Ley 77, <emph>Carta del afletamento de la naue.</emph> Compilador. Práctica
              sevillana.</p>
            <p>Ley 78, <emph>Carta de la compañía que algunos quieren fazer</emph> = Salatiel,
                <emph>Instrumentum Societatis</emph>, 278-280.</p>
            <p>Ley 79, <emph>Carta quando algund ome da a otro su heredad a labrar a media</emph> =
              Salatiel, <emph>Instrumentum terre date ad laborandum</emph>, 280-281.</p>
            <p>Ley 80, <emph>Carta de la partición que fazen los hermanos o algunos otros, de las
                cosas que han de consuno</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum divisionis rerum
                communium</emph>, 286-288.</p>
            <p>Ley 81, <emph>Carta del quitamiento de la debda, o de otras cosas que vn ome quiere
                quitar a otro</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum transactionis finis et
                remissionis</emph>, 305.</p>
            <p>Ley 82, <emph>Carta de la paz que los homes ponen entre sí</emph> = Salatiel,
                <emph>Instrumentum pacis et concordie atque tregue</emph>, 305.</p>
            <p>Ley 83, <emph>Carta de la tregua que los homes ponen entre sí</emph> = Salatiel,
                <emph>Instrumentum pacis et concordie atque tregue</emph>, 305.</p>
            <p>Ley 84, <emph>Carta quando alguno promete dar su fija a otro en casamiento</emph> =
              Salatiel, <emph>Instrumentum receptionis et donationis arrarum sponsalitiarum</emph>,
              263-266.</p>
            <p>Ley 85, <emph>Carta en razón de consentimiento que faze el marido o la muger, quando
                quieren casar</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum matrimonii contrahendi per verba
                de presenti</emph>, 266-267.</p>
            <p>Ley 86, <emph>Carta de la dote, que la muger da su marido</emph> = Salatiel,
                <emph>Instrumentum receptionis dotis</emph>, 267-268. </p>
            <p>Ley 87, <emph>Carta de la donación, e de las arras, que el marido faze a su
                muger</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum donationis facte propter nuptias</emph>,
              269-270.</p>
            <p>Ley 88, <emph>Carta quando alguno entra en Monesterio e toma Orden de Religión</emph>
              = Salatiel, <emph>Instrumentum oblationis sui et suarum rerum alicui loco
                religioso</emph>, 297.</p>
            <p>Ley 89, <emph>Carta quando alguno se quiere fazer ome de otro</emph> = Salatiel,
                <emph>Instrumentum homagii seu collonorum et adscriptiorum</emph>, 298.</p>
            <p>Ley 90, <emph>Carta del aforramiento</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum
                manumissionis</emph>: 299.</p>
            <p>Ley 91, <emph>Carta de forfijamiento</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum
                adoptionis</emph>, 300.</p>
            <p>Ley 92, <emph>Carta del porfijamiento, quando algund ome quiere porfijar a otro, que
                non esté en poder de su padre.</emph> Compilador. Probable Práctica toledana.</p>
            <p>Ley 93, <emph>Carta de la emancipación</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum
                emancipationis</emph>, 300-301.</p>
            <p>Ley 94, <emph>Carta de la guarda de los huérfanos</emph> = Salatiel,
                <emph>Instrumentum dacionis tutoris legitimi</emph>, 301.</p>
            <p>Ley 95: <emph>Carta quando los juezes ponen los huérfanos en guarda de sus
                madres</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum tutele materne</emph>, 302.</p>
            <p>Ley 96: <emph>Carta quando los guardadores de los huérfanos fazen personeros =</emph>
              Salatiel, <emph>Instrumentum auctoris</emph>, 302-303.</p>
            <p>Ley 97: <emph>Carta de la personería =</emph> Salatiel, <emph>Instrumentum mandati et
                castaldarie</emph>, 291.</p>
            <p>Ley 98: <emph>Carta de la personería quando algún Concejo de Villa o Eglesia
                conventual fazen sus personeros</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum syndici
                ordinandi vel actoris</emph>, 292. Compilador. Práctica sevillana. </p>
            <p>Ley 99: Carta de inventario = Salatiel, <emph>Instrumentum inventarii
                faciendum</emph>, 303.</p>
            <p>Ley 100, <emph>Carta de inventario en que fazen los herederos escreuir todos los
                bienes del finado</emph> = Salatiel, <emph>Corroboratio inventarii</emph>,
              309-310.</p>
            <p>Ley 101, <emph>Carta quando el heredero quier desechar los bienes del finado.</emph>
              Compilador. Probable práctica toledana. La escritura pública de repudiación de
              herencia no tiene paralelo con la de Salatiel.</p>
            <p>Ley 102, <emph>Carta quando los huérfanos resciben cuentas de losguardadores</emph> =
              Salatiel, <emph>Instrumentum liberationis administrationis tutorie seu
                curatione</emph>, 303-304.</p>
            <p>Ley 103, <emph>Carta de testamento</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum testamentum
                sine scriptis et nuncupativi</emph>, 307-308. El modelo de las <emph>Partidas</emph>
              está redactado en extenso y no en regesta como el referente. Rolandino. Compilador.
              Práctica nacional.</p>
            <p>Ley 104, <emph>Carta de codicillo</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum codicillorum
                post testamentum factorum</emph>, 309.</p>
            <p>Ley 105, <emph>Carta quando los fijos que están en poder de sus padres quieren fazer
                donaciones por razón de sus muertes</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum donationis
                facte a minore causa mortis patre consentiente</emph>, 309.</p>
            <p>Ley 106, <emph>Carta de compromiso</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum
                compromissi</emph>, 305.</p>
            <p>Ley 107, <emph>Carta de avenencia</emph> = Salatiel, <emph>Instrumentum laudi</emph>,
              306.</p>
            <p>Leyes 108-110, Carta de sentencia, carta de sentencia definitiva y carta de alzada.
              Durante-Rolandino. Compilador. Práctica nacional.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part10">
        <front>
          <head>Las <emph>Notas del Relator</emph>:<lb/> un formulario castellano del siglo
            XV</head>
          <byline><docAuthor>Pilar Ostos-Salcedo</docAuthor>, catedrática de Ciencias y Técnicas Historiográficas,
            Universidad de Sevilla, Fac. Geografía e Historia, c/María de Padilla, s.n., E-41004
            Sevilla. <ref target="mailto:postos@us.es">postos@us.es</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Resúmen</p>
          <p>El formulario atribuido a Fernando Díaz de Toledo es una importante fuente para conocer
            la forma y tipología de la documentación notarial de la Corona de Castilla de mediados
            del siglo XV en adelante. Conocido con el nombre de <emph>Notas del Relator</emph>,
            contiene una diversa gama de modelos documentales relacionados fundamentalmente con la
            práctica notarial, tanto de carácter judicial como extrajudicial, pues 75 de los 82 que
            se recogen en él se relacionan con esta oficina de expedición*.</p>
          <p rend="right">A José Bono Huerta</p>
          <p rend="right"><emph>In memoriam.</emph></p>

          <div>
            <head type="h1">I. El autor </head>
            <p>Las <emph>Notas del Relator</emph> es un formulario de mediados del siglo
                <num>xv</num> y, según José Bono, fue la base de la literatura notarial del siglo
                <num>xvi</num> en Castilla<note n="1" type="footnote">
                <p> Este trabajo ha sido financiado con cargo al Proyecto de
                  Investigación I+D+i, Ministerio de Economía y Competitividad HAR2012-32298,
                    <emph>Escritura y ciudad en la Corona de Castilla (siglos xiii-xvii</emph>).</p>
                <p>. J. Bono, <emph>Historia del Derecho Notarial español</emph>, 2
                  vols., Madrid 1979 y 1982, vol. I.2, p. 67-72. y “Los formularios notariales
                  españoles de los siglos xvi, xvii y xviii”, en <emph>Anales de la Academia
                    Matritense del Notariado</emph>, vol. 22, 1, Madrid, 1980, p. 289-317, en
                  p. 289.</p></note>. Su autoría se atribuye a un personaje relevante en el reinado
              de Juan II, rey de Castilla (1406-1454), a Fernando – o Fernán – Díaz de Toledo, el
              primer secretario en la Corona castellana, pero también miembro del Consejo real,
              oidor de la Audiencia real, referendario, relator, notario mayor de los privilegios
              rodados y escribano mayor de las rentas de Sevilla. Había sido estudiante de cánones y
              bachiller en decretos en el Estudio de Valladolid. En 1424 recibió autorización papal
              para doctorarse fuera de esta Universidad, así como para examinarse de licenciado en
              leyes y recibir el doctorado en esta materia antes de terminar sus cursos de lectura
              como bachiller. Alcanzó el título de doctor en decretos<note n="2" type="footnote"
                >. Vicente Beltrán de Heredia, <emph>Cartulario de la Universidad de Salamanca
                  (1219-1549)</emph>, vol. III, Salamanca, Universidad, 1969, p. 373, 400-401, 411,
                503.</note>. Su figura es frecuente en las crónicas de la época y su perfil ha sido
              esbozado desde diferentes ámbitos y por todo especialista interesado en esta convulsa
                etapa<note n="3" type="footnote">José Luis Bermejo Cabrero, “Los primeros
                secretarios de los reyes”, en <emph>Anuario de Historia del Derecho Español</emph>,
                nº 49, Madrid, 1979, p. 187-296, en las p. 190-198, 224-226, 241-243. María Josefa
                Sanz Fuentes, “Cancillería y cultura en la Castilla de los siglos xiv y xv”, en
                  <emph>Cancelleria e cultura nel Medio Evo</emph>, a cura de Germano Gualdo, Ciudad
                del Vaticano, 1990, p. 187-199.</note>.</p>
            <p>El reciente hallazgo de su testamento, hecho el 16 de febrero de 1455, cuando se
              hallaba en Almazán y se encontraba indispuesto en casa del caballero Beltrán Pérez,
              aporta nuevos datos personales a su perfil biográfico<note n="4" type="footnote"
                >. Archivo Histórico de la Nobleza, Osuna, c. 1354, doc. 12. Agradezco a Mª Josefa
                Sanz Fuentes la localización de este documento. </note>. Hijo de María de Toledo, su
              posible origen judeo-converso puede explicar que en la declaración de sus últimas
              voluntades omita el nombre del padre, que, pudo ser Pedro Díaz, como se señala en una
              anotación posterior en este documento que hay al margen. Nacido en Alcalá de Henares,
              dispuso ser enterrado en la capilla de San Pedro y San Pablo que había hecho edificar
              en la iglesia de Santa María la Mayor de esta ciudad, donde ya estaba sepultada su
              madre, y conocida como la capilla del Relator. Para su dotación dispuso la entrega de
              numerosos libros, los que tenía en Valladolid y otros en la capilla de su casa, que
              debían estar con cadenas y llaves a disposición de todo el que quisiera leerlos, pero
              prohibiendo que fueran sacados de allí. También legó vestimentas, cálices, cruces,
              candeleros de plata y dispuso la compra de un libro de canto. Además del sepulcro de
              alabastro que ordenó que le hicieran, encargó un retablo con las imágenes de San Pedro
              y San Pablo, de un valor aproximado de unos 25.000 maravedíes. </p>
            <p>Con su mujer, Aldonza González, tuvo dos hijos: el primogénito, Luis Díaz, bachiller,
              estudiante de leyes en las Universidades de Salamanca y Valladolid, heredero de todos
              sus cargos<note n="5" type="footnote">El 19 de mayo de 1457, Enrique IV lo nombró su
                secretario y alcalde en la corte y pocos días después el bachiller Luis Díaz se
                titulaba como oidor, referendario, relator, secretario, notario mayor de los
                privilegios rodados y miembro del Consejo real.</note>; y Juana Díaz de Toledo,
              casada con Fernando Barrionuevo. Un tercer hijo natural, Pedro de Toledo, fue
              encaminado hacia una carrera eclesiástica y le hizo heredero de gran parte de su
              biblioteca. Pero, además, reconoce la existencia de otras dos hijas ilegítimas, de
              nombre María y María de Toledo, a las que legó ciertas cantidades para poder optar a
              un buen casamiento. Falleció dos años más tarde, en mayo de 1457<note n="6"
                type="footnote">Miguel Salvá y Pedro Sáinz de Baranda, <emph>Colección de
                  documentos inéditos para la Historia de España</emph>, vol. XIII, Madrid, 1848,
                p. 32. </note>.</p>
            <p>Cerca de 50 años al servicio de Juan II y de Enrique IV declaró en su testamento y de
              ellos recibió diversas gratificaciones y remuneraciones en pago de sus frecuentes,
              delicados y leales servicios. No pertenecía al estamento nobiliario, si bien a veces
              era designado como caballero en las crónicas, pero quizás más por su ascendente
              profesional que familiar. Su ascenso social fue producto de su extraordinaria
              formación como jurista, primero bachiller y después doctor en decretos por el Estudio
              General de Valladolid. Sus propiedades estuvieron repartidas preferentemente entre
              Alcalá de Henares y Toledo, más rentas en Madrid, Huete y Sevilla.</p>
            <p>En 1423 ya ejercía los cargos de oidor, relator y secretario real. Poco tiempo
              después desempeñó también los de referendario y la notaría especial de los privilegios
                rodados<note n="7" type="footnote">María Soterraña Martín Postigo, “Cancillería
                real. Notaría mayor de los privilegios rodados y escribanía mayor de los privilegios
                y confirmaciones”, en <emph>I Jornadas de Metodología aplicada a las ciencias
                  históricas</emph>, V. Paleografía y Diplomática, Santiago de Compostela, 1975,
                p. 241-254. </note>. Pero el cargo por el que era y es conocido es el de Relator.
              Evidentemente, haber sido nombrado secretario real y ser, además, el primero que
              ostentó este título denota una especial proximidad con el monarca. Gozaba de su total
              confianza en materias muy diversas y no sólo en las relacionadas con el ámbito
                documental<note n="8" type="footnote">Filemón Arribas Arranz, <emph>Un formulario
                  documental del siglo xv de la cancillería real castellana</emph>, Valladolid,
                1964, p. 74-77.</note> e incluso fue fedatario del testamento de Juan II. Señalaba
              José Luis Bermejo, en su ya clásico estudio sobre los primeros secretarios reales, que
              Fernando Díaz de Toledo parecía estar en todas partes, pues no sólo administraba
              justicia en altas instancias, sino que también gestionaba asuntos con personajes de
              elevado rango y sobre la vida familiar del rey, especialmente convulsa por sus
              diferencias con el primogénito, el futuro Enrique IV<note n="9" type="footnote">J.
                L. Bermejo, “Los primeros secretarios…”, p. 192. </note>. Parece que a pesar de los
              enormes problemas y tensiones que se produjeron en esta época, la valía y el
              reconocimiento de nuestro personaje lo mantuvo alejado de las intrigas palatinas,
              aunque no de la sátira popular, como recoge Mª Josefa Sanz, quien, a tenor del retrato
              trazado en una coplilla, parecía ser una persona delgada, precavida, observadora y con
              mucho poder<note n="10" type="footnote">Mª J. Sanz Fuentes, “Cancillería y
                cultura…”, p. 196, donde recoge la copla de las Panaderas que ridiculiza al
                Relator.</note>. </p>
            <p>También resulta habitual encontrar su huella en la numerosa documentación que se
              conserva, firmando como secretario en documentos expedidos por la cancillería
              castellana, en especial en los emitidos en papel e incluso siendo el autor material,
              pero también, y gracias a su título de notario público con competencia general en
              todos los territorios castellanos, en otros documentos relacionados estrictamente con
              el ámbito notarial y judicial. En sus años finales es frecuente constatar que en su
              firma se limitaba a poner exclusivamente <emph>relator.</emph></p>
            <p>En este trabajo interesa, de manera especial, su labor como notario público, ya que
              resultado de ello, y merced a su formación jurista, fue este famoso formulario
              castellano. Como notario queda constancia que tenía sus preceptivos registros,
              desgraciadamente perdidos en la actualidad<note n="11" type="footnote">“El qual
                dicho testamento fallé entre las escripturas e registros que fincaron e quedaron del
                dotor Fernando Díaz de Toledo” (J. Bono, <emph>Historia del Derecho…</emph>, vol. 2,
                p. 68, nota 7).</note>. Resalta Mª Josefa Sanz su presencia en documentación
              notarial relacionada con personajes de cierta relevancia social o de la alta nobleza y
              que muestran la finura y el conocimiento del derecho vigente, así como del lenguaje
              jurídico y documental utilizado en su redacción<note n="12" type="footnote">Pone
                como ejemplo una permuta entre el conde de Medinaceli y el señor de Valdecorneja.
                (Mª J. Sanz Fuentes, “Cancillería y cultura…”, p. 197)</note>.</p>
            <p>Además del formulario objeto de este estudio, Fernando Díaz de Toledo fue autor de
              una obra sobre el problema judeoconverso, titulada <emph>Instrucción del Relator para
                el obispo de Cuenca a favor de la nación hebrea. Año de 1449</emph><note n="13"
                type="footnote">Vid. Juan Bautista Avalle-Arce, <emph>Temas hispánicos
                  medievales</emph>: <emph>Literatura e Historia</emph>, Madrid, 1974, p. 96,
                100-103 y 211-217 (referencia tomada en Mª J. Sanz Fuentes, “Cancillería y
                cultura…”, p. 198).</note>. Ello puede explicar que entre sus libros contase con un
              Tratado en latín contra el Corán, una Suma contra los gentiles y varias obras de otro
              judeo-converso de la época, Pablo de Santa María, que llegó a ser obispo de
              Burgos.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. La obra</head>
            <p>No se conoce, por el momento, el original ni versión manuscrita alguna, pero José
              Bono considera que debió estar circulando en los últimos años del reinado de Juan II,
              es decir, en los años centrales del s. <num>xv</num>. Muy pronto se pasó a la
              imprenta, pues la primera edición fue hecha en Burgos, en 1490, y en esta misma
                ciudad<note n="14" type="footnote">Ello puede explicar las menciones a esta ciudad
                existentes en varios modelos del Formulario.</note> años después – 1531 – se hizo
              una nueva versión de su obra, corregida y aumentada con unas breves notas destinadas a
              facilitar la superación del obligado examen para obtener el título de escribano
                público<note n="15" type="footnote">Esta es la edición que hemos manejado para
                este trabajo. Según José Bono, otras ediciones impresas anteriores a la de 1531 son:
                Valladolid, 1493; Sevilla, 1500; Burgos 1524 (J. Bono, <emph>Historia del
                  Derecho…</emph>, vol. 2, p. 67, nota 5). Las Notas breves ocupan los fols. 55-57v
                y contienen doce fórmulas entre las que se añade una <emph>carta de fletar
                  navíos</emph> y una <emph>poliça de seguros</emph> (J. Bono, “Los formularios…”,
                p. 290, n. 3).</note>. </p>
            <p>Aunque la obra carece de autor explícito, su denominación “Notas del Relator” es un
              evidente indicio de que nuestro personaje tuvo que serlo, como, por otra parte, le
              atribuye la tradición.</p>
            <p>Su contenido es amplio y recoge una diversa gama de modelos documentales relacionados
              con la práctica notarial, tanto de carácter judicial como extrajudicial, ya que en
              Castilla y hasta 1862 los escribanos públicos ejercieron este doble ámbito de
              actuación. La lengua empleada es el castellano, la habitual en la documentación
              notarial que se elaboraba en la Corona de Castilla y ello desde sus inicios, en el
              reinado de Alfonso X, en la segunda mitad del s. <num>xiii</num>. Los nombres de las
              personas son reemplazados generalmente por la abreviación de “fulano” [fu], los de
              lugares se omiten, con muy pocas excepciones, y las cantidades o los plazos
              establecidos tampoco se aportan. La redacción varía, pues en ocasiones y dentro de un
              mismo negocio hay notas más amplias que otras. En ningún momento se hace referencia a
              doctrina legal alguna, como sí ocurre en formularios españoles de la segunda mitad del
              s. <num>xvi</num>, ni se explica el origen o motivación de la inclusión de ciertas
              fórmulas en los modelos.</p>
            <p>La distribución de las fórmulas no presenta una sistematización estricta en función
              de contenidos similares, sino que se suceden unas a otras sin un aparente orden
              lógico. Conjugando la temática con los aspectos diplomáticos se puede establecer, en
              primer lugar, dos grandes grupos. Uno, el mayoritario, se relaciona con la práctica
              notarial, que a su vez se puede subdividir entre fórmulas relacionadas con el derecho
              privado y las de contenido judicial. A ellos se puede adscribir la gran mayoría de los
              modelos existentes, 75 de los 82 que se recogen en él. El segundo, tan sólo 7
              fórmulas, se relaciona con otras oficinas de expedición, como la cancillería real
              (diversos tipos de merced regia), de ámbito eclesiástico (licencias episcopales) y
              concejil (cartas de vecindad), pero su presencia es muy minoritaria y se justifica por
              su relación con los anteriores. El hecho de que las fórmulas no notariales estén en
              los folios finales del formulario y, sobre todo, el hecho de que los relacionados con
              la cancillería real estén protagonizados por los Reyes Católicos, es decir, de unos
              monarcas que reinaron cuando ya había dejado de vivir Fernando Díaz de Toledo, lleva a
              cuestionar si estos, pero quizás también los episcopales y los municipales, estaban en
              el formulario original o más bien se añadieron después, quizás con motivo de la
              impresión del formulario, cuyas primeras ediciones impresas se realizaron durante el
              reinado de los Reyes Católicos. </p>
            <p>En cinco grupos, por tanto, se pueden reagrupar los modelos existentes en este
              formulario castellano de mediados del siglo <num>xv</num>: 1) Fórmulas de
              documentación notarial extrajudicial; 2) Fórmulas de documentación notarial judicial;
              3) Fórmulas de documentación real; 4) Fórmulas de documentación episcopal; y 5)
              Fórmulas de documentación concejil. El grupo más numeroso es el primero, el
              relacionado con todo tipo de contratos sobre bienes, documentos referentes a la
              persona y a la familia, sobre relaciones matrimoniales y testamentos. El segundo lugar
              lo ocupa la variada documentación relacionada con la actividad procesal y judicial,
              como sentencias, mandamientos judiciales y tutelas.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Modelos de documentación extrajudicial</head>
            <p>Son los más ampliamente representados, como parece lógico en un formulario dirigido a
              la actividad notarial. Se recoge en él diversas fórmulas relacionadas con poderes,
              obligaciones, donaciones, compraventas, permutas, arrendamientos, censo, aparcería,
              nombramiento de fiadores, fianzas, toma de posesión, contrato de aprendizaje, dote y
              arras, testamentos. La gran mayoría presentan una redacción en forma subjetiva, como
              era habitual en la documentación notarial castellana de los siglos medievales y hasta
              bien avanzada la Edad Moderna, y sólo alguno lo fue en forma objetiva, la toma de
              posesión.</p>
            <p>Llama la atención las numerosas cláusulas de renuncias de leyes que hay en la gran
              mayoría de estos contratos, tanto específicas como generales, cerradas habitualmente
              por la que impedía una renuncia general de leyes. Asimismo, el gran desarrollo de
              muchas cláusulas finales, como la de sometimiento a la justicia, en la que se cita
              todo tipo de instancias judiciales. Por lo general, se cierran las fórmulas con la
              corroboración, que suele estar abreviada excepto cuando era necesario elaborar dos
              documentos originales. La data no es ni enunciada, salvo cuando la nota comienza por
              ella. Tampoco se menciona ningún elemento de la validación, es decir, ni la
              testificación ni la <emph>completio</emph> notarial.</p>

            <div>
              <head type="h2">III.1. Modelos sobre la persona y la familia</head>
              <p>Dentro de este primer grupo es de destacar el elevado número de las <emph>cartas de
                  poder</emph>, pues hay hasta doce títulos, y la variada casuística que se recoge
                en este Formulario<note n="16" type="footnote">Fórmulas nº 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9,
                  37, 63, 64, 78.</note>. Sus enunciados, y según su orden en él, son los
                  siguientes<note n="17" type="footnote">Hay una nota 6bis, cuyo epígrafe es
                    <emph>Nota de carta de poder para en los pleitos</emph>, pero sólo está el
                  enunciado.</note>:</p>
              <quote>
                <p>[2] <emph>Carta de poder y procuración con poder de sostituyr general bastante
                    para recebir y para dar otras cosas.</emph> – [3] <emph>Nota de carta
                    sostituta.</emph> – [4] <emph>Nota de carta de poder para cobrar deuda.</emph> –
                  [5] <emph>Nota de carta de procuración general sostituta.</emph> – [6] <emph>Carta
                    de poder para sacar libramientos.</emph> – [7] <emph>Nota de carta de poder para
                    en los pleitos.</emph> – [8] <emph>Muchas vezes da una muger a su marido poder
                    para que pueda demandar sus bienes e venderlos e hazer delloss lo que
                    quisiere.</emph> – [9] <emph>Carta de poder para sacar libramientos e obligar en
                    fiança qualesquier rentas.</emph> – [37] <emph>Carta de poder que da un hombre a
                    otro para lo poner en la possessión de sus bienes por compra o por venta que
                    dellos hizo.</emph> – [63] <emph>Carta de poder e procuración complido bastante
                    de concejo.</emph> – [64] <emph>Carta de poder para vender e trocar y cambiar
                    qualesquier bienes.</emph> – [78] <emph>Poder para seguir todas causas mouidas o
                    por mouer.</emph></p></quote>
              <p>Desde luego la amplia y quizás excesiva presencia de este tipo documental en este
                Formulario se relaciona con el frecuente uso que se hacía de él en la práctica, pues
                por lo general es el más representado en un protocolo notarial. La casuística que
                muestran estos doce títulos representa las diferentes situaciones y/o tipo de
                personas que hacían uso de él. Algunas son especialmente largas y completas en la
                relación de poderes que se confieren, así como en las cláusulas que les dan firmeza.
                Se recoge la existencia de poderes generales y especiales; poderes para pleitos,
                para cobro de deudas y fianzas, para venta de bienes sin especificar o de uno en
                particular; poderes otorgados por mujeres a favor de sus maridos, por concejos y por
                clérigos; así como poderes sustitutos, ya que en la mayoría de los modelos
                anteriores se indicaba la posibilidad de la persona designada de nombrar a otra que
                la sustituyera.</p>
              <p>Todas están redactadas en forma subjetiva y comienzan con la habitual notificación
                general de la época – <emph>Sepan quantos esta carta…</emph> –, incluyendo por lo
                general la calificación jurídica: poder y procuración. Hay una excepción, la última
                de la relación, que, protagonizada por un clérigo y con especial mención a la
                justicia eclesiástica, se inicia mediante una notificación extraña para los
                documentos en forma de carta: <emph>Sepan quantos este público instrumento de poder
                  vieren</emph> [78]. Algunas aclaran, en la exposición de hechos, que el
                otorgamiento de una nueva carta de poder, no implicaba la revocación de otros
                nombramientos de procuradores anteriores, en especial en la protagonizada por una
                institución, como un cabildo municipal.</p>
              <p>La forma de expresar los verbos dispositivos es variable y casi siempre precedidos
                de otorgar y conocer: <emph>hago e ordeno y establezco e do todo mi poder
                  complido</emph> [2]; <emph>hazemos e ordenamos y establecemos por nuestros
                  procuradores</emph> [5];<emph> hago e ordeno por mi personero e general e muy
                  suficiente procurador</emph> [7 y 8];<emph> hazemos e ordenamos y
                  establecemos</emph>… <emph>ciertos, suficientes, abundantes, generales, legítimos
                  procuradores</emph> [63]; en caso de poder sustituto: <emph>hago e sostituyo por
                  mi procurador sostituto</emph> [3]. Cuando se designa a dos procuradores se indica
                que ambos tendrían la misma fuerza y que actuarían <emph>in solidum.</emph> En
                poderes generales la relación de instancias judiciales es especialmente completa y
                en alguna ocasión son mencionados el obispo de Burgos y los alcaldes de esta ciudad
                castellana [2 y 5]. En todas ellas se encuentra la mención a una cláusula, <emph>que
                  es dicha en latín: iudicio sisti iudicatum solui</emph> y junto a ésta se puede
                encontrar varias renunciativas, promesa de cumplimiento que servía para reforzar la
                actuación del procurador, de sometimiento a la justicia, de obligación general, de
                corroboración en la que expresa un ruego al notario. Aunque no se desarrolla
                siempre, la validación testifical estaba protagonizada por dos vecinos<note n="18"
                  type="footnote">Sólo en uno se da el nombre de uno de los testigos:
                    <emph>Hernando</emph> [3].</note>.</p>
              <p>Hay dos fórmulas [6 y 78] que cabría interrogarse si estaban en el formulario
                original, ya que en el caso de la primera, una carta de poder para cobrar de los
                contadores mayores o de sus lugartenientes el sueldo, ración o quitación, la fecha
                que se menciona es <emph>mil quinientos e tantos años;</emph> y en la segunda, el
                poder protagonizado por un clérigo, en la data se añade la mención a la diócesis a
                la que pertenecía el lugar, cosa poco habitual en ámbito notarial, y se indica que
                el año era también <emph>mil quinientos e tantos años.</emph> Si éstas dos son
                posteriores, las otras diez son, con todo, un número muy amplio para un único tipo
                documental.</p>
              <p>En segundo lugar y en relación con la remisión de responsabilidad personal, en este
                Formulario existe un modelo de <emph>carta de perdón</emph> de parientes [54]. Tiene
                forma de carta, inicio notificativo y una intitulación conjunta de dos hermanos que
                perdonan al acusado de haber asesinado a un tercer hermano en una contienda. El
                expositivo de espontaneidad contiene elementos propios de este contenido, pero otros
                son semejantes a las donaciones gratuitas: <emph>no constrennidos ni apremiados ni
                  enduzidos por persona alguna que sea ni ser pueda, mas de nuestras propias y
                  libres voluntades</emph>, para seguir con la narración de los hechos que llevaron
                a la muerte de su hermano y con la justificación de su decisión como buenos
                cristianos y, por tanto, siguiendo el modelo y las enseñanzas de Jesucristo para que
                el alma del acusado <emph>no pene en el otro mundo.</emph> El verbo dispositivo es
                  <emph>perdonamos</emph> y el alcance de este perdón obligaba a todos los parientes
                que lo otorgaban. </p>
              <p>La disposición se articula en tres apartados: el perdón en sí, el levantamiento de
                cualquier tipo de querella y acusación, escrita u oral, existente al respecto y la
                solicitud a la justicia, con mención de todas las instancias judiciales, de que
                ordenasen eliminar – tachar – de los registros notariales cualquier escritura
                relacionada con el caso. Las cláusulas que la acompañan son: promesa de cumplimiento
                de gran extensión, de ejecución o sometimiento a la justicia, penal material,
                obligación general de persona y de bienes, de los otorgantes y de todos los
                parientes, renunciativas generales y la ley que impide la renuncia general. Termina
                con algo propio de este contenido, con una solicitud al rey para que expida una
                carta de perdón real.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">III.2. Modelos sobre relaciones matrimoniales</head>
              <p>Dentro de la tipología relacionada con el régimen matrimonial, este Formulario
                recoge los dos principales y más generalizados en Castilla: <emph>carta de dote y
                  casamiento con arras</emph> [39] y <emph>carta de arras</emph> [40], a los que se
                podría sumar una carta de pago de maravedíes dados en casamiento, si bien como su
                propio epígrafe indica se trata de una carta de pago y en su apartado
                correspondiente será analizada. Sorprende la prolijidad de las cartas de poder y la
                escasa representación de modelos referidos al matrimonio, cuando la realidad
                documental de la época muestra que existían otros más. </p>
              <p>Ambos prescinden de la invocación<note n="19" type="footnote">En la práctica
                  sevillana coetánea las cartas de dote solían comenzar por la invocación
                  verbal.</note> y comienzan directamente por la notificación. La primera no es
                propiamente una carta de dote en sí, es decir, el documento en el que el padre o
                ascendiente de una esposa da una serie de bienes al esposo, sino un reconocimiento
                de éste de haber recibido esos bienes para sostén de las cargas matrimoniales, que
                después revertirían a la mujer, o su valor. Es decir, se trata de una carta de pago
                de dote en numerario y donación <emph>propter nuptias</emph> otorgada por el
                  marido<note n="20" type="footnote">J. Bono, <emph>Historia del Derecho…</emph>,
                  vol. 2, p. 70.</note>. Así, el modelo recogido es intitulado por éste que declara
                a su suegro haber recibido cierta cantidad en concepto de dote y casamiento por su
                matrimonio por la Iglesia. Recepción de dinero que es reforzada con todas las
                renuncias relacionadas con ello, como la del engaño, la de los testigos en ver hacer
                la paga y la de los dos años para demostrar que se ha hecho el pago, además de una
                amplia renuncia general de leyes. Tras ello, se expresa el segundo acto jurídico que
                señala el epígrafe de esta fórmula: la entrega de las arras, es decir, la donación o
                promesa de entrega que el marido hace a su esposa por el matrimonio. En este caso
                parece tratarse más bien lo primero, pues se dice <emph>do en arras e donadío…
                  tantos maravedíes.</emph></p>
              <p>Entrega que asegura con la cláusula de obligación general en caso de separación del
                matrimonio, seguida de una penal de pago de multa por cada día que se retrasase.
                También se asegura con el mismo tipo de cláusula la devolución de la dote. Ambas
                obligaciones se refuerzan con una promesa de cumplimiento, el sometimiento a la
                justicia. Se añade una renuncia especial relacionada con los bienes entregados en
                arras: <emph>la ley del fuero que dize que el marido no puede dar en arras a su
                  muger más de la décima parte de lo que ouiere</emph>, seguida de renuncias al
                fuero del marido y a todo tipo de leyes, cerrada con la renuncia a la ley que lo
                impide.</p>
              <p>La carta de arras [40] incluye un amplio preámbulo tras la notificación y la
                intitulación del marido que otorga la carta, algo no habitual en la documentación
                notarial ni en este tipo documental, en el que se apela a la costumbre castellana y
                se justifica la necesidad de las arras aportadas a un matrimonio para el sustento de
                la mujer e hijos en caso de fallecimiento del marido y padre: </p>
                <quote>
                <p><emph>“por quanto según costumbre de Castilla, los hombres honrrados, auiendo
                    gran consideración a la nobleza del matrimonio e a los prouechos que dél nacen y
                    en cómo quando el matrimonio es sustanciado por bienes temporales es por ello
                    más honrrado; y en commo las mugeres que con los hombres han de hazer el tal
                    matrimonio an de ser honrradas e arreadas e, según palabra de Castilla, dotadas
                    de arras por razón de su honestidad e de su virginidad, que aunque honesta e
                    legítimamente se dan a corromperles es assaz vergüença. E porque ellas ayan
                    algunas cosas e bienes señalados e apartadamente por las dichas razones en los
                    bienes del marido, de los que si le acaeciere caso que por pobreza o por muerte
                    del marido se pueda ella mantener honestamente e aun con sus fijos, si los
                    ouiere del tal matrimonio.”</emph></p></quote>
              <p>Tras ello, se añade un expositivo de motivación que alude a la tradición mencionada
                en el preámbulo y se indica, además, el acuerdo del matrimonio concertado, cerrado
                con una mención de espontaneidad, para enlazar directamente con la disposición,
                caracterizada por la expresión: <emph>do en dote y en arras.</emph> Llama la
                atención que utilice el término dote, que en el régimen matrimonial corresponde más
                bien a los bienes aportados por la mujer, o mejor dicho, por la familia de la
                esposa. A continuación se comporta de manera parecida a la segunda parte del modelo
                anterior, referida, como se ha señalado, a las arras. En este sentido, se obliga a
                pagar la cantidad acordada tras el casamiento y se contempla su destino en caso de
                fallecimiento de uno u otra, teniendo derecho ésta a disponer del dinero prometido
                en caso de quedar viuda. Diversas cláusulas de sanción penal, de obligación de
                bienes, la misma renuncia a la costumbre de Castilla señalada en el modelo anterior
                y a las leyes en general, de promesa de cumplimiento, de donación con renuncia a la
                ley de la insinuación, de apoderamiento a las justicias para que puedan vender los
                bienes necesarios para satisfacer el pago de las arras, completan el entramado de
                cláusulas finales de este modelo, que se cierra con la renuncia a la ley general y
                con una corroboración.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">III.3. Modelos sobre los bienes, créditos y servicios</head>
              <p>En este apartado cabe una triple división: notas sobre los bienes, su transferencia
                y locación; sobre el crédito, real o personal; y, en tercer lugar, sobre los
                servicios y su locación. Los tres grupos acogen numerosos contratos característicos
                del ámbito notarial.</p>

              <div>
                <head type="h3">III.3.1. Los bienes, su transferencia y locación</head>
                <p>Los contratos que suelen entrar en el grupo de transferencia de bienes y la
                  posible entrega de un bien durante cierto tiempo son diversos. Los más comunes
                  son: compraventa, permuta, arrendamiento, aparcería, donación y enfiteusis, aunque
                  no son los únicos. </p>
                <p>Tres modelos de <emph>compraventa</emph> recoge este Formulario, no son muchos
                  dada la frecuencia de este contrato en cualquier despacho notarial: <emph>carta de
                    venta de casas y de otra heredad</emph> [27], <emph>carta de venta más
                    corta</emph> [28] y <emph>carta de venta de heredad con licencia de tutor o
                    curador</emph> [30]. La extraordinaria longitud de la primera obligaría a
                  incorporar un segundo ejemplo, que contemplara una realidad más común en este
                  negocio. A ambos se ha añadido uno más, relacionado con la venta de bienes
                  realizada por un tutor o curador, que necesitaba licencia judicial para proceder a
                  la enajenación de cualquier bien que perteneciera a los menores de edad que
                  representaba. </p>
                <p>En el modelo amplio, se plantea una intitulación conjunta de marido y mujer, con
                  inclusión de la licencia marital, mientras que el más corto parte de una
                  intitulación individual. Ambos incorporan una exposición de hechos de
                  espontaneidad y a continuación comienza la disposición, que incluye la dirección,
                  entre los verbos de acceso – los habituales otorgar y conocer – y el dispositivo,
                  que es tan sólo <emph>vender.</emph> El objeto de la venta en las dos fórmulas son
                  unas casas, erróneamente mencionadas como “cosas” en el más amplio. La mención
                  genérica del precio es precisada con la equivalencia del maravedí en blancas
                  viejas y con las habituales renuncias referidas a la recepción del dinero, sin
                  mencionar en este lugar de manera expresa la ley del Ordenamiento de Alcalá de
                  Henares de 1348, sino más adelante y como leyes del engaño, junto con otras
                  renuncias generales. </p>
                <p>Otras cláusulas finales mencionadas son una obligación general, reforzada por una
                  renunciativa a la forma de actuación solidaria, citada en latín – <emph>la ley de
                    duobus reis devendi</emph> –, una sanción penal pecuniaria del doblo de la
                  estimación real de la cosa vendida, una de saneamiento o evicción, otra
                  renunciativa, una de obligación específica en la que se nombran a dos fiadores,
                  que renuncian las leyes que los defienden, y la de sometimiento a la justicia. Las
                  leyes de las mujeres relacionadas con posibles bienes dotales, que es
                  especialmente amplia, y la de Justiniano y el senado-consulto Veleyano son
                  expresamente renunciadas por la mujer. Llama la atención que mantenga el error,
                  común por otra parte en la documentación de la época, de considerar al segundo
                  como emperador y denominarlo como Valeriano.</p>
                <p>La diferencia fundamental del modelo más corto estriba en un menor número de
                  cláusulas de obligación y la no institución de fiadores, pero no en las
                  renunciativas, que, a excepción de las que protagonizaban las mujeres, ya que en
                  éste no interviene ninguna, son prácticamente las mismas e incluso algunas tienen
                  un desarrollo mayor.</p>
                <p>La carta de venta de heredad con licencia de tutor o curador [30] está
                  protagonizada por un tutor y una menor de edad, que expresa el consentimiento del
                  primero. El modelo recoge una venta de los derechos que pudiera tener por herencia
                  o por otros motivos en varias heredades existentes en un valle para poder ejecutar
                  un testamento y la moneda recogida en el precio es expresada en florines de oro
                  del cuño de Aragón, que equivalía a dos blancas el maravedí. Las renunciativas
                  específicas relacionadas con la recepción del dinero son numerosas y de similar
                  redacción a las recogidas en las otras dos ventas, si bien se añaden otras muchas
                  más que no se incluyen en los modelos anteriores y que suelen explicar el alcance
                  de su contenido. El resto de las cláusulas son especialmente numerosas y prolijas,
                  ya que se procuraba atajar con su inclusión cualquier problema posterior,
                  especialmente sensible en el ejemplo adoptado al tratarse de bienes recibidos en
                  herencia y de intervenir un menor. A pesar de intervenir una menor de edad no se
                  incluye una cláusula de juramento, ni tampoco se menciona la necesaria licencia de
                  un juez para la venta de bienes de menores [59].</p>
                <p>Un modelo de <emph>toma de posesión</emph> de casas [31] hay a continuación de la
                  carta de venta hecha por un tutor. Es casi el único ejemplo en este apartado que
                  aparece redactado en forma objetiva y comienza, por tanto, por la expresión de la
                  fecha. El ejemplo que se incorpora recoge la casuística de una casa con inquilino,
                  que es sacado de allí por el nuevo propietario, quien, después de recorrer las
                  dependencias en señal de acto de posesión, le interroga si desea seguir viviendo
                  allí y se compromete a pagar la renta fijada. Finaliza la fórmula con la solicitud
                  de instrumento público al notario.</p>
                <p>Relacionados con las compraventas se incluye tres modelos más. El primero es
                  denominado como <emph>carta de fiador que da una persona a otra de vendida de
                    heredad después de vendida</emph> [29]. En él se alude a la existencia de una
                  venta de casas anterior, pero ante el temor del comprador de que le fueran
                  embargadas, el vendedor otorga otro contrato en el que nombra a una persona como
                  fiador para dar mayor seguridad. El segundo, una <emph>carta de licencia para
                    vender o trocar una heredad</emph> [35], se centra en un caso poco habitual en
                  una notaría, ya que basado en una donación de una villa que un conde hace a un
                  sobrino, con la condición de recuperarla en caso de no tener herederos legítimos,
                  el donante permite en esta fórmula que pueda cambiarla por otra, pero manteniendo
                  el mismo vínculo y derecho. La disposición es reforzada por cláusulas de
                  obligación general, de sometimiento a la justicia, de renuncias generales de
                  leyes, incluida la ley que lo impide. Curiosamente el inicio de este modelo lo
                  hace haciendo uso de la primigenia fórmula notificativa – <emph>conocida cosa sea
                    a todos que la presente vieren</emph> –, que fue sustituida a finales del siglo
                    <num>xiii</num> por la habitual en la documentación notarial, y también en este
                  formulario, de <emph>Sepan cuantos esta carta vieren.</emph> La tercera, titulada
                    <emph>Carta de renunciación de compra de bienes muebles e raíces que haze una
                    persona en otra</emph> [67], muestra la cesión de derechos al verdadero
                  propietario de la compra de un bien vendido en almoneda hecha por persona
                  interpuesta. Cláusulas de promesa, de obligación general, de sometimiento a la
                  justicia, de renuncia general de leyes y de corroboración cierran la
                  disposición.</p>
                <p>Las fórmulas que contienen ejemplos de <emph>permutas</emph> son dos [32, 33],
                  pero la segunda es especialmente larga y prolija, ya que se refiere al cambio de
                  villas y lugares entre un miembro del Consejo real, que cambia Escamilla, un
                  municipio de la Alcarria en el obispado de Cuenca, perteneciente a su mujer, y un
                  doncel, que era vasallo del rey y dueño de otra villa. Posiblemente se trate de un
                  caso escriturado por el propio Relator para alguna de las personas poderosas para
                  las que ejercía como notario público, ya que uno de los otorgantes pertenecía,
                  como él, al Consejo real. En ambos casos este negocio es denominado como
                    <emph>troque</emph> y <emph>cambio</emph>, incluyéndolo en la notificación
                  general que los abre. Una vez descritos los objetos permutados, muy pormenorizada
                  en el modelo más amplio, la disposición y cláusulas que los arropan son semejantes
                  a las existentes en las compraventas, añadiendo la donación del posible mayor
                  valor de la cosa transferida y estableciendo una pena especialmente elevada, de
                  cinco mil doblas de oro castellanas, en la permuta de villas.</p>
                <p>En ésta, además, se incluye la designación de dos personas, una de cada parte,
                  para la elaboración de una relación de los vasallos, fortalezas y términos que
                  poseía cada una. Este inventario de vasallos y bienes debía ser presentado al
                  almirante Fadrique, que se refiere al II Almirante de Castilla Fadrique Enríquez,
                  y al licenciado Alonso Ruiz de Villena, que fue nombrado procurador de don Álvaro
                  de Luna en 1441 para que aceptara la sentencia dada contra él. Se trata, por
                  tanto, de personajes del reinado de Juan II y citados en la crónica de su reinado.
                  Por otra parte, la cláusula de sometimiento a la justicia se inicia con la mención
                  del rey y prosigue con la del Consejo real, el justicia mayor del reino y los
                  adelantados, es decir, se trata de una formulación mucho más solemne y elevada que
                  la habitual en la documentación notarial y en el resto de las fórmulas que
                  contiene este formulario.</p>
                <p>El modelo siguiente, recogido bajo el epígrafe <emph>carta de retificación que
                    haze la muger por parte de la caución que hizo el marido</emph> [34], es la
                  aprobación y ratificación del contrato de trueque de villas, ya que, como se decía
                  en el anterior, Escamilla, la villa permutada, era propiedad de la esposa del
                  conde, de nombre Enrique, según se encuentra en el tenor de éste, designado como
                  público instrumento en la notificación general que lo inicia y no como carta. La
                  exposición de hechos es muy amplia, ya que recoge el contenido de la permuta
                  precedente, y entre las renuncias se insertan, como es natural, las relacionadas
                  con la defensa de las mujeres, la de los bienes dotales en primer lugar y después
                  la del senado consulto Veleyano, que es designado como emperador Valeriano, pero
                  no es mencionado Justiniano. La disposición de este modelo formulístico es en sí
                  una revalidación de otro negocio y las cláusulas finales insertadas para una mayor
                  seguridad son también muy numerosas.</p>
                <p>El modelo de arrendamiento que se incorpora recibe el nombre de <emph>carta de
                    renta</emph> [25]. El objeto arrendado es una tierra de cereal o de pan llevar,
                  pero no se especifica la duración. El pago de la renta se establece en especie –
                  pan bueno, seco y limpio – a realizar el día de Santa María de septiembre. En caso
                  de malas condiciones climáticas, tempestad de piedra o de niebla, cada uno
                  designaría un hombre para que evaluasen los daños y el propietario descontaría de
                  la renta lo que determinasen. En la aceptación del arrendatario se reconoce,
                  además, el préstamo de una cantidad por parte del propietario, por este motivo, y
                  para mayor seguridad del cumplimiento de los acuerdos, nombra a un fiador que lo
                  garantice. Ambos actuarían de manera solidaria, por lo que renuncian las leyes
                  pertinentes. En la cláusula de corroboración, que se copia íntegra y no abreviada
                  como se acostumbra, se indica la elaboración de dos cartas públicas para que cada
                  uno tuviera la suya.</p>
                <p>La entrega de unas casas en arrendamiento recibe el nombre de <emph>carta de
                    alquiler de casas</emph> [38]. Sin especificar el tiempo del alquiler ni el
                  dinero de la renta, se establece un pago semestral: una mitad, el día de Navidad y
                  la otra, el día de San Juan de junio. Entre las condiciones específicas del
                  contrato se establece no tener en la casa bestia que no fuera suya y no impedir el
                  paso a una tienda. Las de carácter general se limitan a la imposibilidad de
                  alquilarlas a alcalde o merino y la necesidad de obtener permiso del propietario.
                  Entre las justicias mencionadas en la cláusula de sometimiento se cita al alcalde
                  de Burgos. No se incluye corroboración final.</p>
                <p>El contrato de aparcería es denominado como <emph>carta de a medias</emph> [26],
                  una designación poco clara, siendo más habitual nominarla como carta de renta a
                  medias o carta de heredad para labrar a medias. En el contenido no se especifica
                  el tipo de heredad entregada, lo que se debía cultivar ni su duración. En las
                  condiciones se señala que durante los primeros años todo el beneficio sería para
                  el arrendatario, pero que a partir de cierto tiempo ya se dividiría a medias entre
                  ambos. Entre las cláusulas se añade la expresa aceptación de las circunstancias
                  pactadas y la corroboración no indica la elaboración de dos originales.</p>
                <p>La <emph>pignoración</emph> o dos cartas de empeños existentes en este Formulario
                  se ajustan al modelo clásico en los que un reconocimiento de deuda es el origen de
                  estos contratos y por ello se cede en prenda unas casas [55] o un caballo [71]
                  como garantía de pago en el tiempo y forma acordados. En ambos se añade la
                  cláusula comisoria, consistente en que en caso de impago, el prestador se podría
                  quedar con los bienes o bien proceder a su venta y recuperar el dinero entregado.
                  En caso de que lo vendido valiera más, el dinero sobrante iría al deudor y si no
                  fuera suficiente, éste se compromete a entregar la diferencia. Para mayor
                  seguridad se nombra un fiador que garantice el cumplimiento de lo pactado y se
                  acompaña con numerosas renuncias de leyes.</p>
                <p>Los modelos sobre <emph>donación</emph> en el Formulario son tres. Una donación
                    <emph>inter vivos</emph> de cosa en pago a servicios prestados; otra
                  remuneratoria, pues se hacía a cambio de ser cuidado hasta el final de los días
                  del donante y con encargo del enterramiento y misas por su alma; una tercera, de
                  todos los bienes que poseían los otorgantes a causa del matrimonio de una criada y
                  para garantizar su servicio hasta la muerte: <emph>carta de donación que haze una
                    persona a otra por cargo que dél tiene o por servicios que le ha hecho</emph>
                  [22]; <emph>carta de donación que haze una persona a otra para que la
                    sostenga</emph> [23]; <emph>carta de donación bien complida</emph> [36]. Las dos
                  últimas son donaciones <emph>sub condicione</emph>, mucho más compleja la segunda
                  porque al traspasar todos los bienes en vida se asegura con muchas más cláusulas e
                  incluso se establece la posibilidad de disponer de la quinta parte de sus bienes
                  en un testamento. Entre las numerosas renuncias de leyes que se mencionan en ésta,
                  se encuentra la que permitía revocar una donación entre vivos por
                  desagradecimiento de los beneficiarios, así como la de las insinuaciones en caso
                  de que el valor de la cosa donada pudiera valer más de quinientos sueldos.
                  Asimismo, se incluye una promesa de no revocación de la donación. En los tres
                  ejemplos está presente una exposición de espontaneidad e incluso en una se
                  menciona el buen estado de salud mental <emph>tal qual Dios me lo quiso
                  dar</emph>, como si fuera un testamento [23].</p>
              </div>
              <div>
                <head type="h3">III.3.2. El crédito, real o personal</head>
                <p>Dentro de este grupo de contratos se encuentran modelos referidos al censo, el
                  reconocimiento de deuda, la carta de pago, de cesión, de compromiso y de comenda,
                  entre otros.</p>
                <p>El único modelo de carta de <emph>censo</emph> que se incorpora lo protagoniza el
                  provincial y vicario general de la Orden de la Santa Trinidad de Castilla, León y
                  Portugal y otros frailes del convento en Burgos [24]. Tras señalar que la decisión
                  ha sido tomada en reunión capitular y contar con la licencia del vicario general,
                  se entrega en censo perpetuo una heredad de tierra calma con su casa, pastos y
                  árboles a cambio del pago de nueve fanegas de pan, mitad trigo y mitad cebada, a
                  entregar en Burgos, en el monasterio, el día de Santa María de septiembre. En caso
                  de no hacerlo, la pena establecida es la entrega de dos celemines de pan por cada
                  día de retraso y si el impago durara dos años, podrían recuperar la heredad. Las
                  otras condiciones establecidas al censatario son las siguientes: obligación de
                  mantener la heredad en buen estado; imposibilidad de vender a persona o
                  institución eclesiástica que no sea de la Trinidad, sino a persona llana y abonada
                  que se comprometa a pagar el censo anual; comunicación previa al convento del
                  deseo de vender la heredad, que puede ejercer el derecho de retracto. En la
                  aceptación de la persona que recibe ese bien en censo, se añade la obligación de
                  un viñedo de su propiedad. La cláusula de corroboración recoge la petición al
                  escribano público de dos cartas públicas, ambas con el mismo contenido.</p>
                <p>Las fórmulas relacionadas con <emph>reconocimientos de deuda</emph> son seis,
                  pero presentan ciertas diferencias y reciben nombres distintos. Dos de ellas son
                  denominadas como <emph>cartas de obligación</emph>, una corta [12] y otra, más
                  larga, con institución de fiador [58]. En la primera, la intitulación es
                  protagonizada por el deudor principal y por un fiador, que, solidariamente,
                  reconocen una deuda por compra y se obligan a saldar en cierto plazo. En la
                  segunda, se admite la recepción de un dinero por préstamo y como medida de mayor
                  seguridad procede a la institución de un fiador, que se obligan <emph>in
                    solidum</emph> al abono de la cantidad adeudada. Otras dos son designadas como
                    <emph>carta de obligación desaforada</emph> [10, 11], al entenderse que se
                  renunciaba a todas las garantías procesales y beneficios legales<note n="21"
                    type="footnote">J. Bono, <emph>Los archivos notariales</emph>, Sevilla, 1985,
                    p. 38.</note> y efectivamente las cláusulas de desistimiento de leyes es
                  especialmente amplia en ambos. Son muy similares ambas, coinciden en el
                  reconocimiento de la recepción de dinero por préstamo y sólo se diferencian en la
                  intitulación, conjunta en una e individual en la otra. </p>
                <p>La fórmula titulada <emph>testamento de juramento para pagar la deuda</emph> [13]
                  y la que lleva como epígrafe <emph>nota de otra carta de juramento para pagar la
                    deuda</emph> [14] tienen un mismo contenido, si bien su estructura es diferente.
                  En ambos casos se trata de asegurar una carta de pago anterior con un documento
                  independiente que recoge el juramento del pago de las cantidades adeudadas en las
                  condiciones y plazos establecidos. La primera está redactada en forma objetiva y
                  el escribano público narra las circunstancias y prestación del juramento,
                  señalando entre los compromisos no alegar minoría de edad. La segunda presenta la
                  forma habitual de la documentación notarial de la época, es decir, la subjetiva,
                  en la que la disposición es asegurada con una cláusula de sanción penal espiritual
                  en la que incurriría en caso de incumplimiento, que sería la pena de caer en
                  perjurio.</p>
                <p>Tres son las fórmulas relacionadas con el reconocimiento de haber recibido el
                  importe de una deuda o <emph>cartas de pago</emph>, pero se puede apreciar
                  diferencias entre ellas.</p>
                <p>Una, la denominada <emph>carta de pago de ciertos maravedís e cosas que fueron
                    dadas en casamiento</emph> [41], se relaciona con la recepción de los bienes de
                  la dote en bienes, dinero y ajuar que otorga el yerno a los padres de su mujer. La
                  promesa de no reclamación es completada con la consideración de dar por rota, sin
                  valor y cancelada la carta de obligación existente entre ellos y con el ruego al
                  escribano público de que cancelase la nota en el registro notarial.</p>
                <p>En otra, con el epígrafe <emph>carta de pago e fin e quitamiento</emph> [61] y
                  denominada así en la notificación general que la encabeza, el intitulante reconoce
                  estar contento y pagado del dinero, oro, plata, joyas, piedras preciosas y paños
                  de lana que había cambiado por mercancías, porque había recibido cumplida cuenta
                  de todo. Numerosas cláusulas de renuncias de leyes específicas y generales
                  acompañan la disposición, así como una de sometimiento a la justicia.</p>
                <p>La tercera tiene un título que no indica realmente su contenido: <emph>carta
                    útil, directa, real, personal con carta de pago para cobrar el fiador la
                    obligación</emph> [15]. Se trata en realidad de una carta de lasto, ya que es un
                  fiador el que salda una deuda con el acreedor y es interesante su inclusión en
                  este Formulario, ya que, según José Bono, su composición diplomática y
                  ordenamiento jurídico se fijó en el siglo <num>xv</num><note n="22"
                    type="footnote">J. Bono, <emph>Los archivos…</emph>, p. 38-39.</note>. El
                  reconocimiento de haber satisfecho la deuda un fiador hacía que se subrogara en
                  éste el derecho de poder cobrarla del deudor principal, constituyéndose en
                  procurador <emph>ut in rem suam</emph>, si bien no se recoge aquí esta expresión.
                  En el formulario se expresa, además, la entrega de la carta de deuda para que
                  pueda pedir su ejecución en los bienes del que la contrajo.</p>
                <p>La fórmula <emph>carta de cómo un hombre da a otro dineros para los traer en
                    ganancia</emph> [62] puede ser considerada como una carta de cuenta en
                    participación<note n="23" type="footnote"><emph>Ibíd.</emph>, p. 40.</note>.
                  En ella una persona, posiblemente un comerciante, reconoce a otra que ha recibido
                  una cantidad de dinero para invertirlos en mercancías no vedadas por territorios
                  de la Corona de Castilla o de otros reinos y señoríos durante cierto tiempo. Las
                  ganancias o las pérdidas serían repartidas a medias. El otorgante se compromete a
                  dar cuenta de las operaciones realizadas y a pagar los impuestos obligatorios. Hay
                  numerosas renuncias de leyes, las relacionadas con la recepción del dinero y
                  también de carácter genérico, así como una amplia cláusula de sometimiento a la
                  justicia.</p>
                <p>La <emph>carta de guarda y encomienda e depósito e sacrestación</emph> [68], que
                  puede ser considerada como una carta de depósito, la integramos en este grupo
                  porque lo que se entrega es una cantidad de dinero y no un bien mueble. La
                  notificación lo designa como instrumento público y la intitulación la protagoniza
                  la persona que se compromete a guardar ese dinero por encargo de otra, reconoce
                  haberlo recibido y se obliga a devolvérselo en cierto plazo, reforzándolo con una
                  obligación general, penal, sometimiento a la justicia y renunciativas. </p>
                <p>En este apartado sobre el crédito, por último podemos integrar dos fórmulas que
                  contienen <emph>compromisos en árbitros</emph>, es decir, el acuerdo entre varias
                  personas para nombrar personas que diriman los conflictos existentes entre ellos
                  con la obligación de cumplir su resolución. <emph>Carta de compromiso bien
                    complido</emph> [42] y <emph>compromiso pequeño</emph> [43] tienen el mismo
                  contenido. Las diferencias entre ambas se aprecian en la intitulación y en el
                  número de cláusulas finales, pues en la segunda uno de los intervinientes es un
                  curador y administrador de bienes de su hijo y en la primera, las renuncias de
                  leyes específicas son especialmente abundantes. Las palabras que determinan la
                  disposición son: <emph>tomamos y escogemos y elegimos por nuestros juezes amigos,
                    árbitros arbitradores amigos, amigables componedores para igualar, librar e
                    determinar, sentenciar e avenir entre nos.</emph> Dos son las personas
                  designadas, a las que otorgan plenos poderes de actuación, con el compromiso de
                  presentarse ante ellos cuando fueran citados y la promesa solemne de respetar su
                  decisión, así como no apelar a otras instancias judiciales. Las cláusulas que
                  refuerzan el contenido son una elevada pena de mil maravedíes, una obligación
                  general de personas y bienes, numerosas renunciativas, relacionadas con la
                  actuación de árbitros y el ámbito procesal que no aparecen en otros modelos, y de
                  sometimiento a la justicia. La tercera fórmula, titulada <emph>carta de caución
                    que hace un hombre por otros a manera de compromiso</emph> [74] no implica el
                  nombramiento de un árbitro, sino la obligación de bienes que una persona hace en
                  su nombre y en el de dos hermanos como garantía de que estos ratificarán todo lo
                  sentenciado. Es un formulario muy sencillo, sin apenas cláusulas finales.</p>
              </div>
              <div>
                <head type="h3">III.3.3. Los servicios y su locación</head>
                <p>En este tercer apartado sólo existe un modelo, el de aprendizaje, pero no se
                  recoge otros como contratos laborales, de ejecución de servicios, ni cartas de
                  fletamento, que fue incorporado en la adición de 1531 y por este motivo no se
                  examina aquí.</p>
                <p>En la <emph>carta de aprentiz</emph> [66] el padre de un menor acuerda con una
                  persona la enseñanza de su oficio durante cierto tiempo indeterminado. Más allá de
                  la obligación del maestro de mostrarle el oficio y del aprendiz de servirle y no
                  abandonarlo, no se indican otros deberes y derechos de ambos, como suele ser
                  habitual en otras cartas de aprendizaje. Las cláusulas finales son las normales de
                  la documentación notarial, es decir, sometimiento a la justicia, renuncias
                  generales y de obligación. En la cláusula de corroboración se indica la
                  realización de dos originales múltiples.</p>
              </div>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">III.4. Modelos sobre testamentos y liberalidades mortis causa</head>
              <p>Resulta llamativo que las fórmulas relacionadas con la práctica testamentaria sean
                tan pocas y relacionadas con la presentación de un testamento cerrado ante la
                autoridad judicial para que lo elevase a forma pública. No se incluye otras que
                muestren la práctica testamentaria habitual, como sería un testamento abierto
                nuncupativo ante notario, y ni siquiera se añade una sobre el codicilo o la
                institución de mayorazgo<note n="24" type="footnote">Aunque hay un modelo de
                  cancillería real denominado <emph>nota de licencia para hacer el mayorazgo al hijo
                    arrogado</emph> [76], éste se relaciona con la autorización regia de adopción de
                  hijo que muestra la fórmula anterior.</note>. Es más, sólo se establece cómo debe
                comenzar y acabar un testamento. Quizás la importancia y difusión de la VI Partida,
                la dedicada a los testamentos, en toda la Corona de Castilla, así como el modelo
                existente en el título 18 de la III Partida, hiciera innecesario incorporar otros
                ejemplos relacionados la práctica testamentaria.</p>
              <p>Son cinco epígrafes diferentes [47, 48, 49, 50, 51], que aparecen uno tras otro, y
                muestran el procedimiento a seguir en esa circunstancia. Si el primero lo analizamos
                en el siguiente apartado, ya que sucede ante un alcalde, los otros los incluimos en
                éste, pues la autoridad recae en el escribano público. </p>
              <p>Según la fórmula dedicado a ello [50], el testamento debía comenzar por una
                notificación general con calificación jurídica y no con una invocación verbal<note
                  n="25" type="footnote">En la práctica testamentaria sevillana los testamentos
                  suelen comenzar por una invocación verbal y no por la notificación.</note>,
                seguida de la intitulación y de su declaración del buen estado de salud mental para
                disponer de sus bienes: <emph>hago e ordeno y establezco esta mi manda, testamento e
                  postrimera voluntad.</emph> A continuación hay una amplia profesión de fe en el
                misterio de la Trinidad, en la Iglesia, en la Virgen Santa María, como abogada y
                defensora de su alma, y en toda la corte celestial. Las únicas mandas incorporadas
                son de carácter religioso: el ofrecimiento del alma a Dios, que la redimió por su
                preciosa sangre, y la elección de sepultura en una iglesia. No se menciona la
                obligada declaración de deudas y, por supuesto, ningún legado causal. En la
                siguiente fórmula se señala cómo ha de acabar un testamento [51] y aquí sí se recoge
                sus elementos fundamentales: el nombramiento de las personas encargadas de su
                ejecución, aquí designadas como testamentarios, cabezaleros y ejecutores, en número
                de dos y a las que se les otorga plenos poderes, así como la institución de los
                herederos legítimos del remanente de sus bienes, que en este caso recae en dos
                hijos. Y, en tercer lugar, la única cláusula final que suelen llevar los
                testamentos, la de revocación de cualquier otro anterior. La especificidad de este
                modelo justifica que se añada, además, la orden del juez para que se acepte y al
                notario que lo eleve a documento público.</p>
              <p>El modelo de testamento cerrado alcanza, asimismo, a establecer la forma del acta
                notarial sobre la plica del testamento cerrado. Así, en <emph>sobre escripto de
                  testamento signado de escribano público</emph> [48], redactado en forma objetiva,
                la escena se sitúa en casa de la testadora y tras señalar la enfermedad física, pero
                su buena salud mental, certifica la declaración de que lo allí contenido era su
                testamento, que estaba escrito en cierto número de hojas de pliego de papel entero,
                y el ruego a sus albaceas, denominados sólo como cabezaleros, de que lo ejecutasen.
                Termina su declaración con la revocación expresa de cualquier testamento
                anterior.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Modelos de documentación judicial</head>
            <p>Dentro de este grupo, el segundo en número, se puede citar las referencias a diversos
              tipos de sentencias ejecutivas, de mandamientos judiciales, nombramientos de tutores,
              partición de bienes y constitución de fiadores carceleros o <emph>carta de
                carcelería.</emph> Hay también algún ejemplo relacionado con la licencia judicial
              para escrituras que habían pasado ante notarios ya fallecidos y para expedición de
              copias certificadas, así como un modelo relacionado con la práctica testamentaria.</p>
            <p>En total, son quince modelos de los 82 que lo componen, de contenido más variado que
              otro formulario anónimo castellano de la misma época<note n="26" type="footnote"
                >. Luisa Cuesta, <emph>Un formulario notarial castellano del siglo xv.</emph>
                Madrid, 1948.</note>. Ello no ha de extrañar, pues además de ser doctor, secretario
              y referendario de Juan II, desde 1425 Fernando Díaz de Toledo fue también oidor de la
              Audiencia real.</p>
            <p>La intervención judicial se aprecia en contenidos relacionados con la persona y la
              familia, en los derivados de una práctica procesal y, en tercer lugar, en cuestiones
              documentales como la solicitud de copias certificadas. </p>
            <p>Esto es lo que contiene la nota <emph>carta de autoridad de alcalde que presenta y
                muestra procurador por otro hombre</emph> [1]. El ejemplo pone la acción en manos de
              un procurador que se presenta ante un juez con su carta de poder y una carta real
              original, en papel y sellada, para solicitar copias judiciales ante la posibilidad de
              que pudiera ser quemada, mojada o dañada. La inspección del juez pasa por tenerla en
              sus manos para examinar si estaba dañada y tras ello da orden al escribano público de
              que hiciera los traslados que fueren necesarios, a los que impondrían su decreto y
              autoridad: <emph>mandaua e mandó… que escriuiesse o sacasse … un traslado o
                dos.</emph></p>
            <p>Otro ejemplo que se incorpora es la licencia para expedir una nueva carta de
              reconocimiento de deuda que se había perdido: <emph>carta de pedimiento que hace un
                hombre a un alcalde para sacar una carta de obligación que fue perdida y como fue
                pregonada</emph> [56]. La petición ante el juez y su mandato al escribano público,
              pasaba previamente por comprobar la realización de dicha obligación con el notario
              correspondiente y por el pregón por la localidad por si alguien la había encontrado,
              incluyendo el contenido de este pregón, que debía ser proclamado tres veces. Tras
              ello, el escribano público sacó y escribió del registro original la carta en limpio.
              Esta nota recuerda a alguna de las incorporadas en las Partidas, muy celosas en los
              procedimientos a seguir en caso de segundas expediciones.</p>
            <p>En cierta manera relacionado con el anterior es el modelo titulado <emph>carta de
                cómo ha de apoderar un notario la escribanía pública por fallecimiento del
                anterior</emph> [73], si bien no se requiere la presencia de juez, sino que recoge
              la fórmula inicial que debía ponerse al sacar una escritura de una nota del registro
              del antecesor en la notaría, que no había sido cancelada ni tampoco había sido
              expedido el documento original, ya que no estaba dada como “hecha”. En ella se
              menciona, además, que el rey le había otorgado la merced de ser escribano público de
              la villa, vacante por fallecimiento del anterior.</p>
            <p>Entre los contenidos relacionados con la persona y la familia, hay que citar en
              primer lugar la <emph>carta de tutoría</emph> [21], que es especialmente extensa. Se
              trata de una tutela dativa, ya que es conferida por un juez y no por designación
              testamentaria. En primer lugar, no es un pariente el que expone ante el juez la
              situación de unos menores, ni tampoco es propuesto como tutor un familiar, sino un
              amigo del padre que <emph>acatando la amistad e conuersación</emph> que había
              mantenido con él acepta hacerse cargo de sus hijos. En segundo lugar, porque ante la
              necesidad de nombrar fiador y no disponer en ese momento de uno, el juez le da un
              plazo para que se presente de nuevo ante él. En tercer lugar, porque en las dos
              ocasiones se señala que el juez estaba en audiencia, <emph>assentado en juyzio, oyendo
                y librando los pleytos.</emph> La longitud de este modelo se explica, además, porque
              uno de los motivos alegados ante el alcalde para que designara tutor era que los
              menores iban a tener pleitos o negocios y si no tenían quien los defendiera podían ser
              perjudicados y perder algunos de los bienes recibidos en herencia. Esta circunstancia
              se refleja en la amplia relación de poder que el juez da al tutor. </p>
            <p>Concerniente a esta materia se localizan en este formulario otras dos notas. Una, la
              licencia para venta de bienes del menor y la otra, partición de bienes de menores. En
              la <emph>carta de licencia que da el juez al tutor para vender los bienes del
                menor</emph> [59] se expone uno de los casos más comunes: las deudas dejadas por el
              padre de los tutelados, la necesidad de abonarlas tras la pérdida de algunos pleitos y
              la inexistencia de liquidez para abonar deudas y las costas de los juicios. Ante esta
              situación, el tutor solicita al alcalde licencia para vender los bienes necesarios
              para poder hacer frente a la situación y el juez, previo juramento del tutor e
              interrogatorio sobre la situación, <emph>dio licencia e poder e autoridad</emph> al
              tutor para que lo pudiera hacer. Verdaderamente extensa es la nota con una <emph>carta
                de apreciamiento y partición de bienes que hace el tutor con la madre del menor por
                mandamiento del dicho alcalde</emph> [60]. En ella se incluye hasta un requerimiento
              previo a la actuación judicial. El caso está bien enunciado en el epígrafe y ante la
              denuncia del tutor contra la madre, ruegan al alcalde que nombrase a dos personas para
              que tasasen e hiciesen la partición de los bienes dejados en herencia por el padre de
              los menores. El juez les dio un plazo para que cada una de las partes presentase la
              suya y ambos, tras prestar juramento de obrar de manera recta, realizaron la
              valoración y partición de los bienes, que tutor y madre de los menores dieron por
              buena. No obstante el tutor pidió al alcalde que la parte correspondiente a los
              menores fuera en dinero o bien que se vendieran, ya que los bienes muebles que les
              habían correspondido eran poco provechosos para sus tutelados porque hasta que
              alcanzasen la mayoría de edad se podían estropear y tendrían menos valor. La madre se
              comprometió a dar el dinero que valiesen para evitar gastos derivados del pago de la
              alcabala y de los derechos del escribano, del alcalde y del pregón. El modelo finaliza
              con la orden del juez a la madre de que pagara esa cantidad en un plazo
              determinado.</p>
            <p>Concerniente a la actuación judicial en testamentos, las Notas del Relator recoge la
              presentación de un testamento cerrado, que complementa con el modelo del acta notarial
              sobre la plica del testamento cerrado y su inserción. <emph>Presentación de testamento
                ante alcalde</emph> [47] es el nombre que recibe y el modelo que se adjunta es
              protagonizado por un clérigo que, como albacea testamentario de una mujer, se presenta
              ante el juez con un testamento cosido, cerrado y sellado y con un acta notarial
              signada y firmada que explica las circunstancias. Este cabezalero, que es como se
              designa al albacea, solicita al juez que lo mandase abrir, leer y publicar, quien
              después de hacerlo ordenó al notario que lo tornase en pública forma y se lo entregase
              al albacea.</p>
            <p>Los asientos que se pueden englobar en la práctica procesal se elevan a siete: varios
              tipos de sentencias, de mandamientos ejecutivos y carta de carcelería.</p>
            <p><emph>Carta de sentencia de alcalde</emph> [22], <emph>juicio de alcalde</emph> [27]
              y <emph>otra carta de sentencia de alcalde más larga</emph> [28] se suceden una tras
                otra<note n="27" type="footnote">Hay un error en la numeración, pues de la nº 22
                se ha pasado a la 27, quizás por una confusión entre la V de cinco con la I de
                uno.</note>. Tienen como causa deudas impagadas, denunciadas ante el juez por los
              acreedores y reconocidas por los deudores, pero las consecuencias son diferentes
              porque en la primera el deudor se compromete a pagar en un plazo determinado y en la
              segunda, ante la incapacidad de pagar y no tener fiadores, se convierte en preso del
              acreedor hasta que con su trabajo satisficiera la deuda, renunciando los nueve días de
              la cadena. Por otra parte, en la primera se inserta el fallo de la sentencia que
              coincide en contenido con lo recogido en la nota que lleva como epígrafe “juicio de
              alcalde”, aunque no en forma de redacción, pues en éste adopta la común forma objetiva
              de este tipo de documentación, mientras que el fallo inserto está redactado en forma
              subjetiva.</p>
            <p>Dos son las únicas notas de este tipo de documentación en este formulario que
              comienzan por una notificación y que presentan redacción subjetiva: la <emph>carta de
                asentamiento de bienes por no responder en rebeldía</emph> [29] y la <emph>carta de
                mandamiento de alcalde</emph> [20]. Se trata en realidad de dos mandamientos
              judiciales. En el primero, el alcalde ordena a otro oficial, el merino, que hiciera
              secuestrar bienes de una persona, que había sido declarada rebelde al no comparecer él
              ni su procurador ante el juez, por valor de determinada cantidad, es decir, el juez da
              vía libre a un depósito judicial por embargo de bienes como medida de seguridad del
              cobro de una deuda. En el segundo, un mandamiento de ejecución, el juez ordena el
              embargo y venta de bienes en subasta pública para el pago de una deuda y, en caso de
              insolvencia, que fuera aprehendido y privado de libertad.</p>
            <p>Bajo el escueto epígrafe de <emph>carcelería</emph> [52] se recoge una constitución
              de fiadores de personas que estaban en la cárcel –<emph>presos en cadena en la
                cárcel</emph>- y que se comprometen a responder por ellos hasta que se resolviera la
              querella criminal por la que estaban encarcelados. Estos fiadores, que aceptan su
              obligación y juran custodiar a los que los han nombrado, reciben el nombre de fiadores
                carceleros<note n="28" type="footnote">Según el Diccionario de la Real Academia de
                la Lengua, el fiador carcelero es el que responde de que alguien, puesto en libertad
                provisional, comparecerá ante la justicia cuando corresponda o fuera citado.</note>.
              Su actuación es reforzada, como ocurre en otras muchas ocasiones, con numerosas
              renuncias y con una obligación general. Precisamente este modelo viene seguido por la
              seguridad o fianza dada por los excarcelados a favor de las personas que los han
              avalado para poder salir de la cárcel, es decir, a favor de sus fiadores carceleros.
              Pero en este instrumento no se requiere la presencia del juez, sino sólo la del
              escribano público.</p>
            <p>El último modelo de las Notas del Relator de este apartado se denomina <emph>carta de
                entrega y seguranza que da el alcalde</emph> [73], es decir, una carta judicial de
              tregua y seguro que da el juez para amparar a una persona de otra, de la que recelaba
              a causa de <emph>ciertas palabras</emph> que había mantenido, y que tendría efecto
              para todo, excepto en caso de demanda o querella judicial.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">V. Modelos de documentación real</head>
            <p>En este tercer grupo, la casuística se reduce considerablemente, pues se limita
              prácticamente a diversos tipos de licencias. En primer lugar, una autorización de
              adopción a una persona que no tenía hijos<note n="29" type="footnote"><emph>Nota de
                  licencia que da el rey para poder arrogar e prohijar</emph> [75].</note>; en
              segundo lugar, facultad para crear mayorazgo para el hijo adoptado<note n="30"
                type="footnote"><emph>Nota de licencia para hacer el mayorazgo al hijo
                  arrogado</emph> [76].</note>, que se relaciona con la anterior y de hecho se hace
              alusión a ella; y, en tercer lugar, una carta de naturaleza a un clérigo foráneo para
              que pudiera tener cualquier dignidad, prebenda o beneficio en la Corona de
                Castilla<note n="31" type="footnote"><emph>Carta de naturaleza para clérigo de
                  fuera del reyno para tener beneficios en él</emph> [80].</note>.</p>
            <p>Diplomáticamente se corresponden con dos cartas de merced y un albalá de merced.
              Queremos destacar que los tres modelos son protagonizados por los Reyes Católicos, es
              decir, de una época posterior a la presumible confección de este formulario y por
              supuesto, fallecido ya el Relator. Este anacronismo, como otros detectados a lo largo
              de su contenido, lleva a cuestionar la existencia de estos modelos en el texto
              original.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VI. Modelos de documentación episcopal</head>
            <p>Este último grupo está formado por dos modelos, que son licencias otorgadas por los
              titulares de una sede episcopal, pero uno de ellos inserto en otro. El modelo titulado
                <emph>carta de dote de fuessas</emph> [70] recoge una concesión de sepultura dada
              por los mayordomos de una iglesia en el interior del templo. Como era preceptiva la
              licencia del obispo de la diócesis, lleva inserta el documento episcopal que permitía
              dotar hasta doce fosas dentro y fuera de la iglesia.</p>
            <p>Bajo el epígrafe <emph>carta de impetra para pedir limosnas en algún obispado</emph>
              [79] se recoge un documento episcopal, intitulado por el titular de una sede y
              dirigido a todas las dignidades eclesiásticas de su diócesis. Presenta la misma forma
              diplomática que una real provisión, con un amplio expositivo en el que se menciona la
              petición del fraile de una orden religiosa para pedir limosna y una disposición de
              mandato iniciada por los verbos mandar y amonestar. El anuncio de validación indica
              que este documento iba firmado por el obispo, por su secretario y que llevaba el sello
              del titular de la diócesis.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VII. Modelos de documentación concejil</head>
            <p>La existencia de modelos formulísticos del ámbito municipal o concejil se relaciona
              por una parte con una carta de relación entre concejos [65] y, por otra, con una
              merced de exención de tasas municipales [69]. La primera comienza con una amplia
              dirección, que se cierra con una frase de aprecio, y la disposición adopta la forma de
              ruego, ya que se trata de un documento de relación entre concejos, concretamente una
              misiva, en el que uno notifica a otro que una persona es vecina de su localidad y, por
              tanto, no le pueden exigir impuestos reales fuera de allí. La segunda, intitulada
              conjuntamente por los miembros del concejo e iniciada por una notificación, contiene
              una exención de pechos y derechos para favorecer el asentamiento en la población de
              nuevos vecinos. Incluye un anuncio de validación formada por la suscripción del
              escribano del concejo y el sello municipal.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusión</head>
            <p>El análisis detallado de su contenido indica que esta obra ha de ser considerada como
              un formulario y no como una obra del <emph>Ars Notariae</emph>, ya que carece de
              cualquier tipo de explicaciones teóricas, de referencias legales ni de doctrina acerca
              de la profesión de notario y la forma de redacción de los documentos notariales<note
                n="32" type="footnote">Guido Van Dievoet, <emph>Les coutumiers, les styles, les
                  formulaires et les “Artes notariae”</emph>, Turnhout, 1986, p. 75 y 83.</note>. Es
              evidente que <emph>Las notas del Relator</emph> fue elaborado por una persona, un
              notario, que poseía un gran conocimiento del derecho y de la práctica notarial. Su
              finalidad principal pudo ser servir de modelo en este ámbito, normalizar la forma de
              redacción de los documentos notariales. No debemos, sin embargo, obviar la existencia
              de una escuela en la Corte relacionada con Fernando Díaz de Toledo para la formación
              de los secretarios reales<note n="33" type="footnote">Buenaventura Delgado Criado,
                  <emph>La educación en la Hispania Antigua y Medieval</emph>, Madrid, 1992,
                  (<emph>Historia de la Educación en España y América</emph>, 1), p. 460.</note> y
              por ello quizás se pudiera añadir, además, un interés instructivo en la formación de
              los futuros notarios. Así a la evidente intencionalidad de compilar modelos para la
              tarea diaria y práctica de cualquier oficina notarial, pudo unirse una finalidad
              didáctica, tan necesaria en la situación notarial de la Castilla de mediados del siglo
                <num>xv</num>, debido, en gran medida, a la habitual concesión regia de escribanías
              públicas como pago de mercedes a personas que muchas veces no cumplían los requisitos
              mínimos para desempeñar este oficio público.</p>
            <p>Su elaboración no pudo ser casual, pues su autor demostró a lo largo de su dilatada
              experiencia documental, en cancillería y como notario público, una preocupación por la
              corrección formal y de contenido de los documentos que validaba. Es más, su profundo
              saber jurídico es puesto de manifiesto en preámbulos, en justificaciones de los
              hechos, en testamentos, etc. En consecuencia, se puede considerar que Fernando Díaz de
              Toledo gozaba de una verdadera conciencia diplomática, es decir, de un conocimiento
              reflexivo de lo que significaba escriturar un contrato, una sentencia o una carta de
              dote, por citar algunos de los modelos recogidos en su formulario. Conocía los
              negocios jurídicos más comunes en la práctica extrajudicial notarial, así como los
              instrumentos derivados de la justicia, pues ambos eran competencia de los notarios
              públicos castellanos.</p>
            <p>El hecho de haber sido elaborado por una persona en estrecho contacto con el monarca,
              con la Corte y de haber ejercido, entre otros cargos, el de oidor de la Audiencia
              real, explica las continuas y completas referencias a todas las instancias judiciales
              en el desarrollo de ciertas cláusulas finales, algo que no resulta tan común cuando se
              analiza la producción notarial de un lugar concreto, como puede ser la sevillana, así
              como la certeza de sus fórmulas relacionadas con el ámbito judicial.</p>
            <p>Si su elaboración coincide con los años finales del Relator, se puede suponer que ese
              afán por las cosas bien hechas se plasmó en el deseo de compilar en una obra el
              resultado de su experiencia y saber para que sirviera de modelo en la práctica de los
              notarios de Castilla. Un método de trabajo que pudo estar basado en su propia
              experiencia, pero también con la forma tradicional del trabajo de los escribanos
              públicos castellanos. </p>
            <p>Los lugares de difusión de <emph>Las notas del Relator</emph> se relacionan con los
              propios despachos notariales castellanos, carentes – a excepción de las Partidas y de
              la práctica personal o la heredada – de una normalización de la forma de construcción
              de los instrumentos notariales. Los dos únicos formularios castellanos que se conocen
              por el momento, de finales del s. <num>xiv</num> uno y de primera mitad del s.
                <num>xv</num>, el otro, tuvieron una influencia muy limitada en el tiempo y en el
                espacio<note n="34" type="footnote">José Bono llama la atención acerca de la
                fórmula 8 existente en el formulario publicado por Luisa Cuesta, ya que en ella se
                menciona a Fernando Díaz de Toledo y este especialista plantea la posibilidad de que
                éste se “formara a partir de una desconocida colección de fórmulas (o de copias de
                documentos) del Relator” (J. Bono, <emph>Historia del Derecho…</emph>, vol. 2,
                p. 64).</note>. No ocurrió lo mismo con éste. Su influjo y circulación a lo largo de
              la segunda mitad del s. <num>xv</num> explica que en 1490 se hiciera una primera
              versión impresa y varias más en los años iniciales del s. <num>xvi</num>, hasta la
              definitiva y nueva impresión que se hizo en 1531, en Burgos, a la que se añadió una
              serie de fórmulas dirigidas a la preparación del examen para la obtención del título
              de notario. La influencia de este formulario pasó también a América, incluso en fechas
              avanzadas y a pesar de la existencia de otra literatura notarial más completa, que
              también cruzó el Atlántico para ayudar a la formación y la práctica de los escribanos
              públicos que ejercieron este oficio en aquellos territorios<note n="35"
                type="footnote">En un envío de libros del siglo xvii figura la existencia de
                ejemplares de las Notas del Relator. Vid. Javier Malagón-Barceló, <emph>La
                  literatura jurídica española del Siglo de Oro en la Nueva España</emph>, México,
                1959, p. 38 (referencia tomada de Reyes Rojas García, “La literatura notarial
                castellana durante el siglo xvi y su difusión en América”, en <emph>Nuevo Mundo.
                  Mundos nuevos</emph>, 2012, [En línea], Debates, puesto en línea el 30 enero 2012,
                consultado el 08 marzo 2013. URL: <ref target="http://nuevomundo.revues.org/62407"
                  >http://nuevomundo.revues.org/62407</ref>&#160;; DOI&#160;:
                10.4000/nuevomundo.62407).</note>.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part11">
        <front>
          <head>Das Formelbuch des Notars Johann Magyi aus dem 15. Jahrhundert</head>
          <byline><docAuthor>Gábor Dreska</docAuthor>, maître de conférences, Eötvös Loránd Universität, Múzeum krt. 6-8,
            H-1088 Budapest. <ref target="mailto:dreska.gabor@btk.elte.hu"
              >dreska.gabor@btk.elte.hu</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Public notaries (<emph>notarii publici</emph>) played a lesser role in Hungary as the
            so called <emph>loca credibilia</emph>, the peculiar Hungarian institutions carrying out
            authentic practice, became widespread in the 13<hi rend="sup">th</hi> century. Thus, the
            sources concerning the Hungarian peculiarities of public notaries, a foreign phenomenon
            for native common law, are limited. A rare exception is the formulary book of János
            Magyi, which is the single exemplary book compiled by Hungarian public notaries that
            survived. The collection in Latin, edited in the last quarter of the 15<hi rend="sup"
              >th</hi> century, consists of four parts according to form and content. While the
            first provides insight into the practice of the royal court via charters of the royal
            chancery, the second part collects the charters of the Buda chapterhouse, which rejoiced
            countrywide authority as a <emph>locus credibilis.</emph> The first half of the third
            part contains some <emph>arenga</emph> stemming from 13<hi rend="sup">th</hi> century
            scholastic tradition, the second half is a copy of a short prelatic formulary book. The
            ultimate, opulent fourth part contains approximately 200 formulas including charters of
            notaries, municipal and ecclesiastical courts. Connection between the parts are
            explained by the career of the compilator of the formulary book. János Magyi’s formulary
            book covers almost all fields of contemporary written legal practice. The purpose of the
            formulary book was obviously to facilitate its compilator’s work. The collection of
            different legal matters, on the one hand, saved recomposition and guaranteed exactitude
            at the same time. Whereas on the other hand the collection meant a major help for
            raising the new generations: formularies were textbooks of diplomatics and a means of
            practical legal training. János Magyi’s formulary was a daily aidance of a practicing
            jurist (<emph>litteratus</emph>), a document of his education and professional
            development, and, later, a medium of acquired knowledge. The book, thus, witnessed its
            compilator’s life and illustrated its stages: a formulary book that provides examples; a
            workbook for collecting interesting texts; and a textbook for junior colleagues
            acquiring knowledge of a practical jurist.</p>

          <div>
            <head type="h1">Einführung</head>
            <p>Die Archive<note n="*" type="footnote"> Der Autor ist Mitglied der Forschungsstelle
                „MTA-ELTE-PPKE Ókortudományi Kutatócsoport”. Die Forschungen wurden vom OTKA-Projekt
                „Diplomata Hungariae antiquissima” (OTKA K 79152) unterstützt.</note>, die die
              Dokumente des ungarischen Rechtswesens und schriftlichen Denkmäler der ungarischen
              Geschichte bewahrten, wurden in Folge der türkischen Dauerbesetzung im 16–17.
              Jahrhundert auf einem bedeutenden Teil des Landesgebietes vernichtet, und auch ihr
              Archivmaterial wurde größtenteils zur Nichte. Ein besonders sensitiver Verlust, dass
              auch die Institutionen der Hauptstadt Buda dieses Schicksal erleiden mussten. Aufgrund
              der Vernichtung der Registraturen der zentralen Gerichtshöfe und der königlichen
              Kanzlei, können wir über die Geschäftsführung und über die alltägliche Routine dieser
              Büros nur durch ihre Ausfertigungen, die in den Registraturen der Privilegierten
              erhalten geblieben sind, Folgerungen ziehen<note n="1" type="footnote">Über die
                mittelalterlichen ungarischen Urkunden, über deren Erhaltung und Bewertung siehe:
                Elemér Mályusz, «1526 előtti okleveleink forrásértéke» [La valeur documentaire de
                nos chartes d’avant 1526], in <emph>Történelmi Szemle</emph>, 10 (1967), S.
                416-429.</note>. Im Falle der von den bedeutenden Dom- und Kollegialkapiteln und
              einigen Orden betriebenen speziellen Institutionen der Beglaubigung, der glaubwürdigen
              Orte (<emph>loca credibilia</emph>) ist die Situation ähnlich. Seltene und wertvolle
              Denkmäler der Archive und Manuskriptensammlungen sind neben den an den meisten Stellen
              schon im 15. Jahrhundert geführten Protokollen die Statuten, die die Aktenausgabe
              betreffen, wie auch die Formelbücher, die bei der Ausstellung der Urkunden behilflich
                waren<note n="2" type="footnote">Die fast hundert jährige, aber bis heute die
                vollständigste Zusammenfassung der Geschäftsführung der glaubwürdigen Orte siehe:
                Franz Eckhart, «Die glaubwürdige Orte Ungarns im Mittelalter», in <emph>Mitteilungen
                  des Instituts für österreichische Geschichtsforschung</emph>, IX. Ergänzungsband,
                2. Heft. Innsbruck, 1914, S. 395-558. Mit der ungarischen Übersetzung und
                Fachbibliographie erweiterte Faksimile Auflage: Ferenc Eckhart, <emph>Hiteleshelyek
                  a középkori Magyarországon. Die glaubwürdigen Orte Ungarns im Mittelalter</emph>,
                Budapest, 2012 (<emph>Studia notarialia Hungarica</emph>, XI).</note>.</p>
            <p>Wenn wir die öffentlich beglaubigten Dokumente erwähnen, dürfen wir die Tätigkeit der
              europaweit bekannten öffentlichen Notare (<emph>notarii publici</emph>) nicht
              vergessen. Während die glaubwürdigen Orte am Ende des 12. Jahrhunderts erschienen, und
              sich wegen des öffentlichen Vertrauens relativ schnell verbreiteten, konnte die
              Institution der Notare in Ungarn nur in der zweiten Hälfte des 14. Jahrhunderts in
              weiteren Kreisen verbreitet werden. Allgemein gefragt waren die öffentlichen Notare
              nur dort, wo die Dokumente der glaubwürdigen Orte als Beweise nicht anerkannt wurden:
              vor dem kirchlichen Gericht. In dem ungarischen Rechtswesen war die notarielle
              Tätigkeit ein Fremdkörper, der aus der europäischen Rechtsübung bekannt ist. Bezüglich
              der ungarischen Spezialformen können wir nur die Ausfertigungen dieser Stellen
                benutzen<note n="3" type="footnote">Der letzte grundlegende Überblick über die
                Institution des öffentlichen Notars: <emph>Notariado público y documento privado: de
                  los orígenes al siglo XIV. Actas del VII Congreso Internacional de
                  Diplomática</emph>, Bd. I-II, Valencia, 1986. Kurze Zusammenfassung der Geschichte
                des mittelalterlichen öffentlichen Notariats in Ungarn: Enikő Csukovits, «Közjegyzők
                a középkori Magyarországon» [Öffentliche Notare im mittelalterlichen Ungarn], in:
                  <emph>700 éves a közjegyzőség Magyarországon</emph>, hg. von Gábor Rokolya,
                Budapest, 2008, S. 54-73.</note>. Eine seltene Ausnahme in diesem Bereich bietet das
              Formelbuch von János Magyi, das einzige von einem öffentlichen Notar zusammengestellte
              und in Ungarn erhalten gebliebene Formelsammlung<note n="4" type="footnote">Pécs,
                Püspöki Könyvtár [Bischöfliche Bibliothek] DD. III. 18. [=Der Magyische Kodex]
                Fotokopien: Budapest, Magyar Országos Levéltár [Ungarisches Staatsarchiv] [=MOL]
                Diplomatikai fényképgyűjtemény [Diplomatische Fotosammlung] [=DF] 283678. (Homepage:
                <ref target="http://www.mol.arcanum.hu/dldf_full">http://www.mol.arcanum.hu/dldf_full</ref>.) Die bisher vollständigste Bearbeitung des
                Formelbuches und der bezüglichen Fachliteratur: György Bónis, «Magyi János
                formuláskönyve és a gyakorlati jogtanítás» [Le formulaire de János Magyi et
                l’enseignement pratique du droit], in: <emph>Jubileumi tanulmányok a pécsi egyetem
                  történetéből</emph>, Bd. I, hg. von Andor Csizmadia, Pécs, 1967, S.
                225-260.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Überlieferung und Inhalt</head>
            <p>In der Fachliteratur ist diese in dem letzten Viertel des 15. Jahrhunderts
              zusammengestellte Sammlung seit dem Ende des 18. Jahrhunderts bekannt. Damals wurde
              das Formelbuch schon in der Pécser bischöflichen Bibliothek aufbewahrt. Márton György
              Kovachich beschrieb das Buch und publizierte dessen Text mit anderen Formelbüchern
                zusammen<note n="5" type="footnote">Die Urkunden wurden publiziert: Martinus
                Georgius Kovachich, <emph>Formulae solennes styli in cancellaria, curiaque regum,
                  foris minoribus, ac locis credibilibus, authenticisque Regni Hungariae olim
                  usitati</emph>, Pesthini, 1799, S. VIII-XXVIII., 155-458. Veröffentlichung der
                erzählerischen Teile des Kodexes: Martinus Georgius Kovachich, <emph>Scriptores
                  rerum Hungaricarum minores</emph>, Bd. II, Budae, 1798, S. 1-12.</note>. Nach
              einem Jahrhundert verschwand das Manuskript und nach anderthalb Jahrzehnten langen
              Verschwinden wurde es in einem Nachlass wiedergefunden. Der Prozess um das
              Eigentumsrecht stellte den Kodex wieder in das Rampenlicht. Forschungen wurden damals
              angeleitet und man stellte nicht nur die Person des Autors, sondern auch die Struktur
              des Buches und die Umstände dessen Entstehung fest<note n="6" type="footnote">Die
                grünlichste Beschreibung des Kodexes: József Fitz, «A Nyírkállói-kódex genetikus
                leírása» [Die genetische Beschreibung des Nyírkállóer Kodexes], in:
                  <emph>Közlemények a Pécsi Erzsébet Tudományegyetem Könyvtárából</emph>, 6-7
                (1931-1932), S. 12-28; József Fitz, «Pótlás a Nyírkállói-kódex leírásához»
                [Ergänzung zur Beschreibung des Nyírkállóer Kodexes], in: <emph>Közlemények a Pécsi
                  Erzsébet Tudományegyetem Könyvtárából</emph>, Pótlás a 7. számhoz.</note>.</p>
            <p>Aufgrund der voreiligen Feststellung des Herausgebers nannte man das Buch Nyírkállóer
              Kodex. Der Autor des Manuskripts ist aufgrund des mit einem Rubrum geschmückten
              Notarsignets und des Schlussprotokolls, bzw. der an die selbe Seite eingetragenen
              kaiserlichen (1476) und päpstlichen (1490) Notarernennungen von Johannes, Sohn des
              Kelemen Magyi, eindeutlich identifizierbar<note n="7" type="footnote">Der Magyische
                Kodex, S. 419. (Foto: Gy. Bónis, «Magyi János formuláskönyve...», S. 226-227, 5.
                Abbildung).</note>. Das Werk besteht aus 28 Bögen, 277 Blättern und wurde von der
              selben Hand geschrieben. Das Buch scheint in der Struktur (auch in der
              veröffentlichten Form) ungeordnet zu sein. Die Blätter und Bögen wurden in der
              falschen Reihenfolge eingebunden, und auch während der alltäglichen Benutzung wurden
              einige Texte von Urkunden – mit der Missachtung der Originalkonzeption – nachträglich
              in die leeren Stellen eingetragen. Die detaillierte Forschung konnte die
              Originalstruktur des Werkes unabhängig von der Reihenfolge des Manuskripts
              rekonstruieren.</p>
            <p>Aufgrund der formalen und inhaltlichen Merkmale kann man vier, voneinander gut
              trennbare Teile des Buches unterscheiden. Der erste Teil, dessen Titel auch in der
              Publikation übernommen wurde, beinhaltet 58 Urkunden aus der Kanzlei des Königs
              Matthias (1458–1490). Diese Dokumente hängen miteinander nicht nur wegen ihres
              Ausstellers, des persönlichen Gerichtes des Königs (<emph>personalis presentia
                regia</emph>), sondern auch wegen ihrer Datierung eng zusammen. Die meisten Urkunden
              wurden 1476 ausgestellt, aber auch die ohne Datierung eingetragenen Texte können
              bezüglich ihrer inhaltlichen Merkmale diesem Datum zugeordnet werden. Da viele
              Angaben, die aus dem Aspekt des Formelbuches überflüssig wären – Personen- und
              Orstnamen, Datierungen – in größerer Zahl in diesem Teil erwähnt werden, ist es
              annehmbar, dass diese Texte in der Kanzlei direkt von den Originalurkunden kopiert
                wurden<note n="8" type="footnote">M. G. Kovachich, <emph>Formulae
                solennes.</emph>.., S. 155-188 (Nr. 1-58); Gy. Bónis, «Magyi János
                formuláskönyve...», S. 229-230.</note>.</p>
            <p>Der zweite Teil – zwar physikalisch zwei geteilt – enthält etwa 180 Urkunden des
              glaubwürdigen Ortes des mit landesweiter Zuständigkeit ausgestatteten Budaer Kapitels.
              Abgesehen von einigen früheren Texten – die wegen ihrer Besonderheiten in die Sammlung
              aufgenommen wurden –, wurden diese Urkunden zwischen 1476 und 1478 (1480) ausgegeben.
              Der Verfasser der Urkunden, und die zwischen den Ausfertigungen auffindbaren
              Schätzungs-, Verjährungs- und Altersverzeichnisse lassen auf die Benutzung in einem
              glaubwürdigen Ort schließen. Der Zusammensteller der Sammlung war wahrscheinlich ein
              Angestellter des Budaer Kapitels, vielleicht der Notar der Körperschaft<note n="9"
                type="footnote">M. G. Kovachich, <emph>Formulae solennes.</emph>.., S. 218-286
                (Nr. 109-227), S. 322-348 (Nr. 302-359); Gy. Bónis, «Magyi János formuláskönyve...»,
                S. 230-231. Zusammenfassung über die Formelbücher der glaubwürdigen Orte siehe Ebda.
                S. 248-250.</note>.</p>
            <p>Die dritte inhaltliche Einheit unterscheidet sich bezüglich der Sammlungsmethode
              bedeutend von den anderen. Die erste Hälfte beinhaltet 25 Arengen, die die Bedeutung
              der schriftlichen Form der rechtlichen Tatsachen und die Notwendigkeit der königlichen
              Gratifikation beschreiben, und auf das 13. Jahrhundert zurückgeführt werden
                können<note n="10" type="footnote">M. G. Kovachich, <emph>Formulae
                  solennes.</emph>.., S. 308-311 (Nr. 256-279). Über die Arengen der Epoche siehe:
                Agnes Kurcz, «Arenga und Narratio ungarischer Urkunden des 13. Jahrhunderts», in:
                  <emph>Mitteilungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung</emph>,
                70 (1962), S. 323-354.</note>. Nach den Arengen, die zum Teil der <emph>ars
                dictaminis</emph> gehören und aller Wahrscheinlichkeit nach in der Schule
              „weitergeerbt” wurden, befinden sich neun Kondolenzbriefe. Dieser Teil wird mit der
              Arenga eines Testaments abgeschlossen<note n="11" type="footnote">M. G. Kovachich,
                  <emph>Formulae solennes.</emph>.., S. XIII-XVI.</note>. Nachher wurde eine Urkunde
              aus 1478 eingefügt, die darauf schließen lässt, dass die Arengen vor dieser Zeit
              kopiert wurden.</p>
            <p>In diesem dritten Kapitel, doch als selbständige Einheit befindet sich das kurze
              Formelbuch des Bischofs Johannes mit 15 Urkunden<note n="12" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph> S. 312-321 (Nr. 281-294, 299). Zu den kirchlichen
                Formelbücher siehe: Péter Erdő, «A középkori officiálisi bíráskodás írott emlékei
                Lengyelországban és Magyarországon» [Les monuments écrits de la juridiction des
                officialités en Pologne et en Hongrie au Moyen Âge], in: <emph>Magyar
                  Könyvszemle</emph>, 110 (1994), S. 117–129, auf S. 122.</note>. Aufgrund der
              bezüglichen Urkunden des Budaer Kapitels können wir annehmen, dass diese Sammlung um
              1478 in Óbuda kopiert wurde. Diese Einheit wurde früher falsch zum Pécser
              (Fünfkirchener) Bischof Janus Pannonius (1434–1472), dem europaweit berühmten, auch in
              der königlichen Politik eine führende Rolle spielenden humanistischen Dichter
              geknüpft. Die ohne ihren Intitulationen kopierten Urkunden können aufgrund der
              inhaltlichen Merkmale mit der Person des ehemaligen Pécser Propstes, später Egerer
              Bischofs, dann Esztergomer Erzbischofs, Johann Beckensloer in Beziehung gebracht
              werden. Die Urkunden wurden in der Zeit zwischen 1468 und 1476 ausgestellt. Dass die
              Angaben bezüglich des Ausstellers konsequent weggelassen wurden, kann damit erklärt
              werden, dass Beckensloer im Jahre 1476 zum Kaiser III. Friedrich übertrat und in
              Ungarn in Ungnade fiel<note n="13" type="footnote">Gy. Bónis, «Magyi János
                formuláskönyve...», S. 231-233.</note>.</p>
            <p>Der vierte und längste Teil mit seinen etwa 200 Formeln befindet sich an drei
              verschiedenen Stellen<note n="14" type="footnote">M. G. Kovachich, <emph>Formulae
                  solennes.</emph>.., S. 188-218 (Nr. 59-108), S. 286-308 (Nr. 228-255), S. 348-458
                (Nr. 360-485).</note>. Die Ursache dafür liegt nicht nur in der Arbeit des
              Buchbinders, sondern auch in der laufenden Benutzung der Sammlung, weil man die zur
              Verfügung stehenden leeren Stellen mit neuen Texten auffüllte. Bei diesen Eintragungen
              achtete man weniger auf die Struktur des Buches, viel mehr auf die Ausnutzung der
              leeren Seiten. Dieser Teil ist im engeren Sinne das Magyische Formelbuch, das die
              vorherigen, verschiedenen thematischen Einheiten in sich integriert. Seine Urkunden
              sind vielfältig. Es befinden sich hier königliche Ausfertigungen, die meistens in den
              1480-er Jahren ausgestellt wurden. Diese Urkunden wurden aber nicht in der königlichen
              Kanzlei gesammelt, sondern bei den Empfängern kopiert, sie sind also im Gegensatz zu
              den Urkunden des ersten Teiles des Formelbuches viel mehr aus dem Aspekt der
              Provenienz miteinander verbunden. Es handelt sich neben den Privilegien der Óbudaer
              Nonnen der Klarissen Orden um die Mandaten, Privilegien und Donationen bezüglich der
              Städte Óbuda und Pest, und deren Bürger. Der städtische Charakter wird auch dadurch
              befestigt, dass nicht nur die Ausfertigungen der königlichen Kanzlei, sondern auch die
              im Jahre 1479 verfassten Erlasse des vom <emph>magister tavernicorum</emph>
                (<emph>=camerarius</emph>) geführten obersten Gerichtes der Städte, die das Budaer
              (Ofner) Stadtrecht benutzten, hier eingetragen wurden. Weiters befinden sich hier die
              Zunftartikel der Mahler, Münzstecher und Goldschmiede einer unbekannten Stadt, Urteile
              bezüglich städtischer Angelegenheiten von verschiedener Gerichte höherer Instanz, und
              auch die besonders wertvolle Sammlung der Zunftsatuten der Stadt Pest aus den Jahren
              von 1444 bis 1482.</p>
            <p>All diese Urkunden sind die Denkmäler der Rechtspraxis der Umgebung, wo der
              Zusammensteller des Formelbuches, János Magyi lebte und arbeitete: im Focus seiner
              Interesse steht die Stadt Pest am linken Ufer der Donau. Gelegentlich nahm er die
              Ausfertigungen der benachbarten Stadt Buda, bzw. seines früheren „Arbeitgebers”, des
              Budaer Kapitels, wie auch die Privilegien der Óbudaer Klarissen in seine Sammlung auch
                auf<note n="15" type="footnote">Gy. Bónis, «Magyi János formuláskönyve...», S.
                233-235. Die Óbudaer Nonnen gehörten in den 1480-er Jahren zu den ständigen
                Mandanten von Johann Magyi, seine Unterschrift zeugt darüber, dass er mehrere
                Urkunden der Nonnen ausfertigte: <emph>Ibidem</emph> S. 241-242.</note>.</p>
            <p>Neben den städtisch thematisierten Urkunden enthält der vierte Teil Texte der
              kirchlichen Gerichtsbarkeit in größerer Zahl. Durch die Verbreitung der glaubwürdigen
              Orte in Ungarn im 13. Jahrhundert waren die öffentlichen Notare in erster Linie bei
              den kirchlichen Gerichten tätig: sie vertraten die Parteien und verfertigten ihre
                Eingaben<note n="16" type="footnote">Menyhért Érdújhelyi, <emph>A közjegyzőség és
                  hiteles helyek története Magyarországon</emph> [Die Geschichte des öffentlichen
                Notariats und der glaubwürdigen Orte in Ungarn], Budapest, 1899, S. 146. ff.; György
                Bónis, «Les autorités de „foi publique” et les archives des „loci credibiles” en
                Hongrie», in: <emph>Archivum (Revue Internationale des Archives)</emph>, 12 (1962),
                Paris, 1965. S. 87-104., auf S. 90-92.</note>. Unter ihnen spielten die Stellen des
              Legatenforums, die der Geschäftsführung und den Formeln der römischen Kurie folgten,
              eine besondere Rolle. Die Mitarbeit in der Rechtlichkeit eines päpstlichen Legates war
              finanziell sehr vorteilhaft, so wurden in erster Linie die diesbezüglichen Texte in
              die Sammlung von Magyi aufgenommen. Diese Urkunden – ähnlicherweise wie die
              königlichen Ausfertigungen – stammen aus den 1480-er Jahren.</p>
            <p>Zu diesem vierten Teil gehören etwa zwei Dutzend selbständige Ausfertigungen des
              öffentlichen Notars. Anwaltsaufträge, Verordnungen oder Petitionen bezüglich der
              kirchlichen Benefizien, Konzepte der Anträge an einen heiligen Stuhl, Berufungen oder
              Überschriften der Testamente waren Angelegenheiten des kirchlichen Gerichtswesens, und
              zeigen deutlich, dass die Tätigkeit der öffentlichen Notare in Ungarn von der
              kirchlichen Gerichtsbarkeit unzertrennlich war. Die meisten Urkunden wurden in den
              1480-er Jahren, einige am Anfang der 1490-er Jahren datiert: anscheinend sind diese
              die jüngsten Urkunden im Buch<note n="17" type="footnote">Gy. Bónis, «Magyi János
                formuláskönyve...», S. 235-237.</note>.</p>
            <p>Dieser vierte Teil, der in seiner Thematik gemischt, aber nach einigen Merkmalen doch
              einheitlich ist, zeigt sich als die Urkundensammlung eines öffentlichen Notars, der in
              Pest tätig war, und mit den städtischen Behörden, mit den Bürgern von Pest und Buda,
              mit den Partnerstädten und mit den kirchlichen Gerichten in Kontakt stand. Die
              Zusammenhänge zwischen einigen Elementen, aber auch bezüglich der vier Teilen der
              Sammlung können mit der Laufbahn des Verfassers erklärt werden.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Der Autor</head>
            <p>Johann Magyi war aller Wahrscheinlichkeit nach Mitglied der
              Kleingrundbesitzer-Familie Magyi aus dem Komitat Szabolcs in Ost-Ungarn. Sie waren
              Familiäre der Großgrundbesitzer, die höhere Amte im Land bekleideten und durch die die
              Erhebung der Familienmitglieder gesichert war. Einige von ihnen waren an der Wende des
              15–16. Jahrhunderts Stellvertreter von einigen Richtern der Kurie, in der
              Nachfolgerordnung der Familie (die in den Privilegurkunden der Familie zurückzufolgen
              ist), kommt der Name von Johann Magyi nicht vor. Nur der Name seines Vaters, Kelemen
              und der Name eines einzigen Verwandten, Pál Napkori, Eszlárer Pfarrer und Szabolcser
              Dekan wurde im Formelbuch erwähnt<note n="18" type="footnote"><emph>Ibidem</emph> S.
                238-239.</note>.</p>
            <p>Entsprechend der Praxis dieser Epoche lernte Johann die Grundsätze der lateinischen
              Sprache und des Lesens und Schreibens in Eger, im Zentrum der Diözese. In der lokalen
              Kapitelschule lernte er nicht nur die Elemente der <emph>Artes</emph>, sondern
              wahrscheinlich auch das Gewohnheitsrecht des ungarischen Adels kennen. Außer des
              Wissens brauchte er aber auch einen Patron, um nach Buda zu kommen, wo er schon am 8.
              März 1476 als Notar eine Urkunde des Budaer Kapitels in Óbuda (früher königlicher
              Sitz) redigierte. Es ist annehmbar, dass er als Notar in dem glaubwürdigen Ort des
              Kapitels diente<note n="19" type="footnote">Bei den kirchlichen Körperschaften, die
                in Ungarn auch als öffentliche glaubwürdige Orte dienten, stellte man ab der Mitte
                des 14. Jahrhunderts immer mehr weltliche Notare an. Am Ende des 15. Jahrhunderts
                mangelte es in einigen Fällen an Notaren: F. Eckhart, <emph>Die glaubwürdigen
                  Orte.</emph>.., S. 73. Gerade der Budaer Propst beschwerte sich 1485 darüber, dass
                er Schwierigkeiten hat, mit der Einstellung eines Notars, und er hat in seinem
                Kapitel keinen Notar, sondern der Lektor und die anderen Mitglieder des Kapitels
                fertigen die Urkunden aus: Nándor Knauz, <emph>A pozsonyi káptalannak
                  kéziratai.</emph>
                <p><emph>Codices manuscripti capituli Posoniensis</emph>, Strigonii, 1870, S. 65.</p></note>. Der Patron von Magyi war entweder der Egerer Bischof
              (1468–1474) Johann Beckensloer, der bezüglich des dritten Teiles des Manuskriptes
              schon erwähnt wurde, oder viel mehr der spätere (ab 1474) Egerer Bischof, Gábor
              Rangoni. Letzterer kaufte 1476 gerade am Hauptplatz von Óbuda ein Haus, und Magyi
              sollte vielleicht dort im Weiteren seine Interessen vertreten. Bezüglich der Tätigkeit
              des Bischofs Rangoni enthält das Formelbuch mehrere Dokumente. Dass die beiden in
              Kontakt standen kann auch dadurch bewiesen werden, dass nach dem Abtritt von Rangoni
              nach Rom 1480 das Verhältnis zwischen Magyi und dem Óbudaer glaubwürdigen Ort lockerer
              wurde: ab dieser Zeit kommen in der Sammlung die Ausfertigungen des Kapitels immer
              seltener vor<note n="20" type="footnote">Gy. Bónis, «Magyi János formuláskönyve...»,
                S. 239.</note>.</p>
            <p>Die Reihe der datierten Urkunden in dem zweiten Teil des Formelbuches (unter den
              Ausfertigungen des glaubwürdigen Ortes) läuft ab August, später ab Oktober 1476
              weiter. Parallel dazu wurden die Kanzleiausfertigungen des ersten Teiles, die genau
              datiert wurden, zwischen dem 8. Juni und dem 17. September herausgegeben. Angenommen,
              dass Magyi diese Texte in der Kanzlei selbst kopierte, musste er diese zwei
              Tätigkeiten parallel ausüben: er gab seine Beziehung mit dem Kapitel auch während des
              Praktikums in der Kanzlei nicht auf. In die Kanzlei des königlichen Hofes, die auch
              als der wichtigste Platz des Jurapraktikums diente, wurde Magyi vielleicht mit der
              Unterstützung von Gábor Rangoni aufgenommen, der ab 1476 das Amt des Haupt- und
              Geheimkanzlers bekleidete. Wir sollten auch die Rolle des Budaer Propstes, László
              Karai nicht verkleinern, weil er um diese Zeit als Vizekanzler die Kanlzei leitete.
              Magyi’s Praktikantenzeit in der Kanzlei kann mit seinem Streben nach fachlichen
              Erfahrungen und Studien erklärt werden<note n="21" type="footnote"
                  >. <emph>Ibidem</emph> S. 239-240.</note>.</p>
            <p>Die Monate des Praktikums in der Kanzlei brachten keine langfristigen Folgen mit
              sich. Im Gegensatz zu einigen seinen Zeitgenossen und Berufskollegen blieb Johann
              Magyi nicht unter den Notaren der Kurie, und aufgrund der Urkunden des Formularbuches
              war seine Tätigkeit als Notar eines glaubwürdigen Ortes auch provisorisch. Seine
              Interesse führte ihn vielmehr in die Richtung des weniger gebundenen Berufs des
              öffentlichen Notars: am 25. November 1476 wurde er in Buda durch
                kaiserliche Autorität zum öffentlichen Notar ernannt. Die datierten Urkunden
              seiner Sammlung zeugen davon, dass er ab 1477 laufend in diesem Amt praktizierte, und
              zwar in Pest und in Buda, sogar nach 1485, als König Matthias Wien eroberte, auch in
                Wien<note n="22" type="footnote">Die erste datierte Schlussprotokoll stammt aus
                Februar 1477: der Magyische Kodex, S. 438.</note>.</p>
            <p>Die Ausführung des Amtes des öffentlichen Notars – wenn das nicht in dem Dauerdienst
              des kirchlichen Gerichtes passierte – forderte relativ wenig Gebundenheit. Auch Magyi
              versuchte die vielen Möglichkeiten des Regierungsitzes, der kirchlichen Benefizien und
              der Wirtschaftsleben der umliegenden Städte auszunutzen. Um diese Zeit zog er von
              Óbuda nach Pest um, obwohl in einer undatierten Urkunde des Formelbuches er als
              Geschworene der unter grundherrlicher Herrschaft stehenden Siedlung Ráckeve erwähnt
                wird<note n="23" type="footnote">Johann Magyi unterzeichnete als Notar die Urkunde
                der Stadt Pest, die bei dem Friedensabschluss zwischen dem ungarischen König
                Vladislav II., dem römisch-deutschen Kaiser Friedrich III. und dem deutschen König
                Maximilian I. in Pressburg 1491 ausgestellt wurde. Siehe: Wien, Österreichisches
                Staatsarchiv, Haus-, Hof- und Staatsarchiv, Urkundenabteilung: Ungarische
                Urkundenabteilung, Rep. 16 329. Fotokopie: MOL DF 287339. Gy. Bónis, «Magyi János
                formuláskönyve...» S. 240-243.</note>. Die wichtigsten Urkunden aus den 1480-er
              Jahren beziehen sich auf die Stadt Pest. Die Menge der Pester Formel zeugt darüber,
              dass die Person, die die Urkunden kopierte, in der Kanzlei des Stadtrates arbeitete.
              Obwohl die Handschrift von Magyi in dieser Epoche auf den städtischen Ausfertigungen
              nicht identifiziert werden kann, die Tatsache, dass er seine Ernennung zum päpstlichen
              öffentlichen Notar am 25. Februar 1490 erhielt, lässt darauf schließen, dass er hier
              lebte und in Pest tätig war. Auf einer städtischen Urkunde vom 7. März 1492 finden wir
              die Unterschrift von Johann Magyi: wenn nicht früher, dann aber am Ende seines Lebens
              war er ganz sicher der Notar der Stadt Pest. Er stellte seine letzte Urkunde als
              öffentlicher Notar am 10. März 1493 aus.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Die Funktion des Formelbuches</head>
            <p>Wir können das Leben des Johann Magyi, und die wichtigsten Stationen seines Lebens
              aufgrund der erhalten gebliebenen Texte seines Formelbuches und aufgrund der Struktur
              des Buches rekonstruieren. Die Formelsammlung ist ein treuer Abdruck des Lebenslaufes
              und der Studien seines Zusammenstellers als Gelehrter (<emph>litteratus</emph>). Die
              Eintragungen folgen seine Lebensbahn ab den Arengen der Kapitelschule bis zur
              wirtschaftlichen und rechtlichen Dokumentensammlung der Stadt Pest, wo er seine
              Tätigkeit als öffentlicher Notar ausübte. Das Formularbuch beschäftigt sich – mit
              Ausnahme der Verwaltungsakten der mittleren Ebene – mit allen Gebieten des
              schriftlichen Rechtswesens seiner Epoche: es bietet Hilfe zur Zusammenstellung der
              Ausfertigungen der glaubwürdigen Orte an, zeigt Beispiele aus der Praxis der Kurie,
              enthält Dokumente der kirchlichen Gerichte und zeigt mehrere Aspekte der städtischen
              Schriftlichkeit. Es scheint, dass Magyi versuchte die schriftliche Praxis und die
              Charakteristik der Ausfertigungen von mehreren Ausfertigungsstellen kennenzulernen, um
              seinen gewählten Beruf als öffentlicher Notar besser auszuüben und die Aufträge seiner
              Mandanten vollständig auszuführen.</p>
            <p>Die im Titel erwähnte Sammlung (<emph>das Formelbuch des Notars Johann Magyi</emph>)
              ist also im weiteren Sinn, und nicht ausschließlich als Formelbuch des öffentlichen
              Notars Johann Magyi zu verstehen. Das jahrzehntelang gesammelte Dokumentenmaterial, in
              dem sich neben den Denkmälern seiner Beglaubigungstätigkeit auch die Texte anderer
              Urkundenausfertiger, früher zusammengestellte Sammlungen oder Unterrichtsmaterial
              befinden, vereinigt praktisch alle Typen der ungarischen Formelbücher in sich<note
                n="24" type="footnote">Zusammenfassung über die Typen und Weitergabe der
                Formelbücher siehe <emph>ibidem</emph>, S. 244-251.</note>. Neben diesem Aspekt
              spielt aber das Manuskript aus einer anderen Sicht eine wichtige Rolle. Das Ziel der
              Zusammenstellung der ähnlichen Mustersammlungen war die Erleichterung der Arbeit des
              Zusammenstellers. Die Sammlungen bewahren die wiederholenden Teile, stereotypen
              Formeln und rechtssichernden Klauseln der rechtlichen Texte auf, so braucht man die
              Urkunde nicht neu zu formulieren und auch die Präzision wird garantiert. Andererseits
              helfen diese Formelbücher in der Ausbildung der Notare: die Sammlungen waren
              Lehrbücher der Aktenausfertigung und auch Mittel des Jurapraktikums<note n="25"
                type="footnote">Über die Beziehung zwischen den Formelbüchern und dem
                Jurapraktikum siehe: György Bónis, <emph>Középkori jogunk elemei. Római jog, kánoni
                  jog, szokásjog</emph> [Die Elemente des mittelalterlichen ungarischen Rechts.
                Römisches recht, kanonisches Recht, Gewohnheitsrecht], Budapest, 1972, S. 143.
                ff.</note>. Johann Magyis Formelbuch ist ein exzellente Beispiel auch dafür.</p>
            <p>Die Sprache der rechtlichen Schriftlichkeit war bis 1844 in Ungarn die lateinische
              Sprache. Nicht nur die Dokumente der kirchlichen Gerichte, sondern auch die der
              staatlichen Gesetzgebung, der Gerichte und der öffentlichen glaubwürdigen Orte
              benutzten diese Sprache, die nicht mit der Muttersprache der Landesbewohner identisch
              war, und dadurch die gleichen Bedingungen für alle ethnischen Gruppen sicherte. Beim
              Erlernen der juristischen Ausdrücken – besonders dann, wenn in der mündlichen Praxis
              des Landtages, der Gerichte oder in der Verwaltung die Muttersprache (<emph>sermo
                vulgaris</emph>) die Hauptrolle spielte – war aber das vollständige Verständnis
              unumgänglich. In Magyis Buch finden wir die Erklärung zahlreicher lateinischen
              Ausdrücke am Rand der Seite auf Ungarisch übersetzt. Das vierzeilige Gedicht, das eine
              juristische Regel beschreibt, diente auch Unterrichtsziele, und gehört zu den ältesten
              Gedichten der ungarischen Literatur<note n="26" type="footnote"> Die neueste Studie
                über die Fragen der Muttersprache und der Schriftlichkeit des Rechtswesens siehe:
                László Solymosi, «Anyanyelv és jogi írásbeliség a középkori Magyarországon» [Native
                tongue and legal literacy in medieval Hungary], in: <emph>Történelmi Szemle</emph>,
                53 (2011), S. 479-501. Über Magyis Formelbuch und über die Rolle der ungarischen
                Sprache Ebda. S. 499-500, weiters Gy. Bónis, «Magyi János formuláskönyve...» S. 257.
                Über das vierzeilge juristische Regel: Balázs Kertész, «Magyi János formuláskönyve»
                [Das Formelbuch des Johann Magyi], in: <emph>„Látjátok feleim...” Magyar
                  nyelvemlékek a kezdetektől a 16. század elejéig. A Országos Széchényi Könyvtár
                  kiállítása. 2009. október 29–2010. február 28.</emph>, hg. von Edit Madas,
                Budapest, 2009, S. 249.</note>. Die Adressaten der in einigen notariellen Urkunden
              an der Stelle der Datenangaben dieser Urkunden eingetragenen Instruktionen, sollten
              wir auch unter den Benutzern, die das Formelbuch als Lehrbuch verwendeten, suchen. Das
              Manuskript trägt einen hohen Quellenwert nicht nur aus der Sicht der Rechts-, sondern
              auch der Literatur- und Kulturgeschichte.</p>
            <p>Der Kodex, der unter den spätmittelalterlichen archivarischen, aber nicht direkt
              rechtssichernden ungarischen Quellen als seltene Ausnahme erhalten geblieben ist, war
              das Hilfsmittel in der alltäglichen Arbeit eines in der Praxis arbeitenden Juristen
                (<emph>litteratus</emph>), das Dokument seiner Studien und fachlichen Entwicklung,
              später der Überträger seines erworbenen Wissens. Das Buch begleitete ihn durch sein
              Leben, und illustrierte die Abschnitte und Stationen seiner Laufbahn reichlich. Das
              ist ein Formelbuch, das als Muster verwendet wurde, ein Arbeitsbuch, in das er die
              interessantesten Texte laufend eintrug, und ein Lehrbuch mit den wichtigsten
              Kenntnissen des praktischen Rechtswesens für die jüngeren Mitarbeiter. Während seiner
              fachlichen Tätigkeit erweiterte Johann Magyi sein Wissen laufend, er lernte und
              studierte, und parallel dazu – als Teil seiner Arbeit – übergab er das erworbene
              Wissen. Das Vorgehen der juristischen Intelligenz des europäischen Mittelalters war
                ähnlich<note n="27" type="footnote">Über die praktische Erlernung der
                Urkundenformulierung in der europäischen Praxis siehe István Hajnal,
                  <emph>L’enseignement de l’écriture aux universités médiévales</emph>, 2. éd. par
                László Mezey, Budapest, 1959, S. 154. ff.</note>, so versicherte man nämlich im
              Rechtswesen das praktische Weiterführen des Gewohnheitsrechtes
                (<emph>consuetudo</emph>).</p>
            <p>Auf die Bedeutung des Kodexes weist auch die Tatsache hin, das die Rolle des
              Formelbuches – obwohl es sich nicht auf eine Institution oder Körperschaft, sondern
              gänzlich auf eine Person bezieht – mit dem Tod von Johann Magyi um 1493 nicht endete.
              Die letzten drei, inhaltlich gemischten Bögen des Kodexes – die die meisten
              ungarischen Glossen des Buches enthalten – zeigen die Spuren anderer Hände. Die leeren
              Stellen des Manuskriptes und auch die inneren Seiten der Einbände füllte man
              nachträglich mit Gedichten und mit Hausinschriften aus. Die Eintragungen beweisen,
              dass die späteren Eigentümer das Buch seinem originalen Bestimmung entsprechend
              solange verwendeten, bis dessen Inhalt aus dem rechtlichen und formalen Aspekt für
              zeitgemäß galt<note n="28" type="footnote">Über die ungarischen Eintragungen siehe:
                Antal Klemm, «A pécsi Nyírkállai-kódex magyar glosszái» [Die ungarischen Glossen des
                Nyírkállóer Kodexes aus Pécs], in: <emph>Pannónia</emph>, 3 (1937), S.
                264-275.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Zusammenfassung</head>
            <p>Das Formelbuch des öffentlichen Notars Johann Magyi aus dem 15. Jahrhundert ist
              offensichtlich mehr, als das, was wir über das Buch aufgrund des Titels denken können.
              Nicht nur die eng betrachteten Dokumenten aus der Praxis des öffentlichen Notars
              wurden in das Buch aufgenommen, es zeigt fast die Ganzheit der offiziellen
              Schriftlichkeit des spätmittelalterlichen Ungarns. Die Bedeutung des Buches ist groß,
              weil es nicht nur Aktenmuster beinhaltet, sondern durch seine Struktur und Glossen in
              das Alltagsleben eines mittelalterlichen Schriftgelehrten einen Einblick schafft. Die
              Exklusivität und Kuriosität des Formelbuches weckte die Interesse der Verleger schon
              im 18. Jahrhundert, doch wir schulden noch mit der modernen kritischen Edition.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part12">
        <front>
          <head>De la práctica diaria a la teoría de los formularios notariales<lb/> Comercio y
            mercado en la Sevilla del siglo XVI</head>
          <byline><docAuthor>Reyes Rojas García</docAuthor>, profesora sustituta interina, Universidad de Sevilla, Fac.
            Geografia e Historia, c/Maria de Padilla, s.n., E-41004 Sevilla. <ref
              target="mailto:reyes.rojas@mcu.es">reyes.rojas@mcu.es</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Resúmen</p>
          <p>La importancia de Sevilla en el mundo comercial medieval de la Península y el
            establecimiento en ella de la Casa de la Contratación en 1503, así como la creación del
            Consulado de cargadores a Indias en 1543, son factores determinantes en la producción
            documental de carácter mercantil que es expedida en esta ciudad por distintas
            instituciones. Sin embargo, en el caso de los escribanos públicos de Sevilla, éstos
            partían de una experiencia previa que les permitió adecuar las prácticas conocidas a las
            necesidades que aparecen en los primeros años del s. XVI. Estos cambios son recogidos y
            asimilados por ellos, dando lugar a tipologías documentales que evolucionan y a otras
            que van a surgir específicamente para dar respuesta a estas nuevas prácticas. Y así lo
            recoge, un siglo después, Tomás de Palomares en su <emph>Estilo nuevo de escrituras
              públicas</emph>, que pretende ser un tratado que enseñe a los escribanos cómo la
            experiencia previa y el conocimiento del trabajo del propio escribano público permiten
            desarrollar mejor las labores notariales.</p>
          <metamark rend="*"/>
          <quote>
            <p>“<emph>El que quisiere saber el arte y ofiçio de escriuano, conuiene mucho que se dé
                a ello con pluma en la mano, sosegado de espíritu, recogida su memoria, poniendo a
                Dios delante, de manera que, cuando de su boca salga la palabra, sea bien medida,
                pensada y verdadera</emph>”<note n="1" type="footnote">Tomás de Palomares,
                  <emph>Estilo nuevo de escrituras públicas donde el cvrioso hallará diferentes
                  géneros de contratos y aduertencias de las Leyes y Premáticas de estos Reynos y
                  las escrituras tocantes a las nauegación de las Indias, a cuya noticia no se deuen
                  negar los escriuanos</emph>, Sevilla: Simón Faxardo Arias Montano,
              1645.</note>.</p></quote>
          <p>El ambiente social y cultural en Europa, durante los siglos <num>xv</num> y
              <num>xvi</num> es muy intenso y está marcado por importantes acontecimientos que
            repercutirán, no sólo en el comienzo de una nueva concepción de la cultura, sino que
            darán paso a fundamentales cambios políticos. El descubrimiento y posterior colonización
            de América supuso importantes transformaciones políticas, económicas y sociales que
            sitúan a la ciudad de Sevilla en el centro neurálgico de muchos de los cambios que a lo
            largo de esta centuria se observan en el continente. En este sentido, el establecimiento
            de la Casa de la Contratación en la ciudad en 1503 dio lugar a un notable incremento de
            la actividad de los notarios, lógica consecuencia de la centralización del tráfico
            mercantil y de personas que este hecho supuso<note n="2" type="footnote">Enriqueta
              Vila Vilar, “El poder del dinero: la Casa y los Consulados de Sevilla y Cádiz”, en
                <emph>España y América un océano de negocios: quinto centenario de la Casa de la
                Contratación, 1503-2003</emph>: Catálogo de la Exposición celebrada en el Real
              Alcázar y Casa de la Provincia, Sevilla, Madrid, 2003, p. 147-160.</note>.</p>

          <div>
            <head type="h1">I. La práctica notarial: adaptación y transmisión</head>
            <p>Pero además, la concentración de mercaderes, banqueros y profesionales relacionados
              con las más diversas actividades mercantiles, amén de las actividades de carácter más
              local a que aquéllas dieron lugar, incrementó no sólo la clientela de los escribanos,
              sino la diversidad de contratos que pasaron ante ellos<note n="3" type="footnote"
                >. José Bono Huerta, “Nueva problemática negocial en la época del descubrimiento y
                el documento notarial hispalense”, <emph>Escribanos y protocolos notariales en el
                  descubrimientode América</emph>, Madrid, 1992, p. 71-79.</note>. Las nuevas
              necesidades negociales les obligaron, por un lado, a modificar tipos existentes y que
              conocían bien pero que tenían que adecuar a las recientes circunstancias económicas.
              Pero también estas particularidades mercantiles dieron lugar a tipos documentales
              nuevos, creados <emph>ex profeso</emph> para cubrir dichas necesidades<note n="4"
                type="footnote">Así lo plantea también Pedro Rueda Ramírez en "Escrituras de
                navegación a las Indias: el <emph>Estilo nuevo</emph> (1645) de Tomás de Palomares",
                  <emph>Congreso Internacional Litterae</emph> XI: <emph>Los escribanos en la
                  Monarquía Hispánica (Siglos</emph>
                <num>xvi</num>-<num>xvii</num>). 11 de septiembre de 2008. Universidad Carlos III de
                Madrid, aunque no llega a profundizar en los documentos notariales a los que
                alude.</note>.</p>
            <p>En definitiva, tuvieron que adaptarse a las nuevas exigencias económicas. Así lo
              vemos en los protocolos notariales, donde desde los primeros años del siglo
                <num>xvi</num> conviven tipologías heredadas de la tradición medieval como los
                fletamentos<note n="5" type="footnote">José Martínez Gijón, <emph>La práctica del
                  fletamiento de mercancías con las Indias (siglo</emph>
                <num>xvi</num>), Sevilla, 1984.</note>, con otras que se transforman y que, con el
              paso del tiempo, dan lugar a variantes específicamente creadas para satisfacer las
              necesidades de mercaderes e instituciones mercantiles instaladas en Sevilla y
                Cádiz<note n="6" type="footnote">Aunque centrado en unas tipologías concretas es
                fundamental el análisis que Mª Dolores Rojas Vaca realiza de estos modelos
                negociales mercantiles en la ciudad de Cádiz, <emph>El Documento marítimo-mercantil
                  en Cádiz (1550-1600). Diplomática notarial.</emph> Cádiz, 1996.</note> como las
              denominadas obligaciones a riesgo.</p>
            <p>A pesar de todo ello, la ciudad se enfrentó más a un aumento cuantitativo y
              cualitativo de los negocios que en ella se cerraban que a una verdadera tranformación
              económica, ya que desde el siglo <num>xiii</num> Sevilla fue uno de los principales
              centros mercantiles del sur europeo, con importantes relaciones con el norte de
              África, Portugal, las islas atlánticas y el Mediterráneo<note n="7" type="footnote"
                >. Enrique Otte, <emph>Sevilla y sus mercaderes a fines de la Edad Media</emph>,
                edición e introducción de Antonio-Miguel Bernal, Antonio Collantes de Terán,
                Sevilla, 1996.</note>. Ello supuso el establecimiento de colonias de mercaderes,
              sobre todo italianos, de agentes, casas comerciales o banqueros<note n="8"
                type="footnote">Ramón Serrera Contreras, “La Casa de la Contratación en Sevilla
                (1503-1717)” en <emph>España y América, un Océano de Negocios: Quinto Centenario de
                  la Casa de la Contratación, 1503-2003</emph>, Madrid, 2003, p. 49-50.</note> que
              dinamizaron la economía local y sentaron las bases de lo que significaría
              posteriormente la apertura de la Casa de la Contratación en ella.</p>
            <p>Entre estos cambios también destaca el papel de la escritura y la importancia que va
              adquiriendo para las instituciones y para los individuos, por la creciente necesidad
              de relación entre ellos, como mecanismo de transmisión sociocultural<note n="9"
                type="footnote">Danielle Marchesini define a la sociedad moderna como un grupo en
                el que hay que destacar dos aspectos básicos, por un lado la <emph>incompetencia
                  alfabética</emph> y, por otro, el <emph>alfabetismo restringido.</emph> En
                  <emph>Il bisogno di scrivere. Usi della scritura nell’Italia moderna</emph>, Roma,
                1992, p. 33-37.</note>. Hay interés, tanto de la población en general como de
              determinados sectores profesionales, de acudir a un profesional de la pluma para
              asentar por escrito sus relaciones y actividades.</p>
            <p>Y en este punto, precisamente, situamos a los escribanos, denominados por J. Verger
              como <emph>intelectuales intermediarios</emph>, es decir, que sin ser creadores, son
              el vehículo de difusión de determinados aspectos de la cultura erudita del momento,
              algo que adquiere un mayor valor por estar presentes en los más mínimos detalles de la
              vida privada de la sociedad del Antiguo Régimen<note n="10" type="footnote">Jacques
                Verger, <emph>Gentes del saber en la Europa de finales de la Edad Medida</emph>,
                Madrid, 1999, p. 180-182.</note>. Su formación, de carácter gremial, se basó, por un
              lado, en el aprendizaje de la gramática y, por otro, de las fuentes legales, ya fuesen
              del Derecho propio o común, necesarias para la escrituración de toda clase de negocios
              que el notario iba a tener que redactar en su tienda a lo largo de su carrera y, en
              muchas ocasiones, adaptar a los usos locales o a las necesidades de cada momento. Este
              aprendizaje se realizó al margen de la carrera académica, lo que le separa de otras
              profesiones de juristas y togados en las que la formación pasa obligatoriamente por la
              Universidad y que se encaminan al desarrollo de tareas de carácter público o privado a
              niveles mucho más elevados dentro la administración<note n="11" type="footnote">J.
                Verger considera que la Universidad constituye otro nivel mucho más restrictivo y
                selecto, <emph>Gentes del saber</emph>…, p. 80. La misma idea es desarrollada en
                “Sociabilités et solidarités étudiantes dans les universités du Midi de la France au
                Moyen Âge” en <emph>Cofradías, gremios y solidaridades en la Europa medieval</emph>,
                XIX Semana de Estudios Medievales, Estella, 20 a 24 de julio de 1992, 1993,
                p. 203-224.</note>.</p>
            <p>Incidiendo en este aspecto, Tamar Herzog considera que en la época eran conscientes
              de que los escribanos públicos no eran las personas que interpretaban el derecho, sino
              tan sólo aquéllos que ejecutaban los preceptos ya cuestionados por los juristas, de
              manera que tenían un concepto más bien artesanal del oficio<note n="12"
                type="footnote">T. Herzog, <emph>Mediación, archivos y ejercicio. Los escribanos
                  de Quito (siglo XVII).</emph> Frankfurt, 1996, p. 36.</note>, es decir, como
                <emph>juristas prácticos</emph><note n="13" type="footnote">J. Bono Huerta, Carmen
                Ungueti, <emph>Los Protocolos Sevillanos de la época del descubrimiento</emph>,
                Sevilla, 1986, p. 28.</note>.</p>
            <p>Este aprendizaje en los oficios se realizó, fundamentalmente, sobre la base de los
              protocolos notariales de cada una de las escribanías, auténticos formularios
              notariales en los que poder encontrar todas las casuísticas posibles<note n="14"
                type="footnote">Así lo vemos en las carreras profesionales de escribanos
                sevillanos como los Castellanos en R. Rojas García, “Una escribanía pública
                sevillana: Francisco de Castellanos (1512-1533)” en <emph>Estudis Històrics i
                  Documents dels Arxius de Protocols</emph>, XXVI, Barcelona (2008), p. 191-230, y
                en Juan Álvarez de Alcalá en Mª Luisa Pardo Rodríguez, “Escribir y prosperar en
                Sevilla: el notario Juan Álvarez de Alcalá (1500-1518)”, en <emph>Historia,
                  Instituciones, Documentos</emph>, 3, Sevilla (2009), p. 333-369.</note>. Pocas
              obras de carácter jurídico encontramos en los inventarios de bienes <emph>post
                mortem</emph> de los escribanos públicos de Sevilla en esta época, aunque también es
              cierto que estos inventarios recogen en su mayoría los bienes que los escribanos
              poseían en sus casas y no en sus oficios. En los 15 testamentos e inventarios
              recogidos entre 1507 y 1560, tan sólo se encuentran unos pocos libros en poder de los
              notarios y, de ellos, hay tan sólo un ejemplar de las Partidas de Alfonso X<note
                n="15" type="footnote">Leg. 3891, 1519, agosto: Juan Núñez, testamento de Fernando
                Ruiz de Porras.</note> y los libros de abogacía y derecho que fueron propiedad de
              Mateo de la Cuadra<note n="16" type="footnote">Leg. 3246, fol. 39v-41, 1520, mayo,
                4: Francisco de Castellanos, testamento de Mateo de la Cuadra.</note>, uno de los
              pocos escribanos que en este momento poseían el título de Bachiller. Es probable que,
              al igual que Fernando Ruiz de Porras tenía un ejemplar de la Tercera Partida en su
              casa, los notarios tuviesen en sus tiendas algún ejemplar de determinados formularios
              notariales al uso e, incluso, alguna obra específica de <emph>Ars Notariae.</emph></p>
            <p>Es importante destacar que, aunque el uso de los formularios les permitió tener
              siempre a mano una guía con la que poder solventar dudas sobre temas concretos,
              ninguno se adecuó completamente a las necesidades de un profesional que diariamente se
              enfrentaba a la más diversa casuística y que tuvo que amoldarse a las necesidades de
              la sociedad a la que sirvió<note n="17" type="footnote">R. Rojas García, “La
                literatura notarial castellana durante el siglo y su difusión en América”,
                  <emph>Nuevo Mundo Mundos Nuevos</emph>, Debates, 2012, [En línea], puesto en línea
                el 30 enero 2012. URL: <ref target="http://nuevomundo.revues.org/62407"
                  >http://nuevomundo.revues.org/62407</ref>. [Consultado el 20 junio 2012].</note>.
              La proliferación en el siglo <num>xvi</num> de estas obras, ya convertidas en
              auténticos tratados de <emph>Ars Notariae</emph>, frente a las recopilaciones de
              fórmulas que encontramos durante la Edad Media y hasta mediados de la decimosexta
              centuria, nos indica un auténtico interés por parte de estos profesionales por
              divulgar los entresijos de su profesión, tanto en lo referido a cómo han adquirido sus
              conocimientos, como al desarrollo de su trabajo a través de las fórmulas y documentos
              que recopilan y analizan<note n="18" type="footnote">Diferimos en este punto de la
                opinión de P. Rueda Ramírez en "Escrituras de navegación a las Indias...”, p. 422,
                sobre la escasez de publicaciones de este tipo en el “entorno corporativo de los
                notarios”, dado que el siglo <num>xvi</num> nos ofrece numerosos formularios y
                tratados notariales en toda la corona Castellana, alguno de los cuales van a tener
                una amplísima difusión geográfica y se van a utilizar durante todo el Antiguo
                Régimen, como sucede con las obras de Gabriel de Monterroso y Alvarado o con la de
                Diego de Ribera.</note>.</p>
            <p>Y es este anhelo de adecuar las necesidades de escrituración a nuevos modelos de
              escrituras lo que lleva a Tomás de Palomares a publicar su <emph>Estilo nuevo de
                escrituras públicas</emph> en 1645. Pero este formulario notarial, que sale a la luz
              siglo y medio después del establecimiento de la Casa de la Contratación en la ciudad
              no va introducir muchas novedades en la escrituración de los documentos mercantiles
              relativos al comercio indiano, sino que recopila y trata de difundir una práctica
              escrituraria que los escribanos públicos de Sevilla llevaban a cabo ya en estos
              primeros años del siglo <num>xvi</num> y que sí supuso una transformación de ciertas
              escrituras para adaptarlas a las necesidades generadas por las actividades de esta
              nueva institución que controló el tráfico de mercancías y personas a las Indias<note
                n="19" type="footnote">E. Vila Vilar, “El poder del dinero…”, p. 147-160.</note> y
              que, desde su creación, acumuló importantes facultades, atrayendo a grandes mercaderes
              que actuaron como inversores en la empresa indiana y que trasladaron sus negocios a
                Sevilla<note n="20" type="footnote">Marta García Garralón, <emph>La Universidad de
                  Mareantes de Sevilla (1569-1793)</emph>, Sevilla, 2007.</note>.</p>
            <p>Este hecho es fundamental para entender cómo una institución que puede parecer
              inmovilista si se estudia de una forma global y no se desciende a la práctica diaria,
              planteó y desarrolló de forma sutil y continua unos cambios que, con el tiempo, fueron
              recogidos por los formularios editados y que tuvieron un marcado carácter
              localista.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. El tratado de Tomás de Palomares</head>
            <p>El tratado de Tomás de Palomares, <emph>Estilo nuevo de escrituras
                públicas</emph><note n="21" type="footnote">T. de Palomares, <emph>Estilo
                  nuevo…</emph></note>, editado en 1645, recoge toda una serie de documentos de tipo
              mercantil, modificados por el uso y las necesidades de los escribanos hispalenses y
              gaditanos durante la centuria anterior y en cuyo proemio se expresa en los siguientes
              términos para justificar la importancia y el interés de su obra para sus colegas, no
              sólo sevillanos, sino gaditanos:</p>
            <quote>
              <p>“<emph>Necesitaua nuestra edad de quien moderasse lo que, siendo en las pasadas
                  obligación, oy es abuso en ella. A este cuidado dediqué mi pluma, deseoso de
                  servir a los que en semejante profesión se emplean. De los antiguos ninguno nos
                  enseñó el méthodo de las escrituras y contratos tocantes a la nauegación de las
                  Indias, que por más particulares, trato dellas en este libro</emph>…”.</p></quote>
            <p>El autor, cuya carrera profesional desarrolla entre 1628 y 1663, escritura en la
              escribanía que anteriormente habían regentado Pedro Tristán o Andrés de Toledo y sobre
              cuyos protocolos había aprendido los entresijos del oficio pero que, además, había
              procurado profundizar el conocimiento de los principales aspectos jurídicos y
              formulísticos para mejorar, no solo su trabajo sino poder transmitir estos
              conocimientos. Así, se puede leer en el <emph>proemio</emph> de su obra una abierta
              crítica al escaso interés de muchos de sus colegas por aprender los fundamentos del
              oficio y quedarse en meros repetidores de cláusulas aprendidas por repetición,</p>
            <quote>
              <p>“<emph>En muchas partes del Reyno se acostunbra, que sin trabajar ni estudiar vsan
                  los escriuanos a rienda suelta sus oficios, de donde está senbrada toda torpeza y
                  barbaria, al contrario de otros reynos estraños, donde los escriuanos son latinos
                  y leydos.</emph></p>
              <p><emph>Por lo qual en las escrituras y contratos de Patronazgo, Mayorazgo y testamentos y
                autos judiciales y extrajudiciales, se causan muchos errores, nulidades, faltas y
                contrariedades, por la mala orden y poco saber de los escriuanos que quieren vsar lo
                que no entienden a casusa de que, quando se examinan, los más se contentan con saber
                de coro la cabeça de vn poder, y de una obligación y de vna venta mal ordenada y,
                aún éstas, pasado el examen, las oluidan.</emph></p>
              <p><emph>Pero por ganar dineros fingen lo que no son y, generalmente vsan de toda
                  diuersidad de escrituras a tuerto y sin derecho, porque igualmente saben
                  todas</emph>”<note n="22" type="footnote">T. de Palomares, <emph>Estilo
                    nuevo…</emph> En la introducción que hace <emph>El autor a los
                  esciuanos.</emph></note>. </p></quote>
            <p>Y quizás por eso su obra se centra fundamentalmente en aquellas tipologías surgidas o
              transformadas como consecuencia de los nuevos negocios que se establecen en la ciudad
              en las primeras décadas del siglo <num>xvi</num> y que los escribanos hispalenses y
              gaditanos fueron modificando en función de sus necesidades.</p>
            <p>El primer bloque de escrituras que Palomares incluye en su obra lo dedica a la
                <emph>Práctica de obligaçiones y resguardos</emph><note n="23" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, fol. 15-17v.</note>. Comienza analizando la estructura
              básica de estos contratos, de los que dice que están compuestos por dos elementos:
                “<emph>la vna es las condiciones y conformidad de las partes que contratan entre sí;
                la otra, en las renunciaciones de las leyes que los tales contratos, según sus
                géneros, deuen lleuar para su validación</emph>”, para pasar a definir los distintos
              tipos de obligaciones.</p>
            <p>Dentro de éstos distingue un tipo de contrato, que encontramos en los protocolos de
              los escribanos como <emph>Deuda de riesgo</emph><note n="24" type="footnote"
                >. Documento nº 1.</note> y Palomares lo llama <emph>Obligación a riesgo de
                Nao</emph><note n="25" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 21.</note>. El
              autor las define como “<emph>las obligaciones que se hazen por los mercaderes y
                nauegantes de la carrera de Indias</emph>” de una forma específica, haciendo
              referencia a aquellos contratos denominados “<emph>a riesgo de nao</emph>” en los que
              se hace un préstamo en el que se arriegan los aparejos y pertechos de una nao para
              realizar un viaje a las Indias. En este contrato el maestre se compromete a pagar la
              deuda, que siempre se encuentra avalada por la Casa de la Contratación, que establece
              las condiciones del contrato, y por el “<emph>Prior y Cónsules de la Vniversidad de
                los Mareantes cargadores a las Indias della</emph>”<note n="26" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, fol. 17v.</note>. En virtud de dicho permiso se otorga la
              escritura, declarando cómo se corre el riesgo sobre la eliminar dicha nao, que se
              convierte en aval del préstamo<note n="27" type="footnote">Manuel Ravina Martín, “El
                riesgo marítimo en la carrera de Indias”, en <emph>Documentación y Archivos de la
                  Colonización Española</emph> (Semana Internacional de Archivos, La Rábida, 8-12 de
                octubre de 1979), t. II, Madrid, 1980, p. 103-157. </note>.</p>
            <p>A continuación de las obligaciones, Palomares se centra en los Poderes, muchos de los
              cuales son específicos de escrituras mercantiles y orientados a complementar las
              transacciones realizadas en América, tanto de particulares, como en nombre de la Casa
              de la Contratación o el Consulado de Mercaderes, sito también en Sevilla en un primer
              momento y trasladado junto a la Casa a Cádiz en el siglo <num>xviii</num>
              <note n="28" type="footnote">Antonia Heredia Herrera, <emph>Casa de la Contratación
                  y Consulado de Cargadores a Indias: afinidad y confrontación</emph>, Sevilla,
                2003.</note>. En este sentido, encontramos en el formulario de Palomares, junto a
              los poderes generales y especiales de tipo genérico, otros como el <emph>Poder para
                cobranças en las Indias</emph>, o el <emph>Poder para sacar plata u otros objetos de
                la Casa de la Contratación.</emph></p>
            <p>En el capítulo dedicado a las escrituras relacionadas con las actividades
              mercantiles, el autor incluye la <emph>Compañía</emph>, que define siguiendo a Las
              Partidas y explica en cuanto a su contenido negocial, las características principales
              que este contrato ha de tener y las condiciones que debe incluir. A continuación
              expone las partes del documento de forma pormenorizada e, incluso, aporta variantes en
              relación a su estructura formal.</p>
            <p>Dentro de este grupo de escrituras relativas a diversas transacciones comerciales o
              mercantiles con las Indias, se incluyen las <emph>Fianzas.</emph> Entre ellas
              encontramos las denominadas <emph>Fianzas u obligación de maestraje de nao</emph><note
                n="29" type="footnote">T. de Palomares, <emph>Estilo nuevo</emph>…,
                fol. 32.</note> en la que uno de los otorgantes presta una cantidad a otro en
              calidad de fianza sobre cualquier eventualidad que pueda suceder en el trayecto al
              cargamento de la nao y que éste debe pagar al fiador una vez que llega a puerto y que
              haya vendido el flete.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Análisis documental</head>
            <p>Hemos centrado el análisis documental en tres tipologías definitorias del periodo en
                cuestión<note n="30" type="footnote">Asimismo, hemos descartado otras que, aunque
                representativas de las escrituras mercantiles, han sido previamente analizados. Esto
                sucede con los fletamentos, perfectamente descritos por Mª D. Rojas Vaca para esta
                misma época en la ciudad de Cádiz en <emph>El Documento
                marítimo-mercantil…</emph></note> y sobre ellas tratamos de ver cómo los contratos
              que Palomares incluye en su tratado, con variantes y modificaciones producto del paso
              del tiempo, son el reflejo de una actividad mercantil que no es exclusiva del siglo
                <num>xvi</num>, sino heredera de lo que los escribanos públicos de Sevilla habían
              escriturado ya a comienzos de la decimosexta centuria.</p>
            <p>En cuanto a la llamada <emph>Deuda de riesgo u obligación a riesgo de nao</emph><note
                n="31" type="footnote">Documento nº 1; incluido en el <emph>Estilo nuevo</emph>…,
                fol. 21v.</note>, podemos decir que es un contrato realizado de forma específica
              para el desarrollo de las actividades mercantiles con América y que se realiza, según
              afirma Palomares<note n="32" type="footnote">T. de Palomares, <emph>Estilo
                  nuevo</emph>…, fol. 17v.</note>, por un lado, previa autorización del Consulado de
              Mercaderes y, por otro, bajo las ordenanzas de la Casa de la Contratación:</p>
            <quote>
              <p>“<emph>En las obligaçiones que se hazen por los mercaderes y nauegantes de la
                  carrera de las Indias quando se obligan a pagar qualesquier contías de maravedís
                  en alguna parte de las Indias […], no se permite en Seuilla hazer ni otorgar
                  escritura de obligación a riesgo de nao sino fuere con permisión y licencia que
                  para ello se diere por los dichos Prior y Cónsules a los maestres de naos. La qual
                  se les da y concede en cantidad limitada para efeto de aparejar y peltrechar su
                  nao, para hazer viaje a las Indias y en virtud de la dicha permisión se otorga la
                  escritura, declarando cómo se corre el riesgo sobre la dicha su
              nao</emph>”.</p></quote>
            <p>Sin embargo, a pesar de la especificidad de su contenido, en su desarrollo
              formulístico presenta muchas similitudes con los reconocimientos de deuda, numerosos
              en los protocolos notariales desde el siglo <num>xiii</num> y del que se recoge un
              modelo en Las Partidas<note n="33" type="footnote"><emph>Las Partidas</emph>, III,
                  <num>xviii</num>, 70.</note>, pero con cláusulas propias de este tipo mercantil,
              incluidas para amoldarlo a las nuevas exigencias económicas. Entre las cláusulas
              específicas que incluye destacamos la declaración del riesgo que se corre sobre la nao
              asegurada y su mercancía:</p>
            <quote>
              <p>“<emph>E van a riesgo e ventura estos dichos trezientos e quarenta duados de oro
                  deste dicho debdo de vos el dicho Françisco Miguel de Salamanca sobre las
                  mercadurías e cosas que yo, el dicho liçençiado llevo cargadas en la dicha nao e
                  sobre la dicha nao e fletes e aparejos della, e sobre</emph><note n="34"
                  type="footnote"><emph>Tachado</emph>: todo.</note>
                <emph>lo mejor parado que de todo ello se saluare de mar e de viento de mala gente e
                  de otros</emph><note n="35" type="footnote"><emph>Tachado</emph>:
                  qualesquier.</note>
                <emph>peligros</emph> &lt;<emph>qualesquier</emph>&gt; <emph>que acaesçer puedan,
                  eçebto de baratería de pago e comendatario e mudança de viaje</emph>”.</p></quote>
            <p>El documento que incluimos en el apéndice, procedente del protocolo del año 1530 de
              Íñigo López, observa un desarrollo similar al modelo del formulario de Palomares,
              salvo que le faltan las fórmulas de permiso de la Casa de la Contratación y del
              Consulado de Mercaderes, que probablemente comenzarían a incluirse más adelante, sobre
              todo teniendo en cuenta que el propio Consulado no se crea hasta 1543<note n="36"
                type="footnote">A. Heredia Herrera, <emph>Guía de los fondos del Consulado de
                  cargadores a Indias</emph>, Sevilla: [s.n.], 1977.</note>.</p>
            <p>El documento nº 2 es un <emph>poder especial</emph> otorgado por Gonzalo de Jerez a
              Juan de Santacruz Polanco para que, en su nombre, cobre de los jueces de la Casa de la
              Contratación unas cantidades de oro que trajo de las Indias<note n="37"
                type="footnote">Documento nº 2.</note>.</p>
            <p>El desarrollo del documento no difiere de cualquier otro poder especial, aunque su
              contenido se va especializando hasta que Palomares lo incluye como tipo específico
              dentro de los contratos relativos a las relaciones mercantiles ultramarinas,
              denominado en su formulario como <emph>Poder para sacar plata de la Casa de la
                Contratación</emph><note n="38" type="footnote">T. de Palomares, <emph>Estilo
                  nuevo</emph>…, fol. 41v.</note>.</p>
            <p>En la obra de Palomares los poderes ocupan un lugar fundamental. Como es sabido, es
              un documento que capacita a un individuo, <emph>apoderado</emph>, para actuar frente a
              terceros en nombre de otro, <emph>poderdante</emph> y puede dividirse, en función de
              su objeto, en poder judicial o extrajudicial y, según el apoderado tenga una mayor o
              menor capacidad de actuación, en especial o general<note n="39" type="footnote">Luis
                Díez-Picazo, Antonio Gullón, <emph>Sistema de Derecho Civil</emph>, t. I, Madrid,
                1982, p. 620.</note>. Sin embargo, la forma más frecuente en la que lo encontramos
              en los protocolos sevillanos es aquélla que unifica los dos tipos de poderes, de forma
              que un mismo poder puede ser especial para una función determinada y general para
              pleitos, siendo la mayoría de ellos especiales para cobrar deudas o recibir
              mercancías. En el <emph>Estilo nuevo</emph> son definidos en cada una de sus partes
              estructurales siguiendo el esquema que Las Partidas<note n="40" type="footnote"
                  >. <emph>Las Partidas</emph>, III, <num>v</num>.</note> incorporan aunque se
              centra, fundamentalmente en los poderes especiales, dentro de los que incluye estos
              modelos específicos del comercio indiano de los que plantea una serie de
              variantes.</p>
            <p>Un tipo de poder que sí encontramos en los protocolos de comienzos del siglo
                <num>xvi</num> pero que con el paso del tiempo es sustituido por otros contratos de
              carácter más específico, es el <emph>Poder para pasar esclavos a Indias</emph><note
                n="41" type="footnote">Documento nº 3.</note>. Palomares no incluye en su tratado
              este modelo documental, aunque los contratos referidos a las transacciones con
              esclavos se materializan en varios modelos como la venta corriente, la venta de
              esclavo asegurado y sin asegurar, el otorgamiento de un pasaporte para un esclavo o la
              práctica de la alhorría<note n="42" type="footnote">T. de Palomares, <emph>Estilo
                  nuevo</emph>…, fol. 213-215v.</note>.</p>
            <p>La ausencia en el <emph>Estilo nuevo</emph> de este tipo documental se debe, quizás,
              a la implantación y desarrollo de la política de Asientos de negros en América<note
                n="43" type="footnote">Este es un tema muy analizado por la bibliografía, entre la
                que destacamos las obras de Georges Scelle, <emph>La traite négrière aux Indes de
                  Castille</emph>, Paris, 1906; José A. Saco, <emph>Historia de la
                Esclavitud</emph>, 4 vols., Madrid, 2009; E. Vila Vilar, <emph>Hispanoamérica y el
                  comercio de esclavos</emph>, Sevilla, 1977; María Luisa Vega Franco, <emph>El
                  tráfico de esclavos con América: (asientos de Grillo y Lomelin, 1663-1674)</emph>,
                Sevilla, 1984; Lutgardo García Fuentes, “Licencias para la introducción de esclavos
                en Indias y envíos desde Sevilla en el siglo <num>xvi</num>”, en <emph>Anuario de
                  Historia de América Latina</emph>, 19 (1982), p. 1-46, y “La introduccion de
                esclavos en Indias desde Sevilla en el siglo <num>xvi</num>”, en <emph>Andalucía y
                  America en el siglo</emph>
                <num>xvi</num>: actas de las II Jornadas de Andalucía y América, [celebradas en la]
                Universidad de Santa María de la Rábida, marzo, 1982, coord. por Bibiano Torres
                Ramírez, José J. Hernández Palomo, t. I,, 1983, p. 249-274.</note>, monopolizada por
              comerciantes extranjeros como los genoveses, a quienes se les hace la primera
              concesión en 1516 o los portugueses, que se hacen con el monopolio hasta 1640.</p>
            <p>El último documento que analizamos es la <emph>Fianza a la Casa de la
                Contratación</emph><note n="44" type="footnote">Documento nº 4.</note>, que es un
              contrato específico con los oficiales de la Casa de la Contratación en el que varias
              personas, entre las que encontramos a varios personajes de cierta relevancia en la
              ciudad, como el propio Américo Vespucho, se convierten en fiadores de un viaje
              contratado con la Casa y la Corona que va a realizar, en este caso el comerciante y
              descubridor Diego de Nicuesa. En su contenido negocial vemos un desarrollo más
              sencillo en los protocolos de principios del siglo <num>xvi</num> que en el
              formulario, pero su estructura es, en general, similar en ambos casos. El formulario
              añade ciertos aspectos como consecuencia del mayor desarrollo que adquiere la práctica
              mercantil en el siglo <num>xvii</num>.</p>
            <p>En el siglo <num>xvi</num> es frecuente encontrar en determinados tipos documentales
              cláusulas de fianza en las que un tercero se compromete a responder por la deuda
              contraída por el otorgante, sin embargo, en algunos casos se puede hablar de la
                <emph>fianza</emph> como un tipo en sí mismo<note n="45" type="footnote">P. Ostos
                Salcedo, <emph>Registros notariales de Sevilla (1441-1442)</emph>, Sevilla, 2010,
                p. 54.</note>, cuando una persona, que se constituye en fiadora del deudor principal
              de la obligación, asume ante el acreedor la deuda contraída por aquel<note n="46"
                type="footnote">Diego de Ribera, <emph>Escripturas y orden de particion y cuenta,
                  y de residencia judicial, ciuil y criminal. Con vna instruccion particular a los
                  escriuanos del Reyno</emph>, editado en Granada en 1563 en casa de Rene Rabut,
                fol. 153. Utilizamos la versión digital de la Universidad de Granada (<ref
                  target="http://adrastea.ugr.es/">http://adrastea.ugr.es</ref>).</note>, aunque su
              estructura es semejante al reconocimiento de deuda.</p>
            <p>En estos casos, el fiador puede actuar solo, asumiendo por entero el pago frente al
              acreedor, es decir, de forma subsidiaria<note n="47" type="footnote">Mª Amparo
                Moreno Trujillo, “Tipología y estudio diplomático de un protocolo notarial del siglo
                  <num>xvi</num> (Huelma, 1569)”, en <emph>Boletín de Información de la Academia
                  Granadina del Notariado</emph>, (segunda época), separata nº 3, Granada, 1983,
                p. 62.</note>, o puede realizar el mismo conjuntamente, o de forma solidaria, con el
              deudor o deudores principales, en cuyo caso se incluye una cláusula de mancomunidad y
              otra de renuncia. De esta forma el fiador se obliga a cumplir con las mismas
              condiciones con las que se comprometió el deudor en el contrato en el que adquirió la
              obligación y, para su cumplimiento, se obliga bajo sanciones de carácter material.</p>
            <p>En estos casos el desarrollo de la fianza tan sólo difiere del reconocimiento de
              deuda, por un lado, en que en la intitulación se especifica quién es el deudor
                (<emph>como prinçipal obligado</emph>) y el fiador (<emph>como su fiador</emph>),
              incluyendo la fórmula de solidaridad y, por otro, en la cláusula de <emph>renuncia a
                los beneficios de excusión</emph>, específica de estos tipos documentales, en los
              que se establecen estipulaciones solidarias entre deudor y fiador<note n="48"
                type="footnote">J. Bono Huerta, “<emph>Initia clausularum.</emph> La abreviación
                de cláusulas en el documento notarial”, <emph>Rvbrica. Paleographica et Diplomatica
                  Studia</emph>, IV, Barcelona (1990), p. 92.</note> (<emph>como su fiador syn que
                contra el dicho Alonso Garçía se haga escusión; fiador syn façer
              escusyon</emph>).</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusión</head>
            <p>La práctica diaria a la que enfrentaron los escribanos públicos durante las primeras
              décadas del siglo <num>xvi</num> como consecuencia del desarrollo del comercio
              americano y la creación de nuevas instituciones que generaron necesidades especiales
              de escrituración, planteó numerosos cambios que, una vez asimilados y amoldado a las
              necesidades diarias, fueron con el tiempo, plasmados en nuevos modelos de contratos
              que, finalmente, recogen los formularios editados.</p>
            <p>En el caso del <emph>Estilo nuevo de escrituras públicas</emph> de Tomás de
              Palomares, nos encontramos con un tratado que tuvo un marcado carácter práctico y que
              trata de recopilar la tradición escrituraria sevillana transformada por la práctica
              mercantil americana. Pero, además, recupera e incluye en su desarrollo no solo los
              aspectos más generales que establecen los tratados anteriores, las principales obras
              jurídicas o las leyes aplicables en cada caso, sino los usos locales más
              específicos.</p>
            <p>Una de las principales ventajas que encontramos en este tratado en relación con otros
              de carácter más general es que el propio autor es partícipe activo de los cambios, los
              ha vivido y experimentado y trata de plantear una obra útil a sus colegas de profesión
              ante la falta de una formación que él considera necesaria y que no reciben
                suficientemente<note n="49" type="footnote">Algunas prácticas desviadas de la
                norma y fruto de los usos locales sevillanos los detectamos en R. Rojas García, “La
                práctica diaria de los escribanos públicos de Sevilla. El manual de Pedro de
                Castellanos”, en <emph>El Notariado Andaluz. Institución, práctica notarial y
                  archivos. Siglo</emph>
                <num>xvi</num>. Granada, 2011, p. 183-207.</note>. Por ello en el proemio de su
              tratado incide en que él ha aprendido con la práctica diaria y ha profundizado en los
              tratados anteriores, pero que, sobre todo, la piedra angular de su conocimiento
              procede del trabajo diario del escribano y de los protocolos notariales de sus
              antecesores en el oficio, donde encuentra los cambios que poco a poco van a ser
              admitidos como nuevos contratos o variantes de los ya existentes.</p>
            <p>Finalmente, es importante señalar cómo Palomares se centra en la elaboración de su
              obra sobre todo en Las Partidas y que, aún en el siglo <num>xvii</num> su formulario
              sigue estando tan vigente como en el momento de su edición, tal y como lo plantea Mª
              Luisa Pardo en su aportación a esta obra, lo que supone la evidencia de la continuidad
              de la tradición castellana en la práctica notarial moderna, que pervive hasta la Ley
              del Notariado de 1862.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Apéndice</head>
            <div>
              <head type="h2">documento nº 1</head>
              <p>1530, julio, 28. Sevilla.</p>
              <p><emph>Alonso Maldonado, oidor de la Real Audiencia de México, y
                  Domingo de Alvarado, maestre de nao, deben a Francisco Miguel de Salamanca,
                  mercader, trescientos cuarenta ducados de oro que son a riesgo de la mercancía
                  cargada en la nao.</emph></p>
              <p><emph>A.</emph> Archivo Histórico Provincial de Sevilla, Sección
                Protocolos Notariales, L. 11514.</p>
              <p>Sepan<note n="50" type="footnote"><emph>En la inicial</emph>: De
                  riego. Indias.</note> quantos esta carta vieren cómo yo, el liçençiado Alonso
                Maldonado, oydor de la Abdiençia Real de la çibdad de México, que es en la Nueva
                España, estante al presente en esta çibdad de Seuilla, e yo, Domingo Aluarado, señor
                e maestre de la nao que Dios salue, nonbrada Los Tres Reyes, que al presente está
                surta en el puerto de las Muelas del dicho río de Guadalquivir desta çibdad de
                Seuilla para seguir este presente viaje que agora haze con la buena aventura al
                puerto de San Juan de Lúa<note n="51" type="footnote"><emph>Sic</emph> por
                  Ulúa.</note> que es en la dicha Nueva España. Nos anbos a dos a dos<note n="52"
                  type="footnote"><emph>Sic.</emph></note> de mancomún e a boz de vno e cada vno
                de nos por el todo, reunuçiando el <emph>abténtica de duobus rei debendi</emph> y el
                benefiçio de la divisyón e las otras leyes e fueros e derechos que hablan en razón
                […] mancomunidad, otorgamos e conosçemos que devemos dar e pagar a vos, Françisco
                Miguel de Salamanca mercader, vezino desta dicha çibdad de Seuilla en la collaçión
                de Santa María Madalena, que estades presente e a quien esta carta por vos mostrare
                o vuestro poder oviere, trezientos e quarenta ducados de buen oro de justo peso de a
                trezientos e setenta e çinco maravedís cada vno. Los quales son de préstamo que
                prestastes por nos hazer plazer e buena obra para último despacho nuestro e para
                mercadurías e cosas que ye, el dicho liçençiado, llevo cargadas en la dicha nao e
                para [guar]nerçimiento e abasteçimiento e último despacho de la dicha nao e gente e
                compaña de […] este dicho presente viaje.</p>
              <p>E los resçibimos de vos realmente e con efeto, contados ante el
                escriuano público e testigos yuso escriptos en ducados de a dos cada vno. E son en
                mi poder de que so contento e nos otorgamos de vos por bien contentos e pagados y
                entregados a toda nuestra voluntad. E renunçiamos que no podades dezir ni alegar que
                los no resçibimos de vos como dicho es, e si lo dixéremos e alegáramos que nos no
                vala en tal razón en juizio ni fuera de él en tiempo alguno ni por alguna
                manera.</p>
              <p>E van a riesgo e ventura estos dichos trezientos e quarenta duados de
                oro deste dicho debdo de vos el dicho Françisco Miguel de Salamanca sobre las
                mercadurías e cosas que yo, el dicho liçençiado llevo cargadas en la dicha nao e
                sobre la dicha nao e fletes e aparejos della, e sobre<note n="53" type="footnote"
                    >. <emph>Tachado</emph>: todo.</note> lo mejor parado que de todo ello se
                saluare de mar e de viento de mala gente e de otros<note n="54" type="footnote"
                    >. <emph>Tachado</emph>: qualesquier.</note> peligros &lt;qualesquier&gt; que
                acaesçer puedan, eçebto de baratería de pago e comendatario e mudança de viaje,
                desde el día e ora que la dicha nao partiere deste dicho puerto donde agora está e
                se haziere a la vela e fuere derechamente syguiendo su viaje hasta su llegada la
                dicha nao al puerto de San Juan de Lúa. E allí llegada echare la primera ancla e
                pasaren veynte e quatro oras naturales conplidas primeras syguientes contra el dicho
                riesgo contra vos el dicho Françisco Miguel de Salamanca e no más &lt;haziendo
                  este<note n="55" type="footnote"><emph>Resto de la frase
                ilegible.</emph></note>&gt;. Los quales dichos dichos<note n="56" type="footnote"
                    >. <emph>Sic.</emph></note> trezientos e quarenta ducados de oro deste dicho
                debdo prometemos e nos obligamos vos lo dar e pagar en el dicho puerto de San Juan
                de Lúa en paz y en saluo son pleito e sin contyenda alguna a vos, el dicho Françisco
                Miguel de Salamanca o a quien el dicho vuestro poder oviere desde el día//<hi
                  rend="sup">1r</hi> e ora que la dicha nao allí llegare en quinze días conplidos
                primeros syguientes en oro<note n="57" type="footnote"><emph>Tachado</emph>:
                  fundido e marcado.</note> &lt;de minas&gt; de la postrera fundiçión<note n="58"
                  type="footnote"><emph>Tachado</emph>: que allí se oviere fecho.</note> que lo
                valga e monte so pena del doblo por pena convençional que con vos fazemos e
                ponemos.</p>
              <p>E la dicha pena pagada o no pagada que todavía vos demos e paguemos el
                dicho prinçipal e demás desto sy lo asy no pagáremos e conpliéremos como dicho es
                por esta carta, damos e otorgamos libre e llenero e conplido poder a todos e
                qualesquier alcaldes e juezes e justizias de qualquier fuero e juresdiçión que sean,
                asy de la dicha Nueva España como de otras partes qualesquier, al fuero e juridiçión
                de los quales e de cada vno dellos nos sometemos e obligamos con nuestras personas e
                bienes. Renunçiando como espeçialmente renunçiamos nuestro propio fuero e jurediçión
                e domiçilio do quien e ante quien esta carta paresçiere para que si nosotros ni otro
                por nos ni por qualquier de nos sean llamados a juizio ni oydos ni vençidos sobre
                esta dicha razón, nos puedan pedir e […] e fagan e manden fazer entrega y execuçión
                en nos y en cada uno de nos y en todos nuestros bienes muebles y rayzes doquier que
                los fallaren e los nos e cada vno de nos ayáys e tengáis e los vendan e los rematen
                luego syn plazo alguno que sea de alongamiento, porque de los maravedís que valiesen
                vos entreguen e fagan luego pagar destos dichos trezientos e quarenta ducados de oro
                deste dicho debdo en el dicho oro y al dicho plazo e de la dicha pena del doblo sy
                en ella cayere e de todas las costas e misiones e dañor e menoscabos que vos u otro
                por vos fyzierdes e resçibierdes e se vos recreçiere sobre esta dicha razón<note
                  n="59" type="footnote"><emph>Tachado</emph>: e la dicha.</note> bien asy como si
                lo susodicho fuese pasado en pleito por demanda e por respuesta e fuese sobre ello
                dada sentençia defynitiba e la sentençia fuese consentida e pasada e cosa juzgada.
                Sobre lo qual renunçiamos toda apelaçión e suplicaçión e nulidad e agravio e todas e
                qualesquier leyes e fueros e derechos e otras cosas qualesquier que en nuestro fauor
                e ayuda sean sean<note n="60" type="footnote"><emph>Sic.</emph></note> o ser
                puedan que nos no vala en esta razón en juizio ni fuera de él en tiempo alguno ni
                por alguna manera. E para lo asy pagar e thener e guardar e cunplir e aver por firme
                como dicho es, obligamos a nos e a cada vno de nos e a todos nuestros bienes muebles
                e rayzes avidos e por aver y espeçial e señaladamente vos obligamos e ypotecamos yo,
                el dicho liçençiado, las mercadurías e cosas que yo llevo cargadas en la dicha
                nao.</p>
              <p>E yo, el dicho Domingo Aluarado la dicha nao e fletes e aparejos della
                e lo mejor parado que todo ello se saluare e esto queremos que sean fechos e sacados
                vn contrato o dos o más los que fueren menester de vn thenor e forme en tal manera
                que el vno cunplifo e pagado que los otros no valan.</p>
              <p>E yo, Yñigo López, escriuano público de Seuilla doy fee que en mi
                presençia e de los testigos yuso scriptos los dichos liçençiado e Domingo de
                Aluarado resçibieron del dicho Françisco Miguel de Salamanca los dichos trezientos
                  e<note n="61" type="footnote"><emph>Tachado</emph>: çinquenta.</note>
                &lt;quarenta&gt; ducados de oro en la moneda susodicha e quedaron en su poder, de
                que se otorgaron por contentos e pagados a su voluntad según e como dicho es.</p>
              <p>Fecha la carta en Seuilla […] domingo, en el monesterio de San
                Françisco desta dicha çibdad, jueves, veynte e ocho días del mes de julio, año de
                nuestro saluador Iesu Christo de mil e quinientos e treynta años. Lo qual, los
                dichos liçeçiado Alonso Maldonado e Domingo de Aluarado lo firmaron de sus nonbres
                en el registro desta. E testigos que fueron presentes a lo que dicho es, Alonso de
                Vázquez e Luys de Armenta, escriuanos de Seuilla.</p>
              <p>Luis de Armenta, escriuano de Seuilla, so testigo (<emph>firma y
                  rúbrica</emph>).</p>
              <p>Debdo de trezientos e quarenta ducados a pagar Françisco Miguel de
                Salamanca.</p>
              <p>Domingo Aluarado (<emph>firma y rúbrica</emph>).</p>
              <p>Liçençiado, Alonso Maldonado (<emph>firma y rúbrica</emph>).</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">documento nº 2</head>
              <p>1531, diciembre, 20. Sevilla.</p>
              <p><emph>Poder especial que Gonzalo de Jerez da a Juan de Santacruz para
                  cobrar de los jueces de la Casa de la Contratación ciertas cantidades de oro que
                  trajo de las Indias.</emph></p>
              <p><emph>A.</emph> Archivo General de Indias [A.G.I.], Sección Casa de la
                Contratación, L. 689A.</p>
              <p>(<emph>Cruz</emph>).</p>
              <p>Sepan quantos esta carta vieren cómo yo, Gonçalo de Xerez, vezino que
                so desta çibdad de Seuilla en la collaçión de Santiago, otorgo e conosco que do e
                otorgo todo mi libre e llenero e cumplido poder según como lo yo he e tengo e de
                derecho más puede e deve valer a Juan de Santacruz Polanco, presente, espeçialmente,
                para que por mi e en mi nonbre pueda pedir e demandar e reçebir e aver e cobrar en
                juyzio e fuera del de los señores juezes de la Casa de la Contrataçión de las Yndias
                del Mar Oçeano que resyde en esta dicha çibdad de Seuilla toda la cantidad de pesos
                de oro que yo agora truxe por mío, registrado en el registro del Rey en la nao
                nonbrada La Vitiria de que es maestre Juan Beltrán, que aportó agora al puerto de la
                çibdad de Gibraltar e que lo pueda todo el dicho oro en mi nonbre e para mí
                reçibirlo e reçiba en sí e dar e otorgar de todo ello qualquier carta o cartas,
                alvalá o alvaláes de pago e de fin e quito las que cunplieren e menester fueren.</p>
              <p>Las quales valan e sean fyrmes e valederas como sy yo mismo las diese
                e otorgase e a ello presente fuere. E para que sobre la cobrança del dicho oro pueda
                en my nonbre fazer e faga todas las diligençias e juramenteos e cosas e cada vna
                dellas que convengan e menester sean de se fazer e que yo mysmo faría e fazer podría
                presente syendo.</p>
              <p>E quan cunplido e bastante poder yo he e tengo e se requiere para todo
                lo que dicho es e para//<hi rend="sup">1r</hi>cada cosa e parte dello otro tal e tan
                cunplido e bastante lo otorgo e do al dicho Juan de Santacruz Polanco, con todas sus
                ynçidençias e dependençias e emergençias e conexidades e otorgo e prometo de lo aver
                por fyrme estable e valedero agora e para en todo tiempo so obligaçión que para ello
                fago de mi persona e bienes muebles e rayzes avidos e por aver.</p>
              <p>E yo, Juan Núñez, escriuano público de Seuilla ante quien se otorgó
                este dicho poder el dicho Gonçalo de Xerez &lt;ante mí&gt; estava e pareçía estar
                enfermo, echado en cama.</p>
              <p>Que es fecha la carta de poder e fee en Seuilla, en las casas de la
                morada del dicho Gonçalo de Xerez, lunes veynte días del mes de diziembre, año del
                nasçimiento de nuestro saluador Iesu Christo de mil e quinientos e treynta e vn años
                e el dicho Gonçalo de Xerez, al qual yo, el dicho Juan Núñez, escriuano público
                susodicho, doy fee que conosco, fyrmó su nonbre en el registro.</p>
              <p>Testigos que fueron presentes, Juan Fernándz e Luys de medina,
                escriuanos de Seuilla.</p>
              <p>Va sobreraydo o diz <emph>uz</emph>, o diz <emph>María</emph> e entre
                renglones, o diz <emph>ante mi</emph>, vala.</p>
              <p>Yo, Juan Fernández, escriuano de Seuilla, so testigo
                  (<emph>rúbrica</emph>).</p>
              <p>E yo, Juan Núñez, esciuano público de Seuilla la fize escriuir e fiz
                en ella mío sig-(<emph>signo</emph>)-no e so testigo.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">documento nº 3</head>
              <p>1535, julio, 3. Sevilla.</p>
              <p><emph>Poder especial que Fernán Darias de Saavedra da a Gonzalo de
                  Molina para pasar esclavos a las Indias.</emph></p>
              <p><emph>A.</emph> A.G.I., Sección Casa de la Contratación, L. 689A.</p>
              <p>(<emph>Cruz</emph>).</p>
              <p>Sepan quantos esta carta vieren cómo yo, Fernán Darias de Saavedra,
                alguazil mayor desta çibdad de Seuilla digo que por quanto sus magestades me
                hizieron merçed de me dar liçençia para que yo o quien mi poder oviere pueda pasar a
                las Yndias del Mar Oçeano dozientos esclavos según más largo en la çédula de la
                dicha merçed se contiene, por ende, otorgo e conosco que do todo mi poder conplido e
                bastante segund que lo yo he e tengo e segund que de derecho más deve valer a
                Gonçalo de Molina, jurado e vezino desta dicha çiudad de Seuilla, espeçialmente,
                para que por mí y en mi nombre pueda vsar e vse de la dicha merçed conforme a la
                dicha çédula e para que él o quien su poder oviere pueda pasar e pase los dichos
                dozientos esclavos o qualquier parte dellos que él quisiere a las dichas Yndias del
                Mar Oçeano e disponer dellos a su voluntad e pueda nonbrar e nonbre las personas e
                personas que él quisiere a cuyo nonbre se pasen los dichos esclavos e consinarlos a
                las persona o personas que a él bien visto fuere en vna vez o en dos o en tres o en
                quantas vezes le pareçiere. E para que en razón de lo susodicho pueda pareçer e
                paresca ante los señores juezes e ofiçiales de sus magestades que residen en la Casa
                de la Contrataçión e presentar la dicha çédula e fazer qualesquier pedimientos//<hi
                  rend="sup">1r</hi> e requerimientos e protestaçiones e otros qualesquier abtos e
                deligençias que convengan e menester sean de se fazer e yo mismo faría e fazer
                podría, pesente seyendo.</p>
              <p>E quand cunplido e bastante poder yo he e tengo para lo que dicho es
                tal e tan conplido e bastante y ese mismo lo otorgo e do al dicho jurado Gonçalo de
                Molina, con todas sus ynçidençias e dependencçias, anexidades e conexidades e para
                lo conplir e aver por firme segund dicho es. Obligo a mi e a todos mis bienes avidos
                e por aver.</p>
              <p>Fecha la carta en Seuilla, en el ofiçio de Alonso de la Barrera,
                escriuano público, sábado, tres días del mes de julio, año del nasçimiento de
                nuestro saluador Iesu Christo de mi e quinietnos e treynta e çinco años.</p>
              <p>Testigos que fueron presentes, Pero Gutiérrez de Padilla e Andrés de
                Toledo, escriuanos de Seuilla. Y el dicho señor Hernán Darias de Saavedra lo firmó
                de su nombre en el registro.</p>
              <p>Yo, Andrés de Roledo, escriuano de Seuilla, so testigo
                  (<emph>rúbrica</emph>).</p>
              <p>E yo, Alonso de la Barrera, escriuano público de Seuilla fiz escriuir
                esta carta e fiz quí mío syg-(<emph>signo</emph>)-no e so testigo.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">documento nº 4</head>
              <p>1509, marzo, 13. Sevilla.</p>
              <p>Antonio de Salas, Francisco de Porras, Diego de Hervás, Bartolomé
                Díaz, Américo Vespucho, Juan de Quevedo, Fernando Dávila, Diego López y Fernando
                Enríquez de Ribera se establecen como fiadores de Diego de Nicuesa en el viaje que
                tiene concertado para ir a Veragua con la Reina y los oficiales de la Casa de la
                Contratación.</p>
              <p><emph>A.</emph> A.G.I., Sección Casa de la Contratación, L. 4891.</p>
              <p>(<emph>Cruz</emph>).</p>
              <p>Sepan quantos esta carta vieren cómo yo, Antonio de Salas, Notario
                apostólico, vezino que so de Seuilla en la collaçión de Santa María, e yo, Françisco
                de Porras, vezino que so de Seuilla en la collaçión de San Veçeynte<note n="62"
                  type="footnote"><emph>Sic.</emph></note> e yo, Diego de Ervás, vezino que so de
                Seuilla en la collaçión de San Saluador, e yo Bartolomé Díaz, comitre de la Reyna
                nuesta Señora, vezino que so de Triana, guarda e collaçión de Seuilla e yo, Amérigo
                  Espuche<note n="63" type="footnote"><emph>Sic.</emph></note> vezino que so de
                Seuilla en la collaçión de Santa María e yo, Juan de Quevedo, mercader, vezino que
                so de Seuilla en la collaçión de Santa María Madalena e yo, Fernando Dávila, fijo
                del contador, Diego Dávila, vezino que so desta dicha çibdad en la collaçión de San
                Estevan e yo, Diego López, mayordomo del señor don Fernando Enríquez de Ribera,
                vezino que so de Seuilla en la collaçión de San Juan. Otorgamos e conosçemos a la
                Reyna Nuestra Señora e a vos, los ofiçiales de la casa de la Contrataçión de las
                Yndias del Mar Oçeano desta çibdad de Seuilla en nombre de su Alteza, que estades
                absente, así como si fuésedes presente, que por quanto Diego de Nicuesa, vezino de
                la Isla La Española, que es en las Yndias del Mar Oçeano, estante al presente en
                esta çibdad de Seuilla, tiene capitulado e conçertado con la Reyna Nuestra Señora de
                yr a po[…] a la Tierra Firme de las Yndias del Mar Oçeano a las partes de Vrava e
                Veragua segund e como más largamente se contiene en la dicha capitulaçión. Por ende,
                nos otorgamos e nos obligamos que el dicho Diego de Nicuesa &lt;yrá&gt; al dicho
                viaje e conplirá e pagará todo lo contenydo en la dicha capitulaçión e no hará
                fraude ninguno en el dicho viaje. E sy el dicho Diego de Nicuesa no fiziere el//<hi
                  rend="sup">1r</hi> dicho viaje, e no pagare e conpliere todo lo contenido en al
                dicha capitulaçión, o fiziere fraude alguno en el dicho viaje, que nosotros e cada
                vno de nos paguemos a Su Alteza e a vos, los dicho ofiçiales en su nonbre, las
                costas de maravedís, syguientes es, a saber: yo, el dicho Françisco de Salas,
                seysçientos mil maravedís, e yo, el dicho Diego de Heruás otras trezientas mil
                maravedís, e yo, el dicho Bartolomé Díaz, dozientas mil maravedís, e yo, el dicho
                Juan de Quevedo, çien mil maravedís e yo, el dicho Amérigo Espuche, otros çien mil
                maravedís e yo, el dicho Fernando Dávila, otros çien mil maravedís e yo, el dicho
                Diego López, otros çien mil maravedís, las quales dichas costas de maravedís de suso
                declaradas nos o cada vno de nos, daremos e pagaremos aquí, en Seuilla en paz e en
                saluo, syn pleito e syn contienda alguna luego, como pareçiere que el dicho Diego de
                Nicuesa no syguió el dicho viaje, e fizo fraude en él e no pagó e conplió todo lo
                contenydo en la dicha capitulaçión, so pena del doblo.</p>
              <p>E demás desto, sy nos e cada vno de nos asy no lo pagáremos e
                tuviéremos e cunpliéremos como dicho es por esta carta, damos e otorgamos libre e
                lleno e conplido poder a todos e qualesquier alcaldes e juezes e justizias de
                qualquier fuero e jurisdiçión que sean para que por todos los remedios e rigores del
                derecho nos costringan e apremien a lo asy pagar e tener e guardar e conplir e aver
                por fyrme según como sobre dicho es e sola dicha pena del doblo en su carta
                  contenyda.//<hi rend="sup">1v</hi> Sobre lo qual renunçiamos toda apelaçión,
                alçada e vista e suplicaçión e agravio e nulidad e todas e qualesquier leyes e
                fueron e derechos que en mi ayuda e fauor e contra esto que dicho es, sean o ser
                puedan que nos no valan ni aproveche en esta dicha razón en juizio ni fuera de él en
                tiempo alguno ni por alguna manera. E para lo asy pagar e tener e guardar e cunplir
                e aver por firme como dicho es, obligamos a nos e a cada vno de nos e a todos
                nuestros bienes muebles e rayzes avidos e por aver.</p>
              <p>Fecha la carta en Seuilla cuando otorgamos los dichos Antón de Casas e
                Françisco de Porras e Bartolomé Díaz e Amérigo Espuche e Juan de Quaiçedo e Fernando
                de Ávila, martes treze días del mes de março e quanto otorgaron los dichos Diego de
                Hervás e Diego López, miércoles catorze del dicho mes de março, año del nasçimiento
                de nuestro saluador Iesu Christo de mil e quinientos e nueve años e lo fyrmaron de
                sus nombre en el registro. Testigos que fueron presentes a lo que dicho es Alfonso
                de Cáçeres y Gonçalo de Almonaçir, escriuanos de Seuilla.</p>
              <p>Va testado entre renglones o diz <emph>vezino</emph>, vala. Yo, Alonso
                de Cáçeres, escriuano de Seuilla (<emph>rúbrica</emph>).</p>
              <p>Yo, Gonçalo de Almonaçir, escriuano de Seuilla, so testigo
                  (<emph>firma y rúbrica</emph>).</p>
              <p>E yo, Juan Ruyz de Porras, escriuano público de Seuilla la fize
                escriuri e fize aquí mío syg-(<emph>signo</emph>)-no e so testigo.</p>
            </div>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part13">
        <front>
          <head>Des documents aux formulaires dans le nord du Portugal<lb/> Approche typologique
            dans le contexte historique et culturel du XI<hi rend="sup">e</hi> au XIII<hi rend="sup"
              >e</hi> siècle</head>
          <byline><docAuthor>José Marques</docAuthor>, Rua Antonio Marinho, 13-5° Esq.°, P-4700-361 Braga. <ref
              target="mailto:josemarques.braga@gmail.com">josemarques.braga@gmail.com</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>The text below was elaborated for the International Congress on Diplomatics under the
            general theme – <emph>Formularies</emph> – which we decided to study in Northern
            Portugal. Accordingly, after the introduction, in which we define the objectives,
            mention the sources to be used and indicate the methodology to be followed, we make an
            analysis of the two groups of formularies, which, according to their respective
            structures, it was possible to detect, and we classify as <emph>simple</emph> and
              <emph>more complex</emph> concepts, in due course explained. This first distinction
            has forced us to analyses of different scopes, where also some unexpected conclusions
            have emerged. Thus, in relation to simple formularies, the most characteristic of them
            is used in rendering obedience to the Archbishop of Braga by prelates of the dioceses of
            Portugal and from across the border, its suffragans; on their turn, the ones classified
            as more complex, through the many rich invocations, harangues and comminatory clauses,
            allowed comparative analyses and led to results so far unsuspected. Pursuing this
            method, it was possible to observe and conclude that some of the formularies used in the
            documentation of Northern Portugal had been long in acts of Asturian and Leonese
            monarchs as well as of private institutions. Although it is not possible to determine
            the paths followed by these formularies until the present day, we can now safely say
            that there was clear influence of diplomatic practices of the kingdoms of Oviedo and
            León on documentation issued in Northern Portugal, thus opening up new prospects for
            research in this area.</p>

          <div>
            <head type="h1">Introduction</head>
            <p>Ce congrès est centré sur l’étude des formulaires, qui, au départ, semblent
              constituer un objet clairement défini, et dès longtemps ils ont attiré l’attention,
              pour fournir des modèles d’actes variés, souvent mal représentés par ailleurs,
              organisés en typologies originales, et dont l’usage tel quel était au mieux nuancé par
              d’éventuelles pratiques propres aux chancelleries ou aux autres milieux de production
              documentaire. Et pourtant, les sources de l’inspiration des compilateurs étaient
              souvent difficiles à retrouver ou à détecter – une situation qui contraignait souvent
              à se contenter de considérations génériques, indéfinies.</p>
            <p>Dans le cas portugais, la situation est plus grave encore, vu l’ignorance quasi
              absolue où les diplomatistes ont été de l’existence de formulaires au sens strict de
              leur définition dans le <emph>Vocabulaire</emph> déjà cité&#160;: <emph>«&#160;un recueil de
                formules destinées à servir de modèles aux rédacteurs des actes&#160;»</emph><note n="1"
                type="footnote"><emph>Vocabulaire international de la diplomatique</emph>, M.ª
                Milagros <name rend="sc">Cárcel Ortí</name> (éd.), València&#160;: Generalitat
                Valenciana. Consilleria de Cultura. Universitat de València. Servei de
                Publicaciones, 1<hi rend="sup">ère</hi> éd., 1994, n° 82, p. 37.</note>, pour la
              période du <num>xi<hi rend="sup">e</hi></num> au <num>xiii<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle, que nous étudierons. Il nous faudra, de ce fait, élucider le
              fait que l’unique exception connue à cette absence quasi générale, est un petit
              formulaire, un peu plus tardif, destiné à guider la pratique rédactionnelle de
              documents au sein du monastère cistercien d’Alcobaça&#160;; isolé, le recueil n’en est pas
              moins très ouvert, puisque, par nécessité, il doit inclure des actes illustrant
              d’éventuelles relations avec les autorités ecclésiastiques – diocésaines et
              pontificales –, et royales. Conservé sous la cote Codex nº 47 du <emph>Fundo
                Alcobacense da Biblioteca Nacional de Lisboa</emph><note n="2" type="footnote"
                >. Saul António <name rend="sc">Gomes</name>, «&#160;Um formulário monástico português
                medieval: O manuscrito alcobacense 47 da BNL&#160;», in <emph>Humanitas</emph>, 51
                (1999), p. 141-184.</note>, il demeure isolé, même dans le seul milieu des
                <emph>scriptoria</emph> cisterciens du Portugal, ce qui nous interdit de juger de
              l’éventuelle circulation des modèles entre les abbayes de l’ordre.</p>
            <p>Outre ce formulaire, nous ne disposons de rien d’autre, pour la période retenue, qui
              puisse nous guider avec assurance dans une approche multiforme des
                <emph>codices</emph> du nord du Portugal que nous entendons analyser. En parcourant
              les recueils de sources documentaires, cartulaires en tête, nous butons sur une grande
              diversité d’actes, dont les spécimens, pour l’essentiel, permettent un classement
              juridique et typologique. Mais, malgré une certaine régularité structurelle, il est
              difficile de les associer sûrement à un quelconque modèle original.</p>
            <p>C’est pourquoi, et ayant toujours à l’esprit comme but premier la détection ou, pour
              le moins, l’approche des modèles originaux, il s’avérera pertinent, à partir des
              espèces existantes dans les diverses sources documentaires disponibles, d’essayer
              d’établir certains rapports et confrontations entre eux, dans l’espoir de repérer de
              possibles influences, particulièrement d’origine étrangère, avec une attention toute
              spéciale aux sources de provenance asturo-léonaise.</p>
            <p>La présentation de cette hypothèse de travail a pour base l’observation du fait que
              les territoires du nord du Portugal, surtout après la <emph>Reconquista</emph>
              chrétienne, d’abord jusqu’au Douro, en 868, puis jusqu’au Mondego, en 1064, même si on
              peut les tenir pour marginaux par rapport au siège du pouvoir, déplacé d’Oviedo à
              León, étaient intégrés au régime juridique qui émanait de la capitale du royaume dont
              ils dépendaient. En faveur de cette hypothèse, on peut d’abord alléguer l’existence
              d’actes prouvant l’intervention administrative et judiciaire des souverains
              asturo-léonais, et ce malgré la distance relative du siège du pouvoir.</p>
            <p>C’est dans ce contexte que le roi Afonso II, le 27 mars 832, fit don des villes de
              Braga et d’Orense à l’église Sainte-Marie de Lugo<note n="3" type="footnote"
                  >. <emph>LF</emph>, I, nº 12. Cf. aussi nº 141.</note>, une donation qu’Afonso III
              confirma, le 6 juillet 899, à l’évêque Recaredo de Lugo<note n="4" type="footnote"
                  >. <emph>LF</emph>, I, nº 13.</note>; en [905-910], le même monarque fixa les
              limites de la vieille ville de Braga, dont il confirma la possession au métropolite de
              Braga, résidant à Lugo<note n="5" type="footnote"><emph>LF</emph>, I, n<hi
                  rend="sup">os</hi> 17 et 18.</note>; le 28 septembre 911, alors qu’il se trouvait
              à Aliobrio, Ordonho II ordonna, à la demande de l’évêque Savarigo, que l’on délimitât
              le minuscule diocèse de Dume, dans la banlieue de l’ancienne capitale de la Galice,
                Braga<note n="6" type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 19.</note>.</p>
            <p>Outre ces interventions d’ordre interne au royaume asturo-léonais, on
              ne doit pas perdre de vue le croisement complexe d’influences historico-culturelles,
              provenant d’outre-Pyrénées où, en plus du soutien apporté à la progression de la
                <emph>Reconquista</emph>, il faut prendre en considération l’expansion du monachisme
              bénédictin, surtout à partir du dernier quart du <num>xi<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle, parfaitement intégrée au contexte comme au service de la Réforme
              grégorienne, sans oublier les répercussions de la Querelle des investitures, dont les
              marques négatives se sont manifestées dans la Péninsule; un cycle de changements, qui
              se vit couronné au deuxième quart du <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle par
              l’arrivée de cette version cistercienne, qui connut tant de succès au sud du
              Douro.</p>
            <p>Pour vérifier l’hypothèse de travail énoncée plus haut, et d’autres
              encore qu’il nous faudra lui ajouter, nous sélectionnerons certains éléments plus
              expressifs, à teneur documentaire, dans des actes juridiques de nature identique, afin
              de procéder à une analyse comparative, appuyée sur les collections disponibles en
              provenance du nord du Portugal, confrontées à celles qui proviennent d’autres régions,
              au-delà des frontières, voire du centre du Portugal, que nous énumérerons à
              présent.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Sources documentaires</head>
            <p>Dans le but énoncé et la méthodologie amorcée, nous mentionnerons en premier lieu les
              grandes collections documentaires à utiliser et parmi lesquelles, à maints égards, le
                <emph>Liber Fidei...</emph> (<emph>LF</emph>)<note n="7" type="footnote"
                  >. <emph>Liber Fidei Sanctae Bracarensis Ecclesiae</emph>, ed. crítica pelo P<hi
                  rend="sup">e</hi> Avelino de Jesus <name rend="sc">da Costa</name>, t. I, Braga,
                1965&#160;; t. II, 1978&#160;; t. III, 1990.</note> occupe la première place, suivi par les
              recueils documentaires suivants&#160;: <emph>Vimaranis Monumenta Historica a saeculo nono
                post Christum usque ad vicesimum, iussu Vimaranensis Senatus edita</emph>
                (<emph>VMH</emph>)<note n="8" type="footnote">Pars I, Vimarane, 1908&#160;; II,
                1929.</note>, <emph>O Mosteiro e a Colegiada de Guimarães, ca. 950-1250</emph>
                (<emph>MCG</emph>)<note n="9" type="footnote">Cláudia Maria Novais Toriz da Silva
                  <name rend="sc">Ramos</name>, <emph>op. cit.</emph>, vol. II, Colecção documental,
                Porto, 1991 (inédite).</note>, <emph>O Mosteiro de S. Simão da Junqueira</emph>, au
              t. II pour les sources publiées (<emph>MSSJ</emph>)<note n="10" type="footnote"
                >. Sérgio <name rend="sc">Lira</name>, <emph>op. cit.</emph>, Vila do Conde&#160;: Câmara
                Municipal, 2002.</note>, <emph>Le Cartulaire Baio-Ferrado du Monastère de Grijó,
                s.</emph> <name rend="sc">xi-xiii</name> (<emph>CBFG</emph>)<note n="11"
                type="footnote">Robert <name rend="sc">Durand</name>, <emph>op. cit.</emph> ,
                Paris&#160;: Fundação Calouste Gulbenkian, Centro Cultural Português, 1971 (Fontes
                documentais portuguesas).</note>, et <emph>O Cartulário do Mosteiro de Fiães</emph>
                (<emph>CMF</emph>)<note n="12" type="footnote">Ou <emph>Livro das datas
                (</emph>Arquivo Distrital de Braga), en préparation en vue d’une republication
                intégrale, parce que, dans la première, la plupart des documents sont tronqués.
                Xesus <name rend="sc">Ferro Couselo</name>, <emph>Tumbo de Fiães</emph>, Ourense,
                Museo Arqueolóxico Provincial, <emph>Boletín Avriense</emph>, Anexo 20, 1995. Cette
                édition offre seulement 411 actes.</note>, alors que l’on peut également recourir au
              recueil <emph>Testamenti Ecclesiae Portugaliae, 1071-1325</emph>
                (<emph>TEP</emph>)<note n="13" type="footnote"><emph>Op. cit.</emph>, coord. Maria
                do Rosário Barbosa <name rend="sc">Morujão</name>, Lisboa&#160;: Universidade Católica
                Portuguesa, Centro de Estudos de História Religiosa, 2010 (História religiosa –
                Fontes e subsídios, 10).</note>, pour les testaments des archevêques de Braga et des
              évêques de Porto, ainsi que des membres des chapitres de ces deux diocèses du nord.
              Inutile de procéder à des descriptions codicologiques des ouvrages cités, car cette
              tâche remplirait à elle seule le temps et l’espace qui nous sont impartis. </p>
            <p>Malgré cela, il nous semble pertinent de donner une idée du volume documentaire
              amassé dans ces ouvrages. Il suffit de rappeler que le <emph>Liber Fidei</emph>, qui
              outre un <emph>cartularium</emph> est également un vrai <emph>codex
                diplomaticus</emph>, comme nous avons eu l’occasion de le démontrer<note n="14"
                type="footnote">José <name rend="sc">Marques</name>, «&#160;Le <emph>Liber Fidei</emph>
                de la Cathédrale de Braga et le nord du Portugal&#160;», in <emph>Regionale
                  Urkundenbücher. Die Vorträge der 12. Tagung der Commission Internationale de
                  Diplomatique</emph>, Theo <name rend="sc">Kölzer</name>, Willibald <name rend="sc"
                  >Rosner</name>, Roman <name rend="sc">Zehetmayer</name> (dir.), Sankt Polten&#160;:
                Niederösterreichisches Institut für Landeskunde, 2010 (Nöla. Mitteilungen aus dem
                Niederösterreichischen Landesarchiv, 14), p. 259-296.</note>, offre 954 documents,
              les <emph>Vimaranis Monumenta Historica</emph>, 353, le <emph>Baio-Ferrado de
                Grijó</emph>, 314, la collection documentaire du monastère de S. Simão da Junqueira,
              333&#160;; celle du monastère et collégiale de Guimarães donnent accès à quatre cents
              actes, alors que ceux qui intègrent le <emph>Cartulário de Fiães</emph> dépassent ce
              dernier nombre, montant à 416, dans l’édition que nous venons de préparer.</p>
            <p>Dans cet ensemble de plus de 2750 documents, nous ne pourrons appliquer la
              méthodologie énoncée plus haut, en sélectionnant certaines parties du discours
              diplomatique, plus susceptibles d’oscillation et de recevoir et manifester des
              influences internes ou externes, proches ou plus éloignées, et en tentant le processus
              comparatif projeté.</p>
            <p>Rappelons que notre but premier est centré sur la possible détection ou simple
              approche d’éventuels modèles de structuration des divers documents, selon leur nature
              juridico-diplomatique, et en cas d’impossibilité, sur une meilleure connaissance des
              formulaires des actes eux-mêmes, dans l’ensemble de leurs clauses ou formules
                documentaires<note n="15" type="footnote"><emph>Vocabulaire…</emph>, nº 82, p.
                37.</note>, distribuées, comme d’habitude, entre le <emph>protocole</emph>, le
                <emph>texte</emph> et l’<emph>eschatocole.</emph></p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Analyse typologique</head>
            <p>Comme nous l’avons suggéré, nous nous arrêterons sur les documents révélant des
              formulaires plus complets, existant dans diverses collections documentaires
              identifiées, en concentrant notre attention sur les <emph>invocations</emph>, les
                <emph>préambules</emph> («&#160;<emph>arengas</emph>&#160;») et les <emph>clauses
                comminatoires</emph> ou <emph>sanctions</emph>, conscient du fait que les éléments
              et clauses de la partie dispositive – en principe plus concrets –, sont beaucoup moins
              propices à cet exercice comparatif. </p>
            <p>Par ailleurs, il convient d’observer que, dans le volume élevé des documents
              inventoriés, ne manquent pas, et en nombre significatif, ceux qui ne remplissent pas
              les conditions génériques, habituellement présents dans la structure documentaire,
              alors qu’il est possible, cependant, sur base de la ressemblance répétée des cas
              repérés, d’admettre l’existence d’un certain modèle rédactionnel reproduit, pour
              l’essentiel, dans les actes en cause, comme on pourra le prouver.</p>
            <p>Notre recherche à travers les formulaires de la vaste documentation disponible
              privilégiera les actes qui, du fait de leur nature juridique et de leur importance
              sociale, exigeaient également un encadrement et une solennité rédactionnelle qui, à
              maints égards, traduisent et soulignent la valeur de l’acte réalisé et garantissent sa
              perpétuité. Ce sont, en effet, ceux-là, avec la variété et la richesse doctrinales de
              leurs invocations, motivations spécifiques et sanctions d’ordre spirituel, qui
              pourront plus facilement procurer des éléments de comparaison rédactionnel des centres
              de production.</p>
            <p>Mais, en plus de ces actes qui concentreront notre attention, nous devrons faire
              remarquer qu’il existe beaucoup d’autres documents à portée économique, administrative
              et sociale réelle et immédiate, présentés dans des formulaires relativement simples,
              qui accomplirent eux aussi leur fonction juridique, et qu’il nous faudra signaler.</p>
            <p>Cela posé, il nous semble pertinent de diviser l’analyse à laquelle nous allons
              procéder en deux parties&#160;: la première, destinée à présenter certains exemples de
              formulaires plus simples, accompagnés des variantes qu’il nous a été possible de
              détecter&#160;; et la seconde, où l’on rendra compte de la complexité de la variété
              rédactionnelle de certaines parties du formulaire utilisé, qui rend difficile la
              détection du modèle systématiquement adapté.</p>

            <div>
              <head type="h2">II. 1. Formulaires simples</head>
              <p>À titre d’exemple, nous tournons le regard vers les documents de prestation
                d’obédience par les prélats suffragants de l’archevêque de Braga, en sa qualité de
                métropolite. De légères variantes sont évidentes, qui révèlent le moment où ce geste
                de soumission se concrétisait –&#160;avant<note n="16" type="footnote"><emph>LF</emph>,
                  II, nº 515: <emph>«&#160;Ego Iohannes Lucensis ecclesie nunc ordinandus
                    episcopus…&#160;»</emph>; <emph>LF</emph>, II, nº 516&#160;: «&#160;<emph>Ego Vermudus
                    Colimbriensis ecclesie nunc ordinandus episcopus…</emph>&#160;».</note> ou après
                l’ordination épiscopale&#160;–, geste qui a normalement lieu en présence de l’intéressé,
                comme il découle de la mention exprimée dans la formule elle-même, dans les termes
                suivants&#160;: <emph>«&#160;et super sanctum altare propria manu firmo&#160;»</emph><note n="17"
                  type="footnote"><emph>LF</emph>, III, n<hi rend="sup">os</hi> 583-587, 589,
                  590ª, 591, etc.</note>.</p>
              <p>Il s’agit d’un formulaire de Braga, très bref, souvent répété aussi bien par les
                nouveaux prélats portugais et étrangers que par d’autres, déjà confirmés dans leurs
                diocèses respectifs. On détecte parfois l’un ou l’autre changement qui, malgré
                l’enrichissement littéraire du texte, respecte les exigences juridiques
                sous-jacentes à l’objectif central de la déclaration d’obédience et à ses fondements
                juridiques et traditionnels. Malgré ces changements éventuels et, <emph>mutatis
                  mutandis</emph>, ceux des noms des signataires et des diocèses qui leur étaient
                confiés, la formule traditionnelle avait la teneur suivante&#160;: <emph>«&#160;Ego Fernandus
                  sancte Asturiensis ecclesie vocatus episcopus subiectionem et reverentiam et
                  obedientiam a sanctis patribus constitutam, more predecessorum in Austuriensi
                  ecclesia presidentium, secundum precepta canonum ecclesie Bracarensi rectoribusque
                  eius in presentia domni Iohannis eiusdem ecclesie archiepiscopi perpetuo me
                  exibiturum promitto et super sanctum altare propria manu firmo&#160;»</emph><note
                  n="18" type="footnote"><emph>LF</emph>, II, nº 511.</note>.</p>
              <p>Certaines des nombreuses prestations d’obédience dont nous avons connaissance<note
                  n="19" type="footnote">Entre autres, nous citerons ceux-ci&#160;: <emph>LF</emph>, I,
                    n<hi rend="sup">os</hi> 212, 213, 214, 216, 217&#160;; <emph>LF</emph>, II, n<hi
                    rend="sup">os</hi> 371, 511, 512, 513, 515, 516, 548, 549, 550, 563, 564, 565,
                  571&#160;; <emph>LF</emph>, III, n<hi rend="sup">os</hi> 572, 573, 574, 575, 576, 577,
                  583, 584, 585, 586, 587, 589, 591, 713, 714.</note> ne furent pas spontanées, car
                elles se déroulaient à la suite de contraintes du Saint-Siège auquel les
                métropolites de Braga en avaient appelé face au refus de certains prélats, aussi
                bien portugais que des diocèses du royaume de Léon et Castille, d’accomplir
                l’obligation canonique qui les régissait. Si, parmi les nationaux, on compte les
                évêques de Coimbra D. Gonçalo<note n="20" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                  nº 162.</note>, D. Bernardo<note n="21" type="footnote"><emph>LF</emph>, II,
                  nº 548.</note> et D. João de Anaia<note n="22" type="footnote"><emph>LF</emph>,
                  I, nº 216.</note>, du côté des diocèses hors-frontières, on peut citer le cas de
                l’évêque Fernando lui-même, d’Astorga, mentionné dans la formule transcrite
                  ci-dessus<note n="23" type="footnote"><emph>LF</emph>, II, nº 511.</note>.</p>
              <p>À l’opposé, on peut remarquer la position de l’évêque de Lugo,
                D. João, qui, ayant envoyé au métropolite de Braga une délégation afin de lui
                exposer les troubles causés au monastère bénédictin de Samos par l’abbé intrus, qui
                entendait être nommé évêque, trouva chez l’archevêque de Braga, D. João Peculiar, le
                soutien qui devait l’aider dans cette délicate affaire. Il le remercia également de
                l’accueil fait à ses délégués<note n="24" type="footnote"><emph>LF</emph>, II,
                  nº 342.</note>.</p>
              <p>Prêtées sans aucune réticence, il faut également citer, entre
                autres, les obédiences des évêques de Lamego, D. Mendo<note n="25" type="footnote"
                    >. <emph>LF</emph>, II, nº 418.</note> et D. Godinho Afonso<note n="26"
                  type="footnote"><emph>LF</emph>, II, nº 513.</note>, et du premier évêque de
                Lisbonne, D. Gilberto<note n="27" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                  nº 217.</note>.</p>
              <p>En contraste avec ce formulaire, limité aux éléments essentiels,
                sans aucun atour diplomatique, se signalent les obédiences que les monastères de
                Santa Marinha da Costa, en 1213, et celui de S. Torcato, en 1214, avec leur couvents
                respectifs du territoire de Guimarães, furent forcés de prêter à l’archevêque
                D. Estêvão Soares da Silva, une fois résolus sur décision pontificale les différends
                entre les parties citées, dont les contenus permettent de connaître, pour
                l’essentiel, les motifs et les formalités de ces cas judiciaires<note n="28"
                  type="footnote">Cf. <emph>LF</emph>, III, n<hi rend="sup">os</hi> 883 et 882&#160;;
                    <emph>VMH</emph>, n<hi rend="sup">os</hi> 171 et 174. Il s’agit de formulaires
                  d’obédience différents, parce que les matières qui justifient ces actes et les
                  précédents sont, elles aussi, différentes. </note>.</p>
              <p>L’amplitude de la diffusion de ce modèle de formulaire de Braga
                pour les prestations d’obédience épiscopales pourrait être détaillée, en conjuguant
                les dates des documents des obédiences avec les noms des prélats et des diocèses
                confiés à chacun d’eux, aussi bien au Portugal que dans les royaumes de Léon et de
                Castille.</p>
              <p>Encore issu de Braga, et avec la date obtenue par la critique, de
                [1118-1137], on peut alléguer le formulaire d’une charte d’affranchissement qui,
                n’ayant pas été reproduit, constitua un excellent exemple et un puissant
                encouragement à l’affranchissement et promotion sociale des serfs, en leur octroyant
                la pleine liberté. Le principal protagoniste de ce document fut l’archevêque de
                Braga, D. Paio Mendes, qui procéda à l’affranchissement de son serf Pedro
                  <emph>Suaridem</emph>, lors d’une cérémonie solennelle, réalisée en la cathédrale
                de Braga, en présence des membres du chapitre et des laïcs nobles, comme on le
                constate à la simple lecture du document suivant&#160;: </p>
              <quote>
                <p><emph>«&#160;CARTA INGENUITATIS C[UI]USDAM SERVI. [Q]ui debitum sibi nexum atque
                    competentem relaxat servitium premium in futuro apud Dominum sibi provenire non
                    dubitet. Quapropter ego in Dei nomine Pelagium Bracarensis archiepiscopus pro
                    remedio anime mee et pro remedio anime fratris mei Suerii Menendi vel eterna
                    retributione in ecclesia Sancte Marie et sub presentia canonicorum ibi
                    consistentium ac nobiliorum laicorum ante cornu altaris istius ecclesie absolvo
                    servum meum vel fratris mei illum Petrum Suaridem per hanc kartam absolutionis
                    et ingenuitatis ab omni vinculo servitutis ita ut ab hac die et deinceps
                    ingenuus sit et ingenuus permaneat tanquam si ab ingenuis parentibus fuisset
                    natus vel procreatus…&#160;»</emph><note n="29" type="footnote"><emph>LF</emph>,
                    III, nº 748.</note>. </p></quote>
              <p>Nous interrompons la transcription de l’acte, qui est pourvu notamment de clauses
                de protection et de sanctions dans le cas d’infraction commise au détriment de la
                pleine liberté accordée. Le rédacteur, de fait, se garde d’oublier les noms des
                témoins présents, lesquels ont vu et entendu tout ce qui s’y est passé.</p>
              <p>Il s’agit d’un document d’une importance sociologique extraordinaire, mais, d’un
                point de vue diplomatique, assez simple, qui commence par un préambule aux relents
                bibliques, où l’on garantit la récompense divine à quiconque affranchirait un de ses
                assujettis&#160;: serf, voire esclave. C’est sur cette certitude, et en espérant le
                pardon pour lui et pour son frère que, dans une ambiance solennelle, l’archevêque
                procéda à l’affranchissement du serf en question.</p>
              <p>Cette charte, ainsi que d’autres de même propos nous intéressent tout
                particulièrement de par leur formulaire diplomatique qui, dans ce cas – force est de
                le reconnaître –, est unique, car les chartes d’affranchissement de la collection
                documentaire du Monastère de S. Simão da Junqueira présentent un contenu
                documentaire très différent. Ainsi, dans celle qui fut souscrite par Feuva Soares,
                le 22 août [1128], à Nuno Ramires et à toute sa descendance, après une brève
                invocation au Christ, présente une double arenga, constitué par l’exhortation du
                Christ aux bienheureux lors du Jugement final&#160;: «&#160;<emph>Venite benedicti Patris mei
                  percipite regnum quod vobis preparatum est ab origine mundi&#160;».</emph> Suit presque
                immédiatement la recommandation du Prophète&#160;: <emph>«&#160;Dissolve colligationes
                  inpietatis, dissolve faciculos deprimentes, dimite eos qui confracti sunt liberos,
                  et omne onus eorum disrumpe&#160;».</emph> La sanction spirituelle implique
                l’excommunication, la privation de la communion eucharistique et la compagnie
                éternelle de Judas, le traître<note n="30" type="footnote"><emph>MSSJ</emph>, II,
                  nº 81.</note>.</p>
              <p>Les chartes souscrites par Fernando Pais et son épouse, Urraca Mendes, en faveur de
                Pedro Fernandes, le 4 juillet 1170<note n="31" type="footnote"><emph>MSSJ</emph>,
                  II, nº 114.</note>, et par Martinho Lourenço de Cunha, avec son épouse, Sancha
                Garcia, et ses enfants, pour Sancha Lourenço, qu’ils appellent «&#160;ma domestique et
                celle de ma femme&#160;» (<emph>«&#160;mee criate et uxoris mee&#160;»</emph>), en septembre 1267,
                sont très pauvres, puisqu’elles se limitent à l’invocation du nom de Dieu, et à la
                sanction spirituelle condamnant à la malédiction et à la compagnie éternelle de
                Judas, le traître<note n="32" type="footnote"><emph>MSSJ</emph>, II,
                  nº 236.</note>. Ces chartes, très éloignées dans le temps, révèlent le lent
                parcours historique vers l’affranchissement des serfs, une réalité qu’il serait hors
                de propos de développer ici. La difficulté à dépasser une certaine résistance
                mentale dans ce domaine est bien illustrée par le fait que la sarrasine, Mariame,
                bien qu’elle ait subi l’épreuve du servage, apparaît le 4 décembre 1277 comme
                vendeuse d’une autre maure, également appelée Mariame, qu’elle avait sous sa
                  dépendance<note n="33" type="footnote"><emph>MSSJ</emph>, II,
                nº 269.</note>.</p>
              <p>Avant de clore ce point de notre exposé, il nous faut expliquer que le premier
                modèle présenté dans le <emph>Formulário Monástico Português Medieval</emph><note
                  n="34" type="footnote">S. A. <name rend="sc">Gomes</name>, <emph>op.
                  cit.</emph>, p. 159.</note>, déjà cité, orienta l’élaboration de chartes
                d’affranchissement d’un sarrasin, ou de tout autre serf. Comparé, cependant, avec
                les documents qui nous occupent, il ne montre aucune convergence rédactionnelle. Par
                ailleurs, ajoutons que tous sont antérieurs à la date établie pour le
                  <emph>Formulário Monástico</emph> cité&#160;: fin du <num>xiii<hi rend="sup"
                  >e</hi></num>–<num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle.</p>
              <p>Dans ce contexte, et bien qu’elles soient assez antérieures, il nous faut
                considérer deux chartes de <emph>agnição</emph>, reconnaissance collective de
                dépendance des serfs de l’église de Braga, à des dates et dans des circonstances
                diverses. La première date du 30 août 1025 et clôt le différend entre le métropolite
                de Braga, D. Pedro, résidant à Lugo, qui avait présenté une plainte au roi de Léon,
                D. Afonso V, et les serfs de l’église de Braga qui refusaient d’accepter leur
                condition.</p>
              <p>Après enquête judicaire détaillée, il s’avéra qu’ils descendaient, en effet, des
                anciens «&#160;peupleurs&#160;» (<emph>povoadores</emph>) amenés à Braga par Odoário. Une fois
                connu le résultat de l’enquête, ils reconnurent leur condition de serfs et signèrent
                la charte dont l’invocation se limitait au mot «&#160;CHRISTUS&#160;», et passait
                immédiatement à la proclamation à caractère historique et juridique:
                  «&#160;<emph>Ambiguum quidem esse non potest sed plerisque cognitum manet eo quod fuit
                  sedem Bracarensem magna metropolensis in partibus Spanie dum multis temporibus
                  stante et permanente in ordine suo procul post agens Sarracenorum fuit destructa
                  atque desolata</emph>…&#160;», sans aucune invocation, puisqu’il s’agissait d’un acte
                de nature juridique, et une fois la description des faits accomplie, ils reconnurent
                leur condition de serfs, acceptèrent les sanctions matérielles et physiques à
                endurer en cas d’infraction du contenu de ce long document, que tous finirent par
                  accepter<note n="35" type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 22.</note>.</p>
              <p>Trente-sept ans plus tard, le 5 septembre 1062, ce fut le tour des habitants de
                plusieurs localités de Braga, qui étaient entrés en litige avec l’évêque Vistrario,
                résidant à Lugo. Ils reconnurent l’emprise de Braga sur eux et les terres de
                  <emph>Columnas, Gonderiz, Subcolina e Torneiros</emph>, et acceptèrent également
                la charte de reconnaissance (<emph>agnição</emph>), qui commence comme suit&#160;:
                  <emph>«&#160;Dubium quidem non est sed multis manet</emph> [<emph>cognitum</emph>]
                  <emph>eo quod in Era C.ª post milesima tempore domni Fredenandi regis facta fuit
                  altercatio inter episcopo domno Vistrario Lucensi et homines
                  Bracarenses…&#160;».</emph> Après l’immédiat résumé du procès, et une fois acceptées
                les sanctions prévues en cas de non-respect, la charte fut ratifiée par les témoins
                présents et par les personnes appelées à la confirmer<note n="36" type="footnote"
                    >. <emph>LF</emph>, I, nº 23.</note>.</p>
              <p>Un peu plus tard, le 26 août 1073, Sesnando Alvites, ses frères et sœurs, sous le
                règne d’Afonso VI et l’épiscopat de D. Pedro, premier évêque du diocèse de Braga
                restauré deux ans auparavant, reconnurent au monastère de Santo Antonino de Barbudo
                le droit de propriété sur une ferme sise dans la paroisse de S. Julião da Lage, dans
                l’actuelle municipalité de Vila Verde. Dans la charte de reconnaissance
                  (<emph>agnição</emph>) qui en fut dressée, dont la structure est identique aux
                antérieures, outre les indispensables souscriptions finales, il faut signaler
                l’absence de toute invocation.</p>
              <p>Elle commence, en effet, à l’instar des précédentes, par la déclaration générale du
                fait qu’ils reconnaissaient et acceptaient&#160;: <emph>«</emph> [<emph>I</emph>]<emph>n
                  plerisque mane</emph>[<emph>t</emph>] <emph>eoque notissimo quod in tempore domni
                  Adefonsus rex Petrus episcopus sedis Bracare…&#160;»</emph><note n="37" type="footnote"
                    >. <emph>LF</emph>, III, nº 621.</note>. Ces trois documents présentent des
                différences significatives dans la partie initiale et surtout dans les souscriptions
                finales, qui correspondent en quelque sorte à l’importance sociale et économique
                inhérente à chacun d’eux.</p>
              <p>Pour clore cette première partie, nous nous référerons encore à un formulaire
                spécifique, dû à l’archevêque de Braga, D. João Peculiar, qui gouverna cet
                archidiocèse pendant trente-huit ans (1137-1175). Il fut d’ailleurs l’un des
                adjoints les plus actifs de notre premier roi, D. Afonso Henriques, dans la mise en
                œuvre du projet d’indépendance du Portugal.</p>
              <p>Il s’agit d’une sentence de malédiction et d’excommunication contre Pedro
                Fernandes, qui s’était emparé des hospices de Fonte Fria, Paradela, Peredo et d’un
                autre, sis au pied du mont Aurélio, fondés par le prélat cité pour le soutien de son
                action pastorale et pour le secours aux pauvres et aux pèlerins, qu’il avait dotés
                des terres et biens indispensables à leur survie. Le document, que la critique peut
                dater d’entre 1145 et 1175, revêt un fort caractère judiciaire&#160;; elle est dès lors
                dépourvue d’invocation et commence par cet énoncé général&#160;: <emph>«&#160;Omnes illi qui
                  inpediunt hereditates vel res Bracarensis ecclesie sint maledicti et excomunicati
                  donec condigne satisfaciant et emendent Bracarensi ecclesie amen amen
                  amen&#160;»</emph><note n="38" type="footnote"><emph>LF</emph>, II, nº 419.</note>,
                avant de passer immédiatement à la suscription (<emph>subscriptio</emph> vel
                  <emph>intitulatio</emph>)&#160;: <emph>«&#160;Ego Iohannes Bracarensis
                archiepiscopus</emph>&#160;», et à l’exposé des faits jugés par la sentence initiale.</p>
              <p>Avant de clore cette première partie du parcours que nous avons entrepris,
                spécialement à travers le <emph>Liber Fidei</emph>, en tâchant de détecter les
                ressemblances éventuelles avec des formules d’autres régions, surtout
                hors-frontières, il nous faut rappeler que la formule <emph>«&#160;Ambiguum quidem non
                  est…&#160;»</emph> par laquelle commence la charte de reconnaissance que l’on trouve
                dans le <emph>Liber Fidei</emph>, n° 22, datée du 30 août 1025, est déjà signalée
                dans le <emph>Tumbo de Samos</emph>, dans le document délivré officiellement par
                Vermudo II au monastère et à l’abbé de Samos, le 14 mai 997<note n="39"
                  type="footnote">Manuel <name rend="sc">Lucas Alvarez</name>, <emph>El Tumbo de
                    San Julian de Samos (Siglos</emph>
                  <name rend="sc">viii-xii</name>). Estúdio introductorio. Editión diplomática.
                  Apéndices e índices, Santiago de Compostela&#160;: Publicacións de Caixa de Galicia,
                  1986, p. 72 (nº 6).</note>.</p>
              <p>Si la répétition de cette formule, à ces dates relativement proches, ne doit pas
                nous étonner, car elles surgissent dans les actes de deux monarques léonais, elle
                confirme notre hypothèse de départ quant à l’influence diplomatique asturo-léonaise
                sur la région qui devait devenir le nord du Portugal.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II. 2. Des formulaires plus complexes</head>
              <p>Après les exemples présentés dans la première partie, peu aptes à la généralisation
                en raison de leurs formulaires très simples, nous nous pencherons à présent sur
                d’autres documents, plus complexes d’un point de vue diplomatique. Comme nous
                l’avons suggéré plus haut, ils intègrent le contexte historique évoqué, et il suffit
                de rappeler que beaucoup d’entre eux sont constitués par des donations au siège
                épiscopal de Braga, en la personne du prélat diocésain et du chapitre de Braga, à
                des églises et monastères, alors que ne manquent pas non plus testaments, chartes de
                vente-achat et actes répondant à tant d’autres situations que nous ne pouvons les
                énumérer. Avec plus ou moins d’éléments, ils intègrent tous les trois les parties
                des documents diplomatiques et, dans cette perspective, nous réfléchirons aux
                aspects formulaires les plus expressifs, en nous dispensant dès lors de l’analyse
                des contenus.</p>
              <div>
                <head type="h3">II. 2. 1. Invocations</head>
                <p>Commençons l’observation par le <emph>protocole</emph>, et ce, dans toutes les
                  collections documentaires inventoriées. La diversité que revêt
                    l’<emph>invocation</emph> se signale dans n’importe quelle collection
                  documentaire&#160;; si elle se restreint, dans bien des cas, à la brève évocation du
                  nom de Dieu, de Jésus-Christ, qui parfois figure sous la forme d’un simple
                  chrismon, ou de la sainte Trinité, dans bien d’autres cas, l’invocation trinitaire
                  surgit de façon développée, où ne manquent pas, en plus, des préoccupations
                  didactiques, dont on garde de nombreux témoignages écrits.</p>
                <p>Étant donné le nombre élevé et la diversité des invocations trinitaires étendues
                  rencontrées dans le <emph>Liber Fidei</emph>, nous les examinerons en les
                  confrontant avec celles des autres collections documentaires. Comme point de
                  départ de nos observations, nous en transcrivons quelques-unes afin que l’on
                  puisse observer la facilité avec laquelle on introduisait des variations
                  rédactionnelles destinées à souligner les différents aspects de la richesse
                  doctrinaire de leur contenu&#160;:</p>
                <p>830, 11 mars – Afonso II&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;In Dei omnipotentis nomine Patris ingeniti Filii unigeniti ac Spiritus
                      almi clementi ac perpetue benignitatis munere vegetatis seu sanctorum omnium
                      auxilium fretus Dei videlicet Matris alme Virginis Marie munimine
                      protectus&#160;»</emph><note n="40" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                      nº 141.</note>&#160;;</p></quote>
                <p>899, 6 juillet. – Afonso III&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;In nomine Dei omnipotentis vivi et increati, Patris et Filii et
                      Spiritus Sancti cuius divinitas et ineffabilis deitas, honor et gloria
                      perennis cuncta precellit sublimia angelorum agmina, intuetur celorum alta et
                      omnium corda penetrat interiora</emph>&#160;»<note n="41" type="footnote"
                        >. <emph>LF</emph>, I, nº 13.</note>&#160;;</p></quote>
                <p>915, 1<hi rend="sup">er</hi> septembre – Ordonho II&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;In nomine Dei Patris genitoris genitique Filii simul et Spiritus
                      procedens qui unus idemque Deus permanet in Trinitate perfecta sive in honore
                      et veneratione alme Virginis Marie cuius ecclesie seu sedis venebabilissima
                      dinoscitur esse fundata in urbe Lucensis provintie Gallecie, ab inicio
                      predicationis apostolice pri[mi]tive ecclesie</emph>&#160;»<note n="42"
                      type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 14.</note>.</p></quote>
                <p>Bien que les bornes chronologiques de notre analyse se restreignent au <num>xi<hi
                      rend="sup">e</hi></num>-<num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, nous
                  estimons utile de considérer ces trois invocations&#160;: les deux premières, présentes
                  dans des documents royaux asturiens, respectivement d’Afonso II et d’Afonso III,
                  et la troisième, du monarque léonais Ordonho II, toutes dans différents documents
                  en rapport avec le siège épiscopal de Lugo, qui se trouvait alors au centre de la
                  chrétienté péninsulaire, libre de toute pression musulmane, et où demeuraient les
                  archevêques de Braga qui s’y étaient réfugiés.</p>
                <p>De par leur ancienneté et la façon dont elles tâchent d’éclairer les relations
                  entre les trois personnes divines, en tant que Dieu vivant, tout-puissant, un et
                  trine dans lesquelles on proclame le Père non créé, le Fils comme fils unique et
                  l’Esprit Saint comme procédant de l’amour ineffable du Père et du Fils, ces
                  invocations ne peuvent pas ne pas avoir été considérées, aux siècles suivants, à
                  l’instar d’autres similaires, comme autant de très lointains modèles des
                  invocations rencontrées dans l’espace que nous considérons.</p>
                <p>À partir de 1071, avec la restauration de l’ancien diocèse de Braga – jadis
                  métropole de toute la Galice – et le début de la construction de son église
                  cathédrale, nous sommes confrontés à de nombreuses donations qui lui étaient
                  faites, marquées par les motivations et les clauses les plus diverses, où ne
                  manquent pas les invocations trinitaires, comme celle-ci, du 1<hi rend="sup"
                    >er</hi> août 1101, qui ouvre la charte de donation de Paio Bermudes et d’Elvira
                  Alvites au siège de Braga, en ces termes&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti Trinitatis individue que
                      nunquam est fi</emph>[<emph>ni</emph>]<emph>enda per cuncta secula seculorum
                      amen&#160;»</emph><note n="43" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                    nº 159.</note>.</p></quote>
                <p>Peu après, le 18 octobre 1101, dans la donation d’Elvira <emph>Fafilaz</emph> au
                  même siège de Braga, quoique en respectant le même sens général, on décèle de
                  légers changements dans l’ordre des termes, voir par l´usage de synonymes<note
                    n="44" type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 160&#160;: <emph>«&#160;In nomine Sancte
                      et individue Trinitatis Patris et Filii et Spiritus Sancti cuius honor et
                      gloria regnum manet per infinita tempora in Domino eterna salute
                    amen</emph>&#160;».</note>. De son côté, le 10 avril 1140, l’invocation de la charte
                  d’alleu (<emph>carta de couto</emph>) délivrée par D. Afonso Henriques à la
                  chapelle de Santa Marinha de Vilarinho de Parada<note n="45" type="footnote"
                      >. <emph>LF</emph>, I, nº 520&#160;: <emph>«&#160;In nomine Sancte et individue
                      Trinitatis Patris et Filii et Spiritus Sancti Trinitas indivisa que nunquam
                      erit finienda per cuncta seculorum secula&#160;».</emph></note>, dans l’actuelle
                  municipalité de Sabrosa, reproduit assez fidèlement celle du 1<hi rend="sup"
                    >er</hi> août 1101, à l’exception du déplacement des termes <emph>et individue
                    Trinitatis</emph> et l’ajout de <emph>Trinitas indivisa.</emph></p>
                <p>Au lieu d’insister sur les menues variantes qui affectent les innombrables
                  répétitions de cette invocation trinitaire, dans la tentative d’en trouver une
                  plus éloignée que nous puissions montrer comme modèle, nous confronterons aux
                  invocations passées en revue celle qui ouvre le testament des évêques Severino et
                  Ariulfo, du 22 avril 817, par lequel ils font don à la cathédrale d’Oviedo du
                  monastère de Santa Maria de Yermo, en Cantabrie, que l’on n’aura aucune difficulté
                  à considérer comme la matrice des invocations ultérieures, une fois les variations
                  signalées épurées&#160;:<emph>«&#160;In nomine sancte et individue Trinitatis Patris et
                    Filii et Spiritu Sancti cuius regnum permanet in secula seculorum
                    amen&#160;»</emph><note n="46" type="footnote"><emph>Liber Testamentorum Ecclesiae
                      Ovetensis</emph>: Elena E. <name rend="sc">Rodriguez Diaz</name>, Emiliano
                      <name rend="sc">Fernandez Vallina</name>, M.ª Josefa <name rend="sc">Sanz
                      Fuentes</name>, Barcelona, M. Moleiro, 1995, p. 488 (nº 13).</note>,
                  textuellement répétée dans le testament du roi Ordonho I, du 20 avril 857<note
                    n="47" type="footnote"><emph>Liber Testamentorum Ecclesiae Ovetensis</emph>,
                    p. 472 (nº 10).</note>.</p>
                <p>Les variations qui affectent le contenu des invocations trinitaires, en mettant
                  en relief les aspects doctrinaires les plus variés, surgissent dans toutes les
                  collections documentaires citées. Même s’il n’est pas possible de les inventorier
                  à présent, nous citerons volontiers cet échantillon intéressant&#160;: <emph>«&#160;Sub
                    imperio opificis rerum qui trinus in unitate extat colendus et adorandus atque
                    glorificandus necnon in nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii
                    et Spiritu Sancti&#160;»</emph>, qui remonte à l’an 986<note n="48" type="footnote"
                      >. <emph>VMH</emph>, I, nº 18.</note>.</p>
                <p>Un peu plus tardif, le cartulaire de l’évêque D. Paio d’Oviedo nous offre cette
                  invocation trinitaire, profondément élaborée et enrichie dans l’acte de donation
                  que, le 11 mars 1006, le comte Fáfila <emph>Spasandiz</emph> et la comtesse
                  Urraca, sa femme, firent du monastère de Santa Maria de Tol, et d’autres biens, à
                  la cathédrale d’Oviedo&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;In nomine Domini Dei misericors et pii qui trinus in unitate et unus in
                      Deitate extas colendus; laus tibi iugiter Salvator omnium Deus, qui facis
                      mirabilia magna solus, qui descendisti de celo et illuminasti Mariam de
                      Spiritu Sancto</emph>&#160;»<note n="49" type="footnote"><emph>Liber
                        Testamentorum Ecclesiae Ovetensis</emph>, p. 546
                  (nº 29).</note>.</p></quote>
                <p>Issu du royaume léonais, mais de la région de Samos, le <emph>Tumbo</emph> de ce
                  monastère, daté du 1<hi rend="sup">er</hi> juin 933, nous présente un cas
                  intéressant de double invocation. La première est parfaitement intégrée par cette
                  invocation que nous connaissons bien&#160;: «&#160;<emph>Domnis invictissimis ac
                    trumphatoribus</emph>…&#160;»<note n="50" type="footnote">M. <name rend="sc">Lucas
                      Alvarez</name>, <emph>op. cit.</emph>, p. 96 (nº 18).</note>. </p>
                <p>Outre les invocations trinitaires, celles qui sont centrées sur la personne de
                  Jésus abondent aussi bien sous une formule simple, très répandue – <emph>In
                    Christi nomine</emph> ou <emph>In nomine Christi –</emph>, que sous une formule
                  plus développée, qui place l’acte diplomatique sous la protection collective des
                  saints martyrs, du Christ rédempteur, de la Vierge Marie et des autres saints,
                  dont on entend introduire ou intensifier le culte dans certaines églises
                  diocésaines ou monastiques, dont on souhaite enrichir les patrimoines. </p>
                <p>Comme exemple, relevons la donation du prêtre Anagildo à des églises de la région
                  de Guimarães et à l’évêque D. Pedro lui-même, datée du 31 mars 1072&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;Domnis invictissimis ac triumphatoribus sanctisque martiribus ac
                      gloriosissimis martirum sancti Salvatoris et sanctae Marie sempre virginis,
                      sancti Michaeli arcangeli, sanctorum apostolorum Petri et Pauli, sancti
                      Antonini et illos sanctos qui ibi sunt reconditos in cenovio Vimaranes, cuius
                      baselica fundata esse dignoscitur quia sic dicit in Evangelio ” date et
                      dabitur vobis, querite et invenietis, pulsate et aperietur
                      vobis „&#160;»</emph><note n="51" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                      nº 63.</note>.</p></quote>
                <p>Remarquons que cette invocation intègre aussi des éléments typiques de l’arenga,
                  une situation fréquente dans de nombreuses formules dispersées dans les recueils
                  documentaires parcourus.</p>
                <p>Quant au nombre élevé d’invocations avec ce même formulaire, mais immédiatement
                  modifiées selon les saints, martyrs, apôtres ou autres protecteurs célestes dont
                  on entendait convoquer le secours, comme nous l’avons fait pour les invocations
                  trinitaires, de préférence à l’étude spécifique, nous orientons notre recherche de
                  manière à trouver des formules modèles en dehors du cadre des recueils
                  disponibles, comme sources de recherche sur les formulaires dans l’espace défini
                  au départ.</p>
                <p>Dans ce sens, le <emph>Liber Testamentorum Ecclesie Ovetensis</emph>, qui s’est
                  montré si utile, n’a procuré pour la présente recherche aucun apport positif,
                  mais, de son côté, <emph>El Tumbo de San Julian de Samos (siglos</emph>
                  <name rend="sc">viii-xii</name>), dont nous devons l’édition à l’excellent travail
                  de Manuel Lucas Alvarez, nous a procuré l’invocation du document relatif à
                  l’édification et à la dotation de l’église de Santiago de Toldaos, daté du 849,
                  que nous n’hésitons pas à considérer comme modèle matriciel de toutes celles qui
                  commencent avec ces mêmes termes, aussi bien dans le <emph>Tumbo de Samos</emph>
                  que dans les documents qui intègrent les recueils cités, et qui sont à notre
                  disposition.</p>
                <p>La seule différence, parfaitement acceptable, ne serait-ce que par son
                  ancienneté, est l’usage de l’adjectif <emph>gloriosis</emph> dans sa forme
                  normale, et non dans le superlatif <emph>gloriosissimis.</emph> Bien que nous ne
                  connaissions pas les canaux de diffusion, nous la transcrivons ici pour l’analyse
                  future&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;Domnis invictissimis ac triumphatoribus ac sanctis martiribus gloriosis
                      sancti Iacobi apostoli, sanctorum Petri et Pauli et sancti Christofori, et
                      sanctorum Georgii, sancti Laurentii, Sisti episcopi, et Ipoli&lt;ti&gt;
                      ducis&#160;»</emph><note n="52" type="footnote">M. <name rend="sc">Lucas
                        Alvarez</name>, <emph>op. cit.</emph>, p. 280 (nº 128).</note>.</p></quote>
                <p>Ces formules, et d’autres, ont été progressivement élaborées, de sorte qu’il
                  n’est pas toujours possible de reconnaître toutes les phases par lesquelles elles
                  sont passées. Quant à celle que nous venons de transcrire, il ne sera pas
                  difficile de noter que ses débuts pourraient remonter en plein royaume asturien,
                  au moins au 24 avril 785, car la charte du prêtre Adilano, soucieux de la
                  fondation d’un monastère, commence précisément par ces termes&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;Domnis invictissimis ac post Deum mihi fortissimis patronibus sancti
                      Stephani et martiris primi</emph>…&#160;»<note n="53" type="footnote">M. <name
                        rend="sc">Lucas Alvarez</name>, <emph>op. cit.</emph>, p. 287
                      (nº 137).</note>.</p></quote>
              </div>
              <div>
                <head type="h3">II. 2. 2. Préambules</head>
                <p>Comme nous l’avons fait du <emph>protocole</emph>, à propos du <emph>texte</emph>
                  qui est vraiment la partie centrale de la structure documentaire, nous nous
                  limiterons à une sélection de préambules et de clauses comminatoires susceptibles
                  d’analyses comparatives, en ayant en vue d’éventuels modèles plus éloignés qui
                  nous permettent de dépasser les limites chronologiques de notre documentation.</p>
                <p>En étudiant les préambules nous entrons en contact direct avec des parties du
                  formulaire du document qui nous révèlent la justification théorique, générique, où
                  la partie contractante entend expliquer l’acte juridique qui va avoir lieu, en
                  ajoutant parfois d’autres motifs plus concrets et même d’ordre particulier.
                  L’étude des préambules, bien que la répétition au niveau des lieux de production
                  documentaire puisse, d’une certaine façon, sinon les priver de leur substance, au
                  moins les affaiblir dans leur valeur et leur signification, contribuera à la
                  connaissance des conceptions ayant cours sur le plan religieux, mais surtout
                  juridique.</p>
                <p>Remarquons dès à présent que, même si le préambule surgit immédiatement après
                  l’invocation, en particulier dans des actes juridiques à composante religieuse
                  accentuée, tels que des donations à la cathédrale, à un monastère ou église
                  quelconque, il ne manque pas des cas non plus où le document commence par le
                  préambule.</p>
                <p>Comme point de départ pour une brève réflexion, nous présenterons certains
                  préambules sélectionnés parmi les nombreux formulaires connus&#160;:</p>
                <p>1090, 24 mars&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;Magnum est enim titulus donationis in quo nemo potest actum largitatis
                      inrumpere nec foris legis proicere sed quicquid homo ingenuus vir atque femina
                      qui filios vel nepotes non relinquerit de omni sua re faciat quod
                      voluerit&#160;»</emph><note n="54" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                      nº 130.</note>&#160;;</p></quote>
                <p>1101, 8 mai (?)&#160;:</p>
                <quote>
                  <p><emph>«&#160;Mos quipe extat felicium servientibus Deo aliquid unde sibi commoda
                      celestia conquirent qua propterea concedo vobis domno Geraldo archiepiscopo
                      Bracarensis sedis vel omnibus clericis qui tecum in Dei servitio permanente et
                      Sancte Marie Virginis …&#160;»</emph><note n="55" type="footnote"
                      >. <emph>LF</emph>, I, nº 165.</note>&#160;;</p></quote>
                <p>1102, 29 novembre&#160;:</p>
                <quote>
                <p><emph>«&#160;Nullius quoque gentis imperio nec suadentes articulo sed
                    sano animo integroque consilio non per metum nec per vim sed expontanea nostra
                    voluntate et in nostro robore ita ut faceremus vobis domno
                    Geraldo…&#160;»</emph><note n="56" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                    nº 166.</note>.</p></quote>
                <p>Dans tous ces cas, le souci d’accentuer la validité des donations ressort, en
                  proclamant&#160;: dans le premier cas, le droit pour les personnes libres sans
                  descendance de pouvoir disposer de leurs biens comme elles l’entendent&#160;; en
                  affirmant, dans le second, la valeur juridique de la coutume des donations au
                  siège épiscopal, en la personne de l’archevêque D. Geraldo, et au chapitre de la
                  cathédrale&#160;; et, finalement, la pleine liberté avec laquelle les fidèles faisaient
                  leur donation collective à la même cathédrale.</p>
                <p>Ces modèles de préambules peuvent subir des changements destinés à exprimer une
                  justification plus explicite du droit que l’on entend garantir, comme on le
                  constate dans la donation de la comtesse D. Urraca Ansures, faite à son chapelain
                  et maître, Soeiro Atães, et au siège épiscopal de Braga, le 23 mai 1107, et qui
                  invoque aussi les lois wisigothiques&#160;:</p>
                  <p>«&#160;<emph>Magnum est enim titulus donationis in quo nemo potest actum largitatis
                      inrumpere nec extra legum <hi rend="b">iura proicere et in Gotorum legibus
                    continetur quatinus valeat donatio sicut et venditio</hi></emph> »<note n="57"
                      type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 143.</note>.</p>
                <p>Cette formule est à nouveau intégralement utilisée lors d’une donation faite le
                  14 avril 1152 par l’archevêque D. João Peculiar, avec le consentement du chapitre,
                  à deux de ses hommes, en récompense de services rendus<note n="58" type="footnote"
                      >. <emph>LF</emph>, III, nº 805.</note>.</p>
                <p>Tous ces préambules que nous venons d’analyser sont tardifs, notamment le premier
                  – <emph>«&#160;Magnum est enim titulus donationis&#160;» –</emph>, daté de l’année 1090.
                  Indépendamment du fait que, dans la documentation portugaise, on puisse tomber sur
                  cette formule d’une époque précédente, nous considérons pertinent de relever que
                  celle-ci se trouve déjà le 14 janvier 946, dans le <emph>Tumbo de
                    Samos</emph><note n="59" type="footnote">M. <name rend="sc">Lucas
                      Alvarez</name>, <emph>op. cit.</emph>, p. 208 (nº 78).</note>, un fait qui
                  mérite d’être mentionné dans la perspective comparative sous-jacente à cette
                  étude.</p>
                <p>Dans le <emph>Liber Fidei</emph>, qui est le principal recueil utilisé, et peut
                  même être considéré comme un ouvrage de référence, nous tombons aussi sur un
                  préambule qui, contrairement aux morceaux antérieurs, fonde la validité de la
                  donation sur la promesse de la vie éternelle, présente dans bien des études sur la
                  religion chrétienne, sur le précepte de la charité et sur l’obligation de rendre
                  service aux pauvres, des aspects consolidés par la citation du passage évangélique
                  qui s’y trouve transcrite.</p>
                <p>Il s’agit d’une donation de l’archevêque de Braga et du chapitre métropolitain à
                  l’ordre de l’Hôpital, en date 9 février 1150&#160;; le préambule surgit après une très
                  brève invocation trinitaire, omise ici&#160;:</p>
                  <p>«&#160;<emph>Quamquam christiane religionis multa sint studia quibus eterna
                      promereri posse creditur vita, precipium tamen est pietatis officium quod ad
                      eiusdem vite potest perducere questum et Christi pauperibus ob eius amorem
                      prestare solacium. Dicente enim Evangelio&#160;: ”Quod uni ex minimis meis facitis
                      mihi fecisti„ ipse sibi procul dubio Christum debitorem eterne vite constituit
                      qui minimis eius solatia necessitatis inpertit&#160;»</emph><note n="60"
                      type="footnote"><emph>LF</emph>, III, nº 770.</note>. </p>
                <p>D’un égal caractère religieux, on trouve l’<emph>arenga</emph> de la charte de
                  donation de Guterre Sarracins et de son épouse au siège épiscopal de Braga, le
                    1<hi rend="sup">er</hi> juin 1150, qui fait passer au premier plan l’exemple de
                  l’obéissance de Jésus-Christ au Père éternel, et se poursuit par deux citations
                    évangéliques<note n="61" type="footnote"><emph>LF</emph>, III,
                  nº 802.</note>.</p>
                <p>Il n’est pas possible de présenter la multiplicité des préambules épars dans la
                  documentation disponible, mais nous aimerions faire noter que de nombreux actes
                  juridiques commencent par des préambules qui, malgré les changements légers ou
                  plus accentués de rédaction, entendent toujours mettre en évidence la connaissance
                  généralisée des faits exposés dans les documents qui les exhibent, comme le
                  révèlent les exemples suivants&#160;: <emph>«&#160;Dubium quidem non est sed multis plebs
                    manet cognitum atque notissimum…&#160;»</emph>, dans la charte de transfert d’une
                  propriété au siège épiscopal de Braga, datée du 8 juillet 1101<note n="62"
                    type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 158.</note>&#160;; une formule utilisée
                  précédemment le 5 septembre 1062 dans la charte de reconnaissance de certains
                  habitants de Braga, qui finirent par reconnaître qu’ils étaient les sujets de
                  l’administration de cette ville<note n="63" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                    nº 23.</note>.</p>
                <p>Dans ce sens, nous sélectionnerons encore ces formules, même si l’on est ici plus
                  face à un exposé de données factuelles qu’à un préambule&#160;: <emph>«&#160;Ut in cunctis
                    notum permaneat eo quod intravit Iohannes in casa de Nogaria cum sua muliere
                    Tiudili pro servientes de illa comitissa Tuda domna ad tuendum eius ganatum, pan
                    et bivere</emph>…&#160;»<note n="64" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                    nº 176.</note>, à l’ouverture d’un procès de partage de biens&#160;; et «&#160;<emph>Ut
                    scitum est et cunctis et divulgatum ad universis et cunctis ut in cunctis
                    omnibus notum pro hac et in cunctis temporibus Adefonsi principis intencio
                    horitur inter episcopos nominatos Petrus Bracarensis et Edronius
                    Auriense…&#160;»</emph>, dans la décision qui, le 18 décembre 1078, met un terme au
                  litige existant entre les prélats de Braga et d’Orense, une fois admis par
                  l’évêque Ederónio (<emph>d’Orense</emph>) que le territoire de Baronceli
                  appartenait au diocèse de Braga&#160;; le roi Afonso V confirma la charte de
                  reconnaissance&#160;: <emph>«&#160;Adefonsus rex in ista agnitio placiti manum meam
                    conf.&#160;»</emph><note n="65" type="footnote"><emph>LF</emph>, III,
                    nº 619.</note>.</p>
                <p>Ces préambules, révélateurs de la connaissance généralisée des faits posés dans
                  les documents où ils se trouvent, sont relativement tardifs chez nous. Même s’il
                  est possible qu’il y en ait d’autres plus anciens dans le <emph>Liber
                  Fidei</emph>, aucun ne remonte au-delà du <num>x<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle. Nous remarquerons volontiers que la formule qui commence par
                  les termes <emph>«&#160;Dubium quidem non est</emph>&#160;» apparaît déjà le 17 avril [857],
                  dans le document n° 1 du <emph>Tumbo de Samos</emph><note n="66" type="footnote"
                      >. M. <name rend="sc">Lucas Alvarez</name>, <emph>op. cit.</emph>,
                    p. 62.</note>, une information à laquelle nous accordons le plus grand intérêt
                  dans la perspective des formulaires qui a guidé notre recherche.</p>
              </div>
              <div>
                <head type="h3">II. 2. 3. Clauses comminatoires</head>
                <p>Après ces exemples de la variété des préambules, dont il faut clore l’exposé en
                  nous limitant, cependant, au cadre des formules qui, dans la structure
                  documentaire, marquent et enrichissent le <emph>texte</emph>, au-delà<lb/> des
                  aspects dispositifs, suivant la nature juridique des actes et des clauses qui les
                  encadrent, nous porterons une certaine attention aux clauses
                    <emph>comminatoires</emph>, considérées dans leurs dimensions spirituelles,
                  parce que ce sont celles qui procurent les plus grandes possibilités de
                  confrontation sur le plan international. Suivant ce qui est disposé dans chaque
                  acte juridique – donation, testament, vente et achat, échange, sentence, partage
                  de biens, contrat emphytéotique, etc. –, il est compréhensible que l’on établisse
                  des sanctions d’ordre matériel, que nous ne détaillerons pas, afin de créer des
                  cadres dissuasifs, décourageant d’hypothétiques infractions contre le contenu des
                  actes signés.</p>
                <p>Dans ce sens, ces mesures sont encore aggravées par la volonté manifeste que des
                  maladies terribles, comme la cécité<note n="67" type="footnote"><emph>LF</emph>,
                    I, nº 14: <emph>«&#160;et amborum oculorum privetur luminibus&#160;»</emph>&#160;;
                      <emph>LF</emph>, nº 136&#160;: <emph>«&#160;et insuper careat lucerna amborum
                      frontium&#160;».</emph></note> ou la lèpre, affectent les éventuels contrevenants.
                  Pour ce qui est de la lèpre, on spécifie qu’elle devrait les couvrir du haut de la
                  tête jusqu’à la plante des pieds<note n="68" type="footnote"><emph>LF</emph>, I,
                    nº 68&#160;: <emph>«&#160;et scaturientibus ad summa capitis usque ad vestigia pedum lepra
                      subcunbeat provolutus&#160;»</emph>&#160;; dans le doc. nº 136, on lit&#160;: <emph>«&#160;et a
                      vertice usque ad pranta pedis lepra percutiatur&#160;».</emph></note>.</p>
                <p>Malgré ces menaces, pouvaient toujours surgir des tentatives de transgression de
                  la matière du contrat. Dans ces cas, les infracteurs, outre les pénalités d’ordre
                  matériel consignées dans les documents cités, étaient sujets aussi à des sanctions
                  d’ordre spirituel qui, dans le contexte de la mentalité religieuse en vigueur à
                  l’époque, constituaient des facteurs véritablement dissuasifs d’infraction contre
                  les dispositions de chacun de ces actes.</p>
                <p>Nous n’en citerons que les plus fréquentes dans la documentation du nord du
                  Portugal, une région intentionnellement délimité pour notre recherche. Malgré
                  tout, elle n’en est pas moins représentative dans ce domaine où abondent les
                  affirmations selon lesquelles les éventuels infracteurs des dispositions des actes
                  en cause seraient maudits et excommuniés<note n="69" type="footnote"
                      >. <emph>LF</emph>, I, nº 143&#160;: <emph>«&#160;quicunque venerit ad inrumpendum sit
                      maledictus et excomunicatus et a limine Sancte Ecclesie segregatus&#160;»</emph>&#160;;
                    nº 63&#160;: <emph>«&#160;Et si aliquis venerit contra hunc factum nostrum ad inrumpendum
                      vel infringendum temptare voluerit in primiter sedeat excomunicatus et ad
                      sancta ecclesia mater sedeat [s]eparatus et cum Iuda Domini traditore habeat
                      participationem in eterna dampnatione pena nunquam finiendam&#160;».</emph></note>,
                  qu’ils seraient privés de communion eucharistique en fin de vie<note n="70"
                    type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 68&#160;: <emph>«&#160;et nec in finem
                      conmunionem accipiat&#160;»</emph> (1<hi rend="sup">er</hi> novembre 1018). Dans le
                      <emph>Tumbo de Samos</emph>, le 18 mars 907, il est dit&#160;: <emph>«&#160;et a sancta
                      communione sit extraneus&#160;»</emph>, cf. M. <name rend="sc">Lucas
                    Alvarez</name>, <emph>op. cit.</emph>, p. 391.</note>, que leur mémoire serait
                  effacée du Livre de vie<note n="71" type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 68&#160;:
                      <emph>«&#160;auferat Dominus memoriam illius de terra&#160;»</emph>&#160;; nº 114&#160;:
                      <emph>«&#160;aufert Dominus memoriam eius de libro vite et cum iustis non
                      scribantur sed cum Iuda proditore parem patiatur penam&#160;».</emph></note> – on
                  visait naturellement la vie éternelle –, et encore qu’ils subiraient la même peine
                  que Judas, le traître<note n="72" type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 121&#160;:
                      <emph>«&#160;et cum Iuda traditore Domini habeat participium in eterna dannatione
                      penam nunquam finiendam&#160;».</emph></note>, et Datan et Abiram, avalés par la
                    terre<note n="73" type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 68&#160;: <emph>«&#160;et cum
                      Datan et Abiran latus terre absorbeat&#160;».</emph></note>, etc., un éventail
                  totalement ou partiellement répété à plusieurs reprises dans la documentation dont
                  nous disposons.</p>
                <p>Quelque intéressantes que soient ces formules et la tentative de leur mise en
                  rapport, qui nous a permis d’apporter un certain éclairage sur la thématique
                  retenue pour ce congrès, il nous faut à présent cesser de présenter de nouvelles
                  citations. Le vaste éventail de formules dispersées entre les parties de la
                  structure à teneur documentaire auxquelles nous limitons notre analyse, malgré
                  leur fréquence, et précisément pour cette raison, peut contribuer aussi à une
                  meilleure connaissance de certains aspects de la mentalité médiévale, une étude
                  qui ne relève pas de notre objectif.</p>
                <p>Dès lors, au lieu de poursuivre les considérations sur ces synthèses-ci et sur
                  d’autres clauses comminatoires spirituelles élaborées au long des siècles, il
                  s’agira de chercher à déterminer depuis quand elles nous sont apparues. Même s’il
                  n’est pas possible d’atteindre cet objectif en ce qui concerne toutes les clauses,
                  celles dont nous avons eu connaissance n’en demeurent pas moins un apport positif
                  à l’intensification de cette recherche sur le plan international.</p>
              </div>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusion</head>
            <p>Au terme de notre exposé, il nous faut faire un petit résumé du chemin parcouru et
              des principaux aspects qui ont retenu notre attention dans le cadre du thème
              proposé.</p>
            <p>Comme nous le faisions remarquer au départ, l’analyse du thème global du congrès,
              malgré les multiples perspectives suggérées par les organisateurs, se heurtait à un
              degré élevé de difficulté pour quiconque étudierait le cas du Portugal médiéval, étant
              donné l’inexistence de formulaires qui répondent aux besoins divers des «&#160;notaires&#160;»
              ou d’autres rédacteurs des actes juridiques que les circonstances de la vie réelle
              exigeaient.</p>
            <p>En parcourant l’abondante documentation réunie dans les recueils sélectionnés pour
              notre recherche, nous avons dû restreindre le champ d’observation aux documents les
              plus susceptibles de répondre à notre propos de départ, en analysant soit certains
              formulaires, extrêmement simples, soit d’autres plus complexes et fréquents dans les
              litiges scandant la vie quotidienne. Cette analyse, on l’a remarqué, ne peut négliger
              une mise en contexte sensible, selon les cas, aux réalités administratives,
              ecclésiastiques, politiques et sociales qui gouvernaient la demande et la production
              des actes.</p>
            <p>Ainsi, sans vouloir répéter ce qui a été dit dans les pages précédentes à propos des
              formulaires les plus simples, où se signale la formule de prestation d’obédience à
              l’archevêque de Braga de la part des prélats, considérés alors comme ses suffragants –
              une situation ultérieurement redéfinie dans la foulée des disputes avec Saint-Jacques
              de Compostelle et avec Tolède –, il nous a été possible de détecter et d’isoler la
              formule spécifique, généralement souscrite par des évêques portugais de Porto,
              Coimbra, Viseu et Lamego et des diocèses situés outre les frontières, comme
              Mondonhedo, Tui, Orense, Lugo et Astorga.</p>
            <p>Sur le plan social, il faut mettre en évidence la formule d’affranchissement d’un
              serf de l’archevêque de Braga, D. Paio Mendes (1118-1137), non seulement pour sa
              spécificité et sa qualité – la formule, unique, n’a pas été reprise –, mais aussi par
              le contexte solennel dans lequel s’est inscrit l’affranchissement, sans oublier le
              fait que la charte fut accordée avec le clair objectif de servir d’encouragement à
              l’affranchissement de nombreux individus, voire de familles entières.</p>
            <p>Quant aux formulaires les plus complexes, les éléments dont nous disposons, bien
              qu’ils aient été analysés en nombre plus réduit, nous ont incliné vers la confirmation
              de l’hypothèse de départ de l’influence diplomatique asturo-léonaise sur la région,
              ultérieurement intégrée au nord du Portugal.</p>
            <p>En effet, en plus des invocations trinitaires véhiculées par les actes des rois –
              Afonso II en 832<note n="74" type="footnote"><emph>LF</emph>, I, nº 12.</note>,
              Afonso III en 899<note n="75" type="footnote"><emph>LF</emph>, nº 13.</note> et
              Ordonho II en 915<note n="76" type="footnote"><emph>LF</emph>, nº 14.</note> –, pour
              ce qui est des autres formules, préambules et clauses comminatoires, nous avons pu
              inventorier certains exemples fort antérieurs, aussi bien dans le <emph>Liber
                testamentorum Ecclesie Ovetensis</emph>, que dans le <emph>Tumbo de San Julian de
                Samos (siglos</emph>
              <name rend="sc">viii-xii</name>), comme nous l’avons très largement illustré au long
              de notre exposé, et qui consolident notre conviction sur l’hypothèse de départ.</p>
            <p>La preuve de l’existence de ces formules éventuellement paradigmatiques dans la
              documentation léonaise pourrait s’allonger après une minutieuse recherche sur les
              motifs d’ordre personnel qui s’ajoutent aux préambules, ou présentés de façon simple
              et isolée en tant que justificatifs des actes concédés. À titre de simple exemple, qui
              correspond aux nombreux cas similaires présents dans la documentation portugaise, nous
              nous permettons de recueillir la justification d’une donation au monastère de Samos,
              faite le 1<hi rend="sup">er</hi> juin 933 par une certaine Gontina
                (<emph>Goncina</emph>), mue par le poids de ses péchés et animée par l’espoir et la
              confiance que, par les mérites et l’intercession des saints qu’elle cite, saint
              Julien, sainte Euphémie et les saints martyrs, elle obtiendrait le pardon&#160;:
                <emph>«&#160;Cum pecatorum mole depressa in spe fidutiaque sanctorum meritis non
                usquequaque desperatione deicimur&#160;»</emph><note n="77" type="footnote">M. <name
                  rend="sc">Lucas Alvarez</name>, <emph>op. cit.</emph>, nº 18, p. 96.</note>. Pour
              ce qui est de ces motifs, et d’autres invoqués dans des actes juridiques concrets, on
              pourrait multiplier les allégations.</p>
            <p>Nous terminons ici notre parcours dans les méandres de la diplomatique du nord du
              Portugal, avec la conviction de l’évidente influence asturo-léonaise, en partie
              constatée ici et documentée pour ce qui est des siècles qui précédèrent l’indépendance
              du Portugal reconnue par Afonso VII, à Zamora, en 1143, puis par le pape
              Alexandre III, dans la bulle <emph>Manifestis probatum est</emph> du 23 mai 1179&#160;; un
              processus diplomatique qui s’est progressivement atténué, durant cette période et les
              époques suivantes.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part14">
        <front>
          <head>Formules et formulaires<lb/> Réflexions sur la rédaction des documents royaux au
            Portugal à la fin du Moyen Âge</head>
          <byline><docAuthor>Maria Helena da Cruz Coelho</docAuthor>, professeur titulaire, Faculdade de Letras,
            Universidade de Coimbra, membre intégré du Centro de História da Sociedade e da Cultura,
            Fa­culdade de Letras, P-3004-530 Coimbra. <ref target="mailto:coelhomh@gmail.com"
              >coelhomh@gmail.com</ref></byline>
          <byline><docAuthor>Maria do Rosário Barbosa Morujão</docAuthor>, professeur auxiliaire, Faculdade de Letras,
            Universidade de Coimbra, Membre intégré du Centro de História da Sociedade e da Cultura,
            Fa­culdade de Letras, Largo da Porta Férrea, P-3004-530 Coimbra. <ref
              target="mailto:rmorujao@gmail.com">rmorujao@gmail.com</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>In this paper, we study a formulary of royal letters written by the Portuguese King
            Edward (1433-1438), which presents the main formulas to be followed in written
            correspondence with a set of 65 addressees, almost all foreigners, ranging from the
            highest Church officials and lay officers of the neighboring kingdoms to several
            relatives of the king. This formulary allows us to know with whom the Portuguese monarch
            had been corresponding and which forms of the protocols, greetings, final greetings and
            addresses written on the back of the letter should be used in each case. This study
            presents the beginning of an analysis of Portuguese royal formularies of a similar
            nature that the authors intend to pursue.</p>

          <div>
            <head type="h1">Introduction</head>
            <p>Au début du <num>xv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, le Portugal connut un âge d’or
              dans le domaine culturel. Après un temps d’interrègne qui finit en 1385 avec
              l’élection, aux <emph>cortes</emph> de Coimbra, du frère illégitime du dernier roi,
                Ferdinand I<hi rend="sup">er</hi>, une nouvelle dynastie parvint au pouvoir, connue
              sous le nom de dynastie d’Avis, parce que son fondateur était le maître de l’ordre
              militaire portugais homonyme<note n="1" type="footnote">Sur la conjoncture qui
                marquait alors le Portugal, voir António Henrique de Oliveira Marques,
                  <emph>Portugal na crise dos séculos</emph>
                <num>xiv</num>
                <emph>e</emph>
                <num>xv</num>, Lisbonne, 1987, t. IV de la <emph>Nova História de Portugal</emph>,
                dir. J. Serrão et A. H. de Oliveira Marques, et Armindo de Sousa, <emph>A monarquia
                  feudal (1096-1480)</emph>, t. IV de la <emph>História de Portugal</emph>, dir. J.
                Mattoso, Lisbonne, 2007. L’ascension au trône du Maître d’Avis est expliquée en
                détail dans sa biographie par Maria Helena da Cruz Coelho, citée à la note qui
                suit.</note>. Jean I<hi rend="sup">er</hi> fut marié à la fille de Jean de Gand, duc
              de Lancastre, liant ainsi la monarchie portugaise à la maison royale anglaise&#160;; la
              reine, Philippa, fut responsable en grande partie de l’introduction au Portugal des
              habitudes culturelles raffinées de la maison de Lancastre et de la cour
                d’Angleterre<note n="2" type="footnote">Des biographies de ce couple ont été
                récemment publiées par Maria Helena da Cruz Coelho, <emph>D. João I, o que re-colheu
                  Boa Memória</emph>, Lisboa, 2008 (<emph>Biografias dos Reis de Portugal</emph>,
                10), Manuela Santos Silva, <emph>A rainha inglesa de Portugal, Filipa de
                  Lencastre</emph>, Rio de Mouro, 2012 (<emph>Rainhas de Portugal</emph>, 6) et
                Maria Helena da Cruz Coelho, <emph>D. Filipa de Lencastre. A Inglesa Rainha.
                  1360-1415</emph>, Vila do Conde, 2011 (<emph>Rainhas e infantas de
                Portugal</emph>). Sur la culture écrite de Philippa, ainsi que les formulaires de
                quelques lettres issues de la chancellerie de cette reine, voir Manuela Santos
                Silva, «&#160;A literacia de Filipa de Lencastre&#160;», <emph>Revista Férula</emph>, 1
                (2012), p. 29-33.</note>.</p>
            <p>Le patronage accordé à la culture écrite et à la traduction en langue vernaculaire
              d’œuvres érudites, ainsi que l’éducation soignée que reçurent les enfants du couple
              royal ont certainement été des facteurs décisifs dans le développement du goût de
              l’écriture du prince héritier, Édouard, surnommé l’Éloquent précisément à cause des
              livres dont il a été l’auteur<note n="3" type="footnote">Voir la biographie de ce
                roi composée par Luís Miguel Duarte, <emph>D. Duarte. Requiem por um rei
                  triste</emph>, Rio de Mouro, 2005 (<emph>Biografias dos Reis de Portugal</emph>,
                10).</note>. Le <emph>Livre de l’enseignement de bien monter tous les chevaux</emph>
              et le <emph>Loyal conseiller</emph> sont des ouvrages<note n="4" type="footnote">Sur
                le premier de ces livres, voir <emph>Livro da ensinança de bem cavalgar toda sela
                  que fez el-rey Dom Eduarte de Portugal e do Algarve e senhor de Ceuta</emph>, éd.
                Joseph Piel, Lisbonne, 1986 (<emph>Biblioteca de autores portugueses</emph>)&#160;;
                l’œuvre a été étudiée par Carlos Henrique Pereira, <emph>Étude du premier traité
                  d'équitation portugais&#160;: Livro da ensinança de bem cavalgar toda sela du roi Dom
                  Duarte</emph>, Paris, 2001. La plus récente édition critique du deuxième ouvrage
                est due à D. Duarte, <emph>Leal Conselheiro</emph>, éd. critique de Maria Helena
                Lopes de Castro, Lisbonne, 1999 (<emph>Pensamento português</emph>).</note> qui
              occupent une place de première importance dans la littérature en portugais de
              l’époque. Édouard nous a aussi laissé un autre livre, inachevé, constitué par un
              ensemble de notes qu’il écrivait ou faisait écrire sur les sujets les plus variés,
              depuis les remèdes contre plusieurs maladies jusqu’à la copie de lettres en passant
              par des réflexions sur des matières diverses<note n="5" type="footnote"><emph>Livro
                  dos Conselhos de el-rei D. Duarte (Livro da Cartuxa). Edição diplomática</emph>,
                éd. João Alves Dias, Lisboa, 1982 (<emph>Imprensa Universitária</emph>, 27). Sur cet
                ouvrage, L. Duarte, <emph>D. Duarte…</emph>, p. 207-211, et p. 197-212 sur la
                culture écrite de ce roi en général.</note>. Ce même codex contient aussi, aux
              fol. 188-308v, un ensemble de «&#160;dictées&#160;» (<emph>ditados</emph> en portugais) sur la
              façon d’écrire les lettres royales, qui constitue un vrai formulaire de lettres
              missives à utiliser par le monarque portugais.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. La source et son contexte</head>
            <p>Ce formulaire d’Édouard (roi de 1433 à 1438) a certainement été à l’origine d’autres
              recueils élaborés postérieurement. Nous connaissons un très long formulaire du temps
              de son fils et successeur Alphonse V (1438-1481)<note n="6" type="footnote">«&#160;Livro
                Vermelho de D. Afonso V&#160;», dans José Corrêa da Serra, <emph>Colecção de Livros
                  Inéditos de Historia Portugueza</emph>, t. III, Lisbonne, 1793, p.
              402-419.</note>&#160;; un autre, concernant seulement les lettres destinées aux rois de
              Castille, du temps du roi suivant, Jean II (1481-1495)<note n="7" type="footnote"
                >. Álvaro Lopes de Chaves, <emph>Livro de Apontamentos (1438-1489). Códice 443 da
                  Colecção Pombalina da BNL</emph>, éd. A. M. Salgado et A. J. Salgado, Lisbonne,
                1983, p. 151-152; mentionné par Saul António Gomes, «&#160;Testemunhos de formulários
                régios medievais portugueses&#160;», dans <emph>Os Reinos Ibéricos na Idade Média</emph>,
                éd. L. A. Fonseca [et al.], t. 3, Porto, 2003, p. 1295.</note>&#160;; et un autre encore
              du temps de Manuel I<hi rend="sup">er</hi> (1495-1521)<note n="8" type="footnote"
                >. Celui-ci, encore inédit, fait partie d’un manuscrit de la Biblioteca da Ajuda de
                Lisbonne, Cod. Ms. 51-VI-23, fols. 58v-88. Il est cité par Isabel dos Guimarães Sá,
                  <emph>De princesa a rainha-velha. Leonor de Lencastre</emph>, Rio de Mouro, 2011
                  (<emph>Rainhas de Portugal</emph>, 8), p. 41-42.</note>. D’autres formulaires du
              même genre sont connus pour les siècles suivants, certains d’entre eux conservés à la
              Biblioteca da Ajuda de Lisbonne<note n="9" type="footnote">Biblioteca da Ajuda, Ms.
                51-X-35 (55) et 54-X-2, nº 30. Un petit travail a déjà été publié, concernant les
                lettres du roi Sébastien (1557-1578) adressées aux souverains d’outremer ou non
                chrétiens, élaboré cependant à partir des missives elles-mêmes et non pas d’un
                formulaire&#160;: Chantal de la Veronne, «&#160;Protocole des lettres adressées par
                  Sébastien I<hi rend="sup">er</hi> du Portugal aux souverains non chrétiens ou
                orientaux&#160;», <emph>Arquivos do Centro Cultural Português</emph>, 4 (1972), p.
                560-565.</note>&#160;; notre intention est de les étudier dans leur ensemble. Pour ce
              colloque, cependant, nous avons décidé de concentrer notre attention sur le premier de
              ces formulaires, celui qui concerne les lettres-missives d’Édouard, et qui a
              probablement été la matrice qui servit d’inspiration à tous les autres.</p>
            <p>Ce genre de texte se caractérise par une certaine ambivalence<note n="10"
                type="footnote">Sur cette typologie documentaire, voir Giles Constable,  <emph>Letters and
                    letter‑collections</emph>, Turnhout, 1976
                  (<emph>Typologie des Sources du Moyen Âge Occidental</emph>, 17). </note>. Selon
              la définition du <emph>Vocabulaire international de la diplomatique</emph>, «&#160;une
              missive est une lettre par laquelle une personne, publique ou privée, communique avec
              une autre pour l’informer ou pour lui demander des informations, lui rendre compte, la
              prier ou la requérir&#160;»<note n="11" type="footnote"><emph>Vocabulaire international
                  de la Diplomatique</emph>, éd. M. Milagros Cárcel Ortí, Valencia, 1994 (<emph>Colleccio
                  oberta</emph>, 28), nº 404.</note>. Mais le même ouvrage nous dit justement que
              «&#160;si certaines missives – et notamment dans le domaine de la diplomatie – répondent à
              certaines règles de forme et constituent une espèce diplomatique, la plupart d’entre
              elles sont de nature privée et sont rédigées avec une grande liberté de forme&#160;».</p>
            <p>Les formulaires de lettres-missives donnaient donc une forme diplomatique à ces
              textes, ce qui est parfaitement compréhensible, surtout dans les cas où leur auteur
              était un monarque. En fait, un roi du Moyen Âge, chez qui coexistait une double
              personne, la publique et la privée, n’écrivait ou ne faisait écrire de lettre sans
              suivre des règles protocolaires. Ou, en posant la question d’une autre façon, s’il le
              faisait, ces lettres ne nous sont pas parvenues.</p>
            <p>Si l’épistolographie, dans le sens d’art de la composition des lettres personnelles,
              intimes, privées, est mal représentée aux temps médiévaux, elle est encore moins
              significative au Portugal<note n="12" type="footnote">Sur l’épistolographie
                portugaise, voir Andrée Crabbé Rocha, <emph>A epistolografia em Portugal</emph>,
                Coimbra, 1965, p. 13‑36.</note>. On sait que le développement urbain, économique et
              commercial a eu comme conséquence la divulgation et l’accès à l’écriture et aux
              écrits, suscitant ainsi l’essor de la correspondance de nature privée. À partir du
                  <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, hommes et femmes commencent à écrire
              (ou à faire écrire) des lettres pour prendre des nouvelles de membres de leurs
              familles ou de leurs amis, pour obtenir des renseignements et des nouvelles, pour
              envoyer des requêtes, des avertissements, des notes ou des ordres. Le tableau de la
              correspondance d’hommes et de femmes habitant la Toscane ou Florence, tel qu’il a été
              brossé par Charles de la Roncière dans son étude sur la vie privée de cette
                population<note n="13" type="footnote">Charles de la Roncière, «&#160;A vida privada
                dos notáveis toscanos no limiar do Renascimento&#160;», dans <emph>História da vida
                  privada</emph>, dir. Philippe Ariès et Georges Duby, t. II&#160;: <emph>Da Europa
                  feudal ao Renascimento</emph>, traduction portugaise, Porto, 1990,
                p. 256-258.</note>, pour nous limiter à un exemple, laisse une remarquable
              impression sur l’importance de la circulation de la correspondance dans différentes
              couches de la société, chez les hommes comme chez les femmes, chez les adultes comme
              chez les jeunes, qui recourent tous à une écriture de nature plus familiale, intime ou
              personnelle, quand elle n’est pas liée à la gestion et au contrôle des affaires.</p>
            <p>Nous ne possédons rien de semblable pour le Portugal. L’absence de pratique écrite y
              était peut-être plus lourde, empêchant ainsi cette manifestation de sentiments, de
              gestes et de volontés de recourir à l’écriture. En outre, même si cette correspondance
              au poids intime et affectif énorme avait existé, sa validité aurait été réduite, ne
              concernant que la vie de l’auteur et celle du destinataire. Conserver et archiver la
              correspondance privée n’était pas une priorité en une époque où l’on a peu conservé
              les écrits, même pas la documentation de caractère public&#160;; qui plus est, le support
              des ces lettres, dans la plupart des cas le papier, était plus difficilement
              compatible avec la conservation au long des siècles.</p>
            <p>Ce qui donc nous est parvenu, et en petit nombre, sont les chartes allographes mises
              au nom des rois, des reines et des princes qui, sachant ou non écrire, avaient des
              clercs à leur service pour le faire, des scribes aux fonctions plus publiques ou plus
              privées selon les cas.</p>
            <p>On peut donner comme exemples les plus notables de correspondance connue pour le
              Moyen Âge portugais, les échanges entre la reine sainte Isabelle (qui était la nièce
              d’une autre reine sainte, Isabelle de Hongrie) et son frère, le roi d’Aragon, sa
              nièce, princesse d’Aragon, et des officiers castillans<note n="14" type="footnote"
                >. Cette correspondance a été publiée dans les ouvrages suivants&#160;: Sebastião Antunes
                Rodrigues, «&#160;Rainha Santa. Cartas inéditas e outros documentos&#160;», <emph>Arquivo
                  Coimbrão</emph>, 16 (1958), p. 81-212&#160;; Fr. Félix Lopes, «&#160;Actividades
                pacificadoras de Santa Isabel de Portugal nos dissídios entre Castela e Aragão, de
                1300 a 1304&#160;», <emph>Itinerarium</emph>, 13 (1967), p. 288-339 et «&#160;Duas cartas
                inéditas da Rainha Santa Isabel sobre jóias empenhoradas&#160;», <emph>Revista Portuguesa
                  de História</emph>, 13 (1970), p. 61-72&#160;; <emph>Imagen de la Reina Santa. Santa
                  Isabel, infanta de Aragón y reina de Portugal</emph>, I. <emph>Catalogo de la
                  exposición</emph>, éd. Diputación de Zaragoza, Zaragoza, 1999, p. 199-201. Sur la
                reine Isabelle du Portugal, voir la récente biographie composée par Filomena
                Andrade, <emph>Rainha Santa, mãe exemplar</emph>, Rio de Mouros, 2012 (<emph>Rainhas
                  de Portugal</emph>, 3).</note>&#160;; les lettres envoyées à ses familiers anglais par
              Philippa de Lancastre, mère d’Édouard<note n="15" type="footnote">Voir M. Coelho,
                  <emph>D. Filipa de Lencastre, a rainha inglesa...</emph>, p. 59-61&#160;; M. Silva,
                  <emph>A rainha inglesa de Portugal…</emph>, p. 221-229.</note>&#160;; ou encore les
              missives reçues par celui-ci de différentes parties du monde, qui lui ont été
              adressées par son frère Pierre<note n="16" type="footnote">Ces lettres ont été
                copiées par ordre d’Édouard dans le <emph>Livro dos Conselhos…</emph>, p. 27,
                87.</note>.</p>
            <p>Si les exemples mentionnés relèvent essentiellement du monde de la correspondance
              privée (ce qui ne signifie pas, notons-le, qu’elle était sans intérêt quant aux
              affaires publiques, ou ne faisait pas mention de sujets de cette nature), d’autres
              nous montrent des missives dont le but était de donner des ordres, de gouverner, de
              répondre à des questions politiques ou de caractère administratif. Signalons, dans ce
              champ, et pour nous maintenir à peu près dans la même chronologie, la riche collection
              de lettres envoyées par le susnommé prince Pierre à la municipalité de Coimbra, siège
              de son duché <note n="17" type="footnote">Cette correspondance a été publiée par
                Belisário Pimenta, <emph>As cartas do infante D. Pedro à Câmara de Coimbra
                  (1429-1441)</emph>, Coimbra, 1958, et étudiée par Maria José Azevedo Santos, «&#160;‘Na
                volta do correio’. A correspondência de D. Pedro, duque de Coimbra (1429-1448)&#160;»,
                dans <emph>As comunicações na Idade Média</emph>, coord. M. H. da Cruz Coelho,
                Lisbonne, 2002, p. 192-217. Voir aussi A. Rocha, <emph>A epistolografia…</emph>, p.
                49-43.</note>; ou les nombreuses missives du fils d’Édouard, Alphonse V, adressées à
              la municipalité de Lisbonne<note n="18" type="footnote">Ces missives se conservent
                encore aux Archives Historiques Municipales de Lisbonne. Celles qui ont déjà été
                numérisées sont accessibles sur le site web <ref
                  target="http://arquivomunicipal2.cm-lisboa.pt/sala/online/ui/searchbasic.aspx?filter=AH;AI;AC;AF"
                  >http://arquivomunicipal2.cm-lisboa.pt/sala/online/ui/searchbasic.aspx?filter=AH;AI;AC;AF</ref>.</note>.</p>
            <p>Centrons le regard sur notre sujet. Il faut tenir compte, redisons-le, du fait que
              nous ne savons pas si les formulaires d’Édouard ont été utilisés pour l’élaboration de
              lettres plus intimes et de contenu privé, puisque celles-ci ne nous sont pas
              parvenues. Mais il est plus que probable que même ces missives privées auraient
              correspondu à des modèles compilés, car l’homme-roi ne se dépouillait pas de sa
              dignité royale. On imagine peu d’exceptions, petits billets d’amour, missives
              contenant des notes ou de courts messages… Une lettre royale, bien que destinée à
              apprendre ou à donner des nouvelles de familiers et amis ou à faire connaître des
              événements domestiques et privés, devait toujours se soumettre aux formalités de
              l’adresse, de la suscription, du salut.</p>
            <p>Les lettres expédiées par Édouard et suivant ces modèles visaient essentiellement à
              renforcer des relations diplomatiques, à envoyer ou demander des renseignements, à
              communiquer ou solliciter des décisions. Quand il s’agissait de familiers ou d’amis,
              les missives pouvaient évidemment contenir aussi des mots ou des renseignements plus
              intimes sur l’état de santé de tel ou tel, sur des événements de nature privée.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Le formulaire</head>
            <p>Comme nous l’avons dit, le recueil de modèles sous examen se trouve copié dans un
              codex en papier, formé de vingt cahiers et comptant à peu près trois cents feuillets,
              transcrit par une seule main en écriture humanistique cursive, sûrement pendant la
              deuxième moitié du <num>xv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle <note n="19"
                type="footnote">Nous suivons l’introduction du <emph>Livro dos Conselhos…</emph>,
                p. XIII-XVI.</note>. Nous ignorons l’identité du scribe qui l’a copié à partir du
              cahier d’annotations diverses qui accompagnait toujours Édouard, contenant, entre
              autres, des copies de lettres, des recettes, l’enregistrement des dates de naissance
              de ses enfants et d’autres événements importants, des conseils, des textes sur
              différents aspects de l’administration de la cour royale et de l’administration du
              royaume, mais dont nous ne savons pas s’il était écrit par le roi lui-même ou par son
              secrétaire. C’est à la fin du fol. 188 que commence ce que la table du manuscrit
              désigne comme <emph>Dictées par latin et langage du roi pour d’autres princes et
                seigneurs</emph><note n="20" type="footnote">En portugais: <emph>Ditados per latym
                  e lingoajem del rey pera outros principes e senhores.</emph> Nous avons traduit en
                français tous les mots et phrases en portugais que nous citons, présentant en note
                les versions originales&#160;; par contre, nous avons maintenu les citations en latin, en
                rendant simplement plus accessibles les normes de transcription suivant lesquelles
                le formulaire a été publié, mais en conservant les formes médiévales, sans les
                remettre aux normes grammaticales du latin classique. </note>. Dans les vingt et un
              feuillets qui suivent sont copiés les protocoles initiaux, ce qui doit figurer sur les
              adresses et encore, parfois, un souhait final, surnommé <emph>finda</emph>
                (<emph>fin</emph> en français). On compte soixante-cinq items différents,
              correspondant au même nombre de missives pour des destinataires aussi bien individuels
              que collectifs.</p>
            <p>Une différence entre ce formulaire et les <emph>dictées</emph> ou <emph>styles</emph>
              (comme elles sont aussi désignées) d’Alphonse V et de Manuel I<hi rend="sup"
              >er</hi> saute aux yeux&#160;: il mentionne en général un destinataire concret. Telle
              lettre, ainsi, n’est pas adressée au roi de Castille en général, mais au monarque qui,
              au temps d’Édouard, siégeait sur le trône castillan. Les formulaires postérieurs, eux,
              pratiquent la dépersonnalisation des destinataires, la lettre n’étant plus adressée à
              une personne donnée. Cette différenciation montre, à notre avis, le processus de
              transformation des recueils d’exemples en de vrais formulaires, visant la généralité,
              donc plus abstraits et en accord avec l’<emph>ars dictaminis</emph><note n="21"
                type="footnote">Sur ce sujet, Martin Camargo, <emph>Ars dictaminis. Ars
                  dictandi</emph>, Turnhout, 1991 (<emph>Typologie des sources du Moyen Âge
                  occidental</emph>, 60). </note>.</p>
            <p>Remarquons aussi que ce recueil n’est pas un simple groupement d’adresses
              désordonnées, mais le résultat d’une organisation rationnelle, indiquant les
              destinataires dans un ordre très clair.</p>
            <p>(1) En tête, on trouve des modèles en latin destinés aux plus hautes autorités
              religieuses&#160;: le pape, le concile général<note n="22" type="footnote">C’était le
                temps du concile de Bâle&#160;: Joseph Wohlmuth, «&#160;Le concile de Constance (1414-1418) et
                le concile de Bâle (1431-1449)&#160;», dans <emph>Les conciles œcuméniques</emph>, éd. G. Alberigo, t. I, <emph>L’Histoire</emph>, Paris, 1994 (<emph>Le magistère de l’Église</emph>), p. 203-255.</note>, le collège des cardinaux, un cardinal en particulier.
              (2) Viennent ensuite les <emph>dictées en langage</emph><note n="23" type="footnote"
                >. En portugais&#160;: <emph>Ditados per lyngoajem.</emph></note>, c’est-à-dire en
              portugais, pour des rois, ducs, princes et toute une série de personnes de plusieurs
              cours européennes, puis les reines et les femmes des dignitaires mentionnés. (3) On
              répète quelques-uns de ces destinataires dans un troisième ensemble, à nouveau rédigé
              en latin, et qui commence par l’empereur, suivi, en ordre décroissant d’importance,
              par des rois, des ducs, des comtes, des officiers et, finalement, des villes et des
              municipalités. (4) Le recueil s’achève avec les modèles à utiliser dans la
              correspondance entretenue avec l’abbé portugais de l’abbaye bénédictine de Santa Maria
              Assuntanella de Florence.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. La langue</head>
            <p>Un des critères d’organisation du contenu du formulaire a donc été la langue,
              portugaise ou latine. Pour quelques destinataires, il se trouve même des modèles
              rédigés dans chacun des deux idiomes.</p>
            <p>On utilise le latin dans les contacts avec la curie pontificale (le pape, un
              cardinal, le concile, le collège des cardinaux), ainsi que pour écrire à un autre
              ecclésiastique, l’abbé déjà mentionné de Santa Maria Assuntanella de Florence. La même
              langue est encore utilisée dans la correspondance avec plusieurs princes, autorités ou
              grands officiers&#160;: l’empereur d’Allemagne&#160;; les rois de Pologne et de
                <emph>Macamor</emph><note n="24" type="footnote">Nous n’avons pas réussi à
                identifier ce royaume.</note>&#160;; quelques seigneurs et officiers anglais, comme le
              duc de Gloucester et le comte de Warwick&#160;; le comte de Celje, territoire situé dans
              l’actuelle Slovénie&#160;; un connétable nommé <emph>Hermon</emph> que nous n’avons pas pu
              identifier&#160;; des seigneurs français comme le duc de Bretagne et le comte de Foix&#160;; les
              ducs d’Autriche, de Milan et de Venise&#160;; certaines villes d’Italie (Gênes, Florence,
              Bologne) et des Pays-Bas (Flandre et Bruges).</p>
            <p>Le portugais était normalement compris, oralement ou par écrit, dans toute la
              Péninsule ibérique. Édouard écrivait en portugais aux rois et reines de Castille,
              d’Aragon et de Navarre et même au roi musulman de Grenade, ainsi qu’à leurs principaux
              officiers ou conseillers. Dans cette langue il se faisait aussi comprendre par les
              princes ou princesses et quelques seigneurs des royaumes péninsulaires, comme les
              comtes de Niébla, Benavente ou Medelin, et encore par la ville de Séville,
              l’archevêque de Compostelle et le prieur du monastère de Notre-Dame de Guadalupe.</p>
            <p>Curieusement on admet la correspondance bilingue, avec des modèles en portugais et en
              latin, avec le roi d’Angleterre et le comte et la comtesse de Huntingdon, ce qui ne
              doit pas nous surprendre, étant donné les liens de parenté qui les unissaient<note
                n="25" type="footnote">Ces liens de parenté, ainsi que ceux qui suivent, sont
                indiqués dans les généalogies de ces rois et reines présentes dans les biographies
                déjà citées&#160;: M. Coelho, <emph>D. João I…</emph>, p. 172-173…&#160;; M. Silva, <emph>A
                  rainha inglesa…</emph>, p. 292-295&#160;; L. Duarte, <emph>D. Duarte…</emph>,
                p. 314-315. Nous les avons résumés dans les deux schémas simplifiés présentés à la
                fin de notre contribution.</note>&#160;: le jeune Henri VI était cousin au second degré
              d’Édouard (en tant que fils de son cousin germain Henri V), et la comtesse était sa
              demi-sœur Béatrice, qui avait été mariée auparavant avec le comte d’Arundel<note
                n="26" type="footnote">Ce nouveau mariage de Béatrice est prouvé exactement par le
                formulaire étudié, lequel la désigne comme comtesse de Huntingdon aussi bien que
                d’Arundel (<emph>Livro dos Conselhos…</emph>, p. 194)&#160;; voir Manuela Santos Silva,
                «&#160;O casamento de D. Beatriz (filha natural de D. João I) com Thomas Fitzalan (conde
                d’Arundel), paradigma documental da negociação de uma aliança&#160;», dans
                  <emph>Problematizar a história&#160;: estudos de história moderna em homenagem a Maria
                  do Rosário Themudo Barata</emph>, éd. A. L. Faria, I. D.
                  Braga, Lisboa, 2007, p. 77-91, aux p. 88-89.</note>. Autres destinataires de
              missives en portugais et en latin, et pour les mêmes raisons, le duc de Bourgogne
              Philippe le Bon, mari d’Isabelle, sœur d’Édouard<note n="27" type="footnote">Sur
                Isabelle, voir M. Coelho, <emph>D. João I…</emph>, p. 169-172&#160;; Maria Odete Sequeira
                Martins, <emph>D. Isabel de Portugal, duquesa de Borgonha, 1397-1471</emph>, Vila do
                Conde, 2011 (<emph>Rainhas e infantas de Portugal</emph>).  Monique Sommé, <emph>Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne&#160;: une femme au
                    pouvoir au</emph> <num>xv</num><emph><hi rend="sup"
                      >e</hi></emph> <emph>siècle</emph>, Villeneuve
                d'Ascq, 1998 (<emph>Histoire et Civilisations</emph>). Monique Sommé a récemment
                publié les lettres écrites par la duchesse&#160;: <emph>La correspondance d’Isabelle de
                  Portugal, duchesse de Bourgogne (1430-1471)</emph>, Ostfildern, Jan Thorbeck
                Verlag, 2009 (<emph>Instrumenta</emph>, 18).</note>&#160;; mais aussi le grand-maître de
              Rhodes, originaire de la Péninsule ibérique, ainsi que le prieur et les baillis de ce
              même ordre<note n="28" type="footnote">Il est aussi intéressant de réfléchir sur les
                relations complexes attestées par les lettres des <num>xv<hi rend="sup">e</hi></num>
                et <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècles entre la langue vernaculaire dans
                laquelle l’auteur pouvait dicter et le latin que son secrétaire utilisait pour
                rédiger et écrire la missive, comme le souligne G. Constable, <emph>Letters…</emph>,
                p. 40-41.</note>.</p>
            <p>Ce dédoublement des écritures restait ouvert, instable, puisque l’intelligibilité du
              portugais dépendait beaucoup des liens de mariage ou de la détention de fonctions par
              des hommes et des femmes d’origine ibérique.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Les destinataires</head>
            <p>Nous avons présenté les destinataires des lettres intégrées à ce formulaire, mais
              sans aucun système&#160;; nous les analyserons maintenant dans leur ensemble.</p>
            <p>Édouard devait tout d’abord correspondre avec les monarques de tous les royaumes de
              la Péninsule ibérique – Castille (Juan II, son cousin germain et simultanément
                beau-frère<note n="29" type="footnote">Il était le fils de la demi-sœur de
                Philippa de Lancaster, Catherine&#160;; voir M. Silva, <emph>A rainha inglesa…</emph>, p.
                294) et <emph>infra</emph>, fig. n° 2.</note>), Aragon (Alphonse V, son beau-frère
              lui aussi<note n="30" type="footnote">Il était le beau-frère d’Édouard, frère de sa
                femme Éléonore d’Aragon&#160;; voir <emph>infra</emph>, fig. n° 2. Une biographie
                d’Éléonore est présentée avec celle d’Isabel d’Urgel, femme du prince Pierre, frère
                d’Édouard, par Ana Maria S. A. Rodrigues, <emph>As tristes rainhas. Leonor de
                  Aragão. Isabel de Coimbra</emph>, Rio de Mouros, 2012.</note>), Navarre (Juan II,
              également son beau-frère<note n="31" type="footnote"> Il était le frère aussi de la
                reine Éléonore&#160;; voir <emph>infra</emph>, fig. n° 2.</note>), Grenade (le musulman
              Muhammed IX). Mais, très souvent, des ordres, des informations, des éclaircissements
              étaient plus spécifiquement adressés aux officiers supérieurs de la cour. Nous
              trouvons ainsi dans le recueil des modèles de lettres pour le connétable Álvaro de
              Luna, l’amiral Fradique, l’<emph>adelantado maior</emph> Pierre Manrique de Lara y
              Mendonza, le principal gardien personnel du roi Jean Furtado de Mendonza et le
              rapporteur du roi de Castille, membre de son conseil, Ferdinand Diaz de Tolède, ainsi
              que le majordome Jean de Dixer et les conseillers du roi d’Aragon Beringel de
                <emph>Berdixi</emph>, docteur en lois, et <emph>Monsem</emph> Jean de Gurrea.</p>
            <p>Dans la Péninsule ibérique, le roi Édouard échangeait encore des lettres avec
              d’autres seigneurs, comme les princes d’Aragon Henri et Pierre, frères de son épouse
              Éléonore&#160;; les comtes de Niebla, Benavente et Medelin&#160;; ou encore
                l’<emph>alcaide</emph> de Medina et Sancho de Lacara. Parmi les seigneurs
              ecclésiastiques, remarquons Lopo de Mendonza, archevêque de Compostelle, et le prieur
              du monastère de Notre-Dame de Guadalupe.</p>
            <p>Curieusement, on n’indique pas comme destinataires de missives royales les membres du
              haut clergé national&#160;: ni les évêques, ni les prieurs ou abbés des principales
              institutions ecclésiastiques portugaises, monastiques ou séculières, à l’exception de
              l’archevêque de Lisbonne, qui était neveu du roi et membre de son conseil<note n="32"
                type="footnote"> Pedro de Noronha, qui avait négocié le mariage d’Édouard avec
                Éléonore d’Aragon, et soutint l’attribution de la régence à la reine après la mort
                prématurée de son mari. </note>.</p>
            <p>Édouard entretenait des rapports écrits avec d’autres rois de la Chrétienté, tel le
              roi d’Angleterre, Henri VI, qui s’attribuait aussi le titre de roi de France, dont il
              disputait la couronne, comme son père l’avait déjà fait. Il correspondait aussi avec
              d’autres souverains, comme l’empereur allemand Sigismond, le roi de Pologne
              Ladislas III, le roi du royaume non identifié de <emph>Macamor</emph>, qu’Édouard
              disait être son <emph>consanguineus.</emph> La proximité avec la cour anglaise le
              menait aussi à conserver des modèles adaptés à la correspondance avec le maréchal et
              amiral du monarque anglais, Jean de Hollande, comte de Huntingdon, son beau-frère&#160;; et
              encore avec le connétable anglais, le comte de Warwick, Richard de Beauchamp, très
              proche du roi, qu’il avait été chargé d’élever. Ce même rapport étroit avec
              l’Angleterre explique certainement le fait qu’il n’y ait pas de modèles de lettres
              destinées au roi de France, le Portugal appuyant les prétentions anglaises au trône
              français.</p>
            <p>Le roi portugais écrivait aussi à d’autres princes de l’Europe, comme le puissant duc
              de Bourgogne, mari de sa sœur Isabelle&#160;; les ducs de Gloucester, de Bretagne et
              d’Autriche (il était apparenté aux trois), ou encore ceux de Venise et de Milan et le
              comte de Foix<note n="33" type="footnote">Il y a aussi une formule pour écrire au
                connétable <emph>Hermon</emph> (personnage, nous l’avons dit, que nous n’avons pu
                identifier) et à Ulrich II, comte de Celje, en Slovénie.</note> (qui était aussi de
              sa famille, par affinité).</p>
            <p>Une autre partie du formulaire contient <emph>Les dictées du roi Édouard pour les
                reines et autres dames</emph><note n="34" type="footnote">. En portugais:
                  <emph>Ditados del rey dom Eduarte pera as raynhas e outras
              senhoras.</emph></note>, qui prouve la correspondance du roi avec les reines de
              Castille (Marie, sœur de son épouse), d’Aragon (appelée elle aussi Marie, cousine et
              simultanément belle-sœur d’Édouard, par alliance) et de Navarre (Blanche, sa
              belle-sœur aussi)&#160;; avec sa sœur Isabelle, duchesse de Bourgogne&#160;; avec la princesse
              Catherine, sa cousine, mariée au prince d’Aragon Henri&#160;; avec la comtesse de
              Huntingdon, sa demi-sœur. Il se trouve encore une formule pour les lettres envoyées à
              la femme du majordome et conseiller du roi d’Aragon, dont le rapport avec la maison
              royale portugaise reste encore obscur à nos yeux<note n="35" type="footnote">. Il
                s’agit de D. <emph>Timbor</emph>, femme de Jean de <emph>Dixer.</emph></note>.</p>
            <p>Le puissant corps politique des villes commerciales des Pays-Bas, où
              la présence de Portugais était très forte de par l’intérêt qu’ils portaient aux
              relations du commerce atlantique avec la Hanse, amenait le monarque à écrire aux
              communautés flamandes et de Bruges. Parallèlement, il y avait d’intenses contacts
              entre les Portugais et les républiques italiennes qui dominaient les méandres
              politiques des relations entre la papauté et l’Empire, ainsi que les circuits du
              commerce méditerranéen entre l’Orient et l’Occident, ce qui justifiait la
              correspondance d’Édouard avec Gênes, Bologne et Florence. Il écrivait aussi à des
              villes marchandes de la Péninsule ibérique, comme Séville et Bayonne.</p>
            <p>Comme tout autre monarque, Édouard avait affaire aux responsables de
              l’Église. Il n’est donc pas étonnant que le recueil s’ouvre, comme on l’a vu, avec les
              modèles à utiliser dans les lettres adressées au pape, au concile général qui était
              alors réuni à Bâle, au collège des cardinaux ou à un seul cardinal. Mais ce cadre
              s’élargit aux Hospitaliers de Malte et Rhodes, à leur maître, le frère Antoine Fluvian
              de Rivière, un Catalan à qui il pouvait s’adresser aussi bien en portugais qu’en
              latin. En Italie, Édouard avait un interlocuteur privilégié, l’abbé de Santa Maria
              Assuntanella de Florence, le bénédictin portugais Gomes<note n="36" type="footnote"
                >. Parmi les principales études sur cet abbé portugais, voir Eduardo Borges Nunes,
                  <emph>D. Frey Gomez, abade de Florença (1420-1440)</emph>, Braga, 1963; António
                Domingues de Sousa Costa, «&#160;D. Gomes, reformador da abadia de Florença, e as
                tentativas de reforma dos mosteiros portugueses no século <num>xv</num>&#160;»,
                  <emph>Stvdia Monastica</emph>, 5:1 (1963), p. 59-164, et Saul António Gomes, «&#160;D.
                Gomes Eanes e a capela de Santo André e dos Cinco Mártires de Marrocos do mosteiro
                de Santa Cruz de Coimbra&#160;», <emph>Arquivo Coimbrão</emph>, 35 (2002), p.
                439-540.</note>, qu’il qualifiait, dans l’adresse de la lettre, d’<emph>amico
                nostro</emph>&#160;; ce qui nous conduit aux formules d’adresse.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">V. Formules d’adresse</head>
            <p>Écrire des lettres royales obligeait à suivre des règles bien définies de formulation
              de l’adresse et de la salutation. On perçoit clairement, surtout dans les modèles
              rédigés en portugais, toutes les gradations des formules selon le rang et le degré de
              proximité des destinataires.</p>
            <p>Les façons de s’adresser aux rois d’Angleterre et de Castille, presque identiques,
              sont les plus raffinées&#160;: <emph>très haut, très excellent et très puissant</emph><note
                n="37" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>muy alto, muy excelente e muy
                  poderoso.</emph></note> pour le premier, <emph>très haut, très excellent et
                puissant</emph><note n="38" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>muy alto, muy
                  excelente e poderoso.</emph>
              </note> pour le second. Viennent ensuite les rois d’Aragon et de Navarre, désignés
              tous deux comme <emph>très haut et très honorable</emph><note n="39" type="footnote"
                >. En portugais&#160;: <emph>muy alto e muy honrado.</emph></note>, puis le <emph>haut et
                puissant</emph><note n="40" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>alto e
                  poderoso.</emph></note> réservé au duc de Bourgogne.</p>
            <p>Les tournures qui exaltent le pouvoir suprême de rois et de ducs, avec des adjectifs
              comme <emph>haut</emph>, <emph>excellent</emph> et <emph>puissant</emph>, empruntent,
              à un niveau inférieur, aux termes <emph>noble</emph> et <emph>honorable</emph>,
              auxquels s’ajoute l’adverbe <emph>très</emph> pour s’adresser aux princes d’Aragon. La
              formule <emph>très noble et très honorable</emph><note n="41" type="footnote">En
                portugais&#160;: <emph>muy nobre e muy honrado.</emph></note> s’applique aussi au roi de
              Grenade&#160;; les formulaires postérieurs, cependant, adopteront pour les chefs politiques
              musulmans la formule plus ambiguë de <emph>très honorables parmi les
                musulmans</emph><note n="42" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>muito honrados
                  entre os mouros.</emph></note>.</p>
            <p>L’adjectif <emph>honorable</emph> est aussi utilisé pour s’adresser aux comtes de la
              Péninsule, à l’archevêque de Compostelle et au très puissant connétable du roi de
              Castille. Pour les autres officiers royaux, on indique seulement le nom ou la
              fonction, suivi du mot <emph>ami</emph>, exactement comme l’on fait du prieur de
              Notre-Dame de Guadalupe.</p>
            <p>Quant au latin, la formule la plus élaborée, naturellement, est réservée au pape&#160;:
                <emph>sanctissime in Christo pater ac beatissime domine</emph>&#160;; pour le concile
              réuni à Bâle, Édouard écrit&#160;: <emph>sacrosanctae generali sinodo Basiliensi</emph> et
              pour un cardinal, <emph>reverendissime in Christo pater et amice.</emph></p>
            <p>Dans les lettres envoyées aux Hospitaliers de Rhodes, la tournure est <emph>potens ac
                religiose magister</emph> pour le grand-maître, <emph>venerabilis et religiose
                prior</emph> pour le prieur. L’abbé de Florence est dit <emph>venerabili et
                religioso abbati.</emph></p>
            <p>Dans le traitement des chefs politiques laïcs, la forme d’adresse la plus élaborée
              est utilisée dans la correspondance avec l’empereur Sigismond&#160;: <emph>sacrae
                inclitaeque majestatis princeps ac victoriosissime imperator.</emph> Les rois
              d’Angleterre et de Pologne sont traités comme <emph>serenissime et excelentissime
                princeps.</emph> À leur tour, les ducs de Bourgogne, de Gloucester, de Bretagne et
              d’Autriche sont appelés <emph>illustris et inclite princeps.</emph> Le traitement est
              différent vis-à-vis des ducs de Milan et de Venise&#160;; dans ces deux cas, la formule
              employée est <emph>potentissime et magnifice princeps.</emph> En ce qui concerne les
              comtes, celui de Huntingdon est appelé <emph>inclito et magnifico</emph>, celui de
              Warwick <emph>illustri ac magnifico</emph>, ceux de Foix et de Celje <emph>magnifico
                et nobili.</emph></p>
            <p>Pour finir, les gouvernants des communautés urbaines sont désignés <emph>magnificis
                et spectabilis viris</emph> (dans les lettres pour la Flandre, Gênes, Florence,
              Bologne et Bayonne – dans ce dernier cas avec inversion des adjectifs), ou
                alors <emph>honorabilibus et discretis viris</emph> (quand le roi s’adresse aux
              autorités de Bruges).</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VI. La salutation</head>
            <p>Si les formes de traitement sont différentes selon les destinataires, les salutations
              le sont naturellement aussi. Tous les modèles du formulaire commencent par l’adresse,
              que nous venons d’analyser, suivie de la suscription. Celle-ci est normalement
              abrégée, n’indiquant que le nom du roi et abrégeant sa titulature (<emph>roi du
                Portugal et de l’Algarve et seigneur de Ceuta</emph><note n="43" type="footnote"
                >. En portugais&#160;: <emph>rei de Portugal e do Algarve e senhor de
                Ceuta.</emph></note>) par un <emph>etc.</emph> La salutation et les formules se
              rapportant à celle-ci, comme celles d’humilité, sont aussi fréquemment abrégées.</p>
            <p>La salutation utilisée est directement en rapport avec l’importance du destinataire,
              ainsi qu’avec le degré de familiarité du roi à son égard. Commençant par les
                <emph>dictées</emph> en latin, nous trouvons pour écrire au pontife romain
              l’habituelle formule d’obéissance et de révérence <emph>cum subjectione qua decet et
                reverentia tam debita quam devota pedum oscula beatorum</emph>, une expression de
              déférence qui se traduisait aussi en une pratique effective<note n="44"
                type="footnote">Un bon exemple est celui d’Éléonore, fille d’Édouard, quand elle
                s’est présentée à la cathédrale de Saint-Pierre devant Nicolas V, qui a présidé à
                son mariage avec l’empereur allemand Frédéric III et l’a sacrée impératrice&#160;: la
                princesse a baisé le pied et la main du pape, comme l’écrivit Lopo de Almeida au roi
                du Portugal Alphonse V&#160;; voir Lopo de Almeida, <emph>Cartas de Itália</emph>, éd.
                Rodrigues Lapa, Lisbonne, 1935, p. 10&#160;; A. Rocha, <emph>A epistolografia…</emph>, p.
                49-53. Une description plus complète de la cérémonie se trouve dans Maria Helena da
                Cruz Coelho, <emph>D. Leonor de Portugal. A imperatriz. 1434-1467</emph>, Vila do
                Conde, 2011 (<emph>Rainhas e infantas de Portugal</emph>), p. 61-67.</note>.</p>
            <p>Les lettres adressées au concile de Bâle portent l’expression de la dévotion du roi&#160;:
                <emph>filialem devotionem legitimam et sinceram.</emph> Différente, mais suivant
              aussi la ligne dévotionnelle, est la formule adressée au collège des cardinaux&#160;:
                <emph>debita recomendatione promissa.</emph> Pour un cardinal seul, une salutation
              complète est utilisée, souhaitant sa santé et reportant celle-ci à Dieu&#160;:
                <emph>salutem in Eo qui vera est salus et actor salutis.</emph> La
                <emph>salutatio</emph> dirigée au maître de Rhodes est plus personnalisée&#160;:
                <emph>salutem com felici vestri status et religionis continuum incrementum.</emph>
              Cette formule donne lieu à une salutation collective plus laudative quand elle est
              adressée au prieur et au convent du même ordre militaire&#160;: <emph>salutem et utriusque
                militiae gloriosos obtinere triumphos.</emph> Simple mais affectueuse, peut-être
              conditionnée par la fréquence avec laquelle Édouard lui écrivait, était la formule
              courante réservée à Gomes, abbé de Santa Maria Assuntanella de Florence&#160;:
                <emph>salutem et sincerae dilectionis affectum.</emph></p>
            <p>Les salutations et les mots personnels se transformaient quand le roi s’adressait à
              des laïques. Les expressions prédominantes disent alors l’amitié, l’affection, la
              déférence, et devenaient plus intimistes et personnelles quand le destinataire
              appartenait à la famille royale, qu’il fût un parent très proche ou lointain.</p>
            <p>Le salut à l’empereur révèle une grande déférence&#160;: <emph>felices in cunctis ad vota
                successus ab intimo sincerae affectionis.</emph> Le salut adressé aux rois
              d’Angleterre et de Pologne, ainsi qu’aux ducs de Milan et de Venise et à la communauté
              de Bayonne, est, au contraire, bien plus proche, se traduisant dans un souhait de
                <emph>salutem et sincere dilectionis continuum incrementum.</emph> La formule
              devient encore plus intime vis-à-vis de son beau-frère, le duc de Bourgogne&#160;:
                <emph>salutem et fraternae dilectionis continuum incrementum</emph> – autant de
              variation sur une formule très répandue.</p>
            <p>Le même genre de salut, bien que se reportant au statut social plus qu’à des
              sentiments, est utilisé à l’adresse du duc de Gloucester&#160;: <emph>salutem statusque
                vestri prosperum incrementum</emph>&#160;; un autre, très proche, est réservé au comte de
              Foix&#160;: <emph>salutem prosperumque status vestri continuum incrementum.</emph></p>
            <p>Les formules plus simples et fréquentes, comme <emph>salutem et sincerae dilectionis
                affectum</emph>, sont présentes dans la correspondance adressée aux ducs de Bretagne
              et d’Autriche, aux comtes de Huntingdon, Warwick et Celje, au connétable
                <emph>Hermon</emph> et aux communautés de Flandre, Gênes, Florence et Boulogne,
              troquant le mot <emph>dilectionis</emph> pour <emph>devotionis</emph> dans le cas du
              roi de <emph>Macamor.</emph> Pour la communauté de Bruges, la salutation était plus
              chaleureuse&#160;: <emph>salutem et in agendis feliciter prosperari</emph>, ce qui peut
              bien s’expliquer parce qu’il y existait, du moins depuis le <num>xiv<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle, un entrepôt commercial portugais<note n="45" type="footnote"
                >. Voir à ce sujet A. H. de Oliveira Marques, <emph>Portugal na crise…</emph>,
                p. 180.</note>.</p>
            <p>Les modèles de lettres en langue vernaculaire contiennent une plus grande variété de
              salutations et d’expressions de cordialité, auxquelles vient se joindre, parfois, la
              notification. Une salutation très complète est ainsi destinée aux frères de la reine
              portugaise, les rois d’Aragon et de Navarre et les princes aragonais Henri et Pierre,
              et était prévue aussi pour les lettres au roi de Castille, cousin d’Édouard&#160;:
                <emph>nous vous envoyons beaucoup saluer comme frère, cousin et ami</emph> (ou
              alors&#160;: <emph>comme celui</emph>) <emph>que nous aimons et apprécions beaucoup et
                auquel nous voudrions que Dieu donne autant de santé, vie et honneur que vous le
                désirez</emph><note n="46" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>vos enuyamos muyto
                  saudar como irmão primo e amigo (como aquel) que muyto amamos e prezamos e pera
                  que queryamos que Deus dese tanta saude, vida e honrra como vos
                desejais.</emph></note>. La même formule sert pour saluer les reines de Castille,
              d’Aragon et de Navarre.</p>
            <p>Très complète aussi la salutation adressée à l’archevêque de Compostelle, formulée
              ainsi&#160;: <emph>nous vous envoyons beaucoup saluer comme à celui que nous aimons et pour
                qui nous voudrions que Dieu donne une longue vie avec honneur et bonne
                fortune</emph><note n="47" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>vos envyamos muyto
                  saudar como aquel que amamos e pera quem queryamos que Deus desse longua vida com
                  honrra e boa ventura.</emph></note>.</p>
            <p>Utilisant aussi des verbes qui traduisent une grande proximité, comme
                <emph>aimer</emph> et <emph>apprécier</emph>, la formule <emph>nous vous envoyons
                beaucoup saluer comme celui</emph> (ou <emph>celle</emph>) <emph>que nous aimons et
                apprécions beaucoup</emph><note n="48" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>vos
                  envyamos muyto saudar como aquel (aquela) que muyto amamos e
                prezamos.</emph></note> est réservée à des familiers très proches, comme, par
              exemple, la sœur du roi, duchesse de Bourgogne&#160;; la princesse Catherine, sa cousine&#160;;
              le monarque anglais (qui est dit son cousin et vrai ami, <emph>que nous aimons et
                apprécions tout spécialement</emph><note n="49" type="footnote">En portugais&#160;:
                  <emph>muyto especialmente amamos e prezamos.</emph></note>), sa demi-sœur la
              comtesse de Huntingdon et le mari de celle-ci.</p>
            <p>Une autre salutation qui montre bien la proximité et est parfois suivie par la
              notification, <emph>nous vous envoyons beaucoup saluer comme celui que nous aimons
                beaucoup nous faisons savoir</emph><note n="50" type="footnote">En portugais&#160;:
                  <emph>vos envyamos muyto saudar como aquel que muyto amamos fazemos
                saber.</emph></note>, est prévue pour écrire à certains officiers de haut rang des
              royaumes péninsulaires, comme l’amiral de Castille, l’<emph>adelantado maior</emph> de
              Léon (sans notification) et encore l’archevêque de Lisbonne (sans notification non
              plus).</p>
            <p>Une formule plus longue – <emph>nous vous envoyons beaucoup saluer comme celui</emph>
              (ou <emph>celle</emph>) <emph>pour lequel</emph> (<emph>laquelle</emph>) <emph>nous
                aimerions que Dieu donne beaucoup d’honneur, nous faisons savoir</emph><note n="51"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>vos envyamos muyto saudar como aquel (aquela)
                  pera que queriamos que Deus dese muyta honrra fazemos saber.</emph></note> – est
              utilisée pour écrire à certains officiers et à leurs femmes&#160;: le connétable de
              Castille (pour lequel le roi ajoute à l’honneur le souhait de <emph>bonne
                fortune</emph><note n="52" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>boa
                  ventura.</emph></note>), le majordome du roi d’Aragon et son épouse, et encore
              deux conseillers de ce même roi (sans la notification).</p>
            <p>Certains comtes péninsulaires, quelques-uns d’entre eux officiers royaux dans le même
              temps, sont salués par la formule <emph>nous vous envoyons beaucoup saluer comme à
                celui pour lequel nous voudrions que Dieu donne santé et bonne fortune</emph>,
              suivie par la notification <emph>nous faisons savoir</emph> <note n="53"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>vos envyamos muyto saudar como aquel pera que
                  queryamos que Deus dese saude e boa ventura fazemos saber.</emph></note>; c’est le
              cas des comtes de Niébla et de Benavente, de Pero Ponce, comte de Medelin et Mendonza,
              et du <emph>guarda-mor</emph> du roi de Castille. Pour Sancho de Lacara, les lettres
                portaient <emph>nous vous envoyons beaucoup saluer comme à celui pour qui nous
                désirons beaucoup de bien</emph><note n="54" type="footnote">En portugais&#160;:
                  <emph>vos envyamos muyto saudar como aquel pera que muyto bem
                desejamos.</emph></note>.</p>
            <p>Les lettres en portugais pour le maître de Rhodes prévoient une salutation bien
              différente de celle qui accompagnait une lettre en latin&#160;: <emph>nous vous envoyons
                beaucoup saluer comme à celui pour lequel nous désirons une longue vie</emph><note
                n="55" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>vos envyamos muyto saudar como aquel
                  pera que queriamos longa vida.</emph></note>.</p>
            <p>La salutation la plus simple, suivie ou non d’une notification, s’exprime par les
              mots <emph>nous vous envoyons beaucoup saluer</emph><note n="56" type="footnote">En
                portugais&#160;: <emph>vos envyamos muyto saudar fazemos vos saber.</emph></note> et est
              adressée à un ensemble hétérogène de personnes, quelques-unes proches du roi, à qui
              Édouard pouvait écrire très fréquemment, simplifiant donc le formulaire&#160;: le duc de
              Bourgogne, le membre du conseil du roi de Castille (les deux avec une notification),
              ainsi que l’<emph>alcaide</emph> de Medina, le prieur de Notre-Dame de Guadalupe, le
              comte de Séville, le prieur et les baillis de Rhodes et le capitaine des galères de
              Venise (tous sans notification).</p>
            <p>Très curieusement, le modèle destiné au roi de Grenade ne possède pas de salut, mais
              seulement une notification très simple&#160;: <emph>nous vous faisons savoir</emph><note
                n="57" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>vos fazemos saber.</emph></note>&#160;;
              dans le souhait final, cependant, il y a quelques mots de courtoisie adressés au
              souverain musulman et placés sous le signe divin&#160;: <emph>que Dieu vous guide dans ces
                choses qu’Il comprendra être le plus à Son service</emph><note n="58"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>Deus vos encaminhe aquelas cousas que mais
                  entender por seu serviço.</emph></note>, ce qui marque peut-être une certaine
              déférence, en soulignant le monothéisme des deux religions, la chrétienne et la
              musulmane. Dans le formulaire du temps d’Alphonse V, on dit expressément que les
              lettres pour les juifs ou les infidèles ne devaient pas porter de salut, ce que nous
              voyons avoir déjà été pratiqué par son père Édouard.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VII. Le souhait final</head>
            <p>Comme nous l’avons remarqué, certaines <emph>dictées</emph> incluent, au-delà du
              protocole initial, les mots par lesquels le texte devait s’achever, formulant un
              souhait adressé au destinataire<note n="59" type="footnote"><emph>Vocabulaire
                  international…</emph>, n° 252.</note>. On ne trouve que dix cas, qui suivent une
              même structure&#160;: on retourne à la titulature du destinataire, normalement abrégée et
              indiquant le degré de parenté ou l’affinité avec l’auteur, laquelle est accompagnée de
              vœux de santé pour l’avenir. Ceux-ci sont plus ou moins développés, toujours autour de
              l’idée principale que Dieu protègera le destinataire, avec des variations dont la
              complexité correspond en général à la proximité ou à l’importance de la personne à
              laquelle la lettre était destinée.</p>
            <p>Ainsi, si pour le roi de Castille l’expression utilisée est tout simplement <emph>que
                Notre Seigneur vous ait toujours en Sa sainte garde</emph><note n="60"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>Nosso Senhor Deus vos aja sempre em sua santa
                  garda.</emph></note> et pour celui de Navarre, <emph>que Dieu tout puissant vous
                ait toujours en Sa sainte garde</emph><note n="61" type="footnote">En portugais&#160;:
                  <emph>Deus todo poderoso vos aja sempre em sua santa garda.</emph></note>, pour
              les beaux-frères d’Édouard, qui étaient princes d’Aragon, le salut final, identique,
              est plus élaboré&#160;: <emph>que Notre Seigneur Dieu ait tous vos faits en Sa sainte garde
                et vous achemine toujours les choses de votre service et votre honneur</emph><note
                n="62" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>Nosso Senhor Deus aja todos vosos
                  feitos em sua santa garda e vos encaminhe sempre as cousas de seu serviço e vosa
                  honrra.</emph></note>. Cette même formule est adressée à la princesse Catherine,
              cousine du roi, fille de Catherine de Lancastre et d’Henri III de Castille.</p>
            <p>Pour les reines d’Aragon et de Navarre, ce salut final est un peu
                différent&#160;: <emph>que Dieu tout puissant vous ait toujours en Sa sainte garde
                et dirige bien vos faits</emph><note n="63" type="footnote">En portugais&#160;:
                  <emph>Deus todo poderoso vos aja sempre em sua santa garda e encaminhe bem vosos
                  feitos.</emph></note>. Pour deux comtes castillans, il se raccourcit&#160;: <emph>que
                Dieu tout puissant vous ait toujours en Sa sainte garde</emph><note n="64"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>Deus vos aja sempre em sua santa
                  garda.</emph></note>. Celui qui était employé pour le roi de Grenade a déjà été
              indiqué&#160;: <emph>que Dieu vous guide dans ces choses qu’Il comprendra être le plus à
                Son service</emph><note n="65" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>Deus vos
                  encaminhe aquelas cousas que mais entender por seu serviço.</emph></note>.</p>
            <p>Nous ne trouvons pas de raisons simples qui expliqueraient la présence ou l’absence
              de ce souhait final. Il apparaît dans les <emph>dictées</emph> destinées à des
              personnes très proches du roi, mais aussi à d’autres avec lesquelles Édouard n’avait
              sans doute pas un étroit rapport personnel&#160;; il est utilisé pour écrire à certains
              rois et princes, mais pas pour tous. Les formulaires plus tardifs indiquent
              expressément l’existence de ces expressions finales&#160;; leur étude approfondie permettra
              peut-être de mieux connaître la raison d’être de cette pratique dans les lettres
              d’Édouard, où ces clauses constituent, comme nous l’avons vu, des cas
              exceptionnels.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">VIII. L’adresse des lettres</head>
            <p>Une fois écrite, la lettre était pliée et un sceau, normalement plaqué, garantissait
              son inviolabilité jusqu’au moment d’atteindre le destinataire. À l’extérieur, le nom
              du destinataire était écrit, ainsi que sa titulature complète, mais jamais le lieu de
              sa résidence&#160;: les lettres étaient délivrées par des messagers qui savaient bien où
              ils devaient se rendre<note n="66" type="footnote">Sur l’envoi de lettres, voir G.
                Constable, <emph>Letters…</emph>, p. 52-55, et, pour le cas du Portugal médiéval,
                  <emph>As comunicações na Idade Média…</emph></note>.</p>
            <p>Le formulaire étudié contient de nombreux cas où la titulature portée au dos est plus
              longue et complète que celle qui est indiquée dans le protocole initial de la missive.
              Quelques exemples le montrent bien. La <emph>dictée</emph> adressée au comte de
              Huntingdon l’identifie au protocole comme <emph>inclite et magnifice comes frater et
                amice amantissime</emph>&#160;; au dos, on propose cette longue titulature&#160;:
                <emph>inclito et magnifico viro Joanni comiti de Huntyngtom de Yuam mariscalo et
                arthimarino</emph><note n="67" type="footnote"><emph>Sic</emph>, peut-être pour
                  <emph>archimarino.</emph></note>
              <emph>regi Angliae fratri nostro et amico charissimo.</emph> Le grand-maître de Rhodes
              est dit <emph>potens ac religiose magister amiceque noster charissime</emph> au début
              de la missive, adressée à son extérieur au <emph>potenti ac religioso fratri Antonio
                Fluviam sacrae domus Hospitalis Jherosolimitani supremo magistro amico
                nostro.</emph> Le roi d’Aragon, dans le protocole initial, est désigné simplement
                comme <emph>très haut et très honorable prince frère et ami</emph><note n="68"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>muy alto e muy honrrado principe irmão e
                  amiguo.</emph></note>&#160;; sa titulature complète est indiquée au dos de la lettre&#160;:
                <emph>au très haut et très honorable prince Alphonse par la grâce de Dieu roi
                d’Aragon et de Sicile notre très aimé et apprécié frère</emph><note n="69"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>ao muy alto e muy honrrado prinçipe dom
                  Afonso pola graça de Deus rey d'Aragon e Cezilia nosso muyto amado e prezado
                  irmão.</emph></note>. La lettre pour le duc de Bourgogne commence par <emph>au
                haut et puissant prince notre très apprécié et aimé frère</emph><note n="70"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>alto e poderoso principe nosso muyto prezado
                  e amado irmão.</emph></note>&#160;; elle est adressée, au dos, <emph>au haut et
                puissant prince Philippe duc de Bourgogne, de Brabant, de Tembour</emph><note n="71"
                type="footnote"><emph>Sic</emph>, probablement pour <emph>Lembour</emph>,
                c’est-à-dire Limbourg.</note>, <emph>comte de Flandre, d'Artois, Bourgogne et Namur
                etc. notre très aimé et apprécié frère</emph><note n="72" type="footnote">En
                portugais&#160;: <emph>o alto e poderoso prinçipe Felipe duque de Borgonha, de Barbante e
                  de Tembour, conde de Flandes, d'Artooes, Bregonha e Naamur etc. nosso muyto amado
                  e prezado irmão.</emph></note>. Un dernier exemple, celui du roi d’Angleterre&#160;:
                <emph>serenissime et excelentissime princeps frater consanguinee et amice
                charissime</emph>, ainsi commence la lettre, quand l’adresse extérieure porte
                <emph>serenissimo et excelentissimo principi domino Henrrico Dei gratia Angliae et
                Franciae Hiberniaeque domino et fratri et consanguinee nostro charissimo.</emph></p>
            <p>Pour la commune de Bologne, la titulature du protocole était <emph>magnifici et
                spectabiles viri amici nostri</emph>&#160;; mais sur l’extérieur devait
                figurer <emph>magnificis et spectabilibus viris consulibus ancianis gubernatoribus
                civitatis Bononiensis</emph>&#160;; pour la communauté de Flandre, les formules utilisées
              sont <emph>magnifici et spectabiles viri amici nostri charissimi</emph> au début, et
              au dos <emph>magnificis et spectabilibus viris quattuor membrum atque rectoribus
                honorabilis comitatus Flandriae amicis nostris.</emph></p>
            <p>L’expéditeur de la lettre n’est mentionné au dos de la missive qu’en seize cas, qui
              expliquent que la lettre est envoyée <emph>par le roi du Portugal et de l’Algarve et
                seigneur de Ceuta</emph><note n="73" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>por el
                  rey de Portugal e do Algarve e senhor de Cepta.</emph></note>. Postérieurement, la
              mention <emph>par le roi</emph> sera réglementée, le formulaire du roi Alphonse V
              déclarant expressément&#160;: <emph>à aucune personne étrangère au-dehors du royaume</emph>
                [<emph>ne</emph>] <emph>doit se mettre ‘Par le roi’</emph><note n="74"
                type="footnote">En portugais&#160;: <emph>A nenhuma pessoa estrangeira para fora deste
                  reino se ponha ‘Por el rei’.</emph></note>. Au temps d’Édouard, pourtant, cette
              mention est surtout présente dans les lettres adressées à des officiers royaux
              étrangers, comme l’amiral de Castille, l’<emph>alcaide</emph> de Medina, le majordome
              du roi d’Aragon et sa femme, l’<emph>adelantado maior</emph> de Léon, des conseillers
              des monarques castillan et aragonais, le capitaine des galères de Venise ou
              l’archevêque de Compostelle, le prieur de Guadalupe, le prieur et les baillis de
              Rhodes. La lettre adressée à l’archevêque de Lisbonne, seul destinataire portugais de
              ce formulaire, inclut la même mention.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IX. La comparaison avec les lettres conservées</head>
            <p>On aimerait bien savoir si, dans des lettres effectivement envoyées, les formules
              transcrites dans le <emph>Livre des Conseils</emph> d’Édouard ont été respectées.
              Malheureusement, le corpus des missives de ce roi qui nous soint parvenues n’est pas
              très étoffé.</p>
            <p>Nous connaissons plusieurs lettres adressées par lui à l’abbé de Florence<note n="75"
                type="footnote">La correspondance de l’abbé de Florence, y compris des lettres
                échangées avec le roi Édouard, a été objet d’une étude menée par Rita Costa Gomes,
                «&#160;Letters and letter-writing in fifteenth century Portugal&#160;», dans <emph>Reading,
                  interpreting and historicizing&#160;: letters as historical sources</emph>, éd. R.
                Schulte et X. von Tippelskirch, San Domenico, 2004, p. 11-37.</note>, ouvertes par
              la séquence de l’adresse, de la salutation et de la notification&#160;: <emph>abbé ami,
                nous le roi vous envoyons beaucoup saluer, nous vous faisons savoir</emph><note
                n="76" type="footnote">En portugais&#160;: <emph>dom abade amigo, nos el rei vos
                  enviamos muyto saudar, fazemos-vos saber. Monumenta Henricina</emph>, t. VI,
                Coimbra, 1964, docs. 16 (23 mai 1437), 23 (16 mai 1437), 36 (25 juin 1437), 43 (11
                juillet 1437), 55 (25-26 août 1437), 58 (8 septembre 1437), 75 (17 mars 1438)&#160;; ces
                trois dernières lettres ne possèdent pas de notification. </note>&#160;; pour cet
              ecclésiastique, le recueil indiquait un salut en latin, <emph>salutem et sincerae
                dilectionis affectum</emph>, qui ne correspond pas à la formule en portugais, et ne
              faisait pas place à une notification.</p>
            <p>Quelques suppliques adressées par Édouard au concile de Bâle ont comme destinataires
              les <emph>reverendissimi patres</emph><note n="77" type="footnote"><emph>Monumenta
                  Henricina</emph>, t. VI, doc. 18 (1437).</note> et portent parfois une invocation
                (<emph>in nomine Domini, amen</emph>)<note n="78" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, doc. 19 (1437).</note>. Une autre supplique, adressée au
              pape, commence par les mots <emph>beatissime pater</emph><note n="79" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, doc. 29 (25 mai 1437).</note>. Mais les suppliques sont
              différentes des lettres-missives et ne peuvent donc pas servir comme base pour une
              comparaison.</p>
            <p>Il nous reste donc, pour cet exercice, deux lettres ayant aussi comme destinataire le
              concile de Bâle, l’une présentant et recommandant les ambassadeurs du roi envoyés à
              cette assemblée, l’autre demandant l’intervention du concile dans les négociations de
              paix entre l’Angleterre et la France, engagées alors dans la Guerre de Cent ans<note
                n="80" type="footnote"><emph>Monumenta Henricina</emph>, t. V, Coimbra, 1963,
                docs. 88 (18 novembre 1435) et 134 (10 septembre 1436).</note>. Ces deux missives
              nous permettent de vérifier que les formules utilisées par le roi sont exactement les
              mêmes que celles qui figurent dans le formulaire étudié.</p>
            <p>À ces deux lettres il faut en ajouter une autre, copiée dans le <emph>Livre de
                conseils</emph>, écrite par Édouard au roi de Castille le 8 juillet 1434<note n="81"
                type="footnote"><emph>Livro dos Conselhos…</emph>, p. 90-92.</note>, et qui a été
              qualifiée de <emph>très gracieuse</emph><note n="82" type="footnote">En portugais&#160;:
                  <emph>muyto graciosa.</emph></note> par le copiste qui a dressé la table du
              manuscrit. L’adresse au début de la missive dit&#160;: <emph>très haut et très noble très
                excellent et puissant prince</emph><note n="83" type="footnote">En portugais&#160;:
                  <emph>muy alto e muy nobre muy excelente e poderoso principe.</emph></note>,
              ajoutant les mots <emph>très noble</emph> au texte de la <emph>dictée.</emph> La
              salutation est exactement celle qui a été donnée dans le formulaire, mais le souhait
              final, lui, ne suit pas le modèle&#160;; selon celui-ci, la formule à utiliser serait&#160;:
                <emph>roi très apprécié et aimé cousin frère et ami, que Dieu Notre Seigneur vous
                ait toujours dans Sa sainte garde</emph><note n="84" type="footnote">En
                portugais&#160;: <emph>rey muy prezado e amado, primo irmão e amiguo, Nosso Senhor Deus
                  vos aja sempre em sua santa garda.</emph></note>&#160;; en fait, les mots qui figurent
              à la fin de la lettre sont <emph>très haut prince et très honorable roi cousin ami,
                Notre Seigneur Dieu vous octroie selon vos vertus de vivre toujours dans son service
                et avec votre honneur</emph><note n="85" type="footnote">En portugais: <emph>muy
                  alto principe e muyto honrrado rey primo amigo, nosso senhor Deus vos outorgue
                  segundo virtudes viver sempre em seu serviço e com vosa honrra.</emph></note>.
              Nous ne savons rien de ce qui aurait été écrit sur le revers de la missive.</p>
            <p>Il nous semble risqué de décider à partir de ces rares exemples si le formulaire
              était ou n’était pas respecté. Mais nous croyons pouvoir poser que, au moins dans
              certains cas, le formulaire était la norme, à laquelle on pouvait ajouter quelque
              autre détail, surtout quand l’on écrivait à des destinataires plus intimes.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusion</head>
            <p>L’analyse faite du formulaire édouardien constitue, comme nous l’avons dit, le début
              d’un projet d’étude des formulaires médiévaux et modernes du même genre utilisés par
              les rois portugais. Nous avons commencé par le plus ancien que nous connaissions, et
              que nous croyons être à l’origine de ceux qui se suivirent dans le temps.</p>
            <p>Cet ensemble de soixante-cinq <emph>dictées</emph> présente le protocole initial, le
              souhait final et ce qui devrait figurer à l’extérieur, pour des lettres presque
              toujours destinées à des entités étrangères. Il nous permet de connaître le large
              nombre de personnes ou d’institutions avec lesquelles le roi Édouard correspondait ou
              comptait le faire. C’est une correspondance de caractère politique et diplomatique,
              mais échangée aussi entre des membres d’une même famille, la royauté portugaise étant
              alors liée de très près non seulement aux autres monarchies péninsulaires, mais aussi
              à la maison royale d’Angleterre et à celle de l’empereur allemand.</p>
            <p>Les <emph>dictées</emph>, dont nous avons étudié les différentes formules, changent
              selon la catégorie et le degré de parenté de ceux à qui le roi s’adressait. De leur
              analyse, ressort la méticulosité qui caractérisait le souverain portugais, clairement
              présente dans les menues modifications qu’il introduisait pour presque chaque
              destinataire, pour broder et individualiser les adresses, les salutations ou les
              souhaits finaux. Cette caractéristique personnelle a comme conséquence que l’on n’est
              pas surpris par les adaptations que le roi introduisait dans les formules au moment
              d’écrire les vraies lettres, sûrement par sa propre volonté. Le formulaire jouerait
              ainsi le rôle d’un guide, mais qu’il ne faudrait pas suivre avec trop de rigueur.</p>
            <p>L’examen d’un plus grand nombre de missives originales, et surtout l’analyse des
              autres recueils et la comparaison avec des documents de même genre d’autres
              provenances nous permettront, sans doute, de valider (ou pas) les hypothèses
              formulées, de mieux connaître les formules qui servaient à écrire les lettres-missives
              de la royauté portugaise et, par là, de mieux comprendre comment celles-ci étaient
              rédigées et la part qu’elles avaient de personnalisation ou, par contre, de soumission
              à des codes protocolaires internationaux.</p>
            <p rend="center">Fig. n° 1. – Liens de famille anglais d’Édouard, roi du
              Portugal.</p>
            <p rend="center">_____ descendance légitime</p>
            <p rend="center">------- descendance illégitime</p>
            <p rend="center"><space> </space>∞ <space> </space>marié(e) à</p>
            <p rend="center">gras <space/>destinataire de lettres</p>
            <p/>
            <p><figure>
                <graphic url="../src/img/14edouard_genealogieGB.jpg"/>
              </figure></p>
            <p/>
            <p/>
            <p/>
            <p/>
            <p rend="center">Fig. n° 2. – Liens de famille ibériques d’Édouard, roi du
              Portugal.</p>
            <p rend="center">_____ descendance légitime</p>
            <p rend="center"><space> </space>∞ <space> </space>marié(e) à</p>
            <p rend="center">gras <space/>destinataire de lettres</p>
            <p/>
            <p><figure>
                <graphic url="../src/img/14edouard_genealogieSP.jpg"/>
              </figure></p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part15">
        <front>
          <head>À la recherche des formulaires perdus<lb/> La documentation de
              l'<emph>Audientia</emph> du diocèse de Braga (fin XIII<hi rend="sup">e</hi>-XIV<hi
              rend="sup">e</hi> siècles)</head>
          <byline><docAuthor>Maria Cristina Almeida e Cunha Alegre</docAuthor>, professeur associé, Universidade do Porto,
            Faculdade de Letras, Via Panorâmica, s/n, P-4150-564 Porto, membre intégré du Centro de
            Investigação Transdisciplinar «&#160;Cultura, Espaço e Memória&#160;». <ref
              target="mailto:mcunha@letras.up.pt">mcunha@letras.up.pt</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Parmi l’ensemble de la production documentaire médiévale du diocèse de Braga, on ne
            conserve aucun recueil de modèles. Mais l’étude des actes émanés de la chancellerie
            archiépiscopale de Braga jusqu’en 1245 a attiré mon attention sur la récurrence de
            certaines formules, révélatrices d’une culture littéraire et juridique, en particulier
            dans les préambules et dans les clauses pénales, mais aussi dans d’autres parties du
            discours diplomatique. Dans la seconde moitié du <num>xiii<hi rend="sup"
            >e</hi></num> siècle, l’organisation interne des services diocésains se modifie&#160;:
            au-delà de la chancellerie épiscopale elle-même, apparaît l’Audience, entité judiciaire,
            attestée à partir de 1272. Tout naturellement, la production documentaire change avec
            cette restructuration. En l’absence de compilation de modèles d’actes, j’étudie les
            différentes formules utilisées dans chacun des types de documents composés à l’Audience
            entre 1278 et 1325, souvent dans un grand formalisme, pour déterminer l’existence et
            l’usage de formulaires, aussi bien que pour délimiter la place de chaque acteur
            (scribes, notaires épiscopaux, notaires publics…).</p>

          <div>
            <head type="h1">Introduction</head>
            <p>Lorsque j’ai décidé d'étudier les formules utilisées par la chancellerie de
              l’archevêque de Braga jusqu’au <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, j’étais
              bien consciente de la difficulté qui surgirait. Avant tout, parce qu’il n’y a (ou, du
              moins, il ne s’est encore trouvé), dans les collections conservées, aucun document que
              l’on puisse reconnaître comme une compilation de modèles servant à l’élaboration des
              actes produits dans cette institution.</p>
            <p>Quand j’ai étudié la production documentaire de la chancellerie archiépiscopale de
              Braga jusqu'à 1245<note n="1" type="footnote">Maria Cristina Almeida e Cunha,
                  <emph>A Chancelaria Arquiepiscopal de Braga (1071-1244</emph>). Editoral
                Toxosoutos, s. l. 2005 [serie Trivium]&#160;; Ead., «&#160;Die Kanzlei der Erzbischöfe von
                Braga, von den Anfängen bis 1244&#160;», <emph>Archiv für Diplomatik, Schriftgeschichte,
                  Siegel- und Wappenkunde</emph>, 49 (2003), pp. 123-163. </note>, j’ai déjà attiré
              l’attention sur certaines formules qui révélaient le haut niveau culturel et juridique
              des membres de l’institution, en particulier dans les préambules et dans les clauses
              pénales, mais aussi dans d'autres parties du discours diplomatique. J’ai maintenant
              limité l’étude à une période un peu postérieure, et qui correspond à une nouvelle
              époque de la production documentaire de Braga.</p>
            <p>On sait que, pendant la seconde moitié du <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle,
              l'organisation interne des services diocésains se modifie&#160;: au-delà de la chancellerie
              épiscopale elle-même, apparaît l’Audience (lat. <emph>Audientia</emph>, portug.
                <emph>Audiencia</emph>), entité affectée à l’exercice de la justice. Tout
              naturellement, la production des documents a été elle aussi atteinte par cette
              restructuration&#160;: à compter de 1245, les documents judiciaires et de juridiction, ne
              relevant plus des «&#160;compétences&#160;» de la Chancellerie, ont commencé à être composés par
              les scribes de l’Audience. Mais il faut attendre 1272 pour que l’Audience soit citée
              dans un document. C’est alors que, outre les actes liés aux procédures et aux
              sentences, les scribes commencèrent à rédiger des documents publics et des actes
              administratifs, avec l’autorité expresse des juges et vicaires présents. Autrement
              dit, la Chancellerie ne garda plus, dans ses compétences, que les actes de procédure
              (telles les commissions et procurations), et les actes privés (comme les missives),
              qui étaient écrits par des scribes, la plupart du temps anonymes, ou, depuis 1275, par
              des <emph>notarii curie episcopi</emph>, qui semblent être étroitement liés au prélat,
              mais non au chapitre de la cathédrale ou aux vicaires.</p>
            <p>Le corpus documentaire que je vais utiliser pour cette étude provient de l’Audience
              du siège de Braga, pour un total de quarante actes, écrits entre 1278 et 1325<note
                n="2" type="footnote">Il s’agit d’une période riche en changements du point de vue
                administratif, conséquence d’un développement culturel remarquable. On ne doit pas
                oublier que, au-delà de la culture du roi D. Dinis, patente dans les chansons dont
                il est l’auteur, c’est sous son règne que l’Université portugaise est fondée. Sur ce
                sujet, voir: <emph>Portugal em definição de fronteiras (1096-1325): do Condado
                  Portucalense à crise do Século</emph>
                <num>xiv</num>, coord. Maria Helena Coelho e Armando C. Homem. In «&#160;Nova História de
                Portugal&#160;», vol. 3. Lisboa: Ed. Presença, 1996, pp. 635-691.</note>. Comme on l’a
              vu, faute de formulaires destinés à des scribes de Braga, il me faudra regarder les
              différentes formules utilisées pour chaque type de document écrit à l’Audience entre
              1278 et 1325, pour essayer de déterminer le(s) modèle(s) utilisé(s). Je suis bien
              consciente que, de cette manière, nous approcherons l'objectif final sans l’atteindre.
              Il ne s’agira donc pas tant de présenter ici des résultats que les données disponibles
              jusqu’à aujourd’hui.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Les formulaires au Moyen Âge</head>
            <p>Habituellement, lorsque nous parlons de formulaires, nous nous référons aux
              compilations de modèles de documents, destinés à épauler la rédaction des futurs
              actes, mettant en œuvre des matériaux des plus variés, écrits et complétés au fil du
              temps. Le fait qu’il n’existe pas de formulaires antiques conduit certains
              diplomatistes à penser que l’apparition tout comme l’utilisation de ce type d’outil
              sont en relation avec le déclin dans l’usage de l’écrit au début du Moyen Âge&#160;: des
              scribes peu «&#160;compétents&#160;», si l’on peut utiliser cette expression, avaient besoin de
              modèles parce qu’ils étaient moins familiers avec la rédaction des actes<note n="3"
                type="footnote">Alice Rio, «&#160;Les formulaires et la pratique de l’écrit dans les
                actes de la vie quotidienne (<num>vi<hi rend="sup">e</hi></num>-<num>x<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècle)&#160;», <emph>Médiévales</emph> 56 (printemps 2009), p. 11-22,
                à la p. 16 et n. 14, qui nuance l’expression “peu compétent” (en ligne, consulté le
                21 septembre 2011&#160;: <ref target="https://medievales.revues.org/5525"
                  >https://medievales.revues.org/5525</ref>).</note>. Des recherches plus récentes
              ont montré précisément le contraire&#160;: les formes standardisées des textes prouvent que
              l’on écrivait souvent, à tout le moins parce que «&#160;la création des modèles de
              documents ne se justifie que si on attend un gain de temps, donc dans une situation où
              la demande de documents est forte, et leur contenu répétitif. C’est seulement lorsque
              l’usage de documents n’est que rare ou même exceptionnel que l’on peut se permettre le
              luxe d’une rédaction particulière&#160;»<note n="4" type="footnote"
                >. <emph>Ibid.</emph></note>. En outre, il fallait quelque expertise pour apprendre
              à utiliser les formulaires, assis sur la généralisation, quand le rédacteur devait la
              plupart du temps s’adapter aux circonstances.</p>
            <p>Il existait certainement des formulaires dans la plupart des institutions médiévales.
              Il est néanmoins très difficile de connaître leur origine. Les uns étaient «&#160;saisis
              dans les écoles ou transmis au cours d'un enseignement à domicile&#160;», les autres se
              conservaient dans les modestes bibliothèques qui appartenaient à ces institutions<note
                n="5" type="footnote">Saúl António Gomes, «&#160;Observações sobre dois formulários
                eclesiásticos&#160;». <emph>Humanitas</emph>, LIII (2001) p. 250.</note>. Quelques-uns
              aussi pouvaient être transmis par la tradition&#160;: les scribes d’une chancellerie
              mémorisaient souvent les formules – raison pour laquelle leur style était souvent
                routinier<note n="6" type="footnote">Maurilio Perez, «&#160;Sobre el formulismo en la
                Diplomática Medieval&#160;». <emph>Iacobus, Revista de Estudios Jacobeos y
                  Medievales</emph>», 7-8 (1999), p. 119.</note>. Au-delà des formules utilisées par
              les scribes, et indépendamment de la négligence causée par la monotonie de leur
              travail, on peut discerner des variations dans l’énoncé de certaines formules<note
                n="7" type="footnote">À Léon, nombre de formules apparaissent depuis le
                    <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, ce que «&#160;<emph>deve estar en
                  relación com el llamado renacimiento del s.</emph>
                <num>xii</num>. <emph>Estas fórmulas, plenamente activas en un siglo de
                  extraordinaria recuperación cultural, suelen tener numerosas variantes, ya que los
                  escribas que las usaban poseían los suficientes conocimientos de la lengua latina
                  como para poder acomodarlas al contenido concreto de sus diplomas.</emph>&#160;» (M.
                Perez, «&#160;Sobre el formulismo...&#160;», p. 123).</note>, aussi bien que dans les usages
              et pratiques juridiques.</p>
            <p>Il n’est pas nécessaire de dire l’importance des formulaires pour les diplomatistes,
              à commencer par les nombreux types de documents que l’on ne connaît que par les
              formulaires, résultat du caractère éphémère de bien des originaux&#160;: quelques-uns
              avaient une validité limitée, les autres perdaient de leur valeur quand les
              circonstances changeaient, autant d’occasions de ne plus les conserver, et seuls les
              formulaires en gardaient le souvenir. Si seul un petit nombre de formulaires a survécu
              jusqu’à nos jours, c’est parce que, dans la plupart des cas, leur conservation a été
              complètement différente de celle des documents produits<note n="8" type="footnote"
                >. Sur la différence entre les types de documents du point de vue de leur
                conservation, A. Rio, «&#160;Les formulaires et la pratique de l’écrit…», spéc.
                p. 17-18.</note>.</p>
            <p>L'importance des formulaires vient aussi du fait que, dans certains cas, ils
              permettent de reconstruire les relations entre les institutions, nationales et/ou
                étrangères<note n="9" type="footnote">Par exemple, le formulaire utilisé par le
                roi portugais Édouard I<hi rend="sup">er</hi> (1433-1438) est un ensemble de dictées
                du roi pour d’autres princes et seigneurs&#160;: <emph>Livro dos Conselhos de el-rei D.
                  Duarte (Livro da Cartuxa). Edição Diplomática.</emph> Transcr. João Alves Dias.
                Lisboa: Ed. Estampa, 1982, p. XIII-XVI.</note>. En outre, des <emph>magistri</emph>
              des écoles, voire des scribes ou notaires très appliqués, ont été amenés à copier et
              transformer en modèles rédactionnels des textes qui parvenaient de la chancellerie
              royale ou bien des grands centres européens de production documentaire, comme la
                Curie<note n="10" type="footnote">S. A. Gomes, «&#160;Observações sobre dois
                formulários…», p. 251.</note>, dès que l’occasion s’en présentait.</p>
            <p>Au Portugal, on connaît seulement un formulaire épiscopal<note n="11" type="footnote"
                >. On connaît quelques formulaires qui étaient utilisés à la chancellerie royale
                portugaise à la fin du Moyen Âge&#160;: S. A. Gomes, «&#160;Testemunhos de formulários régios
                medievais portugueses&#160;». In <emph>Os Reinos Ibéricos na Idade Média.</emph> Coord.
                Luis Adão Fonseca, Luis Carlos Amaral e Maria Fernanda Santos, vol. 3. Porto:
                Civilização Ed., 2003, p. 1295. On connaît aussi un petit formulaire, issu du
                monastère d’Alcobaça&#160;: S. A. Gomes, «&#160;Um formulário monástico português medieval: o
                manuscrito alcobacense 47 da BNL&#160;». <emph>Humanitas</emph>, LI (1999),
                pp. 141-184.</note>, qui se trouve dans le martyrologe-nécrologe du siège de
                Lamego<note n="12" type="footnote"> Sur ce formulaire, S. A. Gomes, «&#160;Observações
                sobre dois formulários…», p. 252-259.</note>. Il est possible qu’aient existé, dans
              cette chancellerie, d’autres formulaires anciens, parce que l’on y rencontre des
              «&#160;systèmes de production de documents bien organisés&#160;»<note n="13" type="footnote">
                <emph>Ibid.</emph>, p. 254.</note>. Mais les chancelleries épiscopales des diocèses
              de Braga, Porto et Coimbra, dont on connaît la production documentaire jusqu’au
              premier quart du <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle (Braga et Coimbra) ou au
              début du siècle suivant (Porto), ne nous ont légué aucun formulaire, au moins en
              l’état de nos connaissances.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. La documentation de l’Audience de Braga (1278-1325)</head>
            <p>Les actes écrits à l’Audience du siège de Braga pendant la période considérée sont
              surtout des documents résultant de l'acte de juger (compositions, sentences et
              décisions des juges). Tous ces actes ont en commun le fait qu'ils se réfèrent à la
                <emph>causa</emph> qui opposait deux parties en conflit, que l’on cherchait régler,
              la plupart du temps, <emph>in claustro ecclesie bracarensis in loco ubi dicitur
                Audientia.</emph></p>
            <p>Mais les scribes écrivaient aussi, à l’Audience, des actes concernant
              l’administration ecclésiastique, pour peu qu’ils fussent associés à des litiges. Il
              s’agit surtout des chartes <emph>de collatione clerici</emph>, qui étaient dressées,
              généralement, à la suite d’un conflit entre les présentateurs du desservant d’une
              paroisse donnée. Leur contexte judiciaire appelait une rédaction très différente de
              celle d’autres <emph>collaciones clerici</emph>, qui avaient un caractère
                épistolaire<note n="14" type="footnote">Pilar Pueyo Colomina, «&#160;La Peste Negra en
                la Diocesis de Zaragoza&#160;: el registro de actos comunes del arzobispo Guillermo de
                Agrifolio (1348-1350)&#160;». <emph>Aragón en la Edad media</emph>, nº 10-11 (1993), pp.
                707-708.</note> et qui étaient écrites, à Braga, dans la Chancellerie <emph>stricto
                sensu</emph>, par des notaires de l’archevêque.</p>
            <p>À ces types de documents s’ajoutait pour finir, et sans surprise, un petit nombre de
              textes relatifs aux différentes étapes de la procédure (audition de témoins,
              prolongation du délai de comparution…</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Les scribes des actes</head>
            <p>Tous les actes commandés à l’Audience de Braga par des juges délégués (vicaires de
              l’archevêque à qui était commise la capacité de <emph>jus dicere</emph>, c’est-à-dire
              de juger) entre 1278 et 1325 ont été préparés par des notaires publics
                (<emph>tabeliães públicos</emph>) présents à l’Audience et qui, à la demande des
              parties, consignaient, en forme d’instrument public (<emph>instrumentum
                publicum</emph>), le résultat du jugement. Autrement dit, ces actes étaient écrits
              par certains tabellions publics de Braga<note n="15" type="footnote">Les tabellions
                ainsi désignés sont peu nombreux par rapport à tous ceux que l’on connaît par
                aillleurs. </note>, au cours de leur activité <emph>in judicio</emph><note n="16"
                type="footnote">Bernardo de Sá Nogueira, <emph>Tabelionado e Instrumento Público.
                  Génese e Implantação (1212-1279)</emph>, Imprensa Nacional-Casa da Moeda, Lisboa
                2008.</note>, avec le but de conférer à l’écrit la <emph>fides publica.</emph> Ce
              fait est d’autant plus significatif que, à Coimbra, les responsables de l’écriture des
              actes de l’Audience jusqu’au dernier quart du <num>xiii<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle sont précisément des tabellions de la curie épiscopale
                (<emph>tabeliães da cúria</emph>) et des clercs-écrivains jurés (<emph>escrivães
                jurados</emph>)<note n="17" type="footnote"><emph>Vocabulaire international de la
                  diplomatique.</emph> Ed. Maria Milagros Carcél Ortí. 2ª Ed. Valencia: 1997, nº 302
                d.</note>. Après 1277, et certainement à la suite d’une décision royale, il est
              interdit aux scribes de la curie épiscopale de Coimbra d’utiliser un seing manuel<note
                n="18" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, nº 151.</note>, qui les identifiait
              comme détenteurs de la foi publique, et ils sont toujours désignés comme
                <emph>escrivães jurados</emph><note n="19" type="footnote">Maria do Rosário
                Barbosa Morujão, <emph>A sé de Coimbra: a instituição e a chancelaria</emph>,
                Coimbra 2005, p. 287.</note>&#160;: des notaires privés, donc, pas des tabellions
              publics. Mais, à Braga, la rédaction des textes est, elle-même, typique de la
              production des tabellions (c’est-à-dire, des actes publics) et le seing manuel y fut
              toujours employé comme signe de validation&#160;: du point de vue diplomatique, de par leur
              origine, tous ces actes sont notariés<note n="20" type="footnote">Cela est d'autant
                plus important que nous savons que, entre 1213 et 1244, les archevêques n'ont jamais
                eu recours aux tabellions pour élaborer leurs actes judiciaires, dont l'auteur
                matériel est identifié. Par ailleurs, onze documents sans «&#160;notaire&#160;» identifié, et
                considérés comme relevant de la Chancellerie épiscopale, sont des actes de
                juridiction concernant la compétence ou des droits ecclésiastiques.</note>. Ces
                <emph>tabelliones</emph> publics<note n="21" type="footnote">Mais il n'existe
                aucune distinction entre notaires majeurs et notaires mineurs, comme c’est le cas en
                Castille à la fin du Moyen Âge&#160;: Francisco R. Marsilla de Pascual, «&#160;En torno a la
                Diplomatica episcopal y capitular castellana bajomedieval. Una aproximación&#160;».
                  <emph>Miscelánea Medieval Murciana</emph>, vol. XIX-XX (1995-1996), p. 159.</note>
              voyaient reconnue leur <emph>auctoritas</emph>, conférée par l’archevêque (qui était
              le seigneur temporel de la ville), pas seulement pour la rédaction des documents de
              l’Audience, mais aussi pour la validation des actes à l’extérieur de l’institution. On
              ne peut donc les confondre avec ces <emph>notarii sedis</emph> ou <emph>notarii
                episcopi</emph> choisis, en d’autres diocèses, par leurs prélats pour écrire les
              actes judiciaires de l’Audience, et qui, au fil du temps, sont devenus des
                <emph>publici notarii auctoritate domini episcopi.</emph> Ceux-ci ne doivent
              certainement pas être confondus avec les <emph>tabeliães publicos</emph> nommés
              généralement par le roi, mais à Braga (comme à Porto) par le prélat comme seigneur de
              la ville.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Les formulaires utilisés</head>
            <p>Le fait que les documents strictement judiciaires (c’est-à-dire produits dans le
              cadre d’une procédure effective) ou même que les <emph>públicas formas</emph> ne nous
              soient connus qu’en tout petit nombre, m’a incitée à étendre l’examen des formules
              jusqu’aux jugements et aux actes d’administration ecclésiastique composés au sein de
              l’Audience, parce qu’ils sont seuls en mesure de fournir un échantillon tant soit peu
              fiable.</p>
            <p>L'examen séparé de ces deux séries de documents, jugements et compositions d’une
              part, actes d’administration de l’autre permet en effet de vérifier l'existence d'un
              discours diplomatique propre à chaque groupe. Il y avait certainement plus qu’un seul
              formulaire qui pouvait être suivi en chaque cas, et le choix dépendait uniquement du
              tabellion chargé d’écrire l’acte.</p>

            <div>
              <head type="h2">IV.1. Sentences et compositions</head>
              <p>Après 1288, les actes de juridiction présentent seulement une formule du
                protocole&#160;: l’invocation. Il y a une seule exception, peut-être parce que le
                document en cause n’est pas un jugement ou une composition, mais un acte de
                renonciation à un droit revendiqué en justice. Les invocations apparaissent sous une
                seule forme&#160;: <emph>In nomine Domini, amen.</emph></p>
              <p>Quand il n’y a pas d’invocation, ou après cette formule, les textes commencent avec
                la notification, toujours formulée d’une façon assez commune&#160;: <emph>Noverint
                  universi [presentem seriem inspecturi</emph><note n="22" type="footnote">Cette
                  légère modification ne se rencontre que deux fois, dans des documents qui, ne
                  cessant pas d’être judiciaires, ne sont pas pour autant des sentences ou des
                  compositions&#160;: il s’agit d’une reconnaissance du 10 mai 1280 (A. D. Braga, Gav. 1
                  das Igrejas, nº 72) et d’une confirmation du 20 octobre 1325 (A. D. Braga, Gav. 1
                  das Igrejas, nº 166 et nº 165).</note>] <emph>quod…</emph></p>
              <p>La notification est immédiatement suivie de la déclaration des circonstances qui
                ont conduit à la délivrance du document, c’est-à-dire l’exposé
                  (<emph>narratio</emph>). Le contenu, comme à l’habitude, est varié&#160;: désignation
                des parties en procès, comme des juges commis à l’affaire, description de la
                procédure, nom du tabellion et des témoins présents… Cinq fois est précisé le lieu
                (tribunal) où se déroulent les débats. L'ordre dans lequel ces différents éléments
                apparaissent varie légèrement, mais les formulations les plus communes sont&#160;:</p>
              <quote>
                <p>a) <emph>[cum] coram venerabili viri... vicario ecclesie Bracarense, me etiam AA
                    publico tabellione Bracarensi adhibito et presente ac testibus infrascriptis, in
                    claustro ecclesie Bracarensis loco soleto pro tribunali / in claustro ecclesie
                    Bracarensis in loco qui dicitur audiencia / pro tribunali sedente in audienciam
                    Bracarensis, inter XX ex parte una, et YY ex altera, super… questio
                    verteretur.</emph></p>
                <p>b) <emph>cum inter XX ex parte una et YY ex altera, super…, coram venerabilibus
                    viris… vicariis, me etiam AA tabellioni Bracarensi adhibito et presente ac
                    testibus infrascriptis questio verteretur.</emph></p></quote>
              <p>Parfois, le processus antérieur est résumé dans une expression du type <emph>post
                  multas altercationes habitas / tandem post diversas raciones habitas…</emph></p>
              <p>Le dispositif, c’est-à-dire la décision du ou des juges, normalement vicaire(s) de
                l'archevêque, suit, généralement introduit par <emph>quod.</emph> Les scribes
                utilisent, dans les sentences, des verbes dispositifs comme <emph>mandavit,
                  tulit</emph> [<emph>sentenciam</emph>] et <emph>pronunciavit.</emph> Dans les
                compositions, les verbes s’effacent devant des expressions telles que <emph>Ad talem
                  compositionem devenerunt XX et YY, XX et YY fecerunt tale pactum</emph>, etc.</p>
              <p>En général, les sentences, pas plus que les compositions, n’ont de clauses finales.
                Ainsi, après l'énoncé de la décision, le notaire passe immédiatement à la clause de
                corroboration. Celle-ci est complexe<note n="23" type="footnote">Son objectif est,
                  d'abord, d’expliquer que «&#160;c’est dans un souci de renforcer, de corroborer l’acte
                  que les signes de validation sont prévus&#160;» (Olivier Guyotjeannin, Jacques Pycke,
                  Benoît-Michel Tock, <emph>Diplomatique médiévale</emph>, s.l., Brepols, 1993, p.
                  84). Cependant, toutes les formules utilisées pour la validation des documents ne
                  sont pas nécessairement présentes dans chacun&#160;; certaines, de plus, ne nous sont
                  connues que pour avoir été employées dans des copies ultérieures. Cela se produit,
                  par exemple, dans de nombreux documents de la Chancellerie épiscopale de cette
                  époque, où il a été apposé un sceau, généralement du prélat, qui n'est pas annoncé
                  dans la <emph>corroboratio.</emph></note>, puisqu’elle peut comporter au moins
                cinq éléments&#160;: une introduction, la <emph>iussio</emph>, l’annonce du seing ou d’un
                autre signe de validation, l’annonce des témoins présents et la <emph>nota</emph> de
                délivrance du document. Les actes écrits à l’Audience du siège de Braga utilisent
                seulement trois de ces éléments, dont l'ordre varie quelque peu par rapport à ce que
                nous venons d’énoncer. En effet, à l’annonce des témoins succède généralement
                l’identification du tabellion (présent <emph>a rogo das partes</emph>), qui, à la
                demande des parties (ou du juge), écrivait le document et le validait de son seing.
                Avec quelques variations, la formulation-type est la suivante&#160;:</p>
              <quote>
                <p><emph>Qui presentes fuerunt… Ego vero AA tabellio memoratus ad hoc adhibitus et
                    rogatus hiis omnibus interfui ad instanciam jamdicto XXX confeci inde hoc
                    publicum instrumentum et signum meum infrascriptum eidem apposui in testimonium
                    premissorum.</emph></p></quote>
              <p>Les actes finissent habituellement avec la date, mais, en quelques cas, celle-ci
                est donnée au début du document, au sein du protocole, avec la formulation
                suivante&#160;: <emph>Sub era…, scilicet… kalendas/nonas/idus</emph>, complétée du mois.
                Quand cela arrive, la datation est à nouveau mentionnée à la fin, mais sous forme de
                résumé&#160;: <emph>Actum Bracare, era…/anno et quoto supradictis.</emph> La date de
                lieu, toujours présente (<emph>Bracare</emph>), est introduite par le mot
                  <emph>Actum</emph>, et souvent fait connaître précisément le lieu où l’acte a été
                commandé ou rédigé&#160;: <emph>in audiencia Bracarensis</emph>, <emph>in claustro ubi
                  solet audientiam fieri.</emph> Si la date est énoncée d’une façon complète, on
                utilise l’ère d’Espagne (<emph>era</emph>) avec les divisions du mois par les
                calendes, les nones et les ides (quantième romain).</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">IV.2. Les collations des clercs</head>
              <p>Les actes de <emph>collationes clerici</emph> n’ont pas une répartition temporelle
                uniforme&#160;: trois seulement ont été écrits avant 1292, et tous les autres (avec une
                  exception<note n="24" type="footnote">4 septembre 1321 (A. D. Braga, Gaveta 1
                  das Igrejas, nº 135).</note>) entre 1292 et 1294, période qui correspond à un
                épisode de vacance du siège.</p>
              <p>Contrairement à ce qui se passe avec les documents de juridiction, le formulaire
                choisi pour la rédaction de ces actes n’est pas uniforme, bien que tous ces
                documents présentent une référence au(x) juge(s) ou à la cause qui opposait les
                parties en litige, ou bien encore à l’Audience.</p>
              <p>Seuls quelques actes mélangent le protocole typique des sentences avec celui des
                  <emph>cartas de collatione</emph> communes qui, dans la chancellerie
                archiépiscopale de Braga, étaient rédigées en forme épistolaire. D’autres actes de
                ce type utilisent une seule formulation notariale, relativement proche des modèles
                judiciaires souscrits par des tabellions publics. Il faut aussi remarquer que tous
                les documents ont été validés par le seing manuel du tabellion. Seuls deux actes
                appartenant à ce groupe<note n="25" type="footnote">25 février 1293 (A. N. T. T.
                  Lisboa, Gaveta 19, m. 14, nº 3, fl. 17) et 17 mars 1294 (A. N. T. T. Lisboa,
                  Gaveta 19, m. 14, nº 3, fl. 24).</note> font exception, pour avoir été validés par
                le sceau pendant du juge commis par le doyen et le chapitre de Braga à la résolution
                des <emph>causas</emph> concernant deux églises<note n="26" type="footnote">Il
                  convient de signaler que, dans l'un d'eux, la formulation est en tout point
                  similaire à celle des lettres émises par les archevêques (acte considéré comme
                  ayant été élaboré à l'Audience parce qu'il se réfère expressément au <emph>judex
                    deputatus a venerabilibus decano et capitulo… in causa apellationis que
                    verteberetur…</emph> (17 mars 1294).</note>.</p>
              <p rend="Paragraphe_de_liste">Les deux formulaires identifiés sont les suivants&#160;:</p>
              <quote>
                <p>(a) XX <emph>judex deputatus a venerabilis viris…, in causa que verterebatur
                    inter</emph> Y <emph>ex parte una et</emph> Z <emph>ex altera.</emph>
                    O<emph>mnibus parrochianis ipsius ecclesis de… et omnibus aliis que idem
                    ecclesie tenentur in aliquo</emph>, <emph>salutem in Domino Jhesu Christo.
                    Noveritis quod ego… ex potestate mihi tradita et concessa a venerabilis
                    viris</emph>… <emph>institui et instituo FF in rectorem</emph>… [et seulement
                  dans les deux cas cités&#160;: <emph>In cujus rei testimonium sibi concessi has
                    patentes licteras sigili mei munimine communitas</emph>]. <emph>Datum Bracare,
                    era…</emph></p>
                <p>(b) <emph>In nomine Domini, amen. Noverint universi quod in presencia mei AA
                    tabellionis publici Bracarensis [me AA tabellione publico Bracarense presente]
                    et testium subscriptorum, in causa que vertebatur coram venerabile viro YY
                    judice dato a venerabilis viris…, inter X ex una parte et Z, pro tribunali in
                    claustro Bracarensis ecclesie ubi solet audiencia fieri, super… instituit in
                    rectorem ecclesie… Qui presentes fuerunt… Ego vero AA tabellio supradictus qui
                    premissis rogatus interfui in loco supradicti, ad instanciam FF rectoris
                    supradicti hoc publicum instrumentum inde confeci et signum meum in eodem
                    apposui in testimonium premissorum. Actum Bracare era…</emph></p></quote>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusion</head>
            <p>À la fin du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, la chancellerie
              archiépiscopale de Braga connaît une période de changement dans son organisation,
              changement qui se traduit, sans surprise, dans l'écriture des actes. Dans cette
              institution ont été produits principalement des actes judiciaires, qui, dans la
              plupart des cas, n’indiquent pas leur scribe, et dont la forme la plus largement
              utilisée de validation a été l'apposition de sceaux (de l’archevêque, du chapitre, de
              la curie, des vicaires ou même des chanoines…), isolés ou non.</p>
            <p>La première référence à l’Audience (tribunal devant lequel étaient portées toutes les
              affaires relatives à la juridiction ecclésiastique du diocèse), en 1272, est, sans
              doute, un signe de ce changement. De là, les scribes ont commencé à élaborer les
              documents préparatoires ainsi que l’issue des procès, avec l’autorité des juges et/ou
              vicaires présents. Mais plus important que le tribunal même, semble le fait que tous
              les documents soient écrits par des tabellions publics de Braga (et non par des
              écrivains jurés ou des notaires privés du siège archiépiscopal), et validés de leur
              seing manuel, ce qui leur confère immédiatement la qualité d’actes notariaux.</p>
            <p>Il reste encore quelques dizaines de ces actes. Faute d’un formulaire propre de
              l’Audience (ou de la Chancellerie archiépiscopale), j’ai essayé d’identifier les
              formules utilisées par les scribes de l’Audience du siège de Braga dans chaque type
              documentaire. La persistance de certaines parties du discours diplomatique, de même
              que la répétition de certains mots, amène à penser que les différents tabellions
              publics qui écrivaient à l’Audience suivaient des modèles plus ou moins communs à
              tous.</p>
            <p>Les formulaires ainsi reconstitués ne sont certainement pas des outils de la seule
              Audience de Braga. Le point important ici est qu’ils sont utilisés dans les
              «&#160;bureaux&#160;» du siège de Braga, mais seulement à l’Audience et non pas à la
              Chancellerie elle-même. On ignore, pour le moment, ce qui se passe dans les autres
              Audiences épiscopales portugaises, ou mieux, si les documents étaient écrits par des
              notaires privés, sur la base ou non de formulaires des tabellions publics&#160;; ou encore,
              inversement, s’il y avait des formulaires spécifiques dans chaque siège.</p>
            <p>Il ne me semble pas inintéressant non plus de vérifier si les tabellions publics que
              l’on rencontre habituellement à l’Audience (écrivant des documents, naturellement,
              mais aussi comme témoins, et qui jamais ne s’identifient comme <emph>tabellionis
                Bracarensis civitatis</emph> mais uniquement <emph>tabellionis Bracarensis</emph>),
              ont utilisé les mêmes formulaires en dehors du tribunal ecclésiastique, notamment dans
              les actes de juridiction de l’archevêque de Braga, qui était le seigneur temporel de
              la ville.</p>
            <p>Ce qui est certain, c'est que, comme les actes étudiés le donnent à entendre, les
                <emph>publici tabelliones Bracarensis</emph> de l’Audience n’ont peut-être pas obéi
              à toutes les exigences des traités théoriques, mais ils ont certainement appliqué des
              règles générales du <emph>dictamen</emph>&#160;: en copiant des actes antérieurs, ou en
              cherchant parmi les formulaires disponibles le modèle le plus adapté à chaque
              circonstance, ils nous ont laissé un nombre appréciable de documents apparentés dans
              leur formulation, qui nous ont permis d’apercevoir ce que le passage du temps a fait
              disparaître&#160;: les formulaires de l’Audience archiépiscopale de Braga jusqu’à 1325.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part16">
        <front>
          <head>Reconstructing formularies<lb/> The charters of the episcopal
              chancery of Porto in the Middle Ages</head>
          <byline><docAuthor>Maria João Oliveira e Silva</docAuthor>, Post-doctorate research fellow of the Fundação para a
            Ciência e a Tecnologia, Research of Centre of Religious History Studies - Catholic
            University of Portugal and Transdisciplinary Research Centre «Culture, Space, Memory» –
            University of Porto. Via Panorâmica, s/n, 4150-564 Porto, Portugal. <ref
              target="mailto:mariajoham@portugalmail.pt">mariajoham@portugalmail.pt</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>This study aims to reconstruct the formularies of a specific type of documents, namely
            the charters of confirmation of rectory produced in the episcopal chancery of Porto in
            the Middle Ages. In order to achieve this goal we study the non-essential formulas found
            in the protocol, text and eschatocol of each one of the 80 collected charters, as well
            as the forms of validation used in these documents. The joint study of the
              <emph>dictamen</emph> and the <emph>validatio</emph> thus allow the reconstruction of
            the <emph>modus faciendi</emph> of the chancery, and its evolution, with regard to the
            production of these types of confirmation. We concluded that there were, in fact,
            “formulary rules” that only exceptionally have been broken. And for being exceptions,
            these documents deserve special attention and their study proved that the changes
            appeared only in specific situations. To evaluate the originality of the formulary of
            the confirmations of rectory made in this Episcopal chancery we preceded a comparative
            study of the same type of charters produced in other Episcopal chanceries, i.e. those of
            Coimbra, Lamego and Zaragoza.</p>

          <div>
            <head type="h1">Introduction</head>
            <p>In the course of document research conducted for the purpose of preparing master’s
              and PhD theses<note n="1" type="footnote">Respectively, M. J. Oliveira Silva,
                  <emph>Scriptores et Notatores. A produção documental da Sé do Porto
                  (1113-1247)</emph>, Porto, 2008, and ead., <emph>A Escrita na Catedral: a
                  chancelaria episcopal do Porto na Idade Média</emph>, Lisboa, 2013.</note>, we
              were unable to find any formularies that served as the basis for drafting the
              documents produced at the episcopal chancery of Porto. Consequently, we had to analyse
              primary and secondary formulas in more than 400 documents issued by the chancery,
              between 1113 and 1406. The aim was to “reconstruct” the formularies on the basis of
              which the hundreds of documents were prepared. It was thus possible to determine, for
              each formula the period(s) in which it was most used, and in which type of
              documents.</p>
            <p>An examination of the formulas in the protocol, in the text and in the eschatocol,
              including the <emph>invocatio</emph>, <emph>intitulatio</emph>,
                <emph>inscriptio</emph>, <emph>salutio</emph>, <emph>arenga</emph>,
                <emph>notificatio</emph>, <emph>narratio</emph>, <emph>dispositio</emph>,
                <emph>sanctio</emph>, <emph>corroboratio</emph> and dating clause showed that
              certain formulas were practically compulsory in some documents, in a specific phase or
              in the entire period, and were clearly not used in other documents. By focusing our
              attention on the types of documents existing in greater numbers, it became
              increasingly clearer that notaries followed, in fact, certain rules, whether in forms,
              “standard documents” or in other kinds of instruments used in the preparation of
              chancery written documents. For that reason, we sought to identify the formulary
              structure of some of those documents by examining the incidence of certain formulas.
              Yet, after the <emph>mundum</emph> was drawn up, it lacked proper validation in order
              to be complete, so that it could subsequently be promulgated and issued. The forms of
              validation for each type of document were not chosen randomly&#160;; rather they had to
              meet the demands of the charter. For this reason, in addition to the analysis of the
              non-essential formulas, it was important to determine how the various documents
              produced in the chancery were validated. The joint study of the <emph>dictamen</emph>
              and the <emph>validatio</emph> thus enabled the reconstruction of the <emph>modus
                faciendi</emph> of a chancery, and its evolution, when producing a particular
              written document.</p>
            <p>This study was only feasible if there were a significant number of a specific type of
              document, distributed over an extended chronological period. Of all the types of
              documents produced in the episcopal chancery of Porto, particularly significant are
              the eighty charters of confirmation of rectory dated between 1255 and 1400. To have a
              full picture, we prepared a table containing all eighty documents and indicating the
              non-essential formulas found in the protocol, text and eschatocol. In the text part,
              we also added the disposition, which is mandatory in the <emph>acta</emph>, but as we
              noted an evolution in this disposition, we chose to include it in the analysis. A
              second table shows the forms of validation of these charters.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. The “rules” of the dictamen and validatio</head>
            <p>The first conclusion that emerges from the analysis of the table is that certain
              formulas were, in fact, systematically chosen. We have concluded that in the protocol
              the “rules” determined the use of only one secondary clause: the greeting. Only two of
              the eighty confirmations do not include this clause<note n="2" type="footnote"
                >. Namely in the documents dated 1285.09 and 1292.12, respectively <emph>Censual do
                  Cabido da Sé do Porto</emph>: <emph>Códice membranáceo existente na Biblioteca do
                  Porto</emph>, ed. by João Grave, Porto, 1924, p. 197-198 and 70.</note>. As for
              the <emph>salutatio</emph> forms, it was found that the model chosen is directly
              related to the grantor of the document. In other words, the bishops used both the
              forms of greeting and blessing, while the canons and vicars used only the greeting.
              The expression <emph>salutem et benedictionem</emph> was used the most often by the
              prelates, and is the only one used from the early 14<hi rend="sup">th</hi> century,
              while during the episcopate of D. Vicente Mendes (1260-1292) the forms <emph>Salutem
                et gratiam Jhesu Christi</emph> and <emph>cum benectionem, salutem et gratiam</emph>
              (sic) <emph>Jhesu Christi</emph> were used<note n="3" type="footnote">An abbreviated
                form of the model was used by D. Sancho and D. Geraldo, namely «&#160;cum benedictionem
                salutem&#160;».</note>. Canons and vicars used various models, some more than others,
              including <emph>Salutem in domino Jhesu Cristo</emph>, <emph>Salutem in Domino
                sempiternam</emph>, <emph>Salutem in Eo qui est omnium vera salus</emph> and
                <emph>Salutem in filio Virginis gloriose.</emph></p>
            <p>In two cases, the <emph>invocatio</emph> was also part of the protocol, through the
              forms <emph>In nomine Jhesu Christi amen</emph>, in a charter dated September 1285,
              and <emph>In Dei nomine amen</emph>, in another charter dated May 1341<note n="4"
                type="footnote">Respectively, <emph>Censual do Cabido…</emph>, p. 197-198, and
                Coimbra, Arquivo da Universidade de Coimbra (AUC), Gav. 8A, mç.3, nº 140.</note>.
              Since the forms of these documents are exceptionally different, we will discuss them
              later.</p>
            <p>We have not included the form of address in the table, since this is an essential
              formula of the protocol. However, we highlight the fact that all confirmation
                <emph>acta</emph> are addressed to the parishioners (<emph>universis</emph> or
                <emph>omnibus parrochianis</emph>) of the churches under whose rector they were
              invested. In fact, only five documents, which will be discussed further ahead, were
              addressed to the rector himself. </p>
            <p>In the text, the “norms” prescribed the use of the notification, the
                <emph>narratio</emph> and the final clauses, and as was required, the dispositive
              clause. As regards the notification, only five documents do not included it, but these
              are cases of unusual forms which we will discuss later. In the remaining documents,
              the form used was always <emph>Noveritis quod.</emph> The only two exceptions to this
              form of notification are found in the 1285 and 1292 documents, which, as we will see,
              have a different formulary structure. In these cases, the notifications used were,
              respectively, <emph>Noverint universi presentis scripti seriem inspecturi</emph> and
                <emph>Noverint universi.</emph></p>
            <p>With regard to the <emph>narratio</emph> we noticed that it included almost always
              the identification of the patron(s) responsible for the rector’s presentation. The
              form used is, invariably, <emph>ad presentationem</emph> (<emph>capituli…</emph>,
                <emph>patronorum…</emph>, etc.). However, from the early 14<hi rend="sup"
              >th</hi> century, two other elements began to regularly appear in the narration,
              whereas before they were used more sporadically&#160;: reference to the cause of the
              apresentation/confirmation and reference to the reputation of the confirmed rector.
              Regarding the latter, the form used was almost always a <emph>de cuius ydoneitate
                nobis constitit evidenter.</emph> As to references to the cause, they varied between
                <emph>vacante ecclesia… per mortem</emph>, <emph>vacantis per renuntiationem</emph>
              or <emph>vacante… per renuntiationem… ex causa permutationis.</emph> That is, death,
              renunciation and transfer are the three reasons given in the narration. </p>
            <p>Since there was an evolution in the forms employed, the only essential formula of the
                <emph>dictamen</emph> that we examined was the dispositive clause. This evolution
              was reflected in an increase in the number of elements included not only in the
              dispositive but also in the final clauses. At first, in a period between 1255 and
              1280, the dispositive was limited to the expression <emph>instituimus in rectorem
                eiusdem ecclesie</emph>, preceded by the name of the rector and by the name of the
              church in question. The final clauses were limited to one sentence addressed to the
              recipients of the charter, i.e., the <emph>parrochianis.</emph> It began with
                <emph>Mandantes vobis</emph> and compelled the parishioners to obey the rector
              (e.g., <emph>obediatis cum iuribus eiusdem ecclesie et sententias quas idem pro
                iuribus ipsius ecclesie rite tulerit in rebelles</emph>). However, from 1280
              onwards, it was also “mandatory” to include other elements in the dispositive clause,
              related to the need to implement the canon law, enshrined in the council’s
              dispositions and in the diocesan statutes, to which the documents themselves refer.
              From that moment, the documents mention the <emph>Epistola Pheliberti episcopi</emph>
              and the <emph>Constitutiones domini Gregorii</emph>, i.e. the letter which the bishop
              Fulbert of Chartres (1006-1028) wrote to William V, count of Poitou and duke of
              Aquitaine, on the reciprocal duties of the vassal and lord, in 1020<note n="5"
                type="footnote">For more information on this document, Gérard Giordanengo,
                «&#160;Epistola Philiberti. Note sur l'influence du droit féodal savant dans la pratique
                du Dauphiné médiéval&#160;», in <emph>Mélanges d'archéologie et d'histoire</emph>, vol.
                82 (1970), p. 809-853.</note>, and the constitutions of pope Gregory X, resulting
              from the 2<hi rend="sup">nd</hi> Council of Lyon, held in 1274. Indeed, we know that
              bishop D. Vicente Mendes attended this council<note n="6" type="footnote">In January
                1274, the bishop was already in Lyon, where he received a bull from the pope
                granting fourty days of pardon for all the faithful men who gave alms to the
                monastery of Santa Clara de Entre-os-Rios&#160;: Lisboa, Arquivo Nacional/Torre do Tombo
                (AN/TT), Mosteiro de Santa Clara do Porto, mç. 67, doc. 27. In May, the bishop sent
                a letter confirming the presentation of André Mendes as the rector of the church of
                Santa Marinha de Vilar de Porcos, done by the vicar João Eanes in 1271 (AN/TT,
                Mosteiro de S. Salvador de Moreira, mç. 9, doc. 27). On 23 July, meeting in a
                council, he was part of the group of archbishops and bishops who granted fourty days
                of pardon to all those from their dioceses who contributed financially to the
                construction of the church of Santa María de Regla, in León&#160;: <emph>Colección
                  documental del Archivo de la catedral de León (1269-1300)</emph>, vol. 55, dir.
                José Mª Fernández Catón, León, 1994, doc. 2340, p. 12.</note>, having returned to
              Porto between late 1279 and early 1280. In fact, his first confirmation of rector
              after he returned, that we know of, refers to both the Epistle and the
                Constitutions<note n="7" type="footnote">AN/TT, Gav. XIX, mç. 1, doc. 9
                (insert).</note>. The sentence in question is&#160;: <emph>et quod omnia et singula
                quantum ei possibile fuerit adimplebit que in epistola Pheliberti episcopi et in
                constitutione domini Gregorii super iuramentum huiusmodi continentur
                videlicet</emph> etc.</p>
            <p>Where applicable, the dispositive also mentioned the need for the confirmed rector to
              be promoted <emph>ad omnes ordines</emph> or <emph>ad sacerdocium</emph> within a
              year. Should this not happen, the rector would lose his position, thus fulfilling the
                <emph>constitucionem Concilii Lugdunensis</emph>, which is mentioned in these terms
              in the documents.</p>
            <p>The <emph>statuta sinodalia</emph> were also often mentioned in the dispositive
              clause. They sometimes mentioned the status of a certain bishop, e.g. the
                <emph>statutam seu ordinationem factam et ordenatam per bone memorie domnum
                Vincencium olim Portugalensem episcopum</emph><note n="8" type="footnote">Porto,
                Arquivo Distrital do Porto (ADP), Cartório do Cabido (CC), Livros dos Originais
                (LO), 1688, fl. 8 (insert).</note>. In this case, this is a direct reference to the
              synod constitutions confirmed and enacted by D. Vicente Mendes in 1265<note n="9"
                type="footnote"><emph>Censual do Cabido…</emph>, p. 541-542. In fact, D. Vicente
                Mendes confirmed and enacted the constitutions done by his predecessor, D. Julião
                Fernandes (1247-1260), for which we do not know the original document. On this
                matter, see <emph>Synodicon hispanum</emph>, dir. Antonio Garcia y Garcia, Madrid,
                1982, p. 344-346.</note>.</p>
            <p>When the chapter and bishop of Porto had the right of patronage, jointly or <emph>in
                solidum</emph>, the final clauses would mention the reserved census. The documents
              would then include the sentence <emph>evidenter reservato censsum</emph>
                (sic)<emph>…</emph>, <emph>annuatim solvendarum ipsi capitulo…</emph><note n="10"
                type="footnote">This sentence was extracted from the document dated February
                1283&#160;: <emph>Censual do Cabido…</emph>, p. 301-302.</note>, or similar
              sentences.</p>
            <p>From the first decades of the 14<hi rend="sup">th</hi> century, the charter would
              also refer to the investiture of the rector. The expression used was always
                <emph>investimus ipsum… personaliter</emph> or <emph>presencialiter</emph>, and only
              the instrument used by the grantor to implement the action varied. Indeed, the
                <emph>birretum</emph> was the first and most often used by both bishops and vicars.
              The <emph>annulum</emph> also served to invest on eight occasions. Of these, four
              referred to investitures ordered by Bishop D. Vasco Martins (1328-1342)<note n="11"
                type="footnote">. Respectively, AN/TT, Mosteiro de S. Cristóvão de Rio Tinto, mç. 5,
                p. 1, nº 13, nº 17, nº 129, and <emph>Censual do Cabido…</emph>, p. 267-268.</note>
              and three by D. João (1373-1389). In an exceptional case, the general vicar and the
              governor of the diocese (appointed by the bishop who was absent)<note n="12"
                type="footnote">João da Ponte, canon of Astorga, general vicar of the bishop of
                Porto, D. Pedro Afonso, appointed governor by document dated 17 August 1346. This
                document is included in the investiture as a clergyman (October 1348), and states&#160;:
                «&#160;investiens ipsam per meum annulum presencialiter de eidem [ecclesia]&#160;», AN/TT,
                Mosteiro de S. Salvador de Vairão, mç. 9, doc. 26.</note> used his seal. The
                <emph>capucium</emph> appears twice, the first belonging to the general vicar and on
              another occasion to the priest of a church of the diocese of Porto (who acted as the
              commissioner of the dean and vicar of the cathedral offering the vacancy)<note n="13"
                type="footnote">Documents dated 25 May 1341 and May 1389&#160;: respectively AUC,
                Gav. 8A, mç. 3, nº 140 e nº 181.</note>. The object chosen was followed by the
              possessive pronoun <emph>nostrum</emph>, used by the bishops, or <emph>meum</emph>,
              used by the general vicars or other ecclesiastical members.</p>
            <p>Without exception, the “formulary rules” of the confirmation charters stated that two
              secondary clauses had to be included in the eschatocol, namely corroboration and
              dating. Sometimes, corroboration clause consisted only in the sentence
                <emph>Nos</emph> (or <emph>Ego</emph>) <emph>ratas habemus</emph> (or
                <emph>habeo</emph>) <emph>atque firmas</emph>, or of another similar sentence,
              without mentioning the document validation methods. Yet, these methods were often
              revealed through the enunciation <emph>In huius rei testimonium…</emph> or in similar
              terms. The seal of the grantors, used in all eighty <emph>acta</emph>, is shown as
                <emph>patentem litteram sigilli nostri munimine consignatam</emph>, or <emph>has
                nostras patentes litteras duximus concedentes sigillorum nostrorum munimine
                communitas</emph>, or even <emph>presentes institucionis litteras concessi sigilli…
                munimine comunitas</emph><note n="14" type="footnote">Respectively: AN/TT,
                Mosteiro de S. Salvador de Moreira, mç. 9, doc. 33, and AN/TT, Mosteiro de Santa
                Maria de Tarouquela, mç. 8, nº 19, ADP, CC, LO, 1687, fl. 55.</note>, etc. With
              regard to the signatures, used as we will see from the early decades of the 14<hi
                rend="sup">th</hi> century, we noted that the signatures of notaries were never
              included. The appointment of prelates is mentioned once only in a document dated
              September 1400, the last one in the <emph>corpus</emph> under study, as follows&#160;:
                <emph>has presentes litteras manu nostra conscriptas</emph>, mentioning the
              appointment of bishop D. Gil Alma (1399-1407)<note n="15" type="footnote">AN/TT,
                Mosteiro de S. Salvador de Moreira, mç. 12, doc. 35.</note>. Chirography, the notary
                <emph>signum</emph> and the inclusion of witnesses were forms of
                <emph>validatio</emph> used exceptionally&#160;; therefore, they do not include the
              formulary “rules” for corroboration clause.</p>
            <p>The dating also appeared in all the confirmations, and included both the
              chronological date and the topical date. The formula often used to introduce the date
              is <emph>Datum apud…</emph> or <emph>Datum in…</emph> In two occasions, we find the
              form <emph>Datum et auctum</emph> (sic) <emph>in</emph>…<note n="16" type="footnote"
                >. Respectively AN/TT, Mosteiro de S. Salvador de Moreira, mç. 10, doc. 17, and
                AN/TT, Mosteiro de S. Salvador de Paço de Sousa, mç. 1, doc. 2.</note>, and in
              another two cases <emph>Actum est hoc apud</emph>…, the latter used in documents whose
              form is different from the usual<note n="17" type="footnote">Dated September 1285
                and December 1292&#160;: <emph>Censual do Cabido</emph>…, p. 197-198, and p. 70.</note>.
              The chronological date always appears as day/month/year. In most charters, the year is
              expressed in the Hispanic Era, following a common practice in Portugal until the early
                15<hi rend="sup">th</hi> century<note n="18" type="footnote">José Saraiva, «&#160;A
                data nos documentos medievais portugueses e asturo-leoneses&#160;», in <emph>Revista
                  Portuguesa de História</emph> [Coimbra], vol. 2, 1943, p. 25-220&#160;; A. H. Oliveira
                Marques, «&#160;Era&#160;», in <emph>Dicionário de História de Portugal</emph>, vol. 2, Porto,
                s.d., p. 411&#160;; Avelino de Jesus da Costa, «&#160;Calendário&#160;», in <emph>Dicionário de
                  História de Portugal</emph>, vol. 1, Porto, s.d., p. 435-438.</note>. However, in
              the first two decades of the 14<hi rend="sup">th</hi> century, some documents appeared
              with the date in the Era of Christ, namely <emph>Anno Domini</emph> or <emph>Anno a
                Nativitate Domini.</emph> However, this was only used preferably from the second
              half of the 14<hi rend="sup">th</hi> century. In presenting the day, the traditional
              Roman form of counting backwards, or regressively, the <emph>nonas</emph>,
                <emph>idus</emph> and <emph>kalendas</emph>, was used until the beginning of the
                14<hi rend="sup">th</hi> century. From then on, it was superseded by the direct
              counting of days, from the beginning to the end of each month<note n="19"
                type="footnote">This change is directly related to the increasing use of the
                vernacular, where it was always used, and was also «&#160;imported&#160;» to the documents in
                latin (M. J. O. Silva, <emph>A Escrita na Catedral…</emph>, p. 151-155). This change
                started in a previous period, more precisely during the episcopacy of D. Pedro
                Salvadores (1235-1247)&#160;: M. J. O. Silva, <emph>Scriptores et Notatores…</emph>,
                p. 128-129). See, on this matter, Olivier Guyotjeannin, Benoît-Michel Tock,
                  «&#160;<emph>Mos presentis patrie.</emph> Les styles de changement du millésime dans
                les actes français, <num>xi<hi rend="sup">e</hi></num>-<num>xvi<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle&#160;», in <emph>Bibliothèque de l’École des chartes</emph>,
                vol. 157, nº 1, 1999, p. 43-109.</note>.</p>
            <p>Having examined the <emph>dictamen</emph>, we focused our attention on the
                <emph>validatio</emph> of the eighty <emph>acta.</emph> It was noticed that the norm
              “forced” the use of the grantor’s seal. Initially, the seals belonged to the bishop or
              the cathedral’s clergymen (vicars, canons, etc.). However, from the early 14<hi
                rend="sup">th</hi> century, they were “replaced” by the <emph>sigillum curiae</emph>
              (used precisely by the general-vicar or by someone replacing him). In the 1310s, the
              signature of the grantors – either of the prelates, vicars of other clergymen – were
              always added to the seals, i.e., the validation of the document consisted of the seal
              and signature of the grantor. From the early 1330s, the signature of the notary who
              drew up the document was also added to the <emph>validatio</emph> of the confirmations
              along with the seals and signatures of the parties.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. “Exceptions”</head>
            <p>In some cases, the “formulary rules” of the <emph>dictamen</emph> and
                <emph>validatio</emph> were broken. And precisely because these documents are
              exceptions, they deserve special attention, since their study has showed that the
              changes only relate to specific situations.</p>
            <p>The first charter of confirmation of rectory that is different from the norms
              followed until then dates from September 1285. The reason for these differences lies
              in the content of the document&#160;: bishop D. Vicente Mendes presented and invested
              Miguel Peres as the rector of the church of S. Fausto da Régua, since this church was
              under his patronage (as the bishop of Porto and not personally)<note n="20"
                type="footnote"><emph>Censual do Cabido</emph>…, p. 197-198 («&#160;in ecclesia seu
                camera nostra Santi Fausti de Regula&#160;»).</note>. Along with confirming the rector,
              the prelate also established the income to be paid annually to the episcopacy, from
              the assets and properties belonging to the church. The rector also agreed to repair
              and to rebuild the church, the houses and everything else that needed repairing. Both
              the bishop and the rector corroborated the document (<emph>Nos memorati episcopus et
                rector fecimus fieri</emph>) and ordered the notary of the curia (Martinho Soares)
              to have two letters drawn up, one for each, <emph>per alphabetum divisas</emph>, in
              the presence of several witnesses. That is, in addition to confirming the rector, the
              charter established his duties, and he accepted them, becoming not only a recipient
              but a signee of the written document. This situation is not repeated in any other
              case, since, as we have mentioned, the recipients of the other <emph>acta</emph> were
              the parishioners of the churches in question. Because the document has no address, it
              would not be logical if it had a greeting. On the other hand, it is not surprising
              that an invocation has been included. Similarly, it is also understood that the
              dispositive and final clauses are different from the usual ones. For example, it would
              not have made sense if there had been references to the duties of the parishioners
              because they are not the recipients. Moreover, in other forms of
                <emph>validatio</emph>, the absence of the episcopal seal over the use of
              chirography, of the notary <emph>signum</emph> and the list of witnesses is
              justifiable.</p>
            <p>Some rules<note n="21" type="footnote">ADP, CC, LO, 1687, fl. 59&#160;; <emph>Censual do
                  Cabido</emph>…, p. 70.</note> were also “broken” in the <emph>dictamen</emph> of
              the confirmation dated December 1292. In this case, the reason seems to be the fact
              that before confirming the rector, the bishop had to judge <emph>in iudicio</emph> the
              controversy related to the rights of patronage of the church, which is narrated in the
                document<note n="22" type="footnote">The controversy arose between the church of
                Porto (represented by the dean) and the monastery of Cedofeita, on the one hand, and
                certain knights, on the other hand, on the presentation of the church of S. João de
                Guidões. After reading various «&#160;cartis antiques&#160;», the bishop invested Martinho
                Martins as the rector of the said church, presented by the dean of Porto and by the
                abbot of Cedofeita, since the courts decided that they were the patrons.</note>. It
              is understandable that in this context two letters were drawn up (to the “winning”
              patrons), <emph>per alfabetum divisas</emph>, before witnesses, with the notary
                <emph>signum.</emph> The absence of a greeting is also justified because the
              document has no address, and also the final clauses intended for the parishioners.</p>
            <p>This same reason, i.e. the existence of conflicts over the right of patronage, would
              have caused the change in the confirmation structure done in May 1341<note n="23"
                type="footnote">AUC, Gav. 8A, mç. 3, nº 140.</note>. Here, the general vicar
              confirmed Gonçalo Martins as the rector of the church of Santa Maria do Vale (Feira),
              after inquiring about the presentation of that church. Unlike all the previous ones,
              this charter was addressed to the rector, referred to as <emph>dilecto in
                Christo</emph>, and not to the parishioners. This explains the absence of a
              notification and may also justify the use of an invocation. It also explains the lack
              of a final clause according to which the <emph>parrochiani</emph> had to subordinate
              to the confirmed rector, and justifies the oath of obedience of the rector, in the
              first person singular (<emph>Ego vero Gunsalvus Martini… juro ad sancta Dei
                Evangelia…</emph>). The presence of several witnesses, included in the validation
              forms, may have been related to the fact that there had been a process involving the
              presentation.</p>
            <p>Some changes in form that appear in the three investitures of October 1341 and April
              1342 also deserve some attention. As in the document of May 1341, all these
              confirmations were addressed to the invested rectors (using the expression
                <emph>dilecto nobis in Christo</emph>), representing the exceptions to the rule. On
              the other hand, none of these documents have a notification, but they have a greeting,
              followed by the same preamble&#160;: <emph>Tue merita probitatis, quibus superno Domino
                nosceris abundare, nos inducunt ut tibi reddamur ad gratiarum actiones
                liberales</emph><note n="24" type="footnote">AN/TT, Mosteiro de S. Cristóvão de
                Rio Tinto, mç. 5, p. 1, nº 13, 17 and 129&#160;; ADP, CC, LO, 1688, fl. 16.</note>. The
              merits of the addressee are visible in this <emph>arenga</emph>, justifying the
              generous action of the bishop, i.e. the confirmation of the clergyman for the position
              of rector. This preamble is found in pontifical documents granting ecclesiastical
                benefits<note n="25" type="footnote">E.g., in a «&#160;littere gratiose&#160;» by Urban V,
                of January 1367, addressed to João de Donegan, granting him the archdeaconry of
                Down&#160;: «&#160;Probitatis et virtutum merita, super quibus apud nos fide dignorum
                commendaris testimonio, nos inducunt ut tibi reddamur ad gratiam liberales&#160;» (<ref
                  target="http://www.isle-of-man.com/manxnotebook/manxsoc/msvol22/adx_d39.htm"
                  >http://www.isle-of-man.com/manxnotebook/manxsoc/msvol22/adx_d39.htm</ref>,
                accessed in June 2012)&#160;; or in another papal bull by Gregory XI, of January 1371,
                granting the canonry, stipends and archdeaconry of Calatrava to Pedro de Tenório&#160;:
                «&#160;Probitatis et virtutum merita quibus personam tuam fidedignorum testimonio juvari
                percepimus, nos inducunt ut tibi reddamur ad gratiam liberales&#160;» (Vicente Beltrán
                Heredia, <emph>Bulario de la Universidad de Salamanca, 1219-1549</emph>, t. I, León,
                2001, p. 413). See the various examples of harangues in papal documents, among which
                one very similar to those of the investitures of Porto clergymen, mentioned in
                Ovidio Cuella Esteban, <emph>Bulario Aragonés de Benedicto III (I): la Curia de
                  Aviñón (1394-1403)</emph>, Zaragoza, 2003, p. 41-42.</note>, and it is very likely
              that the writer would have used them to make the change in the <emph>dictamen.</emph>
              This “import” of one of the papal preambles may have been the responsibility of the
              bishop signing these <emph>acta</emph>, D. Vasco Martins. Note that D. Vasco lived
              several years in the papal Curia, leaving only in 1335 when he was already the bishop
              of Porto (appointed since 1328)<note n="26" type="footnote">On this prelate, Maria
                Helena da Cruz Coelho, Anísio Miguel de Sousa Saraiva, «&#160;D. Vasco Martins, vescovo
                di Oporto e di Lisbona: una carriera tra Portogallo ed Avignone durante la prima
                metà del Trecento&#160;», in <emph>Colóquio internacional A Igreja e o clero português no
                  contexto europeu.</emph> Lisboa, 2005, p. 117-136.</note>. In fact, this
                <emph>arenga</emph> was used in the chancery of Porto only in the charters signed by
              this bishop<note n="27" type="footnote">The investiture of a clergyman in May 1342,
                i.e., still during the episcopacy of D. Vasco, did not have this preamble, but the
                grantor was not the bishop, rather João Palmeiro, general vicar (AUC, Gav. 8A,
                mç. 3, nº 141).</note>.</p>
            <p>Following the preamble, we have the narration, which begins with the expression
                <emph>Cum itaque</emph> (and not, as would be customary, by the pronoun
                <emph>quod</emph>). As usual, the narration includes the confirmation of the
              clergyman’s reputation, yet in these four documents this confirmation was
              strengthened, mentioning&#160;: <emph>quia per nos</emph> [bishop] <emph>diligenter
                examinatus tam de ydoneitate persone sue quam vita et conversatione aliis que
                meritis idoneus et repertus.</emph> This emphasis seems to be directly related to
              the words of the <emph>arenga.</emph></p>
            <p>Curiously, the bishop did not sign these four documents, although he is one of the
              parties. We know that D. Vasco was in the diocese but as he says in a document of
              March of 1341 he was <emph>multis nostris nostreque Portugalensis ecclesie negociis
                occupat</emph>[<emph>us</emph>]<note n="28" type="footnote">AUC, Gav. 8A, mç. 3,
                nº 140.</note>. Because of that, he committed a cause in the hands of one of his
              general vicars<note n="29" type="footnote">Namely Fernando Esteves.</note>. Those
                <emph>negocia</emph> should be the reason for which he did not sign the documents
              but a person called <emph>Franciscus Dominici</emph> (in the October 1341 documents)
              and another called <emph>Fernandus Stephani</emph> (in the 1342 document). Both are
              witnesses in those documents, another unusual validation form in the investiture
              letters. The former, Francisco Domingues, appears as canon of Porto, and the other,
              Fernando Esteves, as the rector of S. Nicolau de Cabeceiras (diocese of Braga). Other
              testimonials confirm that they had both been general vicars of D. Vasco Martins<note
                n="30" type="footnote">Francisco Martins is mentioned as such in [1328-1342]&#160;:
                AN/TT, Mosteiro de S. Pedro de Cete, mç. 1, doc. 35&#160;; and Fernando Esteves between
                August 1332 and April 1342&#160;: respectively, AN/TT, Mosteiro de S. Salvador de
                Moreira, mç. 10, doc. 32, and AN/TT, Mosteiro de S. Cristóvão de Rio Tinto, mç. 5,
                p. 1, nº 13. In November 1347, Francisco Martins is mentioned as canon of Porto and
                  <emph>domesticus illustrissimi domini Alfonsi regis Portugalie</emph>&#160;:
                  <emph>Monumenta Portugaliae Vaticana</emph>, vol. I, ed. by António Domingues de
                Sousa Costa, Roma-Porto, 1968, doc. 268, p. 138-139&#160;; and in April 1250, is referred
                as canon of Porto, Évora and Lisbon and also as <emph>utrisque iuris
                peritum</emph>&#160;: <emph>ibid.</emph>, doc. 367, p. 185-186, but we don’t know if he
                became <emph>peritus</emph> before or after he signed those three documents.</note>. </p>
            <p>The two last exceptions to note are the lack of a notary signature on the documents
              of 1351 and 1352<note n="31" type="footnote">Lisboa, Biblioteca Nacional de Portugal
                (BNP), nº 136P, and AN/TT, Mosteiro de S. Cristóvão de Rio Tinto, mç. 5, p. 1,
                nº 19.</note>. This may be due to the fact that the grantor Bishop (D. Pedro Afonso)
              was in Alva de Tormes and Muriel, in the diocese of Salamanca. Indeed, the
              palaeographical examination showed that the handwriting in both documents does not
              match the handwriting of any of the notaries of the See, but the <emph>dictamen</emph>
              follows the rules used in the chancery of Porto.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Formulary originality&#160;?</head>
            <p>In order to assess the originality of the formulary of the confirmations of rectory
              produced in the episcopal chancery of Porto, we conducted a comparative analysis of
              the letters drawn up in other episcopal chanceries. We examined thirty six
                <emph>acta</emph> from the chancery of Coimbra, produced between 1229 and 1318<note
                n="32" type="footnote">The document survey was done based on Maria do Rosário
                Barbosa Morujão, <emph>A Sé de Coimbra&#160;: a instituição e a chancelaria
                  (1080-1318)</emph>, Lisboa, 2010, p. 692-749.</note>, and eleven from the chancery
              of Lamego, between 1274 and 1348<note n="33" type="footnote">The documentary
                  <emph>corpus</emph> was chosen based on Anísio Miguel de Sousa Saraiva, <emph>A Sé
                  de Lamego na primeira metade do século XIV (1296-1349)</emph>, Leiria, 2003,
                p. 891-931.</note>. The total number is not very high (fourty seven documents), but
              it corresponds to the total documents of this nature produced in both chanceries
              during the chronological period under study, i.e. the comparative analysis of these
              two chanceries is as wide-ranging as possible.</p>
            <p>With regard to the <emph>dictamen</emph>, we focused on the four secondary clauses
              that have always been part of the Porto’s documents (safeguarding the exceptions
              already mentioned) – in other words, the <emph>salutio</emph>, the notification, the
              corroboration and the dating. We also focused on the forms of <emph>validatio</emph>
              of the charters in question.</p>
            <p>All the <emph>acta</emph> examined, either from Porto, Coimbra or Lamego, have an
              element in common&#160;: the eschatocol includes the corroboration and the dating clauses.
              The differences lie in the remaining parts of the documents. In fact, we noted that in
              the protocol of the Coimbra charters, the greeting is present in less than a half of
              the documents (17 out of 36). Indeed, at first (between 1229 and 1253), it is
              constantly used, then it appears occasionally (between 1260 and 1300), and is once
              again part of the formulary from the early 14<hi rend="sup">th</hi> century. As for
              the forms of <emph>salutatio</emph>, they varied between <emph>Salutem et
                benedictionem</emph>, the most regularly used<note n="34" type="footnote">Present
                in eleven documents.</note>, as in Porto, and <emph>Salutio</emph> (sic) <emph>in
                Domino</emph><note n="35" type="footnote">Present in five documents.</note>,
              although one document contains the version <emph>Salutem in domino Jhesu
                Christi</emph><note n="36" type="footnote">Dated 20 December 1303&#160;: AN/TT, Sé de
                Coimbra, 2ª incorp., mç. 7, nº 349.</note>. With regard to the documents from
              Lamego, we noted that all eleven documents had a greeting. As in Porto, the choice of
              the <emph>salutatio</emph> depended on the grantor&#160;: the bishops chose <emph>Cum
                benedictione salutem</emph> ou <emph>Salutem et benedictionem</emph>, while the
              vicars used both <emph>Salutem in Domino</emph> and <emph>Salutem in Eo qui est omnium
                vera salus.</emph></p>
            <p>More usual, the confirmations in Coimbra include the notification, although it is not
              found in six documents. In these cases, which together seem to be exceptional, the
              text begins immediately with the narration, normally through the expression <emph>Cum
                ecclesia… vacavisset</emph> or <emph>vacat…</emph><note n="37" type="footnote"
                >. Namely in documents dated April 1260 (AN/TT, Sé de Coimbra, 1ª incorp., mç. 16,
                nº 31), April 1317 (AN/TT, Sé de Coimbra, 2ª incorp., mç. 68, nº 2498), December
                1317 (AN/TT, Sé de Coimbra, 2ª incorp., mç. 63, nº 2310f) and April 1318 (AN/TT, Sé
                de Coimbra, 2ª incorp., mç. 58, nº 2157).</note>. In Lamego, the
                <emph>notificatio</emph> was always used through the expression <emph>Noveritis
                quod</emph> (the same one that appears in almost all the <emph>acta</emph> produced
              in Porto).</p>
            <p>Regarding the validation forms, as in the Porto chancery, in Coimbra and Lamego the
              grantor’s seal was used in all investitures. The only exception was in a document
              dated December 1348, from Lamego, which was only validated by the signature of the
              notary. Other than the seal, other forms of <emph>validatio</emph> are rare. In
              Coimbra, a list of witnesses was used in a confirmation<note n="38" type="footnote"
                >. Dated July 1277&#160;: AN/TT, Sé de Coimbra, 2ª incorp., mç. 55, nº 2105. </note>,
              probably because it was preceded by court proceedings. As we have already mentioned,
              in the Porto charters, the presence of witnesses is also related to controversies
              solved <emph>in iudicio.</emph> We did not find the signature of the respective
              grantor in any document from Coimbra, whether of a bishop, a vicar or of any other
              ecclesiastical member. In Lamego, however, the first document signed by the bishop
              dates from December 1320, and another one appeared in July 1333 and May 1345. The
              notary’s signature, however, was only found twice in Coimbra<note n="39"
                type="footnote">Both done by João Eanes in April 1292 and June 1293&#160;: AN/TT, Sé de
                Coimbra, 2ª incorp., mç. 67, nº 2441, and AN/TT, Mosteiro de Santa Cruz de Coimbra,
                2ª incorp., mç. 61, cx. 65, s/n. On this notary, see M. R. B. Morujão, <emph>A Sé de
                  Coimbra…</emph>, p. 415-419.</note> and once in Lamego<note n="40" type="footnote"
                >. Namely in December 1348&#160;: A. M. S. Saraiva, <emph>A Sé de Lamego…</emph>,
                doc. 43-II, p. 889-890.</note>. Note that in Porto the signature of the parties was
              one of the validation forms from the 1310s on, and of the notaries from the early
              1330. In the counterpart chanceries examined, these forms were never or hardly ever
              used during the periods analyzed.</p>
            <p>In this comparative analysis, and in order to better evaluate the “formulary
              originality” of the <emph>acta</emph> of Porto, we used the studies conducted by Pilar
              Pueyo Colomina on these same documents issued in Zaragoza, between September 1348 and
              February 1350, and copied in the “registro de actos comunes” [records of communal
              acts]. This period has specific characteristics, since the plague epidemic swept
              across this archbishopric for many years. For this reason and for others, in less than
              two years there were more than three hundred charters of confirmation, fifty nine of
              which of rectory<note n="41" type="footnote">Pilar Pueyo Colomina, «&#160;La peste negra
                en la diocesis de Zaragoza&#160;: el registro de actos comunes del arzobispo Guillermo de
                Agrifolio (1348-1350)&#160;», in <emph>Aragón en la Edad Media</emph> [Zaragoza],
                nº 10-11, 1993, p. 705-735, on p. 715.</note>. In Porto, we only collected four
              within this same period.</p>
            <p>Although the difference in number is great, the fact is that we can establish a
              comparison since the documents of Zaragoza, as Pilar Pueyo argues, have always
              followed the same form. First, the author highlights that this form resembles a papal
              bull to provide for vacant positions<note n="42" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>,
                p. 708. According to the author, the formulary is very similar to the one used in
                the diocese of Valencia (<emph>ibid.</emph>, p. 708, n. 11).</note>. Because they
              were copied in a registry book, the forms usually appear in short. Notwithstanding, we
              can conclude that the only clause included in the protocol was the greeting, expressed
              through <emph>Salutem et dilectionem</emph><note n="43" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, p. 710. According to the author, the form normally used in
                Valencia and Barcelona was <emph>Salutem in Domino</emph> (<emph>ibid.</emph>,
                p. 710, n. 20).</note>. In Porto, this clause is also ubiquitous but this form of
              greeting has never been found, rather preferring, as we have already mentioned, the
              expression <emph>Salutem et benedictionem.</emph> But the biggest difference between
              the Portuguese and the Zaragoza investitures is found in the text, more precisely in
              the use of a preamble. In fact, similarly to the papal bulls, all charters done in
              Zaragoza have a <emph>arenga</emph>, while in Porto, as mentioned previously, only
              those produced in the episcopate of D. Vasco Martins have this clause. Both of them
              begin with the form <emph>Tue merita probitatis…</emph>, thus enhancing the merits of
              the beneficiary<note n="44" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, p. 710.</note>. The
              use of this form in the text is directly related to the address in the documents. The
              confirmations in Zaragoza were always aimed at the rector receiving the confirmation,
              while in Porto, except for the documents signed by D. Vasco Martins, they were always
              intended for the parishioners of the church in question. </p>
            <p>As in the charters produced in Porto, so too the ones in Zaragoza include the
                <emph>narratio</emph> with the name of the patron and the reasons for the new
                document<note n="45" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, p. 711.</note>. The
              content of the provisions of both chanceries is also similar, mentioning the
              investiture and, where applicable, the need for the beneficiary to reach priesthood.
              The biggest difference lies in the verbs used in the provisions. In Porto, the verb
              used was always <emph>instituimus</emph>, while in the Aragonese counterpart the verb
              chosen was <emph>conferimus et providemus</emph><note n="46" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph></note>. As in the documents produced in Porto, the duties of
              the rector, such as place of residence, obedience to the bishop and the payment of a
              census, are found in the clauses attached to the document<note n="47" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, p. 712-713.</note>. Finally, the confirmations of Zaragoza
              include corroboration (announcing the forms of validation) and dating. Corroboration
              is expressed through a form identical to the one used in Porto, namely <emph>In quorum
                omnium testimonium presentes litteras…</emph>, to which is added the validation
              through the embossed seal<note n="48" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>,
                p. 713.</note>. Regarding the date, it begins by <emph>Actum et datum</emph><note
                n="49" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, p. 714.</note>, which, as noted before,
              was hardly ever used in Porto. However, the diocese of Aragon, like the diocese of
              Porto, also used the direct counting to indicate the day and the Era of Christ for the
                year<note n="50" type="footnote"><emph>Ibid.</emph></note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusion</head>
            <p>The overall analysis of the <emph>dictamen</emph> of the confirmations of rectory
              produced in the chancery of Porto, between 1255 and 1400, reveals a uniform choice of
              the forms of the protocol, the text and the eschatocol. However, it also reveals some
              evolution felt from 1280, adding elements to the dispositive clause in order to meet
              the most recent council norms. Furthermore, the increase in the number of validation
              forms, especially from the first half of the 14<hi rend="sup">th</hi> century, also
              led to the inclusion of more elements in the <emph>corroboratio</emph> to announce
              those <emph>validatio</emph> forms.</p>
            <p>The comparative study of the charters produced in Porto, in Coimbra and in Lamego
              revealed that their formularies have some similarities but also some differences. The
              similarities are found in the systematic presence of corroboration and dating in the
              eschatocol. With respect to Coimbra, the major differences are in the irregular use,
              by the chancery, of the greeting and the absence of the validation through the
              signature of the grantor. In relation to Lamego, despite the small number of
              investiture documents analyzed, we concluded that the formulary is similar to Porto’s
              as to the use and forms of greeting and notification. Regarding the validation, and
              unlike Porto, apparently no rule was established since the signature of the grantor
              appears in an irregular manner.</p>
            <p>With respect to the comparison of the <emph>acta</emph> done in Zaragoza between 1348
              and 1350, we have concluded that these are very similar to those produced in the
              episcopacy of D. Vasco Martins. That is to say, they have the same form as some of the
              exceptions, and not of the documents produced in accordance to the formulary “rules”
              followed in the Porto chancery between 1255 and 1400.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part17">
        <front>
          <head>Die Formelbücher im přemyslidischen Böhmen</head>
          <byline><docAuthor>Marie Bláhová</docAuthor>, professeur, Karlsuniversität Prag, nám. Jana Palacha 2, 116 38
            Praha 1, Czech Republic. <ref target="mailto:marie.blahova@ff.cuni.cz"
              >marie.blahova@ff.cuni.cz</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>On peut trouver en Bohême des traces de l’utilisation de formulaires, compilations
            élaborées dans les chancelleries et offrant des modèles pour l’établissement d’actes,
            dès la première moitié du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, époque durant
            laquelle se consolida la chancellerie royale et où ses membres commencèrent à reprendre
            à leur compte des formules connues par les formulaires étrangers. Les premiers
            formulaires tchèques de chartes et d’actes administratifs furent compilés dans les
            années 1260 à la chancellerie du roi de Bohême Přemysl Otakar II. (1253-1278). C’est à
            la même époque qu’apparut la première collection de formules dans la chancellerie de
            l’évêque de Prague.</p>
          <p>Les années 1270 marquent l’épanouissement des formulaires en Bohême, comme le montre le
            formulaire de chartes et d’actes administratifs compilé par maître Henricus Italicus,
            protonotaire de la chancellerie royale (il faut distinguer ce personnage d’Henri
            d’Isernie, qui fut à l’origine d’un recueil de lettres fictives et d’exercices
            stylistiques). Le formulaire d’Henricus Italicus fut continuellement mis à jour.
            Spécialiste des formulaires tchèques de la seconde moitié du <num>xiii<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle, A.L. Petrov a identifié, au sein des textes conservés par
            divers manuscrits, deux recensions de base. D’autres recueils de formules furent tirés
            de ce formulaire, en particulier le <emph>Liber a missionibus regum</emph>, datant
            vraisemblablement de 1292, et dont l’initiateur est, d’après les inscriptions portées
            dans les manuscrits, Zdeněk de Třebíč (Zdenco de Trebecz). On compte en tout quatre
            recensions issues du formulaire d’Henricus Italicus et dispersées dans plusieurs
            bibliothèques européennes.</p>
          <p>Parallèlement, d’autres formulaires furent établis, indépendamment du formulaire
            d’Henricus Italicus, en particulier le <emph>Recueil d’actes de la reine
              Cunégonde</emph> et le <emph>Formulaire de saint Paul.</emph> À la fin des années
            1280, un nouveau formulaire de chartes et d’actes, appelé le <emph>Formulaire de
              l’évêque Tobias de Bechyně</emph>, fut constitué à la chancellerie épiscopale. Preuve
            de l’ampleur du phénomène, c’est encore à la fin de l’époque přemyslide qu’apparut le
            plus ancien formulaire urbain dans les Pays tchèques, celui de la Vieille-Ville de
            Prague.</p>
          <p>Les formulaires de l’époque přemyslide furent recopiés et augmentés durant le
                <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, comme le montrent les manuscrits et
            fragments conservés. Aucune preuve n’atteste cependant qu’ils furent directement
            utilisés comme modèles pour l’établissement d’acte. Ces formulaires servaient
            vraisemblablement à la formation du personnel administratif.</p>
          <p rend="Standard right">(Traduit par du tchèque par Éloïse Adde.)</p>

          <div>
            <head type="h1">I. Einführung</head>
            <p>Nach bescheidenen Anfängen des Urkundenwesens in den böhmischen Ländern der zweiten
              Hälfte des 11. Jahrhunderts hat sich ein Jahrhundert später die Urkunde im Rechtsleben
              stärker durchzusetzen begonnen<note n="1" type="footnote">Die Urkunden aus dieser
                Zeit sind ediert in: <emph>Codex diplomaticus et epistolaris regni Bohemiae 1, Inde
                  ab a. DCCCV usque ad a. MCXCVII</emph>, ed. Gustav Friedrich, Praha,1904-1907. Zu
                den Anfängen der böhmischen Urkunden vgl. vor allem: Václav Hrubý, <emph>Tři studie
                  k české diplomatice</emph>, hg. von Jindřich Šebánek, Brno, 1936; Zdeněk Fiala,
                «&#160;K počátkům listin v Čechách&#160;», in <emph>Sborník historický</emph> 1 (1953),
                S. 27-45; idem, «&#160;K otázce funkce našich listin do konce 12. století&#160;», in
                  <emph>Sborník prací filozofické fakulty brněnské univerzity</emph> C 7 (1960),
                S. 5-34; Jindřich Šebánek - Sáša Dušková, «&#160;Česká listina v době přemyslovské
                (Nástin vývoje)&#160;», in <emph>Sborník prací filozofické fakulty brněnské
                  univerzity</emph> C 11 (1964), S. 51-72; der selbe Text, jedoch ohne Anmerkungen,
                auch in: Jindřich Šebánek, Alexander Húščava, Zdeněk Fiala, <emph>Československá
                  diplomatika</emph> I, Praha 1965, S. 86-96, und Jindřich Šebánek, Zdeněk Fiala,
                Zdeňka Hledíková, <emph>Česká diplomatika do roku 1848</emph>, Praha, 1971,
                S. 83-104; Jiří Pražák, «&#160;Rozšíření aktů v přemyslovských Čechách. K počátkům české
                listiny&#160;», in <emph>Collectanea opusculorum ad iuris historiam spectantium Venceslao
                  Vaněček septuagenario ab amicis discipulisque oblata – Pocta akademiku Václavu
                  Vaněčkovi k 70. narozeninám</emph>, hg. von Karel Malý, Praha, 1975, S. 29-40;
                Rostislav Nový, «&#160;Diplomatické poznámky k donačním listinám českých klášterů a
                kapitul do konce 12. století&#160;», in <emph>Studia mediaevalia Pragensia</emph> 2,
                Praha, 1991, S. 125-146; Jan Bistřický, «&#160;Über Falsifikate böhmischer
                Gründungsurkunden bis zum Ende des 12. Jahrhunderts&#160;», in
                  <emph>Archivmitteilungen</emph> 4 (1991), S. 186-189; Marie Bláhová, «&#160;Die
                Herrscherurkunden in den böhmischen Ländern in der Zeit der přemyslidischen Fürsten
                (bis zum Ende des 12. Jahrhunderts): Formular – Stilistik – Funktion&#160;» , in:
                  <emph>Urkunden und ihre Erforschung. Zum Gedenken an Heinrich Appelt</emph>, hg.
                von Werner Maleczek, Wien, 2014 (Veröffentlichungen des Instituts für
                Ósterreichische Geschichtsforschung, Band 62), S. 207-225. - Diese Studie entstand
                im Rahmen des Programms zur Entwicklung der Wissenschaftsbereiche an der
                Karlsuniversität Nr. P12 Historie in interdisziplinärer Perspektive, Unterprogramm
                Fontes. Quellen zur tschechischen Geschichte.</note>. Eine entscheidende Rolle
              spielten in diesem Prozess vor allem die Urkunden der Fürsten und Könige der ersten
              böhmischen Herrscher-Dynastie, der Přemysliden (bis 1306). Erst mit einer gewissen
              Verspätung, die der Entwicklung und dem Status der Kirche sowie dem Stand der
              Kirchenverwaltung in den böhmischen Ländern entsprach, hat sich auch das Urkundenwesen
              der Olmützer, nicht lange danach auch der Prager Bischöfe ausgebildet<note n="2"
                type="footnote">Vgl. Rostislav Nový, <emph>Listiny pražských biskupů XI.-XIV.
                  století (Diplomaticko-správní rozbor)</emph>, Praha, 1961 (<emph>AUC, Phil. et
                  hist. 5</emph>); Jan Bistřický, «&#160;Studien zum Urkunden-, Brief- und
                Handschriftenwesen des Bischofs Heinrich Zdík&#160;», in <emph>Archiv für
                  Diplomatik</emph> 26 (1980), S. 135-258.</note>.</p>
            <p>Am Herrscherhof sind in der zweiten Hälfte des 12. Jahrhunderts einstweilen nur
              primitive Kanzleieinrichtungen entstanden, die sich seit dem Anfang des 13.
              Jahrhunderts zu einer konsolidierten Herrscherkanzlei entwickelten<note n="3"
                type="footnote">Vgl. Josef Emler, <emph>Die Kanzlei der böhmischen Könige Přemysl
                  Ottokars II. und Wenzels II. und die aus derselben hervorgegangenen
                  Formelbücher</emph>, Praha 1878; Zdeněk Fiala, «&#160;Panovnické listiny, kancelář a
                zemský soud za Přemysla II. (1241 – 1253 – 1278)&#160;», in <emph>Sborník archivních
                  prací</emph> 1951, S. 165-294; Jindřich Šebánek – Sáša Dušková, «&#160;Česká listina
                doby přemyslovské&#160;», in <emph>Sborník archivních prací</emph> 6-1 (1956),
                S. 136-211, 6-2 (1956), S. 99-160; Jindřich Šebánek – Sáša Dušková, «&#160;Das
                Urkundenwesen König Ottokars II. von Böhmen&#160;», in <emph>Archiv für Diplomatik</emph>
                14 (1968), S. 302-422, 15 (1969), S. 251-399.</note>. Während des 13. Jahrhunderts
              verloren die Herrscherurkunden ihre ältere, meist narrative Form und bekamen einen
              „amtlichen“ Charakter, der schon eine relativ feste Struktur und die Verwendung eines
              Urkunden-Formulars aufweist<note n="4" type="footnote">Vgl. z. B. Sáša Dušková,
                «&#160;Kdo byl notář Jindřich&#160;», in <emph>Sborník prací filosofické fakulty brněnské
                  univerzity</emph>, IX, C 7, Brno, 1960, S. 59-74, hier S. 60.</note>. Diese
              Formulare wurden, ähnlich wie in anderen Gebieten des lateinischen Europas, von aus
              einem fortschrittlicheren Kanzleiwesen hervorgegangenen Urkunden, vor allem den
              Papsturkunden und -briefen beeinflusst<note n="5" type="footnote">Sáša Dušková,
                «&#160;Formelsammlungen in der böhmischen königlichen přemyslidischen Kanzlei&#160;», in
                  <emph>Sborník prací filozofické fakulty brněnské univerzity</emph>, C 23/24
                (1976/77), S. 121-124, hier S. 121; Zdeňka Hledíková, «&#160;Die Einflüsse päpstlicher
                Urkunden und Kanzleibräuche auf das Urkunden- und Kanzleiwesen der Bischöfe und
                Erzbischöfe von Prag (Prolegomena)&#160;», in <emph>Papsturkunde und europäisches
                  Urkundenwesen. Studien zu ihrer formalen und rechtlichen Kohärenz vom 11. bis 15.
                  Jahrhundert</emph>, hg. von Peter Herde und Hermann Jakobs, Köln – Weimar – Wien,
                1999, S. 97-121.</note>. In der schon konsolidierten Herrscherkanzlei unter der
              Regierung Přemysl Ottokars I. (1197-1230) und seines Nachfolgers Wenzel I. (1230-1253)
              wird auch, ähnlich wie beispielsweise in Polen und Ungarn, der Einfluss einiger
              ausländischer Formelbücher sichtbar<note n="6" type="footnote">Vgl. S. Dušková,
                «&#160;Formelsammlungen…&#160;», S. 121-122; Karol Małeczyński, <emph>O formularzach w Polsce
                  w XIII wieku</emph>, Wrocław. 1948; Agnes Kurcz, «&#160;Arenga und Narratio ungarischer
                Urkunden des 13. Jahrhunderts&#160;», in <emph>Mitteilungen des Instituts für
                  österreichische Geschichtsforschung</emph> 70 (1962), S. 323-354. Die Formelbücher
                wurden von Ludwig Rockinger, <emph>Briefsteller und Formelbücher des elften bis
                  vierzehnten Jahrhunderts</emph>, I-II, München 1863, 1864 (<emph>Quellen zur
                  bayerischen und deutschen Geschichte, 9</emph>), ediert. </note>. Die Beamten der
              königlichen Kanzlei haben damals aus diesen jedoch nicht die ganzen Urkundentexte
              übernommen. Sie ließen sich vielmehr durch einzelne Formeln und Formulierungen, die
              sie höchstwahrscheinlich während ihres Studiums, beziehungsweise während ihrer
              Kanzleipraxis kennen gelernt hatten, inspirieren, ohne das Formelbuch als direkte
              Vorlage für das Konzept einer Urkunde heranzuziehen<note n="7" type="footnote">Vgl.
                S. Dušková, «&#160;Formelsammlungen…&#160;», S. 122.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Anfänge der Formelbücher in Böhmen. – Die ältesten Fragmente der
              böhmischen Formelbücher</head>
            <p>Die ersten Spuren eines Formelbuches in Böhmen reichen wohl in die sechziger Jahre
              des 13. Jahrhunderts zurück. Auf etlichen, teilweise schwer beschädigten Folien von
              zwei Pergamentbruchstücken, die aus dem Einband von Manuskripten und alten Drucken
              herausgelöst worden waren, stammen Texte auf böhmische Verhältnisse bezüglicher
              Urkunden und Briefe sowie einzelne Urkunden- und Briefformeln und andere Texte<note
                n="8" type="footnote">Vgl. Wilhelm Wattenbach, «&#160;Fragmente eines böhmischen
                Formelbuchs aus dem 13. Jahrhundert&#160;», in <emph>Forschungen zur deutschen
                  Geschichte</emph> 15 (1875), S. 215 – 238; Henry Simonsfeld, «&#160;Fragmente von
                Formelbüchern auf der Münchener Hof- und Staatsbibliothek&#160;», in
                  <emph>Sitzungsberichte der philosophisch-philologischen und der historischen
                  Classe der Akademie der Wissenschaften</emph>, München, 1893, S. 443-536; Miroslav
                Boháček, «&#160;Das römische Recht in der Praxis der Kirchengerichte der böhmischen
                Länder im XIII. Jahrhundert&#160;», in <emph>Studia Gratiana</emph> 11 (1967),
                S. 285-287.</note>. </p>

            <div>
              <head type="h2">II.1. Berliner Fragment</head>
              <p>Das erste dieser beiden Fragmente ist aus Hannover zu Georg Waitz während seines
                Wirkens in Kiel gelangt, der sich jedoch aus Zeitmangel mit ihm nicht beschäftigen
                konnte und es an Wolfgang Wattenbach zur Bearbeitung weitergab<note n="9"
                  type="footnote">Vgl. W. Wattenbach, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 215; H. Simonsfeld,
                  «&#160;Fragmente…&#160;», S. 479. Dieses Bruchstück befindet sich jetzt in der
                  Staatsbibliothek zu Berlin, Preußischer Kulturbesitz, Sign. Cod. lat. inf.
                  431.</note>. Das Fragment besteht aus zwei Doppelblättern, die von einer Hand aus
                der zweiten Hälfte des 13. Jahrhunderts beschrieben sind. Auch die Blattränder sind
                mit der gleichzeitigen Kanzleihand teilweise beschrieben<note n="10" type="footnote"
                  >. W. Wattenbach, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 215.</note>. Am Anfang des ersten Blattes
                steht ein aus einer fremden Sammlung entnommener Brief französischer Bischöfe aus
                dem Jahr 1241. Dann folgen ein Brief an den Papst in einer diesem reservierten
                Gerichtssache in Böhmen, ein Privileg eines – wohl böhmischen – Königs für einige
                Kanoniker, Fragmente von anderen Briefen, die Gemma purpurea des Guido Fava (Faba)
                und vereinzelte sprachliche Formulierungen sowie einige Anweisungen zum Studium.
                Einige Schriften, unter ihnen Urkunden und Briefe des Prager Bischofs Johann III.
                (1258-1278), auch eine königliche Urkunde, beziehen sich auf die Kirchenverwaltung.
                Hier endete wohl ein Abschnitt des Formulars<note n="11" type="footnote">Mit der
                  Überschrift <emph>Expliciunt rubricae. V. libri.</emph> Vgl. W. Wattenbach,
                  «&#160;Fragmente…&#160;», S. 222.</note>; es folgt eine weitere auf die Tätigkeit des
                bischöflichen Gerichts bezügliche Gruppe von Urkunden und Briefen<note n="12"
                  type="footnote">W. Wattenbach, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 222-229. Vgl. M. Boháček,
                  «&#160;Das römische Recht…&#160;», S. 285-289.</note>. Nach einigen Formeln und Regeln ohne
                weitere Bedeutung wurden die Bannbulle Papst Gregors IX. gegen Friedrich II.
                aufgenommen sowie die Bulle Urbans IV. zugunsten des Notars der Königin von Böhmen,
                Magister W, den Wilhelm Wattenbach für den Urheber dieser Sammlung hielt<note n="13"
                  type="footnote">W. Wattenbach, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 230.</note>. Mit diesem
                Schriftstück beginnt eine Gruppe sich auf Königin Margarete, die erste Gattin König
                Přemysl Ottokars II. (1253-1278), beziehender Schriftstücke. Unter anderem sind hier
                mehrere Briefe der Königin an ihren Gemahl enthalten<note n="14" type="footnote"
                  >. W. Wattenbach, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 232-233.</note>.</p>
              <p>Auf den dicht beschriebenen Blatträndern stehen verschiedene Schriften des Königs,
                kirchlicher Würdenträger, ein Brief König Karls von Sizilien an Přemysl Ottokar II.
                und vor allem einer Přemysls an seine zweite Gattin Kunigunde, den er ihr auf seinem
                letzten Feldzug gegen Rudolf von Habsburg gesandt hat<note n="15" type="footnote"
                  >. W. Wattenbach, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 236-237.</note>. Am Rande des ersten Blattes
                ist noch ein Mandat Wenzels II. zu Gunsten des königlichen Notars Henricus Italicus
                  notiert<note n="16" type="footnote">W. Wattenbach, «&#160;Fragmente…&#160;»,
                  S. 237.</note>. Weiters scheinen hier auch Briefe des Markgrafen von Meissen
                Heinrich III. des Erlauchten, und des römisch-deutschen Königs Rudolf von Habsburg
                an Wenzel II. auf.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.2. Münchener Fragment</head>
              <p>Das zweite Fragment des selben Formelbuchs, das in der Bayerischen Staatsbibliothek
                gefunden wurde und aufbewahrt ist<note n="17" type="footnote">Bayerische
                  Staatsbibliothek, Cod. lat. 29095.</note>, besteht aus zwei Lagen. Bei der ersten
                handelt es sich um ein in der Schrift des 14. Jahrhunderts beschriebenes
                Doppelblatt. Das zweite Fragment besteht aus drei ineinandergelegten Doppelblättern
                und einem einzelnen zwischen sie eingehefteten Blatt. Alle sind in der Schrift der
                zweiten Hälfte des 13. Jahrhunderts geschrieben. An den Rändern dieser Blätter hat
                die Hand, die den Text auf der ersten Lage geschrieben hat, weitere Texte
                hinzugefügt. Der enge Zusammenhang vor allem der zweiten Lage dieses Fragments mit
                dem von Wattenbach analysierten Bruchstück ist unbestritten<note n="18"
                  type="footnote">H. Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;» S. 479.</note>.</p>
              <p>Am Anfang des Fragments steht ein Brief mit einem überschwänglichen Lob für einen
                jungen Mann, der an dessen Vater adressiert ist<note n="19" type="footnote">H.
                  Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 480-481.</note>. Es folgen verschiedene Anreden,
                Arengen, Bruchstücke aus Briefen, eine Urkunde Přemysl Ottokars II.,
                grammatikalische und etymologische Erklärungen, Zitate aus Enzyklopädien und anderen
                  Schriftstücken<note n="20" type="footnote">H. Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;»,
                  S. 480,</note>, Exzerpte aus dem kanonischen Recht<note n="21" type="footnote"
                  >. H. Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 483-484.</note> usw. Von den wichtigeren
                Stücken ist ein Schreiben des Markgrafen Heinrich von Meissen zu erwähnen<note
                  n="22" type="footnote">H. Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 528, Beilage VI,
                  No. 1.</note>, etliche Schreiben des Königs an verschiedene Adressaten<note n="23"
                  type="footnote">H. Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 530-532, Beilage VI,
                  No. 5-7.</note>, ein Schreiben des Prager Bischofs Johann III., ein Brief des
                böhmischen Adeligen Vok von Rosenberg, Landeshauptmanns der Steiermark, über die
                Situation in dem von ihm verwalteten Land<note n="24" type="footnote">H.
                  Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 528-529, Beilage VI, No. 2.</note>, Klagen eines
                österreichischen Edlen an Přemysl Ottokar II.<note n="25" type="footnote">H.
                  Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 529-530, Beilage VI, No. 529-530.</note> usw. Dazu
                kommen noch Texte am unteren Rande der Folien, vor allem Empfehlungen für die jungen
                Geistlichen der Prager Diözese<note n="26" type="footnote">H. Simonsfeld,
                  «&#160;Fragmente…&#160;», S. 495, 533-534.</note>. Auf der ersten Lage dieses Fragments
                sind, neben den verschiedenen Exzerpten, Schriftstücke notiert, die sich auf
                Angelegenheiten böhmischer Kleriker beziehen<note n="27" type="footnote">H.
                  Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 495-496, 533-534.</note>.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.3. Inhalt und Urheber beider Fragmente</head>
              <p>Der Inhalt beider Fragmente ist also sehr ungleichartig und unausgeglichen.
                Zutreffend hat ihn sein erster Bearbeiter, Henry Simonsfeld, charakterisiert: „ ein
                buntes Gemisch von ganz Werthlosem und sehr Werthvollem. Zusammenhanglos sind
                politische Schriftstücke vermengt mit grammatikalischen und etymologischen Stücken
                […], dazwischen finden sich kanonistische und rechtsgeschichtliche Exzerpte, die
                selbst ohne Zusammenhang und nur bruchstückweise und unvollständig aneinander
                gereiht sind…“<note n="28" type="footnote">H. Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;»,
                  S. 480.</note>. </p>
              <p>Trotz der fragmentarischen Überlieferung und der Verschiedenartigkeit dieses
                Formelbuchs zeichnet sich im überlieferten Text andeutungsweise eine konkrete
                Absicht bei seiner Entstehung ab. Die Gruppen der verwandten Schriftstücke deuten
                an, dass das Formelbuch in thematische Abschnitte gegliedert worden ist. In den
                Fragmenten sind Gruppen von Schriftstücken zur Kirchenverwaltung, zum bischöflichen
                Gericht, zur Königin und ihrem Schreiberpersonal, teilweise auch zum König und
                seiner Regierung in Spuren erkennbar.</p>
              <p>Der Urheber dieses Formelbuchs ist nicht bekannt. Er gehörte wohl zu den Beamten
                der königlichen Kanzlei, hatte jedoch auch zum kirchlichen Milieu und seinen
                Schriftlichkeiten Zutritt. Wie schon bemerkt, hat Wattenbach den Verfasser mit dem
                im Formular mit dem Buchstaben W bezeichneten Notar der Königin in Verbindung
                gebracht. Simonsfeld bevorzugte den ungenannten, im zweiten Fragment hochgelobten
                jungen Mann<note n="29" type="footnote">H. Simonsfeld, «&#160;Fragmente…&#160;»,
                  S. 480.</note>, der, zumindest seiner eigenen Ansicht nach, in den scholastischen
                Disziplinen hervorragend ausgebildet war und über ein phänomenales Gedächtnis
                verfügte – gewiss ein Mann, der sich nicht durch übertriebene Bescheidenheit
                auszeichnete.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">II.4. Fragment von Plock</head>
              <p>Ein anderes, kleines Fragment eines Formelbuchs böhmischer Provenienz, ebenfalls
                aus den sechziger Jahren des 13. Jahrhunderts, beinhaltete auf den kanonischen Prozess bezügliche Schriftstücke, die am bischöflichen
                Gericht benutzt wurden<note n="30" type="footnote">Biblioteka katedralna płocka
                  (Polen), MS 14, Fol. 2<hi rend="sup">v</hi>. Vgl. Adam Vetulani, «&#160;Średniowieczne
                  rękopisy płockiej Biblioteki Katedralnej&#160;», in <emph>Roczniki Biblioteczne</emph>
                  7 (1963), S. 386-388; M. Boháček, «&#160;Das römische Recht…&#160;», S. 288-289.</note>.
                Seit dem zweiten Weltkrieg ist sie leider verschollen, sowie auch die ganze
                Bibliothek von Plock.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Formelbuch des Magisters Henricus Italicus</head>
            <p>Diese älteren, noch unvollkommenen Formulare traten gegenüber einem Formelbuch der
              Urkunden und Briefe, das wohl in den siebziger Jahren des 13. Jahrhunderts,
              wahrscheinlich in der Kanzlei des böhmischen Königs Přemysl Ottokar II., entstanden
              ist, in den Hintergrund. Der Urheber dieser Formelsammlung war der Protonotar der
              Kanzlei Přemysl Ottokars II., Magister <emph>Henricus Italicus</emph><note n="31"
                type="footnote">J. Šebánek – S. Dušková, «&#160;Das Urkundenwesen…&#160;», S. 398-399,
                vermuten ein älteres „Kanzleibuch“ von Heinrichs Vorgänger und späterem Kanzler
                Peter, das den Kern der Urkundensammlung Heinrichs bilden würde, bringen für ihre
                Hypothese jedoch keine Argumente. Dagegen datiert Dušan Třeštík, «&#160;Formularze
                Czeskie XIII wieku: rękopisy i filiacje&#160;», in Studia Źródłoznawcze – Commentationes
                7 (1962), S. 43-56, hier S. 51, die Entstehung der Sammlung auf das Ende der
                achtziger Jahre des 13. Jahrhunderts. Zum Artikel D. Třeštíks vgl. die Rezension von
                Ivan Hlaváček, in <emph>Československý časopis historický</emph> 11 (1963),
                S. 550.</note>, ein gebildeter und in der Kanzleitätigkeit geübter Mann wohl
              italienischer Herkunft<note n="32" type="footnote">Die italienische Herkunft des
                Henricus wird von S. Dušková, «&#160;Kdo byl notář Jindřich&#160;», S. 69, in Frage gestellt,
                jedoch ohne überzeugende Gründe. </note>. Dieses Formelbuch bietet einen Einblick
              nicht nur in die Tätigkeit der königlichen Kanzlei, sondern auch in das
              wirtschaftliche und soziale Leben sowie in die Alltagskultur der böhmischen
              Gesellschaft der damaligen Zeit<note n="33" type="footnote">Mit Recht hat Jan
                Bedřich Novák, ein hervorragender Kenner der böhmischen Formelbücher des 13.
                Jahrhunderts, festgestellt («&#160;Henricus Italicus und Henricus de Isernia&#160;», in
                  <emph>Mittheilungen des Instituts für österreichische Geschichtsforschung</emph>
                20 (1899), S. 253-275, hier S. 254): „In ihm spiegelt sich… die großartige
                wirtschaftliche Umwälzung, die im 13. Jahrhundert in Böhmen stattfand und in der
                gewaltigen Persönlichkeit Přemysl Ottokars II. ihren stärksten Ausdruck findet,
                wider. Berufung deutscher Colonisten, hastige Gründung von Städten, Ausbreitung des
                Mittelstandes und der Geldwirtschaft in dem auf Naturwirtschaft basierenden Staate
                lassen in diesen Quellen deutlich ihre Spuren erblicken. Man kann hier in einem
                Vollbild die neue Staatsorganisation in jeder Abzweigung der Verwaltung verfolgen.“
                Vgl. auch Johannes Voigt, «&#160;Das urkundliche Formelbuch des königl. Notars Heinricus
                Italicus aus der Zeit der Könige Ottokar II. und Wenzel II. von Böhmen&#160;», in
                  <emph>Archiv für Kunde österreichischer Geschichts-Quellen</emph> 29, Wien, 1863,
                S. 1-184, hier S. 14.</note>. </p>
            <p>Neben diesem aus der offiziellen Schriftlichkeit hervorgegangenen Formelbuch wurde in
              den siebziger Jahren des 13. Jahrhunderts eine Sammlung von fiktiven Briefen und
              Stilübungen zu verschiedenen Themen angelegt, die vor allem durch ihre im Namen
              Přemysl Ottokars II. konzipierten politischen Briefe bekannt worden ist. Ihr Verfasser
              war Heinrich von Isernia, Notar aus Süditalien, der seine Heimat aus politischen
              Gründen verließ, eine Zeit lang an der päpstlichen Kurie tätig war und dann, ähnlich
              wie viele italienische Flüchtlinge, über die Alpen ging. Zuletzt kam er nach Pirna in
              der Markgrafschaft Meissen und von dort im Jahre 1270 nach Prag. Er gründete eine
              Schule für die Ars dictandi und die Rhetorik auf dem Vyšehrad, die ihm seinen
              Lebensunterhalt sicherte, und war auch am königlichen und bischöflichen Hof tätig.
              Nach der Niederlage und dem Tod Přemysl Ottokars II. am Marchfeld (26. August 1278)
              ist er aus den Quellen verschwunden<note n="34" type="footnote">Zur Biographie
                Heinrichs von Isernia vgl. vor allem Karl Hampe, <emph>Beiträge zur Geschichte der
                  letzten Staufer. Ungedruckte Briefe aus der Sammlung des Magisters Heinrich von
                  Isernia</emph>, Leipzig 1910, S. 12-58. Die nötigen Informationen über Heinrich
                von Isernia und über die Problematik seiner möglichen Identität mit Henricus
                Italicus bei Jana Nechutová, <emph>Die Lateinische Literatur des Mittelalters in
                  Böhmen</emph>, Köln – Weimar – Wien, 2007 (= <emph>Bausteine zur slavischen
                  Philologie und Kulturgeschichte, NF, Reihe A: Slavische Forschungen</emph>,
                Bd. 59), S. 129-134. Von der neueren Literatur vgl. auch Richard Psík,
                  <emph>Invectiva prosotetrasticha in Vlricum Polonum. Součást sbírky listů a
                  diktamin Jindřicha z Isernie</emph>, Ostrava, 2008, S. 16-35 (beide Werke führen
                auch die ältere Literatur an). Von der älteren Literatur zum Lebenslauf Heinrichs
                von Isernia und zur Frage, ob zwei oder ein einziger Heinrich die beiden Formulare
                verfasst haben, vgl. vor allem J. Voigt, «&#160;Das urkundliche Formelbuch…&#160;», S. 12-13;
                Hermenegild Jireček, «&#160;Dva Vlachové v Čechách&#160;», in <emph>Časopis Musea Království
                  českého</emph> 44/1 (1870), S. 130-153; Jan Bedřich Novak, «&#160;Henricus Italicus und
                Henricus de Isernia&#160;», in <emph>Mittheilungen des Instituts für österreichische
                  Geschichtsforschung</emph> 20 (1899), S. 253-275; Alexandr Petrov, <emph>Henrici
                  Italici libri formarum e tabulario Otacari II. Bohemorum regis quatenus rerum
                  fontibus aperiendis possint inservire</emph>, I-II, S. Peterburg, 1906-1907; Karel
                Doskočil, «&#160;Protonotář Jindřich Vlach a notář Jindřich Vlach z Isernie&#160;», in
                  <emph>Časopis Archivní školy</emph> 15 (1940), S. 89-98; Václav Hrubý, «&#160;Jindřich
                Vlach z Isernie a počátky městských knih pražských a desk zemských&#160;», in
                  <emph>Časopis Archivní školy</emph> 1 (1923), S. 142-166; V. H. (Václav Hrubý),
                «&#160;Zlomek formulářové sbírky Jindřicha Italského&#160;», in <emph>Časopis Muzea Království
                  českého</emph> 91 (1917), S. 327-328; Jindřich Šebánek, «&#160;Čeští notáři na cestě
                Václava II. za polskou korunou&#160;», in <emph>Studia Źródłoznawcze –
                  Commentationes</emph> 4 (1959), S. 75-84; D. Třeštík, «&#160;Formularze…&#160;», S. 43-56;
                Z. Fiala, «&#160;Panovnické listiny…&#160;», S. 262-264; Brigitte Schaller, «&#160;Der Traktat des
                Heinrich von Isernia De coloribus rethoricis&#160;», in <emph>Deutsches Archiv für
                  Erforschung des Mittelalters</emph> 49, 1993, S. 113-153; Hans Martin Schaller,
                «&#160;Enrico da Isernia&#160;», in: <emph>Dizionario Biografico degli Italiani</emph> 42,
                Roma 1993, S. 743-744 (auch <ref
                  target="http://www.treccani.it/enciclopedia/enrico-da-isernia_%28Dizionario-Biografico%29/"
                  >http://www.treccani.it/enciclopedia/enrico-da-isernia_%28Dizionario-Biografico%29/</ref>)
                . H. M. Schaller hat u. a.darauf hingewiesen, dass im Falle der Identität beider
                Personen musste der einzige Heinrich einen Brief an sich selbst schreiben. </note>. </p>
            <p>Der unschätzbaren Bedeutung beider Sammlungen für die politische und Sozialgeschichte
              Böhmens entspricht auch das große Interesse, das die – nicht nur tschechische –
              Historiographie beiden Quellen gewidmet hat. Die vor allem für die Politik und
              Ideologie der Zeit Přemysl Ottokars II. wichtige und in der Fachliteratur bereits
              ausführlich behandelte Brief- und Dictaminasammlung Heinrichs von Isernia und weitere
              epistolographische Kollektionen sowie die oft diskutierte Frage nach der eventuellen
              Identität des Magisters Henricus Italicus mit ihm, die während der fast 170 Jahre seit
              der Zeit, als František Palacký<note n="35" type="footnote">František Palacký,
                  <emph>Über Formelbücher, zunächst in Bezug auf böhmische Geschichte, nebst
                  Beilagen</emph>, I-II, Praha, 1842-1847 (<emph>Abhandlungen der königlichen
                  böhmischen Gesellschaft der Wissenschaften</emph>, V. 5, 1847), Bd. II,
                S. 5.</note> diese Möglichkeit angedeutet hatte, nicht endgültig gelöst werden
              konnte, lasse ich hier beiseite und widme meine Aufmerksamkeit den Sammlungen des
              diplomatischen Materials und ihrer Verfasser, vor allem dem Magister <emph>Henricus
                Italicus.</emph></p>

            <div>
              <head type="h2">III.1. Henricus Italicus</head>
              <p>Dieser ist in den Urkunden Přemysl Ottokars II. vor allem durch die Formel
                  <emph>datum per manus</emph>… ab dem Jahre 1273 belegt<note n="36" type="footnote"
                  >. Vgl. S. Dušková, «&#160;Kdo byl notář Jindřich&#160;», S. 59-74. Die Biographie und
                  Tätigkeit des Notars, bzw. Protonotars Heinrich wird dort lediglich aufgrund des
                  urkundlichen Materials, vor allem von Schrift- und Diktatuntersuchungen, jedoch
                  ohne Rücksicht auf die Formelbücher behandelt.</note>, zuerst als Notar, später
                als Magister und Protonotar. Sein Urkundenstil und seine Schrift sind jedoch schon
                seit dem Jahre 1271 in der Kanzlei zu verfolgen. In den Urkunden tritt er – neben
                den angeführten Titeln – auch als Pfarrer von Gars am Kamp in Niederösterreich auf,
                weiters als Kanoniker am Vyšehrad, Domherr in Prag und Olmütz. Seine Titulatur in
                den Urkunden schwankt jedoch. Nach dem Tode Přemysl Ottokars II. 1278 geriet er in
                Bedrängnis, wurde in seinem Haus auf der Prager Kleinseite gefangen genommen und
                  eingekerkert<note n="37" type="footnote">Vgl. «&#160;Druhé pokračování Kosmovo,
                  Letopisy české 1196-1278&#160;», ed. Josef Emler, <emph>Fontes rerum Bohemicarum</emph>
                  II, Praha, 1874, S. 302.</note>, durch das Eingreifen des Prager Bischofs
                Johann III. jedoch bald wieder freigelassen. Dann war er als Notar Ottos von
                Brandenburg, des Vormunds des unmündigen Thronfolgers Wenzel, tätig und kam auch in
                die Kanzlei Wenzels, wo er jedoch meistens anonym auftrat und nur an seinem Stil und
                seiner Schrift erkennbar ist. Es ist zu vermuten, dass er sich während der
                brandenburgischen Vormundschaftsregierung, die zu einer Okkupation auswuchs,
                kompromittierte und es ihm wohl nur seine professionellen Fähigkeiten ermöglichten,
                weiter in der königlichen Kanzlei, jedoch nur in einer subalternen Stellung, tätig
                zu sein. Am Anfang der Regierung Wenzels II. wurde er mit Hilfe einer gefälschten
                Urkunde der Beschädigung der königlichen Interessen während der brandenburgischen
                Besatzung beschuldigt. Er legte jedoch die Beschuldigung wider<note n="38"
                  type="footnote">Vgl. A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri formarum</emph> II,
                  Nr. 299. S. 152–155. Dazu K. Doskočil, «&#160;Protonotář Jindřich Vlach…&#160;», S. 95-97;
                  Marie Bláhová, . «&#160;Vera ac falsa discernere in the Přemyslid Czech Lands (Until
                  1306)&#160;», in <emph>Arcana tabularii - Tanulmányok</emph> <emph>Solymo</emph><emph>si László
                  tiszteletére</emph>, Vol. I-II., hg. von Attila Bárány– Gábor Dreska– Kornél
                  Szovák, Budapest–Debrecen, 2014, Bd. I, S.  21-30.</note>.</p>
              <p>Die Gunst Wenzels II. hat er jedoch nicht ganz verloren, was das Mandat Wenzels an
                den <emph>villicus</emph> in Kamýk in einer Angelegenheit des Henricus, das am Rande
                des ältesten bekannten Formularfragments aus Böhmen notiert ist, bezeugt<note n="39"
                  type="footnote">Vgl. W. Wattenbach, «&#160;Fragmente…&#160;», S. 237.</note>. Unter seinem
                eigenen Namen erscheint er regelmäßig in den Urkunden Wenzels in den polnischen
                Angelegenheiten (bis zum Jahre 1292). In den achtziger Jahren des 13. Jahrhunderts
                tritt er auch in einigen Urkunden der Prager Altstadt und des Vyšehrader Kapitels
                auf. In der selben Zeit ist er durch seinen Namen und Stil auch in einigen
                niederösterreichischen Urkunden belegt, ganz zuverlässig dann in einer eigenen, von
                ihm besiegelten Urkunde für das Spital in Eggenburg aus dem Jahre 1301, in deren
                Text er als Pfarrer von Gars und Vyšehrad sowie Olmützer Kanoniker genannt ist<note
                  n="40" type="footnote">Národní archiv (Nationalarchiv der Tschechischen
                  Republik), Maltézští rytíři, české velkopřevorství, Sign. 1324 (27. Mai 1301).
                </note>. Das ist die letzte zuverlässige Quellennachricht über den Notar Henricus.
                Möglicherweise sind sein Stil und Schrift in der königlichen Kanzlei noch bis zum
                Jahre 1306 zu verfolgen<note n="41" type="footnote">Vgl. S. Dušková, «&#160;Kdo byl
                  notář Jindřich&#160;», S. 68. </note> – sofern es sich dabei tatsächlich um ihn selbst
                und nicht um einen von seinen Schülern oder Mitarbeitern handelt. Dann verschwinden
                alle Spuren seiner Tätigkeit vollständig. </p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">III.2. Überlieferung des Formulars des Henricus Italicus</head>
              <p>Das Formelbuch der Urkunden und (amtlichen) Briefe des Magisters Henricus ist in
                mehreren Handschriften und Handschriftenfragmenten überliefert, die jetzt auf
                verschiedene Archive und Bibliotheken zerstreut sind. Alle von ihnen sind jedoch
                spätere Kopien der Sammlung, die Originale selbst sind nicht erhalten. Die Inhalte
                der einzelnen Handschriften unterscheiden sich untereinander vor allem durch die
                Zahl und Abfolge der Schriftstücke, so dass die Formelsammlungen fast aller
                Handschriften eine jeweils eigene Redaktion des Werkes darstellen<note n="42"
                  type="footnote">Die Beschreibung der Manuskripte des Urkundenformulars des
                  Henricus Italicus in: A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri formarum</emph>…,
                  S. 7-19. Petrov hat u.a. auch eine Konkordanz der einzelnen Redaktionen
                    (<emph>Henrici Italici Libri Formarum</emph> II, S. 17-51) erstellt.</note>.
                Leider steht bis jetzt keine vollständige kritische Edition des Formelbuchs des
                Henricus Italicus zur Verfügung, da die ersten Editoren nur die aus ihrem
                Gesichtspunkt „wichtigen“ oder „interessanten“ Schriftstücke publiziert <note n="43"
                  type="footnote">Vgl. F. Palacký, <emph>Über Formelbücher…</emph>, passim;
                  Ferdinand Tadra, <emph>Nově nalezené rukopisy formulářů XIII. a XIV.
                    století</emph>, Praha, 1887, S. 6.</note> und ihre Nachfolger die bereits
                gedruckten, aber auch einige noch ungedruckte Texte weggelassen haben<note n="44"
                  type="footnote">Srv. J. Voigt, «&#160;Das urkundliche Formelbuch…&#160;», S. 22.</note>.
                Die verstreuten Manuskripte, mangelhaften Editionen sowie einige
                  Manuskriptverluste<note n="45" type="footnote">Vgl. weiter unten.</note>
                komplizieren eine kritische Bearbeitung dieser Quelle, so dass man noch keine
                definitive Beurteilung anbieten kann.</p>
              <p>Ein hervorragender Kenner aller damals bekannten Fassungen des Formelbuchs des
                Henricus Italicus, Aleksěj Leodinovič Petrov, hat am Beginn des 20. Jahrhunderts
                zwei Gruppen von Texten unterschieden, die ursprüngliche und die abgeleitete, die in
                mehrere Redaktionen zerfallen<note n="46" type="footnote">A. Petrov, <emph>Henrici
                    Italici Libri formarum…</emph>, passim.</note>.</p>

              <div>
                <head type="h3">III.2.a. Erste Redaktion des Formelbuchs des Henricus
                  Italicus</head>
                <p>Die grundlegenden Texte der Sammlung, die als die ursprüngliche bzw. erste
                  Redaktion angesehen werden, sind in zwei Manuskripten überliefert, in der
                  Königsberger Handschrift und in einer Handschrift der Bibliothek des Prager
                  Domkapitels.</p>
                <p>Die Königsberger Handschrift befand sich ursprünglich unter der Signatur 281a im
                  Königlichen Staatsarchiv in Königsberg (heute Kaliningrad). Dort wurde sie von
                  mehreren Forschern untersucht, vor allem von Johannes Voigt, der den wesentlichen
                  Teil der Formulartexte ediert hat<note n="47" type="footnote">J. Voigt, «&#160;Das
                    urkundliche Formelbuch…&#160;», S. 23-177, hat nach dieser Handschrift von den 189
                    Formeln 177 früher nicht edierte Stücke ediert. Die Schriftstücke aus 66 Seiten
                    der Handschrift sind leider unediert geblieben. </note>, und von A. L. Petrov,
                  der die Handschrift und den Text der Formelsammlung des Henricus Italicus
                  analysierte und ihre Konkordanz mit anderen überlieferten Texten dieser Sammlung
                  erstellt hat. Bereits im Jahre 1907, als seine Arbeit beendigt war und publiziert
                  wurde, ist diese Handschrift an die Königliche Bibliothek zu Königsberg, die
                  nachmalige Staats- und Universitätsbibliothek Königsberg, abgegeben worden.
                  Seitdem gilt sie als verschollen<note n="48" type="footnote">Berlin, Geheimes
                    Staatsarchiv. Preussischer Kulturbesitz, Abgangsjournal-Nr. 895/1907. Für diese
                    Information bin ich dem Mitarbeiter des GStA PK Dr. Dieter Heckmann zu Dank
                    verpflichtet. Emil J. Polak konnte in seiner Publikation <emph>Medieval and
                      Renaissance Letter Treatises and Form Letters. A Census of Manuscripts found
                      in Eastern Europe and the Former U.S.S.R.</emph>, Leiden – New York – Köln,
                    1993, die Manuskripte der Königsberger Bibliotheken nicht behandeln, da
                    Kaliningrad zur Zeit der Erarbeitung des Buches (am Anfang der neunziger Jahre
                    des 20. Jahrhunderts) für Ausländer gesperrt war. (vgl. E. J. Polak,
                      <emph>Medieval and Renaissance Letter Treatises…</emph>, S. 261). D. Třeštík,
                    «&#160;Formularze…&#160;», S. 47, schloss wohl fehl, dass sich diese Handschrift in den
                    sechziger Jahren in der damaligen Bundesrepublik Deutschland befunden hat. Die
                    Königsberger Bibliothek wurde während des zweiten Weltkrieges in verschiede
                    Stätte evakuiert und alle Handschriften wurden noch nicht gefunden.</note>.</p>
                <p>Die Königsberger Handschrift stammte aus dem Ende des 13. oder dem Anfang des 14.
                  Jahrhunderts und stellt eine Sammelhandschrift verschiedener Formelbücher dar. Das
                  Formular des Magisters Henricus stand an ihrem Anfang (fol. 2a-130b). Mit seinen
                  316 Formularstücken war es der umfangreichste Bestandteil dieses Formelbuchs.
                  Petrov betrachtete es als die ursprüngliche und „volle“ Redaktion<note n="49"
                    type="footnote">A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri Formarum…</emph> 1,
                    S. 44, 46.</note>. Es umfasste einige Urkunden Friedrichs II., Konrads IV. und
                  Rudolfs von Habsburg, Urkunden von böhmischen Königen, konkret eine Urkunde
                  Wenzels I. und mehrere Urkunden Přemysl Ottokars II., die über seine Beziehungen
                  vor allem zu Rudolf von Habsburg, teilweise auch zu benachbarten Herrschern
                  Auskunft geben. Ein großer Teil der Sammlung bezog sich auf die Zeit König
                  Wenzels II. Die Schriftstücke sind nach zum Teil mit Überschriften versehenen
                  Sachgruppen angeordnet<note n="50" type="footnote">Vgl. J. Voigt, «&#160;Das
                    urkundliche Formelbuch…&#160;», S. 14-15; A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri
                      formarum…</emph> I, S. 46. </note>.</p>
                <p>Bis zur Nummer 237 des Formulars Heinrichs in der Königsberger Handschrift
                  stimmte bis auf einige Stücke der wesentliche Teil – bis zur Nummer 233 – mit den
                    <emph>Instrumenta Henrici Italici</emph> in der Handschrift der Bibliothek des
                  Prager Domkapitels, Sign. K 33, die ins erste Dezennium des 14. Jahrhunderts
                  datiert wurde, überein<note n="51" type="footnote">Srv. J. Emler, <emph>Die
                      Kanzlei…</emph>, S. 55-56; A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri
                      formarum…</emph> 2, S. 44, hielt beide Handschriften für fast zeitgenössisch.
                  </note>. Während im Formular der Königsberger Handschrift die Sachgruppe
                    <emph>Exemptiones, libertates, gratiae diversae</emph> mit weiteren 79 Stücken
                  (Nr. 238-316) fortgesetzt wurde, sind in jener des Prager Domkapitels nach dieser
                  Gruppe nur fünf weitere Schriftstücke angereiht, die jedoch in keiner anderen
                  Handschrift vorkommen<note n="52" type="footnote">Vgl. A. Petrov, <emph>Henrici
                      Italici Libri Formarum</emph>… 1, S. 26-33.</note>. Am Ende der Sammlung in
                  der Prager Kapitelhandschrift steht der Vermerk: <emph>Expliciunt instrumenta
                    H(enrici) Italici</emph><note n="53" type="footnote">Archiv Pražského hradu,
                    Knihovna Pražské metropolitní kapituly, K 33, fol. 107. Vgl. dazu auch F.
                    Palacký, <emph>Über Formelbücher…</emph> II, S. 5.</note>.</p>
                <p>Die erste Redaktion in ihrer umfangreicheren Form ist bruchstückhaft auch in
                  weiteren Handschriften überliefert, und zwar in einer der Leipziger
                  Stadtbibliothek aus dem 14. Jahrhundert<note n="54" type="footnote">Sign. Rep.
                    II. 71. Heute als Leihgabe in der Universitätsbibliothek Leipzig. A. Petrov hat
                    das Leipziger Bruchstück noch nicht gekannt. Vgl. D. Třeštík, «&#160;Formularze…&#160;»,
                    S. 48, Anm. 30.</note>, in der Abschrift, die in der Bischöflichen Bibliothek in
                  Klagenfurt aufbewahrt ist (als <emph>Formae privilegiorum de subtili stilo</emph>
                    bezeichnet)<note n="55" type="footnote">Klagenfurt, Archiv der Diözese Gurk,
                    Bischöfliche Bibliothek, Sign. XXXI b 12, fol. 156-175. Vgl. F. Tadra,
                      <emph>Nově nalezené rukopisy…</emph>, S. 2, 5-17; A. Petrov, <emph>Henrici
                      Italici Libri Formarum</emph>… 1, S. 46. Diese Handschrift stammte aus der
                    Kanzlei des Olmützer Bischofs, befand sich im 15. Jahrhundert jedoch im Besitz
                    der Bischöfe von Gurk. Im Jahre 1787 wurde die bischöfliche Residenz nach
                    Klagenfurt verlegt, wohin 1790 auch die Bibliothek übersiedelte. Vgl. Hermann
                    Menhardt, <emph>Handschriftenverzeichnis der Kärntner Bibliotheken, Band I:
                      Klagenfurt, Marie Saal, Friesach</emph>, Wien, 1927, S. 1 und 71. </note>, und
                  im ersten der Fragmente der Handschrift clm 22303 der Bayerischen Staatsbibliothek
                  in München, die ebenfalls aus dem 14. Jahrhundert stammen.<note n="56"
                    type="footnote">SBM clm 22303, fol. 79-80 (Epistolae de rebus Bohemicis
                    s. XIII et a. 1301 et 1312). Vgl. A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri
                      Formarum…</emph> 1, S. 12-14, 2, S. 33-35. Zum Formelbuch Heinrichs in dieser
                    Handschrift vgl. Ferdinand Tadra, «&#160;Mnichovský rukopis formuláře Vlacha
                    Jindřicha&#160;», in <emph>Věstník Královské české společnosti nauk</emph>, 1889,
                    S. 2-90.</note></p>
              </div>
              <div>
                <head type="h3">III.2.b. Zweite Redaktion des Formelbuchs des Henricus
                  Italicus</head>
                <p>Die zweite Redaktion der ursprünglichen Fassung des Formelbuchs des Henricus
                  Italicus ist in der Handschrift der Universitätsbibliothek in Innsbruck aus dem
                  14. Jahrhundert überliefert.<note n="57" type="footnote">Universitäts- und
                    Landesbibliothek Tirol, Handschrift 711. Vgl. A. Petrov, <emph>Henrici Italici
                      Libri Formarum…</emph> 1, S. 14; Konrad Wutke, <emph>Über schlesische
                      Formelbücher des Mittelalters</emph>, Breslau 1919 (<emph>Darstellungen und
                      Quellen zur schlesischen Geschichte</emph>, Bd. 26).</note> Diese Redaktion
                  umfasst einige Stücke, die auch im letzten Teil der Königsberger Handschrift
                  vorkommen, also in dem Teil, der in der Handschrift des Prager Domkapitels nicht
                  beinhaltet ist. Bei der Zusammenstellung dieser Sammlung hat der Verfasser auch
                  einige Stücke (27 Formeln) aus der schlesischen Formelsammlung Summa Nicolai
                  benützt. Die Urkunden aus der böhmischen königlichen Kanzlei scheinen in dieser
                  Redaktion in anderer Folge als in den übrigen Handschriften auf.</p>
                <p>Mit dem böhmischen Teil der Innsbrucker Handschrift stimmt der Text auf dem
                  Fragment, das vom Deckel der Handschrift in der Königlichen und
                  Universitätsbibliothek in Königsberg abgenommen wurde, überein<note n="58"
                    type="footnote">Nr. 2025.Vgl. A. Petrov. <emph>Henrici Italici Libri
                      formarum</emph>…, S. 50.</note>. Auf sechs Blättern des wohl aus dem 14.
                  Jahrhundert stammenden Bruchstücks befinden sich 18 Formeln<note n="59"
                    type="footnote">Vgl. A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri formarum…</emph>
                    1, S. 11; 2, S. 33.</note>.</p>
              </div>
              <div>
                <head type="h3">III.2.c. Die abgeleiteten Redaktionen des Formelbuchs des Henricus
                Italicus</head>
              <p>Zu den abgeleiteten Redaktionen zählt A. L. Petrov vier weitere Fassungen: </p>
              <p>An erster Stelle die eines sonst unbekannten Zdeněk von Třebíč, <emph>Liber a
                  missionibus regum per manus Zdenconis de Trebecz</emph><note n="60"
                  type="footnote">Diese Information ist im Explizit des Formelbuchs angeführt.
                  Vgl. Národní knihovna České republiky (Nationalbibliothek der Tschechischen
                  Republik), Ms Sign. I E 48, fol. 103<hi rend="sup">v</hi>. Dazu A. Petrov,
                    <emph>Henrici Italici Libri Formarum</emph>…1, S. 50-51; J. Emler, <emph>Die
                    Kanzlei…</emph>, S. 57-58.</note>, die wohl im Jahr 1292 verfasst wurde<note
                  n="61" type="footnote">Vgl. F, Palacký, <emph>Über Formelbücher</emph>… I,
                  S. 222; J. Emler, <emph>Die Kanzlei</emph>…, S. 57-58. </note>. Neben den Urkunden
                und Briefen über böhmische Angelegenheiten umfasst sie auch einige Stücke
                italienischen und Reichsursprungs, die sich jedoch auf Böhmen beziehen. Mit ihren
                255 Formeln gehört diese Redaktion zu den umfangreichsten von der Sammlung des
                Henricus abgeleiteten Formelbüchern. In diese Sammlung wurden etwa drei Fünftel der
                im Formelbuch der Königsberger Handschrift enthaltenen Schriftstücke, jedoch in
                anderer Reihenfolge, übernommen. Diese Formeln wurden um weitere 113 Stücke,
                überwiegend aus der Kanzlei Wenzels II., ergänzt, vor allem um die Arengen und
                anderer Texte von Verträgen mit den Nachbarfürsten. Es ist nicht ausgeschlossen,
                dass einige von diesen aus anderen, jetzt unbekannten Fassungen des Formulars des
                Henricus stammen. Die Formeln sind thematisch gereiht, wenn auch nicht ganz
                folgerichtig. Das Formelbuch beginnt mit den Statuten des Königreichs Böhmen und der
                Stadt Prag. Weiters sind einzelne Abteilungen, <emph>distinctiones</emph> oder
                  <emph>capitula</emph> genannt, mit Überschriften versehen und nummeriert. Der
                Urheber dieser Sammlung war bestrebt, die Personen- und Ortsnamen sowie die Daten zu
                ergänzen, wobei er jedoch viele Fehler machte, sodass diese Redaktion für
                unzuverlässig gilt<note n="62" type="footnote">Vgl. J. Emler, <emph>Die
                    Kanzlei…</emph>,, S. 57; A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri Formarum</emph>…
                  1, S. 51. </note>.</p>
              <p>Das Formelbuch des Zdeněk von Třebíč ist in einer Handschrift aus dem 14.
                Jahrhundert überliefert, die am Ende des 15. oder am Anfang des 16. Jahrhunderts dem
                Probst des Prager Domkapitels, dem Humanisten Georg Bartholomäus Pontanus von
                Breitenberg, gehörte. Die Handschrift hat dann wiederholt ihren Besitzer geändert.
                Sie gehörte dem Gabriel Swiechin von Paumberg, dann dem Leopold Johann Victorin von
                Windischgrätz, aus dessen Nachlass sie in einer Auktion an eine Familie Managetti
                verkauft wurde. In den neunziger Jahren des 19. Jahrhunderts wurde sie in der
                Bibliothek J. E. A. Fenwicks in Cheltenham in England entdeckt<note n="63"
                  type="footnote">Signatur Cod 303, mit dem Titel Statuta regni Bohemiae. Vgl.
                  Karl Hampe, Reise nach England vom Juli 1895 bis Februar 1896, in: Neues Archiv
                  der Gesellschaft für ältere deutsche Geschichtskunde 22, 1897, S. 225-286, hier
                  S. 231. </note>, aus der sie im Jahre 1948 für die Tschechoslowakische Republik
                angekauft und der damaligen Universitätsbibliothek in Prag übergegeben wurde<note
                  n="64" type="footnote">Heute Národní knihovna České republiky
                  (Nationalbibliothek der Tschechischen Republik), Sign. I E 48. Die Schicksale
                  dieser Handschrift sind aus den Katalog-Karteien der Nationalbibliothek
                  ersichtlich.</note>.</p>
              <p>Im Jahre 1748 wurde diese Handschrift für den ersten geheimen Hausarchivar Maria
                Theresias, Erzherzogin von Österreich und Königin von Ungarn und Böhmen usw.,
                Theodor Anton Taulow von Rosenthal<note n="65" type="footnote">Vgl. Václav
                  Kratochvíl, «&#160;Taulow von Rosenthal, Theodor&#160;», in: <emph>Allgemeine Deutsche
                    Biographie</emph>, hg. von der Historischen Kommission bei der Bayerischen
                  Akademie der Wissenschaften, Band 37 (1894), S. 465–467, Digitale Volltext-Ausgabe
                  in Wikisource, URL: <ref
                    target="http://de.wikisource.org/w/index.php?title=ADB:Taulow_von_Rosenthal,_Theodor&amp;oldid=1699657%20"
                    >http://de.wikisource.org/w/index.php?title=ADB:Taulow_von_Rosenthal,_Theodor&amp;oldid=1699657</ref>
                  (Version vom 30. März 2015, 15:48 Uhr UTC).</note>, abgeschrieben<note n="66"
                  type="footnote">Sie befindet sich heute im Haus-, Hof- und Staatsarchiv Wien,
                  Handschriftensammlungen W 109 (Böhm 196), fol. 2r–255v. Vgl. dazu J. Emler,
                    <emph>Die Kanzlei</emph>…, S. 57-58; A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri
                    formarum</emph>…, S. 50-51.</note>. Diese Abschrift unterscheidet sich von der
                Vorlage nur in einigen Details. Konkret wurden einige Schriftstücke umgetauscht,
                eines von ihnen fehlt.</p>
              <p>Eine zweite abgeleitete Redaktion stellt A. L. Petrov zufolge das zweite Bruchstück
                der Münchener Handschrift 22303 dar. Bei diesem Text fehlen Anfang und Schluss. Der
                überlieferte Teil beinhaltet einige Schriftstücke, die in den Handschriften der
                ersten Redaktion der ursprünglichen Fassung vorkommen, auch einige Schriftstücke der
                ersten Redaktion der bearbeiteten Fassung, jedoch in unterschiedlicher Anordnung.
                Dazu wurden einige Urkunden aus der ersten Redaktion des Formelbuchs des Prager
                Bischofs Thobias von Bechyně ergänzt<note n="67" type="footnote">SBM clm 22303,
                  fol. 107-131 (Epistolae ex libro formularum Henrici Italici… accedunt epistolae
                  Thobiae episcopi Pragensis).Vgl. A. Petrov. <emph>Henrici Italici Libri
                    formarum…</emph>, S. 51.</note>.</p>
              <p>Die dritte Redaktion der abgeleiteten Fassung befindet sich in einer Handschrift
                aus dem 14. Jahrhundert in der Stadtbibliothek in Colmar<note n="68" type="footnote"
                  >. Bibliothèque municipale de Colmar, Sign. 245.</note>. Etwa vier Fünftel der
                Schriftstücke dieser Sammlung kommen auch in anderen Redaktionen der Formelsammlung
                des Henricus Italicus vor. Von den anderen Redaktionen unterscheidet sich diese
                durch die „theoretische“ kompilierte Einführung und durch die hinzugefügten
                Varianten von Briefen zu verschiedenen Gelegenheiten, die keine Beziehung zu den
                anderen Redaktionen des Formelbuchs des Henricus haben. Den angeführten Ortsnamen
                nach ist diese Redaktion in Westdeutschland entstanden<note n="69" type="footnote"
                  >. Vgl. A. Petrov, <emph>Henrici Italici Libri formarum</emph>…, S. 51-52.
                </note>.</p>
              <p>Schließlich hält A. L. Petrov das Bruchstück, das in der Münchener Handschrift
                22303 enthalten ist, für die vierte Redaktion der abgeleiteten Fassung, die jedoch
                nur wenige Gemeinsamkeiten mit anderen Redaktionen der Formelsammlung des Henricus
                Italicus aufweist<note n="70" type="footnote">Vgl. A. Petrov, <emph>Henrici
                    Italici Libri formarum…</emph>, S. 52.</note>.</p>
              </div>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">III.3. Die Entstehung des Formelbuchs des Henricus Italicus</head>
              <p>Da die Grundlage des Formelbuchs Urkunden und Briefe aus den letzten Jahren der
                Regierung Přemysl Ottokars II. und aus dem Anfang der Regierung Wenzels II. bilden,
                von denen einige persönlich von Henricus konzipiert sind<note n="71" type="footnote"
                  >. Vgl. Jan Bedřich Novák, <emph>Český časopis historický</emph> 14, 1908, S. 423
                  (die Rezension der Arbeit Petrovs).</note>, kann vermutet werden, dass deren erste
                Aufzeichnungen aus der böhmischen königlichen Kanzlei noch unter der Regierung
                Přemysl Ottokars II. entstanden sind. Unter seinem Nachfolger Wenzel II. wurden sie
                um weitere Urkunden ergänzt. Die Überlieferung des Formulars erlaubt die Annahme,
                dass dieses Formelbuch sowohl von seinem Urheber als auch von anderen Personen der
                Kanzlei umgearbeitet und ergänzt wurde, sodass insgesamt ein halbes Dutzend von
                verschiedenen Redaktionen dieses Formelbuchs entstanden ist<note n="72"
                  type="footnote">Dušan Třeštík, «&#160;Formularze…&#160;», S. 51, hält alle Redaktionen für
                  das Werk einer einzigen Person, des Henricus Italicus, der sie im Laufe der Jahre
                  1290-1292 geschrieben habe. Er erklärt jedoch nicht, warum der Verfasser, parallel
                  dazu, und im Wesentlichen in der selben Zeit, verschiedene Redaktionen
                  durchgeführt und mit unterschiedlichen Nachträgen ergänzen konnte. Logischer Weise
                  ist unter diesen Umständen nur eine stufenweise Ergänzung des ursprünglichen
                  Textes vorstellbar. </note>.</p>
              <p>Einige Schriftstücke<note n="73" type="footnote">Vgl. z. B. J. Voigt, «&#160;Das
                  urkundliche Formelbuch…&#160;», S. 22.</note>, die auch im Original überliefert sind,
                deuten an, dass dieses Formelbuch auf die Originalurkunden und -briefe zurückgeht,
                die in der königlichen Kanzlei ausgefertigt wurden. Bei einigen von ihnen ist es
                deutlich, dass es sich um Kopien der Konzepte, die nach der Expedition der Urkunden,
                eventuell auch der Briefe, in der Kanzlei verblieben sind, oder auch um Abschriften
                der Originalurkunden handelt. Das Formelbuch enthält jedoch auch Schriftstücke, die
                in die Kanzlei gelangt sind, das heißt, dass Henricus Italicus auch das königliche
                Archiv zu Verfügung gestanden ist. Außer den Urkunden und Briefen aus der böhmischen
                königlichen Kanzlei enthält diese Formelsammlung auch einige Schriftstücke, die sich
                auf das Römische Reich beziehen, die der Urheber der Sammlung wohl aus dem
                Formelbuch des Petrus de Vineis (ca. 1190-1249), des Kanzlers Kaiser Friedrichs II.,
                übernommen hatte. Einige Schriftstücke hat Henricus wohl aus Italien
                  mitgebracht<note n="74" type="footnote">J. Emler, <emph>Die Kanzlei</emph>…,
                  S. 56.</note>. Die in die Sammlung aufgenommenen Schriftstücke sind thematisch
                eingeordnet, so dass das Formelbuch bequem benutzt werden konnte.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Weitere Formelbücher der přemyslidischen Zeit</head>
            <p>Henricus Italicus war nicht der einzige, der sich mit der Zusammenstellung und
              Bearbeitung des Formelbuchs beschäftigt hat, wenn auch wohl gerade er selbst die
              anderen Angehörigen der Kanzlei zur Erarbeitung solcher Bücher ermuntern konnte.</p>
            <div>
              <head type="h2">IV.1. Formulare der königlichen Kanzlei</head>
              <p>Der sonst nicht näher bekannte Magister Bohuslav, wohl Kaplan oder Notar der
                Königin Kunigunde, der zweiten Gattin Přemysl Ottokars II., hat eine die
                Korrespondenz der Königin fingierende Briefsammlung zusammengestellt. In diese
                Sammlung wurden jedoch auch einige echte Urkunden und Briefe eingereiht. Dieser Teil
                der so genannten „Briefsammlung der Königin Kunigunde“ ist ein Formular eines
                unbekannten Verfassers, das nach den tatsächlichen Urkunden geschrieben worden
                  ist<note n="75" type="footnote">Vgl. Jan Bedřich Novák, «&#160;Kritika formuláře
                  královny Kunhuty&#160;», in: <emph>Sborník prací historických k šedesátým narozeninám
                    Jaroslava Golla</emph>, hg. von Jaroslav Bidlo, Gustav Friedrich, Kamil Krofta,
                  Praha, 1906, S. 124-152, bes. S. 127-128 und 151-152.</note>.</p>
              <p>Als selbständiges Formelbuch aus der Zeit Wenzels II. ist jene Formelsammlung zu
                betrachten, von der jetzt nur ein Pergamentblatt, das als Überzug auf dem
                Einbanddeckel eines Manuskripts in der Bibliothek des Prager Domkapitels angeklebt
                worden war<note n="76" type="footnote">Knihovna Pražské metropolitní kapituly III
                  13 b. Vgl. Johann Loserth, «&#160;Fragmente eines Formelbuches Wenzels II. von
                  Böhmen&#160;», in <emph>Archiv für österreichische Geschichte</emph> 57, Wien, 1879,
                  S. 325-485.</note>, erhalten geblieben ist. Nach der Abnahme des Blattes und
                Anwendung chemischer Mittel, die schließlich das Lesen der fast unsichtbaren Schrift
                ermöglichten, wurde das Blatt als Rest eines Formelbuchs identifiziert. Unter den
                vierzehn Formeln, Urkunden und Briefen befinden sich drei Schriftstücke, die auch in
                einigen bekannten Formularen vorkommen (Petrus de Hallis, Henricus Italicus, Zdeněk
                von Třebíč), in diesem Fragment aber korrekter geschrieben sind. Die meisten
                Urkunden und Briefe beziehen sich auf die geplante, jedoch noch nicht durchgeführte
                Krönung Wenzels II. zu Pfingsten 1287<note n="77" type="footnote">Die Krönung
                  Wenzels II. fand erst zu Pfingsten 1297 statt. Diese Urkunden und Briefe stellen
                  den einzigen Beleg für diese Pläne dar; sie sind jedoch im Kontext mit der Ankunft
                  von Wenzels Gemahlin Guta in Prag glaubwürdig. Vgl. J. Loserth, «&#160;Fragmente…&#160;»,
                  S. 472. </note>. Der Verfasser sowie die genaue Entstehungszeit dieser Sammlung
                sind nicht bekannt.</p>
              <p>Aus der Kanzlei Wenzels II. stammt auch die Sammlung von Formeln, Urkunden und
                Briefen, die Johann Loserth im Stiftsarchiv St. Paul im Lavanttal entdeckte und seit
                ihrer Edition als St. Pauler Formular bekannt ist<note n="78" type="footnote"
                  >. Stiftsarchiv St. Paul in Lavanttal, Sign. Cod. 261/4 (alte Signaturen XXXII. c.
                  261; Kastensignatur 26.4.26). Vgl. <ref
                    target="http://www.ksbm.oeaw.ac.at/stpaul/inv/"
                    >http://www.ksbm.oeaw.ac.at/stpaul/inv/</ref>, <emph>Inventar der Handschriften
                    des Benediktinerstiftes St. Paul im Lavanttal bis ca. 1600</emph>, bearbeitet
                  von Christine Glaßner, Wien, 2002, Papierhandschriften aus Spital am Pyhrn,
                  bearbeitet nach: Beda Schroll, <emph>Catalogus codicum manuscriptorum ex
                    monasteriis S. Blasii in Nigra Silva et Hospitalis ad Pyhrum montem in Austria
                    nunc in monasterio S. Pauli in Carinthia.</emph> St. Paul, 1868. Edition:
                    <emph>Das St. Pauler Formular. Briefe und Urkunden aus der Zeit König
                    Wenzels II.</emph>, hg. von Johann Loserth, Prag 1896.</note>. Die Schriftstücke
                stammen aus der Zeit von 1283 bis zum Ende des 13. Jahrhunderts, erwähnt sind auch
                Konfirmationsprivilegien aus der Zeit Wenzels I. und Přemysl Ottokars II. Die nach
                einem gewissen Schema aneinander gereihten Schriftstücke behandeln überwiegend die
                inneren, teilweise aber auch äußeren Angelegenheiten des böhmischen Staats. Im
                Unterschied zu anderen Formeln, sind in diesen konkrete Namen und Zahlen angeführt.
                Einzelne thematische Gruppen sind – nicht ganz folgerichtig – mit marginalen Titeln
                bezeichnet. Diese Formelsammlung, die in eine Papierhandschrift aus der Zeit um 1360
                eingeschrieben wurde, stellt die Kopie einer älteren Handschrift dar. Nach St. Paul
                im Lavanttal in Kärnten gelangte sie aus der Bibliothek des Spitals am Pyhrn in
                Oberösterreich.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">IV.2. Formulare der Kanzlei des Prager Bischofs</head>
              <p>Neben dem der königlichen Kanzlei war auch das Personal der Kanzlei des Prager
                Bischofs im Konzipieren von Urkunden und Briefen geübt. Die ersten bekannten Formeln
                der Bischofsurkunden erschienen schon im älteren Formelbuch aus den sechziger Jahren
                des 13. Jahrhunderts neben anderen Urkunden<note n="79" type="footnote">Siehe
                  oben.</note>. Am Ende der achtziger Jahre des 13. Jahrhunderts ist ein Formelbuch
                in der Kanzlei des Prager Bischofs Tobias von Bechyně entstanden. Es enthält Texte
                der Urkunden und (amtlichen) Briefe der bischöflichen Kanzlei aus den Jahren
                1279-1296, wobei etwa vier Fünftel die von Bischof Tobias ausgestellten Urkunden und
                Briefe darstellen; die übrigen sind überwiegend an den Bischof adressierte
                  Schriftstücke<note n="80" type="footnote">Vgl. Jan Bedřich Novák, <emph>Formulář
                    biskupa Tobiáše z Bechyně (1279-1296)</emph>, Praha, 1903, S. V-XLI; Eduard
                  Šebesta, <emph>Nově nalezený zlomek formuláře biskupa Tobiáše z Bechyně
                    (1279-1296)</emph>, Praha, 1905 (Rezension Jan Bedřich Novák in <emph>Český
                    časopis historický</emph> 12, 1906, S. 79-80); Ivan Hlaváček, «&#160;Nový zlomek
                  formuláře Tobiáše z Bechyně&#160;», in <emph>Československý časopis historický</emph> 6
                  (1958), S. 545-561; Sáša Dušková, «&#160;Formulář Tobiáše z Bechyně ve světle listin
                  pražských biskupů&#160;», <emph>Sborník prací filozofické fakulty brněnské
                    univerzity</emph> C 12 (1964), S. 53-71.</note>. Dieses Formelbuch steht im
                engen Zusammenhang mit dem wichtigsten Formular der königlichen Kanzlei, dem
                Formelbuch des Henricus Italicus. Wie schon bemerkt, wurden einige Schriftstücke des
                Formelbuchs des Bischofs Tobias in eine der Redaktionen des Formelbuchs des Henricus
                übernommen, andererseits sind einige Schriftstücke aus dessen Formelbuch ins
                bischöfliche Formelbuch gelangt.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">IV.3 Formular der Prager Altstadt</head>
              <p>Am Ende der Přemyslidenzeit ist auch die älteste Formelsammlung städtischer
                Provenienz in den böhmischen Ländern, das Formelbuch der Altstadt Prag, entstanden,
                das wohl von ihrem Stadtschreiber zusammengestellt worden war. Die 13 Schriften, die
                auf zwei Pergamentdoppelblättern in extenso oder nur fragmentarisch überliefert
                sind, beziehen sich auf Angelegenheiten der Stadt und ihrer Einwohner sowie auf die
                anderen mit der Stadt verbundenen Personen<note n="81" type="footnote">Das
                  Fragment wurde in der Universitätsbibliothek Kassel – Landesbibliothek und
                  Murdhardsche Bibliothek der Stadt Kassel – aufgefunden und wird dort unter der
                  Signatur 2o Ms. iurid. 100,5 aufbewahrt. Vgl. <emph>Die Handschriften der
                    Murdhardschen Bibliothek der Stadt Kassel und Landesbibliothek.</emph> hg. von
                  Ludwig Denecke, Band 2 – <emph>Manuscripta iuridica</emph>, Wiesbaden, 1969,
                  S. 103; Miroslav Boháček, «&#160;Zur Behandlung juristischer Handschriften in den
                  neueren Handschriftenkatalogen&#160;» in <emph>Studie o rukopisech</emph>, 9 (1970),
                  S. 147-169, hier S. 149; Michal Tejček, «&#160;Dva neznámé listy městům Cheb a Klatovy
                  z počátku 14. století. Úvod k zlomku neznámého pražského formuláře&#160;», in
                    <emph>Západočeské archivy</emph> 2013, S. 33-47. Ich bin Herrn Michal Tejček für
                  seine gründliche diesbezügliche Beratung zu Dank verpflichtet.</note>.</p>
            </div>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">V. Fazit</head>
            <p>Wie aus dieser Übersicht hervorgeht, wurden die ersten böhmischen Formelsammlungen in
              der Kanzlei Přemysl Ottokars II. in den sechziger Jahren des 13. Jahrhunderts
              zusammengestellt. Wohl in der selben Zeit wurden auch die in der bischöflichen Kanzlei
              und am Bischofsgericht vorhandenen Urkunden und Briefe dort kopiert und wahrscheinlich
              in die selbe Formelsammlung eingegliedert. Zur ersten Blüte der Formelbücher in Böhmen
              ist es in den siebziger Jahren des 13. Jahrhunderts und wieder nach der Befestigung
              der Herrschermacht unter Přemysls Nachfolger Wenzel II. am Ende der achtziger und
              Anfang der neunziger Jahren gekommen, als das ältere Formelbuch in der königlichen
              Kanzlei neu bearbeitet und ergänzt wurde und das spezielle Formelbuch der
              bischöflichen Schriftstücke entstanden ist. Inwieweit zur Entfaltung der Formelbücher
              in der königlichen Kanzlei die Tatsache beitrug, dass sich Wenzel II. persönlich um
              das stilistische Niveau der schriftlichen Kultur kümmerte und die Notare diesbezüglich
                überwachte<note n="82" type="footnote"><emph>(Rex)… de causis litterarum
                  scribendarum materiam notariis frequenter tribuit et transmissarum sibi seriem cum
                  debita diligentia audire consuevit.</emph> «&#160;Petra Žitavského kronika
                zbraslavská&#160;», ed. Josef Emler, in <emph>Fontes rerum Bohemicarum</emph> IV, Praha
                1884, I, 32, S. 40.</note>, ist nicht bekannt; diese Möglichkeit ist jedoch nicht
              ausgeschlossen. Trotzdem hängt die Entstehung der Formelbücher gewiss nicht,
              beziehungsweise nicht nur, mit dem Interesse des Königs an einer rhetorischen
              Stilisierung zusammen, sondern vor allem mit der Konsolidierung der königlichen
              Kanzlei, ihrer steigenden Bedeutung in der Staatsverwaltung sowie mit der damit
              zusammenhängenden, wachsenden Pflege der Kanzleitätigkeit<note n="83" type="footnote"
                >. Vgl. Josef Šusta, <emph>České dějiny II,1, Soumrak Přemyslovců a jejich
                  dědictví</emph>, Praha, 1935, S. 499-503, 517-520.</note>. </p>
            <p>Die Formelbücher aus den letzten Jahren der Regierung Přemysl Ottokars II. und
              vornehmlich Wenzels II. wurden nicht nur in der Přemyslidenzeit kopiert und
              bearbeitet, sondern auch im Laufe des 14. Jahrhunderts, was die überlieferten
              Redaktionen und Handschriften bezeugen. Sie waren zugleich nicht auf das Gebiet der
              böhmischen Länder beschränkt, sondern haben auf die schriftliche Kultur auch in
              anderen Gebieten des lateinischen Europas eingewirkt. Trotz des Interesses an den
              Urkunden- und Briefformeln und ihren Sammlungen ist ihr Nachhall in den Texten der
              überlieferten Originalurkunden allerdings nur schwer zu finden. Ab und zu konnten
              Urkunden festgestellt werden, die in den Formelsammlungen als Vorlage benutzt
                wurden<note n="84" type="footnote">Einstweilen konnten folgende Übereinstimmungen
                festgestellt werden: J. Voigt, «&#160;Das urkundliche Formelbuch…&#160;», Nr. 118, S. 129 =
                  <emph>Codex diplomaticus et epistolaris regni Bohemiae</emph>, edd. Jindřich
                Šebánek et Sáša Dušková, V, 1, Pragae, 1974, Nr. 194, S. 307-308 (1259 iul. 27); F.
                Palacký, <emph>Über Formelbücher…</emph>, I, S. 224-225 = <emph>Codex diplomaticus
                  et epistolaris regni Bohemiae</emph>, edd. Jindřich Šebánek et Sáša Dušková, V,2,
                Pragae, 1981, Nr. 635, S. 245-246 (1271 iul. 2); J. Voigt, ibidem, Nr. 152, S. 149 =
                  <emph>Codex diplomaticus…</emph> V, 2, Nr. 815, S. 508-509 (1276 maii 28); J.
                Voigt, ibidem, Nr. CLXXIII, S. 162 = <emph>Regesta diplomatica nec non epistolaria
                  Bohemiae et Moraviae, Pars II, Annorum 1253-1310</emph>, ed. Josef Emler, Pragae,
                1882, Nr. 1375, S. 592-593 (1286 mart.); <emph>Regesta</emph>…. II, Nr. 2634,
                S. 1153 (Manuskript des Prager Domkapitels Nr. 202) = <emph>Regesta</emph>… II,
                Nr. 1398, S. 601 (1287 febr. 25); J. Voigt, ibidem, Nr. 173, S. 162 =
                  <emph>Regesta</emph>… II, Nr. 1375, S. 592 (1286 mart. 3); weiters soll die
                Nr. 90, S. 143-145, in Codex diplomaticus et epistolaris regni Bohemiae, Tomi VI
                Fasciculus primus, inde ab a. MCCLXXVIII usque ad a. MCCLXXXIII, edd. Zbyněk Sviták,
                Helena Krmíčková, Jarmila Krejčíková, cooperante Jana Nechutová, Pragae 2006, mit
                der Formelsammlung aus dem Innsbrucker Fragment identisch sein (vgl. K. Wutke,
                  <emph>Über schlesische Formelbücher…</emph> Nr. 42, S. 85). Vgl. auch Z. Fiala,
                Panovnické listiny, S. 265, Anm. 6.</note>. Es gibt jedoch keine Belege dafür, dass
              schon in der Zeit der Přemysliden vollständige Urkundentexte aus den Formelbüchern als
              direkte Vorlagen für die ausgestellten Urkunden benutzt wurden. In den
              Originalurkunden sind einzelne Formeln aus dem Formelbuch feststellbar, jedoch keine
              vollständigen Urkundentexte<note n="85" type="footnote">Vgl. z. B. S. Dušková,
                «&#160;Formelsammlungen…&#160;», S. 123.</note>. Aufgrund dieser Tatsache kann vermutet
              werden, dass die Formelbücher in der königlichen, beziehungsweise bischöflichen
              Kanzlei vornehmlich als Hilfsmittel für die Ausbildung des Kanzleipersonals
              zusammengestellt und bearbeitet wurden, das nach ihnen das Konzipieren der Urkunden
              und Briefe erlernt hat, diese Zusammenstellungen aber nicht als direkte „Muster“ für
              das Urkundenschreiben gedient haben<note n="86" type="footnote">Für die Übersetzung
                meines Beitrags bedanke ich mich bei Vlasta und Hubert Reitterer.</note>. </p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part18">
        <front>
          <head>Formelbücher der Luxemburgerzeit in Böhmen</head>
          <byline><docAuthor>Ivan Hlaváček</docAuthor>, professeur émérite, Université Charles IVde Prague, Katedra
            pomocných věd historic­kých filozofické fakulty UK, Nám. J. Palacha 2, 116 38 Praha 1,
            Czech Republic. <ref target="mailto:ivan.hlavacek@ff.cuni.cz"
              >ivan.hlavacek@ff.cuni.cz</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Resümee</p>
          <p>Die pragmatische Schriftlichkeit entfaltete sich in der zweiten Hälfte des 13.
            Jahrhunderts im Přemyslidischen Königreich Böhmen mit voller Kraft. Trotz der
            politischen Zäsur zwischen dieser und der nachfolgenden Epoche der Luxemburger wurden
            die Fäden nicht völlig unterbrochen, wobei die intesiveren westlichen Einflüsse sind
            besonders in der böhmisch- und seit 1346 römisch königlichen Diplomatik zu sehen. Das
            musste sich auch im Bereich der Formelsammlungen widerspiegeln. Aber auch andere
            Kanzleien, besonders die des Prager Bischofs und seit 1344 Erzbischofs, ja auch die der
            Städte, haben sich dieses Hilfsmittel angeeignet, obwohl wahrscheinlich vornehmlich
            durch die private Initiative der richtungweisenden Kanzleibeamten. Es handelte sich
            einerseits um Übernahme der bewährten Sammlungen der früheren Zeiten (vornehmlich ist
            das die sog. Petrus de Vinea Sammlung), es entstanden jedoch auch eigene Sammlungen
            aufgrund des aktuellen Angebots am vorhandenen Kanzleimaterial. Führend war natürlich
            die königlich-luxemburgische Kanzlei, wobei besonders die Karls IV. – diese vornehmlich
            dank seinem Kanzler Johann von Neumarkt – recht massiv vertreten ist. Aus dem
            städtischen Material ist das Troppauer und Prager Material interessant, jedoch auch das
            im Bereich des öffentlichen Notariats. Was die Sprache betrifft, so dominiert die
            lateinische, ziemlich überraschend fehlt die deutsche, während die tschechische erst am
            Anfang des 15. Jh. auftaucht.</p>
          <metamark rend="*"/>
          <p>Es lohnt sich mit der Paraphrase einer berühmten Parole beginnen. Es gilt zwar ganz
            allgemein, dass <emph>ars longa</emph> und <emph>vita brevis est</emph>, jedoch auch in
            gewisser Paraphrase dieses Slogans ist zu sagen, dass auch <emph>investigatio librorum
              formularum medievalium longa est, sed vita nostra brevissima.</emph> Nun aber schon
            zum konkreten Thema<note n="*" type="footnote">. Um die tschechisch verfasste Literatur
              dem Leser mindestens ein wenig näher zu bringen, füge ich dort, wo es mir nötig
              schien, in eckigen [ ] Klammern deutsche Titelübersetzung bei.</note>.</p>

          <div>
            <head type="h1">I. Allgemeine Voraussetzungen</head>
            <p>Das 13. Jahrhundert gilt zwar allgemein als Umbruchzeit, doch merkt man das im
              Königreich Böhmen in noch pointierterer Weise. Das betrifft auch die schriftliche
              Verwaltungskultur, wie das Marie Bláhová im vorgehenden Beitrag dieser Publikation
              dargelegt hat<note n="1" type="footnote">
                <p>. Ich habe mich zur diesen Problematik verschiedentlich und
                  mehrmals geäußert, vgl. das diesbezügliche Verzeichnis in: Ivan Hlaváček, Höfe,
                  Residenzen, Itinerare, Praha 2011, S. 13ff. Darüber hinaus handelt es sich um zwei
                  Miszellen: Kancelářská písemná kultura doby Karlovy v českém státě. Několik
                  poznámek [Schriftliche Kanzleikultur der Zeit Karls IV. im böhmischen Staat], in:
                  Archivní časopis 29, 1979, S. 9-20 und Předpoklady a projevy kvantitativního a
                  kvalitativního nárůstu úředních písemností v Čechách doby lucemburské
                  [Voraussetzungen und Produkte des quantitativen und qualitativen Wachstums im
                  luxemburgischen Böhmen], in: Piśmiennictwo Czech i Polski w średniowieczu i we
                  wczesnej epoce nowoźytnej, hg. von Antoni Barciak, Katowice 2006, S. 179-190.
                </p></note>. Jedoch der große Dynastienwechsel nach 1300 hat diesen Umbruch noch
              exponenziert. Im 14. Jahrhundert beschleunigte sich nämlich besonders der
              wirtschaftliche, rechtliche, d. h. vornehmlich auch administrative sowie kulturelle
              Aufstieg . Damit ging natürlich Hand in Hand der Bedarf intensiverer
              Verwaltungstätigkeit in allen Bereichen und an allen Ebenen des öffentlichen Lebens
              des Landes, an der Spitze freilich mit dem königlichen Hof mit seinen
              böhmisch-königlichen, ab Karls IV. Zeit auch römisch-königlichen bzw. -kaiserlichen
              Prärogativen. Hand in Hand damit merkt man auch den allseitigen Aufstieg der
              Städte.</p>
            <p>Aber auch die Kirche hat an diesem Prozess aktiven Anteil genommen. Das alles hat
              dringend auch vertiefte Kenntnisse des Lesens und Schreibens vorausgesetzt, nach der
              Gründung der Universität 1348 im noch erhöhtem Maße. Allerorts tauchten nämlich
              Kanzleien unterschiedlicher Niveaus und Kompetenzen auf, die früher unvorstellbare
              Aufgaben erfüllen mussten. Deshalb wuchs notgedrungen im großen Maße nicht nur die
              Zahl schriftlicher Verwaltungsunterlagen, sondern auch ihre Variabilität. Dass damit
              eng die Zunahme der Beamtenzahl unterschiedlicher Qualifikationen, Qualitäten und
              Aktivitäten anwachsen mußte, versteht sich von selbst. Mit anderen Worten bedeutet das
              einen bisher kaum vorstellbaren gesellschaftlichen Wandel.</p>
            <p>Dass im ganz engen Zusammenhang damit selbstverständlich das sich vertiefende
              schriftliche Rechtsverfahren innerhalb einzelner sozialer Schichten verlief, das
              früher fast nur auf kirchliche Kreise beschränkt war, versteht sich von selbst. Jedoch
              auch die quer durch die unterschiedlichen sozialen Schichten laufende schriftliche
              Kommunikation nicht nur mit benachbarten, sondern auch entfernteren Partnern sowohl im
              altbewährten kirchlichen (so vornehmlich im Kontext mit der päpstlichen Kurie in
              Avignon), jedoch zunehmend auch im weltlichen Bereich, spielte zunehmend mit. Auch
              bloße kurzlebige Handelskorrespondenz mit entsprechenden Rechnungsunterlagen wuchs
              fast unkontrollierbar, obwohl das italienische Niveau freilich nicht erreichbar war,
              ja von weitem nicht erreichbar werden konnte. </p>
            <p>Damit hängt einerseits zusammen, dass verschiedene neue schriftliche Produkte
              entstehen mussten, anderseits sich auch die Produktion des Geschäftsschriftgutes,
              besonders was wirtschaftliche Aktivitäten betrifft, mehrfach gewachsen ist. So nimmt
              es kaum Wunder, dass man nicht nur zu neuen Produkten der Verwaltungspraxis (auch
              Textsorten genannt) jedoch parallel dazu auch zu neuen Hilfsmitteln Zuflucht gesucht
              hat, ja eigentlich dazu gezwungen wurde. Während in der späten Přemyslidenzeit solche
              Unterlagen eher als Produkte der privaten Aktivität von Einzelleuten betrachtet werden
              können, ja müssen, änderte sich nun im böhmischen Königreich die Lage grundlegend,
              wobei freilich die persönliche Initiative von Einzelbeamten immer vorauszusetzen ist,
              was hoffentlich aus den anknüpfenden Ausführungen noch genauer erhellt.</p>
            <p>Damit ging notgedrungen Hand in der Hand auch die Lese- und Schreibkundigkeit nicht
              nur im Rahmen der Verwaltung, sondern auch im Kontext der literarischen Aktivitäten,
              die sich immer deutlicher aus dem Bann der bisherigen Alleinherrschaft der
              Kirche-Geistlichkeit auszuklammern begannen. Ist das schon seit dem Anfang der
              Regierung Johanns von Luxemburg zu merken, gilt das um so mehr ab der Mitte des 14.
              Jh. Der Antritt Karls IV. sowohl als böhmischer (1346) als auch römischer König (1346)
              und 1355 als Kaiser sowie Gründer der Prager Universität (1348) stellt im gewissen
              Sinne weitere Meilensteine dar. Nur beispielhaft kann man anführen: gegen Dutzende von
              literarischen Handschriften heimischer Herkunft vor 1300 gibt es ab jetzt Hunderte, ja
              nach 1350 Tausende von Handschriften, die im Lande entstanden sind. Im Bereich der
              Verwaltung ist dieser Aufschwung noch deutlicher. Gegen Hunderte einheimischer
              Urkunden der Přemyslidenzeit zählen sie jetzt Aberhunderte, ja Tausende, wobei auch
              die Zahl der Aussteller und Empfänger des administrativen Gutes stürmisch wächst <note
                n="2" type="footnote">Nur die Evidenz der besiegelten Urkunden durch die
                Altstädter Prager Stadtkanzlei, die sich für etliche Jahre der ersten Hälfte des 14.
                Jh. im ältesten Altprager Stadtbuch erhalten hat, zählt mehrere Hunderte von
                Privaturkunden für einzelne Lustren auf. Vgl. jetzt Hana Pátková in Zusammenarbeit
                mit Věra Smolová und Aleš Pořízka (ed.), Liber vetustissimus Antiquae civitatis
                Pragensis 1310-15518 (Documenta Pragensia - Monographia 25), Praha 2011, Übersicht
                S. 55f. mit Hinweis an die diesbezügliche Quellenstelle.</note>. Mit der Verbreitung
              der Schreibkenntnisse und allgemeiner Intensivierung der schriftlichen Produktion
              hängt natürlich auch das Bedürfnis der Beschleunigung des Schreibens und
              selbstverständlich im Zusammenhang damit der Versuche um ihre Vereinfachung<note n="3"
                type="footnote">Diesem Thema kann hier nicht Aufmerksamkeit gewidmet werden, vgl.
                nur Hana Pátková, Česká středověká paleografie [Böhmische mittelalterliche
                Paläographie], České Budějovice 2014<hi rend="sup">2</hi>, S. 113 ff., besonders
                dann 133ff.</note>. </p>
            <p>Jedoch nicht nur das. Es handelt sich auch um das neu aufkommende administrative
              Buchgut. das sich vorher, d. h. im ausgehenden 13. Jh. eigentlich nur auf böhmische
              Landtafeln beschränkte<note n="4" type="footnote">Da ist nur allgemein auf den
                bahnbrechenden Aufsatz von Hans Patze hinzuweisen: Neue Typen des
                Geschäftsschriftgutes im 14. Jahrhundert, in: (Vorträge und Forschungen 13),
                Sigmaringen 1970, S. 9-64.</note>, obwohl auch andernorts die Anzeichen über
              Existenz des Gutes der inneren Verwaltung schon zu registrieren sind. Ab jetzt, d. h.
              im 14. Jh., beginnt aber dieses Gut auch bei anderen Institutionen stets massiver, ja
              massiv aufzutauchen, seien es Stadtbücher, Register und wohl besonders verschiedene
              Produkte des Rechnungswesens, obwohl diese als Verbrauchsgut meist absichtlich
              kassiert wurden.</p>
            <p>Man merkt: die Verwaltung an allen Ebenen erlebt einen bisher kaum geahnten
              Aufschwung, von der Jahrhundertmitte dann mit noch steigender Intensität. Deshalb
              wuchs auch die Zahl der professionellen Beamten, egal ob man sie Notare, Schreiber,
              Registratoren, öffentliche Notare oder anders nannte. Es handelte sich nämlich um
              Intellektuelle aller Art, zunehmend jedoch um Leute mit spezieller, nicht selten auch
              mit ausländischer, vornehmlich italienischer Bildung. Solche Spezialisten wurden dann
              besonders geschätzt. Deshalb auch kein Wunder, dass sie manchmal nicht nur zu hohen
              kirchlichen, jedoch auch zu weltlichen Würden und Ämtern emporstiegen. Wie im
              vorgehenden Beitrag von Marie Bláhová (der auch sonst zugezogen werden soll) dargelegt
              wurde, gab es jedoch ab Ende des 13. Jh. auch in Böhmen Notarschulen, wo aber nicht
              nur das „plumpe Notarsgewerbe“ gelehrt wurde, sondern auch verschiedene Hilfsmittel
              zur Beherrschung der Notarkunst benutzt, abgeschrieben, nachgeahmt und schließlich
              auch konzipiert wurden. Dabei hat im Lande schon ziemlich bald nach seiner Entstehung
              auch das sog. Formelbuch Petrus´ von Vinea gewirkt. Über „seine“ späte Přemyslidenzeit
              braucht man hier nicht sprechen, doch ist es zu konstatieren, dass es sich um ein Werk
              gehandelt hat, das im böhmischen Milieu eine langlaufende Wirkung besaß. Es drang
              nicht nur in die Kanzleipraxis ein, sondern auch in den universitären Unterricht, wie
              darüber der Lokationskatalog des universitären Karlskollegs aus der Mitte der zweiten
              Hälfte des 14. Jh. ausweist<note n="5" type="footnote">S. Ivan Hlaváček, Knihy a
                knihovny v českém středověku [Bücher und Bibliotheken im böhmischen Mittelalter],
                Praha 2005, S. 298. Über diese Sammlung im breiten Kontext vgl. Benoît Grévin,
                Rhétorique du pouvoir médiéval. Les <emph>lettres</emph> de Pierre de la Vigne et la
                formation du langage politique européen, <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num>
                    -<num>xv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle (Bibliothèque de l’École française de
                Rome, 339) Rome 2008. <space/></note>.</p>
            <p>Obwohl eben fremde Impulse angeführt wurden, muss doch als entscheidender Antrieb für
              das Entstehen und Konzipieren heimischer Hilfsmittel stets eigener Bedarf und eigenes
              Material gelten. Dass dabei freilich die persönliche Initiative als primum movens
              galt, versteht sich von selbst. Um das ziemlich breite Panorama sinnvoll skizzieren zu
              können, muss anfangs die Kanzleienstruktur im böhmischen Königreich des 14. Jh. knapp
              charakterisiert werden.</p>
            <p>Als älteste Einrichtung, die mindestens seit dem frühen 13. Jh. relativ durchgehend
              (obwohl freilich im mittelalterlichen Sinne des Wortes) funktionierte, galt die
              königliche Hofkanzlei<note n="6" type="footnote">Es existiert keine zusammenfassende
                Geschichte der luxemburgischen Hofkanzlei, doch mehrere Spezialuntersuchungen sind
                vorhanden, an die nur allgemein verwiesen werden kann: Ivan Hlaváček in: Ivan
                Hlaváček – Jaroslav Kašpar – Rostislav Nový, Vademecum pomocných věd historických
                [Vademecum der historischen Hilfswissenschaften], Praha 2002<hi rend="sup">4</hi> ,
                S. 275f. Leider ist die großangelegte Habilschrift von Peter Moraw (auch) über die
                luxemburgische Kanzlei nur im Manuskript geblieben und deshalb kann nur auf seine
                knappe Kanzleigeschichte Karls hingewiesen werden: Grundzüge einer Kanzleigeschichte
                Kaiser Karls IV., in: Zeitschrift für historische Forschung 12, 1985,
                S. 11-42.</note>. Ihre Struktur und Organisation hat jedoch im 14. Jh. unter
              westlichem Einfluss neue Impulse bekommen und wurde unter Karl IV. im Rahmen der
              böhmischen Verhältnisse zur Großbehörde mit umfangreicher Reichs- und böhmischer
              Agenda. Das heißt, dass in ihrem Personal zur relativ deutlichen Strukturierung und
              Schichtung der Kompetenzen kam und obwohl keine Kanzleiordnung bekannt ist (und wohl
              auch kaum schriftlich fixiert existierte), war ihr Arbeitsrhythmus schon ziemlich
              stabil. Die Zahl gleichzeitig amtierender Notare und Schreiber ist jedoch nicht genau
              abzuschätzen, da diese Leute verschiedentlich zwischen ihren privaten Angelegenheiten,
              besonders Pfründen- und Hofverpflichtungen pendelten, obwohl sich dort schon
              allmählich das laikale Element zu Wort gemeldet hatte. Jedenfalls hat es sich um
              Dutzende, ja Aberdutzende von Menschen unterschiedlichen Ranges gehandelt. Darüber
              hinaus existierten, oder aber eben in dieser Zeit am Hof entstanden, verschiedene
              weitere Nebenkanzleien oder wenigstens Spezialnotariate, wie das der Küche u. a. Mit
              Ausnahme der Kanzlei des Reichshofgerichtes<note n="7" type="footnote">Vgl. nur
                Hanns Wohlgemuth, Das Urkundenwesen des deutschen Reichshofgerichts 1273-1378
                (Quellen und Forschungen zur höchsten Gerichtsbarkeit im Alten Reich 1)
                Köln-Wien,1973.</note> und des Amtes des böhmischen Unterkämmerers waren diese
              jedoch so gut wie stets nur zum Zweck des inneren (Hof)haushaltes bestimmt.</p>
            <p>In Mähren dann nach der Entstehung der ordentlichen luxemburgisch markgräflichen
              Sekundogenitur um Mitte des 14. Jh. entstand kontinuierlich fungierte markgräfliche
                Kanzlei<note n="8" type="footnote">Darüber Tomáš Baletka, Dvůr, rezidence a
                kancelář moravského markraběte Jošta (1375-1411) [Hof, Residenz und Kanzlei des
                mährischen Markgrafen Jodok], in: Sborník archivních prací [künftig SAP] 46, 1996,
                S. 259-536. Die ihr vorübergehend vorgehende Kanzlei der přemyslidischen Markgrafen
                braucht nicht reflektiert werden.</note>, freilich mit bedeutend kleineren
              Kompetenzen und dementsprechend bescheidener Urkundenemission als die „Prager“
              Hofkanzlei.</p>
            <p>Eine spezifische Stellung innerhalb der böhmischen Zentraleinrichtungen besaß das
              böhmische Landgericht in Prag mit seinen Landtafeln als höchste Standesbehörde des
              Landes im Bereich der allgemeinen Kompetenzen der freien Tschechen<note n="9"
                type="footnote">Wegen totaler Vernichtung durch Brand der Prager Burg 1541 stehen
                mit einziger Ausnahme aus dem Mittelalter nur abschriftliche Einzelheiten außerhalb
                des Amtes verwahrt, zur Verfügung. </note>. In Mähren wurde ins Leben eine analoge
              Einrichtung berufen, oder besser aus älteren Wurzeln reorganisierte ähnliche
              Institution, jedoch mit wechselndem Sitz in Brünn und Olmütz<note n="10"
                type="footnote">Dazu besonders Libor Jan, Vznik zemského soudu a správa středověké
                Moravy [Die Entstehung des Landgerichtes und Verwaltung des mittelalterlichen
                Mährens], Brno 2000, besonders S. 152f.</note>. Beide pflegten um diese Zeit eine
              wichtige Agende – als Landtafelnführung genannt – schon mit mehreren Buchreihen
              unterschiedlicher rechtlicher Kraft<note n="11" type="footnote">Vgl. meine letzte
                Zusammenfassung der Problematik: Die böhmischen Landtafeln als Produkt der höchsten
                Landesgerichtsbarkeit im Mittelalter, in: La diplomatica dei documenti giudiziari
                (dai placiti agli acta, secc. XII-XV), Commission Internationale de Diplomatique - X
                Congresso Internazionale - Bologna 2001, Roma, 2004, S. 79-97.</note>. Über die
              zweifellos fungierte schriftliche Agenda in den Landkreisen wissen wir für diese Zeit
              nur allzu wenig, um damit ernsthaft arbeiten zu können. Neben dem Landgericht und
              Landtafeln konstituierte sich im engeren Bereich der Königsherrschaft das böhmische
              Hofgericht mit Hoftafeln mit eigener umfangreicher Aktivität im Bereich des
                <emph>dominium speciale</emph> des Königs<note n="12" type="footnote">Darüber die
                grundlegende Arbeit von Jiří Kejř, Počátky dvorského soudu [Die Anfänge des
                Hofgerichtes], Rozpravy ČSAV, Reihe der Sozialwissenschften,66-1, Praha
              1954.</note>.</p>
            <p>Aber an Bedeutung gewannen auch andere zentrale bureaukratische Strukturen. Im
              kirchlichen Bereich waren die Kanzleien der Diözesanverwaltungen in Olmütz, jedoch
              besonders in Prag, von großer Bedeutung. Beide mit ziemlich langer Tradition, die doch
              erst im 14. Jh. aufgrund konsolidierter Pfarrorganisation und auch vertiefter direkter
              Kontakte mit dem Papsttum zur Entfaltung gelangten. Erstrangig gilt das von Prag, das
              1344 zum Erzbistum wurde. Da war besonders die Ära des ersten Erzbischofs Ernst von
              Pardubitz (1346-1364), des Juristen, der viele Jahre an norditalienischen
              Universitäten verbrachte und der seiner Kanzlei, oder eher seinen Kanzleien, neue
              Konzeption und Ordnung gab, von eminenter Bedeutung<note n="13" type="footnote"
                >. Neuerdings zusammenfassend Zdeňka Hledíková, Arnošt z Pardubic. Arcibiskup,
                zakladatel, rádce [Ernst von Pardubitz, Erzbischof, Gründer, Rat], Praha 2008,
                S. 103ff. mit älterer Literatur, wo besonders ihre eigenen Studien
                dominieren.</note>. Diese Spitzeninstitutionen der Zeit waren aber nicht die
              einzigen. Denn man sieht, dass sich auch Kanzleien an unteren Stufen der Regional-
              bzw. Lokalverwaltung sowohl weltlich als auch kirchlich entfalten begonnen.</p>
            <p>Besonders sind jedoch die Städte, vornehmlich die königlichen, und ihre
              unterschiedliche Kanzleieinrichtungen hervorzuheben. Unter ihnen ragten freilich
              besonders die Prager Städte hervor, daneben auch die einzige Reichsstadt im Rahmen des
              Königreichs, nämlich Eger. Sie alle strebten, manchmal eigentlich unbewußt, nach
              Effektivität. Das heißt, dass die Benutzung verschiedener Hilfsmittel mehr oder
              weniger unausweichlich erschien. Mit anderen Worten bedeutet das, dass das breite
              Aufkommen von heimischen Formelbüchern im 14. Jh. an sich nicht lange warten ließ,
              obwohl das erhaltene Material, besonders an unteren Verwaltungsebenen, relativ, ja
              absolut spärlich und darüber hinaus sehr verstreut erhalten ist. Jedoch eben deshalb
              ist diese Problematik so verlockend, wobei sie zugleich imstande ist, manches Wichtige
              zur tieferen Kenntnis der Zeit beizusteuern.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Gang der Forschung</head>
            <p>Die Formelbuchstudien bzw. -editionen, die das 14. Jh. betreffen, haben in Böhmen
              lange Tradition schon ab 18. Jh. Als markanteste Persönlichkeiten dieser Anfänge
              gelten Franz Martin Pelzel (1734-1801)<note n="14" type="footnote">Es handelt sich
                freilich vornehmlich um Beilagen, die er aus den Formelbüchern beider Herrscher in
                beiden seinen Luxemburgerbiographien: über Karl IV. (Dresden 1783) und über
                Wenzel IV. (Prag 1788-1790) aus der <emph>Summa cancellariae</emph> Karls und der
                sog. <emph>Cancellaria regis Venceslai</emph> ausgewählt hat.</note> und Franz
              (František) Palacký (1798-1876), dessen Studien auch in der internationalen Forschung
              verdientermaßen entsprechendes Echo fanden<note n="15" type="footnote">Da ist das
                zweibändige Werk František Palackýs auch im allgemeinen Kontext bis heutzutage
                grundlegend, obwohl dessen historische Gliederung der Formelsammlungen und
                editorisch subjektive, aber kenntnisreiche Auslese aus diplomatischer Sicht nicht
                eben allzu plausibel erscheint. Es handelt sich um seine: Über Formelbücher zunächst
                in Bezug auf böhmische Geschichte, Prag ,1842 und 1847 (ursprünglich in den
                Abhandlungen der k. böhmischen Gesellschaft der Wissenschaften V-2 und V-5). Auf
                Palackýs Einfluss an die gesamte Formelbücherforschung wies nachdrücklich Ferdinand
                Tadra hin, Formuláře středověké, důležitý pramen historický [Mittelalterliche
                Formelbücher, wichtige historische Quelle, in: Památník na oslavu stých narozenin
                Františka Palackého, Praha 1898, S. 263-268.</note>. Als Blütezeit der bohemikalen
              Formelbücherforschung kann man jedoch die letzten Jahrzehnte des 19. Jh. registrieren.
              Die Hauptverdienste sind mit Recht dem Skriptor der damaligen Prager
              Universitätsbibliothek (heutige Nationalbibliothek) Ferdinand Tadra (1844-1910)
                zuzuschreiben<note n="16" type="footnote">Vgl. darüber Ivan Hlaváček, Český
                historik Ferdinand Tadra [Der tschechische Historiker F. T.], ursprünglich 1980
                erschienen, jetzt nachgedruckt in: Ivan Hlaváček, O mých předchůdcích a
                současnících, Praha 2011, S. 203ff., wo seine Editionen aufgezählt wurden, die
                jedoch das Horizont der Hofkanzlei überschreiten, da sie ebenfalls den Hilfsmitteln
                anderer Kanzleien, vornehmlich jedoch der des Prager Erzbischofs gelten.</note>,
              während Jan B. Novák (1872-1933), der sich den Formelbücherstudien langzeitig widmen
              wollte. das Thema jedoch relativ bald aufgab<note n="17" type="footnote">Vgl. Václav
                Vojtíšek, Jan Bedřich Novák, Praha 1934.</note>. Aber auch die deutsche Forschung
              hat dabei mitgespielt. Aus diesem Kreis seien wenigstens Jean Lulvès, Hans Kaiser<note
                n="18" type="footnote">Es handelt sich vornehmlich um seine gleichnamigen Bücher,
                die einerseits eine Analyse und anderseits die Edition dieses Werkes bringen: Der
                  <emph>Collectariu</emph><emph>s</emph>
                  <emph>p</emph><emph>erpetuarum formarum</emph> des Johann von Gelnhausen,
                Strassburg 1898 bzw. <emph>Collectarius perpetuarum formarum</emph> des Johann von
                Gelnhausen, Innsbruck 1900. Die Titeleien (nicht der Inhalt!) unterscheiden sich
                wirklich nur in dem fehlenden oder vorkommenden grammatischen Glied im Titel!</note>
              bzw. die Konrad Burdachs Schule (besonders Paul Piur) mit ihren breit angelegten
                Arbeiten<note n="19" type="footnote">Etliche Bände im Rahmen der Reihe Vom
                Mittelalter zur Reformation.</note> genannt.</p>
            <p>Man kann freilich das zur Verfügung stehende Formelgutmaterial aus mehreren Aspekten
              analysieren. Zwei sind jedoch von grundlegender Bedeutung. Erstens kann man in
              mühsamer Arbeit für diese Zeit die einzelnen Formeln in den zuständigen Urkunden
              untereinander vergleichen, wobei leicht festgestellt werden kann, dass der
              individuelle Stil bzw. Diktat besonders in den großen, aber auch mittelgroßen
              Kanzleien allmählich definitiv verschwindet und durch einen Kanzleistil ersetzt wird.
              Das braucht nicht einfach so interpretiert werden, dass hier stets offizielle oder
              aber unoffizielle Unterlagen bzw. Vorlagen zur Verfügung stehen müssten, sondern ist
              das besonders auch der steigenden Intensität der Emission sowie der damit verbundenen
              Vereinfachung des Formulars zuzumuten.</p>
            <p>Doch ist dieser Weg der „Präparierung“ von Urkunden nur allzu kompliziert und kommt
              lediglich zu bedingten Ergebnissen. Gewisse Ausnahme stellt z. B. die Pönformel für
              die Rechtsgeschichte. Denn es konnten auch Vorurkunden im Spiel sein, vornehmlich wohl
              in Form der Kanzleiregister, welche in die Hofkanzlei schon unter Johann von Luxemburg
              eingeführt und stets weiterhin geführt wurden, jedoch für die Luxemburger Zeit fast
              vollständig kaputt gingen. Jedoch auch der „Drill“, den man sich in Notarschulen
              aneignen wusste, konnte seine Rolle spielen.</p>
            <p>Bedeutend ergebnisreicher ist natürlich ein anderer Weg, nämlich das direkte Studium
              des erhaltenen Formelbüchergutes und dessen Vergleich mit entsprechendem
              Originalmaterial bzw. anderen Formelbüchern. Da gelten natürlich die konkreten
              Formelbüchersammlungen bzw. ihre Teile als unmittelbarer Gegenstand des Studiums, da
              sie öfter zum konkreten Konzeptbeamten oder mindestens zur entsprechenden Kanzlei
              führen. Jedoch auch das, d. h. ihr Studium, kann nicht völlig den Diktatvergleich
              meiden, wobei besonders das Arengengut Aufmerksamkeit verdient.</p>
            <p>Doch bevor man unmittelbar zum handschriftlichen Material übergeht, ist als gewisse
              quellenkundliche Ergänzung des sehr lückenhaft erhaltenen Materials auf eine ganz
              spezifische Quellengruppe hinzuweisen. Es ist die Kategorie der mittelalterlichen
              Bibliotheksverzeichnisse, die eine wichtige Rolle spielt. Denn eben sie ist imstande
              wenigstens andeutungsweise zu zeigen, bis inwieweit dieses Material die relativ engen
              Grenzen des pragmatischen Horizonts sprengen und zur allgemeineren Ausrüstung der
              mittelalterlichen Intellektuellen auch außerhalb der Kanzleiforschung werden
                könnte<note n="20" type="footnote">Ivan Hlaváček, Středověké soupisy knih a
                knihoven v českých zemích [Mittelalterliche Verzeichnisse der Bücher und
                Bibliotheken in den böhmischen Ländern], Praha 1965.</note>. Dabei ist darüber
              hinaus auf die nicht zu unterschätzende Gattung des epistolographischen Gutes bzw. der
              Dictaminatraktate nicht zu vergessen, die mit dem Formulargut manchmal sehr eng
              verbunden waren. Das kann jedoch nicht Gegenstand unserer Bemerkungen sein<note n="21"
                type="footnote">In der Luxemburgerzeit ist das besonders das Werk des Mag.
                Dybinus. Vgl. darüber Karel Doskočil, Mistr Dybin, rétor doby Karlovy, in: Zprávy
                Českého zemského archivu 11, (1948), auch Sonderdruck. Über theoretische Anweisungen
                zum Briefschreiben, die meist mit der Universität zusammenhingen, schrieb besonders
                Martin aus Pilsen, der 1372 Magister artium wurde und ein kleines Traktat De
                epistola missili verfasste. Vgl. Josef Tříška, Literární činnost předhusitské
                university, Praha 1967, S. 33ff. und 39. Bei Pavel Spunar, Repertorium auctorum
                Bohemorum provectum idearum post universitatem Pragensem conditam illustrans,
                Wratislaviae etc. 1985 kommt nicht vor. Über den theoretischen Anhang im
                  <emph>Collectarius</emph> Johann Gelnhausens vgl. noch unten Anm. 67.</note>.</p>
            <p>Jedoch zurück zu den Bücherverzeichnissen. Leider ist das böhmische Material dieser
              Kategorie mehr als bescheiden und vornehmlich sehr einseitig vertreten. Darüber hinaus
              gilt, dass solche Verzeichnisse lange nicht alle in konkreten Büchern erhaltenen Titel
              anführen mussten; so betrifft das besonders die Sammelhandschriften, oft mit vielen
              Werken, die manchmal nur den ersten bzw. wichtigsten Titel des Buches anführen.
              Dennoch verdienen sie kurze Erwähnung. Es ist nur eine winzige Zahl von Institutionen
              die Bibliotheken besaßen und zugleich heutzutage noch ihre mittelalterlichen
              Verzeichnisse, freilich von unterschiedlicher Qualität und Vollständigkeit, besitzen.
              Sie heißen: das Karlskolleg der Prager Universität, die Kathedralkapitel in Prag und
              Olmütz und von den klösterlichen Bibliotheken in relativer chronologischer Ordnung die
              Hohenfurter Zisterze, die Nimburger Dominikaner, die Břevnover Propstei in Braunau,
              die Benediktinerabtei in Opatowitz, das Prag-Kleinseitner Augustiner-Eremitenkloster
              beim hl. Thomas, die Augustiner-Chorherren zu Wittingau, die Zisterze in Plass und
              etliche Privatbibliotheken. Ihre Evidenzhilfsmittel der Zeit vor der hussitischen
              Revolution (also vor 1420)<note n="22" type="footnote">Im folgenden werden die
                Nummern des in der Anm. 20 zit. Kataloges zitiert.</note> seien kurz aus unserer
              Sicht vorgestellt:</p>
            <p>Als ältestes Verzeichnis gilt das der Hohenfurter Zisterzienserabtei in Südböhmen,
              das noch aus dem endenden 13. Jh. stammt und deshalb wohl überwiegend noch (und wohl
              auch nur) die Grundausstattung aus dem oberösterreichischen Wilheringer Mutterkloster
              evidiert. Wir finden hier etliche nicht näher identifizierbare Epistolare, die jedoch
              fremder Herkunft sein mussten und kaum konkreten Einfluss übten<note n="23"
                type="footnote">Vgl. I. Hlaváček, Středověké soupisy (wie Anm. 20),
                Nr. 189.</note>.</p>
            <p>Die Nimburger Dominikaner genügt es nur zu erwähnen, da ihr bescheidenes Verzeichnis
              schwer verletzt ist und kaum entziffert werden kann<note n="24" type="footnote">Vgl.
                I. Hlaváček, Knihy a knihovny (wie Anm. 5), S. 130-135. Etliche Druckfehler in der
                Edition (S. 132) sind zu verbessern.</note>.</p>
            <p>Die ziemlich genauen Verzeichnisse der Prager Kapitelbibliothek (das älteste stammt
              schon aus dem Jahr 1354), bringen überraschend keine Anhaltspunkte für unsere
                Fragestellung<note n="25" type="footnote">Vgl. I. Hlaváček, <emph>Středověké
                  soupisy</emph> (wie Anm. 20), Nrr. 92ff.</note>, obwohl in den heute erhaltenen
              Handschriften der Bibliothek verschiedene Texte dieses Charakters aufbewahrt werden,
              die dort so gut wie sicher zum guten Teil schon im Mittelalter lagen, darunter auch
              die Sammlung (die sog. Kleine sechsteilige Sammlung) des Petrus von Vinea.<note n="26"
                type="footnote">Diese Petrus de Vinea Sammlung ist in einer ziemlich alten
                Handschrift erhalten, s. Hans Martin Schaller unter Mitarbeit von Bernhard Vogel,
                Handschriftenverzeichnis zur Briefsammlung des Petrus de Vinea (= Hilfsmittel der
                MGH 18), Hannover 2002, Nr. 182.</note>. Ähnliches gilt auch über die Olmützer
              Verzeichnisse, die ab 1413 bezeugt sind<note n="27" type="footnote">Vgl. I.
                Hlaváček, Středověké soupisy (wie Anm. 20), Nrr. 77-79.</note>.</p>
            <p>In der universitären Karlskollegbibliothek evidierte man um das Jahr 1370 folgende
              relevante fremde Titel, die nebeneinander in einem Bibliotheksfach lagen: <emph>Ordo
                nonus: Formularius literarum pape. Petrus de Vineis. Richardus de Pofis, Novus
                formularius penitenciarie pape</emph> und <emph>dictamina tribuni</emph>, also die
              des Cola di Rienzo<note n="28" type="footnote">Vgl. Ivan Hlaváček, Z knižní kultury
                doby Karla IV. a Václava IV. v českých zemích [Aus der Bücherliteratur der Zeiten
                Karls IV. und Wenzels IV. In den böhmischen Ländern], in: Ders., Knihy a knihovny
                (wie Anm. 5), S. 298. Wohl nicht mit dem Ex., das dem Prager Magister Simon von
                Rokycany (der 1407 in Prag Bakalar wurde) angehörte, identisch. Vgl. Schaller, wie
                Anm. 26, Nr. 183. Sonst sind in dem heutigen Bestand der sich in der Tschechischen
                Nationalbibliothek befindet, noch zwei Handschriften vorhanden, die wenigstens z. T.
                mit den Universitätskollegienbibliotheken zusammenhängen (Schaller, Nr. 184 und
                185). Es gibt auch zwei weitere durchschnittliche Kollegien der Prager Universität,
                die Bücherverzeichnisse haben, die zum guten Tei vorhussitisches Gut evidieren, wo
                auch Formularartiges vorkommt: vgl. Catalogi librorum vetustissimi Univerzitatis
                Pragensis (Corpus Christianorum, Continuatio mediaevalis 271), hg. von Zuzana
                Silagiová und František Šmahel, Turnhout 2015, S. 207.</note>. Und was noch
              wichtiger ist: man findet Einfluss der Petrus de Vinea Sammlung nicht nur in den
              heimischen Formelsammlungen, sondern auch direkt im konkreten Urkundenmaterial der
              Hofkanzlei. Das berühmteste Beispiel bildet die Gründungsurkunde der Prager
              Universität, die nur erwähnet sei<note n="29" type="footnote">Über die
                diesbezügliche „Entdeckungsgeschichte“ vgl. bei Anton Blaschka, Das Prager
                Universitätsprivileg Karls IV, Eine Untersuchung zur lateinischen Kunstprosa des
                Mittelalters, in: Jahrbuch des Vereins für Geschichte der Deutschen in Böhmen 3
                1934, S. 57ff., der an die älteren Arbeiten von Vojtěch J. Nováček, Prameny
                zakládací listiny university pražské vydané Karlem IV. dne 7. dubna 1348 [Die
                Quellen der Gründungsurkunde der Prager Universität von Karl IV.], in: Časopis
                Českého musea 64 (1890), S. 226-238 (auf Grund des Hinweises von Heinrich Denifle)
                gezeigt. Solche Belege ließen sich leicht vermehren. Dazu ist noch die Sonde Hans
                Kaisers, Zu den Quellen der Summa cancellariae Caroli IV., in: Neues Archiv der
                Gesellschaft für ältere deutsche Geschichtskunde 25 1900, S. 217-219, symptomatisch.
              </note>.</p>
            <p>Es ist interessant, dass die schmale Bibliothek der Brewnower Propstei in Braunau in
              Ostböhmen 1393 zwei nicht näher identifizierbare lateinische
                <emph>dictamina</emph><note n="30" type="footnote">Vgl. I. Hlaváček, Středověké
                soupisy (wie Anm. 20) Nr. 5.</note> besaß. Schließlich seien noch die Plasser
              Zisterzienser mit der <emph>Summa dictaminum</emph> des Thomas von Capua und mit einer
              anonymen <emph>Summa dictaminum</emph> erwähnt<note n="31" type="footnote">Das
                Verzeichnis, das jedoch nur einen Bibliotheksteil reflektiert, stammt zwar aus dem
                J. 1441, spiegelt jedenfalls die vorhussitischen Verhältnisse wider. Zur <emph>Summa
                  dictaminum</emph> des Thomas von Capua vgl. H. M. Schaller in: <emph>Lexikon des
                  Mittelalters</emph> 8, München 1997, Sp. 714. Den weiteren Titel bildet eine
                anonyme <emph>Summa dictaminum.</emph> Vgl. die Edition bei Jiří Pražák, Plaská
                knihovna v době husitské [Die Bibliothek des Klosters Plass in der vorhussitischen
                Zeit], in: Jiří Pražák, Výbor kodikologických a paleografických rozprav a studií,
                Praha, 2006 (ursprünglich 1963), S. 64 und 66 (Nr. 6 und 34), der das anonyme Werk
                dem Petrus de Riga zuschreibt, sowie I. Hlaváček, <emph>Středověké soupisy</emph>
                (wie Anm. 20) Nr. 88.</note>.</p>
            <p>Im benediktinischen Opatowitz, bei Wittingauer Chorherren, Brewnower Benediktinern
              sowie bei den Kleinseitner Augustiner-Eremiten, die alle nicht nur relativ
              umfangreiche Bibliotheken innehatten, sondern auch ihre Verzeichnisse besaßen, finden
              wir kaum Spur nach Literatur dieser Art. Das deutet wohl an, dass die meisten
              kirchlichen Institutionen des Regularklerus´ meist – im Unterschied zur Universität
              und dem Kapitelklerus – kaum Interesse an diesem Gut aufwiesen, da es auch kaum
              brauchten und sich deshalb darum kaum gekümmert haben.</p>
            <p>Ziemlich überraschend finden wir aber Formularbehelfe in den privaten Bibliotheken
              von Intellektuellen. Bekannt sind von ihnen drei: der älteste, jedoch undeutliche
              Beleg gar schon aus dem Jahre 1293. Damals wird nämlich im Testament des Rektors der
              Prager Altstädter Egidienkirche ein Band erwähnt, der <emph>solas epistolas</emph>
                enthielt<note n="32" type="footnote">Vgl. Jindřich Šebánek, Testamenty našich
                nižších duchovních feudálů do roku 1310 [Testamente unserer niedrigeren geistlichen
                Feudalen], in: Sborník prací Filozofické fakulty Brněnské univerzity Reihe E, Bd. 10
                (1965), S. 296.</note>. Aus dem Besitz des berühmten streitbaren Scholastikers des
              Prager Domkapitels der zweiten Hälfte des 14. Jh. Adalbert Ranconis de Ericinio
              († 1388) stammt ein zweiter Beleg. Es handelt sich um Briefe des Petrus von Vinea und
              Peters von Blois, die Adalbert mit Sicherheit aus Frankreich nach Böhmen (es ist nicht
              zu entscheiden ob in Avignon bzw. in Paris, wo Adalbert an der Sorbonne im J. 1355 gar
              Rektor wurde, erworben) mitgebracht hat. Diese Handschrift ist auch durch ihre
              Geschicke interessant. Adalbert hat das Buch nämlich geliehen und musste es
              gerichtlich von einem Breslauer Kantor anfordern<note n="33" type="footnote">Vgl. I.
                Hlaváček, Studie k dějinám knihoven v českém státě v době předhusitské I. Některé
                knihovny soukromé [Studien zur Geschichte der Bibliotheken im Böhmischen Staat in
                der vorhussitischen Zeit I. Etliche Privatbibliotheken], Nachdruck in: Idem, Knihy a
                knihovny… (wie Anm. 5, ursprünglich 1965), S. 221, und Soudní akta konsistoře
                pražské [Acta judiciaria dioecesis Pragensis] 1, hg. von Ferdinand Tadra, Praha
                1893, S. 300f. Nr. 338. <space> </space></note>. Vielleicht gehört in diesen
              Zusammenhang auch ein Buch aus der Bibliothek des Prager Generalvikars Adam von
              Nežetice († 1414), dessen Titel lautet <emph>liber diversorum processorum,
                sentenciarum et contractuum</emph><note n="34" type="footnote">Antonius Podlaha,
                Series praepositorum, decanorum, archidiaconorum… s. metropolitanae ecclesiae
                Pragensis, Pragae 1912, S. 72.</note>.</p>
            <p>Schließlich sei das Testament des Predigers an der Peterskirche in der Olmützer
              Vorstadt, einem gewissen Thomas vom J. 1428 (das höchstwahrscheinlich jedoch den
              Zustand vor dem J. 1420 widerspiegelt) erwähnt. Man spricht von einem Formelbuch aus
              der Kanzlei Karls IV., d. h. es handelte sich so gut wie sicher um die noch unten zu
              besprechende <emph>Summa cancellariae Caroli IV</emph><note n="35" type="footnote"
                >. Vgl. I. Hlaváček, Středověké soupisy<emph>…</emph> (wie Anm. 20), Nr. 80. Sie
                heißt «<emph>Summa cancellarii imperatoris</emph>». In der dort zit. Edition von
                Miroslav Flodr durch Versehen «<emph>cancellarie imperatorum</emph>».</note>.</p>
            <p>Das Fazit ist also nicht eben üppig, was aber leicht aus der kargen Überlieferung zu
              erklären ist. Doch muss man erneut in Kauf nehmen, dass nur ganz winzige Überreste
              dieser mittelalterlichen Quellengattung erhalten sind, die darüber hinaus bis auf
              wenige, oben angeführte Ausnahmen, nicht die richtungweisenden Institutionen
              reflektierten. Anderseits sind diese Verzeichnisse – wieder bis auf Ausnahmen – nicht
              exakt und ausführlich genug, so dass manches Existierende in ihnen versteckt und
              unerkannt geblieben sein konnte. Doch sieht man, wie schon oben erwähnt, dass das
              Interesse an Formelsammlungentexten in kirchlichen Institutionen im Unterschied zu den
              Personen geistlichen Standes deutlich geringer war als bei den weltlichen.</p>
            <p>Die Schicht der Notare, die öffentlichen inbegriffen<note n="36" type="footnote"
                >. Vgl. Josef Nuhlíček, Veřejní notáři v českých městech, zvláště v městech
                pražských až do husitské revoluce [Die öffentlichen Notare in den böhmischen ,
                besonders den Prager Städten bis zur Zeit der
                hussitischen Revolution]. K vydání připravili Ivan Hlaváček a Markéta Marková,
                Praha, 2011<hi rend="sup">2</hi>, besonders S. 112-116. Dort auch das Verzeichnis
                der neuen Literatur (S. 371ff.), zu der noch der jüngst erschienene Band Dějiny
                notářství v českých zemích [Geschichte des Notariats
                in den böhmischen Ländern], hg. von Stanislav Balík, Praha 2014, anzuführen ist,
                besonders der Beitrag von Marie Bláhová.</note>, war besonders an dieser Gattung
              interessiert. So ist vorauszusetzen, dass sich solche Behelfe im privaten Besitz
              dieser Leute relativ häufig befinden mussten. Wenn man von eventuellen Testamenten
              absieht, steht jedoch keine Überlieferung dieser Art zur Verfügung. Eine spezifische
              Stellung aber nimmt ein öffentlicher Notar aus westböhmischem Taus namens Johann
              Přimda ein, dessen Nachlass die Handschrift I 40-2 der Prager Kapitelbibliothek
              darstellt, der jedoch noch zum Schluss erwähnt wird.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Das erhaltene Formulargut der luxemburgischen
              Zentralverwaltung</head>
            <p>Nun aber endlich zum eigenen, wirklich erhaltenen Formulargut! Die heutige Forschung
              hat relativ buntes, jedoch oft kaum entsprechend analysiertes, ja manchmal noch kaum
              geordnetes Material zur Verfügung. Dabei heißt es, dass was die Formelbücher betrifft,
              fast alle Ebenen von Verwaltungskategorien hier vertreten sind. Zwar manchmal
              buchstäblich nur symptomatisch, also nicht flächenhaft aber doch. Das Material ist
              nämlich nicht gleichmäßig verteilt, wobei sich die zur Verfügung stehende
              Überlieferung, manchmal undurchsichtlich, d. h. aus verschiedenen sozialen Niveaus
              durchdringt. Die Spuren sowohl der direkten als auch indirekten Vorlagen werden dabei
              meist völlig verwischt. Im Folgenden soll der vorläufige Versuch gemacht werden, die
              profilierten Sammlungen hierarchisch - wie oben angedeutet - geordnet, kurz zu
              charakterisieren.</p>
            <p>Schon am Anfang ist zu sagen, dass man bei der Untersuchung einzelner Sammlungen
              nicht nur zu den diplomatischen, jedoch auch zu den kodikologischen Methoden greifen
              muss. Man arbeitet nämlich so gut wie kaum mit dem originalen Kanzleimaterial, sondern
              – bis auf Ausnahmen, die man eher vermutet als feststellt – mit der sekundären und
              jüngeren Überlieferung, die meist privaten Charakters ist. Die Provenienzen
              festzustellen wäre sehr wichtig, doch sind sie meist unrekonstruierbar<note n="37"
                type="footnote">Zu allen diesen Informationen muss stets die bahnbrechende Arbeit
                von Franz Palacký, Über Formelbücher<emph>…</emph> (wie Anm. 15), zugezogen werden,
                der aus den meisten hier genannten Handschriften das aus seiner Sicht das historisch
                Interessanteste herausgab, jedoch noch nicht mit Rücksicht auf die diplomatischen
                Konnotationen. Auch seine Kategorisierung der einzelnen Sammlungen folgt bloß die
                Faktographie von Einzelformeln, so dass manchmal in diesen Sammlungen
                zusammenhängende Texte abgesondert wurden. Das gilt freilich nicht als Kritik,
                sondern als Konstatierung.</note>.</p>
            <p>Zuerst zur luxemburgischen Hofkanzlei und zu den ihr nahen Hofeinrichtungen, die
              unter Karl und Wenzel (bis 1400, nachher griff er nur ganz selten in die
              Reichskompetenzen ein) auch Reichskompetenzen ausgeübt haben. Aus diesen allen drei
              nacheinander funktionierenden Kanzleien (Johanns von Luxemburg 1310-1346, Karls IV.
              1346-1378, und Wenzels IV. 1378-1419) ist Formelbuchmaterial vorhanden. Dieses ist
              heutzutage freilich von unterschiedlicher Überlieferungsdichte, Bedeutung und Umfang
              greifbar. In Regierungszeit und Milieu des ersten böhmischen Luxemburgers ist ein
              Formelbuch erst relativ spät belegt. Ob das irgendwie mit der Konsolidierung des
              Kanzleiwesens Johanns unter dem Einfluss des jungen und dynamischen mährischen
              Markgrafen Karl (1330-1346), des späteren Karls IV., geschah, ist nicht zu
              entscheiden. Es handelt sich um den anonymen sog. <emph>Codex epistolaris Johannis
                regis.</emph> Er wurde ziemlich früh ediert<note n="38" type="footnote">Von
                Theodor Jacobi, <emph>Codex epistolaris Johannis regis Bohemiae</emph>, Berlin 1841.
                In der Literatur wurde sie genauer nur von Antonín Haas, <emph>Codex epistolaris
                  Johannis regis</emph>, in: <emph>Časopis Archivní školy</emph> 13-14 1935-1936,
                (ersch. 1938), S. 121-142, untersucht, dessen Schlüsse aber mit Abstand zu nehmen
                sind.</note> und steht deshalb der heutigen Forschung leider nur in seiner ganz
              veralteten und wohl nicht ganz vollständigen Edition des <emph>codex unicus</emph> zur
              Verfügung, da die Handschrift, ursprünglich im Staatsarchiv Breslau, mindestens seit
              1919 als verschollen gilt. Aus der Jacobis knappen Beschreibung geht jedoch hervor,
              dass es sich um ein Heft handelte, das nur diese Sammlung, die einer anonymen Hand
              zugeschrieben wird, enthält. Deshalb ist wohl anzunehmen, dass die Sammlung der
              königlichen Kanzlei nahe stehen konnte, obwohl sie nicht direkt als ein
              kanzleiinternes Heft gelten musste. Denn fast alle übrigen Formelbücher (jedoch mit
              Ausnahme der gleich zu besprechenden <emph>Summa Gerhardi</emph> und Gelnhausens
                <emph>Collectarius</emph>) befinden sich in literarischen Sammelhandschriften, in
              denen andere Formelsammlungen oder aber theologische bzw. sonst andere literarische
              Texte überwiegen, was heißt, dass ihre Abschriften eindeutig als „kanzleifern“
              bezeichnet werden können.</p>
            <p>Der <emph>Codex epistolaris</emph> enthält (nach Jacobis Information) insgesamt 226
              Formeln, fast ausschließlich Briefe (202 Stück) in unterschiedlicher Vollständigkeit,
              jedoch bis auf Ausnahmen ohne Datierungen. Ihr Haupttenor waren die Finanzsachen, zwar
              meist, jedoch lange nicht allgemein, mit dem Königshof verbunden. Das heißt, dass dort
              auch viele Briefe vorkommen, die mit dem höfischen Umkreis in keinem Zusammenhang
              stehen, so dass nicht nur die Empfänger, sondern auch Aussteller reichlich
                variieren<note n="39" type="footnote">Ihre Gesamtcharakteristik bietet A. Haas,
                Codex… (wie Anm. 38), S. 122f. Gut ein Fünftel der Stücke nennt als Aussteller den
                König, knapp 10 % seine Söhne, etliches die Gattinnen des Herrschers, jedoch viel
                bleibt für das städtische Material übrig.</note>. Das Material ist also sowohl
              provenienz- und pertinenzmäßig als auch inhaltlich sehr mannigfaltig, so dass jeder
              Versuch um dessen eindeutige Zuschreibung scheitern muss.</p>
            <p>Damit hängt auch die weitere Beobachtung zusammen, nämlich welche Vorlagen zur
              Verfügung standen, bzw. stehen konnten. Sowohl Reinschriften (Kanzleieingang) als auch
              Konzepte (Kanzleiauslauf) sind hier vorauszusetzen, jedoch manchmal nicht genauer
              fassbar. Die Texte wurden manchmal zu bloßen Formeln, doch führen sie von Zeit zu Zeit
              auch Konkreta an, jedoch ohne Datierungen. So kann man mit gewisser Wahrscheinlichkeit
              voraussetzen, dass es sich um einen Arbeitsbehelf handelte, das sich ein
              Kanzleibeamte, ob des Herrschers um 1345 oder städtisch um dieselbe Zeit besorgte. Ob
              event. für spätere Schulzwecke zur Ausbildung der Notare aus dem Material ihm nahen
              Kanzleien, bleibt freilich offen.</p>
            <p>Inhaltlich und formell steht dem Formelbuch Johanns die sog. <emph>Summa
                Gerhardi</emph> nahe, die ebenfalls aus den 40er Jahren des 14. Jhs. herrührt. Ihr
              Autor ist zwar dem Namen nach bekannt, doch ist er nicht näher einreihbar. Wir kennen
              nämlich keine Person der Zeit, die mit diesem Namen identifiziert werden könnte,
              obwohl es sich wahrscheinlich um einen der sonst anonymen unteren Beamten der
              Hofkanzlei, oder eher des Unterkämmereramtes gehandelt haben kann<note n="40"
                type="footnote">Diese Sammlung wurde von Ferdinand Tadra, <emph>Summa
                  Gerhardi.</emph> Ein Formelbuch aus der Zeit des Königs Johann von Böhmen, Wien
                1882 (auch in AöG 63, 2. Teil) ediert, die jedoch manches übrig läßt. Die Analyse
                auch bei A. Haas, wie Anm. 38, S. 136ff.</note>. Jedoch auch hier befindet sich
              Verschiedenes was mit dem Umkreis des königlichen Hofes, ähnlich wie es im vorgehenden
              Formelbuch der Fall war, nichts gemeinsam hat. Deshalb ist auch hier nicht näher
              charakterisierbare Liaison mit dem Milieu der Prager Altstadt vorauszusetzen. Da die
              Schrift als zeitgenössisch gilt, kann sich wohl ebenfalls um originales Behelf
              handeln. Man kann sagen, dass sich hier die Situation des <emph>Codex epistolaris
                Johannis regis</emph> wiederholt.</p>
            <p>Da dem Autor der <emph>Summa</emph> nicht nur das Hof-, sondern auch pragstädtisches
              Material direkt zur Verfügung stand, bedeutet das, dass auch im städtisch Prager
              Milieu direkt gewisse Unterlagen gesammelt wurden. Ob in Gestalt eines bescheidenen
              Formelbuches das Gerhard mit dem hofnahen Schrifttum zur neuen Einheit kompilierte
              oder in einer anderen Weise, steht dahin<note n="41" type="footnote">Über weitere
                Schicksale der Handschrift ist nur soviel bekannt, dass sie in der zweiten Hälfte
                des 14. Jahrhunderts einem gewissen <emph>Jaxo</emph> angehört hat. Nun stehen
                leider all zu vielle Jaxones zur Verfügung. Tadra erwähnt einen Jacobus aus der
                Kanzlei Wenzels IV. als möglichen Nachbesitzer der Handschrift, doch ist das als
                eine nur sehr unsichere Vermutung zu betrachten. Deren Weg in die Prager
                Universitätsbibliothek (jetzige Nationalbiblothek) über die alte Jesuitenbibliothek,
                die die Fonds der mittelalterlichen Kollegienbibliotheken der Prager Universität
                flächenweise übernahm, wäre freilich plausibel. Vgl. auch Ivan Hlaváček, Das
                Urkunden- und Kanzleiwesen des böhmischen und römischen Königs Wenzel (IV.)
                1376-1419 (Schriften der MGH 23), Stuttgart 1970, S. 213ff. und 221. Über diese
                Person hoffe ich eine kleine Miszelle anzubieten.</note>. Wie eng der Gerhards Draht
              zur Kanzlei der Prager Altstadt war, ist nur zu vermuten. Dem Zweck nach stand diese
              Sammlung wohl dem des <emph>Codex epistolaris Johannis regis</emph> nahe und ist als
              Erzeugnis für privaten Nutzen des Inhabers zu betrachten. Und noch eine Nähe zum
              Breslauer verlorenen Kodex ist zu beobachten. Dort fast stets Briefe, hier fast
              ausschließlich Urkunden, in beiden Fällen stets lateinisch verfasst, obwohl um diese
              Zeit sich schon die deutsche Urkundensprache in böhmischen Kanzleien durchsetzen
                begann<note n="42" type="footnote">Vgl. neulich Ivan Hlaváček, Jazyk v
                česko-moravských městských kancelářích v době předhusitské. Vybrané příklady [Die
                Sprache in den böhmisch-mährischen Städten], in: SAP 63, 2013, S. 235-302.</note>.
              Beide Sammlungen schöpften eindeutig aus dem wirklich ausgestellten Material. Es
              beweisen zwar nur vereinzelte, jedoch überzeugende Belege der Originalüberlieferung,
              die nachgespürt werden können.</p>
            <p>Eine wahre Explosion von Formelbüchern im Umkreis des Hofes bzw. eher von
              Handschriften der <emph>Summa cancellariae</emph>, die auch <emph>Summa
                cancellarii</emph> oder aber <emph>Cancellaria Caroli IV.</emph> bezeichnet wird,
              kann man in der oder um die Kanzlei Karls IV. registrieren<note n="43" type="footnote"
                >. Von Ferdinand Tadra, <emph>Summa cancellariae (Cancellaria Caroli IV.)</emph>,
                Praha, 1895. Wichtig ist auch Hans Kaisers Nachweis, dass diese Sammlung direkt aus
                dem Formelbuch des Petrus von Vinea geschöpft hat, die also in der Kanzlei Karls
                vorhanden sein musste. Vgl. seinen Aufsatz Zu den Quellen der Summa cancellariae
                Caroli IV. in: Neues Archiv der Gesellschaft für ältere deutsche Geschichtskunde 25
                1900, S. 217-219.</note>. Mehr als zwanzig Texthandschriften sind erhalten. Deshalb
              lohnt es sich diese Tatsache aus kodikologischer Sicht näher zu charakterisieren.
              Mehrere von diesen Handschriften stammen noch aus dem 14. Jahrhundert, jedoch stets
              aus der Zeit nach 1378 bzw. 1380 (Sterbejahr des Johann von Neumarkt, des Bischofs von
              Olmütz, der in der Funktion des Kanzleileiters und vornehmen Beraters des Kaisers
              funktionierte und der manchmal als „erster Protohumanist“ und am Hof als
                <emph>spiritus movens</emph> galt<note n="44" type="footnote">Über ihn neulich I.
                Hlaváček, Knihy a knihovny… (wie Anm. 5), besonders S. 283-291 und Marie Bláhová,
                Lux Romana v díle Jana ze Středy [Lux Romana im Werk des Johanes von Neumarkt], in:
                  ,<emph>Lux Romana w Europie środkowej</emph>, Katowice-Zabrze 2001,
                S. 76-88.</note>). Inhaltlich handelt es sich um die amtliche
              Hofkanzleikorrespondenz, die sich freilich mit Johanns privatem Briefverkehr, jedoch
              zum Teil auch mit der Olmütz-bischöflichen Verwaltungsaktivität durchdringt <note
                n="45" type="footnote">Sonst kann man an die Schweidnitzer Handschrift mit den
                Schriftstücken Johanns als auf ein gewisses Nebenprodukt dieser Aktivitäten
                hinweisen: Emil Schieche, Schweidnitzer Formularsammlung Johanns von Neumarkt, in:
                Zeitschrift für schlesische Geschichte 61 1927, S. 312-360. Darüber hinaus ist
                besonders an Paul Piurs Edition seiner Korrespondenz hinzuweisen (= Johanns von
                Neumarkt Briefe, Vom Mittelalter zur Reformation 8), Berlin 1937.</note>.</p>
            <p>Die Handschriftenreihe des 14,-15. Jahrhunderts, ja teilweise auch die aus der noch
              jüngeren Zeit der Texte der <emph>Summa</emph> spricht davon, dass das Werk lange Zeit
              als Inspiration beliebt war. Textlich heißt das, dass die Überlieferung dem Umfang
              nach variierte, ja stets irgendwie variieren musste, so dass weder das Stemma noch
              Redaktionen der Sammlung eindeutig rekonstruiert werden können. Bemerkenswert ist
              zugleich, dass die Handschriften in mehreren Bibliotheken sowohl des In- als auch
              Auslandes verstreut sind<note n="46" type="footnote">Zum Verzeichnis vgl. Tadra,
                S. VIII-XXI. Bei seiner Nr. 1 ist die moderne Provenienz zu verbessern, da es sich
                dabei nicht um das Prager Kapitelarchiv, sondern um die Prager Kapitelbibliothek
                handelt. Die Handschrift die sign. I XXVI trägt, ist auf Pergament geschrieben. Vgl.
                Antonín Podlaha, Soupis rukopisů knihovny kapitoly pražské [Katalog der
                Handschriften der Bibliothek des Prager Metropolitankapitels] 2, Praha 1922,
                Nr. 1140 sowie die Nachträge bei Petersohn (vgl. nächste Anm.) S. 334f. Neben den
                bei Tadra angeführten Handschriften sind jetzt noch weitere Handschriften bekannt
                (in München, Breslau und in Jena und freilich die durch Petersohn entdeckte Hs.),
                die sich alle (es trifft jedoch auch bei etlichen anderen zu) im Kontext mit dem
                Text des Petrus´ de Vinea befinden (s. Schaller, wie Anm. 26, Nr. 78 in Jena aus dem
                Besitz Georg Spalatins), und Schaller Nr. 121 in München (im 16. Jh. im Besitz des
                gewissen J. A. Widmannstetter), und Schaller Nr. 239 in der Breslauer
                Universitätsbibliothek (ab Mitte des 15. Jh. im Besitz der schlesischen
                Regularkanonikerpropstei Grünberg).</note>. Und wie es scheint, handelt es sich
              dabei, mindestens mehrheitlich, um schon alte Provenienzen, die nicht nur in
              Mitteleuropa auftauchen, sondern schon im Mittelalter direkt auch z. B. in Schweden
              belegt sind<note n="47" type="footnote">Jürgen Petersohn, Eine neue Handschrift der
                Summa Cancellarii des Johann von Neumarkt, in: <emph>MIÖG</emph> 74 1966,
                S. 333-346, der mit Recht vermutet, dass die Hs. nach Schweden höchstwahrscheinlich
                mit einem der schwedischen Kleriker kam, die in Prag im 14. Jh. studiert gehabt
                haben. Petersohn fasst auch die Literatur über diese Sammlung zusammen.</note>.</p>
            <p>Das eben nur knapp Gesagte<note n="48" type="footnote">Es wäre lohnenswert der
                Provenienzfrage genauer nachzugehen, das muss jedoch einer anderen Gelegenheit
                reserviert werden.</note> kann wohl folgendermaßen zusammengefasst werden: 1) die
              Sammlung hat sich lange Zeit großem Ansehen und breiter Verwendung als praktisches
              Hilfsmittel „Mitteleuropaweit“ erfreut. Die meisten bekannten Erstbesitzer der
              Sammlung waren Privatleute, so dass wirklich eine große und lange Wirkung
              vorauszusetzen ist und ihre Ausstrahlung weit über die Grenzen des Königreichs Böhmen
              anzunehmen ist. Konkretes ist freilich nur zu vermuten. 2) Sehr oft taucht diese
              Sammlung in enger Nachbarschaft mit anderen hochgeschätzten italienischen Sammlungen
              des 13. Jahrhunderts (Petrus de Vinea, Richard de Pofis), was zu vermuten erlaubt,
              dass es sich einerseits wirklich um praktisches und beliebtes, anderseits um
              theoretisches Hilfsmittel gehandelt hat.</p>
            <p>Weitere Sammlung bzw. ihre zwei Redaktionen sind mit der eben besprochenen
                <emph>Summa</emph> kaum zu vergleichen, da sie nach heutiger Kenntnis keine
              nennenswerte Verbreitung erlebten. Es ist das das Werk des ehemaligen Registrators der
              Hofkanzlei Karls und nachher Stadtnotars Johann von Gelnhausen, der zum Ahasver der
              böhmisch-mährischen Kanzleien der zweiten Hälfte des 14. und Anfangs des 15.
              Jahrhunderts wurde. Das Werk ist unter dem Titel <emph>Collectarius perpetuarum
                formarum</emph><note n="49" type="footnote">Von H. Kaiser, <emph>Collectarius
                  perpetuarum formarum…</emph> (wie Anm. 18) ediert, der dem Werk vorher noch eine
                ausführlichen Quellenanalyse vorangestellt hat: H. Kaiser, <emph>Der collectarius
                  perpetuarum formarum</emph> (wie Anm. 18), Strassburg 1898, Aus der neueren
                Literatur zusammenfassend Gundolf Keil in: Verfasserlexikon der deutschen Literatur
                des Mittelalters 4, Berlin - New York 1983, Sp. 623-626.</note> bekannt. Es gilt als
              Produkt der späten Privatinitiative des Autors, als er längst die Hofkanzlei Karls IV.
              verlassen hat. Es scheint, dass man dessen Itinerar wie folgt rekonstruieren kann:
              1374 folgte er Johann von Neumarkt nach seinen Bischofssitz Olmütz als sein
              Kanzleibeamte und im gewissen Sinne auch Vertrauensmann. Doch kurz vor dem Tode des
              Bischofs siedelte er, schon unter der Schirmherrschaft des mährischen Markgrafen Jodok
              (1351/1375-1411) als Stadtnotar nach Brünn um. Seine Brünner Jahre dauerten bis
              irgendwann um oder kurz nach 1390. Dann wechselte er endgültig nach Iglau, wo er als
              Stadtnotar spätestens ab Anfang 1397 bezeugt ist. Seine Spur erlöscht dann dort im J.
                1407<note n="50" type="footnote">Knappe Zusammenfassung neben schon zit. G. Keil
                auch bei Jaroslav Dřímal, Brněnské městské knihy, právo a listiny za písaře Jana
                z Gelnhausen [Brünner Stadtbücher, Recht und Urkunden im Zeitalter J. v. G.], in:
                SAP 8 1958, S. 111ff. </note>.</p>
            <p>Der <emph>Collectarius</emph> schöpft aus dem Schriftgut der Hofkanzlei Karls. Seine
              Genesis ist kompliziert und kaum zu entschlüsseln. Das Material, das den Registern
              Karls entnommen wurde, musste vor 1374 angesammelt worden sein. Ob schon damals ein
              formularartiges Hilfsmittel entstand, ist kaum zu beantworten, da mit Ausnahme der
              nicht ganz eindeutigen Formulierung in der Vorrede des <emph>Collectarius</emph>
              <note n="51" type="footnote">Vgl. nächste Anm.</note>, sind dafür keine solche
              Indizien vorhanden. Die heute erhaltene Fassung entstand also vornehmlich aufgrund
              Gelnhausens eigener Unterlagen aus der Zeit seiner Registratorenstelle in der
                Hofkanzlei<note n="52" type="footnote">Die obangeführte Quellenstelle lautet:
                  <emph>Dum olim in aula cesarea b. m. divi Karoli moratus sum et eciam stipendiatus
                  de sui gracia literarum registrator existens et in registris literarum tam imperii
                  sacri quam regni Bohemie sepe delineantur facta atque gesta eius magnifica
                  scrutans perlegerem et multos formularios stili curie imperialis inepte et
                  incomplete compositos tam in cancellaria quam extra viderem, placuit michi…ex
                  omnibus registris tamquam ex pomerio poma sapidiora …colligere et in unum corpus
                  redigere</emph> (zit. nach F. Tadra, <emph>Summa cancellariae etc.</emph> S. XXI,
                Anm. 1). Wegen der angeführten Umstände muss die Stelle über <emph>formularios stili
                  curie imperialis inepte et incomplete compositos</emph> mit großer Zurückhaltung
                genommen werden.</note>, jedoch erst während seiner Brünner Tätigkeit, also
              irgendwann nach 1379. Stillschweigend wurden jedoch auch verschiedene Texte der
                <emph>Summa cancellariae</emph> benutzt, die ihm zur Verfügung stehen musste, was
              jedoch wegen seiner engen Kontakte mit dem Bischof gar vorausgesetzt werden muss<note
                n="53" type="footnote">H. Kaiser, <emph>Der collectarius perpetuarum
                  formarum…</emph> (wie Anm. 18), S. 37. </note>, ganz abgesehen davon, dass die
                <emph>Summa</emph> in der Kanzlei Karls, die als offizielles Hilfsmittel sicher frei
              zur Verfügung stehen musste.</p>
            <p>Die erste Redaktion des <emph>Collectarius</emph> wurde dem mährischen Markgrafen
              Jodok (1375-1411) dediziert, die zweite dann dem österreichischen Herzog Albrecht III.
              (1348/1365-1395). Welche Gründe haben dazu Johann von Gelnhausen geführt , weiß man
              nicht. Doch ist die enge Freundschaft Jodoks mit Albrecht allzu gut bekannt, so dass
              die Vermittlungsrolle Jodoks nicht ausgeschlossen ist, ja sich direkt anbietet<note
                n="54" type="footnote">Da wäre freilich wichtig das Urkundengut Albrechts III. zu
                mustern, was jedoch noch nicht aus dieser Sicht unternommen wurde; vgl. Christian
                Lackner, Hof und Herrschaft. Rat, Kanzlei und Regierung der österreichischen Herzoge
                (1365-1406) (=MIÖG Erg.-Bd. 41), Wien-München, 2002. </note>. Der Hauptunterschied
              zwischen beiden Fassungen besteht darin, dass die ältere mährische Fassung einen
              theoretischen epistolographischen Anhang besitzt, der ausdrücklich an die <emph>tabule
                magistri Laurentii de composicione litterarum</emph> und <emph>practice tabule sive
                ferculum Romanorum ex conswetudine</emph>
              <note n="55" type="footnote">H. Kaiser, <emph>Der collectarius…</emph> (wie
                Anm. 18), S. 133. Ob sich die Sammlung irgendwie am Jodoks Hof oder in seiner
                markgräflichen Kanzlei widerspiegelt hat, weiß man nicht. Wenigstens finden wir
                nichts davon bei T. Baletka, Hof… (wie Anm. 8), S. 383.</note> fußt. Der Hinweis an
              Magister Lorenz ist zwar ganz allgemein formuliert, doch muβ es sich so gut wie sicher
              um Laurentius von Aquile(g)ia (Cividale dei Friuli) handeln, der mehrere Werke über
              die Briefkunst am Ende des 13. Jh. verfasst hat, dessen Gegenwart zwar in Böhmen im
              heute bekannten Material nicht belegt ist, jedoch aufgrund dieser Information als
              damals vorhanden gelten muss<note n="56" type="footnote">Vgl. Harry Bresslau,
                Handbuch der Urkundenlehre für Deutschland und Italien 2<hi rend="sup">2</hi>,
                Berlin-Leipzig, 1931, S. 260f. und Hans M. Schaller in: Lexikon des Mittelalters 5,
                sub verbo, München-Zürich 1991, Sp. 1759f. Das ist wichtig, da in den heutigen
                Handschriftenbeständen der Tschechischen Republik diese Werke trotz ihren großen
                Verbreitung nicht vertreten sind. Erneut belegt das die immense Bruchstückhaftigkeit
                der Überlieferung.</note>. Diese Konstatierung macht uns darauf aufmerksam, dass
              Schlüsse ex silentio stets mit Zurückhaltung zu nehmen sind.</p>
            <p>Trotz generationenlangem Interesse am Thema Formelbücher der Hofkanzlei Karls IV.
              wurde längst kaum letztes Wort gesagt. So kann hier nur illustrativ die Handschrift
              der Leipziger Universitätsbibliothek Nr. 1249 erwähnt werden, die ein noch nicht
              einreihbares Formelbuch Karls IV. Texte bringt<note n="57" type="footnote">Vgl. J.
                V. Šimák, Bohemika v Lipsku, Praha 1907, S. 46f. Ob es sich um ein der Formelbücher
                handeln könnte, die Gelnhausen (s. Anm. 52) kritisiert?</note>.</p>
            <p>Über Karls Nachfolger Wenzel kann man sagen, eher vermuten, dass unter ihm die
              Unterlagen aus der Zeit seines Vater benutzt und mehrere ihre Texte in die damals
              aktuellen Behelfe übernommen wurden.<note n="58" type="footnote">Vgl. I. Hlaváček,
                Das Urkunden- und Kanzleiwesen… (wie Anm. 41), S. 152.</note> Das war umso eher
              möglich, da seine Kanzlei fließend die Beamten der Vaters Verwaltung übernommen hat um
              sich erst im Laufe der Zeit zu profilieren. Die selbständigen Sammlungen aus Wenzels
              Zeit fanden also kein breiteres Echo<note n="59" type="footnote">Ausführlicher
                darüber Antonín Hadač, Summa cancellariae regis Bohemiae (Cancellaria regis
                Venceslai IV.), in: Časopis Archivní školy 4 (1926/7), S. 11-48 und I. Hlaváček,
                  Urkundenwesen<emph>…</emph> (wie Anm. 41) S. 370-390; die dem Buche vorgehende
                tschechische Fassung dieses Kapitels die breiter gefasst ist, bot auch etliche
                konkrete Beispiele: Ivan Hlaváček, Studie k diplomatice Václava IV. VII. - Dvě
                formulářové sbírky s Václavovými písemnostmi [Zwei Formelsammlungen mit den
                Schriftstücken Wenzels], in: SAP 13-1, (1963), S. 146-168. Darüber hinaus weist
                Hadač überzeugend darauf hin, dass dort viel aus der Cancellaria Caroli IV.
                übernommen wurde.</note>, vielleicht spielte hier auch die Ungunst der Zeit mit, da
              Wenzels Erbe – Sigismund – seine Kanzlei nicht zügig (mit Ausnahme von Registern)
              sondern nur etliche Beamte übernommen hat. Doch auch damals handelte sich noch
              ausschließlich um lateinische Texte, obwohl sonst die deutsche Sprache im
              ausgelieferten Material vorherrschend war.</p>
            <p>Wenn man zum zentralen Amt des Königreichs Böhmen übergeht, so ist das zuständige
              Material des Landtafelamtes zwar vorauszusetzen, doch findet man eher zufällig nur
              verstreute bescheidene Textgruppen, da die ganze Registratur im J. 1541 während der
              verheerenden Feuerbrunst der Prager Burg zugrunde ging. So z. B. die tief in das späte
              13. Jahrhundert reichenden lateinischen sog. Klageformeln, die durchgehend benutzt
              wurden und formelartige Unterlagen haben mussten<note n="60" type="footnote">. Vgl.
                Josef Markov, České žalobní formuláře a reformy Přemysla II. a Karla IV. [Böhmische
                Anklageformulare und Reformen Přemysls II. und Karls IV.], Bratislava 1936,
                S. 5ff.</note>, was auch über die am Landgericht behandelten Rechtstitel
              vorauszusetzen ist. Ein wenig deutlicher sehen wir erst in der zweiten Hälfte des 14.
              Jh. dank einer Handschrift des 15. Jh. (man kann nämlich das diesbezügliche Material
              rückprojizieren), die spätestens seit dem17. Jh. der südböhmischen Zisterzienserabtei
              Goldenkron angehört hat (und jetzt in der Prager Nationalbibliothek aufbewahrt wird).
              Man findet dort nämlich die <emph>Formae litterarum apud tabulas confici solitarum,
                Formae querelarum</emph> oder <emph>Formae literarum judicialium</emph>, die am
              Landgericht obligatorisch waren. Sie wurden schon zum guten Teil auch tschechisch
              konzipiert, während das ganze bisher besprochene Material stets lateinisch verfasst
                ist<note n="61" type="footnote">Vgl. Codex juris Bohemici II-2: <emph>Jus terrae
                  atque jus curiae regiae saeculi XIV<hi rend="sup">m</hi></emph><hi rend="sup"
                  >i</hi>, hg. von Hermenegildus Jireček, Pragae 1870, S. 285-351.</note>. Ob die
              Spärlichkeit der Quellen Folge der Katastrophe der Prager Burg im J. 1541 ist, oder
              deshalb, dass die Einträge relativ stereotyp und die Formularunterlagen nicht zwingend
              nötig waren, ist zwar schwer zu entscheiden, doch neige ich eher zur ersten
              Möglichkeit.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Geistliche Institutionen</head>
            <p>Es ist aber zu anderen schreiblustigen Rechtsebenen zu übergehen. Zuerst zu der
              zweitältesten, nämlich kirchlichen. In diesem Bereich gehört die vorrangige Stellung
              den Kanzleien der Prager Bischöfe. Man sieht, dass hier die přemyslidische
                Tradition<note n="62" type="footnote">Dazu sind wieder die Ausführungen Marie
                Bláhovás in diesem Band, besonders jedoch die Arbeit von Zdeňka Hledíková, zit. in
                folgender Anm. zu konsultieren.</note> eine würdige Fortsetzung bekam. Zuerst ist
              die Adaptation der Formelsammlung des Prager Bischofs Thobias von Bechin (1279-1296)
              in der Kanzlei des Bischofs Johann IV. (es handelte sich um Johann IV. von Dražice,
              1301-1343) anzuführen. Eine Handschrift der Thobias´ Sammlung (die natürlich ältere
              Wurzeln hat), wurde in der Weise adaptiert, dass die Initiale Th(obias) mit J(ohannes)
              ersetzt wurde, ohne sonst etwas zu ändern. Die institutionelle Kontinuität ist hier
              auf der Hand<note n="63" type="footnote">Darüber vgl. Zdeňka Hledíková, Cancellaria
                Johannis de Dražic, in: Acta Univ. Carolinae 1991, Philosophica et historica 2,
                Z pomocných věd historických 9, S. 29-59.</note>.</p>
            <p>Johanns Nachfolger Ernst von Pardubitz aber knüpfte an diese Tradition nicht an, da
              sie schon nicht mehr den neuen Verhältnissen entsprach. Die neuen Verhältnisse
              (Erhöhung Prags im J. 1344 zum Erzbistum und damit zusammenhängende Reorganisation der
              Diözesanverwaltung sowie vertiefte Fäden zum Papsttum) waren anspruchsvoller als
              vorher. Mit anderen Worten heißt das, dass man damals auch zu moderneren und
              komplexeren Hilfsmitteln greifen musste und auch gegriffen hat. Deshalb entstand die
              sog. <emph>Cancellaria Arnesti</emph>, die ein exemplarisches und systematisches
              Kanzleihilfsmittel darstellt<note n="64" type="footnote">Die Edition der
                Formelsammlung aus den Zeiten des ersten Prager Erzbischofs Ernsts von Pardubitz von
                Ferdinand Tadra, <emph>Cancellaria Arnesti.</emph> Formelbuch des ersten Prager
                Erzbischofs Arnest von Pardubic, Wien, 1880 (auch im Archiv für österreichische
                Geschichte LXI-2). Zur Datierung Tadra, S. 272. Sonst etliche treffliche Bemerkungen
                bei Z. Hledíková, <emph>Arnošt z Pardubic…</emph> (wie oben Anm. 13), S. 120ff., die
                dieser Sammlung auch sonst Aufmerksamkeit widmete.</note>. Das heißt, dass die
              Sammlung strikt und systematisch in einzelne kirchenrechtliche Verfügungen gegliedert
              wurde, wobei stets mehrere Varianten konkreter Formulierungen mit gleichem
              Rechtsinhalt angeboten wurden, oft gar mit konkreten Namensnennungen. jedoch stets
              ohne welcherlei Datierungsangaben. Wenn sich in ziemlich wenigen Einzelfällen doch um
              Texte fremder Aussteller handelte, ist es stets die Prager Diözesanzentrale, die
              irgendwie inhaltlich involviert worden war.</p>
            <p>Es überrascht jedoch, dass diese Sammlung nur in einem einzigen Exemplar erhalten
              ist, obwohl aus der (höchst wahrscheinlichen) Nichtexistenz der Formelsammlungen
              Ernsts Nachfolger deutlich hervorgeht, dass die <emph>Cancellaria Arnesti</emph> auch
              seinen Nachfolgern gute Dienste leisten konnte. Die Handschrift gilt als
              zeitgenössisch, spätestens aus der Zeit der unmittelbaren Ernsts Nachfolger (am Rücken
              die Jahreszahl 1386), so dass man annehmen kann, dass es sich wohl um ein
              Kanzleibehelf im wahren Sinne des Wortes handelte<note n="65" type="footnote">Die
                Handschrift wird durch die <emph>Consilia salubria cuilibet salubriter vivere
                  volenti</emph> (wohl als Mahnung?) eingeleitet,</note>. Selbständige Formelbücher
              Ernsts Nachfolger sind nicht zu eruieren, waren aber wohl kaum nötig. Das Epistolar
              Johanns von Jenstein ist privates Gut des zweiten Nachfolgers von Ernst und gehört
              nicht in diesen Zusammenhang<note n="66" type="footnote">Die alte Edition von Johann
                Loserth, Beiträge zur Geschichte der hussitischen Bewegung 1: Codex epistolaris des
                Erzbischofs von Prag Johann von Jenzenstein, in: Archiv für österreichische
                Geschichte 55 1877, S. 267-400 ist nicht vollständig. Die moderne Edition bereitete
                Jaroslav V. Polc vor, seinen Tod hat dem aber jähes Ende vorbereitet. Neulich hat
                diesem Kodex Zdeňka Hledíková, Rukopis listáře Jana z Jenštejna [Die Handschrift des
                Briefbuches J. v. J.], in: Studie o rukopisech 44 2014, S. 57-83 eine ziemlich
                ausführliche Aufmerksamkeit gewidmet.</note>.</p>
            <p> Aber auch bei anderen gerichtlichen Stellen der kirchlichen Verwaltung findet man
              verschiedene Bruchstücke der damals existierenden Hilfsmittel. Es sei nur auf das
              Fragment des Formulars des Prager bischöflichen Offizialats der Zeit Johanns IV. von
              Draschitz (+1343) hingewiesen<note n="67" type="footnote">Es geschah in einer
                Pergamenthandschrift in der sich die wohl wichtigste Überlieferung der <emph>Summa
                  cancellariae</emph> befindet. Vgl. Božena Kubíčková, K počátkům pražského
                oficialátu [Zu den Anfängen des Offizialats in der Prager Diözese], in: Sborník
                příspěvků k dějinám hlavního města Prahy V-2 (1932), S. 459ff., wo auch andere
                Offizialatssammlungen besprochen werden. Darüber hinaus ist wichtig, dass dort nicht
                nur praktische Beispiele zu finden sind, sondern auch theoretische Anweisungen, die
                sonst anderswo fast stets fehlen. Die Benutzung der Formeln treffen wir auch in
                anderen kirchenrechtlichen Produkten. So vgl. Miroslav Boháček, <emph>Processus
                  iudicialis secundum stilum Pragensem</emph>, in: Akademiku Václavu Vojtíškovi
                k 75. narozeninám, Praha 1958, S. 5-35.</note>. Dabei ist ein bisschen überraschend,
              dass man auch Existenz von Formelsammlungen der Ordensgeistlichkeit nicht nur
              voraussetzen, sondern auch beweisen kann. Als pars pro toto genüge nur der Hinweis auf
              ein wohl ziemlich unbedeutendes südmährisches Minoritenkloster in Znaim, das entdeckt
              und identifiziert wurde<note n="68" type="footnote">Jana Svobodová, Neznámý formulář
                řádu menších bratří [Unbekanntes Formularbuch der Minoriten], in: AUC Phil. - et
                historica 1-2, Z pomocných věd historických 16 (= Inter laurum et olivam. Sborník
                Marii Bláhové k 60. narozeninám), 2007, S. 87-92. Sonst ist noch der Beitrag von
                Daniela Brokešová, Formulářová sbírka doby Karla IV. z rukopisu kláštera v Oseku,
                in: Facta probant homines. Sborník příspěvků k životnímu jubileu prof. Dr. Zdeňky
                Hledíkové, Praha 1998, S. 85-99 zu erwähnen.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">V. Städte, Adel und öffentliches Notariat</head>
            <p>Auch beide noch übrig gebliebene Sozialschichten spielten mit. Es sind die Städte
              bzw. ihre Kanzleien, die im Laufe eben des 14. Jh. eine stürmische Entfaltung erlebten
              und die des Adels. denen noch das öffentliche Notariat zugezählt werden muss. Während
              im Bereich des Adels eigentlich nur die Rosenberger, die das wichtigste
              Adelsgeschlecht im Lande waren, mit gewisser Zurückhaltung, zu erwähnen sind<note
                n="69" type="footnote">Vgl. Miroslav Truc, Rožmberské listiny a kancelář ve 14.
                století [Urkunden und Kanzlei der Rosenberger im 14.
                Jh.], in: SAP 22-1 (1972), S. 119.</note>, wissen wir über die städtischen Kanzleien
              besser Bescheid, obwohl auch hier das Meiste unabwendbar verloren gegangen ist.</p>
            <p>Vier Städte seien vorgestellt. Am frühesten, nämlich schon in der ersten Hälfte des
              14. Jh., finden wir – ein wenig überraschend – ein Formelbuch im oberschlesischen
              Troppau „im Betrieb“. Es beinhaltet mehr als 500 Formeln, die sich in fast dreißig
              Gruppen gliedern<note n="70" type="footnote">Da ist auf zwei Studien hinzuweisen:
                Dušan Třeštík, Miejski formularz opawski z początku XIV wieku [Das Formularbuch der
                Kanzlei der Stadt Troppau], in: Śląski kwartalnik historyczny Sobótka 15, 1961,
                S. 1-14 und polemisch dazu František Šigut, Městský formulář opavský z počátku 14.
                století [Das Formelbuch der Kanzlei der Stadt Troppau], in: <emph>Slezský
                  sborník</emph> 59 1961, S. 212-229. Da kann man darauf aufmerksam, dass Schlesien,
                Nebenland der Böhmischen Krone, im Mittelalter ebenfalls ein Land „voll von
                Formularsammlungen“ war. Dazu immer noch wichtig Konrad Wutke, Über schlesische
                Formelbücher des Mittelalters (= Darstellungen und Quellen zur schlesischen
                Geschichte 26), Breslau, 1919.</note>. Der Stoff ist in der Sammlung sehr konzise
              geordnet, wobei die Stadt stets als Aussteller vorkommt<note n="71" type="footnote"
                >. Nur vier Bürgerbriefe kommen vor (D. Třeštík, wie vorige Anm., S. 7).</note>, der
              Empfängerkreis jedoch sehr breit konzipiert ist. Von innerstädtischer Korrespondenz
              bis zu den Texten an geistliche sowie weltliche gesellschaftliche Spitzen europaweit.
              Da das konkrete urkundliche Material aber mehr als spärlich ist, sind nähere
              Forschungen in dieser Richtung kaum möglich.</p>
            <p>Besonders wichtig – da mit dem Namen des berühmten humanistischen Dichters Johann von
              Saaz (auch von Tepl bzw. Schüttwa) und städtischen Notars eng verknüpft – sind zwei
              Saazer Formelsammlungen aus dem Ende des 14. Jh., die hier nur zu erwähnen sind.
              Obwohl längst bekannt und knapp beschrieben, doch harren sie immer einer tieferen
              Bearbeitung, die jedoch reichhaltigen Gewinn verspricht<note n="72" type="footnote"
                >. Vgl. u. a. Wilhelm Wostry, Saaz zur Zeit des Ackermanndichter<emph>s</emph>,
                München 1951. Konkretere Informationen bietet Ludwig Schlesinger, Zwei Formelbücher
                des XIV. Jahrhunderts aus Böhmen, in: Mitteilungen des Vereins für Geschichte der
                Deutschen in Böhmen 27 1889, S. 1-35 und Wenzel Katzerowsky, Ein Formelbuch des XIV.
                Jahrhunderts, ebenda 29 1891, S. 1-30. Weitere Literatur mit Hinweis auf den
                Freiburger Kodex bei Gerhard Hahn, in: Burghart Wachinger (ed.), Deutschsprachige
                Literatur des Mittelalters. Verfasserlexikon, Berlin-New York 2001, Sp. 333-341.
                Vgl. auch H. H. Menge, Die sogenannten „Formelbücher“ des ´Ackermannˇ-Dichters
                Johannes. Ein Vorbericht, Litterae ignotae, Göppingen 1977, S. 45-55, der die
                Sammlungen edieren wollte, leider davon später Abstand genommen hat.</note>.</p>
            <p>Es wäre überraschend, wenn das Haupt der Böhmischen Krone, die Prager Altstadt, hier
              nichts beisteuern könnte. Und wirklich. Man besitzt eine ziemlich breit angelegte
              Sammlung aus der Zeit um 1400<note n="73" type="footnote">Nur teilweise und so gut
                wie ohne Kommentar, ediert von Josef Teige in dem nie ausgelieferten, jedoch
                verschiedentlich expedierten Fragment des III. Bandes seiner Edition Základy starého
                místopisu pražského [Grundlagen der alten Topographie von Prag, Praha ca. 1915],
                S. 1-19 zweiter Paginierung (!). Bisher beste Beschreibung der Hs. bringt Raphael
                Pavel, in: Xenia Bernardina II-2, Wien 1891, S. 275-277.</note>, die zu dem privat-,
              weniger öffentlichrechtlichen Bereich der Stadt auch verschiedene stadtfremde, heute
              kaum im Prager Zusammenhang erklärbare Einzelheiten aufweist. Einerseits handelt es
              sich um 79 Formeln, die schwankend bloße Formeln sind, verschiedentlich jedoch Namen
              bzw. Daten aufweisen, die aber nie konkrete Vorlage zu rekonstruieren erlauben. Dieses
              großenteils ungeordnete Material bringt auch stadtfremdes Gut. Darüber, dass es im
              praktischen Kanzleigebrauch war, zeugt das der Sammlung vorangestellte Register. Aber
              es existierte dort noch ein anderer Teil, von dem nur Titeleien von 65 paarweisen
              Texten erhalten sind. Im ersten ist stets die an den Rat adressierte Anfrage, der
              zweite dann bietet diesbezügliche Antwort an<note n="74" type="footnote">Es heißt:
                  <emph>Aliud registrum de civilibus decretis pro diversis causis difficiendum, quod
                  sit pro informacione aliorum scabinorum faciendum»</emph> Dazu vgl. Ivan Hlaváček,
                Dva příspěvky k diplomatice pražských měst za husitství [Zwei Beiträge zur
                Diplomatik Prager Städte in der Hussitenzeit], in: Zápisky katedry československých
                dějin a archivního studia 7, 1963, S. 82f.</note>.</p>
            <p>Obwohl sich die Handschrift in der Bibliothek der südböhmischen Zisterzienserabtei
              Hohenfurt befindet, scheint es, dass die Vorlage irgendwie direkt aus der
              altstädtischen Kanzlei stammt. Auf welchem Wege jedoch diese Sammlung in die erhaltene
              Sammelhandschrift eingegangen ist, weiß man nicht. Die Handschrift gilt als
              zeitgenössisch – es handelt sich um die Zeit um 1400 oder kurz nachher – und enthält
              ein wenig überraschend einleitend die Lebensgeschichte der Jungfrau Maria. Bis zum
              gewissen Grad gehört in diesen Zusammenhang auch die Formelsammlung heute im
              Staatsarchiv in Wittingau<note n="75" type="footnote">Vgl. Eva Fialová, Formulářová
                sbírka s písemnostmi pražských měst v třeboňském rukopise sign. C 5 [Das Formelbuch
                mit den Schriftstücken der Prager Städte], in SAP 36, 1986, S. 475-545 mit dem
                Regestar im Anhang.</note>, die neben Formeln der Prager Neustadt auch Material aus
              anderen Bereichen beinhaltet, wohl auch bloße dictamina. Übrigens liegt manches aus
              dem städtischen Bereich sicher noch in verschiedenen Stadtbüchern, jedoch auch
              anderswo, verborgen.</p>
            <p>Nur bis zum gewissen Grad gehört hierher die berühmte und historisch wichtige schon
              oben erwähnte sog. Přimda-Handschrift der Prager Kapitelbibliothek<note n="76"
                type="footnote">In der Prager Kapitelbibliothek sign. I 40-2. Vgl. F. Palacký,
                Formelbücher 2 (wie oben Anm. 15), S. 5f. und Antonín
                Podlaha, Soupis rukopisů (wie Anm. 46), S 157f., Nr. 1145.</note>. Ihr Autor war ein
              in Taus fungierender öffentlicher Notar und wohl auch Stadtschreiber, der sich nicht
              nur eine aktuelle Formelsammlung (<emph>Formularius... in quo continentur diverse
                cancellarie</emph>), sondern auch eine ältere italienische Sammlung besorgte,
              nämlich die des Johann von Bologna. Doch gilt es als Ironie, dass sie zwar
              verschiedentlich und oft benutzt wurde und wird, jedoch noch nicht systematisch
              erforscht wurde.</p>
            <p>Eine äußerst wichtige Rolle im öffentlichen Rechtsverfahren spielte auch die
              Institution des öffentlichen Notariats, das eben in dem luxemburgischen 14.
              Jahrhundert einen stürmischen Aufstieg erlebte und so gut wie in allen Rechtsebenen
              tätig (freilich mit unterschiedlicher Intensität) war. Formelbücher sind dort
              „tägliches Brot“ gewesen<note n="77" type="footnote">Es muss genügen an die
                Informationen hinzuweisen, die J. Nuhlíček, Veřejní notáři… (wie Anm. 36), S. 112ff.
                bringt und die sowohl die Benutzung fremder, meist italienischer Sammlungen als auch
                mehr oder weniger zersplittertes eigenes Material des öffentlichen Notariats
                belegen. Neulich vgl. doch Dušan Coufal, Pražský kapitulní kodex K 16: Netušený
                sborník M. Jana z Jesenice, in: Studie o rukopisech 44, 2014, S. 85-139. Nach der
                Feststellung des Katalogisators A. Podlaha handelt sich um ein <emph>Formularius
                  advocatorum.</emph></note>.</p>
            <p>In dieser knappen Übersicht konnten zwar alle Bereiche des öffentlichen Lebens
              präsentiert werden, in denen die Nutzung des Formelgutes bezeugt ist, doch existiert
              noch eine Menge von weniger ausgeprägten und informellen Formelsammlungen bzw. Gruppen
              von Formeln, die noch nicht genauer erforscht wurden und deshalb deren konkrete
              Zuweisung noch nicht möglich ist. Das muss als Aufgabe künftiger Forschung gelten.
              Auch was die Konkretisierung der Datierungen bzw. Nennungen von Personen und anderen
              Namen in den einzelnen Belegen betrifft, ist die Skala umfassend. Von bloßen Formeln
              bis zur fast vollen textuellen „Ausrüstung“.</p>
            <p>Über die Existenz des fremden, vornehmlich italienischen Formelbüchergut im
              böhmischen Besitz der luxemburgischen Zeit weiß man vorläufig nur rahmenweise
              Bescheid. Bis auf die oben erwähnten Ausnahmen wird diese Existenz zwar registriert,
              aber die konkrete praktische Einflussnahme auf das heimische diplomatische Gut wird
              kaum erforscht. Auch ist nicht zu vergessen, dass sich manche Sammlungen ganz
              selbstverständlich innerhalb des literarischen Gutes befinden, was von ihrer
              sekundären Funktion zeugt.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Zusammenfassung</head>
            <p>Zusammenfassend ist also zu sagen, dass das 14. und erste zwei Jahrzehnte des 15. Jh.
              im luxemburgischen Böhmen als sui generis „goldenes Jahrhundert“ der Verbreitung von
              Formelsammlungen zu bezeichnen ist. Dazu ist noch zu sagen, dass bei der Musterung
              dieses Gutes nur spärlich theoretische Anweisungen antrifft. Dagegen sind diese
              Sammlungen nicht selten von verschiedenen Verzeichnissen von Adressen begleitet
              worden, was wohl heißt, dass dazu die einfache Kanzleipraxis geführt hat.</p>
            <p>Dass Verschiedenes noch in Form von kleinen Textgruppen bzw. auch als Einzelheiten an
              oft kaum denkbaren Stellen im kodikologischen Material verstreut zu finden ist,
              versteht sich von selbst. Es heißt also: wir sind hier noch lange nicht am Ende der
              Forschung, eben umgekehrt. Bestenfalls in ihrer Mitte. Denn es handelt sich um einen
              Langlauf mit mehreren, meist kaum zu erwartenden Hindernissen, wie darauf eingangs
              hingewiesen wurde. Es ist aber auch zu hoffen, dass man in dieser Quellengattung noch
              neue Informationen findet. Sowohl zur allgemeinen Geschichte, jedoch auch über die
              Schriftkultur als solche.</p>
            <p>Ganz zum Schluss soll auf eine numismatisch-historische Studie aufmerksam gemacht
              werden, die durch Interpretation und Kombination verschiedener Formelbücher bzw. ihrer
              Formeln versucht zu relevanten historischen Schlüssen zu kommen. Das ist jedoch nur
              ein kleines Beispiel<note n="78" type="footnote">Martin Musílek, Pět tisíc hřiven
                Ebruše Poplínova. Příspěvek k finančnímu podníkání pražských a kutnohorských
                měšťanských elit ve 13. a 14. století na základě výpovědi písemných pramenů [Fünf
                Tausend Mark des Ebrusch Poplin. Beitrag zum Finanzunternehmung der Prager und
                Kuttenberger städtischen Eliten im 13. und 14. Jahrhundert aufgrund der
                schriftlichen Quellen], in: Numismatický sborník 26-1 2011, S. 117-135.</note>.
              Gründliche Forschungen und Ergebnisse sind noch zu erwarten.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part19">
        <front>
          <head>Formularios de la cancillería real castellano-leonesa en la Baja Edad Media</head>
          <byline><docAuthor>M<hi rend="sup">a</hi> Josefa Sanz Fuentes</docAuthor>, catedrática de Ciencias y Técnicas
            Historiográficas, Universidad de Oviedo, Departamento de Historia, C/ Teniente Alfonso
            Martínez s/n, E-33071 Oviedo. <ref target="mailto:mjsanz@uniovi.es"
              >mjsanz@uniovi.es</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Los estudios sobre la cancillería castellano-leonesa a lo largo de la Baja Edad Media
            han sufrido un notorio avance a lo largo de los últimos años. Uno de los temas debatidos
            ha sido el del uso en la misma de formularios que sirvieran de apoyo a la redacción de
            los diferentes tipos documentales. Este trabajo se basa en dos de ellos, uno
            correspondiente a la segunda mitad del s. <num>xiiii</num>, contenido en la obra
            jurídica de Alfonso X, y otro de los años centrales del s. <num>xv</num>,
            correspondiente al reinado de Juan II y vinculado a la figura del más importante de sus
            secretarios, el doctor Fernán Díaz de Toledo. Se completa con la edición de alguna de
            las fórmulas de cartas misivas del segundo y con la comparación de dos fórmulas
            existentes en ambos formularios, para conocer mejor sus cambios redaccionales.</p>
          <p>La cancillería castellano-leonesa, que precisamente entre los siglos <num>xiii</num> y
              <num>xv</num> alcanza un gran desarrollo y ve aumentar considerablemente la producción
            documental, no ha dejado, sin embargo, un reflejo de tal actividad en la presencia de
            formularios que establecieran los modos de redacción de los mismos. Su caso es por ello
            paralelo a lo ocurrido en la cancillería real francesa<note n="1" type="footnote"
              >. Olivier Guyotjeannin, Jacques Pycke et Benoît-Michel Tock, <emph>Diplomatique
                médiévale</emph>, Turnhout, 1993 (L’atelier du médiéviste, 2), p. 230.</note>.</p>
          <p>Y es que, hasta el momento actual, tan solo podemos hablar para este periodo e
            institución de dos formularios, uno de finales del s. <num>xiii</num> y otro de mediados
            del s. <num>xv</num>, de muy diversa procedencia y muy diferentes en lo que a su
            concepción y al volumen y número de fórmulas se refiere.</p>

          <div>
            <head type="h1">I. Las Siete Partidas</head>
            <p>El primero de ellos se enmarca dentro de la gran obra jurídica de Alfonso X
              (1252-1284) y fue concebido como una parte más de la legislación que este monarca
              recopiló en las <emph>Siete Partidas</emph><note n="2" type="footnote">Utilizo la
                edición <emph>Las Siete Partidas del rey don Alfonso el Sabio, cotejadas con varios
                  codices antiguos por la Real Academia de la Historia</emph>, t. II: <emph>Partida
                  Segunda y Tercera</emph>, Madrid, 1807.</note>, en donde fusionó la costumbre
              hispana con las leyes romanistas, y por ello podemos datarlo en el último tercio del
                s. <num>xiii</num>
              <note n="3" type="footnote">Sobre la cancillería de Alfonso X y el reflejo en la
                misma de la legislación alfonsí, vid. Antonio J. López Gutiérrez, <emph>La
                  cancillería de Alfonso X a través de las fuentes legales y la realidad
                  documental</emph>, Oviedo, 1989 (ed. en microforma).</note>.</p>
            <p>En la <emph>Partida</emph> III, título <num>xviii</num>, <emph>De las escripturas por
                que se prueban los pleytos</emph>, se recogen un total de 24 fórmulas, 3 de ellas
              establecidas según las características jurídicas de los documentos y las 21 restantes
              referidas ya a contenidos determinados.</p>
            <p>De las tres primeras, en la ley II del citado título <num>xviii</num>, la inicial va
              dedicada al modo de redacción del que fue el documento más señero de la cancillería
              real castellana: el privilegio rodado<note n="4" type="footnote">Sobre la
                denominación de los diferentes tipos documentales de la cancillería real castellana
                que se citan en este trabajo, vid. P. Ostos Salcedo y M. J. Sanz Fuentes, “Corona de
                Castilla. Documentación real. Tipología (1250-1400)”, en José Marques (ed.),
                  <emph>Diplomatique royale du Moyen Âge</emph>, <num>xiii</num><emph><hi rend="sup"
                    >e</hi></emph>-<num>xiv</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècles, Actes du
                  colloque (Comité International des Sciences historiques. Commission Internationale
                  de Diplomatique</emph>), Porto, 1996, p. 239-272.</note>. Redactado sobre
              pergamino, signado con el signo del rey en forma de rueda, y sellado con el sello de
              plomo pendiente en hilos de seda, ha de redactarse <emph>según costumbre de
                España.</emph> Y establece su formulación: Invocación, preámbulo, intitulación
              completa de rey, reina e hijos varones. Del texto establece cómo da a una persona
              física o jurídica una determinada propiedad o beneficio, o cómo se lo confirma,
              seguido de la dirección y la estipulación de qué es lo que da, bajo que términos y
              condiciones. Es imprescindible la suscripción confirmativa del monarca. Las clausulas
              finales <emph>puede poner</emph> de maldición, penales de multa. Considera también los
              privilegios de confirmación. Fecha completa con expresión de la <emph>iussio</emph>
              real, fecha histórica, <emph>si hubiere algo que celebrar</emph>, y suscripciones.
              Describe asimismo la forma y contenido de la rueda o signo rodado, y al final el
              nombre del escribano que lo hizo y los años de reinado del monarca. Este esquema
              seguirá en uso hasta la desaparición del privilegio rodado tras el reinado de los
              Reyes Católicos a finales del s. <num>xv</num> – comienzos del s. <num>xvi</num>. En
              la ley III establece el modo de validación mediante sello y de expedición del
              privilegio rodado.</p>
            <p>La ley IV recoge el modo de redacción de las cartas plomadas: “<emph>Seello de plomo
                et cuerda de seda pueden poner en otras cartas que non llaman previllejos</emph>”. Y
              de nuevo establece el formulario propio de las mismas, menos solemne que el de los
              privilegios rodados, detallando las fórmulas que deben de ser taxativamente excluidas,
              esencialmente el signo rodado, que se reserva para los privilegios.</p>
            <p>La ley V habla por último de las cartas que se sellarán con cera y que pueden ser
              escritas en pergamino, denominado específicamente <emph>pergamino de cuero</emph>
              cuando se trata de una piel, o en <emph>pergamino de paño</emph>, es decir, en papel.
              El monarca prevé que serán las más numerosas. Reserva para el pergamino de cuero los
              nombramientos de cargos oficiales o las mercedes de por vida, los perdones y otros
              tipos, estableciendo que en papel se han de emitir las que se dan para “<emph>sacar
                cosas vedadas del reyno o las que se dan de mandamiento a muchos concejos</emph>,
                <emph>o de recabdar a algunos homes</emph>, <emph>o de cogechas de maravedís del rey
                o de guiamiento”.</emph></p>
            <p>Y resulta que las fórmulas recogidas por extenso en las leyes siguientes se refieren
              a este tipo de documentos, las denominadas cartas abiertas (pergamino y sello de cera
              pendiente) y mandatos (papel y y sello de cera adherente). </p>
            <p>Las fórmulas VII a XIX son todas cartas abiertas: de nombramiento de un juez
              delegado, de concesión de escribanía pública, de legitimación, de exención de
              tributos, de exención de portazgo, de perdón, de arrendamiento, de pago, de avenencia,
              de <emph>las labores que el rey mandare fazer</emph>, especificando en este caso que
              han de hacerse dos <emph>cartas partidas por abc</emph> (denominación castellana de
              las <emph>chartae per alfabetum divisae</emph> o quirógrafos), de guarda de puertos,
              de encomienda, de guarda de ganados y de saca de cosas vedadas. En cambio reserva para
              el papel los mandatos: para sacar cosas vedadas, para permitir las demandas de
              limosna, para ordenar algo a un concejo, para coger impuestos, para mandar hacer
              pesquisa y para <emph>guiamientos</emph> o salvoconductos de mensajeros.</p>
            <p>En cuanto a su redacción, en la mayor parte de los casos se cambian los nombres de
              personas y lugares por <emph>Fulano/a</emph>, o <emph>Tal</emph> lugar. Pero hay
              fórmulas que reproducen documentos completos, con nombres y lugares, como ocurre en la
              ley VII, o parcialmente, eliminando los nombres de persona, pero manteniendo el de
              lugar, como en la VIII. Para los documentos de concesión el comienzo es siempre
              mediante la notificación más la intitulación del monarca, mientras que para los
              mandatos el comienzo es la intitulación expresada en ablativo de procedencia: <emph>De
                mi…</emph> En el espléndido trabajo de Antonio J. López Gutiérrez sobre la
              cancillería de Alfonso X<note n="5" type="footnote">Vid. nota 2.</note> queda
              demostrado que esta fórmula de inicio fue sustituida por la intitulación directa del
              monarca, sin ir precedida del ablativo de procedencia.</p>
            <p>Es un formulario muy escueto para lo que resultó ser la documentación emitida por la
              cancillería alfonsí. Pero sí podemos decir que en él se trataron todos los tipos de
              documentos posibles en el momento y que, en cuanto se refiere a las formulas extensas,
              se recogieron en ellas por lo general los temas más recurrentes dentro del gobierno de
              la corona, y muy relacionados con lo que eran las necesidades de gobierno de aquel
              momento.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Formulario de los años 1450</head>
            <p>El segundo, en cambio, es, en principio un formulario mucho más amplio y complejo.
              Atrajo la atención en 1964 de Filemón Arribas Arranz, catedrático de Paleografía y
              Diplomática de la Universidad de Valladolid, quien ha dejado una breve descripción del
              manuscrito y una relación de las fórmulas que contiene, transcribiendo aleatoriamente
              aquéllas que le parecieron más destacadas, aproximadamente la quinta parte de las
                recogidas<note n="6" type="footnote">F. Arribas Arranz, <emph>Un formulario
                  documental del siglo</emph>
                <num>xv</num>
                <emph>de la cancillería real castellana</emph>, Valladolid, 1964 (Cuadernos de la
                Cátedra de Paleografía y Diplomática, IV).</note>.</p>
            <p>Se nos ha trasmitido por medio de un manuscrito original, o al menos contemporáneo al
              momento en el que fueron recogidas, y su ejecución puede datarse a mediados del
                s. <num>xv</num>, muy probablemente en la década de los años 50 de dicho siglo. Hoy
              se conserva en la Biblioteca del Palacio Real, en Madrid, y en su tejuelo es
              identificado como <emph>Formulario de documentos reales de la época de Juan II, rey de
                Castilla</emph><note n="7" type="footnote">Madrid, Real Biblioteca, ms.
                2988.</note>.</p>
            <p>Nos hallamos ante un manuscrito incompleto, ejecutado sobre papel recio y muy blanco.
              Actualmente conserva 253 folios. Por la numeración coetánea, que aún se conserva en
              los primeros folios, sabemos que se ha perdido un senión inicial, en el que tal vez
              constara la autoría del mismo. Ha perdido igualmente el último folio del segundo
              senión y asimismo podemos constatar que también ha perdido al menos otro cuaderno
              final, pues la última de las fórmulas hoy conservadas se queda truncada
              inopinadamente.</p>
            <p>La composición del manuscrito, más allá de los dos primeros seniones – el perdido y
              el conservado – resulta muy difícil de establecer, dado la solidez de la
              encuadernación actual que impide apreciar el número de cuadernos y su composición.
              Dicha encuadernación, que aglutina ahora los cuadernillos, fue realizada en el
                siglo <num>xix</num> y, dada la pérdida de los cuadernillos existentes al comienzo y
              al final del manuscrito y del ya citado primer folio del segundo cuadernillo actual,
              es fácil pensar que tal vez hasta ese momento el manuscrito no estuviera encuadernado
              y se hubiera mantenido enlegajado en piezas sueltas, lo que motivó tales pérdidas. Hoy
              consta de 253 folios que han sido numerados a lápiz en el ángulo superior derecho en
              época contemporánea, probablemente por mano del propio Filemón Arribas Arranz.</p>
            <p>La escritura se ejecuta sobre los folios a línea tendida, sujeta a una caja casi
              invariable de 240 x 175mm. Lo que oscila más es el número de renglones, ya que las
              manos que trazaron la escritura no lo hicieron siempre con el mismo módulo ni idéntico
              espacio entre letras e interlineado, de modo que podemos contar que el número de
              renglones oscila entre los 33 y los 39 por página.</p>
            <p>Lo que sí ha utilizado siempre el autor material del manuscrito es el mismo tipo de
              escritura: una gótica redonda cursiva, tradicionalmente denominada cortesana, pero
              trazada con una mano lenta, que busca la claridad para el lector y, que podría
              llevarnos a calificarla como cursiva formada, propia de los usos librarios<note n="8"
                type="footnote">M. J. Sanz Fuentes, “La escritura gótica documental castellana”,
                en M. J. Sanz Fuentes y Miguel Calleja Puerta (coord.) <emph>Paleografía II: las
                  escrituras góticas desde 1250 hasta la imprenta</emph>, Oviedo, 2010 (V Jornadas
                de la Sociedad española de Ciencias y Técnicas Historiográficas, Oviedo, 18 y 19 de
                junio de 2007), p. 107-126, en las p. 119-121.</note>. Por otra parte una mano
              diferente introdujo con posterioridad unas rúbricas o brevetes sobre los asientos,
              pero de forma irregular, ya que no lo encontramos en todas las fórmulas, siendo muy
              frecuente que no hayan sido ejecutados aquéllos en los que el inicio de la fórmula
              coincida con el margen superior del folio, y además por otra parte no siempre recogen
              correctamente el sentido del contenido de la misma<note n="9" type="footnote">Así
                ocurre, por ejemplo, en la fórmula 114, fol. 148, en la que el brevete se enuncia
                con la palabra <emph>Perdón</emph>, mientras que el contenido es la concesión a una
                tercera persona de los bienes incautados a dos condenados a la pena
              capital.</note>.</p>
            <p>En el manuscrito se recogen en la actualidad 431 fórmulas<note n="10" type="footnote"
                >. El número que ofrezco en mi estudio es diferente al que propone Filemón Arribas
                Arranz ya que él no contabiliza como tales las fórmulas que aparecen sólo como mera
                referencia a ser iguales a la anterior, pero varía el destinatario, y en cambio sí
                contabiliza como tales los documentos insertos, que en nuestra opinión y para el
                caso que nos ocupa sólo cumplen la función de ser parte del expositivo del documento
                que sí es la auténtica fórmula.</note>, de las que 426 aparecen desarrolladas, 3
              meramente indicadas como idénticas a las dos que las preceden, y dos, las que preceden
              y siguen al folio perdido, mutiladas.</p>
            <p>En estas fórmulas se recogen esencialmente los cinco tipos de documentos expedidos en
              papel por la cancillería real castellana desde mediados del s. <num>xiv</num> y a lo
              largo del siglo <num>xv</num>. Me refiero a las cartas de merced y reales provisiones,
              documentos más extensos, iniciados por la intitulación completa del monarca; a los
              albalaes de merced y de provisión, de redacción más breve que los anteriores,
              iniciados asimismo por la intitulación del monarca, pero en este caso abreviada a
                <emph>Yo el rey</emph>; y, por último, las cartas misivas, que en el caso de ir
              destinadas a “iguales”<note n="11" type="footnote">Vid. anexo 1.</note> al monarca
              se inician por la dirección, y en caso de serlo a “inferiores”<note n="12"
                type="footnote">Vid. anexo 2.</note>, lo hacen con la intitulación. En cuanto al
              sistema de copia de la fórmula, hay notorias variantes: desde el documento <emph>in
                extenso</emph> completo, al que solo le falta la fecha y la validación, concluyendo
              por el uso más normal, en el que aparecen las fórmulas más comunes – intitulación,
              cláusulas finales, data y validación – etceteradas.</p>
            <p>Por lo que nos ha llegado hoy día, el manuscrito se concibió como un compendio de
              documentos, cuya expedición corría a cargo de un secretario del monarca. Las quince
              primeras fórmulas que se conservan completas, ya que de la primera solo nos resta la
              parte final, al estar la inicial en el primer cuadernillo perdido, sí es,
              esencialmente, un formulario de cartas misivas, cuyos textos se introducen mediante el
              brevete <emph>Para</emph> seguido de la precisión del destinatario: <emph>el rey de…,
                el príncipe de…, el conde de…, la ciudad de</emph>… En las once siguientes,
              igualmente misivas, el brevete adquiere un carácter más didáctico iniciándose por la
              locución <emph>Cómo se escribe a…</emph>, mientras que otras dos de nuevo vuelven al
              primer sistema de <emph>Para.</emph></p>
            <p>A partir de la fórmula 30 el manuscrito se nos muestra totalmente desorganizado. No
              existe una compilación por tipos diplomáticos, ni tampoco por contenidos; pero sí
              podemos reconocer en él la presencia de temáticas que nos llevan a la fórmulas ya
              vistas en las <emph>Partidas</emph> alfonsíes<note n="13" type="footnote">Vid. anexo
                3a y 3b.</note>. Los documentos, como acabo de indicar, ya no están agrupados por
              tipologías diplomáticas y el criterio para establecer los brevetes, que por otra
              parte, como ya se ha indicado, no siempre acompañan a la copia de la fórmula, está
              relacionado bien con el contenido jurídico de los mismos, bien con el nombre de la
              persona o lugar a quien va destinado el beneficio del mismo, y no siempre como ya
              quedó anteriormente expresado<note n="14" type="footnote">Vid. nota 9.</note>, con
              la exactitud que sería deseable.</p>
            <p>Dentro de las cartas de merced abundan las de nombramientos de cargos – distintos
              tipos de escribanías, cargos de justicia, cargos municipales y otros – y junto a ellas
              algunas concesiones temporales de exenciones de pago de tributos. Pero hemos de
              reconocer que el tipo más abundante es la real provisión, el documento por excelencia
              de gobierno en la monarquía castellano-leonesa. Son muchas de ellas documentos
              relacionados con la administración de justicia – orden de recibir jueces ejecutores,
              de dar cumplimiento a cartas de perdón, de prisión y embargo o de libertad y
              desembargo, de ejecución de sentencias – una enorme casuística que ha hecho que en
              algunos casos se copien tres fórmulas aparentemente idénticas en diversas partes del
              libro, si nos atenemos a los brevetes, pero que varían en alguna pequeña circunstancia
              que las hace singulares. Entre ellas podemos encontrar ejemplos de las que por su
              dirección de tipo general, pero al mismo tiempo muy pormenorizada en la relación del
              conjunto de autoridades implicadas en el cumplimiento de las mismas, podríamos
              clasificar como <emph>pragmáticas</emph><note n="15" type="footnote">Un ejemplo es
                la fórmula 117, por la que Juan II ordena, como indica el brevete, “<emph>Que no se
                  haga mal a los judíos”</emph>, en un momento en el que el ambiente dentro del
                reino de Castilla empieza a ser de auténtico motín contra los mismos.</note> u otras
              que, al tratarse de una orden del monarca para la ejecución de una sentencia, podremos
              calificar de <emph>ejecutorias</emph><note n="16" type="footnote">Así la fórmula 64,
                por la que Enrique IV ordena a las justicias de su reino hacer cumplir una
                pragmática de Juan II referida a los emplazamientos de personas ante los tribunales
                de justicia.</note>.</p>
            <p>En cuanto a los albalaes, los de merced son, en la mayor parte de los casos
              expediciones previas a la definitiva en pergamino con sello de plomo de concesiones a
              pepetuidad, utilizados por el monarca cuando estaba lejos del lugar de residencia de
              la cancillería y no poder otorgar desde el primer momento el documento definitivo. En
              cambio de los de provisión, la mayor parte de los contenidos en el manuscrito van
              dirigidos a los contadores mayores y son órdenes para asentar en los libros de
              contaduría las nuevas mercedes concedidas por el monarca, o los salarios que han de
              percibir nuevos cargos recientemente nombrados, o el cambio de asiento de una merced
              de padre a hijo. Pero hay también representación de los albalaes de provisión por los
              que el monarca ordena al canciller y a los selladores que expidan el documento
              definitivo de una merced a perpetuidad que ha tenido que hacer en el documento
              inapropiado del que hablamos antes: el albalá de merced.</p>
            <p>El manuscrito, como antes indiqué, es anónimo y de ahí que para intentar localizar a
              su posible autor hayamos tenido que utilizar datos extraídos de los textos que en él
              se incluyen.</p>
            <p>Tomando como base algunos documentos que bien traen fecha expresa, o que ésta puede
              ser deducida de su contenido, Filemón Arribas Arranz data los textos entre 1427 y
              1454, lo que se correspondería con documentos emitidos durante el reinado de Juan II
              (1406-1454). Pero entre ellos se ha podido constatar la presencia de seis fórmulas
              intituladas por su hijo y sucesor Enrique IV, con lo que habría que llevar su
              cronología hasta unos años más tarde.</p>
            <p>Ante la complejidad en su construcción me he planteado cuál ha podido ser la función
              de este manuscrito y quién su autor.</p>
            <p>Si este texto hubiera sido hecho para su uso en la cancillería o secretaría del
              monarca como formulario, resultaría muy confuso para los escribanos
                <emph>grossatores</emph>, ya que las casuísticas recogidas no son de tipo general,
              sino muy concretas y particulares para cada documento; por otra parte no le permitiría
              conocer, ya que las omite o meramente las enuncia por sus palabras iniciales: “<emph>e
                los unos nin los otros e çétera</emph>”, cuáles eran las cláusulas finales
              correspondientes a cada modelo, ya que éstas, muy especialmente las penales de multa
              para la Cámara real, varían notablemente según el contenido del documento o del valor
              del mismo. Por otra parte el autor del manuscrito habría tenido más cuidado en
              eliminar siempre las referencias personales y topográficas concretas, cosa que en esta
              obra no ocurre con bastante frecuencia.</p>
            <p>Por ello tiendo más a inclinarme a pensar que esta colección de textos, si bien en su
              inicio, como anteriormente dije, sí podría parecer un formulario de uso común en una
              secretaría real, tras un análisis detenido se nos muestra como una recopilación de
              ejemplos prácticos, extraídos de un registro, según parece indicar el etceterado de
              las fórmulas más repetidas, como son la intitulación del monarca y las clausulas
              finales, ejemplos que recogen una casuística muy variada, con unos contenidos que
              suponen, en la mayor parte de los casos, el establecimiento de unas alegaciones
              jurídicas importantes, y por lo tanto más propios para ser utilizados como material de
              formación para personas que necesitaran esa sólida base jurídica y documental propia
              de quienes pretendían ser destinados a formar parte del conjunto de secretarios de los
              que se rodearon, fundamentalmente a partir del siglo <num>xv</num>, los monarcas
              castellanos.</p>
            <p>Sabemos que en las fechas entre las que se mueve este manuscrito formaba parte del
              grupo más cercano a Juan II uno de los personajes más complejos y completos de su
              época, que inició su vida en la Corte como secretario del monarca, y del que tenemos
              referencias como tal desde el año 1425, siendo en ese momento ya bachiller en leyes,
              oidor de la Real Audiencia, relator en el Consejo Real y secretario del rey<note
                n="17" type="footnote">Juan Abellán Pérez, <emph>Documentos de Juan II</emph>,
                Murcia-Cádiz, 1984 (Colección de documentos para la historia del Reino de Murcia,
                XVI), p. 250.</note>. Su carrera junto a este monarca fue rápida y en continuo
              ascenso, llegando a acumular a los cargos antes indicados los de miembro del Consejo
              real, referendario y notario mayor de los privilegios y confirmaciones de su
              cancillería, siendo también doctor en ambos derechos y escribano y notario público en
              todos los reinos y señoríos del monarca castellano: el doctor Fernán Díaz de Toledo,
              del que en este mismo Congreso nos ha hablado Pilar Ostos, analizando la que es, desde
              el punto de vista de la Diplomática, su obra más reconocida: el formulario comúnmente
              denominado <emph>Notas del Relator</emph><note n="18" type="footnote">P. Ostos
                Salcedo, “Las ‘Notas del Relator’: un formulario castellano del siglo
                <num>xv</num>”, URL: <ref target="http://elec.enc.sorbonne.fr/cid2012/part10">http://elec.enc.sorbonne.fr/cid2012/part10</ref>.</note>. </p>
            <p>En publicaciones referentes el mundo de la cultura en el reinado de Juan II se nos
              dice que el Relator mantenía en la corte una “escuela de secretarios”, en la que se
              formaron, además de su propio hijo Luis, el conocido jurista Alonso de Montalvo<note
                n="19" type="footnote">Buenaventura Delgado Criado y Bernabé Bartolomé Martínez,
                  <emph>Historia de la Educación en España y América. La educación en la Hispania
                  antigua y medieval</emph>, Madrid, 1992, p. 460.</note>.</p>
            <p>Las fechas de los documentos reunidos en este libro se corresponden perfectamente con
              la vida activa de Fernán Díaz, ya que sus primeros documentos como secretario del
              monarca se firman en la segunda década del siglo <num>xv</num> y muere en 1457, es
              decir, reinando ya Enrique IV<note n="20" type="footnote">José Luis Bermejo Cabrero,
                “Los primeros secretarios de los reyes”, <emph>Anuario de Historia del derecho
                  español</emph>, 49 (1979), p. 186-296, en la p. 191.</note>.</p>
            <p>Dado que las fórmulas de este manuscrito se corresponden con documentos cuya
              redacción ha de ser visada y suscrita por un secretario, y que, como anteriormente he
              dicho, su origen estaría en registros, cosa que por otra parte fue en cierto modo
              usual incluso en las cancillerías<note n="21" type="footnote">P. Ostos Salcedo, “Los
                registros. Perspectivas para su estudio”, en Elena Cantarell Barella y Mireia Comas
                Via (eds.), <emph>La escritura de la memoria: los registros</emph>, Barcelona, 2011
                (VIII jornadas de la Sociedad española de Ciencias y Técnicas Historiográficas),
                p. 13-37, en las p. 25-26.</note>, creo que no resulta descaminado adjudicarle la
              autoría de los textos contenidos en él al Relator, título con el que Fernán Díaz de
              Toledo prefería ser denominado<note n="22" type="footnote">Sobre su figura hice una
                primera incursión en mi trabajo “Cancillería y cultura en la Castilla de los siglos
                  <num>xiv</num> y <num>xv</num>”, en <emph>Cancelleria e Cultura nel Medio evo.
                  Comunicazioni presentate nelle giornate di studio della Commissione, Stoccarda,
                  29-30 agosto 1985</emph>, Città del Vaticano, 1990 (C.I.H.S. Commission
                Internationale de Diplomatique. XVI Congresso Internazionale di Scienze Storiche),
                p. 187-199, en las p. 194-198.</note> y que bien fueron recogidos, tal vez por su
              hijo o por alguno de sus subalternos, en el periodo que transcurrió desde su
              enfermedad en 1455<note n="23" type="footnote">Fernán Díaz de Toledo otorga
                testamento, estando enfermo, en Almazán, el 16 de febrero de 1455. La edición
                diplomática del mismo realizada por mí se incluye en el artículo “El testamento de
                Fernán Díaz de Toledo, el Relator (1455)” <emph>Historia. Instituciones.
                  Documentos</emph>, 41 (2014), p. 381-406.</note> hasta su muerte en 1457, o
              inmediatamente después de la misma, antes de que los registros del secretario tuvieran
              que ser entregados a su sucesor o a alguna instancia superior de la Corona.</p>
            <p>He de reconocer que el estudio de este manuscrito, llamado hasta ahora formulario, es
              para mí un trabajo aun abierto, del que he aportado a este Congreso mis primeras
              impresiones. En la actualidad estoy preparando su edición y, al hilo de la misma,
              continuamos trabajando para poder profundizar más en el conocimiento de la figura de
              Fernán Díaz de Toledo<note n="24" type="footnote">El trabajo, que realizo en
                colaboración con Pilar Ostos Salcedo, abarcará el estudio pormenorizado de ambos
                formularios: el cancilleresco y el notarial, la contextualización de sus contenidos,
                de forma muy especial el de éste hasta ahora denominado formulario, dentro del
                momento político en el que fue desarrollado, y ampliar los conocimientos biográficos
                de que hasta el momento disponemos sobre la figura de Fernán Díaz de Toledo, uno de
                los personajes más relevantes de la corte de Juan II, ante el que el propio monarca
                otorgó testamento.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Anexo</head>
            <p rend="center">[1] Cartas Misivas del rey a su igual<lb/> y del rey a su inferior
              (Formulario de Juan II).</p>
            <p><emph>En ellas se puede apreciar la diferente ubicación de la intitulación y de la
                dirección, según el monarca sea o no preeminente respecto al destinatario.</emph>
            </p>
            <p rend="center"> [1.a] Para el maestre de Rodas.</p>
            <p>Muy reverendo e de grant religión maestre del Ospital de Sant Johán de Jherusalem,
              nuestro muy caro e muy amado amigo. Nos el rey de Castilla e de León vos enbiamos
              mucho saludar commo aquél que mucho amamos e preçiamos e para quien querríamos que
              Dios diese tanta vida, salud e onrra quanta vos mesmo deseades. Fazémosvos saber
                <emph>e çétera</emph> (<emph>en blanco</emph>).</p>
            <p>Por ende afectuosamente vos rogamos <emph>e çétera</emph> (<emph>en
              blanco</emph>).</p>
            <p>Lo qual vos mucho gradeçeremos y asý lo mandaremos fazer cada que por vos fuese
              escripto. Dada (<emph>en blanco</emph>).</p>
            <p rend="center">[1.b] <hi rend="sup">2r</hi> Para la Corte General de Aragón.</p>
            <p>Nos el rey de Castilla e de León enbiamos mucho saludar a vos, la muy honorable Corte
              General del reyno de Aragón commo aquéllos que mucho amamos e preçiamos e para quien
              mucha onrra e buena ventura querríamos. Fazémosvos saber <emph>e çétera</emph>
                (<emph>en blanco</emph>).</p>
            <p>Por que vos rogamos que por la nuestra contenplaçión <emph>e çétera</emph> (<emph>en
                blanco</emph>).</p>
            <p>Lo qual vos mucho gradeçeremos. Dada (<emph>en blanco</emph>).</p>
            <p rend="center">[2] Documentos de gobierno del rey:<lb/> concesiones y mandatos.</p>
            <p><emph>En estos casos se recogen sendas fórmulas de legitimación: la primera tomada
                del formulario de las Partidas, señalada como [</emph>a] <emph>y la segunda del
                Formulario de Juan II, señalada como [</emph>b]. <emph>El objeto es el mismo, pero
                las alegaciones jurídicas del segundo enriquecen notablemente su
              contenido.</emph></p>
            <p rend="center">[2.1] Legitimaçión.</p>
            <p rend="center">[2.1.a] Legitimaçión (<emph>Siete Partidas</emph>).</p>
            <p>Sepan quantos esta carta vieren como Remon Perez veno ante nos don Alfonso por la
              gracia de Dios rey de Castiella &amp;., e pidiónos merced quel legitimásemos á
              Remonet, su fijo, el qual hobiera de doña Perona, muger que non habie marido. Onde nos
              queriendol facer bien et merced copiemos su ruego et legitimamos por esta nuestra
              carta al sobredicho Remonet, su fijo, et otorgamosle poderío de heredar los bienes de
              Remon Perez su padre desuso nombrado, quantos ha hoy en este dia, et habrá de aquí
              adelante quando quier que muera Remon Perez con testamento ó sin testamento. Otrosi
              otorgamos á Remonet el sobredicho que pueda ser rescebido en toda honra que fijo
              legitimo deba e pueda haber, et non le empesca en ninguna manera porque non fue
              nascido de muger legítima nin vala por endemenos. Et porque esta legitimación sea
              firme, et estable et non venga en dubda, dímosle esta carta seellada con nuestro
              seello de plomo.</p>
            <p rend="center">[2.1.b] Legitimaçión (Formulario de Juan II).</p>
            <p>Don Iohan &lt;e çétera&gt;. Por quanto por parte de vos <emph>Fulano</emph>, clérigo,
              me fue dicho que vos el dicho <emph>Fulano</emph> seyendo clérigo de misa que
              oviérades a <emph>Fulano</emph>, vuestro fijo, en <emph>Fulana</emph>, su madre,
              seyendo ella muger soltera, non seyendo obligada a otro matrimonio nin desposorio
              alguno; e me fue pedido por merçed de vuestra parte que le legitymase e abilitase e
              fiziese ábile e capaz al dicho <emph>Fulano</emph>, vuestro hijo, para en todas cosas
              que omme legítimo e de legítimo matrimonio naçido lo puede e debe ser. E por quanto
              asý commo el papa ha poder de legitimar en lo esperitual, asý los reyes avemos poder
              de legitimar en lo tenporal a los que non son nasçidos de legítimo matrimonio. E por
              ende, yo por fazer bien e merçed a vos el dicho <emph>Fulano</emph>, fijo del dicho
                <emph>Fulano</emph>, clérigo, legitímovos e fágovos legítimo e ábile e capaz para
              que de aquí adelante podades aver e heredar e hayades e herededes todos e qualesquier
              bienes, asý muebles commo rayzes, que los dichos vuestro padre e vuestra madre, o
              alguno dellos, vos dexaren al tienpo de sus finamientos, con testamento o codiçilio o
              abintestato, e les perteneçían aver e heredar de alguna o algunas personas en
              qualquier manera, asý de sus parientes commo de otros estrannos. E otrosý para que
              podades aver e heredar, e ayades e herededes todos e qualesquier bienes, así muebles
              commo rayzes, de qualquier vuestro hermano o hermanos o pariente o parientes, o de
              otra o otras qualesquier personas por quien vos fueren mandados, asý por herençia
              commo por manda o por testamento o por codeçilio o por finamiento o por abintestato o
              por donaçión, commo en otra qualquier manera, asý commo sy fuésedes legítimo e de
              legítimo matrimonio naçido. E otrosý para que podades aver e ayades qualesquier bienes
              muebles e rayzes que por los dichos vuestro padre e vuestra madre, o por alguno
              dellos, vos fueren dados e vendidos, commo de otras qualesquier personas de qualquier
              ley, estado o condiçión que sean. E otrosý para que vos el dicho <emph>Fulano</emph>
              podades aver e ayades todas las honrras e fran//<hi rend="sup">21v</hi>quezas e
              ofiçios e libertades que han e deven aver aquél o aquéllos que son legítimos e de
              ligítimo matrimonio naçidos, aunque sean tales e de aquellas cosas que en esta merçed
              e legitimación que vos yo fago deva ser fecha minçión espeçial. E otrosý para que
              podades dezir e razonar en juyzio e fuera dél todas las cosas e cada unadellas que
              omme legítimo e de legítimo matrimonio naçido puede dezir e razonar. Ca yo de mi
              çierta çiençia e sabiduría e de mi poderío real ausoluto vos quito e tiro toda ynfamia
              e enbargo e defecto que por razón de vuestro nasçimiento vos podía ser opuesto, asý en
              juyzio commo fuera dél, e vos restituyo a todos los derechos e dignidades e
              prerrogativas e tierras e honrras e franquezas e libertades e merçedes que puede aver
              aquél o aquéllos que son legítimos e de legítimo matrimonio nasçidos. E otrosý vos
              fago ligítimo a vos el dicho <emph>Fulano</emph> para que podades gozar e gozedes de
              todas estas cosas sobredichas e de cada una dellas bien, asý commo sy fuésedes nasçido
              de legítimo matrimonio, ca yo de mi çierta çiençia e sabiduría e de mi poderío real
              ausoluto vos ligitimo e fago ligítimo bien, asý commo si fuésedes nasçido de legítimo
              matrimonio. E otrosý legitímovos para que podades aver vos, el dicho
                <emph>Fulano</emph>, ofiçio o ofiçios, asý de regimiento e alcaldía e notaría e
              otros qualesquier ofiçio o ofiçios, asý de mí e en la mi Casa e Corte e Chançillería,
              commo en qualesquier çibdades e villas e lugares de mis reynnos e sennoríos que agora
              son o serán de aquí adelante. E esta merçed e legitimaçión vos fago de mi çierta
              çiençia e sabiduría. E quiero que vos vala e sea guardada agora e en todo tienpo e
              lugar, non enbargante la ley del hordenamiento quel rey don Juan, mi abuelo, que Dios
              perdone, fizo e hordenó en las Cortes de Soria, en la qual se contiene que ningund
              hijo nin hija de clérigo non aya nin herede los bienes de su padre nin de su madre nin
              de otros sus parientes, nin aya qualquier manda o donaçión o vendida que les sea
              fecha, e qualesquier previllejos e cartas que tengan ganados o ganaren en su ayuda; e
              contra esto quél ordenó, &lt;ordeno&gt; e mando que non vala nin se pueda&lt;n&gt;
              dellas aprovechar nin ayudar, ca yo las revoco e do por ningunas. E otrosý non
              enbargante la ley del hordenamiento quel dicho rey don Juan, mi abuelo, fizo e ordenó
              en las Cortes de Briviesca, en la qual se contyene que sy alguna carta fuere dada
              contra ley o fuero o derecho, que la tal carta sea<note n="25" type="footnote"
                  >. <emph>Tachado</emph>: dada.</note> obedesçida e non conplida, non enbargante
              que &gt;en&lt; la dicha carta se faga minçión de la dicha ley, nin de las cláusulas
              derogatorias en ellas contenidas, aunque en las tales cartas se contengan las mayores
              firmezas que ser pudieren. E otrosý non enbargante la ley ynperial e real en las
              quales se contiene que los hijos espurios non pueda&lt;n&gt; ser legítimos salvo de
              çierta çiençia e sabiduría del prínçipe, faziendo espeçial mençión de las dichas
              leyes. Ca yo de mi çierta çiençia e sabiduría e de mi poderío real absolucto dispenso
              con las dichas leyes e con cada una dellas e con las cláusulas derogatorias en ellas e
              en cada una dellas contenidas, o con otras qualesquier que en contrario sean o ser
              puedan, e las revoco en quanto a vos atanne. E quiero que ninguna nin algunas dellas
              non enbarguen nin puedan enbargar nin contra&lt;de&gt;zir a esta merçed e legitimaçión
              que vos yo fago; antes quiero e es mi merçed e voluntad que esta merçed e legitimación
              que vos yo fago que vos vala e sea guardada segund que en ella se contiene para agora
              e para syenpre jamás a vos el ficho <emph>Fulano.</emph> E por esta mi carta mando a
              los alcaldes e alguaziles e otras justiçias e ofiçiales qualesquier de la mi Casa e
              Corte e Chançillería, e a los duques, perlados, condes, marqueses, ricos omes,
              maestres de las órdenes, priores, comendadores e subcomendadores, alcaydes de los
              castillos e casas fuertes e llanas, e a todos los conçejos, corregidores, alcaldes,
              alguaziles, merinos e otras //<hi rend="sup">22r</hi> justiçias e ofiçiales
              qualesquier de todas las çibdades e villas e lugares de los mis reynnos e sennoríos, e
              a otras qualesquier personas mis súbdictos e naturales de qualquier estado o
              condiçión, preheminençia o dignidad que sean, que agora son o serán de aquí adelante,
              e a qualquier o qualesquier dellos a quien esta mi carta fuere mostrada, o el traslado
              della sygnado de escrivano público, que doquier e en qualquier que vos el dicho
                <emph>Fulano</emph> vos acaeçierdes, que vos defiendan e anparen con esta merçed e
              legitimaçión que vos yo fago segund que en ella se contiene. E que vos non vayan nin
              pasen nin consientan yr nin pasar contra ella nin contra parte della en algund tienpo
              nin por alguna manera. E esta merçed e legitimaçión vos fago non faziendo perjuyzio a
              los otros herederos açendentes e deçendientes por la lina derecha, sy los hý ha. E los
              unos nin los otros et çétera.</p>
            <p rend="center">[2.2] Nombramiento de escribano público en alguna villa.</p>
            <p rend="center">[2.2.a] (<emph>Siete Partidas</emph>).</p>
            <p rend="center">Como deuen fazer la Carta, quando el Rey otorga a alguno<lb/> por
              Escriuano publico de alguna Villa</p>
            <p>Sepan quantos esta carta vieren, como Nos Don Alfonso por la gracia de Dios Rey de
              Castilla, etc. otorgamos a Velasco Yuañez por Escriuano publico de Segouia: e
              auiendonos el jurado de fazer e cumplir este oficio bien, e lealmente, también en las
              posturas que los omes fiziesen entre si, como en los testamentos, e en los actos de
              los pleitos que ouiesse a fazer ante algun Juez e en todas las otras cosas que
              pertenecen a este oficio, e otrosí en guardar nuestro servicio, e Señorio sobre todas
              las cosas del mundo. E enuestimosle en este oficio publico con la escriuania, e la
              péñola; e demás le damos poderio, para vsar del públicamente. E mandamos, que las
              cartas que escriuiere de aqui adelante en publica forma, que sean valederas, e creydas
              por todo nuestro Señorio, assi como deuen ser cartas fechas por mano de Escriuano
              publico. E porque esto non venga en dubda, dimosle esta carta sellada con nuestro
              sello de cera.</p>
            <p rend="center">[2.2.b] (Formulario de Juan II).</p>
            <p rend="center">Merçed de escrivanía por vacaçión.</p>
            <p>Don Iohán e çétera. Por fazer bien e merçed a vos <emph>Fulano</emph>, tengo por bien
              e es mi merçed que de agora e de aquí adelante para en toda vuestra vida seades mi
              escrivano público e escrivano público del conçejo de la villa de (<emph>en
                blanco</emph>), segund que lo era <emph>Fulano</emph>, vuestro padre, que es finado.
              E mando al conçejo, alcaldes, alguazil, regidores, cavalleros, escuderos e ofiçiales e
              omes buenos de la dicha villa, e a cada uno dellos a quien esta mi carta fuere
              mostrada, que juntos en su conçejo, segund que lo han acostunbrado, resçiban de vos el
              juramento que en tal caso se requiere; el qual fecho, vos ayan e resçiban por mi
              escrivano público e escrivano del conçejo de la dicha villa en lugar del dicho
                <emph>Fulano</emph>, que es finado; e usen con vos en los dichos ofiçios e en cada
              uno dellos, segund e por aquella vía e forma e manera que usaron con el dicho
                <emph>Fulano</emph>, vuestro padre. E que vos recudan e fagan recudir con todas las
              rentas e derechos e salarios e otras cosas a los dichos ofiçios anexos e
              pertenesçientes, segund que recudieron e fizieron recudir al dicho vuestro padre. E
              vos guarden e fagan guardar todas las onrras e graçias e merçedes e franquezas e
              libertades, esençiones, preheminençias e prerrogativas que por razón de los dichos
              ofiçios e de cada uno dellos vos deven ser guardadas, segund que se deve guardar todo
              bien e conplidamente, en guisa que vos non mengüe ende cosa alguna. E que vos den e
              entreguen e fagan dar e entregar todos los registros e escripturas que fueron del
              dicho <emph>Fulano</emph>, vuestro padre, que es finado; de los quales es mi merçed
              que vos, con liçençia de los dichos alcaldes de la dicha villa e de qualquier dellos,
              podades sacar todos los contratos e escripturas que por antel dicho vuestro padre
              avían pasado e los non avía dado a las partes que los<note n="26" type="footnote"
                >. Corregido sobre: las.</note> avían de aver; e darlos sygnados de vuestro sygno;
              los quales mando que valan e fagan tanta //<hi rend="sup">46r</hi> fe commo si fuesen
              sygnnados del dicho vuestro padre; de los quales vos podades levar los derechos
              acostunbrados. E otrosý es mi merçed que todas las cartas e contractos, testimonios e
              testamentos e cobdeçillos, e otras qualesquier escripturas e actos que por ante vos el
              dicho <emph>Fulano</emph> pasaren e a que fuerdes presente en la dicha villa e su
              término e juridiçión, en que fuere puesto el día e el mes e el anno e el lugar donde
              fueren otorgadas e los testigos que a ello fueren presentes &lt;e&gt; vuestro signno,
              atal commo éste (<emph>en blanco</emph>) que vos yo do, de que mando que usedes, es mi
              merçed que valan e fagan fee en todo tienpo e lugar do paresçieren, asý commo cartas e
              escripturas públicas fechas e sygnnadas de mano de mi escrivano público de la dicha
              villa pueden e deven valer de derecho. E los unos e los otros e çétera. Pero es mi
              merçed que sy sodes o fuerdes clérigo de corona, non ayades los dichos ofiçios nin
              usedes dellos, salvo sy sodes o fuerdes casado e non truxiéredes corona nin ábito de
              clérigo. Dada.</p>
            <p rend="center">[2.3] Carta de perdón.</p>
            <p rend="center">[2.3.a] (<emph>Siete Partidas</emph>).</p>
            <p rend="center">En que manera deue ser fecha la Carta, quando el Rey perdona<lb/> a
              alguno, por malfetria que aya fecho.</p>
            <p>De perdón que el Rey faga a alguno por malfetria que aya fecho, porque yaga en pena
              de cuerpo, o de auer, deue ser fecha la carta en esta manera: Sepan los que la carta
              vieren que tal Rey perdona a aquel, o aquella, que fuere nombrado en aquella carta, de
              tal culpa en que yaze, e que le da por quito saluo ende aleue, o traycion. E que
              manda, que ninguno non sea osado de demandarle ninguna cosa por esta razon. Mas por
              tal carta como esta non se entiende, que se pueda escusar de fazer derecho por el
              fuero, a los que querella ouieren del. Ca el Rey non quita en tal carta como esta, si
              non tan solamente la su justicia; nin otrosi non es quito, si non de aquella cosa que
              señaladamente fuere nombrada en la carta, de que el Rey le perdona: e deue decir en
              ella, si le perdona por ruego de alguno, o por seruicio que aquel, o aquellos que le
              auian fecho, a quien faze el perdón. E esta carta deue ser sellada, assí como diximos
              en la ley ante desta.</p>
            <p rend="center">[2.3.b] Formulario de Juan II.</p>
            <p rend="center">Perdón general.</p>
            <p>Don Juan e çétera. A los duques, condes, marqueses, ricos omes, maestres de las
              órdenes, e a los del mi Consejo e al mi chançiller mayor e oydores de la mi Audiençia,
              e al mi justicia mayor e a los alcaldes, alguaziles e otras justiçias e ofiçiales
              qualesquier de la mi Casa e Corte e Chançillería, e a los adelantados e merinos, e a
              los comendadores e subcomendadores, allcaydes de los cas//<hi rend="sup"
              >20v</hi>tillos e casas fuertes e llanas, e a todos los conçejos, alcaldes,
              alguaziles, regidores, cavalleros, escuderos e ofiçiales e omes buenos de todas las
              çibdades e villas e logares de los mis reynos e sennoríos, asý realengos commo
              abadengos e órdenes e behetrías e otros sennoríos qualesquier, e a todos los otros
              qualesquier mis súbdictos e naturales de qualquier estado o condiçión, preheminençia o
              dignidad que sean, e a qualquier o qualesquier de vos a quien esta mi carta fuere
              mostrada, o el traslado della sygnado de escrivano público, salud e graçia. Sepades
              que yo, considerando cómmo es propio a los reyes usar de clemençia e piedad, e
              entendiendo que cunple asý a serviçio de Dios e mío e al bien e paz de los mis reynnos
              e sennoríos, fize perdón e yndulgençia general a todos los de los mis reynos e
              sennoríos, el qual yo mandé pregonar e publicar en la çibdad de Segovia en XXVIIIº de
              novienbre del anno que pasó de mill e quatroçientos e veynte e syete annos, estando
              ende comigo çiertos perlados e grandes de los mis reynos e sennoríos, su tenor del
              qual dicho perdón e yndulgençia es éste que se sigue: </p>
            <p>“Por quanto al tienpo que el rey don Enrrique, mi sennor e mi padre cuya ánima Dios
              aya, pasó desta presente vida yo reynné en mi tyerrna hedad, por lo qual asý sobre la
              mi tutela commo sobre la tenençia de mi persona ovo muy grandes debates e contyendas.
              E después de la dicha tutela e tenençia concordadas, ovo opiniones entre la reyna mi
              sennora e madre e el rey don Ferrnando de Aragón, mi tío, estonçe ynfante, que aya
              santo paraýso, mis tutores que fueron de mis reynos e sennoríos, e se ovieron de
              partir los grandes de mis reynos, asý perlados commo cavalleros, los unos aviendo
              adhesión a la openión de la dicha sennora reyna, mi madre, e los otros a la openión
              del dicho rey de Aragón, mi tío, de lo qual se siguieron muchos ynconvinientes e
              escándalos e bolliçios en mis reynos; e después que los dichos mis tutores
              falleçieron, se continuaron, e fizieron sobrello, para lo levar adelante, entre ellos
              ligas e confederaçiones so grandes firmezas e juramentos e votos e pleitos e omenajes
              e penas, lo qual digo<note n="27" type="footnote"><emph>Sic.</emph></note> aun
              después que yo tomé el regimiento e governaçión de mis reynos e sennoríos fasta aquí.
              E porque a los reys perteneçe paçificar e sosegar sus reynos e dar paz e tranquilidad
              en ellos, por ende, entendiendo que cunple asý a serviçio de Dios e mío, ordeno e
              mando de mi propio motu e çierta çiençia e poderío real e ausoluto, que todas e
              qualesquier personas de qualquier estado o condiçión, preheminençia o dignidad que
              sean, asý perlados commo cavalleros e religiosos e otras qualesquier personas que
              desde el día que yo reyné fasta oy fizieron e cometyeron e perpetraron e maginaron en
              qualquier manera e por qualquier cabsa e razón, asý contra la mi persona e estado real
              commo contra mi serviçio e mis reynnos e sennoríos, commo contra el bien público e paz
              e sosiego e tranquilidad dellos, o fueron en fazer e perpetrar o menguar lo susodicho
              o qualquier cosa o parte dello, o dieron favor, consejo, ayuda en ello en qualquier
              manera, que sean perdonados, libres e quitos de todo ello e de cada cosa e parte
              dello, ellos e sus linajes e sus bienes, para syenpre jamás, ca yo los perdono e los
              do por libres e quitos de todo ello e de cada cosa e parte dello, e restituyo a todos
              e a cada uno dellos en sus buennos estados e famas, commo mejor e más conplidamente
              los avían ante de todo lo susodicho. E otrosý perdono e do por libres e quitos a todos
              los mis reynnos del caso e crimen mayor fasta el menor ynclusybe, e los restituyo
              commo dicho es, quedando a salvo las partes a quien pertenesçe todo su derecho para lo
              demandar, acusar e proseguir, asý en lo çevil commo en lo criminal. E quiero e mando
              que esto aya fuerça e vigor de ley, asý commo sy fuese fecho e promulgado en Cortes. E
                que<note n="28" type="footnote"><emph>Tachado</emph>: al.</note> esto non
              enbarguen nin puedan enbargar qualesquier leyes, fueros e derechos e ordenamientos,
              estilos, costumbres e usos //<hi rend="sup">21r</hi> nin otra qualquier cosa que
              contra ello sea o ser pueda, o lo podiese enbargar en qualquier manera, ca yo de todo
              ello seyendo cierto e çerteficado e sabidor, dispenso con ello e con cada cosa e parte
              dello del mi poderío real e ausoluto, e es mi merçed que esto sea firme, estable e
              valedero para agora e para syenpre jamás, salvo de todo aquello que yo he fecho
              merçedes a qualesquier personas, ca por esto no las entyendo revocar nin perjudicar en
              cosa nin en parte; antes quiero e es mi merçed e voluntad que queden firmes e estables
              en su fuerça &lt;e&gt; vigor. Yo el Rey”. </p>
            <p>E agora sabed que mi merçed e voluntad es que el dicho perdón e yndulgençia suso
              encorporado se entyenda a <emph>Fulano</emph> e a sus bienes, non enbargante
              qualesquier acusaçiones e denunçiaçiones contra él puestas e proçesos contra él fechos
              en qualquier manera, e qualesquier sentençias contra él dadas por qualesquier crímines
              e malefiçios e casos, desde el caso del crimen mayor fasta el menor ynclusibe, fasta
              el día que yo fize el dicho perdón e yndulgençia suso encorporado. Por que vos mando a
              todos e a cada uno de vos que guardedes e cunplades e fagades guardar e conplir el
              dicho perdón e yndulgençia suso encorporado al dicho <emph>Fulano</emph> bien e
              conplidamente, segund que en él se contiene; e que le non vayades nin pasedes nin
              consyntades yr nin pasar contra ello nin contra parte dello por gelo quebrantar nin
              menguar agora nin en algund tiempo que sea o ser pueda. E que le fagades dar e tornar
              qualesquier bienes que por la dicha razón le están enbargados, todavía quedando su
              derecho a salvo a las partes a quien perteneçe para lo demandar o acusar o proseguir,
              segund que en el dicho perdón e yndulgençia suso encorporado se contiene, e guardando
              e conpliendo el tenor e forma de lo en él contenido. E los unos nin los otros e
              çétera.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part20">
        <front>
          <head>Funktion und Formen der Formelbüche im mittelalterlichen Ungarn</head>
          <byline><docAuthor>Kornél Szovák</docAuthor>, professeur, Pázmány Péter Katholische Universität, Philosophische Fakultät, Lehrstuhl für Mediävistik, Piliscsaba, Egyetem u. 1, H-2087. <ref target="mailto:szovak@vipmail.hu">szovak@vipmail.hu</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Die Quellen der mittelalterlichen Geschichte wurden in der Regel fragmentarisch und zerstreut in unsere Zeit überliefert, aber von den verschiedenen Typen der Formelbücher verfügt man ja schließlich über nicht wenige Handschriften, bereitet nur das Schwierigkeiten, dass bis jetzt keine den Ansprüchen der modernen Geschichtswissenschaft entsprechende Quellenedition zur Verfügung steht. Gründete die Erforschung der ungarischen Formelbücher und schuf mit seiner Quellenedition die Grundlagen Márton György Kovachich (1744-1821) im Jahre 1799, aber man kann sich heutzutage in vielen Fragen dank der Tätigkeit von György Bónis ein deutlich klareres Bild machen. Die ersten in den Quellentexten belegbaren Spuren der <emph>artes dictandi</emph> in Ungarn sind in Quellen von der Zeit Königs Béla III. (1172-1196) zu finden. Der Verfasser des ersten in uns überlieferten Formelbuches ist János Uzsai,  dessen Kodex zwischen 1346 und 1351 entstanden und ca. 1450 kopiert wurde. Bereits vom Anfang des 15. Jahrhunderts an stehen Sammlungen zur Verfügung, die das Streben nach einer fortdauernden Sammeltätigkeit zeigen, aber die Blütezeit der Formelbücher mit der Zeit Mathias Corvinus (1458-1490) und der Jagellonen (1490-1516) gekommt ist.</p>
          <div>
            <head type="h1">Einleitung</head>
            <p>Die Quellen der mittelalterlichen Geschichte wurden in der Regel fragmentarisch und zerstreut in unsere Zeit überliefert<note n="1" type="footnote">Der Autor ist Leiter der Forschungsstelle „MTA-ELTE-PPKE Ókortudományi Kutatócsoport”. Die Forschungen wurden vom OTKA-Projekt „Diplomata Hungariae antiquissima” (OTKA K 79152) unterstützt. Für die Übersetzung meines Textes möchte ich hier Diána Diera meinen aufrichtigen Dank aussprechen.</note>. Diese Feststellung trifft besonders auf die Erforschung des ungarischen Mittelalters zu, weil sie über nicht so reiches Quellenmaterial verfügt wie die westeuropäische Geschichtsforschung. Es gibt Gattungen, die vollkommen fehlen, die Geschehnisse können meistens nur von einem Gesichtspunkt aus kennengelernt werden und in der Regel ist das urkundliche Quellenmaterial auch begrenzt<note n="2" type="footnote"><name rend="sc">Engel, Pál</name>: The Realm of St Steven. A History of Medieval Hungary, 895-1526. London – New York 2001, xv-xix.</note>. Es ist sowohl von Nachteil als auch von Vorteil: von Nachteil, weil die feinen Einzelheiten und die hinter den Geschehnissen steckenden Triebfedern nicht erforscht werden können, aber von Vorteil – besonders wenn man die skandinavischen und osteuropäischen Quellenverhältnisse in Betracht zieht, weil ein noch gerade ausreichendes und auch von einem Forscher überschaubares Quellenmaterial zur Verfügung steht, um die wichtigen Probleme der Geschichte des mittelalterlichen ungarischen Königreichs kennenlernen zu können<note n="3" type="footnote"><name rend="sc">Mályusz Elemér</name>: A magyar medievisztika forráskérdései. (Medievisztika és forráskiadás). Levéltári Közlemények 38 (1967) 3-29 (mit französichem Resümée: Les questions des sources de l’ histoire médiévale hongroise [Publication des chartes medievales], 28-29). <name rend="sc">Mályusz Elemér</name>: 1526 <emph>előtti okleveleink forrásértéke</emph> (= Die Quellenwert der mittelalterlichen Urkunden Ungarns). Történelmi Szemle 10 (1967) 416-429.</note>. Obwohl die Situation in chronologischer Hinsicht nicht ausgeglichen ist, sieht es im Fall der Formelbücher anders aus. Von deren verschiedenen Typen verfügt man ja schließlich über nicht wenige Handschriften, besonders wenn man die verlorengegangenen aber einst mit Sicherheit existentierenden Kodices berücksichtigt<note n="4" type="footnote"><name rend="sc">Tarnai Andor</name>: „<emph>A magyar nyelvet írni kezdik”. Irodalmi gondolkodás a középkori Magyarországon.</emph> (= Die literarische Denkart im mittelalterlichen Ungarn). Budapest 1984. (Irodalomtudomány és kritika), 165-166.</note>. Eigentlich bereitet nur das Schwierigkeiten, dass bis jetzt – hoffentlich nicht für allzu lange – keine aktuelle, den Ansprüchen der modernen Geschichtswissenschaft entsprechende Quellenedition oder textkritische Ausgabe zur Verfügung steht<note n="5" type="footnote">In kurzem werden erscheinen die Editionen des Formulars der Pauliner von <name rend="sc">Gábor Sarbak</name> und der zwei franziskaner Formelbücher von <name rend="sc">Antal Molnár.</name></note>. Die genetischen Beziehungen des überlieferten Textmaterials können demnach vorläufig nicht genau und ausführlich erläutert werden, aber man kann sich heutzutage in vielen Fragen – vor allem dank der Tätigkeit von György Bónis<note n="6" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: Középkori jogunk elemei. Római jog, kánonjog, szokásjog. Budapest 1972 (mit Resümées: 331-335: Elements of Medieval Hungarian Law. [Roman Law, Canon Law, Customary Law]; 337-342: Les éléments du droit hongroise du moyen-age. [Droit Romain, droit canonique, droit coutumier]; 343-348: Die Elemente des mittelalterlichen ungarischen Rechts. [Römisches Recht, kanonisches Recht, Gewohnheitsrecht]).</note> – ein deutlich klareres Bild machen als Márton György Kovachich (1744-1821) im Jahre 1799, der die Erforschung der ungarischen Formelbücher gründete und mit seiner Quellenedition die Grundlagen schuf<note n="7" type="footnote"><emph>Formulae solennes styli in cancellaria curiaque regum, foris minoribus ac locis credibilibus autenthicisque regni Hungariae olim usitati.</emph> Ed.: <name rend="sc">Martinus Georgius Kovachich.</name> Budae 1799.</note>. Um die Situation zu verstehen, ist es notwendig, drei wichtige Punkte zu klären. Vor allem muss man immer vor Augen behalten, dass als traditionelle Epochengrenze der mittelalterlichen ungarischen Geschichte der Untergang des unabhängigen Ungarischen Königreichs gilt, also das Jahr 1526. Obwohl einige von den im Weiteren zu beschreibenden Formelbüchern nach 1526 zusammengestellt wurden (z.B. Formularium Posoniense, 1532-1541), d.h., obwohl das in denen vorkommende theoretische Material – also die Kommentartexte – von sprachgeschichtlichen Gesichtspunkten aus zu der frühen Neuzeit gehört, stammt das praktische Quellenmaterial aus der Zeit vor der Epochengrenze (im oben erwähnten Fall aus 1504-1524/25)<note n="8" type="footnote"><name rend="sc">Bónis, György</name>: <emph>Die praktische Juristenausbildung im mittelalterlichen Ungarn.</emph> Acta Facultatis Juridicae Universitatis Comenianae. Die juristische Bildung in der Slowakei und Ungarn bis zum J. 1848. Bratislava 1968, 55-64, 61. Es gibt auch ein ziemlich wenig bekanntes Formelbuch aus der Zeit Ferdinands I. in Stockholm, das einige Urkunden aus der Zeit der Könige Mathias Corvinus und Vladislaus Jagello aus dem Zeitkreis 1482-1514 enthält (Riksarkivet Stockholm, Extranea; die Fotokopien sind auffindbar im Ungarischen Nationalarchiv: Df [= Fotosammlung der mittelalterlichen Urkunden]  Nr. 289137 [http://mol.arcanum.hu/dldf/opt/a110505htm?v=pdf&amp;a=start]).</note>. Man muss auch im Hinterkopf behalten, dass das Alltagsleben in dem mittelalterlichen Ungarischen Königreich im Gegensatz zu den westlichen Ländern, wo das römische oder kanonische Recht Geltung hatte, durch das Gewohnheitsrecht geregelt wurde. Das ungarische Gewohnheitsrecht wurde im Vergleich zu der französischen (Beaumanoir)  oder englischen (Bracton) Kodifikation im 13. Jahrhundert erst 1514 von István Werbőczy systematisiert, der sowohl das römische als auch das kanonische Recht in Betracht zog. Sein Rechtsbuch wurde 1517 gedruckt.</p>
            <p>Das in den Formelbüchern beschriebene Rechtswesen ist diesem kodifizierten theoretischen Recht gegenüberzustellen<note n="9" type="footnote">The Customary Law of the Renowned Kingdom of Hungary: A Work in Three Parts Rendered by Stephen Werbőczy (The „Tripartitum”). Tripartitum opus iuris consuetudinarii inclyti regni Hungariae per Stephanum de Werbőcz editum. Edited and translated by <name rend="sc">János M. Bak, Péter Banyó</name> and <name rend="sc">Martyn Rady.</name> With an introductory study by <name rend="sc">László Péter.</name> Idyllwild – Budapest 2005. (The Laws of the Medieval Kingdom of Hungary 5.)  <name rend="sc">Martyn Rady</name>: <emph>The Prologue to Werbőczy’s Tripartitum and its Sources.</emph> English Historical Rewiev121 [490] (2006) 104-145.</note>. Zum Schluss muss erwähnt werden, dass sich in Ungarn neben der zentralen Institution der amtlichen Schriftlichkeit (der königlichen Kanzlei) eine eigenartige ungarnspezifische Institution, der glaubwürdige Ort (<emph>loca credibilia</emph> oder <emph>testimonialia</emph>) entwickelte, der für die privatrechtlichen Angelegenheiten zuständig war und im Großen und Ganzen die Funktion des Notariats innehatte. Der Großteil des in den Formelbüchern aufgenommenen praktischen Quellenmaterials ist das Produkt dieser glaubwürdigen Schriftlichkeit<note n="10" type="footnote"><name rend="sc">Eckhart, Franz</name>: <emph>Die glaubwürdigen Orte Ungarns im Mittelalter.</emph> Mitteilungen des Instituts für österreichische Geschichtsforschung, IX. Ergänzungsband. Innsbruck 1914, 395-558. <name rend="sc">Bónis, György</name>: <emph>Les autorités de „foi publique” et les archives des „loci credibiles” en Hongrie.</emph> Archivum 12 (1962) 97-104.</note>. Die Besonderheiten der mittelalterlichen ungarischen Formelbücher hängen überwiegend mit diesen Umständen zusammen.</p>
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          <div>
            <head type="h1">I. Die erste Jahrhunderte</head>
            <p>Im System der Wissenschaften des 12. Jahrhunderts (<emph>septem artes liberales</emph>) wurde die  <emph>rhetorica</emph> zuerst in den Hintergrund gedrängt und später ganz durch die <emph>ars dictaminis</emph> abgelöst, welche sich bald zum Lehrbuch und einer eigenständigen Gattung entwickelte. Innerhalb der <emph>ars</emph> gewann besonders die  <emph>ars notaria</emph> an Selbständigkeit, die zum Träger der gehobenen rechtlichen Bildung wurde. Die Lehrbücher über das notarielle Wissen waren im Mittelalter, dementsprechend auch in dem damaligen Ungarn von den Formelbüchern kaum zu unterscheiden. Der Unterschied besteht nur darin, dass der theoretische und erklärende Charakter  (z.B. rhetorische, rechtliche Erklärungen) der <emph>ars notaria</emph> und des Briefstellers ausgeprägter und ausführlicher ist, während in den Formelbüchern neben dem theoretischen Ansatz überwiegend die praxisorientierten Beispiele dominieren, die der Nutzer für verschiedene Zwecke verwenden konnte. Dies muss betont werden, weil die Anfänge in Ungarn nur im Licht dieser Feststellung zu verstehen sind.</p>
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              <head type="h2">I.1. Die Ursprünge</head>
              <p>Die ersten in Texten belegbaren Spuren, dass die Exemplare der <emph>ars dictandi</emph> auch in Ungarn Anwendung fanden, sind in den angeführten Quellen zu finden. In der Zeit von Béla III. (1172-1196) wirkte derjenige Schreiber, der in seinen kurzen sagenhaften Gestae die legendäre Geschichte der Niederlassung der Ungarn zusammenfasste. Es ist längst bekannt, dass er seine ausgezeichnete rhetorische Bildung an einer ausländischen – wahrscheinlich an der Pariser – Universität erwarb. In dem Prolog seiner Gestae zitiert er zweimal wörtlich aus dem zwischen 1119 und 1130 zusammengestellten Werk von <emph>Hugo Bononiensis</emph>, dem bedeutendsten Autor der älteren Bologneser Schule, das unter dem Titel „Rationes dictandi prosaice” erschien. Die Bedeutung der „Rationes” ergibt sich unter anderem daraus, dass sie mehrere Musterbriefe enthält und besonderen Wert auf die Formulierung der Begrüßungsformel legt<note n="11" type="footnote">Die „Gesta Hungarorum” des anonymen Notars. Die älteste Darstellung der ungarischen Geschichte. Unter Mitarbeit von <name rend="sc">László Veszprémy</name> herausgegebe von <name rend="sc">Gabriel Silagi.</name> Sigmaringen 1991. (Ungarns Geschichtsschreiber, Bd. 4), 137.  Repertorium Fontium II (1967) 357. <name rend="sc">H. M. Schaller</name>: H[ugo] v[on] Bologna. In <emph>Lexikon des Mittelalters.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">G. Giertz</name> et alii. V (München 2003) 169.</note>. Kurz danach, zwischen 1208 und 1218 war der Zisterzienser <emph>Johannes Lemovicensis</emph> Abt in Zirc, der früher als Prior von Clairvaux tätig war. Laut umstrittenen Meinungen stellte er während seiner Tätigkeit als Abt in Ungarn seinen Briefsteller unter dem Titel „Libellus de dictamine et dictatorio syllogismorum” zusammen, in dem er mehrere  offizielle und private Musterbriefe aufnahm<note n="12" type="footnote">Edition des Werkes:  Johannis Lemovicensis, abbatis de Zirc 1208-1218, opera omnia. Auctore <name rend="sc">Constantino Horváth.</name> Tomus I, Veszprém 1932, 1-68. (Libri de Zirc II.) Cf. das Resümée: Jean de Limoges, abbé de Zirc (1208-1218), ibid. 12<hi rend="sup">*</hi>-21<hi rend="sup">*</hi>, Johann von Limoges, Abt von Zirc (1208-1218) 22<hi rend="sup">*</hi>-33<hi rend="sup">*</hi>. Repertorium Fontium VI (1990) 347.</note>. Eine Handschrift des Werks gelang in die Hände von Petrarca, aber man hat keine Kenntnis über eine umfangreiche Wirkung des Werks in Ungarn. Die Benutzung der Formelbücher im 13. Jahrhundert in Ungarn kann am besten in den Urkunden belegt werden. Ab dem 13. Jahrhundert steigt nämlich die Zahl der in der königlichen Kanzlei ausgestellten Urkunden schlagartig (ca. 6000 königliche Urkunden bis in das Jahr 1301) und bis zum Ende der Epoche, bis 1301, festigt sich der Aufbau der Urkunden so eindeutig, dass mehrere Forscher daraus die Schlussfolgerung ziehen: in der Kanzlei müsste ein Formelbuch eingesetzt worden sein<note n="13" type="footnote"><name rend="sc">Szentpétery Imre</name>: Magyar oklevéltan (= Ungarische Urkundenlehre). Budapest 1930. (A Magyar Történettudomány Kézikönyve II/3). 92-93. <name rend="sc">Tarnai Andor</name>: a. a. O. 62-63, 165.</note>. Die Untersuchung der Urkunden von zwei glaubwürdigen Orten führte zu der Überzeugung, dass die sprachlich-stilistischen Formeln nur in dem Fall fast vollkommene formale Übereinstimmung mit Urkunden anderer Institutionen des Landes aufweisen können, wenn sie ein einheitliches Formelbuch benutzten<note n="14" type="footnote"><name rend="sc">Kóta Péter</name>: <emph>A vasvári káptalan korai oklevelei. Egy formulagyűjtemény</emph> (= Die frühe Urkunden des Eisenburger Kapitels. Eine Formelsammlung). Levéltári Szemle, 37 (1987) 17-29. <name rend="sc">Trostovszky Gabriella</name>: <emph>Az esztergomi káptalan XIII-XIV. századi oklevelei az Országos Levéltár Diplomatikai Levéltárában.</emph> Levéltári Közlemények 60 (1989) 57-81 (mit deutssprachigem Resümée: Die Urkunden des Domkapitels Esztergom aus den 13-14. Jahrhunderten in der „Collectio Antemohacsiana" des Ungarischen Staatsarchivs: 80-81).</note>. Vor allem beweist jedoch die erste in unsere Zeit überlieferte, höchstwahrscheinlich von ungarischem Autor zusammengestellte <emph>Ars notaria</emph> (1346/1351), dass sie zweifellos frühere Vorbilder hätte haben müssen. Es ist aber wichtig zu wissen, dass noch vor ihrer Zusammenstellung, gegen 1310, zwei andere bedeutsame <emph>ars dictaminis</emph> Ungarn erreichten, die des <emph>Petrus de Vinea</emph> und des <emph>Richardus de Pofis</emph>, deren je ein Exemplar im Laufe der Zeit in einem <emph>colligatum</emph> zusammengebunden wurden. Das eine Werk dürfte von Gergely Bicskei, dem Erzbischof von Gran (1298-1303) nach Ungarn gebracht worden sein. Die zwei Handschriftenteile ließ wahrscheinlich Tamás Erzbischof von Gran (1305-1321) zusammenbinden und er dürfte es selbst benutzt haben. Die Bedeutung der in Wien aufbewahrten Handschrift besteht darin, dass der Benutzer sie als Lehrbuch aus Italien nach Ungarn mit nahm und auf den leeren Blättern heimische Arengae und Urkundenmuster aufzeichnete – vorläufig unsystematisch und nicht allzu viel. Damit wurde aber die Grundlage zu einem ungarischen Formelbuch geschaffen<note n="15" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Petrus de Vinea leveleskönyve Magyarországon. (Gondolatok a szicíliai államszervezet hazai hatásáról).</emph> I-II. Filológiai Közlöny 4 (1958) 1-26, 173-194 (mit deutschem Resümée: Die „Petrus de Vinea”-Briefsammlung in Ungarn. [Gedanken über den Einfluss der sizilianischen Verfassung]: 194.).</note>.</p>
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              <head type="h2">I.2. Der Beginn der schöpferischen Perioden (14. Jahrhundert)</head>
              <p>Die erste schöpferische Periode der Zusammenstellung der Formelsammlungen fand unter der Ära des Anjou Hauses (1301-1382) statt und umfasste gemeinhin das ganze 14. Jahrhundert. Da in dieser Zeit zahlreiche modernisierende Reformmaßnahmen in der Kanzlei vollgezogen wurden, taucht die Möglichkeit der Annahme nicht ganz unbegründet auf, dass die aus Süditalien stammende Anjou-Dynastie einige Institutionen aus der neapolitanischen Heimat in Ungarn einführte. In der ungarischen Kanzlei von Wenzel, dem tschechischen Thronerwerber wurde vermutlich ein tschechisches Formelbuch benutzt. Man muss der Tätigkeit des zwischen 1308-1311 in Ungarn fungierenden päpstlichen Legat, <emph>Gentile da Montefiori</emph>, der den Thronanspruch der Anjouer unterstützte, große Bedeutung beimessen. Dank seiner Wirkung verbreiteten sich das kanonische Prozessverfahren und die Tätigkeit der Notare (<emph>notarii publici</emph>), außerdem wird ihm auch die Ausstellung der ersten Papierurkunde zugeschrieben. In dieser Hinsicht hat die Tatsache große Bedeutung, dass einer von den vatikanischen Kodices, in denen die Protokolle der vor ihm geführten Prozesse überliefert sind, eine aus 52 Schriften bestehende Sammlung enthält, die 15 Folien umfasst. Das Formelbuch wurde ohne Zweifel aus originellen, tatsächlich ausgestellten Urkunden zusammengeschrieben, unter denen sich nur wenige befanden, die sich mit ausländischen Angelegenheiten befassten. Der Zusammensteller war <emph>Vagnolus de Mevania</emph>, der Notar des Legats. Obwohl er seinem Werk kanonischen Charakter verlieh, verwendete er zu seinem Werk solche Urkunden, die sich mit ungarischen Angelegenheiten befassten<note n="16" type="footnote">Siehe die Einführende Worte des Herausgebers <name rend="sc">Fejérpataky László</name>: <emph>Acta legationis cardinalis Gentilis. Gentilis bibornok magyarországi követségének okiratai 1307-1311.</emph> Budapest 1885. (Monumenta Vaticana historiam Regni Hungariae illustrantia. Vatikáni Magyar Okirattár I/2), cxii. Die Edition des Textes dieses Formulariums in der Appendix: 401-415. <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Középkori jogunk elemei</emph> 29. <name rend="sc">Erdő Péter</name>: Egyházjog a középkori Magyarországon (= Kirchenrecht im mittelalterlichen Ungarn). Budapest 2001,  95. Repertorium Fontium II (1967) 109. Nicht so gut bekannt berücksichtigt den Inhalt und die Bedeutung die Handschrift, die in Krakau bewahrt ist, von Kardinallegat Ferdinand Palacios (1419-1423), <name rend="sc">Erdő Péter</name>: <emph>Egyházjog a középkori Magyarországon</emph> 95-96.</note>. Als Anreiz zur Zusammenstellung der ungarischen Formelbücher dienten wahrscheinlich die Erfahrungen, die im Umfeld des Legats gemacht wurden. Die Formelbücher wurden kurz darauf zusammengestellt und waren durch bunte Thematik sowie durch breites Gattungsspektrum charakterisiert. Beide Grundtypen der kirchlichen Formelbücher – die Sammlungen der weltpriesterlichen (ca. 1385) und die der mönchischen Ordensregierung (ca. 1320) – tauchten bereits im 14. Jahrhundert auf. Zwar erstellte der Archidiakon Bertalan von Tapolca das für seine eigene Benutzung bestimmte Formelbuch erst 1385, das hauptsächlich aus Urkundenmustern zweier Prozesse bestand, in denen es um das Eherecht ging, jedoch stammen die Beispieltexte aus der ersten Hälfte des Jahrhunderts (1324-1355), damit ist nicht auszuschließen, dass man mit Vorlagen aus jener Zeit rechnen kann. Während Tapolcai an der Zusammenstellung seines Formelbuchs arbeitete, studierte er an der <emph>artes</emph>-Fakultät der Wiener Universität. Besonders interessante Bespiele sind die Korrespondenz zwischen Schüler und Lehrer sowie der Empfehlungsbrief an die Jongleure<note n="17" type="footnote"><name rend="sc">Fejérpataky László</name>: <emph>Tapolcai Bertalan oklevélformulái a XIV. századból</emph> (= Die Urkundenformeln des Bartholomaeus von Tapolca aus den XIV. Jahrhundert).  Magyar Könyvszemle 10 (1886) 41-66 (mit der Edition des Textes). <name rend="sc">Erdő, Péter</name>: <emph>Eheprozesse im mittelalterlichen Ungarn.</emph> Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte, Kan. Abt. 72 (1986) 250-276. <name rend="sc">Tarnai Andor</name>: „<emph>A magyar nyelvet írni kezdik”</emph> 166. Cf. Repertorium Fontium II (1967) 456.</note>. Die Handschrift, die die wichtigsten Urkundentypen der Franziskaner Ordensregierung enthält, wurde im Konvent zu Stuhlweißenburg gegen 1320 zusammengestellt. In der Sammlung wurden die Briefe aufgenommen, die von den Mönchen zwischen 1280 und 1310 erhalten oder abgeschickt wurden. In dieser Handschrift ist übrigens auch ein wichtiges ungarisches Sprachdenkmal zu finden<note n="18" type="footnote">Catalogus concinnus librorum manuscriptorum Bibliothecae Batthyányanae, exaratus per <name rend="sc">Robertum Szentiványi.</name> Szeged <hi rend="sup">4</hi>1958, 218-224, 226 (Nr. 395) (mit der Edition des Textes und veiterführenden Literatur). Repertorium Fontium IV (1976) 507-508.</note>. Zwei anderen Handschriften wird noch größere Bedeutung beigemessen – von denen die eine leider nur in fragmentarischer Form überliefert ist –, weil sie im unmittelbaren Zusammenhang mit der praxisorientierten juristischen Bildung stehen, d.h., sie gehören zu der Gattung der <emph>Ars notaria.</emph> Aus dem Einband eines gedruckten Buches kamen Fragmente zum Vorschein, die zwischen 1290 und 1342 entstanden sind und in Ungarn verwendete Urkundenformeln überliefern. Diese gehörten einst zu einer Handschrift, die mit dem Werk „Ars dictaminis” von <emph>Johannes Bondi de Aquilegia</emph> (ca.1300) zusammengebunden war. Dessen Fragmente tauchten nämlich auch aus dem Einband auf. Die Fragmente lassen vermuten, dass das Formelbuch von einer Person zusammengestellt wurde, die einst in der Augustiner Klosterschule in Sajókaza gelernt hatte und später das Gelernte in der Schule des Weißbrunner Domkapitels vortrug. Der Zusammensteller nahm auch Briefmuster für Privatgebrauch in seiner Sammlung auf, es ist jedoch anzunehmen, dass das gesamte Urkunden- und Briefmaterial fiktiv ist, d.h., es wurde zu Zwecken der Ausbildung geschaffen und man hat vermutlich in diesem Fall mit Notizen eines Schülers zu tun<note n="19" type="footnote"><name rend="sc">Érszegi Géza – Szelestei N. László</name>: Fogalmazási mintákat tartalmazó tankönyv töredékei a 14. század első feléből. (= Fragmente eines Lehrbuchs mit Abfassungsmustern aus der ersten Hälfte des XIV. Jahrhunderts) In <emph>Tanulmányok a középkori magyar könyvkultúráról.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Szelestei N. László.</name> Budapest 1989, 297-326 (Az Országos Széchényi Könyvtár Kiadványai, NS 3.) (mit der Edition des Textes).</note>. Es wurde auch eine weitere Handschrift fragmentarisch überliefert (sie ist am Anfang und am Ende verstümmelt), aber sie ist im Vergleich zu der vorigen Handschrift viel ausführlicher und kohärenter. Sie ist eine Abschrift einer zwischen 1346 und 1351 entstandenen Sammlung und wurde ca. 1450 kopiert. Sie entspricht bereits sowohl den inhaltlichen als auch den formalen Charakteristika der <emph>ars notarialis</emph> mit einer auf Ungarn typischen Besonderheit, dass sie statt des notariellen Wissensmaterial – das fehlt nämlich vollkommen – das Urkundenmaterial der glaubwürdigen Orte enthält. Ihre Entstehung ist nicht überraschenderweise aufs Engste mit der Universität zu Bologna verbunden. Ihrer Zusammensteller János Uzsai war ja früher – vor 1343 – Rektor der Ultramontan-Nation an der Universität zu Bologna, wo er den akademischen Grad des Bakkalaureats erwarb. Nachdem er nach Ungarn zurückgekehrt war, wurde er  dank seines Vorgesetzten und Patrons, des Kardinals <emph>Guillelmus Judicis</emph> (de la Jugée) zum Besitzer mehrerer reichen Kanonikatspfründe: unter anderem in Gran, Weißbrunn und Erlau. Während seiner Tätigkeit als Kleriker in Gran kam er in unmittelbaren Kontakt mit Theophil, dem Propst von Gran, der früher den Briefsteller von <emph>Riccardus de Pofis</emph> nach Gran brachte. Im Amt des Lektors im Erlauer Domstift gehörten zu seinen Aufgaben unter anderem die Ausstellung der Urkunden des glaubwürdigen Ortes und die Leitung der Stiftschule. Es ist aber nicht auszuschließen, dass ein Mitarbeiter von ihm bei der Fertigstellung des Werks mitwirkte. Es könnte vielleicht Gotthard gewesen sein, der wie Uzsai selber Kanoniker war und als Notar im Domkapitel tätig war. Er wurde später zu Generalvikar des Bischofs. Aber aufgrund der städtischen Urkunden, die im Werk erscheinen, ist wahrscheinlicher, dass der Vizenotar Péter (<emph>subnotarius</emph>) mitwirkte, der früher vermutlich als Notar in Neustadt tätig war. Er dürfte Uzsai die städtischen Urkunden zur Verfügung gestellt haben, die auf einzigartiger Weise die Struktur einer ungarischen Stadt aus dem 14. Jahrhundert beschreiben<note n="20" type="footnote"><name rend="sc">Ratkoš, Peter</name>: <emph>Ein ungarisches kommentiertes Formelbuch aus der Mitte des XIV. Jahrhunderts. (Erhaltung, Entstehung, Bedeutung).</emph> Historica. Historische Wissenschaften in der Tschechoslowakei 1 (1959) 123-134.  <name rend="sc">Surányi Bálint</name>: <emph>Az I. Lajos-kori Ars Notarialis városi vonatkozású formuláinak eredetéről.</emph> (= Von Ursprung der Urkundenformeln städtischer Herkunft der <emph>Ars Notarialis</emph> aus der Zeit von Ludwig I.) Történelmi Szemle 5 (1962) 275-285.</note>. Das System der <emph>Ars notarialis</emph> weist trotz ihrer Unvollständigkeit auf eine eindeutige Konzeption hin. Das Buch enthält insgesamt 194 Formeln, die dem verlorengegangenen Prolog folgend in drei große Kapitel (<emph>tabula</emph>) eingeteilt sind, jedoch nicht nach Brieftypen sondern nach den königlichen Gerichtshöfen und Austellern geordnet. Schließlich würden die offiziellen und die Privatbriefe in dem vierten Kapitel zu finden sein, wäre dieser Teil nicht verlorengegangen<note n="21" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Uzsai János Ars Notariája.</emph> (= Die Ars Notaria des Johanns von Uzsa) Filológiai Közlöny 7 (1961) 229- 260. <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Az Ars notaria mint retorikai és jogi tankönyv.</emph> (= Die Ars Notaria als Lehrbuch für Rhetorik und Recht) Filológiai Közlöny 9 (1963) 373-388. <name rend="sc">Bónis György</name>: Középkori jogunk elemei 30-33. <name rend="sc">Tarnai Andor</name>: „<emph>A magyar nyelvet írni kezdik”</emph> 64-69.</note>. Der Autor unterstellt das Variieren der Formel der Methode der <emph>distinctio</emph>, seine Bemerkungen richten sich nach der Praxis und enthalten sowohl Lebensregel, wie grammatische Ratschläge und rechtliche Begriffe. Seine Ansätze betreffend das kanonische Recht deuten auf tiefe Fachkenntnis hin, sein Wissen ist jedoch auf dem Gebiet des Gewohnheitsrechts viel bescheidener. Trotzdem ist das Werk von größter Wichtigkeit, weil hier zum ersten Mal versucht wird, das ungarische Gewohnheitsrecht systematisch darzustellen. Ihre Bewusstheit zeigt sich deutlich daran, dass im Werk von Uzsai anhand des kanonischen Rechts das Gewohnheitsrecht kritisiert wird. </p>
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            <head type="h1">II. Die Blütezeit</head>
            <p>Bereits vom Anfang des 15. Jahrhunderts an stehen Sammlungen zur Verfügung, die das Streben nach einer fortdauernden Sammeltätigkeit zeigen. In einem im 14-ten bis 15-ten Jahrhundert entstandenen tschechischen Kodex der Kartäuser in Leichnitz wurde ca. ein Dutzend Urkundenformel aufgezeichnet, die zwischen 1412 und 1419 entstanden sind. Unter denen sind sowohl mit der päpstlichen als auch mit der weltlichen Jurisdiktion zusammenhängende Urkunden aber auch offizielle und Privatbriefe zu finden. Die Sammeltätigkeit beschränkt sich auf die nordöstlichen Gebiete von Ungarn<note n="22" type="footnote">Codices Latini Medii Aevi Bibliothecae Universitatis  Budapestinensis, quos recensuit <name rend="sc">Ladislaus Mezey.</name> Budapest 1961, 74-75 (Nr.  48/52). Weitere Angaben von verlorenen Formelbüchern: <name rend="sc">Tarnai Andor</name>: „A magyar nyelvet írni kezdik” 166. Von der Handschrift des Königs Sigismund und der Königin Elisabeth, die einmal in Wien aufbewahrt wurde, aber heutzutage schon nicht auffindbar ist, siehe <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Középkori jogunk elemei</emph> 56 (Fussnote Nr. 110).</note>. Das Formelbuch von Vid Huendler zeigt eher die Charakteristika eines Briefstellers. Der Zusammensteller und in vielen Fällen der als Briefschreiber fungierende Huendler war Karmeliter und Generalober des Ordens, der während seiner Zeit als Bischof von Fünfkirchen und Großwardein zwischen 1448 und 1465 die wichtigsten Stücke der Kirchenregierung und der Korrespondenz für seine persönliche Benutzung sammelte<note n="23" type="footnote">Eine Teiledition: <name rend="sc">Koller, Josephus</name>: Historia episcopatus Quinqueecclesiarum. IV. Posonii 1796, 246-359. <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Középkori jogunk elemei</emph> 43. <name rend="sc">Tarnai Andor</name>: „<emph>A magyar nyelvet írni kezdik”</emph> 165. <name rend="sc">Erdő Péter</name>: <emph>Egyházjog a középkori Magyarországon</emph>  94. Auf die Karriere von Huendler siehe: <name rend="sc">Regényi, Kund Miklós</name>: Die ungarische Konvente der oberdeutschen Karmelitenprovinz im Mittelalter. (METEM-Bücher, Bd. 31). Budapest – Heidelberg 2001, 55.  <name rend="sc">Fedeles Tamás</name>: Pécsi segédpüspökök. (= Hilfsbischöfe von Fünfkirchen) <emph>Magyar Egyháztörténeti Vázlatok / Essays in Church History in Hungary</emph> 2010/12, 5-20, 15-18. (mit englischem Resumée: 20: Coadjutors of Pécs during the Middle Ages). Seine Schwester, Helene Kottannerin hat eine deutschsprachige Memoire geschrieben.</note>.</p>
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              <head type="h2">II.1. Die Zeit des ungarischen Humanismus</head>
              <p>Die zwei oben erwähnten Handschriften sind zwar wichtige Vorläufer, jedoch bricht die wirklich originelle Werke schaffende zweite Periode erst mit dem Zeitalter von Matthias Corvinus (1458-1490) ein. Ab diesem Zeitpunkt bis in die Neuzeit entstehen fast in allen Jahrzehnten immer wieder neue Sammlungen. 1799 schrieb Kovachich nur sieben Handschriften und erwähnte nur zwei weitere, die ihre Wurzel hinsichtlich der in denen enthaltenen Urkunden im ungarischen Mittelalter hatten (er gab von denen  zwei vollständig und eine unvollständig heraus)<note n="24" type="footnote"><name rend="sc">Kovachich, Martinus Georgius</name>: <emph>Formulae solennes styli</emph> Ibis-LVIIIbis, CCVbis.</note>. Dank der intensiven Forschungsarbeit vermehrte sich die Zahl dieser Sammlungen, obwohl die Zahl der überlieferten Handschriften nur ein Bruchstück der ehemals mit Sicherheit existierenden Handschriften ausmacht<note n="25" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: Magyi János formuláskönyve és a gyakorlati jogtanítás. [= Das Formelbuch des Johann Magyi und der praktische Rechtsunterricht]. In <emph>A Pécsi Egyetem történetéből.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Csizmadia Andor.</name> (Jubileumi tanulmányok 1.) Pécs 1967, 225-260, 244 (mit französischem und deutschem Resümée, 259-260).</note>. Der Literaturhistoriker Andor Tarnai (1925-1994) machte nach der Form einen Unterschied zwischen kirchlichem (darunter zwischen Priestertum und Mönchtum) und weltlichem (darunter für offizielle und private Anwendung bestimmten, sowie für die Kurie, Kanzlei, glaubwürdige Orte, Städte) Bereich. Aus literaturkritischer Hinsicht hielt er nur die Unterscheidung zwischen der über einen Prolog verfügenden, kommentierten <emph>Ars notarialis</emph> und den über keinen Kommentar verfügenden Formelbüchern für angemessen<note n="26" type="footnote"><name rend="sc">Tarnai Andor</name>: „<emph>A magyar nyelvet írni kezdik”</emph> 63.</note>. Der Rechtshistoriker György Bónis (1914-1985) klassifizierte die Formelbücher nach ihrem Entstehungsort und ihrer Benutzung und Gebrauch. Ein weiterer Hauptaspekt von ihm war die Art und Weise der Weitergabe, also der Tradition<note n="27" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 244-251. <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Középkori jogunk elemei</emph> 143-233.</note>. Nach Tarnais Klassifizierung ist das von dem Notar János Magyi zwischen 1476 und 1493 bearbeitete Formelbuch neben dem von der <emph>Ars notarialis</emph> von János Uzsai von größter Bedeutung<note n="28" type="footnote">Edition des Textes: <name rend="sc">Kovachich, Martinus Georgius</name>: <emph>Formulae solennes styli</emph> 155-458. Vö. <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 225-260. Repertorium Fontium VII (1996) 394. Von dem Magyi-Formelbuch schreibt ausführlicher meine Kollege, Gábor Dreska.</note>. Die Klassifizierung von Bónis ist aus der Hinsicht der Diplomatik und Geschichtsschreibung pragmatischer. Unter den kirchlichen Formelbüchern schenkte er zwei Sammlungen besonders große Aufmerksamkeit, die in der ersten Hälfte des 16. Jahrhunderts in der kirchlich-gerichtlichen Praxis entstanden sind. Diese wurden nämlich immer wieder weitergegeben, kopiert und fortgesetzt. Das Beneéthy-Formelbuch, das in Gyulafehérvár (Weißenburg) aufbewahrt ist, wurde nach dem päpstlichen Notar Máté Beneéthy benannt, der 521 Urkundenformeln aus den Jahren 1504-1511 sammelte. Diese Sammlung nahm der unbekannte Zusammensteller des Nyási-Formelbuchs als Grundlage und ergänzte sie bis 1521 mit 70 Formeln. Er stellte seine Sammlung während der Zeit des Vikars von Gran namens Demeter Nyási zusammen<note n="29" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 245.  <name rend="sc">Erdő Péter</name>: <emph>Egyházjog a középkori Magyarországon</emph> 94-95.</note>. Ebenfalls nach der päpstlichen Praxis wurde die Formelsammlung von Mihály magister, dem Vikar von Fünfkirchen fertiggestellt<note n="30" type="footnote"><name rend="sc">Szentirmai, Alexander</name>: <emph>Die ungarische Diözesankurie in Spätmittelalter.</emph> Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte, Kan. Abt. 48 (1962)  209-217. <name rend="sc">Bónis György</name>: Vicari italiani in Ungheria durante il Rinascimento. In <emph>Rapporti veneto-ungheresi all`epoca del Rinascimento</emph>, a cura di <name rend="sc">Tibor Klaniczay.</name> Budapest, 1975, 181-193. <name rend="sc">Bónis, György</name>: Un formulaire de l’officialité primatiale hongroise de 1512. <emph>Receueil de Mémoires et Travaux de la Société d’Histoire du Droit Écrit</emph> 7 (1970) [Mélanges Pierre Tisset] 31-40. Viele ungarnsprachige Regesten sind erscheinen in der Quellensammlung von <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Szentszéki regeszták. Iratok az egyházi bíráskodás történetéhez a középkori Magyarországon.</emph> (= Regesten aus dem Kreis der geistlichen Gerichtsbarkeit). Hrsg. von <name rend="sc">Balogh Elemér.</name> (Jogtörténeti Tár I/1). Budapest 1997, z. B. Formelbuch von Beneéthy: 2995, 3252, 3508, 3549, 3580 usw. Nyási-Formelbuch: 2772, 2840, 3504, 3549, 3580 usw. Formelbuch von Doktor Michael: 4233, 4135, 4149, 4165 usw. Nummern.</note>. Eine allgemeinere Praxis der Kirchenregierung in der Fünfkirchener Diözese spiegelt jenes kurze Formelbuch wieder, das die Forschung früher dem Dichter und Bischof Janus Pannonius, heutzutage eher János Beckensloer zuschreibt. Dieses wurde von dem Notar János Magyi in seine eigene Sammlung übernommen und damit für die Nachwelt gerettet<note n="31" type="footnote"><name rend="sc">Kovachich, Martinus Georgius</name>: <emph>Formulae solennes styli</emph> 312-321 (die Nummern II,281-299). <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Középkori jogunk elemei</emph> 43-44.</note>. Von den Orden hatten die in Ungarn gegründeten Pauliner und Franziskaner Formelbücher. Es ist bereits im Fall vom Ipolyságer Formelbuch auffällig, dass die Entstehung eng mit der von dem Propst Ferenc Fegyverneki ausgelösten Reformbewegung innerhalb des Ordens verbunden ist. Die Umstände der Entstehung der Formelbücher von den Observanten und Paulinern weisen auf Ähnlichkeit hin. Der Kernstoff des Observantenformelbuchs, der vermutlich von dem Franziskaner Archivar István Ivanicsi zusammengestellt wurde, entstand zwischen 1515 und 1517 in Ofen. Bis 1525 wurde der Text mehrfach ergänzt. Nachdem die Handschrift vollgeschrieben worden war, begann man 1532 mit der Zusammenstellung einer neuen Sammlung. Das umfangreiche Formelbuch enthält Briefe und Urkunden, die sich mit dem Alltagsleben der Mönche beschäftigen. Sein Aufbau weist auf eine geplante und systematisierende Vorgehensweise hin<note n="32" type="footnote"><name rend="sc">Szücs Jenő</name>: <emph>A ferences obszervancia és az 1514. évi parasztháború. Egy kódex tanúsága.</emph> Levéltári Közlemények 43 (1972) 213-263, 223-227 (mit französischem Resümée, 263: L’observance franciscaine et la guerre des paysans de 1514).</note>. Das Formelbuch der Pauliner wurde nach 1526, aber allerdings vor 1541, in Budaszentlőric, dem Zentrum des Ordens zusammengestellt.</p>
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              <head type="h2">II.2. Die regierungsseitige Formelbücher</head>
              <p>Unter den weltlichen Formelbüchern zeigen die in der Kanzlei entstandenen Bände die königliche Kanzlei als landesweites Zentrum des <emph>dictamen</emph><note n="33" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 254.</note>. In der Kanzlei wurden die Bände immer weitergegeben und von mehreren Notaren bearbeitet. Gegen 1487 entstand ein  Formelbuch in der Kanzlei von Matthias I. (1458-1490), das aus 181 Formeln bestand. Es ist zwar fragmentarisch überliefert, aber die in ihm festgehaltenen Urkunden gehen bis auf die Zeit von Albrecht I. (1438-1439) und Ladislaus V. (1440-1457) zurück<note n="34" type="footnote">Die Edition des Textes: <name rend="sc">Kovachich, Martinus Georgius</name>: <emph>Formulae solennes styli</emph> 459-563. <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 246. Repertorium Fontium VII (1997) 522.</note>. Ein Denkmal aus der Kanzlei von Vladislaus II. (1490-1516) ist diejenige Handschrift, die trotz ihres fragmentarischen Zustands aus überwiegend königlichen und kurialen Urkunden besteht, und nach 1516 immer noch fortgesetzt wurde<note n="35" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Középkori jogunk elemei</emph> 145-146.</note>. Andere Repräsentanten dieses Typs sind der in Erlau aufbewahrte Kodex Istvánffy, der Briefsteller von Ferenc Báchy, der zwar nach 1526 entstanden ist, dessen Kernstoff aber die Urkunden von Matthias I., Ladislaus II. (1490-1516) und Ludwig II. (1516-1526) bilden<note n="36" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 247.</note>. Die Sammlungen von Sebestyén Listhius (1553) und von Benedek Szörcsöky (1555) enthalten ebenfalls mittelalterliche Urkunden. Zu dieser Gruppe gehört auch das Jossauer Formelbuch (Formelbuch des Miklós Oláh), dessen Kernstoff zwischen 1524 und 1526 entstanden ist. Zu der anderen großen Gruppe gehörende Formelbücher wurden an glaubwürdigen Orten auf dem Lande zusammengestellt und vor Ort weitergegeben. Ähnlich den oben genannten Formelbüchern ist auch diejenige Handschrift fragmentarisch, die von einer Hand geschrieben wurde und deren Kernstoff die Zeit von 1450 bis zum Ende der Jagellonischen Ära umfasst. Sie beinhaltet 215 Formeln, die aus in der Tat zwischen 1521 und 1526 ausgestellten Urkunden abgeschrieben wurden. Ursprünglich begann das Sammeln wahrscheinlich an dem glaubwürdigen Ort in Fünfkirchen<note n="37" type="footnote">Die Teiledition des Textes: <name rend="sc">Iványi Béla</name>: <emph>Egy 1526 előtti ismeretlen kéziratos formulás könyv.</emph> (= Ein unbekanntes handschriftliches Formelbuch aus der Zeit vor 1526) Magyar Történelmi Tár SN. 5 (1904) 481-538, SN. 6 (1905) 33-41. <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 248. Repertorium Fontium IV (1976) 503.</note>. Die Sammlung gelang später im Erzbistum zu Batsch, wo sie durch lokalbezogene Urkunden ergänzt wurde. Ähnlich ist das Formelbuch von Eipelschlag (Ipolyság), das 1506 an dem glaubwürdigen Ort der Prämonstratenser in Ság zusammengeschrieben wurde. Sein Aufbau wurde mit größter Sorgfalt geformt. Später gelang es an einem glaubwürdigen Ort der Benediktiner, wo es fortgesetzt wurde<note n="38" type="footnote"><name rend="sc">Oszvald Arisztid</name>: <emph>Fejezetek a magyar premontreiek 800 éve multjából. 1. Premontrei formularium a XVI. század elejéről.</emph> (Ein Formularium der Prämonstratenser aus dem Anfang des XVI. Jahrhunderts) In <emph>A Jászóvári Premontrei Kanonokrend Gödöllői Szent Norbert Gimnáziuma … Évkönyve az 1939-1940. iskolai évről.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Kumorovitz Bernát.</name> Gödöllő 1940, 142-150. <name rend="sc">Bónis</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 248-249.</note>. Diese zwei Gruppen verknüpfte letztendlich derjenige Typ, der im Zusammenhang mit der Umstrukturierung der königlichen Gerichtshöfe zustande kam. Infolge der kurialen Reform – vielleicht auch aus anderen Gründen – suchte ein Teil des Personals seinen zukünftigen Lebensunterhalt an ländlichen glaubwürdigen Orten und sie nahmen die Sammlungen der Musterurkunden mit sich, die während ihrer Tätigkeit in der Kanzlei entstanden. Das bedeutendste Beispiel aus dieser Gruppe ist das an juristischen Kommentaren besonders reiche Somogyvárer Formelbuch, dessen Handschrift in Neumarkt aufbewahrt ist. Ein Drittel des Stoffes, der zwischen 1460-1470 entstand, stammt aus der königlichen Kanzlei. Zwei Drittel entstanden zwischen 1475-1486 an dem glaubwürdigen Ort der Bedediktiner in Somogyvár<note n="39" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>A Somogyvári Formuláskönyv</emph> (= Das Formelbuch von Somogyvár) In <emph>Emlékkönyv Kelemen Lajos születésének nyolcvanadik évfordulójára.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Bodor András</name> et alii. Kolozsvár 1957. (A Bolyai Tudományegyetem Kiadványai 1.), 117-133. Repertorium Fontium IV (1976) 517. Es gab einmal eine ähnliche, aber bald verlorene  Sammlung aus dem Weißbrunner Domkapitel, siehe <name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 249-250.</note>. Die in Fünfkirchen aufbewahrte Handschrift des von Kovachich veröffentlichten Formelbuchs verfügt über eine Ergänzung aus dem Jahre 1526, die vor allem Berichte des Domkapitels enthält, d.h. also, dass der Band fortgesetzt wurde. Es ist nicht auszuschließen, dass es an dem Ofener glaubwürdigen Ort zusammengesammelt wurde<note n="40" type="footnote"><name rend="sc">Kovachich</name> hat nur die Rubriken dieser Handschrift ausgegeben: <name rend="sc">Kovachich, Martinus Georgius</name>: <emph>Formulae solennes styli</emph> XXVIIIbis-XXXIbis.</note>. Besondere Aufmerksamkeit verdient das Formelbuch von Werbőczy, dessen Handschrift in Gran zu finden ist. Die Mehrheit des Urkundenstoffs ist von kurialem Ursprung, nur ein Bruchteil stammt aus der Kanzlei. Dieses Formelbuch gelang auch auf das Land, also zu einem glaubwürdigen Ort, aber erst nach 1526. Seine Zusammenstellung dürfte gegen 1524 erfolgen. Sowohl der Zeitpunkt der Zusammenstellung als auch die Fülle der persönlichen Bezüge lassen vermuten, dass es mit dem persönlichen Kreis von István Werbőczy, dem Beschreiber des ungarischen Gewohnheitsrechts verbunden ist<note n="41" type="footnote"><name rend="sc">Eckhart Ferenc</name>: <emph>Formuláskönyv Werbőczy István hivatali működése köréből.</emph> (= Ein Formelbuch aus dem offiziellen Betätigungkreis von Stephan Werbőczy). In <emph>Emlékkönyv Dr Viski Illés József ny. r. egyetemi tanár tanári működésének negyvenedik évfordulójára.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Eckhart Ferenc</name> és <name rend="sc">Degré Alajos.</name> Budapest 1942, 151-160.</note>. Das Formelbuch des Notars István Magyi gehört auch zu diesem Typ.</p>
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          <div>
            <head type="h1">Ergebnis</head>
            <p>Was die Funktionen anbelangt, hat man hier mit vielfältigem Material zu tun. Die unmittelbare Anwendung erzielte die schnelle und juristisch genaue Anwendung der Muster, d.h., die Formelbücher erleichterten die Ausstellung der Urkunden. Das in den Kommentaren zum Vorschein kommende System und die theoretischen juristischen Erklärungen zeigen schon vor Werbőczy das Streben  das Gewohnheitsrecht zu systematisieren. Die Forschung betont seit langem die Rolle der Formelbücher in der rhetorischen und juristischen Ausbildung. Dies ist besonders eindeutig im Fall jener Formelbücher, die über das Niveau der <emph>ars notaria</emph> weit hinausgehen. Es kann mit der alltäglichen notariellen Tätigkeit und dem Bildungswesen zusammenhängen, dass die Sammlungen erhebliche juristische (z.B. Listen verschiedener Altersstufen, Einschätzungsverzeichnisse), geschichtliche (annalistische Chroniken, Kurzbiographien) und literarische (von das Memorieren helfende Texten, also von den Merksprüchen bis zu humanistischen Gedichten) Texte beinhalteten. Ihre Besonderheit besteht in der Kontinuität, die vor allem auf das literarisches Leben charakteristisch ist: János Uzsai stand in unmittelbarem Kontakt mit den <emph>Petrus de Vinea</emph> und <emph>Ricardus de Pofis</emph> studierenden Gelehrten in Gran und János Magyi hatte höchstwahrscheinlich sein Werk – vielleicht sogar die überlieferte aus 1450 stammende Handschrift – als Lehrbuch in Erlau angewendet<note n="42" type="footnote"><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Magyi János formuláskönyve</emph> 239.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Anhang<lb/>
              bibliographie</head>
            <div>
              <head type="h2">1. Quelleneditionen</head>
              <p>The Customary Law of the Renowned Kingdom of Hungary: A Work in Three Parts Rendered by Stephen Werbőczy (The „Tripartitum”). Tripartitum opus iuris consuetudinarii inclyti regni Hungariae per Stephanum de Werbőcz editum. Edited and translated by <name rend="sc">János M. Bak, Péter Banyó</name> and <name rend="sc">Martyn Rady.</name> With an introductory study by <name rend="sc">László Péter.</name> Idyllwild – Budapest 2005. (The Laws of the Medieval Kingdom of Hungary 5.)  </p>
              <p><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Szentszéki regeszták. Iratok az egyházi bíráskodás történetéhez a középkori Magyarországon.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Balogh Elemér.</name> Budapest 1997. (Jogtörténeti Tár I/1).</p>
              <p><name rend="sc">Fejérpataky László</name>: <emph>Acta legationis cardinalis Gentilis. Gentilis bibornok magyarországi követségének okiratai 1307-1311.</emph> Budapest 1885. (Monumenta Vaticana historiam Regni Hungariae illustrantia. Vatikáni Magyar Okirattár I/2). </p>
              <p>Johannis Lemovicensis, abbatis de Zirc 1208-1218, opera omnia. Auctore <name rend="sc">Constantino Horváth.</name> Tomus I, Veszprém 1932, 1-68. (Libri de Zirc II.) </p>
              <p><name rend="sc">Koller, Josephus</name>: Historia episcopatus Quinqueecclesiarum. IV. Posonii 1796.</p>
              <p><emph>Formulae solennes styli in cancellaria curiaque regum, foris minoribus ac locis credibilibus autenthicisque regni Hungariae olim usitati.</emph> Ed.: <name rend="sc">Martinus Georgius Kovachich.</name> Budae 1799.</p>
              <p>Die „Gesta Hungarorum” des anonymen Notars. Die älteste Darstellung der ungarischen Geschichte. Unter Mitarbeit von <name rend="sc">László Veszprémy</name> herausgegeben von <name rend="sc">Gabriel Silagi.</name> Sigmaringen 1991. (Ungarns Geschichtsschreiber, Bd. 4).</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">2. [Hand]Bücher</head>
              <p><name rend="sc">Bónis György</name>: Középkori jogunk elemei. Római jog, kánonjog, szokásjog. Budapest 1972. </p>
              <p><name rend="sc">Engel, Pál</name>: The Realm of St Steven. A History of Medieval Hungary, 895-1526. London – New York 2001.</p>
              <p><name rend="sc">Erdő Péter</name>: Egyházjog a középkori Magyarországon. Budapest 2001.</p>
              <p>Codices Latini Medii Aevi Bibliothecae Universitatis  Budapestinensis, quos recensuit <name rend="sc">Ladislaus Mezey.</name> Budapest 1961.</p>
              <p><name rend="sc">Regényi, Kund Miklós</name>: Die ungarische Konvente der oberdeutschen Karmelitenprovinz im Mittelalter. (METEM-Bücher, Bd. 31). Budapest – Heidelberg 2001.</p>
              <p>Repertorium Fontium.</p>
              <p>Catalogus concinnus librorum manuscriptorum Bibliothecae Batthyányanae, exaratus per <name rend="sc">Robertum Szentiványi.</name> Szeged <hi rend="sup">4</hi>1958.</p>
              <p><name rend="sc">Szentpétery Imre</name>: Magyar oklevéltan. Budapest 1930. (A Magyar Történettudomány Kézikönyve II/3). </p>
              <p><name rend="sc">Tarnai Andor</name>: „<emph>A magyar nyelvet írni kezdik”. Irodalmi gondolkodás a középkori Magyarországon.</emph> Budapest 1984. (Irodalomtudomány és kritika).</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">3. Artikeln in wissenschaftlichen Zeitschriften</head>
              <p><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Petrus de Vinea leveleskönyve Magyarországon. (Gondolatok a szicíliai államszervezet hazai hatásáról).</emph> I-II. Filológiai Közlöny 4 (1958) 1-26, 173-194.</p>
              <p><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Uzsai János Ars Notariája.</emph> Filológiai Közlöny 7 (1961) 229- 260.</p>
              <p><name rend="sc">Bónis, György</name>: <emph>Les auctorités de „foi publique” et les archives des „loci credibiles” en Hongrie.</emph> Archivum 12 (1962) 97-104.</p>
              <p><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>Az Ars notaria mint retorikai és jogi tankönyv.</emph> Filológiai Közlöny 9 (1963) 373-388.</p>
              <p><name rend="sc">Bónis, György</name>: <emph>Die praktische Juristenausbildung im mittelalterlichen Ungarn.</emph> Acta Facultatis Juridicae Universitatis Comenianae. Die juristische Bildung in der Slowakei und Ungarn bis zum J. 1848. Bratislava 1968, 55-64.</p>
              <p><name rend="sc">Bónis, György</name>: Un formulaire de l’officialité primatiale hongroise de 1512. <emph>Receueil de Mémoires et Travaux de la Société d’Histoire du Droit Écrit</emph> 7 (1970) [Mélanges Pierre Tisset] 31-40.</p>
              <p><name rend="sc">Eckhart, Franz</name>: <emph>Die glaubwürdigen Orte Ungarns im Mittelalter.</emph> Mitteilungen des Instituts für österreichische Geschichtsforschung, IX. Ergänzungsband. Innsbruck 1914, 395-558. </p>
              <p><name rend="sc">Erdő, Péter</name>: <emph>Eheprozesse im mittelalterlichen Ungarn.</emph> Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte, Kan. Abt. 72 (1986) 250-276.</p>
              <p><name rend="sc">Fedeles Tamás</name>: Pécsi segédpüspökök. <emph>Magyar Egyháztörténeti Vázlatok / Essays in Church History in Hungary</emph> 2010:1--2, 5-20, 15-18.</p>
              <p><name rend="sc">Fejérpataky László</name>: <emph>Tapolcai Bertalan oklevélformulái a XIV. századból.</emph> Magyar Könyvszemle 10 (1886) 41-66.</p>
              <p><name rend="sc">Iványi Béla</name>: <emph>Egy 1526 előtti ismeretlen kéziratos formulás könyv.</emph> Magyar Történelmi Tár SN. 5 (1904) 481-538, SN. 6 (1905) 33-41.</p>
              <p><name rend="sc">Kóta Péter</name>: <emph>A vasvári káptalan korai oklevelei. Egy formulagyűjtemény.</emph> Levéltári Szemle, 37 (1987) 17-29. </p>
              <p><name rend="sc">Mályusz Elemér</name>: A magyar medievisztika forráskérdései. (Medievisztika és forráskiadás). Levéltári Közlemények 38 (1967) 3-29. </p>
              <p><name rend="sc">Mályusz Elemér</name>: 1526 <emph>előtti okleveleink forrásértéke.</emph> Történelmi Szemle 10 (1967) 416-429.  </p>
              <p><name rend="sc">Rady, Martyn</name>: <emph>The Prologue to Werbőczy’s Tripartitum and its Sources.</emph> English Historical Rewiev 121 [490] (2006) 104-145.</p>
              <p><name rend="sc">Ratkoš, Peter</name>: <emph>Ein ungarisches kommentiertes Formelbuch aus der Mitte des XIV. Jahrhunderts. (Erhaltung, Entstehung, Bedeutung).</emph> Historica. Historische Wissenschaften in der Tschechoslowakei 1 (1959) 123-134.</p>
              <p><name rend="sc">Surányi Bálint</name>: <emph>Az I. Lajos-kori Ars Notarialis városi vonatkozású formuláinak eredetéről.</emph> Történelmi Szemle 5 (1962) 275-285.</p>
              <p><name rend="sc">Szentirmai, Alexander</name>: <emph>Die ungarische Diözesankurie in Spätmittelalter.</emph> Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte, Kan. Abt. 48 (1962)  209-217. </p>
              <p><name rend="sc">Szücs Jenő</name>: <emph>A ferences obszervancia és az 1514. évi parasztháború. Egy kódex tanúsága.</emph> Levéltári Közlemények 43 (1972) 213-263, 223-227</p>
              <p><name rend="sc">Trostovszky Gabriella</name>: <emph>Az esztergomi káptalan XIII-XIV. századi oklevelei az Országos Levéltár Diplomatikai Levéltárában.</emph> Levéltári Közlemények 60 (1989) 57-81.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">4. Artikeln in Sammelwerke (also in Festschriften und Kongressbeiträgen/Proceedings)</head>
              <p><name rend="sc">Bónis György</name>: <emph>A Somogyvári Formuláskönyv.</emph> In <emph>Emlékkönyv Kelemen Lajos születésének nyolcvanadik évfordulójára.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Bodor András</name> et alii. Kolozsvár 1957. (A Bolyai Tudományegyetem Kiadványai 1.), 117-133. </p>
              <p><name rend="sc">Bónis György</name>: Magyi János formuláskönyve és a gyakorlati jogtanítás. In <emph>A Pécsi Egyetem történetéből.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Csizmadia Andor.</name> (Jubileumi tanulmányok 1.) Pécs 1967, 225-260.</p>
              <p><name rend="sc">Bónis György</name>: Vicari italiani in Ungheria durante il Rinascimento. In <emph>Rapporti veneto-ungheresi all`epoca del Rinascimento</emph>, a cura di <name rend="sc">Tibor Klaniczay.</name> Budapest, 1975, 181-193. </p>
              <p><name rend="sc">Eckhart Ferenc</name>: <emph>Formuláskönyv Werbőczy István hivatali működése köréből.</emph> In <emph>Emlékkönyv Dr Viski Illés József ny. r. egyetemi tanár tanári működésének negyvenedik évfordulójára.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Eckhart Ferenc</name> und <name rend="sc">Degré Alajos.</name> Budapest 1942, 151-160.</p>
              <p><name rend="sc">Érszegi Géza – Szelestei N. László</name>: Fogalmazási mintákat tartalmazó tankönyv töredékei a 14. század első feléből. In <emph>Tanulmányok a középkori magyar könyvkultúráról.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Szelestei N. László.</name> Budapest 1989, 297-326 (Az Országos Széchényi Könyvtár Kiadványai, NS 3.).</p>
              <p><name rend="sc">Oszvald Arisztid</name>: <emph>Fejezetek a magyar premontreiek 800 éve multjából. 1. Premontrei formularium a XVI. század elejéről.</emph> In <emph>A Jászóvári Premontrei Kanonokrend Gödöllői Szent Norbert Gimnáziuma … Évkönyve az 1939-1940. iskolai évről.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">Kumorovitz Bernát.</name> Gödöllő 1940, 142-150.</p>
            </div>
            <div>
              <head type="h2">5. Artikel in Lexikon</head>
              <p><name rend="sc">H. M. Schaller</name>: H[ugo] v[on] Bologna. In <emph>Lexikon des Mittelalters.</emph> Hrsg. von <name rend="sc">G. Giertz</name> et alii. V (München 2003) 169.</p>
            </div>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part21">
        <front>
          <head>Un formulaire métropolitain russe du XVI<hi rend="sup">e</hi> siècle</head>
          <byline><docAuthor>Sergej Michailovič Kaštanov</docAuthor>, professeur des sciences historiques, collanborateur
            scientifique en chef, Institut d’histoire universelle, Leninskij prospekt 32A, 117334
            Moscou, Russie. <ref target="mailto:kashtanov_s@yahoo.com"
            >kashtanov_s@yahoo.com</ref>.</byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>Dans la diplomatique russe contemporaine, le terme «&#160;formuljar&#160;» sonne presque comme le
            mot français «&#160;formulaire&#160;». Proches par le son, ces deux mots désignent pourtant des
            objets très différents. Un «&#160;formulaire&#160;», en français, c’est un recueil de documents
            exemplaires, de modèles qui guident le rédacteur de telle ou telle espèce d’acte&#160;; le
            «&#160;formuljar&#160;», en russe, renvoie plutôt à un concept méthodologique et désigne la
            structure et l’agencement des caractères internes de l’acte. La diplomatique russe a
            donc dû inventer un autre terme pour désigner les recueils de modèles rédactionnels,
            c’est le mot «&#160;formuljarnik&#160;». Le «&#160;formuljarnik&#160;» le plus ancien qui nous soit parvenu
            est celui du métropolite Daniel (1522-1539). L’étude de son contenu montre qu’il
            comprend des formules d’actes, mais aussi la copie de lettres et d’actes réels, qui
            donnent à la compilation les traits mixtes d’un formulaire et d’un cartulaire.</p>
          <div>
            <head type="h1">Introduction</head>
            <p>Le mot «&#160;formulaire&#160;» n´est apparu en Russie qu´à l´époque de Pierre le Grand, au
              début du <num>xviii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Il avait été emprunté à
                l´allemand<note n="1" type="footnote">Maks Fasmer, <emph>Étimologičeskij slovar’
                  russkogo jazyka</emph> [Max Vasmer, <emph>Russisches etymologisches
                  Wörterbuch</emph>], 4 vol., trad. de l’allemand par Oleg N. Trubačev, t. IV,
                Moscou, 1987, p. 203. </note>. De 1716 à 1861, employé seul («&#160;formular&#160;») ou en
              composition («&#160;formularnyj spisok&#160;»), le terme désignait les états de service
                militaire<note n="2" type="footnote">Igor ‘ V. Karpeev, «&#160;Formuljarnyj spisok&#160;»
                [«&#160;États de service&#160;»], dans <emph>Gosudarstvennost’ Rossii</emph> [<emph>Les
                  institutions de l’État russe</emph>], Dictionnaire-ouvrage de référence, t. VI-2,
                Moscou, 2009, p. 366-367.</note>. Plus tard on commença à utiliser le mot
              «&#160;formular&#160;» pour les fiches de bibliothèque<note n="3" type="footnote"
                  >. <emph>Tolkovyj slovar’ russkogo jazyka</emph> [<emph>Dictionnaire raisonné de
                  la langue russe</emph>], éd. Boris M. Volin et Dmitrij N. Ušakov, t. IV, Moscou,
                1940, col. 1104.</note>. Dans la science historique russe du <num>xx<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle, le mot prit une signification nouvelle&#160;: il renvoyait à la
              forme interne (alias caractères internes) des actes, c´est-à-dire à la structure
              diplomatique d´un document conçu et lu comme un acte écrit. Pour être mieux compris,
              je vais citer la définition du terme «&#160;forme&#160;» dans le <emph>Vocabulaire international
                de la diplomatique</emph>&#160;: «&#160;La <emph>forme</emph> de l´acte est le moule dans
              lequel est coulé le contenu de cet acte, l´ensemble des caractères externes et des
              caractères internes qui donnent à l´acte l´aspect qui répond à sa nature diplomatique
              et juridique selon les règles ou les habitudes de la chancellerie qui l´expédie ou du
              bureau d´écriture qui le rédige&#160;»<note n="4" type="footnote"><emph>Vocabulaire
                  international de la diplomatique</emph>, éd. Mª Milagros Cárcel Ortí, València,
                1994, p. 45, § 131.</note>.</p>
            <p>Si l’on distingue ici les «&#160;caractères externes&#160;» et les «&#160;caractères internes&#160;» de
              l´acte, dans la littérature russe on distingue la «&#160;forme externe&#160;» et la «&#160;forme
              interne&#160;» de l´acte écrit, et c´est la dernière que l´on identifie au «&#160;formular&#160;».
              Ainsi la notion russe contemporaine de «&#160;formular&#160;» coïncide avec celle de «&#160;forme&#160;»
              dans la diplomatique occidentale, mais en en excluant les «&#160;caractères externes&#160;» dont
              l´ensemble est considéré comme la «&#160;forme externe&#160;» de l´acte. M´appuyant sur la
              tradition russe, j´ai proposé de distinguer quatre types de «&#160;formular&#160;»&#160;: 1)
              individuel, 2) de groupe, 3) abstrait, 4) conventionnel<note n="5" type="footnote"
                >. S.M. Kaštanov, <emph>Očerki russkoj diplomatiki</emph> [<emph>Études de
                  diplomatique russe</emph>], Moscou, 1970, p. 26-47, et <emph>Russkaja
                  diplomatika</emph> [<emph>La diplomatique russe</emph>], Moscou, 1988,
                p. 169-193.</note>. Par la première expression, j‘entends la structure du texte d´un
              document considéré seul. Le «&#160;formular&#160;» de groupe est celui des parties communes du
              texte de plusieurs actes. Le «&#160;formular&#160;» abstrait qualifie un texte rassemblant en un
              schéma général tous les éléments éventuels des actes de telle ou telle espèce. Enfin,
              le «&#160;formular&#160;» conventionnel, c´est le schéma occidental avec ses divisions
              traditionnelles de l´acte en trois parties inégales nommées «&#160;protocole&#160;», «&#160;texte&#160;»
              et «&#160;eschatocole&#160;», et qui sont divisées à leur tour en composantes de base, comme
              l´«&#160;invocatio&#160;», l´«&#160;intitulatio&#160;», etc. Pour ne pas confondre les deux acceptions du
              mot «&#160;texte&#160;», au sens général et au sens diplomatique, je préfère remplacer ce mot
              par l´expression «&#160;partie principale&#160;», quand il s´agit de la partie intégrante de la
              teneur de l´acte et non pas de tout l´ensemble des éléments externes et internes d´un
              document.</p>
            <p>Quant aux «&#160;formulaires&#160;» au sens occidental, c´est-à-dire des recueils de modèles
              d‘actes, en russe on les appelle «&#160;formularniki&#160;»<note n="6" type="footnote">Lev V.
                Čerepnin, <emph>Russkie feodal’nye arhivy</emph>
                <num>xiv</num>-<num>xv</num> <emph>vekov</emph> [<emph>Les archives russes féodales
                  des</emph>
                <num>xiv</num><emph><hi rend="sup">e</hi></emph>-<num>xv</num><emph><hi rend="sup"
                    >e</hi> siècles</emph>], t. II, Moscou, 1951, p. 18-25.</note>. Le suffixe
              «&#160;nik&#160;» fait la différence entre deux mots&#160;: «&#160;formular&#160;» (la forme interne de l´acte)
              et «&#160;formularnik&#160;» (recueil des documents exemplaires). </p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Les rythmes de la production documentaire</head>
            <p>Les actes écrits sont apparus en Russie beaucoup plus tard que dans les pays
              occidentaux. Les premiers cas où les Russes jouent le rôle d´une partie contractante à
              des actes écrits remontent au <num>x<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Trois traités
              conclus entre Byzance et Russie en 911, 944 et 971 sont présentés, en russe, au fil de
              plusieurs chroniques russes<note n="7" type="footnote"><emph>Pamjatniki russkogo
                  prava</emph> [<emph>Les monuments de droit russe</emph>], éd. Aleksandr A. Zimin,
                t. I, Moscou, 1952, p. 6-70.</note>. Les originaux de ces traités ne nous sont
              parvenus ni en russe, ni en grec.</p>
            <p>Les actes proprement russes apparaissent au <num>xii<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle. Quatre actes de cette époque rapportent les donations princières
              à deux monastères de Novgorod le Grand<note n="8" type="footnote"><emph>Gramoty
                  Velikogo Novgoroda i Pskova</emph> [<emph>Les chartes de Novgorod le Grand et
                  Pskov</emph>], éd. Vasilij G. Gejman et al., réd. Sigizmund N. Valk,
                Moscou-Leningrad, 1949, p. 139-141, n° 79-82.</note>. Un seul d’entre eux nous est
              parvenu sous la forme d’un original sur parchemin&#160;; nous connaissons les trois autres
              par des copies tardives. Aucune de ces chartes ne porte de date, et les datations
              proposées dans la littérature scientifique sont contradictoires. Un consensus se
              dégage pour la datation de la charte du grand-prince Mstislav Vladimirovitch et de son
              fils Vsevolod-Gabriel Mstislavitch pour le monastère de Saint-Georges (Jur´ev) à
                Novgorod<note n="9" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, p. 140-141, n° 82.
                L’original est conservé au Musée de Novgorod-réserve d’État (OPI NGM), kp. 2193, f.
                40. Op. 1. Ed. hr. 12. </note>&#160;: on la rapporte habituellement à l´année 1130<note
                n="10" type="footnote">Tat’jana V. Roždestvenskaja suppose que cette charte fut
                octroyée en 1128&#160;: <emph>Drevnerusskie nadpisi na stenah hramov&#160;: novye
                  istočniki</emph>
                <num>xi</num>-<num>xv</num> <emph>vv.</emph> [<emph>Les inscriptions en vieux-russe
                  sur les murs des églises&#160;: nouvelles sources du</emph>
                <num>xi</num><emph><hi rend="sup">e</hi> au</emph>
                <num>xv</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle</emph>], Saint-Pétersbourg, 1992,
                p. 61-62.</note>. Elle était considérée comme la plus ancienne charte russe sur
              parchemin parvenue en original, quoique récemment Valentin L. Janin ait avancé une
              hypothèse que le document conservé n’est qu’une copie faite au <num>xiii<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle de la charte sincère du grand-prince Mstislav. </p>
            <p>Les relations commerciales de Novgorod avec l´Occident font surgir des traités entre
              ces deux partenaires&#160;: on en connaît à partir de la fin du <num>xii<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle<note n="11" type="footnote"><emph>Gramoty.</emph>..,
                p. 55-56, n° 28.</note>. Au <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle la pratique
              se répand, et d’autant plus que Novgorod est maintenant flanqué de Smolensk, nouveau
              protagoniste des relations entre Russie et villes allemandes. Dans la seconde moitié
              du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle apparaissent des traités entre Novgorod
              et les grands-princes de Vladimir, qui règlementent la participation princière à
              l´administration de la république novgorodienne. Aux <num>xiii<hi rend="sup"
                >e</hi></num> et <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècles, c´était la plupart du
              temps les grands-princes de Tver´ qui jouaient ce rôle, mais au <num>xv<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle ils se virent remplacer par les grands-princes de Moscou.</p>
            <p>Quant aux actes privés, il faut noter d´abord que leur conception dans la
              diplomatique russe ne coïncide pas complètement avec la conception occidentale
              traditionnelle, qui entend par actes privés ceux dont l´auteur juridique n´est ni
              l'empereur, ni le roi, ni le pape. Ainsi parmi les actes privés se trouvent, à côté
              des documents rédigés au nom de simples particuliers, les actes provenant des ducs,
              princes et autres détenteurs du pouvoir étatique, n´ayant pas rang de roi ou
              d´empereur et considérés parfois formellement comme leurs vassaux<note n="12"
                type="footnote">
                <p>. Remarques critiques sur cette conception par Carlrichard Brühl,
                  «&#160;Derzeitige Lage und künftige Aufgaben der Diplomatik&#160;», dans
                    <emph>Landesherrliche Kanzleien im Spätmittelalter</emph>, éd. Gabriel Silagi,
                  München, 1984, 2 vol., au t. I, p. 37-47, à la p. 44.</p></note>. Cette conception
              très repandue au <num>xix<hi rend="sup">e</hi></num> siècle est aujourd’hui largement
              abandonnée, ce qui rapproche davantage les positions des diplomatiques russe et
              occidentale. Les diplomatistes occientaux contemporains prêtent attention à la nature
              ambivalente de certaines catégories d‘actes. Cette tendance, que je reconnais très
              utile, peut être complétée par la mise en relief de quelques variétés ou groupe des
              documents que nous avons l’audace de considérer comme actes privé-publics (par
              exemple, les suppliques de personnes privées adressées au pouvoir public) et
              public-privés (par exemple, des baux à ferme octroyés par l’empereur ou son
              gouvernement aux personnes privées).</p>
            <p>Dans la diplomatique russe, les actes des grands-princes et des princes apanagés, de
              même que des gouvernements républicains de Novgorod ou de Pskov, sont regardés comme
              des actes publics. On tient aussi pour publics les actes du métropolite, des
              archevêques et des évêques. Bien plus, les jugements et les procès-verbaux dressés au
              nom de juges princiers (boyards ou autres serviteurs du grand-prince ou du prince
              apanagé) sont rangés parmi les actes publics. Il va de soi que les «&#160;jarlyks&#160;» des
              khans de la Horde d´Or accordés aux princes régnants et aux métropolites russes
              doivent être rapportés à la même catégorie d´actes publics. Du point de vue
              traditionnel de la diplomatique occidentale du <num>xix<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle, un point de vue aujourd’hui abandonné, les «&#160;jarlyks&#160;» seuls
              mériteraient d’être mis au nombre des actes publics dans le cadre de la Russie
              médiévale du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> au <num>xv<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle. À cette époque, les khans étaient porteurs du pouvoir suprême,
              tandis que les princes régnants russes n´étaient que leurs vassaux.</p>
            <p>Dans la tradition de la science russe, le corpus des actes privés se limite aux
              contrats que passent des particuliers entre eux, ou entre eux et quelque institution
              ecclésiastique ou laïque. </p>
            <p>La naissance des actes privés en Russie n´a pas de date certaine. Deux actes
              prétendus du milieu du <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle sont conservés par
              des copies du <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle (un achat-donation et le
              testament d´Antonij Rimljanin)<note n="13" type="footnote"><emph>Gramoty.</emph>..,
                p. 159-161, n° 102, 103.</note>. Ils ont été l’objet de longs débats, leur sincérité
              étant mise en doute. De mon point de vue, il y a assez d´arguments pour conclure que
              ces actes ont été falsifiés<note n="14" type="footnote">S.M. Kaštanov, <emph>Iz
                  istorii russkogo srednevekovogo istočnika. Akty</emph>
                <num>x</num>-<num>xvi</num> <emph>vv.</emph> [<emph>Pour l’histoire des sources
                  russes médiévales, les actes des</emph>
                <num>x</num><emph><hi rend="sup">e</hi></emph>-<num>xvi</num><emph><hi rend="sup"
                    >e</hi> siècle</emph>], Moscou, 1996, p. 83-87.</note>.</p>
            <p>Plus complexe est la question de la sincérité d´une donation faite par un certain
              Varlaam au monastère de St. Sauveur de Khoutyn´. Cet acte nous est parvenu sous la
              forme d´une feuille du parchemin, ce qui produit l´impression d‘une charte
                originale<note n="15" type="footnote"><emph>Gramoty.</emph>.., p. 161-162, n° 104.
                L’original est conservé au Musée de Novgorod-réserve d’État (OPI NGM), kp. 2194, f.
                44. Op. 1. Ed. hr. 6. </note>. La date manque, mais l‘on suppose que la donation
              remonte à 1192&#160;: c’est effet sous cette date (année 6700 de l´ère byzantine) que la
              Première Chronique novgorodienne rapporte qu´un moine Varlaam, de son nom profane
              Aleksa Mikhailovitz, fonda une église à Novgorod, en un lieu nommé Khoutyn´<note
                n="16" type="footnote"><emph>Novgorodskaja pervaja letopis’ staršego i mladšego
                  izvodov</emph> [<emph>La première Chronique Novgorodienne de l’ancienne et de la
                  récente versions</emph>], Moscou, 2000, p. 40.</note>. </p>
            <p>Une particularité étrange de cette charte consiste en ce que sa marge gauche est très
              large, à la différence des autres actes de l´époque, et que son invocation symbolique
              en forme de croix octogonale est trop grande&#160;: elle fait plutôt penser à un dessin
              tracé à part, placé devant les premières sept lignes du texte, qui ne compte que onze
              lignes. Ces caractéristiques sèment le doute.</p>
            <p>Quel document donc pouvons-nous considérer avec certitude comme l‘acte privé russe le
              plus ancien&#160;? C´est sans doute le testament d´un Novgorodien du nom de Clément, que
              l´on date des années 1258-1268<note n="17" type="footnote"><emph>Gramoty.</emph>..,
                p. 162-163, n° 105&#160;; Mihail Tihomirov, Marfa V. Ščepkina, <emph>Dva pamjatnika
                  novgorodskoj pis’mennosti</emph> [<emph>Deux monuments de l’écriture
                  novgorodienne</emph>], Moscou, 1952, p. 8-13. L’original est conservé au Musée
                historique de Moscou (GIM), Collection Uvarov, n° 41/265.</note>. Un autre acte
              authentique, chronologiquement proche de celui-ci, notifie un accord relatif à des
              biens dotaux, passé entre Jakim et Techata, tous deux habitants de Pskov. L’acte a été
              écrit par un scribe du prince Dovmont (Timothée), qui régnait à Pskov en
                1266-1291<note n="18" type="footnote">
                <p>. <emph>Gramoty.</emph>.., p. 317, n° 331. L’original est
                  conservé aux Archives de Riga (LNA), LVVA. 673. f., 4 apr., 18. kast. 10. 1. б 2.
                  lp.</p></note>. </p>
            <p>Avant le <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, les actes russes sont peu
              nombreux, et inégalement répartis dans l‘espace. Ils n´apparaissent que dans le
              nord-ouest de la Russie (Novgorod, Pskov, Smolensk, Polotzk), alors que la Russie du
              nord-est n´est représentée à cette époque par aucun acte, ni public, ni privé. Par
              ailleurs, à compter de la seconde moitié du <num>xiii<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle, Tver´, en contractant avec Novgorod, s´associe à la pratique
              d´écriture documentaire. Dans la principauté de Rjazan´, le recours à l’acte écrit se
              manifeste au tournant des <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> et <num>xiv<hi
                  rend="sup">e</hi></num> siècles.</p>
            <p>Le véritable coup d’envoi de la production d‘actes en Russie se place au milieu du
                  <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Au cours des <num>xiv<hi rend="sup"
                  >e</hi></num>, <num>xv<hi rend="sup">e</hi></num> et <num>xvi<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècles, plusieurs types d´actes se forment. Parmi les actes publics,
              on rencontre les testaments princiers, les traités entre les grands-princes et
              Novgorod, et entre les princes eux-mêmes, les privilèges, les mandements, les
              jugements. Les actes privés sont représentés par les chartes de donation, de partage,
              d´achat, d´échange, d´hypothèque, d´affermage, de redevance, etc. Par la variété des
              formes et des types, par les effectifs et par le rythme de délivrance, ce complexe
              documentaire est semblable à celui de l´époque carolingienne en Occident.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. À la recherche de modèles d’actes</head>
            <p>Il est difficile d´établir les origines du texte premier type par type, mais l‘on
              peut observer l´influence d´un acte précédent sur la structure d´un acte ultérieur du
              même type&#160;: très souvent le document ancien servit de modèle pour le document récent.
              En rédigeant un nouveau testament du grand-prince de Moscou, on tirait toujours des
              archives princières un testament précédent, pour prendre connaissance de sa forme et
              de son contenu. Un procédé analogue était mis en œuvre quand il fallait rédiger de
              nouveaux traités entre les grands-princes de Moscou et ceux de Tver´ ou Rjazan, comme
              entre le grand-prince et les princes apanagés. Les monastères recopiaient leurs
              anciens privilèges et les présentaient au grand-prince ou au prince apanagé pour
              recevoir une nouvelle charte, de même contenu, parfois sans succès.</p>
            <p>Parfois aussi les autorités mettaient au point un texte devant servir de modèle pour
              les chartes octroyées à différentes personnes physiques ou morales. Si de tels textes
              nous étaient parvenus, nous aurions pu les considérer comme des «&#160;formulaires&#160;» au
              sens occidental du mot. Mais nous ne voyons que leur reflet dans les documents
              délivrés aux destinataires concernés. Pour prendre un exemple, quelques chartes reçues
              par les monastères de la Trinité St. Serge, de St. Cyrille du Lac blanc, et de St.
              Sauveur de Prilouki près de Vologda, permettent de constater que, dans la seconde
              moitié du <num>xv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, Novgorod le Grand, en accordant
              des privilèges d´immunité douanière aux monastères du nord-est de la Russie
              reproduisait un patron rédactionnel unique, un patron qu‘adoptaient les princes qui
              confirmaient les privilèges anciens<note n="19" type="footnote">S.M. Kaštanov,
                  <emph>Finansy srednevekovoj Rusi</emph> [<emph>Les finances de la Russie
                  médiévale</emph>], Moscou, 1988, p. 52-53.</note>. Dans les chartes que
              délivrèrent conjointement, en 1504, à divers monastères de Novgorod les grands-princes
              Ivan III et son fils Vasilij III, une rédaction générale, quoique d´un autre genre,
              fut strictement suivie<note n="20" type="footnote">S.M. Kaštanov,
                  <emph>Sotzial’no-političeskaja istorija Rossii kontza</emph>
                <num>xv</num>
                <emph>– pervoj poloviny</emph>
                <num>xvi</num> <emph>v.</emph> [<emph>L’histoire socio-politique de Russie à la fin
                  du</emph>
                <num>xv</num><emph><hi rend="sup">e</hi> et dans la première moitié du</emph>
                <num>xvi</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle</emph>], Moscou, 1967, p. 102-144,
                170-188, 218-238&#160;; Id. et Evgenija E. Matveeva, «&#160;Novonajdennaja žalovannaja gramota
                Ivana III i Vasilija III 1504 g. Spasskomu Valaamskomu monastyrju&#160;» [«&#160;Un privilège
                récemment découvert d’Ivan III et Vasilij III pour le monastère de St.
                Sauveur-Valaam en 1504&#160;»], dans <emph>Arheografičeskij ežegodnik za 2000 god</emph>
                  [<emph>Annuaire archéographique pour l’année 2000</emph>], Moscou, 2001,
                p. 422.</note>. Même procédé en 1551, quand le gouvernement d´Ivan IV prit la
              décision de réduire les immunités fiscales de tous les monastères russes<note n="21"
                type="footnote">S.M. Kaštanov, «&#160;The Centralized State and Feudal Immunities in
                Russia&#160;», dans <emph>The Slavonic and East European Review</emph>, t. 49, n° 115,
                1971, p. 247-248.</note>. Même constat de la standardisation, tirée d’un modèle,
              devant la commune teneur d´un groupe des chartes des années 1576-1578, octroyées aux
              monastères de la région Vladimir-Souzdal´-Pereslavl´, cette fois pour élargir leurs
                privilèges<note n="22" type="footnote">S.M. Kaštanov, <emph>Financy</emph>…,
                p. 219-220.</note>.</p>
            <p>Dans une étude de 1970, je me suis efforcé de dégager divers types rédactionnels des
              privilèges de la première moitié du <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, mais
              il me fut impossible de conclure que chacun des types en question remontait à un
              modèle abstrait<note n="23" type="footnote">S.M. Kaštanov, <emph>Očerki</emph>…,
                p. 53-217.</note>. Aujourd´hui je n´en suis plus sûr.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Cartulaires et formulaires</head>
            <p>Il me semble que la naissance de formulaires en Russie, sans doute comme en Occident,
              fut étroitement liée à la pratique de compilation des cartulaires. Si en Occident les
              cartulaires sont connus dès le <num>ix<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, en Russie
              ils n´apparurent qu´au <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Les plus anciens
              d´entre eux furent rédigés dans l‘entourage de la chaire métropolitaine
                (1527-1528)<note n="24" type="footnote"><emph>Akty feodal’nogo zemlevladenija i
                  hozjajstva</emph>
                <num>xiv</num>-<num>xvi</num> <emph>vekov</emph> [<emph>Actes de la propriété
                  foncière et de l’économie féodale des</emph>
                <num>xiv</num><emph><hi rend="sup">e</hi></emph>-<num>xvi</num><emph><hi rend="sup"
                    >e</hi> siècles</emph>], 1<hi rend="sup">re</hi> partie, éd. L.V. Čerepnin,
                Moscou, 1951 (l’éditeur date le cartulaire de 1522-1533)&#160;; Boris M. Kloss, «&#160;O
                sostave kopijnoj knigi moskovskogo mitropolič’ego doma&#160;» [«&#160;La composition du
                cartulaire de la chaire métropolitaine de Moscou&#160;»], dans <emph>Vspomogatel’nye
                  istoričeskie distzipliny</emph> [<emph>Les sciences auxiliaires de
                  l’histoire</emph>], t. V, Leningrad, 1973, p. 107-112, à la p. 109.</note>, aux
              monastères de St. Cyrille du Lac blanc (années 20 du <num>xvi<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle)<note n="25" type="footnote"><emph>Akty
                  sotzial’no-économičeskoj istorii Severo-Vostočnoj Rusi kontza</emph>
                <num>xiv</num>
                <emph>– načala</emph>
                <num>xvi</num> <emph>v.</emph> [<emph>Actes de l’histoire socio-économique de la
                  Russie du nord-est de la fin du</emph>
                <num>xiv</num><emph><hi rend="sup"> e</hi> au début du</emph>
                <num>xvi</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle</emph>], t. II, éd. Ivan A.
                Golubtzov, réd. L.V. Čerepnin, Moscou, 1958, p. 5-6.</note> et de la Trinité St.
              Serge (1534)<note n="26" type="footnote">S.M. Kaštanov, «&#160;Kopijnye knigi
                Troitze-Sergieva monastyrja <num>xvi</num> v.» [«Les cartulaires du monastère de la
                Trinité-St. Serge au <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle»], dans
                  <emph>Perečen’ aktov arhiva Troitze-Sergieva monastyrja 1505-1537</emph>
                  [<emph>Catalogue des actes des archives du monastère de la Trinité-Saint-Serge
                  1505-1537</emph>], Moscou, 2007, p. 15-25.</note>. Ce dernier continua de compiler
              des cartulaires dans les années 60 et 80 du <num>xvi<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle<note n="27" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>,
                p. 40-54.</note>. À la fin du même siècle, le monastère de St. Joseph de Volokolamsk
              composa lui aussi un cartulaire<note n="28" type="footnote"><emph>Akty feodal’nogo
                  zemlevladenija i hozjajstva</emph> [<emph>Actes de la propriété foncière et de
                  l’économie féodales</emph>], 2<hi rend="sup">e</hi> partie, éd. Aleksandr A.
                Zimin, Moscou, 1956, p. 6.</note>.</p>
            <p>Les cartulaires monastiques et métropolitains contiennent les copies d´actes se
              rapportant à la propriété foncière et aux immunités, surtout fiscales et judiciaires.
              Ils donnent à lire une vaste gamme de documents publics et privés&#160;: privilèges,
              donations, achats, jugements de litiges fonciers, etc.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Le «&#160;formulaire métropolitain&#160;»</head>
            <p>D’une tout autre nature est le recueil coté Nr. 562 de la Collection dite synodale du
              Musée historique d´État à Moscou<note n="29" type="footnote"><emph>Russkij
                  feodal’nyj arhiv</emph> [<emph>Les archives féodales russes</emph>], éd. Andrej I.
                Pliguzov, Georgij V. Semenčenko, Ljudmila F. Kuz’mina, réd. Viktor I. Buganov,
                Moscou, 1986-1992, 5 vol.</note>. Dans l´historiographie, il est désigné du nom de
              «&#160;formulaire métropolitain&#160;». Il contient les copies de 157 documents. Ce sont pour la
              plupart des épîtres des métropolites russes, majoritairement du <num>xv<hi rend="sup"
                  >e</hi></num> siècle. À leurs côtés on trouve des lettres des patriarches de
              Constantinople et d’Alexandrie, des messages des évêques et des grands-princes, des
              privilèges métropolitains, le traité passé par le grand-prince Vasilij I<hi rend="sup"
                >er</hi> avec le métropolite Cyprien, et maints autres documents isolés, comme, par
              exemple, les testaments de Dmitrij Donskoj (1389) et d´Ivan III (1504).</p>
            <p>Le recueil a un format moyen d’in-4° (hauteur 21,2 cm, largeur 16,5 cm). Il contient
              449 pages. La reliure date du premier quart du <num>xviii<hi rend="sup"
              >e</hi></num> siècle. Le manuscrit est formé de plusieurs cahiers de papier étranger
              (surtout allemand – tête de boeuf, tiare, etc). Les filigranes et le montage
              codicologique du manuscrit ont été bien étudiés par A.I. Pligouzov. Cet auteur a
              établi en particulier que les différentes sortes de papier utilisées renvoient à une
              période assez longue, du début du <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle jusqu´en
                1530<note n="30" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, t. I (1986), p. 18-36. Les
                résultats de ce travail ne contredisent pas les premières observations de L.V.
                Čerepnin, <emph>Russkie feodal’nye archivy.</emph>.., 2<hi rend="sup">e</hi> partie
                (1951), p. 20.</note>. Trait concordant, le manuscrit a été écrit par plusieurs
              mains.</p>
            <p>Le premier document transcrit est l´épître de métropolite Philippe, adressée en 1467
              à l´archevêque de Novgorod et s‘élevant contre les tentatives de personnes et
              d‘autorités laïques de s´emparer de terres ecclésiastiques. En général du reste, tout
              le recueil est marqué au coin de la lutte pour l´intégrité des possessions
              conventuelles et ecclésiastiques. On peut même penser qu´il a été commencé vers 1503,
              en relation avec le concile de 1503, où les questions de la sécularisation partielle
              furent examinées<note n="31" type="footnote">D’après L.V. Čerepnin,
                  <emph>ibid.</emph>, la partie initiale du recueil fut rédigé sous le métropolite
                Simon (1495-1511).</note>. Par la suite, les matériaux primitifs furent peu à peu
              complétés d´autres, qui répondaient le mieux aux graves problèmes de telle ou telle
              nouvelle étape du développement des relations entre l´Église et l´État dans le premier
              tiers du <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle.</p>
            <p>Les matériaux documentaires se virent parfois complétés de quelques matériaux
              narratifs. On lit, par exemple, une parabole sur un certain tsar khazar qui prit une
              seconde femme du vivant de sa première épouse légitime&#160;: allusion sans doute à la
              situation de 1525, quand Vasilij III répudia et cloîtra sa première femme Solomonija
              Sabourova et épousa Elena Glinskaja. Par la parabole sur un tsar khazar, l´Église
              russe exprimait sa réprobation du second mariage de Vasilij III. Ce n´est pas par
              hasard que, dans le recueil métropolitain, cette parabole précède immédiatement une
              épître du patriarche d´Alexandrie, Joachim, qui ne délivre aucun consentement au
              second mariage du grand-prince, quoique ce dernier l´attendît avec impatience<note
                n="32" type="footnote"><emph>Russkij feodal’nyj arhiv…</emph>, t. III (1987),
                p. 542-545, n° 153-154&#160;; cf. <emph>Rossija i grečeskij mir v</emph>
                <num>xvi</num> <emph>veke</emph> [<emph>La Russie et le monde grec au</emph>
                <num>xvi</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle]</emph>, t. I, éd. S.M. Kaštanov,
                Ljubov’ V. Stoljarova et Boris L. Fonkič, Moscou, 2004, p. 341-347, n° 4.</note>. </p>
            <p>À la différence des cartulaires, le recueil métropolitain n´était pas rédigé d´après
              un plan défini. Il surgit comme une anthologie idéologique composée non pas tout d´un
              coup, mais au fur et à mesure des luttes menées par l‘Église pour défendre sa
              propriété foncière, ses prérogatives judicières, financières, administratives et
                politiques<note n="33" type="footnote">L.V. Čerepnin, <emph>Russkie feodal’nye
                  arhivy.</emph>.., 2<hi rend="sup">e</hi> partie, p. 21, distinguait quatre
                directions de la lutte idéologique qui se manifestèrent ici&#160;: 1) contre les
                hérésies, 2) pour l’inviolabilité de la propriété foncière de l’Église et des
                monastères, 3) pour l’affermissement de la discipline ecclésiastique et de la
                moralité du clergé régulier comme séculier, 4) contre les uniates et les catholiques
                militants.</note>.</p>
            <p>La disposition des documents dans le recueil produit l´impression d´arbitraire et de
              désordre. Leur succession peut être expliquée seulement si l’on considère pas à pas
              les péripéties des relations et des conflits ouverts ou feutrés entre l´Église et
              l´État, ainsi qu´entre l´Église russe et l´Église œcuménique.</p>
            <p>L‘objectif de faire de ce recueil un formulaire était ainsi relégué à l´arrière-plan,
              quoique parfois il se manifestât assez clairement. Dans plusieurs textes, le nom de
              l´auteur de l’action juridique fut remplacé par l´expression impersonnelle&#160;:
              «&#160;imjarek&#160;» (= N, Untel). La plupart des versions dépersonnalisées étaient fondées sur
              des documents réels. </p>
            <p>Ce recueil est flanqué de quelques autres formulaires métropolitains du <num>xvi<hi
                  rend="sup">e</hi></num> siècle<note n="34" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>,
                p. 11-13, 17-25&#160;; <emph>Russkij feodal’nyj arhiv</emph>…, t. I (1986),
              p. 15.</note>. Toutes ces compilations ecclésiastiques prennent en compte une quantité
              assez limitée de types documentaires.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusion</head>
            <p>Le constat général est celui d’une atonie de la compilation de formulaires&#160;: on ne
              connaît pas de formulaires d´actes privés, tels que donations, achats, échanges,
              etc.&#160;; pas plus que de formulaires d´actes publics qui contiendraient des modèles de
              privilèges princiers, de mandements et de jugements. On pourrait pourtant les attendre
              de l´influence byzantine&#160;: on sait qu’il existait à Byzance des formulaires d´actes
              privés dès le <num>xii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, et qu‘ils y étaient répandus
              au <num>xv<hi rend="sup">e</hi></num> siècle<note n="35" type="footnote">Igor’ P.
                Medvedev, <emph>Očerki vizantijskoj diplomatiki</emph>&#160;: <emph>Častnopravovoj
                  akt</emph> [<emph>Essais de diplomatique byzantine&#160;: L’acte privé</emph>],
                Leningrad, 1988, p. 43-44. </note>. Mais la documentation byzantine privée ne
              pénétrait pas massivement en Russie, et ses formulaires n´avaient aucune chance
              d´offrir de modèles aux actes russes.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part22">
        <front>
          <head>Le formulaire comme programme de gouvernement<lb/>
            Sortie des troubles civils et refondation bourbonienne sous Henri IV (1589-1610)<lb/>
            À travers le ms. Bibl. nat. Fr., fr. 5809</head>
          <byline><docAuthor>Olivier Poncet</docAuthor>, professeur à l’École nationale des chartes, directeur du Centre
            Jean-Mabillon (EA 3624), 65 rue de Richelieu, F-75002 Paris. <ref
              target="mailto:olivier.poncet@enc-sorbonne.fr">olivier.poncet@enc-sorbonne.fr</ref>
          </byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>La faiblesse de l’attention portée aux écritures de chancellerie de l’époque moderne
            touche aussi l’étude des formulaires hérités de cette période. En France, en dépit d’une
            publicité donnée dès 1514 par l’imprimé au plus célèbre d’entre eux, <emph>Le Grand
              Stile et prothocolle de la chancellerie de France</emph>, des formulaires manuscrits
            n’ont jamais cessé d’être produits et compilés dans les entourages du chancelier, et
            surtout des secrétaires d’État. L’un d’entre eux, conservé à la Bibliothèque nationale
            de France (ms fr. 5809), garde la mémoire de 317 actes, pour l’essentiel datés entre
            1596 et 1608, et dont un peu plus de 80 % sont des actes expédiés en Grande
            Chancellerie. L’auteur de ce recueil, qui restitue à merveille les enjeux et l’esprit du
            règne du premier roi Bourbon, Henri IV (1589-1610), pourrait être dû à Jacques Potier,
            un notaire et secrétaire du roi proche du futur chancelier Nicolas Brulart de Sillery et
            de sa famille.</p>

          <div>
            <head type="h1">Introduction</head>
            <p>L’étude des formulaires de l’âge moderne en France est encore dans les limbes. Le
              propos peut s’appliquer, quoique avec un peu plus d’indulgence, à l’ensemble de la
              diplomatique des actes de cette période<note n="1" type="footnote">Bernard Barbiche,
                «&#160;La diplomatique des actes de l’époque moderne <num>xvi<hi rend="sup"
                    >e</hi></num>-<num>xviii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Bilan et
                perspectives&#160;», dans <emph>Gazette des Archives</emph>, n° 178, 1996-1997,
                p. 19-36&#160;; Wolfgang Stein, «&#160;Die Klassifikation des französischen und
                französischesprachigen Schriftgutes der frühen Neuzeit in deutschen Archiven
                zwischen deutscher Aktenkunde und französischer <emph>diplomatique moderne</emph>&#160;»,
                dans <emph>Archiv für Diplomatik</emph>, t. 44, 1998, p. 211-274 (repris en
                français, sous une forme abrégée et avec une orientation quelque peu différente,
                dans <emph>Id.</emph>, «&#160;Comment constituer une diplomatique royale française
                moderne&#160;? Les approches de la diplomatique française et de l’<emph>Aktenkunde</emph>
                allemande&#160;», dans <emph>Histoire et archives</emph>, n° 8, 2000, p. 33-58&#160;; Jürgen
                Kloosterhuis, «&#160;Amtliche Aktenkunde der Neuzeit. Ein hilfswissenschaftliches
                Kompendium&#160;», dans <emph>Archiv für Diplomatik</emph>, t. 45, 1999, p. 465-563&#160;;
                Olivier Poncet, «&#160;Défense et illustration de la diplomatique de l’époque moderne&#160;»,
                dans <emph>Archiv für Diplomatik</emph>, t. 52, 2006, p. 395-416. </note>. Cette
              désaffection peut surprendre, car il semble bien que le stock disponible pour la seule
              chancellerie royale française soit sans doute supérieur en quantité et surtout en
              diversité à celui dont on dispose pour l’époque médiévale. Hélène Michaud a ainsi
              relevé, dans une première tentative de pesée, vingt-trois recueils manuscrits pour le
                  <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle<note n="2" type="footnote">H.
                Michaud, <emph>Les formulaires de grande chancellerie, 1500-1580</emph>, Paris, 1974
                  (<emph>Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale</emph>,
                44).</note>. Les deux derniers siècles de l’Ancien Régime, pour autant que l’on
              puisse d’ores et déjà le percevoir, ne sont pas davantage dépourvus d’exemples<note
                n="3" type="footnote">Émile Schwob, <emph>Un formulaire de chancellerie au</emph>
                <num>xviii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle</emph>, Paris, 1937. [Édition du
                recueil Arch. nat., KK 627, et étude diplomatique des actes de chancellerie
                française au <num>xviii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Thèse de droit.]</note>.
              Un recensement, en préparation à l’École nationale des chartes, devrait offrir
              prochainement un profil de cette production sur la longue durée.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">I. Formulaire et écritures royales au <num>xvi<hi rend="sup"
                >e</hi></num> siècle</head>
            <p>Cette appréciation quantitative, qui aurait dû appeler les historiens à prêter plus
              d’attention à ce témoignage de l’activité des bureaux d’écriture de l’époque moderne,
              paraît contrebalancée par le constat d’une mutation qualitative du contenu de ces
              recueils. Le sentiment domine en effet que, depuis Odart Morchesne et le début du
                  <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, la chancellerie royale aurait peu
              innové en matière de typologies d’actes et de formules. Or il n’y a pire eau que celle
              qui dort&#160;: derrière la sèche nomenclature des types d’actes se dissimulent souvent des
              infléchissements notables du discours des écritures officielles. Certes, l’imprimerie
              a pu jouer un rôle de fixateur néfaste à une juste perception de ces réalités.
              Vulgarisation des enseignements d’Odart Morchesne qu’il enrichit fortement, le
                <emph>Grant Stile et prothocolle de la chancellerie de France</emph> est édité une
              première fois en 1514 et réimprimé à plusieurs reprises<note n="4" type="footnote"
                >. H. Michaud, <emph>La Grande Chancellerie et les écritures royales au seizième
                  siècle (1515-1589)</emph>, Paris, 1967 (<emph>Mémoires et documents de la Société
                  de l’École des chartes</emph>, 17), p. 296-297. Pour un jugement positif des
                apports du <emph>Grant Stile</emph> par rapport à Morchesne, voir <emph>Le
                  formulaire d’Odart Morchesne dans la version du ms BnF fr. 5024</emph>, éd.
                Olivier Guyotjeannin et Serge Lusignan, Paris, 2005 (<emph>Mémoires et documents de
                  l’École des chartes</emph>, 80), p. 92-94.</note>. Il convient d’y joindre des
              recueils d’actes royaux conçus en dehors de la chancellerie et pour des raisons très
              extérieures à la seule volonté de disposer de modèles d’écriture, qu’il s’agisse de
              publications polémiques d’actes royaux (<emph>Cérémonial françois</emph> de Théodore
              Godefroy, <emph>Libertés de l’Église gallicane</emph> de Pierre Dupuy)<note n="5"
                type="footnote">Théodore Godefroy, <emph>Le cérémonial de France (…)</emph>,
                Paris, Abraham Pacard, 1619&#160;; id., <emph>Le ceremonial françois contenant les
                  ceremonies observées en France (…)</emph>, 2 vol., Paris, Sébastien et Gabriel
                Cramoisy, 1649&#160;; Pierre Dupuy, <emph>Traité des droits et libertez de l’Eglise
                  gallicane</emph>, s. l., s. n., 1639.</note> ou de collections d’actes rassemblés
              pour illustrer un secteur de la vie administrative<note n="6" type="footnote">Par
                exemple, Louis de Sainctyon, <emph>Les édicts et ordonnances des roys, coustumes des
                  provinces, règlemens, arrests et jugemens notables des eaues et forêts</emph>,
                Paris, Veuve Abel Langelier, 1610&#160;; Jacques Boursier, sieur de Montarlot,
                  <emph>Recueil des édicts, arrests et règlemens concernans les charges des
                  prévosts, vis baillifs, vis seneschaux, de messieurs les connestable et mareschaux
                  de France et autres officiers de leur compagnie</emph>, Paris, A. de La Perrière,
                1628&#160;; etc.</note> ou fournir la matière essentielle de l’œuvre législative ou
              réglementaire d’un règne<note n="7" type="footnote">Parmi une abondante,
                bibliographie on citera Antoine Fontanon, <emph>Les édicts et ordonnances des roys
                  de France depuis Louis VI l’an 1108 jusqu’au roy Henry IV</emph>, nouv. éd. revue
                et augmentée par Gabriel de Rochemaillet, 4 tomes en 3 vol., Paris, Claude Morel,
                1611 (première édition 1580)&#160;; Pierre Néron et Pierre Girard, <emph>Recueil d’édits
                  et d’ordonnances royaux sur le fait de la justice et autres matières les plus
                  importantes</emph> […], 2 vol., Paris, 1620 (réédité au moins seize fois jusqu’en
                1720). De manière générale, voir Jean-Claude Garreta, «&#160;Les sources de la
                législation de l’Ancien Régime. Guide bibliographique&#160;», dans <emph>Mémoires de la
                  Société pour l’histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignon,
                  comtois et romans</emph>, fasc. 29, 1968-1969, p. 275-364.</note>.</p>
            <p>À ce premier facteur ambivalent, tout à la fois porteur d’une diffusion inédite et
              synonyme d’une fossilisation du genre, il faut joindre un autre plus difficile à
              mesurer et plus délicat à manier pour l’historien&#160;: la conservation des archives
              centrales de la monarchie française. L’assèchement relativement brutal de la mémoire
              de la chancellerie après 1568 s’explique conjoncturellement par le retrait du
              chancelier Michel de L’Hospital, mais s’inscrit également dans un mouvement de fond où
              l’enregistrement dans les cours de justice est devenu de plus en plus
                systématique<note n="8" type="footnote">O. Poncet, «&#160;Le miroir d’un déclin&#160;? Les
                registres de la Grande Chancellerie à l’âge moderne (<num>xvi<hi rend="sup"
                  >e</hi></num>-<num>xviii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle)&#160;», dans <emph>L’art du
                  registre à la chancellerie du roi de France (</emph><num>xiii</num><emph><hi
                    rend="sup">e</hi></emph>-<num>xvi</num><emph><hi rend="sup"
                  >e</hi> siècle)</emph>, éd. Olivier Guyotjeannin, à paraître dans la collection
                  <emph>Études et rencontres de l’École des chartes.</emph></note>. Il a sans doute
              provoqué en réaction un prolongement inédit, mais limité dans le temps, de la
              tradition du formulaire de chancellerie. L’institution, dans la seconde moitié du
                  <num>xvii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, de dépôts centraux plus stables et
              surtout plus nourris que le Trésor des chartes a en revanche peut-être contribué à
              remiser la confection des formulaires au rang des curiosités de secrétaires, voire de
              propédeutique formatrice de jeunes collaborateurs des ministres responsables des actes
                royaux<note n="9" type="footnote">Robert-Henri Bautier, «&#160;La phase cruciale de
                l’histoire des archives&#160;: la constitution des dépôts d’archives et la naissance de
                l’archivistique, <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num>-début <num>xix<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècle&#160;», dans <emph>Archivum</emph>, t. 18, 1968, p. 139-150&#160;;
                Jean-Pierre Brunterc’h et O. Poncet, «&#160;Lieux d’archives, lieux de pouvoir&#160;: de Rome
                à l’hôtel de Soubise&#160;», dans <emph>Les Archives nationales. Des lieux pour
                  l’histoire de France. Bicentenaire d’une installation 1808-2008</emph>, Paris,
                2008, p. 9-37.</note>.</p>
            <p>Les changements intervenus dans la préservation et la transmission des papiers de
              fonction des divers départements ministériels d’un titulaire à un autre n’auraient
              servi de rien s’ils ne s’étaient accompagnés d’une dépersonnalisation du service des
              commis et clercs aux écritures&#160;: ces derniers davantage liés, au fil du temps, à leur
              administration qu’au personnage qui en incarnait la direction assuraient l’essentiel
              de la stabilité documentaire, abaissant significativement le besoin de formulaires
              conçus spécifiquement pour des individus partiellement privés d’archives. L’évolution
              est acquise au plus tard durant le règne personnel de Louis XIV, même si elle semble
              plus claire à compter des années 1750<note n="10" type="footnote">Jean-Pierre
                Samoyault, <emph>Les bureaux du secrétaire d’État aux Affaires étrangères sous
                  Louis XV&#160;: administration, personnel</emph>, Paris, 1971&#160;; John C. Rule, «&#160;The
                commis of the department of foreign affairs under the administration of Colbert de
                Croissy and Colbert de Torcy (1680-1715)&#160;», dans <emph>Proceedings of the annual
                  meeting of the Western Society for French History</emph>, t. 8, 1981, p. 69-80&#160;;
                Emmanuel Pénicaut, <emph>Faveur et pouvoir au tournant du Grand Siècle. Michel
                  Chamillart, ministre et secrétaire d’État de la Guerre de Louis XIV</emph>, Paris,
                2004 (<emph>Mémoires et documents de l’École des chartes</emph>, 76), p. 226 et
                suiv.</note>.</p>
            <p>En réalité, la vie du formulaire de chancellerie avait été affectée au cours du
                  <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle par une troisième évolution importante,
              celle qui avait vu la lente mais sûre métamorphose de quelques secrétaires proches du
              roi en secrétaires des commandements ou secrétaires d’État. En passant du statut
              d’exécutants de luxe à celui de chefs de départements ministériels, ils avaient acquis
              pour eux-mêmes et pour leurs clercs une autonomie d’action. Alors qu’au départ ils
              secondaient les services du chancelier dans la rédaction des actes royaux dont le
              souverain leur commandait la mise en forme et qu’ils contribuaient à valider de leur
              signature, ils finirent par inverser le rapport qui les unissait à la vénérable Grande
              Chancellerie. Ils devinrent bientôt les maîtres de l’acte royal, auquel le chancelier
              était prié d’apposer le grand sceau quand la forme diplomatique choisie le
                réclamait<note n="11" type="footnote">H. Michaud, <emph>La Grande
                  Chancellerie...</emph>, p. 227 et suiv.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Composition et pesée du ms. Bibl. nat. Fr. 5809</head>
            <p>La genèse du formulaire dont il sera ici question relève de cette double origine –
              absence d’archives de chancellerie constituées, poids grandissant et autonomisation
              des secrétaires d’État –, le tout dans un contexte très particulier, à savoir celui de
              l’avènement d’une nouvelle dynastie au sortir de terribles guerres civiles. Le
              manuscrit Bibl. nat. Fr., fr. 5809 est entré assez tôt dans les collections royales,
              au début du <num>xviii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle probablement, après un
              passage par la bibliothèque de l’érudit Étienne Baluze (1630-1718) dont on ne sait pas
              dans quelles conditions il l’acquit pour son propre compte et s’il y joignit d’autres
                volumes<note n="12" type="footnote">On relève, dans la collection Baluze (Bibl.
                nat. Fr.), le volume 293, «&#160;Notes diverses d’un homme de robe&#160;», des années
                1606-1608 et qui, au moins par les dates, pourrait être rapproché du manuscrit ici
                étudié.</note>. Contenant 223 feuillets de papier, cotés A-F, 1-120, 122-137,
              139-225 – les cotes 121 et 138 ont été omises – il est entièrement écrit, à
              l’exception des feuillets E, 114, 116, 127 et 128 demeurés blancs. L’écriture est,
              pour une partie des pages, celle que l’on rencontre dans les documents de la fin du
                  <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, et pour une autre part des
              interventions, du début du <num>xvii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. En effet, le
              volume a été d’abord été entièrement conçu de manière uniforme avec des textes
              empruntés, entre autres, aux années 1596-1597 et suivis d’espaces, parfois importants
              et ménagés en blanc, qui ont été comblés dans un deuxième temps à l’aide de documents
              datés au plus tôt des années 1606-1608.</p>
            <p>Le recueil comporte 317 actes. Ceux-ci se répartissent en deux grands ensembles,
              inégalement représentés&#160;: les documents de chancellerie proprement dits, qui
              nécessitent pour leur validation l’apposition du grand sceau, et les documents
              expédiés sous le régime de la signature, en combinaison ou non avec d’autres sceaux
              (sceau du secret). Les premiers sont au nombre de 262 (82,6 % du total) et se
              subdivisent à leur tour en trois groupes&#160;: les chartes ou grandes lettres patentes (75
              actes, soit 23,5 %), les petites lettres patentes sur double queue (50, soit 15,8 %)
              et les petites lettres patentes sur simple queue (137, soit 43,2 %). Les seconds, un
              petit cinquième de l’ensemble (55, soit 17,4 %), sont un agrégat de plusieurs types
              parmi lesquels dominent les requêtes au roi et au Conseil (18), les lettres closes
              (15), les arrêts du Conseil (4), les lettres de retenue (4) et les brevets (4). La
              ventilation typologique du corpus fait donc la part belle aux actes de chancellerie,
              qui font sans conteste de ce recueil un héritier du genre mis à l’honneur par
              Morchesne et ses épigones. Elle paraît confirmer le jugement d’Hélène Michaud, qui
              considérait que les recueils manuscrits du temps de l’imprimé venaient en complément
              du <emph>Grant Stile</emph><note n="13" type="footnote">H. Michaud, <emph>Les
                  formulaires...</emph></note>&#160;: de fait, l’absence totale ou presque totale, à
              l’exception notable des mesures de pardon ou de rémission, des chartes portant des
              mesures individuelles, telles que naturalité, légitimation ou anoblissement, est là
              pour le confirmer alors que ces mêmes actes continuent d’être enregistrés avec
              régularité par les cours de justice, en particulier souveraines<note n="14"
                type="footnote">Gérard Jurbert, <emph>Ordonnances enregistrées au parlement de
                  Paris sous le règne de Henri IV. Inventaire analytique des registres X<hi
                    rend="sup">1A</hi> 8640 à 8646</emph>, Paris, 1993.</note>. Ce constat mérite
              cependant d’être nuancé.</p>
            <p>Tout d’abord, l’importance prise, dans le lot des lettres patentes sur simple queue,
              par les commissions de toute nature (23 soit 7,2 %, quand le formulaire de Morchesne
              en comptait à peine 4 %) reflète un effet direct de la pratique gouvernementale dont
              elle est une marque avérée d’un absolutisme administratif, et ce au moins depuis le
              règne de François I<hi rend="sup">er</hi><note n="15" type="footnote">O. Poncet,
                «&#160;Antoine Du Bourg (av. 1490-1538). De la fonction au Conseil&#160;?&#160;», dans <emph>Les
                  conseillers de François I<hi rend="sup">er</hi></emph>, dir. Cédric Michon,
                Rennes, 2011 (<emph>Histoire</emph>), p. 353-363, à la p. 357.</note>. En effet,
              au-delà des actes qui prolongent la rédaction d’autres documents (règlements par
              exemple) en enjoignant au destinataire d’avoir à tenir la main à leur exécution<note
                n="16" type="footnote">Bibl. nat. Fr., fr. 5809, fol. 22v-23, commission à la
                chambre des comptes de Paris pour faire exécuter un règlement relatif au mesures et
                mesurage du sel, s. l., s. d.</note>, les autres se suffisent à eux-mêmes et créent
              une action judiciaire et administrative autonome. Ils concernent principalement la
              fiscalité directe de la taille royale et l’application d’une décision judiciaire<note
                n="17" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 24v-25v, commission des tailles
                pour l’année 1600, Paris, 19 novembre 1599&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 31v,
                commission pour la saisie des biens de Michel Le Moyne, adjugés et confisqués par
                arrêt de mort du parlement de Paris, s. l., s. d.</note>. Mais l’essentiel des
              commissions retenues par le ou les rédacteur(s) du formulaire touche à la mission
              d’information, de «&#160;contrôle&#160;» ou de «&#160;recherche&#160;» des usurpations faites au détriment
              du domaine royal ou des finances royales ou municipales, jusqu’aux rumeurs de
              violences locales susceptibles de troubler l’ordre public<note n="18" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, fol. 36-37, commission à une chambre des comptes pour la
                recherche des usurpations du domaine, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 42-43,
                commission à la cour des aides de Paris pour procéder criminellement contre les
                officiers de finances de la généralité de Châlons-en-Champagne, Fontainebleau, 30
                septembre 1601&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 43 et v, commission à Claude Nau,
                secrétaire de la chambre du roi, de procéder à un contrôle du trafic et vente en
                gros du vin dans le royaume, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 221, commission
                pour informer sur le maniement des finances municipales de Lyon, s. l., s. d.&#160;;
                  <emph>ibid.</emph>, fol. 223-224, commission au sénéchal de Provence ou son
                lieutenant à Forcalquier pour informer des levées d’armes nées du conflit entre
                l’évêque de Sisteron et le s<hi rend="sup">r</hi> de Glandèves, s. l., s.
              d.</note>.</p>
            <p>Ensuite, il faut noter la prise en compte relativement inédite des actes liés à
              l’activité du Conseil du roi, qu’il s’agisse des requêtes qui y sont portées, et qui
              servent de base de départ à la rédaction des arrêts qui en sont tirés en cas d’accord,
              ou des arrêts eux-mêmes. L’ensemble des acteurs de la société française a perçu
              l’intérêt de recourir à des procédures plus courtes, moins onéreuses et susceptibles
              de rompre le cours de la justice traditionnelle&#160;: du peintre hollandais de la ville
              d’Orléans désireux de revenir s’établir à Paris après un séjour en tant qu’ingénieur
              auprès de Philippe II d’Espagne, au comte de Matignon qui souhaite jouir du droit de
              nomination aux offices et aux bénéfices de sa vicomté de Carentan, en passant par la
              ville de Loches réclamant une diminution du droit de minage pour relancer l’activité
                commerçante<note n="19" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 150-v, requête de
                Jacques Questel, peintre hollandais, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>,
                fol. 150v-151, requête du s<hi rend="sup">r</hi> de Matignon, s. l., s. d.&#160;;
                  <emph>ibid.</emph>, fol. 151v-152v, requête de la ville de Loches, s. l., s.
                d.</note>, tous se tournent vers un Conseil qui conquiert une place remarquable dans
              l’appareil d’État au cours de ces années de récupération après les guerres de
              Religion. Le Conseil peut ainsi se trouver au départ et à l’arrivée de la décision
              administrative, soit pour préparer la rédaction d’un édit de réforme de la justice,
              soit pour établir les conditions d’une concession de service public, soit encore pour
              suspendre le cours normal de la justice dans des domaines spécifiques<note n="20"
                type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 17-v, arrêt du Conseil commettant [Henri
                Hurault], s<hi rend="sup">r</hi> de Maisse, le président [Pierre] Jeannin et le s<hi
                  rend="sup">r</hi> de Boissière pour examiner les proposition de [Ange Capel], s<hi
                  rend="sup">r</hi> du Luat, sur un projet d’édit de réforme de la justice, [Paris],
                6 mars 1606&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 12v-14, articles arrêtés en Conseil pour la
                concession à Étienne L’Hosier de la Table de mer de Marseille pour seize années,
                Paris, 14 août 1608&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 100v-101, lettre missive au président
                [du parlement de Bretagne] accompagnant l’envoi d’un arrêt du Conseil pris pour
                interdire aux cours souveraines de connaître de la rechercher ordonnée sur les
                fraudes relatives au paiement du droit de marc d’or, s. l. s. d.</note>. La
              manifestation écrite de l’activité du Conseil est le signe d’une nouvelle pratique du
              pouvoir monarchique&#160;: la décision royale est alors fondue dans un collectif
              ministériel et administratif choisi par le souverain et éloigne de fait le chancelier
              d’un processus qu’il contrôlait davantage par le passé<note n="21" type="footnote"
                >. Roland Mousnier, «&#160;Sully et le Conseil d’État et des finances&#160;: la lutte entre
                Bellièvre et Sully&#160;», dans <emph>Revue historique</emph>, n° 192, 1942, p. 68-85&#160;;
                Bernard Barbiche, «&#160;Un aspect de l’émergence de l’État de finance&#160;: les arrêts du
                Conseil du roi non signés par le chancelier sous le règne de Henri IV&#160;», dans
                  <emph>Histoire et archives</emph>, n° 20, 2006, p. 7-18.</note>.</p>
            <p>La qualité des actes sélectionnés appelle un deuxième volet d’observations
              préliminaires. Les textes copiés ne sont pas anonymisés outre mesure. À de très rares
              exceptions près, ils sont donnés dans leur intégralité et ne sont pas accompagnés, là
              aussi sauf pour deux cas très précis<note n="22" type="footnote">Bibl. nat. Fr.,
                fr. 5809, fol. 91v, lettre aux trésoriers généraux de France à Orléans, s. l. s. d.,
                avec la précision «&#160;La suscription ‘ À noz amez et feaux conseillers les tresoriers
                generaux de France en la generalité d’Orleans ’&#160;»&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 154v,
                ratification du contrat entre Gilbert Bouyn etGeorges Bouyn à propos d’un office de
                notaire royal à Sancoins, avec la précision «&#160;Il y a faulte et fault
                serment&#160;».</note>, de ces notas à visée généralisatrice qui faisaient la richesse
              pratique des variantes de Morchesne. Les noms des bénéficiaires ne disparaissent que
              rarement (moins de 5 % des actes concernés) et en tout cas le détail de leur affaire
              nous est restitué avec les précisions factuelles attendues. Quant aux formules
              elles-mêmes, seule la suscription est fortement abrégée, ainsi que les clauses finales
              dont les éléments essentiels sont maintenus pour guider le choix du rédacteur («&#160;à
              tous presens&#160;», «&#160;à tous ceux&#160;», etc.). Seules les indications de datation font
              l’objet de l’abandon le plus fréquent&#160;: ce choix récurrent (mais non systématique
              donc), assorti de la présence de titres analytico-typologiques et d’une table placée
              en tête du volume, paraît inscrire le recueil dans le genre du formulaire.</p>
            <p>Mais il est aisé de restituer plusieurs dates aux documents originaux ou enregistrés
              les plus faciles à repérer et nul doute que l’édition du recueil (en projet par
              l’auteur de ces lignes) soit l’occasion de dater avec précision la plus grande part
              des actes dont l’enregistrement était commandé dans des cours de justice qui ont, pour
              cette période, conservé leur registres <emph>ad hoc.</emph> Enfin, le ou les auteurs
              de ce recueil ont été parfois attentifs à retenir une approche synthétique plutôt
              qu’analytique, l’ensemble d’une procédure plutôt que des actes isolés. C’est ainsi
              qu’en plusieurs occurrences, des petits dossiers relatifs à des affaires précises sont
              illustrés par des typologies d’actes complémentaires d’un point de vue
                administratif<note n="23" type="footnote">Par exemple, <emph>ibid.</emph>,
                fol. 10v-12, trois lettres de jussion relatives à l’édit de désunion de l’office de
                capitaine des guides, s. l., [11 mars], [12 avril] et s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>,
                fol. 90v-91v, état de la recette de la généralité d’Orléans pour 1607, une lettre
                patente et une lettre close aux trésoriers de France de cette généralité, s. l. s.
                d.</note>. Les proximités matérielles ont, parfois, valeur de rapprochement
              intellectuel audacieux, comme cette mise en parallèle de l’autorisation de prendre les
              armes contre les Espagnols en Franche-Comté et le pardon accordé pour des actes de
              piraterie en Méditerranée<note n="24" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>,
                fol. 143-144v, pouvoir et aveu de faire la guerre contre les Espagnols en
                Franche-Comté en faveur des s<hi rend="sup">rs</hi> d’Aussonville et Tremblecourt,
                s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 144v-145v, pardon à Jean Antoine Caulet, de
                Marseille, pour faits de piraterie, s. l., s. d.</note>. On dispose donc là aussi
              bien d’un stock de formules que d’un gisement de sources historiques pleinement
              utilisables.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Le reflet de l'actualité du règne</head>
            <p>Le recueil lui-même se donne comme un résumé et un souvenir de l’action
              gouvernementale du premier roi Bourbon, Henri IV (1589-1610), par le choix des textes
              qui illustrent telle ou telle catégorie typologique de document. Choisir précisément,
              pour enseigner la rédaction des lettres d’érection de terres titrées, les lettres qui
              font de Gabrielle d’Estrées, la fameuse maîtresse de Henri IV, une duchesse de
              Beaufort n’est évidemment pas un hasard<note n="25" type="footnote">Bibl. nat. Fr.,
                fr. 5809, fol. 64v-67, lettres d’érection du comté de Beaufort en duché en faveur de
                Gabrielle d’Estrées, marquise de Monceaux, camp devant Amiens, juillet 1597. Voir B.
                Barbiche, «&#160;Maîtresses et duchesses&#160;: contribution à l’étude du statut nobiliaire
                des favorites royales (<num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num>-<num>xviii<hi rend="sup"
                    >e</hi></num> siècle)&#160;», dans <emph>Mélanges en l’honneur d’Anne
                  Lefebvre-Teillard</emph>, éd. Bernard d’Alteroche <emph>et al.</emph>, Paris,
                2009, p. 81-90, aux p. 85-86.</note>. Il en va de même des textes symboliques de la
              sortie des troubles, comme la commission pour faire prêter serment aux habitants de
              Cambrai, moment décisif de la reconquête du nord du royaume à la fin de la guerre
              contre l’Espagne de Philippe II, qui prend la forme de lettres patentes scellées
              «&#160;sous le scel de notre secret, que voullons avoir pareille force et vertu que si
              c’estoit notre grand sceau&#160;»<note n="26" type="footnote">Bibl. nat. Fr., fr. 5809,
                fol. 140-141, procuration pour recevoir le serment des Cambrésiens, s. l., s. d.
                Voir José Javier Ruiz Ibáñez, <emph>Felipe II y Cambrai. El consenso del pueblo. La
                  soberanía entre la teoría e la práctica política (Cambrai, 1595-1677)</emph>,
                Madrid, 1999 (<emph>Colleción historia</emph>).</note> (fol. 140r-141r), ou encore
              la pension accordée à Pierre Libertat, viguier de Marseille, à qui Henri IV devait la
              réduction de cette même ville<note n="27" type="footnote">Bibl. nat. Fr., fr. 5809,
                fol. 10-v, don de 2 000 écus de pension à Pierre de Libertat, viguier de Marseille,
                Amiens, 10 juillet 1596. Voir Wolfgang Kaiser, <emph>Marseille au temps des
                  troubles. Morphologie sociale et luttes des factions (1559-1596)</emph>, Paris,
                1992 (<emph>Recherches d’histoire et de sciences sociales</emph>, 52) (1<hi
                  rend="sup">re</hi> éd. all. 1991).</note>.</p>
            <p>De manière générale, la politique de pardon du roi à l’issue des troubles et pour
              pacifier dans les décennies 1590-1600 un royaume livré depuis longtemps à une
              explosion de violence<note n="28" type="footnote">Michel Nassiet, <emph>La violence,
                  une histoire sociale, France</emph>, <num>xvi</num><emph><hi rend="sup"
                  >e</hi></emph>-<num>xviii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècles</emph>,
                Seyssel, 2011 (<emph>Époques</emph>).</note> est mise en avant. Alors que le
              formulaire de Morchesne ne contenait que 4 textes de rémission, le formulaire du règne
              de Henri IV en recueille 28 (soit 8,8 % du total). L’aspect éminemment narratif et
              variable de cette typologie n’avait cessé de se perfectionner au cours du <num>xv<hi
                  rend="sup">e</hi></num> siècle, où elle avait connu un développement notable<note
                n="29" type="footnote">Claude Gauvard, <emph>«&#160;De grace especial&#160;»&#160;: crime, État
                  et société en France à la fin du Moyen Âge</emph>, Paris, 1991, 2 vol.
                  (<emph>Histoire ancienne et médiévale</emph>, 24).</note>. Le siècle suivant, et
              en particulier les guerres de Religion, avait été l’occasion d’un accroissement de la
              violence dans la société dont la mise en forme diplomatique s’efforçait de restituer
              les causes et les effets<note n="30" type="footnote"><emph>Les lettres de pardon du
                  voyage de Charles IX (1565-1566)</emph>, éd. Michel Nassiet, Paris, 2010
                  (<emph>Société de l’histoire de France</emph>), p. <name rend="sc">xi-xix</name>&#160;;
                  <emph>Guerre civile et pardon royal en Anjou (1580-1600)</emph>, éd. M. Nassiet,
                Paris, 2013 (Société de l’histoire de France), p. <name rend="sc"
                  >xxviii-xxxiii.</name></note>. Les textes d’abolition proprement dits étaient
              «&#160;les plus puissantes des lettres de clémence&#160;»<note n="31" type="footnote">Reynald
                Abad, <emph>La grâce du roi. Les lettres de clémence de Grande Chancellerie
                  au</emph>
                <num>xviii</num><emph><hi rend="sup">e</hi>  siècle</emph>, Paris, 2011
                  (<emph>Centre Roland-Mousnier</emph>, 51), p. 49.</note>, puisque le souverain ne
              se contentait pas de remettre un crime mais l’annulait tout simplement. Si l’on suit
              le recueil du règne de Henri IV, ils s’appliquaient avant tout aux crimes commis, au
              moins officiellement, au nom d’intérêts politiques ou qui pouvaient passer pour tels à
              l’avenir. Peu nombreux, ils ouvrent le recueil&#160;: l’alphabet plaçait ainsi
              symboliquement l’ensemble du recueil sous le signe de l’oubli des faits passés que
              promouvait l’édit de Nantes (avril 1598). Ils ne s’appliquent que marginalement aux
              conséquences de la Ligue (1589-1598), qui avait vu une partie des catholiques français
              construire une opposition politique à la monarchie de Henri III puis de Henri IV. Ils
              sont signalés par un titre qui dissimule la clémence individuelle du roi et fait
              référence aux textes généraux organisant la réconciliation des sujets du roi de
              France, «&#160;declaration et descharge en consequence des eeditz de pacification&#160;», qui
              s’appliquait indifféremment à toutes les parties en présence<note n="32"
                type="footnote">Bibl. nat. Fr., fr. 5809, fol. 52v-53, lettre pour faire appliquer
                les termes des édits de pacification à Louis Boirot, qui avait suivi le parti du duc
                de Mayenne durant la Ligue et commis des violences ayant entraîné la mort, s. l., s.
                d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 53-54, lettres d’abolition en faveur de François de
                Rilhac, s<hi rend="sup">r</hi> de Chastenet, coupable de meurtres commis durant la
                Ligue, s. l., s. d.</note>. Un seul texte fait explicitement mention des opposants
              au roi vainqueur&#160;: totalement anonymisé («&#160;le sieur de etc.&#160;»), il est de fait érigé
              en une véritable catégorie d’actes qui donne le ton du début du règne, «&#160;Pardon pour
              un ligueur&#160;»<note n="33" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 142-v, lettre de
                pardon totalement anonymisée, s. l., s. d.</note>.</p>
            <p>Même les types d’actes a priori les plus ordinaires sont tirés vers une actualité
              institutionnelle. Il en va ainsi des offices royaux. Aucune lettre patente de
              provision d’office, typologie des plus classiques de la chancellerie royale, n’est
              présente dans le recueil. En revanche, dans une période qui voit la vénalité
              officieuse devenir officielle avec l’instauration du droit annuel (paulette, décembre
                1604)<note n="34" type="footnote">Roland Mousnier, <emph>La vénalité des offices
                  sous Henri IV et Louis XIII</emph>, Paris, 1971 (1<hi rend="sup">re</hi> éd.
                1945), p. 232 et suiv.</note>, les types d’actes abondent qui montrent l’intense vie
              de l’office royal sous le premier roi Bourbon. On trouve naturellement les mesures
              individuelles de don – don par suite de forfaiture, de confirmation ou de
                maintenue<note n="35" type="footnote">Bibl. nat. Fr., fr. 5809, fol. 44v-45,
                confirmation de l’office de notaire royal à Revest en Provence en faveur de Jean
                Avon, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 109-v, don de l’office de notaire et
                secrétaire du roi du collège ancien des 120, vacant par la forfaiture de Amadis de
                Louis, à François de Loménie, secrétaire de la chambre du roi, s. l., s. d.&#160;;
                  <emph>ibid.</emph>, fol. 109v-110, maintien de Foulcrand Rat dans l’office
                d’essayeur héréditaire de la monnaie de Montpellier, au lieu de son père Jean Rat,
                s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 110v-111, don de l’office de robe courte en
                la baronnie de Châteauneuf-en-Thymerais et élection de Verneuil, créé par édit de
                1554, à François Du Jardin, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 111, don à Jean
                Le Roy de l’office de clerc commissaire et contrôleur pour le roi du huitième du vin
                vendu au quartier des halles à Paris, racheté à Jean d’Angers, s. l., s. d.&#160;;
                  <emph>ibid.</emph>, fol. 112v-113, don à Aubin de Launoy du second office
                d’huissier audiencier en l’élection de Mantes nouvellement créé, s. l., s. d.</note>
              – que l’on trouvait déjà chez Morchesne<note n="36" type="footnote"><emph>Le
                  formulaire d’Odart Morchesne...</emph>, p. 199-218.</note>. Mais la nouveauté
              réside dans les textes de portée générale, soit à destination d’un individu –
              déclaration de concession du droit de nomination aux offices extraordinaires du
              domaine de sa dot à la reine Marguerite de Valois<note n="37" type="footnote">Bibl.
                nat. Fr., fr. 5809, fol. 48-49, déclaration et permission de nommer aux offices
                extraordinaires du domaine de sa dot accordée à la reine Marguerite de Valois,
                [Paris, 2 octobre 1594].</note> –, soit portant une adresse universelle sous forme
              d’édits d’érection d’un type d’office nouveau, de créations d’offices supplémentaires,
              de désunion d’offices ou d’instauration de l’hérédité<note n="38" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, fol. 68-v, édit de désunion de la charge de juge du haut et
                bas pays de Vivarais, s. l., 1606&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 76-77, édit de création
                de vingt-six secrétaires des finances, Paris, janvier 1605&#160;; <emph>ibid.</emph>,
                fol. 79-80v, édit instituant l’hérédité pour les offices de mesureurs, jaugeurs et
                visiteurs de tonneaux et barriques de Bretagne, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>,
                fol. 84-v, édit de création de trois offices de maréchaux généraux des camps et
                armées du roi, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 84v-85v, édit de Henri III
                d’érection de l’office de colonel général de l’infanterie française en office de la
                Couronne en faveur du duc d’Épernon, s. l., s. d.</note>.</p>
            <p>Le recueil est attentif à souligner le volontarisme du règne en matière économique,
              exprimé à l’assemblée des notables de Rouen de 1596 et incarné par les figures de
              Barthélemy de Laffemas et de Sully<note n="39" type="footnote">John Russell Major,
                  <emph>Bellièvre, Sully and the assembly of notables of 1596</emph>, Philadelphie,
                1974 (<emph>Transactions of the American historical Society</emph>, n. s., 64,
                II).</note>. Les invitations faites aux étrangers à investir et résider dans le
              royaume sont disponibles sous des formes diplomatiques variées, de la déclaration
              spéciale exemptant les habitants des Provinces-Unies du droit d’aubaine à l’édit
              concédant à tous les étrangers pareil privilège moyennant l’acquittement d’une
                taxe<note n="40" type="footnote">Bibl. nat. Fr., fr. 5809, fol. 58-v, déclaration
                portant cessation du droit d’aubaine à l’égard des sujets des Provinces-Unies
                décédant dans le royaume, camp devant Amiens, 16 août 1597&#160;; <emph>ibid.</emph>,
                fol. 77-v, édit de Louis XIII en faveur des étrangers, s. l., s. d.&#160;;
                  <emph>ibid.</emph>, fol. 78-79, édit de Henri IV en faveur des étrangers, s. l.,
                s. d.</note>. Les théories protectionnistes de rétention des métaux précieux et
              d’organisation de la production sous l’égide de la monarchie sont sensibles à travers
              des actes généraux aussi bien que par des mesures d’ordre individuel<note n="41"
                type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 8v-9, arrêt du Conseil interdisant
                l’exportation de métaux précieux hors du royaume, Fontainebleau, 10 octobre 1601&#160;;
                  <emph>ibid.</emph>, fol. 29, commission au prévôt de Troyes et aux élus de
                l’élection de Troyes pour l’exécution du règlement et bail porté par l’édit de
                réforme sur les façons et teintures des draps et étoffes de laine, s. l., s. d.&#160;;
                  <emph>ibid.</emph>, fol. 30v, confirmation de privilège contre les contrefaçons en
                faveur de Joseph Duchesne, s<hi rend="sup">r</hi> de La Violette, médecin ordinaire
                du roi, inventeur d’une méthode pour transformer le fer en acier, s. l., s. d.&#160;;
                  <emph>ibid.</emph>, fol. 73-75v, édit établissant une manufacture de soie à Paris,
                Saint-Germain-en-Laye, août 1603.</note>. Ayant une visée probablement
              essentiellement pratique, le recueil n’omet pas enfin d’offrir à son lecteur des
              textes dont la vertu est moins l’exemplarité potentielle que, à l’inverse, la
              singularité historique, comme veiller à la diffusion et à la surveillance du commerce
              des plantes et des graines dans le diocèse de Nîmes<note n="42" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, fol. 26-v, commission à François Trancart, maître jardinier
                à Nîmes «&#160;pour doresnavant visiter et faire visiter par personnes fidelles
                semblablement à ce congnoissans toutes les plantes et graines qui seront vendues
                aud. diocese et transportees hors d’icelluy&#160;», s. l., s. d.</note>.</p>
            <p>Enfin, le volume ainsi constitué offre un condensé de l’air du règne. Les exemples
              retenus pour des typologies ordinaires visent aussi à rappeler des personnalités ou
              des affaires célèbres du règne. L’exécution d’une gratification est illustrée par un
              acte intéressant le célèbre historiographe Pierre Palma-Cayet (1525-1610) tandis que
              l’un des rares actes de Henri III est l’occasion de rappeler que la fortune de Jacques
              Davy Du Perron (1556-1618), devenu cardinal par la grâce de Henri IV en 1604, débute
              en 1576 par sa retenue comme professeur de langues, mathématique et philosophie<note
                n="43" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 104, lettre close aux [chanoines
                de Plougastel] pour qu’ils aient à recevoir le «&#160;s<hi rend="sup">r</hi> Cahier&#160;» (=
                Pierre Palmat-Cayet), aumônier et historiographe du roi, à un canonicat de leur
                église, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 141-v, lettre de retenue de Jacques
                Davy, s<hi rend="sup">r</hi> Du Perron, comme professeur de langues, mathématiques
                et philosophie à la suite du roi, s. l., s. d.</note>. Quant aux rémissions, si
              certaines sont à l’évidence choisies pour la coloration originale du crime évoqué,
              d’autres rappellent aux praticiens du gouvernement des affaires qu’un public plus
              contemporain classerait volontiers à la rubrique <emph>people</emph> du temps, comme
              les rémissions accordées au fils du grand financier Sébastien Zamet et frère du dévot
              évêque de Langres, coupable d’avoir tué un adversaire en duel, ou à un conseiller au
              parlement de Grenoble, l’érudit Marc Vulson, qui avait tué sa femme et son amant après
              les avoir surpris «&#160;en conversation criminelle&#160;»<note n="44" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, fol. 118v-119v, lettre de rémission en faveur de Jean
                Zamet, écuyer, s. l., s. d.&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 125-126, lettre de rémission
                en faveur de Marc Vulson, conseiller au parlement de Grenoble, s. l., s.
              d.</note>.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">IV. Un auteur possible&#160;: le notaire et secrétaire du roi Jacques
              Potier</head>
            <p>Qui est l’auteur de ce recueil&#160;? Au-delà des éléments analytiques donnés plus haut,
              la réponse à cette question serait de nature à livrer le partage des responsabilités
              dans l’élaboration des écritures royales à l’époque de Henri IV, règne au cours duquel
              les secrétaires d’État acquièrent une véritable dimension ministérielle. Sa confection
              en deux temps (au moins) ne permet pas de trancher définitivement en faveur de
              l’hypothèse d’une unité de conception et de réalisation. Tout au moins peut-on noter
              que les actes datés avant 1600 sont tous contresignés par Nicolas de Neufville de
              Villeroy, secrétaire d’État depuis Charles IX. Par la suite, on trouve également des
              actes contresignés par les secrétaires d’État Antoine de Loménie (1606-1638)<note
                n="45" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 204-v, ordonnance du roi sur la
                délivrance des prisonniers faite en faveur du baptême du dauphin, Fontainebleau, 18
                septembre 1606&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 212-v, lettre d’évocation devant le Grand
                Conseil de tous les procès relatifs aux droits féodaux des vicomté de Limoges et
                comté de Périgord, Fontainebleau, 15 novembre 1606.</note>, Louis Potier
                (1589-1622)<note n="46" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 113-v,
                continuation, pour neuf ans, de l’affectation de la levée de 3 s. 9 d. sur chaque
                minot de sel vendu dans les greniers à sel des généralités de Tours, Orléans,
                Bourges et Moulins, à la réparation de l’église Sainte-Croix d’Orléans et en outre
                des églises de Notre-Dame de Cléry et de Saint-Euverte d’Orléans, Paris, 8 janvier
                1607.</note> et Martin Ruzé (1588-1613)<note n="47" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, fol. 42-43, commission à la cour des aides de Paris pour
                procéder criminellement contre les officiers de finances de la généralité de
                Châlons-en-Champagne, Fontainebleau, 30 septembre 1601.</note>. Il paraît difficile,
              dès lors, d’attribuer, au moins pour le second apport de textes des années 1600,
              l’opération à un clerc ou officier attitré de tel ou tel secrétaire d’État.</p>
            <p>Les seize mentions de noms de secrétaires du roi qui ont été ajoutées ça et là après
              le titre de certains actes ne sont pas une indication d’attribution, mais devraient au
              contraire servir à écarter de l’hypothèse les personnages précisément mentionnés à qui
              l’on a emprunté les «&#160;œuvres&#160;» pour les joindre au recueil. Enfin, la piste
              géographique de la concentration de certains actes autour de quelques provinces
              sur-représentées dans l’ensemble – la Provence (31 actes) et la généralité d’Orléans
              (31 actes) représentent à elles seules près de 20 % des documents rassemblés – n’est
              pas davantage une aide puisque l’on ignore encore la répartition exacte de la
              correspondance avec les provinces entre les secrétaires d’État de Henri IV.</p>
            <p>Mais, sous réserve d’une meilleure identification des contreseings sur les originaux
              ou copies enregistrées des textes rassemblés, il en revanche possible d’avancer le nom
              d’un notaire et secrétaire du roi attaché de manière générique à la Grande
              Chancellerie. Le formulaire semble trahir en effet un de ces officiers dont le nom et
              les relations parcourent le volume avec assez d’insistance. Jacques Potier fut reçu
              dans un premier office de notaire et secrétaire du roi le 12 mars 1597, avant de le
              résigner le 30 janvier 1612 à Oudart Colbert – le grand-oncle du ministre de Louis XIV
              –, ce qui marque assez sa proximité avec les milieux d’affaires de la capitale<note
                n="48" type="footnote">Abraham Tessereau, <emph>Histoire chronologique de la
                  Grande chancelerie</emph> (sic) <emph>de France…</emph>, 2<hi rend="sup">e</hi>
                éd., Paris, 1710 (1<hi rend="sup">re</hi> édition 1676), t. I, p. 253 et 311. Sur
                Oudart II Colbert, voir Jean-Louis Bourgeon, <emph>Les Colbert avant Colbert. Destin
                  d’une famille marchande</emph>, Paris, 1973 (<emph>Recherches</emph>, 6) (2<hi
                  rend="sup">e</hi> éd. 1986), p. 107-125.</note>. Après qu’il eut à nouveau été
              reçu dans un second office de notaire et secrétaire du roi le 26 mai 1615<note n="49"
                type="footnote">A. Tessereau, <emph>Histoire chronologique...</emph>, t. I,
                p. 318.</note>, il fut l’un des membres du consortium de financiers chargé en 1622
              de lotir les jardins de l’hôtel de la reine Marguerite sur le Pré-aux-Clercs au
              faubourg Saint-Germain<note n="50" type="footnote">Françoise Bayard, <emph>Le monde
                  des financiers au</emph>
                <num>xvii</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle</emph>, Paris, 1988
                  (<emph>Nouvelle Bibliothèque scientifique</emph>), p. 367-368. Parmi ses associés
                se trouvaient deux de ses beaux-frères, Louis Le Barbier, contrôleur général des
                bois de l’Île-de-France, et Joachim de Sandras, commissaire de l’artillerie (Maurice
                Dumolin, <emph>Études de topographie parisienne</emph>, 3 vol., Paris, 1929-1931,
                t. II, p. 122).</note>. Son intérêt pour la rédaction des actes royaux daterait donc
              de la première partie de sa vie professionnelle, avant qu’il ne participe, modérément
              toutefois, aux activités capitalistiques parisiennes<note n="51" type="footnote"
                >. Roger Chartier («&#160;La ville chantier&#160;», dans <emph>La ville des temps modernes, de
                  la Renaissance aux révolutions</emph>, dir. Emmanuel Le Roy Ladurie, Paris, 1998
                  [<emph>Histoire de la France urbaine</emph>, 3&#160;; <emph>Points histoire</emph>,
                249] [1<hi rend="sup">re</hi> éd. 1980], p. 107-153, à la p. 134) le qualifie de
                «&#160;capitaliste qui a acheté une charge de secrétaire du roi&#160;».</note>.</p>
            <p>Plusieurs indices suggèrent de rattacher la confection du formulaire à Potier. Il est
              d’abord le principal personnage de plusieurs actes qui le concernent au premier chef
              et qui permettent d’en savoir davantage sur lui. Socialement, c’est un officier
              installé&#160;: une dispense de foi et hommage le décrit comme le seigneur par moitié de la
              terre de la Petite et de la Grande Plisse du château d’Ouarville (Eure-et-Loir)<note
                n="52" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 68v, dispense de foi et hommage en
                faveur de Jacques Potier, notaire et secrétaire du roi, s. l., s. d.</note>. Son
              beau-frère Ravaud (ou Ravand) Asse, titulaire premier clerc au greffe criminel du
              parlement de Paris<note n="53" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 163 v,
                relief d’appel en faveur de Ravaud Asse, s. l., s. d.</note>, est apparenté, par les
              femmes, au défunt président du Grand Conseil Arnoul II Boucher, s<hi rend="sup">r</hi>
                d’Orsay<note n="54" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 218v, requête de
                Jérôme Barthélemy, s<hi rend="sup">r</hi> de Longperrier, maître de la Chambre des
                comptes, et de Jacques Potier, notaire et secrétaire du roi, s. l., s. d.</note>. Il
              n’est pas impossible qu’il ait copié ou fait copier avec gourmandise ces lettres de
              chevalerie qui évoquent l’équivalence des diverses formes de service du roi qui
              justifient la noblesse&#160;:</p>
            <quote>
              <p><emph>Comme entre les subjectz et serviteurs des roys y ayt difference de qualitez,
                vacations, exercices, estans les ungs appellez pour le conseil et maniement
                d’affaires d’Estat, autres pour la justice et la police, les autres pour le faict
                des armes, conduite et direction de la guerre et autres choses necessaires tant pour
                le bien publicq que pour la personne du prince, tendans tous à une mesme fin qui est
                de satisfaire à leurs devoirs pour le contentement de leurd. prince (…).</emph><note n="55"
                  type="footnote"><emph>Ibid.</emph>, fol. 67-v, lettres de chevalerie d’accolade
                  décernée à Adrien de Pétremol, s<hi rend="sup">r</hi> de Rosier, intendant des
                  finances, s. l., s. d.</note></p></quote>
            <p>Le rôle de Jacques Potier dans la réduction de la ville d’Orléans à l’obéissance
              royale en 1594 est attesté<note n="56" type="footnote"><emph>Ibid</emph>,
                fol. 27v-28, commission de signer en finance en faveur de Jacques Potier, notaire et
                secrétaire du roi, [1607]&#160;; <emph>ibid.</emph>, fol. 103v, lettre missive «&#160;comme de
                la main&#160;» au procureur général Jacques de La Guesle, Lyon, 26 janvier
              [1601].</note>&#160;: outre l’explication de son entrée dans les cercles proches du
              pouvoir, il suggère une origine orléanaise qui pourrait expliquer la prédilection du
              recueil pour des actes intéressant cette région<note n="57" type="footnote">Une
                enquête plus approfondie serait nécessaire pour déterminer si l’insistante présence
                d’actes intéressant la famille de Matignon et ses biens (8 actes au moins) signale
                des liens clientélaires entre elle et Potier.</note>. Après 1597, Potier ne cesse de
              compléter sa charge initiale de notaire et secrétaire du roi&#160;: il obtient ainsi vers
              1607 de pouvoir signer en finance et reçoit vers 1610 une charge de commensal en tant
              que secrétaire de la chambre du roi<note n="58" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>,
                fol. 27v-28, commission de signer en finance en faveur de Jacques Potier, notaire et
                secrétaire du roi, s. l., [1607]&#160;; ibid., fol. 166-v, lettres de retenue de Jacques
                Potier, s. l., [1610].</note>. Mais ce qui fait le succès de Jacques Potier et a
              rendu probablement nécessaire la confection du présent recueil est la proximité qu’il
              semble entretenir avec la famille Brulart, et en particulier avec le garde des sceaux
              (1605-1607), puis chancelier (1607-1624) Nicolas Brulart de Sillery, dont un acte
              rappelle la protection qu’il lui accorde<note n="59" type="footnote"
                  >. <emph>Ibid.</emph>, fol. 27v-28, commission de signer en finance en faveur de
                Jacques Potier, notaire et secrétaire du roi, [1607].</note>. Au reste, on trouve
              dans le manuscrit des actes essentiels pour la carrière de son fils, Pierre Brulart de
              Puisieux, tels que la permission de signer toutes sortes d’expéditions, «&#160;soit
              d’Estat, finances ou de justice subjectes au sceau&#160;» sur résignation de son beau-père
              Nicolas de Neufville de Villeroy<note n="60" type="footnote"><emph>Ibid.</emph>,
                fol. 146, permission de signer des actes d’État, de finance et de justice en faveur
                de Pierre Brulart de Puisieux, notaire et secrétaire du roi, conseiller aux Conseils
                d’État et privé et secrétaire des commandements du roi, s. l., [15 mars]
                1606.</note>. La trajectoire de Potier, entré à la Grande Chancellerie à la faveur
              des recompositions de clientèles et de la vénalité des dernières années du <num>xvi<hi
                  rend="sup">e</hi></num> siècle, puis passé au service proche de son chef, le
              chancelier, explique sans doute les caractéristiques principales d’un recueil à tant
              d’égards singulier.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Conclusion</head>
            <p>Ce premier examen d’un recueil demeuré jusque-là relativement négligé des historiens,
              alors qu’il comporte de multiples éléments factuels de première importance, introduit
              aux arcanes d’une administration des écritures royales composite, encore liée
              génétiquement à la chancellerie, mais politiquement conduite par les secrétaires
              d’État au service d’une politique absolutiste décomplexée. Qu’un simple notaire et
              secrétaire du roi ait été capable de sentir, à travers l’élaboration de ce qui devait
              d’abord être un guide dans son activité professionnelle, qu’il y avait matière à
              cueillir l’esprit et les mutations politiques du temps, n’est pas le moindre des
              apports de la diplomatique des formulaires royaux à l’histoire de la construction de
              l’État à l’âge moderne.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="part23">
        <front>
          <head>Die Formulare und Musterbriefe im russischen urkundenwesen des 17.
            Jahrhunderts</head>
          <byline><docAuthor>Nikita A. Komočev</docAuthor>, chercheur, Institut des études slaves de l’Académie des
            sciences de Russie, Section de l’édition des documents (Commission archéographique),
            Leninskij prospekt 32A, 119991 Moskau, Russland. <ref target="mailto:komni@list.ru"
              >komni@list.ru</ref></byline>
        </front>
        <body>
          <p>Résumé</p>
          <p>La contribution est consacrée aux «&#160;formulaires&#160;» (recueils de modèles rédactionnels)
            qui ont été utilisés par les institutions publiques dans la Russie du <num>xvii<hi
                rend="sup">e</hi></num> siècle. À cette époque, les tsars ne disposaient pas d’une
            chancellerie unitaire, et le rôle de celle-ci était joué par les différents «&#160;prikazy&#160;»,
            organes centralisés du gouvernement, qui préfigurent les ministères. L’article analyse
            les sources qui ont servi de modèles pour les actes liés à la politique intérieure et
            étrangère. Est publiée en annexe la liste des lettres tirées de la correspondance des
            tsars avec des autorités religieuses et avec des puissances étrangères, compilées dans
            un formulaire de 1672.</p>
          <metamark rend="*"/>
          <quote><p><emph>«&#160;Entendant cela, la brème <lb/> Obéit à l´instant même. <lb/> Son conseiller,
            un silure, <lb/> Apposa sa signature. <lb/> L´écrevisse y mit le sceau <lb/> Du
            royaume du fond de l´eau …&#160;»</emph><note n="1" type="footnote">Pierre Erchov, <emph>Le
              petit cheval bossu</emph>, traduit du russe, Moscou, 1985, S. 85. Dieses
              Märchenzitat zeigt die Beurkundungspraxis in einer Kanzlei aus dem Gesichtswinkel
              der russischen Folklore.</note></p></quote>
          <p>Der vorgelegte Bericht soll einen Überblick über die Tätigkeit der Regierungskanzlei im
            Russland des 17. Jahrhunderts, den amtlichen Beurkundungsprozess und die dabei benutzten
            Formulare und Muster bieten. Die Bereiche der Privat- und Kirchenurkunden bleiben hier
            als selbständiges Gebiet ausgespart.</p>
          <p>Man muss feststellen, dass die Formulare im russischen Urkundenwesen des Mittelalters
            nicht so verbreitet und typisch wie in der westeuropäischen Praxis waren<note n="2"
              type="footnote">Vgl. z. B.: Formulae merowingici et karolini aevi, ed. Karl Zeumer,
              Hannover, 1886 (MGH, Legum Sectio V, Formulae); Ludwig Rockinger, Ueber Formelbücher
              vom dreizehnten bis zum sechzehnten Jahrhundert als rechtsgeschichtliche Quellen.
              München, 1855; Idem, Ueber Briefsteller und Formelbücher in Deutschland während des
              Mittelalters. Vortrag in der öffentlichen Sitzung der Akademie der Wissenschaften am
              26. März 1861, München, 1861; Idem, Briefsteller und Formelbücher des eilften bis
              vierzehnten Jahrhunderts, München, 1863-1864 (Quellen zur bayerischen und deutschen
              Geschichte, Bd. IX, 1.-2. Abteilung). </note>. Diese Aussage erklärt sich durch die
            Tatsache, dass heute erhaltene russische Formulare im wahrsten Sinn des Wortes nur als
            seltene Überreste aus der Vergangenheit bezeichnet werden können. Zugleich liegen keine
            gesicherten Zeugnisse vor, um quantitativ und qualitativ etwas mit guten Gründen über
            die damaligen Zustände behaupten zu können.</p>

          <div>
            <head type="h1">I. Die Prikase</head>
            <p>Ein offizielles russisches Urkundenwesen existierte mindestens zwei Jahrhunderte vor
              der Epoche Peters des Großen (1689-1725), als Russland in den Umkreis der
              westeuropäischen Staaten vorgedrungen war, und zwar meistens in den Zentralbehörden
                (Prikas)<note n="3" type="footnote">Über die Prikase gibt es eine reiche
                Literatur, zumeist auf Russisch. Wir nennen hier nur einige der wichtigsten Studien.
                – <emph>Zur Entstehung und Organisation</emph>: Stepan B. Weselowskyj, Prikasnyj
                stroj uprawlenija Moskowskogo gosudarstwa [Die Prikase als Regierungsbehörden des
                Russischen Staates], Kiew, 1912; Konstantin W. Petrow, Prikaznaja sistema
                uprawlenija w Rossii w konze XV-XVII ww. [Die Prikase als Regierungsbehörden von
                Russland, 15.-17. Jh.], Moskau, Sankt-Petersburg, 2005. – <emph>Zum
                  Personalbestand</emph>: Sergei K. Bogojawlenskyj, Prikaznye sud´i XVII weka [Die
                Prikasleiter des 17. Jh.; 1. Aufl. 1939], in: Moskowskij prikaznyj apprat i
                deloproizwodstwo XVI-XVII wekow [Die Prikase und ihre Dokumentation im
                Moskowitischen Staat, 16.-17. Jh.], hrsg. von Andrey W. Topytschkanov, Moskau, 2006.
                S. 31-308; Stepan B. Weselowskyj, Dijaki i podjatschie XV-XVII ww. Moskau, 1975;
                Natalja F. Demidowa, Slushilaja bürokratija w Rossii XVII weka (1625-1700),
                Biografitscheskij sprawotschnik [Amtliche Bürokratie im Russland des
                17. Jahrhunderts (1625-1700), Biographien], Moskau, 2011, 717 S. – <emph>Zur
                  Prikasdokumentation</emph>: Dmitrij Y. Samokwasow, Russkije arhivy i zarskij
                kontrol´ prikaznoj slushby w XVII weke [Russische Archive und Prikase des
                17. Jahrhunderts], Moskau, 1902; Sigurg O. Schmidt, Sergei E. Knjaz´kow, Dokumenty
                deloproizwodstwa prawitel´stwennyh utschreshdenij Rossii XVI-XVII ww. [Die
                Prikasdokumentation, 16.-17. Jh.], Moskau, 1985.</note>. Die Prikase waren nach
              einem bestimmten Schema organisiert, es befasste sich aber jeder von ihnen mit seinem
              Zuständigkeitsbereich. Ausländische Zeitgenossen nannten sie Kanzleien, und
              bezeichneten den Leiter (<emph>djak</emph>) als Kanzler. Diese Terminologie findet man
              auch in der heutigen westeuropäischen Historiographie (Lloid E. Berry, Robert O.
              Crummey usw.)<note n="4" type="footnote">Diese Bemerkung: S. Schmidt, O prikaznom
                deloproizwodstwe w Rossii wtoroj polowiny XVI weka [Die Schriftlichkeit im
                russischen Prikas des 16. Jahrhunderts], in: Idem, U istokov rossijskogo absolutizma
                [Am Ursprung des russischen Absolutismus], Moskau, 1996, S. 451.</note>. Heinrich
              von Staden etwa benannte im 16. Jahrhundert die Prikase nach diesen Funktionen:
              „Landcanzlei“ (<emph>Pomestnyj prikaz</emph>), „Kriegscanzlei“ (<emph>Razrjadnyj
                prikaz</emph>), „Geltcanzlei“ (<emph>Prikaz Bol´schoj kazny</emph>), „Mordercanzlei“
                (<emph>Razbojnyj prikaz</emph>) usw. Die Notare (<emph>podjatschie</emph>) wurden
              von ihm „Podiere“ genannt.</p>
            <p>Im 17. Jahrhundert waren die Aufgaben der Prikase nicht streng zentralisiert, die
              Verteilung der Funktionen zwischen den Behörden war nicht eindeutig. Nur eine Behörde
              spielte die Rolle eines übergeordneten und alleinigen Koordinationszentrums: der
                <emph>Petschatny prikaz</emph> (Siegelkanzlei), wo die Dokumente mit dem Zarensiegel
              bestätigt und diese Bestätigungen in Kanzleibücher eingetragen wurden. Diese Prozedur
              war, Sonderfälle ausgenommen, gebührenpflichtig und unterlag der Registrierung<note
                n="5" type="footnote">Genannte Funktionen teilte sich manchmals der
                  <emph>Petschatnyj prikaz</emph> mit dem <emph>Posol´skij prikaz</emph>
                (Außenpolitisches Amt), der als Hauptbehörde gelten kann: Sergej A. Belokurov, O
                Posol´skom prikaze [Zur Ausländerkanzlei], Moskau, 1906. S. 40-41.</note>. In der
              Historiographie findet sich die Meinung, dass der <emph>Petschatny prikaz</emph> als
              Kanzlei im engeren Sinn betrachtet werden kann. Im Unterschied zu den europäischen
              Kanzleien nahm die genannte Behörde keine Beurkundung vor, sondern nur die Bestätigung
              und Registrierung<note n="6" type="footnote">K. D. Fedorin, Nekotorye voprosy
                formirowanija i dejatel´nosti arhiwa Petschatnogo prikasa [Zum Problem der
                Entstehung und Tätigkeit des Archivs des <emph>Petschatny prikaz</emph>], in: Arhiwy
                SSSR. Istorija i sowremennost´ [Die Archive der Sowjetunion. Geschichte und
                Gegenwart], Moskau, 1989, S. 42. Im 16. Jahrhundert spielte eine ähnliche Rolle der
                  <emph>Tschelobitennyj prikaz</emph> (Bittenkanzlei), wo Petentenbitten gesammelt
                wurden&#160;: S. Schmidt, Tschelobitennyj prikaz w seredine XVI stoletija
                  [<emph>Tschelobitennyj prikaz</emph> in der Mitte des 16. Jahrhunderts], in:
                Iswestija Akademii nauk SSSR, Serija istorii i filosofii [Mitteilungen der Akademie
                der Wissenschaften der Sowjetunion, Serie – Geschichte und Philosophie], Moskau,
                1950, Bd. 7, Nr. 5, S. 450-451.</note>. Alle Anhaltspunkte sprechen aber dafür, dass
              im Russland des 17. Jahrhunderts keine zentralisierte zaristische Kanzlei bestand<note
                n="7" type="footnote">Zu historiografischen Begriff „Protokanzlei“ siehe: Sergei
                M. Kaschtanov, Issledowanija po istorii knjazheskich kanzeljarij srednewekowoj Rusi
                [Studien zur Geschichte der mittelalterlichen fürstlichen Kanzleien in Russland],
                Moskau, 2014, bes. S. 11-12.</note> und diese Funktion die Prikase wahrnahmen, die
              deshalb als verstreute Zarenkanzlei bezeichnet werden können. Bei der Beurkundung
              eines Dokuments waren oft mehrere Prikase beteiligt.</p>
            <p>Die üblichen Gewohnheiten bei der Beurkundung durch die Prikase sind durch Heinrich
              von Staden geschildert worden, der zwölf Jahre lang (1564-1576) in Moskau war und die
              tatsächliche Situation damals gut kannte. Die allgemeine Geschäftsordnung der Prikase
              ist von Ivan dem Schrecklichen an bis zum Ende des 17. Jahrhunderts im Großen und
              Ganzen ohne Änderung geblieben<note n="8" type="footnote">Vgl: Sobornoe Uloshenije
                1649: texty, kommentarii. Leningrad, 1987, Kap. 10, Nr. 11, S. 32.</note>. Der
              Ausfertigungsprozess wird folgendermaßen beschrieben:</p>
            <quote>
              <p>„vff allenn Canzeleienn wahrenn vnderschrieber gewesen Podiecien vff ezliche 20 30
                40 50 auch wenniger oder mehr, die schriebenn alle briffe ins Reine. Der Canzeler
                nahm denn briff in die lincke handt vnndt schriep vnnder das Datum seinen nahmenn
                midt kleinen buchstabenn. Darnach wante ehr denn briff vmb vnndt schreip auff alle
                stete da der briff zusammenn geklistertt wahr stauets. Also das die helffte der
                buchstabenn auff beyde partt des papirs kam vnndt wann der Leim nicht feste helt,
                Das niemant denn briff falsch kuntte machen, oder mehr dareinn schreibenn kuntte.
                Hirmit ward der briff gebundenn. Darnach schreip der Canzeler obennahn aussenn
                wenzigk auff dem erstenn blate des briffes welcher in sein land gehörtte <emph>Cer i
                  Feliki Knese Iwan Wassilowiz Vsarussa</emph> des Grosfürschtenn nahme auss freyer
                hanndt, Das es iedermann sehenn kuntte midt grossenn buchstabenn. Es stunt ein
                Dintefaß midt fedderun vor dem Canzelerr auff dem tische, Alle Podiecienn oder
                vnntterschreiber die hiltenn stets ihre dintten faß sampt der fedderzeuge vnndt auch
                das papir in der Lincken hanndt vnndt schriebenn auff das Reine des briffes aufm
                  knie“<note n="9" type="footnote">Heinrich von Staden, Sapiski o Moskowii
                  [Moskowitisches Land und Regierung], Bd. 1, Moskau, 2008. S. 84,
              86.</note>.</p></quote>
            <p>Für die Dokumente benutzte man zwei Formate. Die Mehrzahl ist auf schmale und lange
              Papierblätter (<emph>stolbez</emph>) geschrieben worden, diese Blätter wurden
              nötigenfalls zu Papierrollen zusammengeklebt. Nur einzelne Arten von Urkunden, zum
              Beispiel Privilegienurkunden, sind auf Blätter im Großformat geschrieben worden.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">II. Privilegienurkunden</head>
            <p>Über die Benutzung der Musterbriefe bei der Beurkundung durch die Prikase haben wir
              derzeit nur wenig zuverlässige Angaben und es liegen keine speziellen Untersuchungen
              vor. Resümieren wir die Forschungslage am Beispiel der zaristischen
              Privilegienurkunden (<emph>shalowannye gramoty</emph>).</p>
            <p><emph>Shalowannye gramoty</emph> sind solche Urkunden, mit denen die Zaren bestimmte
              Rechte und Privilegien für ihre Untertanen bestätigten: für einzelne Leute (Militär,
              Hofadel, Kaufleute), für einige Gruppen der Bevölkerung (Handwerker), aber auch für
              Klöster und andere Institutionen<note n="10" type="footnote">Siehe z.B.: Nikita A.
                Komočev, K sostawleniju kataloga tzarskich žalowannych gramot XVII w. [Zum Katalog
                der zaristischen Privilegienurkunden des 17. Jhs.], in: Archeografičeskij ežegodnik
                za 2011 god [Jahrbuch für historische Editionskunde, 2011], Moskau, 2014, S.
                364-383.</note>. Die Originale der Privilegienurkunden und die Dokumente, die in
              Verbindung mit dieser Art der Beurkundung erhalten sind, liegen jetzt in verschiedenen
              Archivbeständen. Aber unter den Dokumenten der Prikase sind Archivalien erhalten, die
              in den Kontext der Privilegienurkunden gehören.</p>
            <p>Als Beispiel nennen wir eine Kanzleisache<note n="11" type="footnote">Russisches
                Staatliches Archiv für alte Urkunden (RGADA), F. 141/1, Teil 8, Jahre 1632, Nr. 7,
                S. 1-35.</note>, in der die Unterlagen zur Privilegienverleihung an einen Ausländer,
              den Samtstoffmeister Ephim Fimbrandt, erhalten sind. Diese Kanzleisache aus dem Amt
              für Außenpolitik (<emph>Posol´skij prikaz</emph>) besteht (1.) aus dem Antrag von E.
              Fimbrandt (<emph>tschelobitnaja</emph>), (2.) der Anweisung (<emph>pamjat´</emph>) im
              Namen des Zaren an den <emph>Posol´skij prikaz</emph> und (3.) einer
              Privilegienurkunde in zwei Ausfertigungen: ein vorläufiger Entwurf und eine
              verbesserte Fassung, das Original ging an den Empfänger<note n="12" type="footnote"
                >. Diese Urkunde wurde veröffentlicht: Sobranije gosudarstwennyh gramot i dogoworow
                [Sammlung der staatlichen Urkunden und Verträge], Moskau, 1822, Bd. 3, Nr. 102,
                S. 350-351.</note>.</p>
            <p>Der Vergleich verschiedener Privilegienurkunden zeigt, dass alle <emph>shalowannye
                gramoty</emph> nach einem bestimmten Muster geschrieben wurden. Bei der Bestätigung
              benutzte man Vorgängerurkunden, deren Inhalt in der neuen Urkunde (in der Narratio)
              wiedergegeben oder zitiert wurde. Das 17. Jahrhundert stellt den Ausgangspunkt für
              eine neue Praxis dar, nämlich die genormte gleichzeitige Verleihung an viele Leute,
              von denen jeder eine eigene Privilegienurkunde erhielt. Solche Massenverleihungen
              wurden durch einen Zarenerlass (<emph>ukaz</emph>) festgelegt. Als Beilage zum Erlass
              gab es ein (bis auf den Empfängernamen) vollständiges Formular für die neuen
              Privilegienurkunden. Diese Beilagen zu den Erlassen können also als richtige Formulare
              (oder Musterbriefe) gelten<note n="13" type="footnote">Editionen z. B.: Sobranije
                gosudarstwennyh…, Bd. 3, Nr. 146, S. 470-471; Polnoe sobranije zakonov Rossijskoj
                imperii. Sobranije 1 [Vollständige Sammlung der Gesetze des Russischen Reiches.
                Erste Sammlung], Sankt-Petersburg, 1830, Bd. 1, Nr. 70, S. 261-262, und Bd. 2,
                Nr. 1155, S. 721-722.</note>. Ins 17. Jahrhundert fallen auch die Erlasse, die die
              inneren Merkmale der Urkunden und die Prinzipien ihrer Beglaubigung regelten<note
                n="14" type="footnote">Z. B.: Zakonodatel´nye akty Russkogo gosudarstwa wtoroj
                polowiny XVI – perwoj polowiny XVII w. Texty. [Die Gesetze und Erlasse von Russland,
                16. und 17. Jahrhundert], Leningrad, 1986, Nr. 159, S. 132-133. Polnoe sobranije
                zakonov Rossijskoj imperii, Sankt-Petersburg, 1830, Bd. 1, Nr. 422, S. 738, und
                Bd. 2, Nr. 964, S. 476. </note>.</p>
            <p>Unter den Archivalien sind einzelne Formulare (oder Entwürfe) für viele
              standardisierte Privilegienurkunden erhalten. Diese Dokumente, die in der
              Beurkundungspraxis der Prikase genutzt wurden, kann man wohl als Bindeglied zwischen
              dem allgemeinen Zarenerlass und der konkreten Urkunde bezeichnen<note n="15"
                type="footnote">RGADA, F. 229/5, Nr. 222, S. 1-8.</note>.</p>
            <p>Mit den sechziger Jahren des 17. Jahrhunderts begann die Epoche der gedruckten
              Privilegienurkunden; die älteste uns bekannte stammt aus dem Jahre 1668. Sie sieht aus
              wie die Vordruckblätter, die die äußeren Merkmale der handschriftlichen Urkunden
              wiederholen und Freizeilen für die jeweiligen Namen und andere Einzelheiten aufweisen.
              Die Beurkundung der gedruckten Urkunden bedarf keiner richtigen Musterbriefe mehr.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">III. Außenpolitische Urkunden </head>
            <p>Die außenpolitischen Urkunden brauchten in mancher Hinsicht präzise Formulierungen,
              besonders bezüglich der Titulierung. Die beamteten Personen in der <emph>Posol´skij
                prikaz</emph> dürften die Titulaturfragen gut (vielleicht sogar auswendig) gekannt
              haben; Versehen zogen körperliche Strafen nach sich. Grigorij Kotoschichin, der im
                <emph>Posol´skij prikaz</emph> gearbeitet hatte und dann nach Schweden flüchtete,
              beschrieb in seinem Buch die russische Prikasordnung und gab auch die Titulaturen
              verschiedener Herrscher und die Grundsätze der Beurkundung für europäische und
              asiatische Empfänger wieder. Dieses vielseitiges Buch von G. Kotoschichin<note n="16"
                type="footnote">Grigorij K. Kotoschichin, O Rossii w zarstwowanije Alexeja
                Mihajlowitscha [Russland in der Zeit von Zar Alexej Mihailowitsch], Moskau,
                2000.</note> stützte sich auf die zuverlässige Kenntnis der konkreten Formelbücher,
              die im <emph>Posol´skij prikaz</emph> benutzt wurden.</p>
            <p>Das älteste erhaltene Formelbuch namens <emph>Tituljarnik</emph> (Titulaturenbuch)
              stammt aus dem ersten Drittel des 17. Jahrhunderts. Es besteht aus der Beschreibung
              des Botschafterzeremoniells (1488-1577) und aus Urkundenauszügen (alles in russischer
              Sprache). Der nächste und ausführliche <emph>Tituljarnik</emph> wurde gegen 1660
              geschrieben. Aber nur der dritte <emph>Tituljarnik</emph> von 1672 ist allgemein
                bekannt<note n="17" type="footnote">Der Text wurde erstmals 1791 ediert: Drevnjaja
                rossijskaja wiwliofika [Alte russische <emph>wiwliofika</emph>], 2. Aufl., Moskau,
                1791, Bd. XVI, S. 86-251. Die Bilder: Portrety, gerby i petschati Bol´schoi
                gosudarstwennoj knigi 1672 [Porträts, Wappen und Siegel aus dem Großen Staatlichen
                Buch, 1672], Sankt-Petersburg, 1903. Erste vollstândige Faksimile-Ausgabe: Zarskij
                Titularnik [Zarisches Titulaturbuch], hg. von. Yuri M. Eskin, Moskau, 2007, Bd.
                1-2.</note>. Es ist eine einzigartige Enzyklopädie, die Skizzen der russischen und
              der Weltgeschichte, Porträts aller russischen und zeitgenössischer fremder Herrscher,
              ihre Wappen und Siegel, Herrscherverzeichnisse, Auszüge aus ins Ausland gerichteten
              Originalurkunden und den übersetzten Antwortschreiben (besonders Titulaturen) sowie
              einige Bemerkungen zu deren äußeren Merkmalen umfasst. Diesen <emph>Tituljarnik</emph>
              kann man auch als Formelbuch für den <emph>Posol´skij prikaz</emph> betrachten. Als
              Anhang geben wir ein Verzeichnis der dort erwähnten Urkunden, die nach dem Text des
                <emph>Tituljarnik</emph> identifiziert werden können. Es sind insgesamt 79 Briefe,
              die im Original des <emph>Tituljarnik</emph> wie auch in unseren Verzeichnis nach
              Ländern geordnet sind.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Zusammenfassung</head>
            <p>Abschließend sollen die Bemerkungen zum russischen Urkundenwesen zusammengefasst
              werden. Im Russland des 17. Jahrhunderts gab es keine zentralisierte Zarenkanzlei.
              Diese Funktion wurde durch mehrere zentrale Ämter ausgeübt: die Prikase, die an den
              staatlichen Beurkundungsprozessen beteiligt waren. Als Formulare für
              Privilegienurkunden können die erhaltenen Zarenerlasse mit Musterbriefen sowie
              einzelne Vorlagen bezeichnet werden. Im Bereich der Außenpolitik benutzte man
                <emph>Tituljarniki</emph>, die neben allgemeinen Informationen auch Formelbücher
              (besonders zu Fragen der Titulatur) enthielten. In diesen Formelbüchern waren Urkunden
              auszugsweise oder im Volltext wiedergegeben.</p>
          </div>
          <div>
            <head type="h1">Anhang</head>
            <p>Liste der im <emph>Tituljarnik</emph> von 1672 erwähnten Urkunden<note n="18"
                type="footnote">Zarskij Titularnik [Zarisches Titulaturbuch], Moskau, 2007, Bd. 2,
                195 S. Dieses Verzeichnis schließt die Urkunden, die im Titularnik erwähnt oder
                zitiert werden, ein. Alle Daten sind nach dem Originaltext und auch nach der
                Übersetzung ins moderne Russisch (in der oben angezeigten Ausgabe) genannt. Die
                Seitennachweise folgen der Zählung der Originale. Der Buchstabe „a“ bei der
                Seitennummer verweist auf die Rückseite (verso) des Blattes.</note></p>
            <p><hi rend="b">1. Orthodoxe Patriarchen</hi></p>
            <p>a. Brief von Patriarch Ioasaph (Konstantinopel) an Zar Ivan IV. (1561). S. 77-78.</p>
            <p>b. Brief von Patriarch Ieremija an Zar Feodor (1590). S. 78-79a.</p>
            <p>c. Brief von Zar Feodor an den orthodoxen Patriarchen (1592). S. 79a-80.</p>
            <p>d. Brief von Zar Alexej an den orthodoxen Patriarchen (1666). S. 80a.</p>
            <p><hi rend="b">2. Die Römische Kirche (Papsttum)</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Ivan IV. an Papst Gregor XIII. und Antwortschreiben (1581-1582).
              S. 107.</p>
            <p>b. Briefe von Ernst und Karl, Erzherzöge von Österreich und Antwortschreiben von Zar
              Ivan IV. (s. d.) S. 107a.</p>
            <p><hi rend="b">3. Römische Kaiser</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Ivan IV. an Kaiser Maximilian II. (1572). S. 112a.</p>
            <p>b. Brief von Kaiser Rudolph II. an Zar Ivan IV. (s. d.). S. 112a-113.</p>
            <p>c. Brief von Kaiser Rudolph II. an Zar Feodor (1597). S. 113.</p>
            <p>d. Brief von Zar Michael an Kaiser Matthias (1613). S. 113-113a.</p>
            <p>e. Brief von Zar Alexej an Kaiser Ferdinand II. und Antwortschreiben (1654).
              S. 113a-114.</p>
            <p>f. Brief von Zar Alexej an Kaiser Leopold und Antwortschreiben (1667).
              S. 114-114a.</p>
            <p><hi rend="b">4. Spanien</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Feodor an König Philipp III. (1594). S. 119a-120.</p>
            <p>b. Brief von Zar Alexej an König Philipp (1667). S. 120-120a.</p>
            <p>c. Brief von König Karl VI. an Zar Alexej (1669). S. 121-121a.</p>
            <p><hi rend="b">5. Frankreich</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Michail an König Ludwig XIII. und Antwortschreiben (1615).
              S. 126a.</p>
            <p>b. Brief von König Ludwig XIII. an Zar Michail (1630). S. 127.</p>
            <p>c. Brief von Zar Alexej an König Ludwig XIV. (1667). S. 127-127a.</p>
            <p>d. Brief von König Ludwig XIV. an Zar Alexej (1668). S. 128-128a.</p>
            <p><hi rend="b">6. England</hi></p>
            <p>a. Brief von Königin Elisabeth an Zar Ivan IV. (1582). S. 133a.</p>
            <p>b. Brief von Zar Feodor an Königin Elisabeth (1584). S. 133a.</p>
            <p>c. Brief von Zar Michail an König Karl (s. d.). S. 133a-134.</p>
            <p>d. Brief von König Jakob an Zar Michail (s. d.). S. 134. – Antwortschreiben (s. d.).
              S. 134a-135.</p>
            <p>e. Brief von Zar Alexej an König Karl II. und Antwortschreiben (1667). S. 135.</p>
            <p><hi rend="b">7. Dänemark</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Michail an König Christian IV. (s. d.). S. 141a. – Antwortschreiben
              (s. d.). S. 142.</p>
            <p><hi rend="b">8. Polen</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Ivan IV. an König Sigismund (1563). S. 147a-148.</p>
            <p>b. Brief von Zar Ivan IV. an König Stefan Batorij (1581). S. 148-148a.</p>
            <p>c. Brief von Zar Ivan IV. an König Stefan Batorij (1578). S. 148a-149.</p>
            <p>d. Brief von Zar Michail an König Wladislaw IV. (s. d.). S. 149a.</p>
            <p>e. Brief von König Wladislaw IV. an Zar Michail (s. d.). S. 149a-150.</p>
            <p>f. Brief von Zar Alexej an König Jan-Kasimir (1663). S. 150a.</p>
            <p>g. Brief von Zar Alexej an König Jan-Kasimir (s. d.). S. 150a-151.</p>
            <p>h. Brief von König Jan-Kasimir an Zar Alexej (s. d.). S. 151.</p>
            <p>i. Brief von Pans an Zar Alexej (s. d.). S. 151.</p>
            <p>j. Brief von Zar Alexej an Pans (s. d.). S. 151a.</p>
            <p>k. Brief von König Michial Wischnewetskij an Zar Alexej (s. d.). S. 151a.</p>
            <p><hi rend="b">9. Schweden</hi></p>
            <p>Kein Urkundentext, nur allgemeine diplomatische Geschichte und Titulatur.</p>
            <p><hi rend="b">10. Iverskaja zemlja, Grusien, Immeretien</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Alexej an Zar Tejmuraz (s. d.). S. 169-169a.</p>
            <p>b. Brief von Zar Tejmuraz an Zar Alexej (s. d.). S. 169a.</p>
            <p>c. Brief von Zar Leontij Dadiani an Zar Michail (1638). S. 170.</p>
            <p><hi rend="b">11. Moldau, Walachei</hi></p>
            <p>Kein Urkundentext.</p>
            <p><hi rend="b">12. Florenz, Venedig</hi></p>
            <p>a. Brief von Fürst Ferdinand II. (Florenz) an Zar Alexej (1663). S. 176a.</p>
            <p>b. Brief von Herzog Dominico Contarini (Venedig) an Zar Alexej (1668).
              S. 176a-177.</p>
            <p><hi rend="b">13. Niederlande</hi></p>
            <p>Kein Urkundentext.</p>
            <p><hi rend="b">14. Sachsen</hi></p>
            <p>a. Briefwechsel zwischen Zar Alexej und Kurfürst Johann Georg II.</p>
            <p><hi rend="b">15. Brandenburg</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Alexej an Kurfürst Friedrich Wilhelm (1654). S. 193.</p>
            <p>b. Brief von Kurfürst Friedrich Wilhelm an Zar Alexej (1655). S. 193.</p>
            <p>c. Brief von Zar Alexej an Kurfürst Friedrich Wilhelm und Antwortschreiben (1667).
              S. 193a.</p>
            <p><hi rend="b">16. Kurland und Zemigalien</hi></p>
            <p>Kein Urkundentext.</p>
            <p><hi rend="b">17. Holstein</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Michail an Friedrich und Antwortschreiben (s. d.). S. 203-203a.</p>
            <p><hi rend="b">18. Lübeck und Hamburg</hi></p>
            <p>Kein Urkundentext.</p>
            <p><hi rend="b">19. Persien</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Alexej an Schah Sulejman (s. d.). S. 208.</p>
            <p>b. Brief von Schah (N. N.) an Zar Feodor (1593). S. 208a.</p>
            <p>c. Brief von Schah (N. N.) an Zar Michail (1621). S. 208a.</p>
            <p>d. Brief von Schah (N. N.) an Zar Michail (1641). S. 208a-209.</p>
            <p>e. Brief von Schah (N. N.) an Zar Alexej (1647). S. 209.</p>
            <p>f. Brief von Schah (N. N.) an Zar Alexej (1650). S. 209.</p>
            <p>g. Brief von Schah (N. N.) an Zar Alexej (1658). S. 209.</p>
            <p>h. Brief von Schah Abbas an Zar Alexej (1667). S. 209-209a.</p>
            <p>i. Brief von Schah Sefi an Zar Alexej (1670). S. 209a.</p>
            <p><hi rend="b">20. Die Kaiser und Sultane von Konstantinopel</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Michail an Sultan Ibrahim (s. d.). S. 214a.</p>
            <p>b. Brief von Sultan Murad an Zar Michail (1633). S. 214a-215.</p>
            <p>c. Brief von Sultan Murad an Zar Michail (1638). S. 215.</p>
            <p>d. Brief von Sultan (N. N.) an Zar Michail (1645). S. 215.</p>
            <p>e. Brief von Sultan Mehmed an Zar Alexej (1650). S. 215.</p>
            <p>f. Brief von Zar Alexej an Sultan Mehmed IV. (1667). S. 215-215a.</p>
            <p>g. Brief von Sultan Mehmed an Zar Alexej (1669). S. 215a.</p>
            <p><hi rend="b">21. Indien</hi></p>
            <p>a. Brief von Zar Alexej an Schah Dshahan (1647). S. 220a.</p>
            <p><hi rend="b">22. Buchara, Urgentsch (Hiwa)</hi></p>
            <p>a. Brief von Khan Anawscha Magomet Bagadyr-Khan (Urgentsch) an Zar Alexej (1668).
              S. 223a.</p>
            <p>b. Brief von Khan Abdul Asis Bagadyr-Khan (Urgentsch) an Zar Alexej (1671) und
              Antwortschreiben (s. d.). S. 223a.</p>
            <p><hi rend="b">23. Krim</hi></p>
            <p>Kein Urkundentext.</p>
            <p><hi rend="b">24. Tscherkessien, Kabardinzy, Nogai, Kalmyki, Grusinien</hi></p>
            <p>Kein Urkundentext.</p>
          </div>
        </body>
      </text>
      <text subtype="split" xml:id="conclusion">
        <front>
          <head>Esquisse de conclusion<note n="1" type="footnote">Un premier état de ces conclusions a été rédigé par Olivier Guyotjeannin, puis revu et complété par Laurent Morelle&#160;; ils en prennent la responsabilité, mais doivent évidemment beaucoup aux réflexions des collègues associés à la préparation et à la tenue du congrès.</note></head>
        </front>
        <body>
          <p>Il nous est agréable, à l’issue de deux longues journées de travail, de remercier très vivement nos collègues, intervenants et modérateurs, pour leur collaboration, leur disponibilité et leur bonne volonté face à un <emph>modus operandi</emph> contraignant –&#160;textes remis longtemps à l’avance, exposés réduits à l’état de conclusions (nous n’osons pas dire de formules)&#160;– qui leur a donné beaucoup de travail en période de fin d’année universitaire puis de vacances… Notre gratitude s’adresse également à l’ensemble des partenaires institutionnels qui ont contribué à la tenue de cette rencontre&#160;: les deux organisateurs principaux, l’École nationale des chartes et l’École pratique des hautes études, ainsi que leurs laboratoires (respectivement EA 3624 «&#160;Histoire, mémoire et patrimoine&#160;», et EA 4116 Saprat)&#160;; le laboratoire Themam UMR 7041 ArScAn&#160;; notre hôte de la seconde journée, les Archives nationales&#160;; <emph>last but not least</emph>, le GDR «&#160;Diplomatique&#160;» du CNRS. Nous voulons leur associer la personne de notre collègue Olivier Canteaut, dont l’aide, toujours discrète, a été décisive.</p>
          <p>Cette organisation a permis de brasser un vaste matériau, dans l’espace et dans le temps&#160;: les diverses parties du Moyen Âge et encore, très légitimement, le <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num>, exceptionnellement le <num>xvii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle qui aurait beaucoup à nous apprendre, pour ne rien dire des formulaires du <num>xix<hi rend="sup">e</hi></num> siècle. Elle a permis de parcourir, certes sans exhaustivité, un spectre étendu de recueils–&#160;où commence le formulaire et où se termine le simple aide-mémoire&#160;?&#160;–, selon le milieu de composition (chancelleries royales et princières, pontificale et épiscopales, études notariales, <emph>loca credibilia</emph> monastiques et paroisses), mais aussi selon le champ, selon la taille, selon le public visé, selon le degré de normativité, selon les méthodes de collecte et de compilation, selon le succès, selon le degré de solennité, du modeste mais quotidien «&#160;formulaire d’étude [notariale]&#160;» au traité méthodique, relié à une norme juridique et/ou institutionnelle explicitée ou tacite. À travers et par-delà les études de cas ou les synthèses régionales, la rencontre a encore permis d’avancer la réflexion, de dégager des convergences, d’ouvrir des voies peut-être.</p>
          <p>«&#160;Formulaire&#160;», on l’a dit&#160;: le terme est ambigu voire périlleux puisqu’il désigne aussi bien, d’un côté, le cadre rédactionnel et/ou l’ensemble des parties, surtout les plus répétitives, assemblées dans l’acte, et encore, chez les littéraires, un style dont l’efficace tient au stéréotype, que, d’autre part, le recueil de formules, plus précisément le recueil de modèles d’actes –&#160;une ambiguïté clairement levée par la langue allemande (<emph>Formular</emph>/<emph>Formelsammlung</emph>) comme Peter Herde n’a pas manqué de le rappeler. À pousser la réflexion, pourtant, l’on a vu abondamment que l’ambiguïté faisait sens, au moins méthodologiquement, puisque le va-et-vient entre formules et recueil de formules ouvrait une lucarne sur les problèmes les plus pointus de la genèse de l’acte, surtout dans les cas où, faute de formulaires-recueils conservés, l’étude du formulaire des actes permettait sinon de reconstituer la compilation perdue, du moins de postuler l’existence de recueils, nourris d’éléments effectifs, utilisés pour en rédiger d’autres. Au reste, même dans les cas où les intervenants disposaient de formulaires, c’est toujours avec bonheur et parfois avec surprise qu’ils ont confronté formulaires et actes réels, appréciant l’écart sans forcément pouvoir en rendre pleinement compte.</p>
          <p>Le chemin est assurément sinueux entre formulaire-recueil et formulaire de l’acte, et nos compilations –&#160;même élargies ponctuellement aux cartulaires et autres registres épistolaires, qui fournissent des modèles&#160;– ne sont pas, heureusement d’ailleurs pour l’historien, le seul vecteur de la transmission des formules. La part de la mémoire individuelle ou collective dans la formulation du discours a été abondamment soulignée au cours de notre réunion, tout comme la part de stéréotypie dans les actes, les méthodes de travail en chancellerie… Si les assonances, les récurrences lexicales, les associations de mots peuvent être autant d’effets d’un travail de la mémoire, la formule ponctuellement mise de côté au sein d’un acte suggèrera l’entrée en scène d’un autre acteur de la parole écrite.</p>
            <p>Ces deux journées se sont placées aussi dans un contexte historiographique globalement faste, qui a vu se poursuivre les éditions, se développer des analyses novatrices&#160;; l’on pense ici, et il faudra excuser la part faite aux exemples français ou d’auteurs français, à un captivant volume collectif sur les formulaires dans les actes de l’Antiquité proche- et moyen-orientale<note n="2" type="footnote"><emph>Trois millénaires de formulaires juridiques</emph>, textes réunis par Sophie Démare-Lafont et André Lemaire, Genève, 2010 (École pratique des hautes études, Sciences historiques et philologiques, II <emph>Hautes études orientales – Moyen et Proche-Orient</emph>, 48).</note>&#160;; pour le haut Moyen Âge, à l’ouvrage d’Alice Rio et à la thèse d’histoire du droit d’Alexandre Jeannin sur Marculf<note n="3" type="footnote">A. Rio, <emph>Legal practice and the written word in the Early Middle Ages. Frankish formulae, c. 500-1000</emph>, Cambridge (UK), 2009 (<emph>Cambridge Studies in Medieval Life and Thought. Fourth series</emph>). A. Jeannin, <emph>Formules et formulaires. Marculf et les praticiens du droit au premier Moyen Âge (</emph><num>v</num><emph><hi rend="sup">e</hi></emph>-<num>x</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècles)</emph>, thèse pour le doctorat en histoire du droit et des institutions, Université Jean-Moulin-Lyon 3, 2007, 2 vol.</note>&#160;; plus tard, au contenu et à la réception du recueil de Pierre de la Vigne magistralement étudiés par Benoît Grévin<note n="4" type="footnote">B. Grévin <emph>Rhétorique du pouvoir médiéval&#160;: les</emph> Lettres <emph>de Pierre de la Vigne et la formation du langage politique européen (</emph><num>xiii</num><emph><hi rend="sup">e</hi></emph>-<num>xv</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècle)</emph>, Rome, 2008 (<emph>Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome</emph>, 339).</note>, à diverses entreprises sur les formulaires royaux français<note n="5" type="footnote">Voir ainsi O. Guyotjeannin et Serge Lusignan, <emph>Le formulaire d’Odart Morchesne dans la version du ms BnF fr. 5024</emph> [édité] avec le concours des étudiants de l’École nationale des chartes et la collaboration d’Eduard Frunzeanu, Paris, 2005 (<emph>Mémoires et documents de l’École des chartes</emph>, 80). Le texte du formulaire est en ligne&#160;: <ref target="http://elec.enc.sorbonne.fr/morchesne/">http&#160;://elec.enc.sorbonne.fr/morchesne/</ref>.</note> ou sur l’art, englobant, du <emph>dictamen</emph><note n="6" type="footnote">Excellent point de départ avec <emph>Le</emph> dictamen <emph>dans tous ses états&#160;: perspectives de recherche sur la théorie et la pratique de l’</emph>ars dictaminis (<num>xi</num><emph><hi rend="sup">e</hi></emph>-<num>xv</num><emph><hi rend="sup">e</hi> siècles)</emph>, éd. B Grévin et Anne-Marie Turcan-Verkerk, Turnhout, 2015, qui de recueil de communications est presque devenu un manuel.</note>… Dans le même temps, plus original encore, de larges allées ont commencé à être tracées dans la selve dense des formulaires curiaux<note n="7" type="footnote">Pour les recueils des grands auteurs du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, Thomas de Capoue est accessible dans une édition en cours d’enrichissement&#160;: <ref target="http://www.mgh.de/datenbanken/thomas-von-capua">www.mgh.de/datenbanken/thomas-von-capua</ref> par Matthias Thumser et Jakob Frohmann&#160;; Richard de Pofi a fait l’objet d’une transcription intégrale aux soins de Peter Herde&#160;; Bérard de Naples est accessible via les regestes imprimés d’Elmar Fleuchaus, Munich, 1998 (<emph>MGH Hilfsmittel</emph>, 17)&#160;; la collection de Marino da Eboli (l’attribution est aujourd’hui abandonnée), riche de plus de 3000 textes, est accessible en ligne par le biais des images numérisées de l’un des témoins, avec divers modes de recherche, aux soins de M. Thumser&#160;: <ref target="http://www.mgh.de/datenbanken/marinus/">http&#160;://www.mgh.de/datenbanken/marinus/</ref>. Pour la période suivante, les formulaires contenus dans les <emph>Libri Cancellariae apostolicae</emph> ont été présentés lors du congrès par leur éditeur, Andreas Meyer, qui a préféré ne pas publier des informations et des extraits menacés, par ses propres travaux, d’une rapide péremption. Il faut encore y joindre les enquêtes d’Arnaud Fossier sur les formulaires de la Pénitencerie apostolique.</note>. Au fil des exposés, on a saisi aussi toute la richesse d’études et/ou d’éditions en cours en divers pays… L’apport est bien sûr considérable des recherches sur l’art médiéval de la compilation et de la «&#160;collection&#160;», sur la circulation des modèles, sur le réseau souvent inextricable des remaniements des recueils, qui ouvre une troisième dimension (la réception) à l’espace jusque-là plan du formulaire (un auteur et son projet), sans oublier les recherches sur l’épistolographie et l’<emph>ars dictaminis</emph>, comme sur l’écrit à haut risque des diplomates.</p>
            <p>À l’unisson des plus récentes recherches, les intervenants en sont arrivés à souligner, de manière diffuse mais appuyée, que les formulaires médiévaux ne servent pas (pas seulement) à écrire des actes, et ce en relation proportionnelle avec la surface sociale, politique et culturelle de l’auteur et de son public. Selon les contextes, on peut en effet poser que le formulaire est un auxiliaire, plus ou moins suivi, de la rédaction, un <emph>vade-mecum</emph> vers lequel on se tourne pour combler un trou, enrichir un préambule, varier une formulation, ou alors pour donner un guide sûr à la mise par écrit de canevas usuellement transmis par la mémoire ou la tradition orale&#160;; mais aussi qu’il est conçu et diffusé, selon les cas, comme un manuel d’apprentissage rédactionnel, comme l’outil d’une pédagogie administrative (d’où par exemple la présence d’actes royaux dans des formulaires non royaux) au sein même des chancelleries, comme une propédeutique au droit et au fonctionnement concret des institutions, disons même comme le miroir d’une institution dont il reflète l’activité, peut-être autant souhaitée que réelle.</p>
            <p>Du coup, les méthodes de la compilation, le travail des sources, le lien avec des actes réels ne sont pas les seules difficultés opposées au chercheur&#160;: le but et le public visés sont à grand peine saisis et reliés à d’autres motivations. Du côté des autorités, le formulaire peut appuyer une revendication politique et/ou territoriale (revendication de la Bourgogne chez les Habsbourg, de l’ensemble du royaume chez Charles VII «&#160;roi de Bourges&#160;», d’une aura royale chez des princes), soutenir une réforme ou rendre visible un programme d’action, aider à surmonter un flottement ou entretenir le souvenir d’une ambition politique. Du côté des rédacteurs, il peut permettre d’afficher et de consolider un statut dans la société, une professionnalisation&#160;; il peut servir de faire-valoir, de <emph>press book</emph> à des notaires en mal d’insertion ou de recrutement<note n="8" type="footnote">. Le cas le plus impressionnant est celui de la diaspora des notaires de Frédéric II&#160;: B. Grévin, <emph>Rhétorique...</emph></note>.</p>
            <p>C’est que le formulaire, même dans les chancelleries, fait moins figure, avant le <num>xvi<hi rend="sup">e</hi></num> siècle, de recueil officiel que de compilation personnelle, au mieux tolérée, officieuse, partagée, et aussitôt réappropriée et remodelée, meuble et incessamment retouchée&#160;: chaque manuscrit est une nouvelle compilation, l’inconstance et la variété répondent à la capillarité de la diffusion et à la très tardive adoption officielle.</p>
          <p>Les motivations du compilateur, souvent mêlées, sont délicates à reconstituer&#160;: le formulaire peut répondre à l’afflux de rédacteurs ou de besoins nouveaux, au desserrement des liens à l’intérieur de la chancellerie –&#160;accès moins aisé aux registres, effacement de la commensalité primitive…&#160;–, ou bien à l’éloquence d’un prince, à son ambition de hausser le niveau culturel de son bureau d’écriture. Éclos ou diffusé à la cour comme dans l’étude notariale, au sein d’un ordre religieux ou d’une paroisse, dans une école plus ou moins généraliste, le formulaire a beaucoup à dire sur l’encadrement de la production, sur le désir (le rêve) d’homogénéité, sur les liens entre centre et périphérie. Le formulaire dessine tout un graphe de destinataires, de correspondants, de relations hiérarchiques…</p>
            <p>Vecteur d’une acculturation diplomatique et juridique, promu avec plus ou moins de dirigisme (des royaumes barbares au bel automne des formulaires, de la péninsule ibérique à la Russie), il ne vise souvent pas (au moins dans l’ensemble des recueils conservés, qui biaise notre appréciation) que les rédacteurs d’actes. Phénomène accru par l’impression typographique (souvent précoce), il peut beaucoup circuler dans le «&#160;public&#160;», volontairement (formulaires de suppliques) ou plus lâchement, dans d’autres cercles du pouvoir, parmi les «&#160;gestionnaires&#160;» polyvalents ou les apprentis ambitieux, dans les groupes mouvants des rédacteurs épisodiques, des destinataires potentiels d’actes…</p>
            <p>Du paysage brossé en ces deux journées, il nous semble ressortir une large communauté de pratiques et de caractéristiques, si l’on veut bien mettre à part une nette évolution aux <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> et plus encore <num>xiv<hi rend="sup">e</hi></num> et <num>xv<hi rend="sup">e</hi></num> siècles dans le nombre de modèles compilés (livrés par centaines désormais), dans la promotion conséquente d’un mode de classement diplomatico-juridique de plus en plus raffiné comme dans l’emploi en rubrique d’une terminologie technique et dans la présente croissante de gloses. Trait commun aussi du plus rural (encore trop négligé) ou du plus local (ou paroissial) au plus sophistiqué&#160;: la possible présence d’autres pièces, morceaux de haut style, listes…, qui ancrent profondément le recueil dans l’Histoire et dans l’art du <emph>dictamen</emph>, dans l’économie du salut et dans l’ordre juridique, mais aussi dans… l’artisanat du «&#160;couteau-suisse&#160;», à l’égal des cartulaires.</p>
            <p>Cette compilation aux mobiles et aux fonctions complexes<note n="9" type="footnote">Voir ici même la fin du résumé de la contribution de Gábor Dreska, “Das Formelbuch des notars Johann Magyi aus dem 15. Jahrhundert”&#160;: «&#160;a formulary book that provides examples&#160;; a workbook for collecting interesting texts and a textbook for junior colleagues acquiring knowledge of a practical jurist&#160;».</note> est aussi un produit très instable. Si elle procède et participe d’une stabilisation des formes, elle juxtapose dans sa diffusion une lente décantation, un lessivage et en même temps un recyclage du passé qui se mesure en siècles, et pas seulement par l’effet des mises à jour&#160;: on le voit chez Marculf et chez Morchesne, chez Rolandino et dans les formules wisigothiques. Le formulaire en vieillissant se bonifie, «&#160;s’autorise&#160;», se «&#160;publicise&#160;».</p>
            <p>De ces traits, l’édition doit rendre compte et, faute de temps, nous n’avons pu introduire dans ces journées une section relative aux expériences d’édition, mais aussi de tris croisés des formules qui mobilisent l’inventivité des concepteurs de bases de données, volontiers mises en ligne&#160;: les réalisations en cours pour les grands formulaires pontificaux du <num>xiii<hi rend="sup">e</hi></num> siècle semblent être à la pointe de la recherche.</p>
            <p>Alice Rio nous a dit que, pour son auteur, le formulaire avait sa part de rêve. Souhaitons qu’il la conserve aussi pour les diplomatistes et les historiens.</p>
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