Libellé de la souscription : Marti (dom Emmanuel) doyen d'Alicante
La souscription
N° du billet de souscription : 280
Date : 1717/06/23
Référence dans le livret des souscripteurs (BnF, Ms. Fr. 19641, f.) : 13v
Edition en : 1 petit papier
Particularité de la souscription : Mentionné dans une note de Montfaucon sur 5 exemplaires à offrir (BnF, Ms Fr.19641, f. 1). Ce serait lui « M. le theologal » [chanoine d'un chapitre cathédral choisi pour enseigner et prêcher] de cette liste.
Le souscripteur
Nom normalisé : Marti a Zaragoza (Emmanuel) 1663-1737
Satut(s), état(s) du souscripteur : ecclésiastique
Origine géographique du souscripteur : Alicante(Espagne)
Informations sur le souscripteur : doyen du chapitre d'Alicante “et mon ami” , dit Montfaucon au t. IV, p. 289. Erudit, poète et auteur dramatique, il était un vieux correspondant des Bulifon de Naples puis d'Espagne (souscripteur n°279). Par l'intermédiaire de Langlade, il fournit pour L'Antiquité expliquée plus que des images, une longue dissertation sous forme de « lettre au nonce Zondodari » sur l'amphithéâtre de Sagonte (Morviedro), datée de 1705, dont Montfaucon édite intégralement la traduction (t. III, p. 237-245). La planche qui l'accompagne est plus tardive et fut réalisée avec peine, d'après ce que raconte Langlade dans ses lettres. C'est un des rares exemples avec le texte d'Iselin (billet n°178) sur les armes et les sépultures des Germains, où Montfaucon ne retraite pas l'information, mais au contraire prend la peine de recopier jusqu'à la rhétorique de la lettre, suivant en cela l'usage des périodiques savants du temps. Après Sagonte, suit son dessin du plan et de l'élévation du théâtre d'Italica près de Séville (t.III, p. 262, pl.CLII). “Marti envoya aussi des dessins de plusieurs pièces tirées de la collection du duc de Medinaceli qui l'avait chargé de rédiger le catalogue de sa collection d'antiques, laquelle il avait héritée du dernier duc d'Alcala” (indication fournie par B. Jestaz en 2013), comme le dessin d'un autel tardo-égyptien (t.II, p. , p. 524-525, pl.CXXXVI), qui est conservé dans le recueil BnF, Ms Fr.11916, f. 229. La légende du dessin fournit la localisation de la pièce : «Hispali in aedibus ducis Alcalaei anno 1712 », ce que Montfaucon ne prit pas la peine de signaler dans son commentaire qui remercie seulement Marti de l'envoi – bon exemple de son détachemenent de l'objet original et de sa concentration sur les questions iconographiques. Il explique toutefois cette provenance sous une forme légèrement erronée ailleurs en ne citant que le nom d'Alcala et non celui de Medinaceli, pour le bas-relief d'un combat naval longuement détaillé (t.IV, p. 289-293, pl.CXLII). Pour le Supplément, Marti fournit le dessin d'une urne lacrymatoire avec cortège bachique (t.Ier, p. 160, pl.LXI), d'un bas-relief bachique non publié car jugé redondant (évoqué t.II, p. 76), d'une patère (t.II, p. 62-63, pl.XVII), et de huit lampes (t.V). C'est donc une contribution importante et variée qui touche à l'architecture, à la sculpture et au mobilier, de styles et d'époques très diférents, et qui révélait au public européen des monuments ou des collections ignorés en dehors de l'Espagne. On touche là à l'un des grands attraits de L'Antiquité expliquée et à une qualité capitale de l'entreprise imaginée par Montfaucon: cette synthèse d'une ampleur inédite comportait également de nombreuses nouveautés excitantes pour le monde savant.
Liens repérés avec d'autres souscripteurs : Correspondant de Felipe Bulifon
Sources de l'identification ou des informations concernant le souscripteur :
- Autorité BnF
- Sur la collection d'antiques du duc d'Alcala, voir Cañal, La casa de Pilatos, 1998 ; et Trunk, Die Casa de Pilatos in Sevilla : Studien zur Sammlung, Aufstellung und Rezeption antiker Skulpturen im Spanien des 16. Jahrhunderts, 2002 (Madrider Beiträge, 28) (références fournies par Bertrand Jestaz)