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1914
1913
1915
16 janvier 1914
Présidence de M. Jacquier, sous-secrétaire d'État des Beaux-arts, puis de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents MM. Bernier, Berr de Turique, Bonnier, [Paul] Boeswillwald, Dislère, Enlart, Girault, Gonse, Haraucourt, Laloux, Lefèvre-Pontalis, Léon, Magne, Marcou, Michel, Pascal, Perdreau, Perrault-Dabot, Puthomme, Selmersheim.
Assistent également à la séance : MM. Génuys et Nodet, adjoints à l'Inspection générale.

M. Jacquier, sous-secrétaire d'État, exprime aux membres de la Commission le plaisir qu'il a à prendre part à leurs travaux qu'il s'efforcera de suivre autant que le lui permettront ses réceptions parlementaires. Il se félicite du vote récent d'une loi sur les Monuments historiques qui donne à l'administration des Beaux-arts des armes nouvelles pour la défense du patrimoine artistique de la France.

Église Saint-Pierre à Caen (Calvados)

M. l'Inspecteur général de Baudot rappelle qu'une convention intervenue en 1912 entre l'État et la Ville de Caen répartit pour moitié à la charge de chacune des parties intéressées les dépenses nécessitées par la conservation des monuments classés de Caen, s'autorisant de cet accord, M. l'architecte Ruprich-Robert a dressé en vue de la restauration de la 80/15/022/177 chapelle absidale de l'église Saint-Pierre un devis de 30 373 Francs 32 à l'exécution duquel la Ville contribuerait pour 15 000 Francs. Mais la convention intervenue ne vise que les travaux urgents et ne paraît pas applicable à certains articles du devis, tels que la réfection d'un retable et d'un autel, La Commission décide, en conséquence, sur les propositions du rapporteur, de demander à l'architecte un nouveau projet ne comportant que la remise en état de la fenêtre centrale, seule opération nécessaire à la solidité de l'édifice.

Cathédrale de Tours (Indre-et-Loire)

La Commission avait réservé sur l'exercice 1914 un crédit de 27 480 Francs 74 pour la continuation de la restauration déjà fort avancée de la façade principale de la cathédrale. La dépense avait été établie alors sans données certaines avant la pose des échafaudages.

Depuis, un examen détaillé a montré l'insuffisance des prévisions relatives à la réfection des maçonneries. L'architecte présente à ce sujet un devis complémentaire de 20 644 Francs 38 dont M. de Baudot a pu reconnaître l'opportunité. Le devis est approuvé.
Mont-Saint-Michel (Manche)

Des nouvelles indications demandées par la Commission à M. l'architecte Gout sur la restauration de la salle de l'officialité montrant qu'il n'est pas question du rétablissement des balustrades contre lequel la Commission s'était élevée considérant cette 80/15/022/178 dépense comme inutile. L'architecte renonce d'autre part à la repose du dallage en granit sur la terrasse projetée en ciment armé.

Sous le bénéfice de ces observations la Commission approuve définitivement, conformément aux conclusions de M. de Baudot, le programme de restauration de la salle de l'officialité comportant l'établissement d'un pignon.

Cathédrale d'Orléans (Loiret)

1° Dans une précédente séance la Commission avait approuvé en principe, à la demande de M. de Baudot, l'exécution de certains travaux de sculpture qui n'avaient pas été prévus dans le programme de restauration du transept sud de la cathédrale ; des travaux, intéressant les parties sculptées du pignon sud, sont compris dans un devis complémentaire de 6 850 Francs 50 qui est approuvé par la Commission, conformément aux conclusions du rapporteur.

2° M. de Baudot rappelle que des sacrifices considérables ont été déjà faits pour restaurer la cathédrale d'Orléans, bâtie en matériaux de médiocre qualité comme la plupart des monuments des bords de la Loire, après avoir pris les dispositions générales de protection commandées par la sécurité publique, on exécute progressivement les travaux nécessaires. Le programme des travaux prévus pour 1912 et 1913 intéressant surtout la restauration du transept sud ne sera terminé que dans trois mois environ, grâce à un report de crédits. 80/15/022/179

L'architecte propose actuellement d'engager la restauration du pignon nord et présente un premier devis de 97 239 Francs 56.

Tout en approuvant en principe cette opération, que légitime l'intérêt de l'édifice, la Commission, à la demande du rapporteur, limite à 60 000 Francs la dépense à imputer sur l'exercice 1914, l'architecte devant d'abord cette même année terminer la restauration du transept nord.

Église de Courtenay (Loiret)

M. de Baudot présente un devis de 12 552 Francs 50 complétant les travaux précédemment approuvés pour la restauration de l'église, il estime que certaines réductions peuvent être opérées sur ce devis et qu'il y a lieu, en outre, d'inviter la Commune à concourir à des travaux qui lui incombent en partie.

M. Magne fait remarquer qu'il s'agit d'un édifice classé en Conseil d'État.

La Commission approuve les conclusions du rapporteur, en laissant à l'administration le soin d'examiner la question des ressources.

Église de Pithiviers (Loiret)

La Commission, sur la proposition de M. de Baudot, approuve un devis de 16 251 Francs 91 pour la réfection des couvertures de l'église, moyennant une contribution de 8 000 Francs de l'administration des Beaux-arts.

Église Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris (Seine)

M. l'Inspecteur général Selmersheim présente un nouveau devis de restauration du côté sud de l'église, établi à la suite des 80/15/022/180 démolitions entraînées par les opérations de voirie de la Ville et notamment la suppression de la sacristie accolée à l'édifice. Ce projet comporte une modification dans le tracé de l'arc-boutant n°5. L'édifice se trouve en effet sur ce point en équilibre instable par suite de la réunion de deux chapelles et de la suppression de leur mur séparatif servant d'appui à la pile extérieure de l'arc-boutant normal. Le rapporteur a conseillé dans ces conditions à l'architecte de rétablir le mur et de construire la partie extrême de l'arc suivant le tracé des arcs voisins.

Il propose de limiter à 25 000 Francs la contribution de l'État à l'exécution de ce devis de 160 900 Francs, les travaux résultant d'une opération de voirie.

M. Bonnier ne s'explique pas que cette considération puisse influer sur le concours de l'État, la Commission ayant l'habitude d'apprécier les travaux d'après leur intérêt, non d'après leur origine. En fait les démolitions faites par la Ville ont eu pour résultat de mettre en valeur l'abside et de le dégager de constructions parasitaires sans intérêt.

M. André Michel ne saisit pas l'intérêt de ce dégagement, s'il doit démasquer les bâtiments de La Samaritaine.

M. Selmersheim fait remarquer que l'abside a été fort abîmée et n'a qu'un intérêt secondaire, M. Léon que la Ville de Paris dispose de ressources pour ces travaux. Les propositions du rapporteur sont adoptées. 80/15/022/181

Hôtel de ville de Libourne (Gironde)

M. l'Inspecteur général Magne rappelle que l'administration s'est engagée à contribuer pour moitié aux dépenses de réfection de la partie ancienne de l'édifice, soit une dépense de 44 364 Francs 84. Le préfet signale pour les travaux exécutés dans la partie ancienne un dépassement de 37 000 Francs, auquel il faudrait ajouter, d'après le devis complémentaire fourni par M. Rapine, une dépense nouvelle de 79 849 Francs 44 pour achever la restauration de la partie ancienne.

M. Magne relève dans les articles du devis diverses installations qui ne peuvent être considérées comme des travaux de conservation résultant du devis primitif.

Il estime que les réfections nécessaires ne doivent pas dépasser approximativement 30 000 Francs et qu'il y a lieu de demander à l'architecte un état détaillé des travaux indispensables.

M. Lefèvre-Pontalis estime que l'administration fait des sacrifices excessifs pour des restaurations beaucoup trop étendues qui ne respectent pas l'aspect ancien de l'édifice.

M. Magne répond que le monument aurait sans doute disparu sans les aménagements que la Ville a décidé d'y apporter.

M. de Baudot observe qu'il est souvent difficile de se maintenir exactement dans les limites d'un devis et que si certaines dépenses qui ne résultent pas du devis primitif sont utiles, il ne faut pas les écarter de parti-pris. Les conclusions du rapport sont adoptées. 80/15/022/182

Remparts de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)

La Commission, sur le rapport de M. Magne, repousse les demandes formulées par la Municipalité de Saint-Malo au sujet de l'abaissement des remparts entre les bastions Saint-Philippe et de la Hollande et de l'ouverture d'une poterne donnant accès par un escalier à la grève.

Église de Pontivy (Morbihan)

L'administration a ouvert une instance de classement au sujet des vieilles halles de Pontivy que la Municipalité veut reconstruire à neuf.

M. Magne estime qu'il n'y a pas d'intérêt à classer cette construction d'une valeur secondaire si la Municipalité doit démolir les vieilles maisons qui l'entourent. Il propose de négocier avec la Commune l'abandon des opérations de voirie projetées.

M. Bernier observe que si l'on veut faire aboutir ces négociations il est nécessaire de classer d'abord les halles.

M. Léon craint que, pour sauver cette construction que M. l'architecte Marcel a jugée peu intéressante, l'administration ne s'engage dans des dépenses excessives qui se renouvelleront fréquemment, si l'on veut sauvegarder toutes les vieilles cités.

Les conclusions du rapporteur sont adoptées.

Église de Villesalem à Journet (Vienne)

M. l'Inspecteur général Magne saisit la Commission de la question du classement de l'église de Villesalem auquel le propriétaire s'oppose, alléguant les offres d'achat qu'il aurait reçues, et qui s'élèveraient à 160 000 Francs. Il estime qu'il y a lieu de provoquer le classement d'office du monument, mais aupa 80/15/022/183 ravant de faire exécuter un relevé précisant la situation de l'église incorporée dans des bâtiments agricoles.

M. Lefèvre-Pontalis fait observer qu'un relevé de l'édifice figure déjà dans les archives de la Commission qu'au reste l'église est dégagée dans son ensemble ; seules quelques arcades sont masquées par des bâtiments de la vieille abbaye attenante, quant au propriétaire, il désire avant tout faire argent de l'édifice.

M. Léon estime qu'il faut saisir cette occasion d'appliquer la servitude de classement prévue par l'article 5 de la loi nouvelle.

L'indemnité à allouer au propriétaire sera considérable ou minime, suivant que les tribunaux tiendront compte ou non dans l'évaluation, du préjudice causé des offres des antiquaires. De toute façon il importe de créer une jurisprudence sur ce point essentiel de la loi.

Église de Ricey-Bas (Aube)

M. l'Inspecteur général Selmersheim présente un devis de 22 503 Francs 41 pour la restauration de l'église, dont 16 414 Francs 51 ont pour objet la réfection de la couverture en ardoises de la flèche centrale. Cette dernière dépense lui semble excessive, ainsi qu'à M. de Baudot, La Commission décide de demander à l'architecte un nouveau devis ne comprenant que des réparations de gros entretien.

Église d'Arcis-sur-Aube (Aube)

La Commission approuve, sur le rapport de M. Selmersheim, un devis de 11 764, 81 Francs relatif à la reprise des piles et des voûtes de la 80/15/022/184 première travée de la nef, et à divers travaux laissés inachevés dans les portes sud et sud-ouest. La Commune devra toutefois contribuer à la dépense.

Cellier de Clairvaux à Dijon (Côte-d'Or)

M. Selmersheim insiste sur la nécessité de réaliser l'achat du Cellier de Clairvaux dans les conditions proposées à la Ville par l'administration des Beaux-arts ; l'acquisition s'élèverait à 55 000 Francs plus les frais, dont 80 000 Francs seraient imputés sur le budget des Beaux-arts. La Ville aurait désiré que l'État dépassât pour la remise en état du cellier la somme de 30 000 Francs prévus à cet effet.

Le rapporteur estime néanmoins cette dépense suffisante, en attendant l'affectation à donner à l'édifice et propose d'inviter le préfet à conclure les pourparlers en ce sens.

Ces conclusions sont adoptées.

Cathédrale de Reims (Marne)

1° Tour nord-ouest : La Commission approuve, sur le rapport de M. Selmersheim, un devis de 114 264 Francs 97 pour l'achèvement de la restauration de la Tour nord-ouest. C'est le dernier chapitre d'un devis général dont l'exécution se poursuit depuis 1909.

2° Vitraux : La Commission approuve un second devis de 9 886 Francs 05 pour la remise en état des deux premières fenêtres de l'étage supérieur du choeur au côté nord à partir du transept. C'est la continuation des travaux entrepris depuis plusieurs années pour la consolidation 80/15/022/185 des vitraux de la cathédrale.

Église Saint-Étienne à Beauvais (Oise)

M. Selmersheim présente un devis de 23 547 Francs 24 pour la réfection de la couverture du grand comble de l'église, la réparation de deux arcs boutants et des couvertures voisines. Il s'oppose toutefois à la substitution proposée par l'architecte de terrasses en ciment armé aux anciens pavillons.

M. de Baudot estime que la construction de terrasses serait plus économique. Le service des Monuments historiques a d'ailleurs admis cette solution dans un édifice voisin, la cathédrale de Beauvais. Le curé offre de concourir aux travaux dans l'espoir qu'elle sera également adoptée pour son église. M. de Baudot reconnaît toutefois que la substitution proposée aurait des inconvénients du moment qu'elle ne porterait pas sur l'ensemble des pavillons.

M. Lefèvre-Pontalis, ainsi que plusieurs membres, s'élèvent contre toute construction de terrasses qui dénaturerait à leur avis l'édifice. Si cette solution a été admise à la cathédrale de Beauvais, c'est parce qu'elle assurait le dégagement d'un triforium à jour. Les conclusions du rapporteur sont adoptées.

Église Saint-Julien-le-Pauvre à Paris (Seine)

La Commission approuve, sur la proposition de M. Selmersheim, un devis de 6 617 Francs 80 pour la réfection des couvertures et de la vitrerie de six fenêtres de la nef de l'église Saint-Julien-le-Pauvre. 80/15/022/186

Église du Val-de-Grâce à Paris (Seine)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, approuve un devis de 67 540 Francs 40 relatif à la restauration des parties extérieures de l'église. Le rapporteur a pu constater l'état de délabrement de l'édifice dont l'administration de la Guerre s'est désintéressé depuis quelques années. Le premier chapitre, dont l'exécution sera autorisée en 1914, prévoit la réfection de l'angle d'un chapiteau du portique effondré en 1912 et la réparation du grand comble de la nef.

Église Saint-Philibert à Tournus (Saône-et-Loire)

La Commission, conformément aux conclusions de M. Selmersheim, approuve un devis de 45 085 Francs 94 pour la restauration du clocher nord-ouest de l'église, des murs latéraux, des couvertures des bas-côtés et de la sculpture du petit clocher. Le premier chapitre relatif à la restauration du clocher nord-ouest, sera exécuté en 1914.

Église de Triel (Seine-et-Oise)

M. Selmersheim informe la Commission que la nef de l'église de Triel, dont la restauration se poursuit depuis 1910, est actuellement en état de solidité. Il rappelle qu'on avait envisagé autrefois le déclassement de l'église qu'on désespérait alors de pouvoir restaurer. L'architecte présente aujourd'hui un devis de 36 013 Francs 19 concernant la réfection du dallage de la nef et des bas-côtés et leur jointoiement, enfin la réparation du portail d'entrée. Ces travaux sont approuvés. 80/15/022/187

M. Gonse déclare que cette restauration, conduite avec une grande prudence, est toute à l'honneur de l'architecte et de la Commission et peut être donnée en exemple. L'architecte a même respecté la patine du temps, et a pris soin que la pierre des contreforts ne fût pas altérée par la pesée des voûtes.

M. de Baudot, sans contester le mérite de ce travail, ne voudrait pas que cet éloge parût constituer un blâme pour les autres architectes du service. Beaucoup de restaurations, qu'on a passées sous silence, font également honneur à leurs auteurs.

M. Selmersheim remarque seulement que peu de restaurations ont l'importance des travaux de Triel.

Église de Saint-Pierre-le-Moûtier (Nièvre)

La Commission, à la demande de M. Selmersheim, approuve un devis de 5 700 Francs pour la révision des couvertures et l'assainissement de la face sud de l'église.

Chapelle Saint-Loup à Massay (Cher)

Conformément aux conclusions de M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald, la Commission approuve jusqu'à concurrence de 8 500 Francs un devis relatif à la restauration des murs de l'église, des voûtes du choeur et de la nef et des contreforts extérieurs.

Église de Neuilly-en-Dun (Cher)

Sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald, la Commission approuve un devis de 13 625 Francs 62 compoartant des réfections aux couvertures et à la maçonnerie de l'église. 80/15/022/188

Église de Colombiers (Charente-Inférieure)

A la demande de M. l'Inspecteur général Magne, la Commission approuve l'exécution d'un devis de 15 793 Francs 03 relatif à la consolidation du clocher de l'église ainsi que des arcs boutants et de la coupole.

M. de Baudot estime que la Commission est insuffisamment renseignée par l'architecte sur la façon dont il compte reprendre les dislocations qui se sont produites dans le clocher et fait toutes réserves sur les risques possibles d'accidents.

Église de Pérignac (Charente-Inférieure)

M. l'architecte Ballu a présenté un devis de 14 764 Francs 40 relatif à la réfection de la charpente de l'église et à la consolidation de la façade nord.

Conformément aux propositions de M. Magne, la Commission approuve le premier chapitre seulement du devis, prévoyant la réfection de la charpente pour 9 699 Francs 22, les autres travaux paraissant moins urgents.

Hôtel de ville de La Réole (Gironde)

M. Magne fait part à la Commission d'une demande de la Municipalité de La Flèche qui sollicite le relèvement à 30 000 Francs de la subvention de 15 000 Francs accordée par l'administration pour la restauration de l'Hôtel de ville Elle fait valoir les dépenses entraînées par le dégagement de l'édifice qui s'élèvent à 110 500 Francs. 80/15/022/189

La demande de la Municipalité est accueillie.

Cloître d'Ambronay (Ain)

M. Nodet présente un devis de 13 600 Francs 52 en vue de l'achèvement de la restauration du cloître. L'architecte propose d'utiliser dans la restitution des fenestrages à reconstruire d'anciens morceaux de fenestrages laissés en rebuts dans les galeries.

M. Selmersheim combat ce projet qui a d'ailleurs été écarté déjà par la Commission et que l'intérêt de l'édifice ne légitime pas.

M. André Michel fait observer que l'architecte devrait remiser les matériaux anciens au lieu de les laisser à l'abandon. La question est ajournée à une prochaine séance.

Fortifications de Péronne (Somme)

M. Génuys signale la mise en vente prochaine de l'ensemble des fortifications, y compris la porte de Bretagne et ses deux pavillons actuellement en instance de classement.

M. Léon estime que l'intérêt de cette porte ne justifie pas des sacrifices pécuniaires qui seraient peut être onéreux. L'administration sera appelée d'ici peu à sauvegarder bien d'autres édifices plus importants.

M. Pascal voudrait qu'on conservât tout au moins, à titre historique, un vestige des anciennes fortifications.

M. Nodet fait remarquer qu'on regrette aujourd'hui d'avoir laissé disparaître les remparts de Cambrai.

La Commission réserve la question pour une prochaine séance et demande en attendant 80/15/022/190 que la proposition de classement soit rappelée au préfet.

Nomination d'architecte ordinaire

La Commission émet un avis favorable à la nomination de M. Francou comme architecte ordinaire du Gers en remplacement de M. Métivier, démissionnaire. 80/15/022/191

30 janvier 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Enlart, Girault, Gonse, Hébrard de Villeneuve, Laloux, Lefèvre-Pontalis, Léon, Mâle, Magne, Marcel, Marcou, Michel, Nénot, Perdreau, Perrault-Dabot, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Louzier et Nodet, adjoints à l'Inspection générale.
Accueil de M. Mâle

M. de Baudot exprime à M. Mâle le plaisir que lui cause ainsi qu'à tous les collègues sa nomination comme membre de la Commission des Monuments historiques . Cette assemblée apprécie les oeuvres de M. Mâle, elle sait l'intérêt qu'il porte à nos monuments anciens et se félicite du concours qu'il apportera à ses travaux.

Église de Château-Renard (Loiret)

Sur le rapport de M. l'Inspecteur général de Baudot, la Commission propose le classement de l'église de Château-Renard, qui a conservé une porte du XIe siècle et qui forme avec les ruines du château un ensemble très heureux.

Église de Guéron (Calvados)

Conformément aux conclusions de M. de Baudot, la Commission propose le classement d'office du choeur de l'église de Guéron, la Municipalité refusant son consentement. Ce choeur offre 80/15/022/192 en effet un exemple assez rare au XIIe siècle de choeur circulaire dans le style du XIe siècle.

Palais du Louvre et des Tuileries à Paris (Seine)

La Commission approuve le rapport de M. Nénot sur l'utilisation proposée par M. l'architecte Blavette du crédit annuel de 300 000 Francs affecté à l'entretien du Palais du Louvre et des Tuileries. Elle adopte la répartition suivante du crédit :

Aménagement de magasins de peinture au-dessus des petites salles hollandaises : 40 000 Francs,

mise en train des travaux d'achèvement de l'escalier Daru : 60 000 Francs,

réfection de couvertures : 50 000 Francs,

recouvrement des corniches : 10 000 Francs,

parachèvement de l'escalier Mollien : 30 000 Francs,

réfection de portes, croisées, balcons, grilles, clôtures extérieures : 20 000 Francs,

construction de waters closet : 35 000 Francs,

travaux de défense contre l'incendie : 1 600 Francs,

réfection des parties délabrées, bandeaux, frises, etc.… : 3 400 Francs,

total : 300 000 Francs.

M. Gonse demande qu'on étudie les moyens d'améliorer l'éclairage de la grande galerie du Louvre. Cette question a été envisagée par tous les architectes Ne peut on donner plus de lumière sans modifier l'architecture.

M. Marcel répond que l'administration du Louvre ne se plaint pas de l'éclairage dans la Galerie du bord de 80/15/022/193 l'eau. Le Salon Carré est bien plus mal éclairé. Sans doute pourrait-on améliorer l'éclairage en procédant à un nettoyage plus fréquent des fenêtres, mais l'insuffisance des crédits ne le permet pas. A ce propos, M. André Michel remarque que la galerie La Caze paraît transformée depuis qu'on l'a nettoyée.

M. Girault fait observer qu'au Petit Palais on nettoie deux fois par an. Mais en dehors même de cette question d'entretien, il pense qu'on pourrait envisager pour répondre au désir de M. Gonse un badigeonnage à la chaux de l'intérieur des combles. La dépense serait d'ailleurs minime.

M. Nénot estime que l'éclairage gagnerait beaucoup par réfraction et s'offre à étudier la question.

M. Gonse demande que sur l'augmentation prochaine du crédit d'entretien on affecte quelques milliers de Francs à l'amélioration de l'éclairage, La présentation du musée a beaucoup plus d'importance que des travaux comme l'achèvement de l'escalier Daru.

La Commission s'associe à ce voeu.

Palais de Fontainebleau (Seine-et-Marne)

La Commission approuve les propositions de M. l'Inspecteur général Laloux pour l'emploi du crédit de 50 000 Francs affecté aux restaurations du palais de Fontainebleau, qui sera ainsi réparti :

1° Cour ovale, réfection de la toiture et des chéneaux du bâtiment entre la galerie Henri II et le pavillon du Tibre 28 000 Francs 80/15/022/194

2° Réfection de couvertures dans le bâtiment du corps de garde, en contre bas du pavillon du Tibre, côté parterre 5 000 Francs

3° Cour des Fontaines, couverture, charpente, souches de cheminées du pavillon des gardes et bâtiment contigu (partie du travail) 7 500 Francs

4° Couverture en plomb des bandeaux 2 000 Francs

5° Pièce d'eau de Romulus 2 500 Francs

6° Continuation des réfections dans les jardins 3 000 Francs

7) Honoraires de direction 3 000 Francs

Domaine de Trianon à Versailles (Seine-et-Oise)

La Commission approuve, sur la proposition de M. Girault, la démolition de divers bâtiments en ruine et sans intérêt dans le domaine de Trianon :

1° le corps de garde de la grille du Grand-Trianon

2° l'appentis triangulaire au devant de la façade sud du Grand-Trianon

3° les deux corps de garde de l'allée des deux Trianons

Église d'Écouis (Eure)

La Commission, sur le rapport de M. Génuys, écarte le devis de 57 483 Francs 03 dressé par M. Ruprich-Robert pour la restauration de l'église d'Écouis. Elle estime qu'il y a lieu de limiter les travaux à la réfection des joints et à des reprises de pierre aussi discrètes que possible dans la façade occientale. 80/15/022/195

Ancienne abbaye de Beaumont-le-Roger (Eure)

La Commission approuve les réductions que M. Génuys propose d'apporter au devis de 19 366 Francs 63 dressé par M. Ruprich-Robert pour la restauration de l'ancienne abbaye de Beaumont le Roger Les travaux à entreprendre devront avoir principalement pour objet la consolidation d'un mur de soutènement et de contreforts déchaussés.

Église Saint-Just à Arbois (Jura)

Sur la proposition de M. Génuys, la Commission approuve jusqu'à concurrence de 9 728 Francs 43, le 1er et le 3e chapitre d'un devis de 21 176 Francs 75 dressé pour la restauration de l'église Saint-Just à Arbois. Ces travaux intéressant la nef et le clocher de l'édifice.

Église Saint-Hippolyte à Poligny (Jura)

La Commission avait précédemment approuvé jusqu'à concurrence de 3 624 Francs 05 une partie des travaux proposés par M. l'architecte Sardou pour la restauration de l'église Saint-Hippolyte à Poligny. Dans un devis général de 20 501 Francs 35, M. Sardou qui aurait au cours de ces travaux reconnu la nécessité de consolidations plus importantes dans la charpente du dôme et d'une réfection à neuf du lanternon, soumet un nouveau devis d'ensemble de 23 711 Francs.

M. Génuys fait observer que l'architecte comprend à tort dans ce devis certains travaux déjà autorisés qui doivent être exécutés actuellement. Il lui paraît en outre que la dépense peut être réduite sans inconvénient. 80/15/022/196

La Commission décide de demander à l'architecte de modifier son devis dans le sens indiqué par le rapporteur.

Église d'Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais)

Sur la proposition de M. Génuys, la Commission décide de demander à M. l'architecte Paquet une réduction d'un devis de 28 293 Francs 74 présenté pour la continuation des travaux de restauration entrepris à l'église de Saint-Pierre à Ayre-sur-la-Lys.

Église Saint-Vincent à Rouen (Seine-Inférieure)

Sur le rapport de M. Génuys, la Commission approuve la construction d'une grille autour de l'église Saint-Vincent à Rouen suivant un devis de 9 913 Francs 52.

Ancienne cathédrale de Die (Drôme)

Sur la proposition de M. Nodet, la Commission approuve un devis de 22 295 Francs 33 pour la réfection des toitures de la cathédrale de Die. L'architecte a maintenu l'emploi de la tuile creuse, conformément aux indications fournies par M. l'Inspecteur général Selmersheim. Le rapporteur demande toutefois que l'architecte soit invité à crocheter les tuiles des rangs carraux et de place en place une tuile des rangs de gorgue.

Sur une observation de M. de Baudot, il déclare que ce procédé a été employé avec succès même sur des pentes aussi raides que celle de la cathédrale de Die. A la cathédrale de Carcassonne notamment le crochetage des tuiles a permis de réduire les dépenses d'entretien. 80/15/022/197

Château de Vizille (Isère)

M. l'architecte Senès a présenté un devis de 36 773 Francs 42 pour la réfection des couvertures du château de Vizille, comportant la substitution d'ardoises agrafées aux anciennes ardoises clouées. A la demande de M. Nodet, la Commission approuve cette substitution, mais estime qu'il y a lieu de réduire la dépense à laquelle l'État participera pour un tiers.

Cathédrale de Bayonne (Basses-Pyrénées)

La Commission, sur le rapport de M. Louzier, approuve un devis de 21 528 Francs 81 pour l'éclairage électrique de la cathédrale de Bayonne.

Hôtel de la Chancellerie d'Orléans à Paris (Seine)

M. Selmersheim soumet à la Commission une proposition de classement présentée en faveur de l'Hôtel de la Chancellerie d'Orléans à Paris. Cette résidence du XVIIIe siècle construite par Boffrand et restaurée par de Vailly, n'a été modifiée à l'extérieur que par une surélévation moderne sur la rue de Valois, elle a conservé à l'intérieur la décoration ancienne de ses salons, ses peintures de Coypel et de Durandeau.

M. Léon fait remarquer que la proposition présentée par la propriétaire, la baronne Thénard, a pour objet d'empêcher la démolition de l'immeuble, menacé par les projets d'agrandissement de la Banque de France. La Banque s'offre, il est vrai, à enlever les plafonds. Mais cette opération présenterait les plus grandes difficultés en raison de l'état même des plafonds. 80/15/022/198

MM. Gonse et André Michel s'élèvent contre les projets de la Banque de France qui modifieraient l'aspect de tout un quartier et menaceraient le Palais Royal.

MM. Laloux et Girault formulant certaines réserves sur les conséquences peut être exagérées du voeu de la Commission, M. Hébrard de Villeneuve fait observer que le classement n'entraînera pas forcément l'abandon des travaux projetés. Le Conseil d'État se réserve d'examiner le projet lorsqu'il sera saisi de la demande de déclaration d'utilité publique ; il aura alors à tenir compte du vote de la Commission des Monuments historiques et des véritables intérêts municipaux.

La Commission des Monuments historiques émet à l'unanimité un avis favorable au classement demandé.

Église de Saint-Denis (Seine)

La Commission, sur l'avis de M. Selmersheim, approuve le projet de 13 748 Francs 20 établi pour l'installation de l'éclairage électrique dans l'église abbatiale de Saint-Denis. Une réserve est faite toutefois au sujet de l'éclairage de la crypte qui sera assuré, lors des visites, par une ampoule portative sur fil souple.

Maison des Architectes à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

La Ville de Clermont-Ferrand sollicite le concours de l'État pour la mise en état de la maison des Architectes à Clermont-Ferrand en vue de l'aménagement d'un Musée du Souvenir auvergnat.

La Commission émet un avis favorable à une participation de 33 000 Francs à cette 80/15/022/199 dépense évaluée à 107 664 Francs 20 sous la condition expresse que l'Hôtel sera converti en musée.

Église de Cunlhat (Puy-de-Dôme)

Invité, sur la demande de la municipalité, à dresser un devis des réparations à entreprendre à l'église de Cunlhat, M. l'architecte Robert a soumis un projet de réfection s'élevant à 80 623 Francs 27.

La valeur de l'édifice ne paraissant justifier aucunement un sacrifice aussi élevé, M. [Paul] Boeswillwald fait observer que le classement de cette église avait été voté contrairement aux conclusions de son rapport ; cette construction ne lui avait paru présenter que des vestiges romans d'un intérêt minime.

La Commission, à l'unanimité, propose le déclassement de l'édifice.

Allée des Châtaigniers à Combraud (Deux-Sèvres)

M. Léon donne connaissance à la Commission d'une lettre du préfet des Deux-Sèvres sur la proposition de classement dont l'allée des Châtaigniers à Combraud avait fait l'objet. Le préfet sur le vu d'un rapport de l'inspection des Eaux-et-Forêts signalant le dépérissement et l'état de vélusté de ces arbres, estime que le classement présenterait peu d'intérêt. Il nécessiterait d'ailleurs une expropriation dont ni le département, ni la Commune ne seraient disposés à supporter les frais.

Église de Souillac (Lot)

M. l'Inspecteur général [Paul] Boeswillwald soumet à la Commission le dessin des lanternons que M. l'architecte Chaine se propose d'établir sur les coupoles de l'église de Souillac : 80/15/022/200

l'architecte s'est inspiré du lanternon de l'église de la Cité à Périgueux.

M. Lefèvre-Pontalis proteste, en son nom comme au nom de M. de Lasteyrie, contre le rétablissement de lanternons dont aucun témoin ne permet de présumer la forme.

M. de Baudot estime qu'une semblable initiative serait en contradiction avec les règles que la Commission s'est imposées et le respect qu'on témoigne depuis une quinzaine d'années pour les dispositions des monuments anciens.

La Commission, sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, décide d'inviter l'architecte à poser sur l'oeil de la voûte une simple dalle de fermeture.

Hôtel de ville de Libourne (Gironde)

M. l'architecte Rapine a présenté un nouvel état des travaux supplémentaires exécutés à l'Hôtel de ville de Libourne, déduction faite, à la demande de M. Magne, des dépenses de luxe et d'aménagement.

Cet état se monterait à 68 986 Francs 73 dont l'État devrait prendre à sa charge la moitié, soit 34 500 Francs. La comparaison des chiffres indiqués avec le décompte fourni par M. Rapine en octobre 1913 permet de constater que presque tous ces travaux supplémentaires sont déjà exécutés.

M. Magne propose de ramener la contribution de l'État à 30 000 Francs en éliminant de l'état de l'architecte une dépense de 9 000 Francs pour l'établissement de planchers en fer et de parquets qui peuvent être considérés comme des aménagements. 80/15/022/201

M. Lefèvre-Pontalis fait observer que la Commission des Monuments historiques aura doté la Ville de Libourne d'un Hôtel de ville neuf, et s'élève contre des opérations de ce genre qui ont un caractère exclusivement municipal.

M. Puthomme remarque que l'architecte s'est écarté très sensiblement des prévisions de son devis. Les conclusions du rapport sont adoptées.

Halles du Faouët (Morbihan)

La Municipalité de Faouet s'oppose au classement des vieilles halles de la Ville, alléguant la lenteur des travaux de restauration entrepris par le service des Monuments historiques à l'église Saint-Fiacre.

M. Lefèvre-Pontalis proteste contre cette allégation ; les travaux en question se poursuivent activement. Quant aux halles, elles sont fort intéressantes.

La Commission, sur l'avis de M. Magne, demande le classement d'office de cette construction.

Halles de Pontivy (Morbihan)

Le préfet du Morbihan, saisi du voeu émis par la Commission des Monuments historiques en vue de la conservation des halles de Pontivy et des vieilles maisons qui les entourent, a demandé des instructions au sujet des ouvertures qu'il peut faire à la Ville afin d'aboutir à une entente.

M. de Baudot se demande si l'administration doit empêcher la Ville de construire une 80/15/022/202 halle moderne et d'assainir un quartier où l'hygiène doit être défectueuse.

M. Lefèvre-Pontalis estime qu'il est fâcheux de laisser disparaître des halles intéressantes, comme on a fait à Évron. Il y a intérêt à garder des témoins de ces constructions anciennes.

La Commission, sur la proposition de M. Léon, demande qu'une enquête soit faite sur place par M. l'architecte Marcel. Le préfet sera avisé qu'un représentant de l'administration lui soumettra un projet d'entente.

Hospice de Guingamp (Côtes-du-nord)

La Commission, sur le rapport de M. Magne, approuve le projet d'appropriation de l'hospice de Guingamp aux services de l'Hôtel de ville, sous réserve des dispositions adoptées par l'architecte d'accord avec le maire pour reculer la halle des fêtes et dégager le cloître.

Église de Serain (Aisne)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, propose le classement du clocher de l'église de Serain, du XIIe siècle.

Elle écarte à nouveau, conformément aux conclusions de M. Selmersheim, la demande de classement présentée en faveur de la chapelle des Marèches à Neuvecelle (Aisne).

Église de Trets (Bouches-du-Rhône)

M. [Paul] Boeswillwald saisit la Commission d'une proposition de classement concernant l'église de Trets, dont une partie remonterait au XIe siècle mais qui a été très remaniée à diverses époques. Le classement semble offrir plus d'intérêt pour la conservation de nombreux objets mobiliers, 80/15/022/203 principalement dans le sanctuaire.

M. Lefèvre-Pontalis estime qu'on pourrait limiter le classement au sanctuaire ou même à la décoration intérieure.

La Commission ajourne la question du classement jusqu'à ce qu'une enquête ait permis d'apprécier la valeur artistique des objets signalés.

Maison de la Prévoté à Roche-en-Régnier (Haute-Loire)

La Municipalité de Roche-en-Régnier, qui se disposait à détruire une intéressante maison du XVIIe siècle, accepte le classement de cet édifice, à la condition qu'une école de filles y soit installée aux frais de l'État.

La Commission sur l'avis de M. [Paul] Boeswillwald, décide d'offrir à la Commune de contribuer à la consolidation de la partie artistique de l'immeuble ainsi qu'à la réfection de sa couverture.

Église d'Empuré (Charente)

La Commission, sur le rapport de M. Magne, propose le classement de l'église d'Empuré, petit édifice du XIIe siècle.

Dispense d'adjudication

La Commission émet un avis favorable aux dispenses d'adjudication demandées pour les travaux à effectuer en 1914 à l'ancienne cathédrale de Laon (Aisne). 80/15/022/204

6 février 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Bernier, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Enlart, Girault, Gonse, Haraucourt, Hébrard de Villeneuve, Léon Laloux, Lefèvre-Pontalis, Mâle, Magne, Marcel, Marcou, Nénot, de Nolhac, Pascal, Perrault-Dabot, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Louzier et Nodet, adjoints à l'Inspection générale.
Domaine de Versailles (Seine-et-Oise)

La Commission, sur le rapport de M. Girault, approuve la répartition suivante du crédit de 200 000 Francs pour les réfections et restaurations à exécuter en 1914 dans les domaines de Versailles et de Trianon :

1° restauration de la vieille aile Louis XIII 50 000 Francs

l'ensemble de l'opération d'après les études de M. l'architecte Chaussemiche s'élèverait à 650 000 Francs Avant d'entreprendre les premiers travaux à exécuter en 1914 (reprise de murs, démolitions, établissement de fondations), l'architecte devra arrêter un programme complet des restaurations envisagées.

Restauration de l'Attique Nord 15 000 Francs. 80/15/022/205

Restauration des parties hautes de la chapelle 26 000 Francs

Il est entendu que les gargouilles ne seront pas supprimées au profit de tuyaux de descente traversant les maçonneries.

Achèvement de la remise en état des grands réservoirs 17 000 Francs

Travaux de canalisation des eaux au-dessus des voûtes de la Grande Orangerie 5 000 Francs

Clôtures au Jardin du Roi 3 000 Francs

Recherches en vue de la consolidation des bas-reliefs du Bassin de Diane 4 000 Francs

Chauffage 4 000 Francs

Continuation de la restauration des façades de l'aile Nord 20 000 Francs

Restauration de la Porte Saint-Antoine 30 500 Francs

Palais de Trianon 25 000 Francs

Total 200 000 Francs

M. Pascal expose les difficultés que présentent les transferts projetés au Palais de Versailles des Globes de Coronelli, d'abord entreposés au dépôt des marbres et conservés aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale dans un bâtiment construit tout exprès. Tout en regrettant la solution envisagée M. Pascal ne veut pas l'entraver. Mais il est nécessaire de descendre dans des Globes pour se rendre compte de la façon dont on peut les démonter sans les abîmer. 80/15/022/206

Il faudra sans doute les couper peut-être en quatre. La Bibliothèque abrite en outre des Globes une quarantaine de caisses renfermant des accessoires qui doivent servir à les restaurer.

M. Marcel demande si l'attribution de Globes de Coronelli au Palais de Versailles a fait l'objet d'une décision ferme. Il ne s'explique pas d'ailleurs pourquoi on songe à les sortir d'un bâtiment qui a été aménagé spécialement pour les recevoir et à les transférer au Palais de Versailles où ils ne pourront pénétrer que par une brèche.

M. Léon explique que cette question avait été étudiée il y a quelques années par une commission qui siégeait à la Bibliothèque nationale. Elle avait même donné lieu à la rédaction d'un rapport qui n'eut pas de suite, la Commission ayant cessé de se réunir. Depuis la Bibliothèque Nationale a réclamé elle-même le transfert des Globes à Versailles. Leur conservation immobilise en effet un espace considérable nécessaire aux services de la Bibliothèque qui sont à l'étroit dans leurs locaux. Il semble facile du reste d'utiliser le bâtiment qui les abrite en les transformant à l'usage de la Bibliothèque.

M. Pascal déclare que l'architecte M. Ricourat ignore encore s'il est possible de sortir les Globes. Il est d'ailleurs difficile de se rendre compte de leur état, car ils se trouvent dans une sorte de chantier.

M. Léon répond qu'on ne peut ajourner plus longtemps cette question. Le transfert 80/15/022/207 étant réclamé par la Bibliothèque nationale et par le ministre de l'Instruction publique. Il est persuadé personnellement que l'opération est réalisable. Il suffit au reste pour s'en assurer que l'architecte ou un spécialiste descende dans les Globes.

M. Selmersheim se demande si, au lieu de démonter les Globes, on ne pourrait pas élargir une baie dans le bâtiment de la Bibliothèque.

La Commission émet le voeu que l'architecte se rende compte le plus tôt possible de la possibilité du transfert des Globes. Elle demande d'autre part que la restauration de l'aile Louis XIII fasse l'objet d'un devis général détaillé qui devra être soumis à l'examen de la Commission avant toute exécution de travaux.

Cathédrale de Soissons (Aisne)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, approuve un devis de 20 065 Francs 56 prévoyant quelques travaux reconfortatifs qui doivent compléter la restauration de la cathédrale de Soissons.

Reprises au sommet des faces sud et nord du transept nord, réfection de la vitrerie du tympan de la porte du porche nord-est, achèvement de la mise en valeur des deux salles du 1er étage des tours nord et sud de la façade, vitrerie neuve des baies de deux chapelles au nord de la nef.

Église de Bruyères-sur-Laon (Aisne)

La Commission approuve conformément aux conclusions de M. Selmersheim un devis de 8 277 Francs 50 relatif à ses reprises à faire aux soubassements extérieurs des absides et absidioles de 80/15/022/208 l'église de Bruyères-sur-Laon ainsi qu'aux faces est et nord du clocher.

Cathédrale de Marseille (Bouches-du-Rhône)

La Commission approuve sur l'avis de M. [Paul] Boeswillwald un devis de 12 272 Francs 12 relatif à la cathédrale de Marseille et comportant la remise en plomb des fenêtres et rosaces du grand dôme ainsi que le nettoiement des parties intérieures et à la révision du mode d'écoulement des eaux pluviales sur les pièces d'appui des baies.

Église de Bourganeuf (Creuse)

La Commission écarte un devis de 39 510 Francs ayant pour objet la dépose et la repose du clocher de l'église de Bourganeuf qui est déversé et la réfection des couvertures. Cette dépense paraissant peu en rapport avec l'intérêt de l'édifice, elle demande, sur les observations de M. de Baudot, que l'architecte soit invité à dresser un simple devis de consolidation d'une ceinture en ciment armé et à réduire les prévisions aux couvertures.

Château de Bourganeuf (Creuse)

La Commission approuve, sur le rapport de M. Magne, un devis de 6 870 Francs comportant la réfection de la couverture de deux des tours du château de Bourganeuf. L'État contribuerait à ces travaux jusqu'à concurrence de 6 000 Francs.

Église d'Arrènes (Creuse)

La Commission, conformément aux conclusions de M. Magne, écarte la proposition de classement présentée au sujet de l'église d'Arrènes, édifice secondaire du XVe siècle. L'architecte signale cependant le mauvais état des poutres 80/15/022/209 portant le beffroi qui renferme une cloche du XVIe siècle, classée.

M. Léon fait observer que l'administration des Beaux-arts n'a pas à s'intéresser à la conservation même du beffroi, la sonnerie servant à l'exercice du culte.

M. Marcou fait remarquer dans le même sens que le service des objets mobiliers n'accorde de subventions pour des cloches classées que lorsqu'elles sont fêlées.

La Commission demande toutefois que l'architecte dresse un devis des réparations que nécessiterait l'état du beffroi.

Maison du XVe siècle à Parthenay (Deux-Sèvres)

La Commission, sur le rapport de M. Magne, écarte la proposition de classement présentée en faveur d'une maison du XVe siècle située à Parthenay et qui appartient aux La Meilleraye et aux Cossé-Brissac.

Chapelle Saint-Fiacre au Faouët (Morbihan)

La Commission, conformément aux conclusions de M. Magne, approuve un devis de 30 820, 25 Francs relatif à l'achèvement de la restauration de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët sous réserve d'une économie de 2 000 Francs à réaliser.

M. Lefèvre-Pontalis demande que l'architecte soit invité à replacer les blochets qu'il a déposés.

Chapelle et maison de Marie Stuart à Roscoff (Finistère)

Le classement de la chapelle et d'une maison dite de Marie Stuart à Roscoff est adopté sur la proposition de M. Magne. 80/15/022/210

Restes de l'abbaye de Prades (Haute-Loire)

Le maire de Prades a demandé l'édification d'une galerie couverte pour abriter les chapiteaux et colonnettes de l'ancienne abbaye de Prades.

La Commission, conformément aux conclusions de M. Magne, juge cette construction inutile et maintient l'avis qu'elle avait précédemment émis en vue de l'adossement de ces vestiges au mur de l'église.

M. Lefèvre-Pontalis demande seulement qu'un intervalle suffisant soit ménagé entre les colonnettes et l'église.

Église Saint-Éloi à Dunkerque (Nord)

M. Génuys propose le rejet de la proposition de classement dont l'église Saint-Éloi à Dunkerque a fait l'objet. Cette église du XVe siècle a subi en effet de graves modifications par suite de la percée au XVIIIe siècle d'une rue traversant la nef.

M. Gonse fait cependant remarquer que le choeur est d'un appareillage fin et nerveux.

M. de Baudot dit que la structure en est intéressante au point de vue historique, car peu d'édifices comportent des éléments aussi minces.

M. de Baudot estime toutefois que le classement n'a guère d'intérêt, la voûte ayant été chainée.

La Commission, tenant compte de cette dernière considération rejette la proposition de classement.

Église de Curzy (Saône-et-Loire)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, approuve un devis de 10 053 Francs 93 80/15/022/211 relatif à des réparations de charpente et de maçonnerie au clocher, à la nef et aux bas-côtés de l'église de Curzy. L'architecte devra toutefois être invité à compléter des travaux, sans élever la dépense, par certaines réparations de couverture au clocher et aux bas-côtés.

Abreuvoir de Marly (Seine-et-Oise)

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, adopte un devis de 59 909, 75 Francs dressé en vue de la restauration interrompue de l'abreuvoir de Marly. L'opération prévue ne comporte que les reprises indispensables rendues nécessaires par l'état de la pierre.

Fontaine du Luxembourg à Paris (Seine)

La Commission des Monuments historiques approuve la modification proposée par le Comité des inscriptions parisiennes dans l'inscription apposée sur la façade postérieure de la Fontaine Médicis au Luxembourg.

Église de Longjumeau (Seine)

La Commission adopte les conclusions de M. Selmersheim sur les réductions à apporter à un devis de 31 087, 87 Francs relatif à la restauration de l'église de Longjumeau.

Donjon de Vincennes (Seine)

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, approuve les deux premiers chapitres s'élevant à 25 002 Francs 84 d'un devis de 45 571 Francs 30, comportant les travaux nécessaires à l'accès du public au donjon de Vincennes. Ces deux chapitres ont pour objet la construction du passage d'accès du public à la casemate, l'établissement d'une passerelle reliant le Châtelet au donjon, et pour laquelle l'architecte 80/15/022/212 propose la substitution d'un pont en bois et fer au passage en ciment armé prévu dans l'acte de cession. Le 3e chapitre relatif à la réfection en ciment armé de la plateforme au donjon est réservé.

M. de Baudot signale des réfections à entreprendre à la corniche en arrière le long du rempart sur la face postérieure du bâtiment de la Reine.

Gardiennage

La Commission adopte les propositions de M. l'architecte Ventre comportant un service de gardiennage assuré par deux gardiens.

M. Selmersheim signale l'impossibilité où l'administration se trouve d'autoriser l'accès du public au haut du donjon par suite de l'étroitesse de l'escalier.

M. Lefèvre-Pontalis observe qu'on y montait pourtant autrefois.

Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)

M. de Baudot saisit la Commission d'un projet de la Compagnie des tramways de Nantes qui se propose, en vue de l'installation de nouvelles lignes, de sceller un hauban sur le contrefort de la façade latérale de la cathédrale et de dresser deux poteaux sur le trottoir de la façade principale.

La Commission, à son avis, ne peut pas faire obstacle à l'installation des fils aériens, mais elle peut s'opposer au scellement du hauban et peut-être à l'établissement des poteaux.

M. Girault demande si la Compagnie ne peut pas être invitée à prévoir un passage 80/15/022/213 en caniveau sur la place de la cathédrale.

M. de Baudot fait remarquer que cette modification n'a pas grandes chances d'être adoptée, puisqu'il y a déjà une ligne à fils aériens traversant la place.

M. Bernier estime que la Commission peut toutefois exprimer un voeu à ce sujet, la Municipalité pouvant, au moment du renouvellement de la concession de la Compagnie, exiger les modifications demandées. Ce voeu est adopté par la Commission qui refuse l'autorisation demandée par la Compagnie pour le scellement d'un hauban sur un contrefort de la cathédrale.

Evêché de Sées (Orne)

La Commission, conformément aux conclusions de M. de Baudot, donne un avis favorable à l'aliénation des immeubles domaniaux composant l'ancien évêché de Sées.

Église de Rampoux (Lot)

La Commission est saisie d'une demande tendant au classement total de l'église de Rampoux. On allègue à l'appui de cette proposition la présence de peintures cachées actuellement par le badigeon et continuant la décoration murale de la chapelle déjà classée.

La Commission demande que l'existence de ces peintures soit d'abord vérifiée et qu'une mission soit confiée à M. Chauvet qui procèdera aux recherches nécessaires. 80/15/022/214

Château de Combronde (Puy-de-Dôme)

La Municipalité de Combronde sollicite le classement du château et de l'église de Combronde.

La Commission estime que cet édifice, construit vers 1675, ne présente pas un intérêt suffisant, à l'exception des balcons et d'une rampe dont elle propose le classement.

Pont de la Chartreuse à Brives-Charensac (Haute-Loire)

La Commission, sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, approuve le classement du pont du XVe siècle dit Pont de la Chartreuse à Brives-Charensac.

M. Léon fait part à la Commission du désir de M. Audiffred tendant à l'établissement d'une servitude non altuis tellement sur les immeubles avoisinant l'église de Charlieu.

La Commission estime que cette question est sans intérêt, les constructions entourant l'église ne nuisent nullement à son aspect.

Nomination d'architecte

La Commission émet un avis favorable à la nomination de M. Méot comme architecte ordinaire à Langres en remplacement de M. Kessler, décédé.

Dispenses d'adjudication

La Commission émet un avis favorable aux dispenses d'adjudication demandées pour les travaux à exécuter en 1914 à l'Hôtel-Dieu de Beaune et aux remparts de Provins. 80/15/022/215

13 février 1914
Présidence de M. de Baudot, puis de M. Jacquier, sous-secrétaire d'État. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Bonnier, Enlart, Gonse, Lefèvre-Pontalis, Léon, Marcou, Pascal, Perdreau, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Nodet et Louzier, adjoints à l'Inspection générale.
Hôtel de ville de Narbonne (Aude)

La Commission approuve, sur les conclusions de M. [Paul] Boeswillwald, un devis de 11 969 Francs 39 pour la continuation de la restauration de la façade de l'Hôtel de ville de Narbonne.

Église Saint-Just à Narbonne (Aude)

La Commission approuve sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald un devis de 14 996 Francs 61 comportant la continuation de la remise en état des verrières absidales de l'église Saint-Just à Narbonne ainsi que l'aménagement du Trésor dans la Salle acoustique.

Église de Saint-Amand-Montrond (Cher)

La Commission approuve, conformément aux conclusions de M. [Paul] Boeswillwald un devis de 16 046 Francs 27 pour la réparation des couvertures de l'église de Saint-Amand Montrond.

Église de Blesle (Haute-Loire)

La Commission approuve sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, un devis de 13 552 Francs 90 relatif à la réfection des couvertures et à 80/15/022/216 des travaux d'assainissement dans l'église de Blesle.

Tour des Augustins à Avignon (Vaucluse)

M. [Paul] Boeswillwald soumet un devis de 11 977 Francs 11 relatif à la consolidation des fondations de la Tour des Augustins d'Avignon qui est déversée. Il estime toutefois qu'il est inutile de construire, ainsi que le prévoit l'architecte, un mur pour remplir un vide au dessous d'un arc sur lequel porte un des côtés de la Tour. Ce mur ne semble pas nécessaire à la solidité de l'édifice ; une économie de 500 Francs pourrait être réalisée de ce fait.

M. de Baudot observe que ce mur peut jouer un rôle utile dans l'équilibre de l'édifice. Sur la proposition du rapporteur, la Commission décide de laisser cette question à l'appréciation de l'architecte. Elle fixe en outre la participation de l'État à la moitié de la dépense.

Thermes de Royat (Puy-de-Dôme)

La Compagnie des Eaux de l'établissement thermal de Royat a fait combler une piscine faisant partie des anciens thermes et aménager sur son emplacement un jardin et une serre.

M. Lefèvre-Pontalis demande qu'on maintienne tout au moins le classement d'une seconde piscine qui n'a pas été encore recouverte.

M. Jacquier estime que cette solution est insuffisante et qu'il serait fâcheux de laisser sans sanction cette infraction à la loi sur la conservation des Monuments historiques. 80/15/022/217

Sur sa proposition, la Commission demande que la Compagnie soit invitée à remettre les lieux dans leur état primitif.

Cathédrale de Valence (Drôme)

M. Berr de Turique propose de surseoir à l'expropriation de l'immeuble Jouve-Laurent contigu à la cathédrale de Valence et de négocier seulement l'acquisition de la nu-propriété de la maison dont les occupants actuels conserveraient la jouissance, l'opération n'entraînerait ainsi qu'une dépense de 30 000 Francs.

M. de Baudot se demande s'il est bien nécessaire d'achever le dégagement de la cathédrale. On cède trop actuellement à son avis à la tentation d'isoler les monuments, pratique qui sera peut être condamnée dans une dizaine d'années. Il serait sage d'enrayer ce mouvement.

M. Pascal fait observer que cette acquisition est le terme d'une opération commandée et assurera le dégagement du dernier tiers de l'abside.

La Commission demande l'abandon de la procédure d'expropriation et l'ouverture de négociations pour un achat moins onéreux et auquel la Ville participerait dans une plus large mesure.

Remparts d'Aigues-Mortes (Gard)

Sur la proposition de M. Berr de Turique la Commission approuve les mesures suivantes destinées à sauvegarder l'aspect des remparts d'Aigues-Mortes :

1° Négociations par les soins du maire en vue d'acquisitions ou de l'établissement de servitudes non aedificandi sur une bande de 55 mètres 80/15/022/218 de largeur et de 308 mètres de longueur à l'est des remparts :

2° Sur la face sud. Entente de l'administration avec la Société coopérative qui, moyennant le versement par le ministère de l'Agriculture de la subvention qu'elle sollicite, s'engagerait à ne pas construire sur ses terrains et à modifier en outre l'aspect de la cave édifiée d'après les indications du service des Monuments historiques.

M. Jacquier estime que cet accord ne peut se faire que par les soins du ministère de l'Agriculture, après entente orale entre ce ministère et l'administration des Beaux-arts.

Maison du XVe siècle à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron)

La Commission, sur la proposition de M. Louzier, décide de frapper d'une servitude de classement la façade sculptée et l'escalier d'une maison du XVe siècle à Villefranche-de-Rouergue.

Palais Constantin à Arles (Bouches-du-Rhône)

La Commission, sur le rapport de M. Berr de Turique approuve l'achat amiable au prix de 20 000 Francs, d'un immeuble à l'angle sud est du Palais Constantin, dont la démolition permettrait, au dire de l'architecte, la découverte d'une abside ainsi que de vestiges d'une piscine et de baignoires antiques.

Théâtre antique d'Arles (Bouches-du-Rhône)

La Commission, sur l'avis de M. Berr de Turique propose l'expropriation d'un immeuble situé à l'angle nord-est du Théâtre antique d'Arles et reposant sur des substructions antiques apparentes. 80/15/022/219

Château de Grignan (Drôme)

M. Nodet informe la Commission des restaurations entreprises par Madame Fontaine dans son château de Grignan qui renferme de très belles parties de la Renaissance.

La Commission propose d'ouvrir une instance de classement limité aux parties Renaissance et d'inviter l'architecte ordinaire, M. Allingry, à visiter l'édifice afin d'apprécier les conséquences des restaurations projetées. Quant à la terrasse du château, la Commission estime, conformément aux conclusions de M. Berr de Turique, qu'elle doit être considérée comme classée parmi les Monuments historiques, puisqu'elle fait partie intégrale de l'église classée. Il y aura lieu de rappeler ce classement à la propriétaire.

Ancienne chapelle de Saint-Jean-de-Moustiers à Arles (Bouches-du-Rhône)

M. Berr de Turique fait valoir l'intérêt qu'il y a à acquérir l'ancienne chapelle de Saint-Jean-de-Moustiers que son propriétaire a encombrée de meubles masquant la décoration intérieure.

La Commission émet un avis favorable à l'expropriation de l'édifice par la Commune avec subvention de l'État.

Église de La Charité-sur-Loire (Nièvre)

M. Lefèvre-Pontalis demande que l'État achète une maison adossée à la tour nord de l'église de La Charité-sur-Loire et qui cache le beau portail roman de cet édifice.

La Commission émet un avis favorable à cette opération. 80/15/022/220

Cloître d'Ambronay (Ain)

Saisie à nouveau par M. Nodet du projet de restauration du cloître d'Ambronay, suivant devis de 13 600 Francs 52, la Commission écarte le principe même de toute réfection des fenestrages des faces nord et est. L'opération ne présente pas d'intérêt et les vestiges des fenestrages anciens sont trop peu nombreux pour justifier une restitution de ce genre.

Maison Julia à Perpignan (Pyrénées-Orientales)

La Commission approuve, sur les conclusions de M. Nodet, un devis de 9 942, 59 Francs relatif à la restitution dans son état primitif de la Maison Julia où des sondages ont permis de reconnaître dans diverses pièces l'existence de plafonds anciens avec leurs peintures.

Église Saint-Maurice à Lille (Nord)

Le curé de Saint-Maurice à Lille a érigé un monument funéraire dans la chapelle absidale de cette église, sans attendre l'autorisation de l'administration. Sur la proposition de M. Génuys la Commission demande que des observations soient faites au maire.

Cathédrale de Rouen (Seine-Inférieure)

La Commission, sur la proposition de M. Génuys, émet un avis favorable au transfert dans le Jardin des Plantes de Rouen des restes de l'ancien jubé de la cathédrale de Rouen.

Archevêché de Rouen (Seine-Inférieure)

Diverses affectations sont envisagées pour l'archevêché de Rouen où l'administration de la Guerre se propose de loger provisoirement les services mobilisés tandis que l'Union des Femmes de France veut y installer un hôpital auxiliaire. 80/15/022/221

M. de Baudot fait remarquer la difficulté qu'il y a à utiliser l'édifice dans son ensemble.

La Commission, sur l'avis de M. Génuys, demande que les plans des installations projetées lui soient soumis.

Église de Feuchy (Pas-de-Calais)

La Commission, à la demande de M. Génuys, émet un avis favorable à la désaffectation de l'église de Feuchy.

Maisons anciennes à Bourges (Cher)

La Commission, sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald, émet un avis défavorable au classement d'un immeuble du XVe siècle, situé rue des Toiles, à Bourges, dont l'aspect primitif a été défiguré par des installations modernes. Elle propose le classement d'un autre immeuble du XVe siècle situé 11 place Gordaine à Bourges.

Cathédrale d'Alais [sic]d' Alet-les-Bains (Aude)

M. [Paul] Boeswillwald propose le classement de la cathédrale d'Alais que justifient de nombreux souvenirs historiques, sinon l'intérêt artistique du monument, composé de constructions de diverses époques et d'un effet peu heureux au moins à l'extérieur.

M. de Baudot regrette que les classements d'édifices soient opérés aujourd'hui sans méthode suffisante, alors qu'ils avaient autrefois une valeur d'enseignement. Il serait utile à son avis de prévoir plusieurs catégories de classement, afin de marquer l'intérêt plus ou moins grand des monuments protégés, les 80/15/022/222 sacrifices plus ou moins étendus que leur conservation justifie.

La Commission émet un avis favorable au classement de la cathédrale d'Alais cette mesure ne paraissant devoir entraîner d'ailleurs aucune dépense pour l'État.
Saint-Michel-de-Cuxa (Pyrénées-Orientales)

Le propriétaire des ruines de l'abbaye de Cuxa a vendu le logement de l'abbé, attenant à l'abbaye, à l'exception de la porte qu'il a considérée comme classée.

La Commission demande que l'administration rappelle au propriétaire le classement de cette porte.

Cathédrale de Bourges (Cher)

La Commission approuve la maquette d'une statue de Jeanne d'Arc à ériger dans la cathédrale de Bourges. 80/15/022/223

27 février 1914
Présidence de M. P. Jacquier, sous-secrétaire d'État puis de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Bonnier, Gonse, Hébrard de Villeneuve, Lefèvre-Pontalis, Léon, Magne, Mâle, Marcel, Marcou, Michel, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Louzier, Nodet, adjoints à l'Inspection générale.
Mont-Saint-Michel (Manche)

1° coupure de la digue

M. de Baudot donne connaissance à la Commission du projet étudié par le ministère des Travaux-Publics et approuvé par le Conseil général des Ponts-et-Chaussées pour sauvegarder l'insularité du Mont. Ce projet prévoit l'établissement, sur la digue insubmersible, d'une pente inclinée à 215 mètres de l'abbaye. La pente comporterait deux degrés séparés par un palier. Le rapporteur se demande si cette proposition qui n'admet pas à proprement parler de coupure donne satisfaction aux voeux exprimés par la Commission. Il signale d'autre part le fâcheux effet des enrochements prévus pour l'établissement de cette pente. 80/15/022/224

2° Polders

M. Berr de Turique donne connaissance du refus opposé par la Compagnie des Polders aux propositions de l'administration des Beaux-arts. Cette Compagnie offre actuellement d'abandonner ses droits d'enclôture au sud-ouest sur les terrains qui ne sont pas encore arrivés à maturité moyennant une compensation du double au nord ouest et une prolongation de 25 ans des délais d'enclôture pour l'ensemble des polders. Pour les terrains dont l'enclôture pourrait être réalisée dès maintenant la Compagnie réclamerait une indemnité de 312 487 Francs qui, d'après les estimations des ingénieurs pourrait être ramenée à 165 618 Francs. Or, un doute subsiste sur l'utilité de l'opération au point de vue de l'insularité du Mont.

La Commission, conformément aux conclusions du rapporteur, adopte un projet de M. Gout, limitant la servitude d'isolement du Mont à 10 m 40 dans sa partie la plus étroite ; l'administration se bornerait à acquérir sans indemnité et par voie d'échange 109 ha de terrains non arrivés à maturité.

Fouilles de Vaison-la-Romaine (Vaucluse)

M. [Paul] Boeswillwald saisit la Commission d'une demande du maire de Vaison qui sollicite le concours de l'administration des Beaux-arts 80/15/022/225 pour l'acquisition des terrains de fouilles de Vaison ; il a obtenu du propriétaire une promesse de vente au prix de 150 000 Francs.

M. Nodet fait observer qu'une offre de 100 000 Francs a déjà été faite au propriétaire pour une partie seulement des terrains.

M. Gonse rappelle que le Conseil des musées nationaux avait songé à acquérir pour le Louvre un torse antique découvert à Vaison, mais qu'il n'a pu être donné suite à ce projet. Le Conseil accorderait sans doute une subvention pour l'achat des terrains, à la condition de garder le torse pour le Louvre.

M. Léon remarque que la direction de l'Enseignement supérieur n'est pas disposée à affecter plus de 1 000 Francs aux fouilles de Vaison. L'administration des Beaux-arts pourrait peut être accorder une subvention de 50 000 Francs en laissant au maire le soin de parfaire la différence au moyen de divers concours. M. Léon ajoute qu'il y a intérêt à ce que les antiquités de Vaison soient conservées sur place.

La Commission vote le principe d'une subvention dont le montant sera fixé lorsqu'on connaîtra les fonds réunis pour l'acquisition.

Remparts de Cucuron (Vaucluse)

Le Conseil municipal de Cucuron projette d'aliéner les anciens remparts de cette Ville qui date du XVe siècle, mais ont été découronnés et percés de nombreuses ouvertures.

La Commission, sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, ne fait pas obstacle à cette aliénation, mais elle émet un avis favorable au 80/15/022/226 classement des trois portes et du donjon.

Château de Sagonne (Cher)

La Commission, sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald, émet un avis favorable au classement des ruines du château de Sagonne qui comprend les vestiges d'une enceinte un donjon et des dépendances d'époques diverses.

Chapelle Sainte-Barbe au Faouët (Morbihan)

La Commission, sur les conclusions de M. Magne, approuve un devis de 3 622 Francs 75 pour la réfection des balustrades et escaliers d'accès de la chapelle Sainte-Barbe au Faouët.

Chapelle de Kernascléden (Morbihan) à Saint-Caradec-Trégomel

La Commission, conformément aux conclusions de M. Magne, approuve un devis de 4 020 Francs 50 pour la réfection des vitraux de la chapelle de Kernascléden à Saint-Caradec-Trégomel.

Cathédrale d'Annecy (Haute-Savoie)

M. Berr de Turique fait part à la Commission d'une communication du ministre des Finances à l'administration des Beaux-arts de laquelle il semble résulter que la cathédrale d'Annecy, considérée jusqu'ici comme appartenant à l'État. devrait être reconnue comme propriété communale. Le rapporteur estime que cette cathédrale, qui a appartenu à l'État en 1792, puis à la Commune depuis l'an XIII, est ensuite devenue propriété fabricienne par l'effet des lois sardes ; elle appartiendrait aujourd'hui à la Commune en vertu de l'article 9 de la loi du 9 décembre 1905.

M. Berr de Turique demande à la Commission s'il n'y a pas lieu également d'examiner la question du maintien de cet édifice sur la Liste des Monuments historiques. 80/15/022/227

M. Hébrard de Villeneuve objecte que la question d'attribution de la cathédrale ne peut être résolue sans une étude approfondie. L'interprétation du traité de 1860 a donné lieu à de nombreuses difficultés. D'autre part, il faut rechercher les actes qui auraient été transmis à la Fabrique sur la propriété de l'édifice, car ce n'est qu'à titre de propriété fabricienne qu'il a pu devenir, par l'effet de la loi de 1905, propriété communale. La question à la demande de M. Hébrard de Villeneuve est renvoyée à une prochaine séance.

Église de Bodilis (Finistère)

La Commission, sur le rapport de M. Magne, approuve un devis de 18 752, 68 Francs pour la remise en état des toitures et des caniveaux de l'église de Bodilis.

Château de Saumur (Maine-et-Loire)

M. Magne présente un devis de 49 308 Francs 73 relatif à l'achèvement de la restauration de l'aile est du château de Saumur et à la mise en état de la tour sud-est. En raison des disponibilités qui résultent du règlement des travaux autorisés en 1912, la Commission à la demande du rapporteur, approuve seulement le chapitre II du devis comportant un travail supplémentaire de charpente.

Château de Fougères (Ille-et-Vilaine)

M. Magne présente un devis de 18 833 Francs 31 comportant la mise en état du logement du gardien du château de Fougères et l'assainissement des tours Raoul et Surienne. 80/15/022/228

M. Guët en transmettant le devis à l'administration lui fait part des voeux du Syndicat d'initiative de la région qui désirerait voir rétablir les douves du château et souhaiterait que l'État fît l'acquisition d'une maison à proximité de l'entrée du château.

La Commission, à la demande de M. Magne, approuve le devis présenté et estime qu'il n'y a pas lieu pour l'État d'entreprendre les opérations indiquées par le Syndicat.

Église de Saint-Pierre-de-Plesguen (Ille-et-Vilaine)

La Commission, conformément aux conclusions de M. Magne, limite à 10 671 Francs 97 les travaux prévus pour la réfection de la couverture de l'église de Saint-Pierre-de-Plesguen suivant un devis de 17 246 Francs 77. L'emploi de l'ardoise d'Angers devra être substitué à celui de l'ardoise épaisse, prévu par l'architecte ; une réduction de moitié devra être opérée sur les rejointoiements proposés.

Église de Brion (Seine et Loire)

La Commission, conformément aux conclusions de M. Magne, approuve un devis de 9 991 Francs 40, pour la réparation du choeur et de la couverture du clocher de l'église de Brion.

Château du Suscinto à Sarzeau (Morbihan)

La Commission, sur le rapport de M. Magne, approuve un devis de consolidations urgentes au château de Suscinto. Toutefois une réduction devra être opérée sur la dépense prévue pour les piles et maçonnerie, ce qui ramènera le devis de 10 083 Francs 50 à 6 300 Francs. 80/15/022/229

Église de Sablé (Sarthe)

La Commission, sur le rapport de M. Magne, approuve un devis de 11 901, 56 Francs comportant la remise en place de vitraux anciens de l'église de Sablé dans la fenêtre du transept nord et dans les fenêtres des chapelles absidales.

Église de Langogne (Lozère)

M. Louzier soumet un devis de 9 041 Francs 25 prévoyant dans un 1er chapitre la réfection de la couverture du choeur et de la nef de l'église de Langogne et dans un second divers rejointoiements.

La Commission, sur l'avis du rapporteur, approuve le 1er chapitre seulement, s'élevant à 4 816 Francs.

Église de Cuon (Maine-et-Loire)

M. Hardion ayant exécuté des travaux dans des parties non classées de l'église de Cuon, la Commission estime que l'intérêt de l'édifice justifie l'extension à l'ensemble de l'édifice du classement limité au clocher et à l'abside.

Ruines de Saint-Jean-d'Aulps (Haute-Savoie)

La Commission, sur le rapport de M. Nodet, approuve un devis de 3 145 Francs pour la consolidation des ruines de Saint-Jean-d'Aulps.

Château de La Mothe-Saint-Héray (Deux-Sèvres)

Le propriétaire du château de La Mothe-Saint-Héray demande à être fixé sur les intentions de l'administration des Beaux-arts au sujet de l'instance de classement dont cet édifice a fait l'objet. Il désire reprendre les pourparlers qu'il avait engagés en vue de la vente des sculptures. 80/15/022/230

La Commission n'estime pas qu'il y ait lieu de poursuivre le classement d'office du monument en raison des frais qui en résulteraient.

Porte-prison de Vannes (Morbihan)

La Ville de Vannes sollicite le concours de l'État pour la restauration de la partie de la Porte-prison de cette Ville qui appartient à la Ville, en laissant de côté une autre partie qui est une propriété particulière.

M. Magne fait observer que les travaux envisagés maintiendraient une bâtisse établie au dessus de la tour de droite, bâtisse qu'il y aurait intérêt à démolir. La restauration devrait en outre s'étendre à l'ensemble du monument.

La Commission demande que des pourparlers soient engagés en ce sens avec la Ville.

Maison à Saint-Valéry-en-Caux (Seine-Inférieure)

Le propriétaire de la Maison Henri IV à Saint-Valéry-en-Caux est disposé à céder cet immeuble au prix de 40 000 Francs. La Commune demande que l'édifice soit inscrit dès maintenant sur l'inventaire complémentaire prévu par la loi de 1913 et que le classement d'office en soit poursuivi.

La Commission estime qu'il est inutile d'inscrire cette maison sur l'inventaire supplémentaire, mais qu'il y a intérêt à faire application à la façade de la servitude de classement de la loi de 1913. Des négociations devront être engagées avec la Ville en vue de répartir par moitié entre l'État et la Municipalité les frais à prévoir pour l'indemnité de classement. 80/15/022/231

Église de Sauveterre-de-Béarn (Basses-Pyrénées)

La Commission, sur le rapport de M. Louzier approuve un devis de 7 096 Francs 52 prévoyant, suivant les observations précédemment formulées par la Commission, le dérasement de l'étage supérieur du clocher de Sauveterre-de-Béarn et la réfection de la toiture.

Église de Mercey-le-Grand (Doubs)

Sur les conclusions de M. Génuys, la Commission émet un avis défavorable au classement de l'église de Mercey-le-Grand édifice du XIIIe siècle considérablement remanié au XVIIIe et au XIXe siècle.

Cathédrale de Rouen (Seine-Inférieure)

M. Génuys saisit la Commission d'un projet dressé par M. l'architecte Chaine à la demande de la Ville et comportant la dorure des nervures et crochets de la flèche de la cathédrale de Rouen.

M. Selmersheim estime que l'État ne doit pas en tout cas contribuer à cette dépense.

M. de Baudot considère qu'il n'y a aucune raison d'autoriser cette opération qui dénaturera l'aspect de la flèche.

M. Gonse fait observer que l'architecte avait formé le projet de dorer la flèche, la réalisation de ce projet serait peut-être d'un heureux effet.

La Commission consultée se prononce contre le principe même de la dorure de la flèche. 80/15/022/232

Chapelle Saint-Loup à Massay (Cher)

La Commission, sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald, approuve un devis de 9 365 Francs relatif à la chapelle Saint-Loup à Massay ; l'architecte a réduit, conformément aux observations de la Commission, son devis précédemment fixé à 19 249 Francs 21.

Tour de l'église Saint-Laurent à Rouen (Seine-Inférieure)

La Commission, conformément aux conclusions de M. Génuys, approuve un devis de 5 316 Francs relatif à la consolidation de la Tour de l'ancienne église Saint-Laurent à Rouen.

Église et Tour de Floirac (Lot)

La Commission, à la demande de M. Louzier, émet un avis défavorable au classement de l'église et de la tour de Floirac.

Église de Rouessé-Fontaine (Sarthe)

La Commission, sur l'avis de M. Magne, émet un avis favorable au classement du clocher de l'église de Rouessé Fontaine, qui date du XIIe siècle.

Chapelle Saint-Tugen à Primelin (Finistère)

La Commission adopte, sur le rapport de M. Magne, un devis de 10 560 Francs 75 relatif à diverses réfections à faire à la chapelle Saint-Tugen en Primelin, sous réserve d'une économie de 1 000 Francs sur l'établissement des caniveaux qui peut être ajourné.

Conformément aux conclusions de M. Magne, la Commission émet un avis favorable au classement de divers édifices du Finistère : 80/15/022/233

Église Chapelle Notre-Dame-du-Rhun à Guipavas (Finistère)

L'église Notre-Dame du Zuch, qui, avec son clocher élancé à double balustrade, a conservé ses fenêtres de pignon et un porche enrichi de sculptures :

Chapelle Sainte-Anne du Fouesnant (Finistère)

La chapelle de Sainte-Anne de Fouesnant, dont le clocher à jour est flanqué de deux tourelles.

Fontaine et Calvaire de Notre-Dame du Trénec au Gouesnou (Finistère)
Église de Guengat (Finistère)

L'église de Guengat édifice du XVIe siècle, remanié au XVIIIe et le calvaire du cimetière.

Chapelle de Perguet à Benodet (Finistère)

La Commission rejette la proposition de classement présentée en faveur de la chapelle de Perguet à Benodet, édifice roman très remanié.

Dispenses d'adjudication

La Commission émet un avis favorable à deux dispenses d'adjudication demandées pour les travaux du Mont-Saint-Michel (Manche) et l'église Saint-Pierre à Chartres (Eure-et-Loir). 80/15/022/234

13 mars 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Berr de Turique, Bonnier, [Paul] Boeswillwald, Enlart, Gonse, Hébrard de Villeneuve, Léon, Lefèvre-Pontalis, Mâle, Magne, Marcou, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Nodet et Louzier, adjoints à l'Inspection générale. M. Pascal excusé.
Classement au titre des Monuments historiques

M. de Baudot voudrait que la Commission suivît une méthode plus rigoureuse dans le classement des édifices. Les classements sont trop nombreux à son avis et protègent trop souvent des monuments sans intérêt réel.

M. Hébrard de Villeneuve fait observer qu'une rigueur excessive dans l'appréciation de l'intérêt artistique serait peu conforme à l'esprit de la loi de 1913.

La Commission doit en tout cas faire abstraction des questions financières que ses décisions peuvent soulever au point de vue de l'entretien des édifices.

M. Gonse, sans contester que des classements abusifs, d'ailleurs peu nombreux, aient pu être prononcés autrefois, estime qu'on n'en peut dire autant aujourd'hui. Chargé récemment avec M. Lefèvre-Pontalis d'examiner des propositions complémentaires de classement à soumettre à la Commission, il n'a compris dans ce travail que des monuments d'un intérêt artistique certain. 80/15/022/235

M. Léon remarque qu'une Liste des édifices classés doit être publiée prochainement. Il sera loisible à ce moment aux membres de la Commission de réviser les classements injustifiés et de procéder à des déclassements.

M. de Baudot demande si tout au moins la Commission ne pourrait pas faire des distinctions dans les classements suivant l'intérêt plus ou moins considérable des édifices.

M. Gonse fait ressortir les complications et les difficultés d'une semblable méthode.

M. Léon remarque que, dès maintenant et en vertu du décret du 3 mars 1889, la Commission, dans la restauration des édifices, tient compte de leur intérêt artistique, en même temps que des concours offerts par les municipalités et des besoins des monuments. Une classification des édifices d'après leur valeur artistique n'entraînerait pas un changement dans les règles suivies. C'est ainsi que les travaux à faire dans un édifice de dixième ordre qui menace ruine seront toujours exécutés de préférence à des travaux peu urgents dans un monument plus important.

Classements

La Commission, sur le rapport de M. Magne approuve le classement des édifices suivants :

Charente-Inférieure

Église de Neuillac, du XIIe siècle

Église de Breuillet, du XIIe siècle

Finistère

Église de Pont-Christ avec son calvaire

Église de Gouesnou du début du XIIe siècle, avec l'arc de triomphe et la fontaine attenante

Église de Trémaouézan, du début du XVIe siècle

Chapelle de Saint-Jaoua, à Plouvien, du XVe siècle

Église de Pencran, du XVIe siècle, avec son calvaire. 80/15/022/236

Porche et abside anciens de l'église de Ploudiry, ainsi que l'ossuaire

Église de La Roche-Saint-Maurice, du XVIe siècle

Chapelle funéraire de La Roche-Maurice du XVIIe siècle

Église de La Martyre du XIIIe siècle, avec son calvaire et la porte du cimetière

Tour de Saint-Houardon et portail de l'église du XVIe siècle, à Landernau

Clocher et façade du XVIe siècle de la chapelle Notre-Dame-du-Rhun, à Guipavas

Clocher et façade ouest de l'église de l'Hôpital-Camfrout

Église de Dirinon, du XVIe siècle

Clocher du XVIe siècle de l'église de Bourg-Blanc

Chapelle de Kerdevot (Finistère)

du XVIe siècle et calvaire

Clocher, portail et abside de l'église de Rosporden (Finistère)
Ruines de la tour Saint-Guénolé à Permarch (Finistère)
Église de Pont-l'Abbé (Finistère)

du XIVe siècle

Église de Plogonnec (Finistère)

du XVIIe siècle avec son arc triomphal

Les ruines de l'église de Kerity à Penmarch (Finistère)

, du début du XVIe siècle

Chapelle Notre-Dame-de-la-Joie, du XVIe siècle, et calvaire attenant à Penmarch (Finistère)
Église Notre-Dame-de-Confors à Meilars (Finistère)

et calvaire à l'exception des statues qui sont modernes.

Chapelle Notre-Dame de Kerinec-en-Poullan (Finistère)
Église de Kerfeunteun (Finistère)
Chapelle Saint-Thélau-en-Plogonnec (Finistère)

avec la sacristie et le calvaire

Chapelle de La Trinité à Plozévet (Finistère)
Église de La Forêt-Fouesnant (Finistère) 80/15/022/237
Église de Lanrivoaré (Finistère)
Chapelle de Penhors à Fouldreuzic (Finistère)
Rejets

La Commission rejette le classement de l'église Saint-Nicolas à Saumur (Maine-et-Loire), édifice très remanié.

Enquête complémentaire

Elle demande des renseignements complémentaires sur la chapelle du Bon-Voyage à Plogoff (Finistère) et une enquête en vue du classement des églises de Châtre à Saint-Brice et d'Arronville (Seine-et-Oise) ainsi que du manoir de Saint-Paterne (Oise).

La Commission sur la proposition de M. Selmersheim, approuve le classement des édifices suivants :

Choeur et clocher du XIIe siècle de l'église de Bazancourt (Marne)
Église de Soulaines (Aube)

du XVIe siècle

Église de Vix (Côte-d'Or)

Édifice du XIIe siècle, modifié au XVe siècle

Église de Suilly-la-Tour (Nièvre)

en partie du XVe siècle, en partie de la Renaissance

Église de Trumilly (Oise)

Édifice du XIIIe siècle avec clocher du XVIIe siècle

Rejet

La Commission rejette les classements de :

Église de Jonquières (Oise), comprenant des parties du XIIe, du XVe, et du XVIIIe siècle

Église de Guisar (Oise), en partie du XIIIe et du XVe siècle avec voûte en bois

Église de Fontenay-sous-Bois (Seine), édifice du XVIe siècle très remanié.

Classement d'office

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, estime qu'il y a lieu de poursuivre en Conseil d'État le classement de l'

Église de Woël (Meuse)
Église de Gy-l'Évêque (Yonne)

Elle propose le classement même d'office, en cas de refus de la commune, de l' édifice du XIIe siècle remanié au XVIe.

M. Gonse fait valoir qu'on ne peut laisser disparaître les vestiges anciens de cet édifice, malgré les mutilations qu'il a subies. 80/15/022/238

M. Hébrard de Villeneuve déclare s'abstenir dans cette question.

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, propose le classement du Pont des Belles Fontaines à Juvisy, construit en 1728. Elle demande un complément d'informations pour le classement de l'église d'Autricourt (Côte-d'Or).

Sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, la Commission approuve le classement des édifices suivants :

Fontaine de Lourmarin (Vaucluse)

du XVIIe siècle

Église Saint-Loup à Billom (Puy-de-Dôme)

du XIVe siècle, à l'exception des nefs

Église Saint-Hippolyte à Loupian (Hérault)
Pavillon de Vendôme à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

du XVIIe siècle

Chevet de l'église de Trets (Bouches-du-Rhône)

Ce classement partiel est motivé par l'intérêt de la décoration sculptée du choeur.

La Commission, sur le rapport de M. Génuys, approuve le classement des édifices suivants :

Porte d'entrée, église et salle capitulaire avec annexes de l'ancienne abbaye de Vauclerc (Aisne)

dont la grange est déjà classée

Église de Lierval (Aisne)

édifice roman modifié au XIXe siècle

Nef et clocher du XVe siècle de l'église deLa Cerlangue (Seine-Inférieure)
Église de Neufchâtel (Seine-Inférieure)

des XIIIe et XVe siècles

Église Saint-Pierre-de-Manneville (Seine-Inférieure)

de la fin du XVe siècle. 80/15/022/239

Église de Cerny en Laonnois (Aisne) des XIe et XVIIe siècles

Église d'Oulchy-le-Château (Aisne)

des XIIe et XIIIe siècles

Église de Pargny-Filain (Aisne)

du XIIIe siècle

Église de Retheuil, édifice du XIIe siècle, remanié au XVIe siècle

Église de Fontenoy (Aisne)

des XIe, XIIe et XIIIe siècles

La Commission approuve également le classement de la croix du cimetière de Rigneux le Franc (Ain).

Église de Coucy-le-Château-Auffrique (Aisne)

Elle rejette le classement complémentaire sollicité pour l'église de Coucy-le-Château-Auffrique (Aisne) dont la façade est seule classée, en raison des nombreux remaniements qu'elle a subis.

Dispenses d'adjudication

La Commission émet un avis favorable aux dispenses d'adjudication demandées pour les travaux de la cathédrale d'Orléans (Loiret) et ceux de l'Abreuvoir de Marly (Seine-et-Oise), ces derniers devant faire l'objet d'un concours restreint. Elle émet un avis défavorable à l'autorisation demandée par M. l'architecte Marcel de confier à un même entrepreneur l'ensemble des travaux approuvés pour l'église Saint-Fiacre du Faouët (Morbihan).

M. Puthomme fait remarquer que cette façon de procéder ne serait pas conforme aux règlements. 80/15/022/240

27 mars 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Enlart, Gonse, Lefèvre-Pontalis, Léon, Magne, Marcel, Marcou, Pascal, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Babelon, Génuys, Louzier, Nodet.
Arc de Triomphe à Paris (Seine)

M. Pascal soumet à la Commission un projet pour l'installation d'un ascenseur dans un des piliers de l'arc de Triomphe. Cet aménagement ne comporte aucune modification dans l'aspect de l'édifice et n'entraînera que des remaniements intérieurs sans importance. Sur une observation de M. de Baudot, le rapporteur déclare que toutes les précautions seront prises pour garantir le monument contre les risques d'humidité.

M. Magne combat cette proposition ; l'installation d'un ascenseur ne lui paraît nullement justifiée dans un édifice comme l'Arc de Triomphe.

M. Léon remarque que le Conseil des Palais Nationaux auquel incombe la police du monument aura encore à se prononcer sur l'opportunité du projet.

La Commission à l'exception de M. Magne approuve la proposition. 80/15/022/241

Musée de sculpture comparée à Paris (Seine)

La Commission approuve, sauf quelques réserves, les propositions de M. Enlart relatives à l'emploi du crédit de 13 500 Francs affecté en 1914 aux travaux du Musée de sculpture comparée pour la mise en place des moulages exécutés en 1913 et des épreuves données par le Musée des Arts décoratifs. Le Musée entreprendra en outre l'exécution de moulages des originaux suivants : statue funéraire de Gui de Lévis dans l'abbaye Notre-Dame de la Roche.

Deux statues provenant de l'église de Saint-Urbain et conservées au musée de Troyes.

La Commission demande qu'on négocie avec la Ville la remise en place des originaux à l'église Saint-Urbain. Le moulage serait fait en deux épreuves dont l'une serait offerte au musée.

M. Enlart proposait également l'exécution du moulage de la façade, d'une travée et du quart de la voûte intérieure du cloître Saint-Martin de Tours.

La Commission est d'avis d'exclure la voûte et d'ajouter quelques motifs d'ornementation. Ces travaux comporteront une dépense de 6 500 Francs à laquelle il faut ajouter 200 Francs pour l'achat d'une épreuve de la Dansarelle de Chavanac, 500 Francs de frais de voyage, et 800 Francs d'imprévus sur lesquels seront prélevés les frais d'achat d'épreuves de divers moulages de l'Académie de Pérouse. 80/15/022/242

Mont-Saint-Michel (Manche)

M. de Baudot donne lecture d'un rapport confirmant les conclusions orales qu'il avait présentées à la dernière séance de la Commission au sujet du programme des travaux envisagées par le ministre des Travaux-Publics au Mont-Saint-Michel.

La Commission adopte ces conclusions.

Ancien cimetière d'Orléans (Loiret)

M. de Baudot fait ressortir les inconvénients qui résulteraient, pour certaines parties du cloître de l'ancien cimetière d'Orléans, de l'établissement projeté d'un bâtiment militaire qui serait mitoyen avec le mur clôturant plusieurs travées du cloître.

La Commission demande que le bâtiment envisagé soit reculé de 2 mètres de façon à ce que les travées du cloître restent isolées.

Cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir)

La Commission, sur le rapport de M. de Baudot, approuve un devis de 44 514 Francs relatif à l'achèvement de la restauration du porche nord de la cathédrale de Chartres. Ces travaux sont compris dans le programme général adopté en 1909.

Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)

Le maire de Nantes insiste pour obtenir l'autorisation de sceller dans un contrefort de la cathédrale de Nantes un hauban destiné à supporter des fils de traction électrique, en faisant remarquer que l'établissement d'un poteau serait d'un effet plus disgracieux.

La Commission sur l'avis de M. de Baudot estime qu'il lui est impossible d'approuver cet aménagement qui serait une dérogation à la Loi sur les Monuments historiques. 80/15/022/243

Église Notre-Dame à Saint-Lô (Manche)

La Municipalité de Saint-Lô demande la restitution d'une arcature décorative qui devait à son avis se trouver au pied de la tourelle de l'escalier du clocher, à l'église Notre-Dame de Saint-Lô.

La Commission, sur l'avis de M. de Baudot, rejette cette proposition qui entraînerait une composition d'ensemble et de détail qu'aucune disposition n'indique ni ne justifie.

Fouilles de Vaison-la-Romaine (Vaucluse)

Le maire de Vaison a demandé que la Commission des Monuments historiques porte de 50 000 à 90 000 Francs la subvention de l'administration des Beaux-arts pour l'acquisition des terrains de fouilles de Vaison, afin de couvrir la différence entre ce prix d'achat et les ressources réunies.

M. Babelon signale l'intérêt exceptionnel des fouilles de Vaison qui justifient à son avis une intervention de la Commission des Monuments historiques . Cette station romaine, qui date du début même de la conquête, semble particulièrement riche en sculptures. C'est là qu'en 1865 on trouve la statue du Diadumène que le Musée du Louvre laisse échapper au profit du British Muséum.

Les fouilles, suspendues longtemps faute d'argent, ne reprirent qu'en 1912, grâce à une subvention de 500 Francs votés par le Comité des Travaux historiques. Elles furent exécutées par l'abbé Sautel, sous la condition expresse que les objets trouvés resteraient au propriétaire, ont amené la découverte d'une suite importante 80/15/022/244 de statues qui sont complètes, notamment une cuirasse de la belle époque d'Auguste une statue d'Hadrien dont un étranger aurait déjà offert 25 000 Francs. Le Conseil des musées nationaux avait fait au propriétaire des offres d'achat que celui-ci jugea dérisoires. Le maire de Vaison s'est inquiété de cette situation et il a pu obtenir de lui au prix de 150 000 Francs une promesse de vente de l'ensemble des terrains, y compris les antiquités déjà découvertes. Puis il a formé un Comité pour réunir les fonds nécessaires.

Le Comité des Travaux historiques qui ne dispose que d'un budget restreint n'a pu voter que 500 Francs qui pourront être réservés pour les fouilles à exécuter. De son côté, la Société des fouilles archéologiques qui contribue en ce moment à la restauration du monument de La Turbie ne peut également accorder qu'une faible subvention. Le Conseil des musées nationaux était disposé à contribuer à l'acquisition à la condition qu'on lui abandonnât certaines antiquités découvertes. Mais le maire se refuse à accepter cette condition.

M. Babelon demande donc à la Commission de consentir un sacrifice aussi élevé que possible. Les fouilles à son avis peuvent être entreprises à coup sûr ; les fragments recueillis seront déposés dans le cloître de Vaison qui sera transformé en musée. Le site même une fois déblayé sera un des attraits de cette région.

M. de Baudot fait remarquer que la Commission s'engagera dans une opération aventureuse et très onéreuse, si l'on ne trouve rien. 80/15/022/245

M. Babelon répond que les statues déjà trouvées représentent une valeur d'environ 50 000 Francs et qu'on a presque une certitude d'en découvrir d'autres. Les ruines du Théâtre méritent d'ailleurs d'être observées.

M. Nodet partage cette opinion. Les fouilles n'ont d'ailleurs porté que sur un emplacement très limité, le vingtième à peu près de la scène.

Sur une observation de M. Magne qui demande si la Commission aura au moins un contrôle sur les fouilles.

M. Babelon déclare que celles-ci seront entreprises sous le contrôle commun du Comité des Travaux historiques et de la Commission.

M. Gonse demande que les terrains soient acquis par l'État et non par la Ville afin que la conservation des objets ne puisse dépendre du bon vouloir de la municipalité, et que d'autre part celle-ci s'engage d'avance à accepter le classement de tous les objets découverts qui, propriété de l'État, seront laissés en dépôt au cloître de Vaison.

La Commission se rallie à cette dernière proposition ; sous cette réserve elle vote le principe d'une subvention maxima de 90 000 Francs ne devant d'ailleurs être versée qu'en cas d'insuffisance des ressources réunies par la municipalité.

Grange de Vauclerc

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, approuve un devis de 21 596 Francs pour la reconstruction de l'angle sud est de la grange de Vauclerc qui s'est effondré récemment. 80/15/022/246

Église Notre-Dame de Dijon (Côte-d'Or)

La Commission, conformément aux conclusions de M. Selmersheim, approuve un devis de 20 444 Francs pour la reconstruction de la tourelle sud-est de l'église Notre-Dame de Dijon qui s'est écroulée et pour la réparation des parties endommagées par cette chute.

M. de Baudot demande que des précautions soient prises pour éviter tous risques de déversement.

Église Saint-Maurice à Sens (Yonne)

La Commission, sur l'avis de M. Selmersheim, émet un avis favorable au classement d'office de l'église Saint-Maurice, à Sens, classement refusé par la municipalité.

Beffroi de Sancerre (Cher)

M. [Paul] Boeswillwald soumet un devis de 20 119 Francs relatif à la réfection du beffroi de Sancerre et à sa transformation en musée. La Ville refusant de contribuer à la dépense, la Commission, sur l'avis du rapporteur, demande que les travaux soient limités aux réfections indispensables de couverture et de maçonnerie jusqu'à concurrence d'une somme de 4 à 5 000 Francs.

Tour de l'Horloge à Lescure (Gers)

La Commission, sur les conclusions de M. [Paul] Boeswillwald, approuve un projet de 7 414 Francs destiné à faciliter l'entrée et la sortie de la Ville de Lescure au moyen de certaines modifications à apporter dans la courtine de la Tour de l'Horloge. 80/15/022/247

Maison du Bailli à Sagonne (Cher)

L'administration avait ouvert une instance de classement en faveur de la Maison du Bailli à Sagonne, menacée de démolition.

Sur les conclusions de M. [Paul] Boeswillwald, la Commission estime qu'il n'y a pas lieu de donner suite à ce projet, car il ne reste de cette construction que quelques vestiges peu considérables.

Maison du XIVe siècle à Limoges (Haute-Vienne)

M. Lefèvre-Pontalis demande à la Commission d'intervenir pour empêcher la démolition d'une intéressante maison du XIVe siècle à Limoges.

Maison Fompeyrouse à Cordes (Tarn)

La Municipalité de Cordes, désireuse d'utiliser la maison Fontpeyrouse, demande le déclassement de la façade de cet immeuble.

La Commission émet un avis défavorable à cette mesure, estimant, ainsi que M. [Paul] Boeswillwald, que l'administration devra être consultée sur les projets d'appropriation de l'édifice.

Église des Noës-près-Troyes (Aube)

La Commission, sur l'avis de M. Selmersheim ne s'oppose pas à la désaffectation de l'église de Noë qui ne présente aucun intérêt.

Chapelle Expiatoire à Paris (Seine)

M. Gonse demande que l'administration reprenne l'examen de la proposition de classement dont la chapelle expiatoire a déjà fait l'objet.

Église d' Ervy-le-Châtel (Aube)

La Commission émet un avis favorable au classement de l'église d'Ervy. 80/15/022/248

Église de Dol (Jura)

M. l'architecte Guët a réduit de 21 423 Francs à 19 744 Francs le devis qu'il avait présenté pour la réfection de l'église de Dol.

La Commission, conformément aux conclusions de M. Magne, estime qu'une nouvelle réduction peut être opérée sur le chapitre de la plomberie et que sous cette réserve le devis peut être approuvé.

Grand-Théâtre de Bordeaux (Gironde)

La Commission approuve en principe le dessin exécuté par M. Ringo pour un projet de lustre au Grand-Théâtre de Bordeaux. Il y aura lieu toutefois de supprimer les bougies et de modifier le couronnement.

Château de Tivoli à Bordeaux (Gironde)

La Commission estime qu'il y a intérêt à ne pas laisser disparaître le château de Tivoli à Bordeaux. Elle demande à l'administration de se renseigner sur l'indemnité que le propriétaire réclamerait pour consentir au classement.

Hôtel des Pénitentes à Bordeaux (Gironde)

M. Magne soumet un projet de restauration de l'Hôtel des Pénitentes dans lequel la Ville aménagerait un musée.

La Commission ajourne l'examen de la question jusqu'à ce qu'elle soit renseignée d'une façon précise sur les intentions de la Ville et sur sa contribution à l'exécution de ces projets. 80/15/022/249

Ville close de Concarneau (Finistère)

La Commission, sur les conclusions de M. Magne, approuve l'établissement d'une passerelle provisoire en attendant la reconstruction nécessaire du pont donnant accès à la Ville close de Concarneau. Il y aura lieu, toutefois, d'employer le chêne goudronné au lieu du sapin prévu par l'architecte.

Dispenses d'adjudication

La Commission émet un avis favorable à la dispense d'adjudication demandée pour les travaux de la chapelle Saint-Pierre au Faouët (Morbihan). 80/15/022/250

3 avril 1914
Présidence de M. Jacquier, sous-secrétaire d'État, puis de M. de Baudot. Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. [Paul] Boeswillwald, Enlart, Hébrard de Villeneuve, Gonse, Léon, Magne, Marcou, Michel, Marcel, Perrault-Dabot, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Louzier, Nodet, adjoints à l'Inspection générale. Excusé : M. Pascal.
Château de Chambord (Loir-et-Cher)

Le Touring-Club a protesté contre la démolition projetée des anciennes casernes situées dans le domaine du château de Chambord.

M. de Baudot se demande à ce propos si le château est classé.

La Commission estime que le classement ne fait pas doute. Quant à la démolition des casernes qui n'ont aucun intérêt, de l'avis de M. de Baudot, elle n'y fait aucune opposition.

Château de Blois (Loir-et-Cher)

La Ville de Blois propose l'établissement d'une taxe fixe pour l'entrée au château ; elle demande que la visite soit gratuite un jour de la semaine.

M. de Baudot estime ainsi que M. Grenouillot que l'institution d'un jour gratuit serait un danger pour la conservation du monument. 80/15/022/251

Chaque fois qu'il y a des visites un peu nombreuses, on relève des dégradations, des traces de saleté, Une surveillance plus rigoureuse est impossible en raison du nombre restreint des gardiens et de la structure du château plein de détours et de recoins.

M. de Baudot, rappelle que le château appartient à la Ville de Blois à laquelle il a été donné par Napoléon III. L'État a cependant pris toujours à sa charge les grands travaux de restauration, la Ville contribuant seulement à l'entretien. C'est à cette dernière dépense qu'est affecté actuellement le produit des bonnes mains, qui rapportent annuellement de 7 à 8 000 Francs.

M. André Michel estime que tout monument national ou quasi-national doit être librement accessible au public. Il se rallie cependant à la solution proposée par M. de Baudot d'après laquelle le public ne serait admis gratuitement que dans le jardin et les terrasses.

La Commission accepte cette proposition. Elle demande en outre que le jour gratuit soit fixé au dimanche, qu'un contrôle soit exercé sur les entrées de faveur que le maire se réserve de délivrer et que ces entrées soient détachées d'un registre à souche, enfin qu'en tout temps on n'admette pas plus de 10 personnes pour une visite.

Cimetière d'Orléans (Loiret)

M. Léon rappelle qu'à la suite des objections faites par M. de Baudot à l'adossement projeté d'un bâtiment militaire à une partie du cloître du cimetière d'Orléans, la Commission avait demandé qu'un couloir d'isolement fût 80/15/022/252 ménagé entre les deux édifices.

Cette solution est pratiquement impossible, le Conseil municipal est prêt à démissionner si le projet n'est pas approuvé.

M. Léon estime que la Commission ayant accepté en principe l'opération ne peut s'opposer au projet qui lui est soumis.

M. de Baudot déclare qu'il avait pensé, d'après les renseignements de l'architecte, qu'un recul de la construction était possible. Puisqu'il n'en est pas ainsi, il propose l'établissement d'un large cheneau destiné à faciliter les nettoyages. Certaines fenêtres de la construction devant être coupées par le cheneau, il faudra les remonter ou les supprimer.

La Commission, conformément aux conclusions du rapporteur propose la suppression des fenêtres en question ; elle rappelle que l'administration n'a pas à participer à la dépense.

Église de Renwez (Ardennes)

La Commission, sur l'avis de M. Génuys, approuve en principe un devis de 21 648 Francs relatif à la réfection des charpentes et des couvertures de l'église de Renwez, sous réserve de certaines réductions à demander à l'architecte.

Église d'Orgelet (Jura)

M. Génuys soumet un devis de 31 975 Francs comportant la réfection du campanile et du clocher de l'église d'Orgelet dans lequel des crevasses se sont produites.

M. de Baudot se demande si la Commission est suffisamment renseignée pour un travail de cette importance. 80/15/022/253

Des devis aussi considérables ne doivent être produits à son avis qu'avec des documents permettant d'apprécier les échafaudages à établir et les détails de l'opération.

M. Génuys répond qu'il ne s'agit pas à proprement parler d'une restauration puisque le devis ne prévoit pas de modifications dans l'édifice.

M. Gonse estime la dépense trop élevée.

La Commission, sur les conclusions du rapporteur, propose de réduire le devis à 28 000 Francs.

Cathédrale d'Arras (Pas-de-Calais)

1° M. Génuys soumet un devis de 25 935 Francs pour la continuation des travaux de restauration de la façade de la cathédrale d'Arras.

Conformément aux conclusions du rapporteur, la Commission estime que des réductions peuvent être apportées à ce devis, notamment dans les prévisions relatives aux échafaudages qui doivent être plus légers et moins coûteux que ceux que propose l'architecte, la restauration des parties supérieures étant achevée.

M. Puthomme se plaint du retard apporté par M. l'architecte Wallon dans la production de ses mémoires.

2° M. l'archiprêtre de la cathédrale insiste pour obtenir l'autorisation, refusée précédemment par la Commission, de placer un nouveau monument funéraire. Il reconnaît lui-même que cette installation nécessiterait un encastrement dans le pilier du choeur.

Cette considération ayant motivé le refus de la Commission, celle-ci, sur l'avis de M. Génuys, décide de maintenir sa décision. 80/15/022/254

Église Notre-Dame à Saint-Omer (Pas-de-Calais)

La Commission, sur l'avis de M. Génuys, approuve un devis de 13 142 Francs relatif à la réfection partielle des meneaux des fenêtres hautes de l'église Notre-Dame à Saint-Omer ainsi qu'aux reprises nécessaires dans les piedroits des fenêtres.

Cathédrale d'Amiens (Somme)

Sur les conclusions de M. Génuys la Commission adopte un devis de 16 621 Francs pour la réfection des couvertures du pignon nord de la cathédrale d'Amiens ainsi que du versant ouest des transepts nord et sud.

Église de Mareuil-Caubert (Somme)

M. l'architecte Deneux a réduit à 13 205 Francs son devis pour la réfection des couvertures du versant nord de l'église de Mareuil-Caubert en conservant les dispositions actuelles de la toiture suivant l'avis émis par la Commission.

M. de Baudot critique cette solution qui est fâcheuse et entraîne des dépenses de couverture plus considérables.

M. Génuys répond que la Commission s'est déjà prononcée sur cette question.

M. Léon remarque qu'on n'a que trop modifié l'aspect de cette église de campagne, en déchaussant ses contreforts et en isolant l'édifice sur une sorte de piédestal. Il s'élève contre une nouvelle transformation qui en supprimant la toiture actuelle changerait complètement la physionomie du monument. Les conclusions du rapporteur sont adoptées. 80/15/022/255

Camp romain de La Chaussée-Tirancourt (Somme)

La Commission refuse l'autorisation demandée par la Commune de La Chaussée-Tirancourt de continuer les plantations commencées dans le camp romain de cette localité.

M. Génuys estime en effet que cette opération enlèverait toute valeur au classement.

Maison du Cardinal de Jouffroy à Luxeuil (Haute-Saône)

La Commission, sur l'avis de M. Génuys, décide d'ouvrir une instance de classement au sujet de la maison du XVIe siècle connue sous le nom de maison du Cardinal de Jouffroy à Luxeuil et qui est actuellement mise en vente.

Cathédrale de Belley (Ain)

Conformément aux conclusions de M. Nodet, la Commission approuve l'établissement de la gaine de cheminée prévue dans un devis présenté précédemment pour la cathédrale de Bellay. Elle demande que la longueur indiquée pour cette gaine ne soit pas dépassée et que l'extrémité soit pourvue d'un pommier métallique.

Église de Moustiers-Sainte-Marie (Basses-Alpes)

M. l'architecte Senès a présenté un devis de 11 465 Francs pour la restauration du clocher et de quelques parties extérieures de l'église de Moustiers-Sainte-Marie.

La Commission, sur l'avis de M. Nodet, approuve le premier chapitre seulement du devis relatif au clocher, à l'exception des nouveaux chaînages prévus par l'architecte.

Cloîtres de Tulle (Corrèze)

M. Louzier soumet un projet de M. l'architecte Lafillée prévoyant la transformation en musée de la partie du cloître de Tulle en 80/15/022/256 bordure de la Place d'Arche.

Le projet comporterait une surélévation de deux étages.

M. de Baudot s'élève contre cette opération qui entraînerait une reconstruction à neuf et masquerait la vue de la cathédrale. L'administration n'a pas à son avis à réclamer un projet de ce genre à l'architecte ; elle devra se borner, le moment venu, à remettre en état la façade de la rue sans admettre aucune surélévation.

La Commission s'associe à ces observations et rejette le projet de l'architecte.

Église de Collonges-la-Rouge (Corrèze)

La Commission, sur l'avis de M. Louzier, approuve un devis de 13 453 Francs relatif à l'achèvement de la restauration et au dégagement de l'église de Collonges.

Hôtel de ville de Neuvicq-le-Château (Charente-Inférieure)

Saisie d'un devis de 17 572 Francs prévoyant divers travaux à l'Hôtel de ville de Neuvicq et notamment des travaux d'aménagement, la Commission, sur l'avis de M. Magne, demande que le devis soit limité aux seules dépenses de couverture et de jointoiement nécessaires.

Abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire)

La Commission, sur les conclusions de M. Magne, approuve un devis de 9 897, 52 Francs relatif à la réfection du dallage et des vitraux de l'église abbatiale de Fontevraud.

Algérie

La Commission, conformément aux conclusions de M. [Paul] Boeswillwald, approuve la répartition proposée par le Gouverneur général de l'Algérie pour l'entretien des monuments de la Colonie. 80/15/022/257

Sur les 156 900 Francs dont l'emploi est prévu, 106 000 sont affectés aux fouilles de Timgad et de Djemila.

Fouilles de Fourvières à Lyon (Rhône)

M. [Paul] Boeswillwald soumet une demande de subvention présentée par MM. Fabia et Montauzan, professeurs à l'Université de Lyon, pour la continuation des fouilles de Fourvières.

La Commission propose de leur accorder une subvention de 2 000 Francs.

Cathédrale de Lyon (Rhône)

La Commission, sur le rapport de M. [Paul] Boeswillwald, approuve un devis de 20 930 Francs relatif à l'achèvement de la restauration des contreforts de la face nord de la cathédrale de Lyon.

Hôtel Rochefort à Dijon (Côte-d'Or)

La Ville de Dijon sollicite le concours de l'État pour l'achat du N° 52 de la rue des Forges à Dijon faisant partie d'une maison du XVe siècle, bâtie par Guy de Rochefort.

La Commission, sur l'avis de M. Selmersheim, accorde en principe une subvention de 10 000 Francs et, au cas où les enchères monteraient à 45 000 Francs, une participation de 1/3 avec maximum de 15 000 Francs.

Fouilles d'Alésia à Alise-Sainte-Reine (Côte-d'Or)

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, accorde une subvention de 8 000 Francs à la Société des Sciences de Semur pour l'aider à solder les frais des fouilles pratiquées en 1915 à Alise-Sainte-Reine.

Huttes gauloises à Alésia à Alise-Sainte-Reine. (Côte-d'Or)

La Commission avait décidé de ne classer que trois types des huttes gauloises découvertes à 80/15/022/258 Alésia en les protégeant par des abris.

M. Matruchot demande que le classement comprenne tout le quartier des huttes gauloises, en faisant valoir que cinq au plus de ces constructions nécessiteront des abris, d'ailleurs rudimentaires.

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, se rallie à cette solution.

Église de Viviers (Ardèche)

La Commission, sur l'avis de M. Selmersheim, rejette le classement de l'église de Viviers, édifice du XVIe siècle remanié et défiguré par des restaurations modernes.

Hôtel-Dieu de Tonnerre (Yonne)

La Commission, sur les conclusions de M. Selmersheim, approuve un devis de 12 725 Francs, relatif à l'assainissement des faces nord et sud de la grande salle de l'Hôtel-Dieu de Tonnerre ainsi que de la chapelle du Sépulcre.

M. Gonse demande toutefois le rejet des propositions faites par l'architecte pour le lavage à la potasse des sculptures du sépulcre et du tombeau de Louvois.

M. Selmersheim proposant un simple lavage à l'eau, M. Gonse insiste pour qu'aucun lavage ne soit autorisé, l'expérience faite aux Tuileries ayant prouvé que les ouvriers sont toujours tenté d'employer la potasse dans le nettoyage des statues.

La Commission adoptant l'avis de M. Gonse demande qu'il ne soit procédé à aucun lavage.

Église Saint-Voile à Châtillon-sur-Seine

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, approuve un devis de 24 249 Francs relatif aux travaux de couverture et de maçon- 80/15/022/259 nerie à exécuter dans l'église Saint-Voile de Châtillon-sur-Seine.

Église Saint-Étienne à Beauvais (Oise)

La Commission, sur les conclusions de M. Selmersheim, adopte un devis de 11 527 Francs pour l'achèvement de la restauration des piles de la croisée du transept de l'église Saint-Étienne à Beauvais. Les travaux, précédemment entrepris, ont en effet révélé des désordres dans les tympans au dessus des arcs doubleaux.

Église de La Charité-sur-Loire (Nièvre)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, décide d'acquérir, en vue du dégagement de la façade ouest de l'église Sainte-Croix à La Charité-sur-Loire, une baraque accolée à cette partie de l'édifice.

Mosaïque à Sens (Yonne)

La Société archéologique de Sens demande une subvention pour le transfert dans son musée d'une mosaïque découverte dans le jardin attenant à un établissement scolaire de cette Ville.

La Commission, sur le rapport de M. Marcou, propose le classement de cette mosaïque, acquise par la Société, et décide de demander un devis à M. l'architecte Louzier pour son transfert au musée.

Église de Névache (Hautes-Alpes)

La Commission, sur la proposition de M. Nodet, approuve le classement de l'église de Névache, des XVe et XVIe siècles.

Église d'Arvieux (Hautes-Alpes)

La Commission, sur les conclusions de M. Nodet, émet un avis favorable au classement de l'église d'Arvieux, des XIIIe et XVe siècles. 80/15/022/260

Porche de l'Hôtel-Dieu du Puy-en-Velay (Haute-Loire)

La Commission, sur la proposition de M. Nodet, approuve le classement du porche de l'Hôtel-Dieu du Puy, dont les portails sculptés datent du XIIe siècle.

Église de Petit-Niort à Mirambeau (Charente-Inférieure)

La Commission, sur les conclusions de M. Magne, propose le classement de la façade, du chevet et du choeur de l'église de Petit-Niort à Mirambeau, la nef ayant perdu tout intérêt à la suite de nombreux remaniements.

Chapelle des Habites à Apremont

La Commission, conformément aux conclusions de M. Magne, ne fait pas d'objection à la désaffectation projetée de la chapelle des Habites à Apremont, église du XIIe siècle, sans intérêt artistique.

Église de La Salle (Hautes-Alpes)

Sur la proposition de M. Nodet, la Commission approuve le classement de l'église de La Salle, des XIIe, XIVe et XVe siècles.

Église Saint-Martin-de-Queyrières (Hautes-Alpes)

La Commission, sur la proposition de M. Nodet, émet un avis favorable au classement de l'église Saint-Martin-de-Queyrières du XIVe siècle.

Église de Peyriac-de-Mer (Aude)

Conformément aux conclusions de M. [Paul] Boeswillwald, la Commission approuve le classement de l'église fortifiée de Peyriac-de-Mer du XIVe siècle.

Grilles d'Autun (Saône-et-Loire)

La Commission, sur la proposition de M. Marcou, décide d'affecter à quelques travaux complémentaires, et principalement au rétablissement de la dorure ancienne, un crédit de 2 000 Francs. 80/15/022/261

disponible sur le devis de 16 744 Francs approuvé pour la restauration des grilles du collège d'Autun.

Église de Chiré-en-Montreil (Vienne)

La Commission, saisie d'une proposition de classement de l'église de Chiré-en-Montreil, réclame de nouvelles photographies de cet édifice. 80/15/022/262

24 avril 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Bonnier, Enlart, Gonse, Hébrard de Villeneuve, Léon, Lefèvre-Pontalis, Magne, Marcel, Marcou, Perdreau, Perrault-Dabot, Pascal, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Babelon, Génuys, Nodet et Louzier.
Ancien grand cimetière d'Orléans (Loiret)

M. Enlart signale un projet différent de ceux dont la Commission a été saisie au sujet de la construction d'un bâtiment militaire à proximité de l'ancien cimetière d'Orléans ; ce projet ne comporterait pas d'adossement au cimetière. Il émet le voeu que la Commission en réclame la communication à la municipalité.

M. de Baudot estime que la Commission ne peut s'occuper d'un plan qui ne lui est communiqué ni par la Ville ni par le département de la Guerre.

M. Léon s'associe à cette observation ; il ajoute que le ministère de la Guerre a été avisé de l'adhésion de l'administration des Beaux-arts à un autre projet et que les travaux sont commencés.

Lycée Malherbe à Caen (Calvados)

La Commission, sur le rapport de M. de Baudot, approuve un devis de 32 899 Francs relatif à diverses réparations au lycée Malherbe à Caen 80/15/022/263 sous réserve d'une contribution à réclamer au ministère de l'Instruction Publique.

Cathédrale de Tours (Indre-et-Loire)

1° M. de Baudot propose de conserver pour la réfection de la cathédrale de Tours les échafaudages déjà utilisés pour l'enlèvement des pierres menaçant ruine, dont la location prolongée nécessitera une dépense de 6 667 Francs. Il est d'avis au surplus d'écarter le projet d'ensemble établi par M. Goubert pour un chiffre de 227 Francs 97 et d'envisager de la façon suivante le programme des travaux à entreprendre :

1° Achèvement des réfections en cours sur la façade principale, y compris la dépose et la repose de la grande rose.

2° Limitation aux travaux strictement indispensables des réfections à entreprendre sur les façades latérales nord et sud. On renoncerait à reconstituer les ouvrages de sculpture en se contentant d'établir sur les parties découvertes comme à la cathédrale d'Orléans des recouvrements en plaquettes de ciment armé.

3° Ajournement des travaux à faire au pignon du transept nord.

M. Lefèvre-Pontalis demande s'il n'y aurait pas avantage à acheter des bois plutôt qu'à payer des frais de location.

M. de Baudot répond qu'en tout cas il est trop tard pour adopter cette solution.

M. Gonse estime qu'il serait fâcheux que la Commission parût abandonner les édifices de la Loire parce qu'ils sont construits avec des matériaux. Il importe au moins de conserver, à titre de 80/15/022/264 témoin, une travée dans son état primitif.

La Commission se rallie à cette opinion et sous cette réserve demande qu'un nouveau devis soit dressé dans le sens des conclusions du rapport.

4° Elle approuve d'autre part un devis spécial de 12 380 Francs relatif à la réparation des vitraux de la grande rose.

Aqueducs de Luynes (Indre-et-Loire)

La Commune de Luynes s'étant refusée à contribuer au devis de 23 886 Francs dressé pour la réfection des aqueducs de Luynes qui tombent en ruines, l'administration a envisagé l'éventualité d'un déclassement des aqueducs.

La Commission, sur les observations de MM. Lefèvre-Pontalis et Gonse, décide de ne pas déclasser ces ruines, sauf à ne pas donner suite au devis dressé, l'État n'encourant d'ailleurs aucune responsabilité du fait de leur état de délabrement.

Elle accueille, au surplus, une proposition de M. Hébrard de Villeneuve tendant à réclamer une contribution du ministère des Travaux-Publics et une intervention du ministère de l'Intérieur pour décider la Commune à participer à la dépense.

Église de Ricey-Bas (Aube)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, approuve le devis réduit à 10 296 Francs de la réfection de la flèche centrale et des tourelles couronnant le portail de l'église de Ricey-Bas. 80/15/022/265

Maisons à Bèze (Côte-d'Or)

La Commission, à la demande de M. Selmersheim, émet un avis favorable au classement d'office des façades de deux maisons contiguës du XIIIe siècle ayant fait partie d'une abbaye bénédictine à Bèze.

Cathédrale de Langres (Haute-Marne)

Conformément aux conclusions de M. Selmersheim, la Commission approuve un devis de 34 400 Francs pour l'établissement d'une grille de clôture de la cathédrale de Langres, sous réserve de la suppression d'un dallage en roche prévu à l'intérieur de la clôture.

Église de Saint-Bris-le-Vineux (Yonne)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, approuve un devis de 19 078 Francs pour l'achèvement de la consolidation du clocher nord de l'église de Saint-Bris.

Église de Moutiers (Yonne)

M. Selmersheim présente un devis modifié par M. l'architecte Louzier et prévoyant une dépense de 18 349 Francs pour la réparation des toitures et des contreforts de l'église de Moutiers.

La Commission, considérant que seul le porche roman de l'église présente quelque intérêt, conclut au classement de la nef et du choeur, à moins que la Municipalité ne prenne à sa charge la moitié de la dépense et ne fasse disparaître un hangar adossé au mur nord de la nef.

Promenade du Peyrou à Montpellier (Hérault)

La Commission, sur l'avis de M. [Paul] Boeswillwald, propose le classement de l'ensemble de la promenade du Peyrou, y compris les terrasses, 80/15/022/266 les monuments avec leurs assises, les dispositions générales des plantations. Le préfet ayant demandé des renseignements sur la portée du classement au point de vue de l'entretien des jardins le rapporteur estime que le classement s'oppose à toute modification dans le caractère de ces jardins.

Église de Bourganeuf (Creuse)

La Commission, sur le rapport de M. Magne, adopte un nouveau devis réduit à 21 419 Francs pour la réfection du clocher et des couvertures de l'église de Bourganeuf.

Château de Laval (Mayenne)

Un contrôle des travaux exécutés au château de Laval a fait ressortir un dépassement de 17 270 Francs sur les travaux préparatoires et les sondages exécutés pour la restauration et l'aménagement en musée du château de Laval.

La Commission est d'avis d'allouer une subvention du même chiffre au département afin de permettre de régler cette dépense.

Fouilles de Vaison-la-Romaine (Vaucluse)

M. Berr de Turique fait connaître que la contribution de l'État à l'achat des terrains de fouilles de Vaison ne sera supérieure à 80 000 Francs, la Commune devant prendre à sa charge la différence entre cette somme et le total de 150 000 Francs. Le maire s'est d'ailleurs refusé à l'acquisition par l'État demandée par la Commission. Mais le projet de convention donne toutes garanties nécessaires pour le contrôle de l'État sur les fouilles et sur les objets découverts.

La Commission, en conséquence, adopte les 80/15/022/267 conclusions du rapport et vote la contribution demandée de 80 000 Francs.

M. Babelon rappelle que la Société des fouilles participera aux frais d'acquisition ; qu'elle donnera des conférences dans la région pour obtenir des concours locaux.

Sur une observation de M. Léon, qui pense qu'en présence de l'extension donnée aux fouilles M. l'abbé Sautel ne présenterait peut-être pas une compétence suffisante, M. Babelon déclare que le Comité des Travaux Historiques se propose d'examiner la question et déléguera sans doute un archéologue sur place. Les fouilles seront surveillées par un comité local auquel s'adjoindra des archéologues ; M. Babelon espère que des membres de la Commission, M. [Paul] Boeswillwald, M. Nodet, prêteront leur concours à la direction des fouilles.

Cathédrale de Rodez (Aveyron)

M. Louzier propose l'adoption des chapitres 2 et 4 de divers travaux projetés par M. l'architecte Lafillée à la cathédrale de Rodez pour une somme de 29 855 Francs. Le chapitre 2 de 11 247 Francs a pour objet la consolidation de l'escalier ajouré donnant accès à la tour du clocher, le chapitre 4 le transfert dans la cathédrale d'objets d'art conservés dans un local dépendant de l'ancien évêché.

La Commission adopte ce projet sous réserve des observations déjà formulées par le Comité, notamment en ce qui concerne l'enlèvement de la statue et de la cloche demandé par le Comité.

Toutefois, MM. Pascal et Gonse font observer que la statue qui surmonte le clocher, sans avoir un intérêt artistique, joue un rôle assez 80/15/022/268 heureux dans la silhouette de l'église. Ils proposent d'inviter l'architecte à examiner cette question dans le nouveau rapport qu'il devra fournir.

La Commission accueille cette proposition, M. Louzier estimant d'ailleurs que l'enlèvement de cette statue n'est peut-être pas indispensable.

M. de Baudot demande que l'architecte tienne compte des économies à prévoir du fait de la suppression de la cloche.

M. Selmersheim fait observer que cette économie ne saurait se traduire par une importante réduction, le Comité ayant jugé nécessaire une révision des prix qui lui paraissaient trop faiblement calculés.

ministère de la Marine à Paris (Seine)

M. Léon fait part à la Commission d'un projet étudié par le service des Bâtiments civils pour la suppression des cheminées qui couronnent actuellement la toiture du ministère de la Marine L'installation du chauffage central dans les services du ministère nécessiterait la construction d'une cheminée unique, mais plus importante et dépassant de 5 mètres la toiture.

La Commission décide de se rendre sur place pour examiner l'effet que pourra produire l'aménagement projeté.

Château de Grignan (Drôme)

Il résulte de la visite faite au château de Grignan par M. l'architecte Allingry que les parties intéressantes de l'édifice sont déjà défigurées par les travaux de restauration entrepris par le propriétaire.

La Commission décide en conséquence d'abandonner l'instance de classement ouverte. 80/15/022/269

Église Saint-Hippolyte à Poligny (Jura)

Sur la proposition de M. Génuys, la Commission approuve une dépense de 11 966 Francs pour la remise en état des couvertures de l'église Saint-Hippolyte à Poligny.

Cette dépense a pour objet l'exécution de deux devis réduits conformément aux indications de la Commission.

Église d'Ayre sur la Lys (Pas-de-Calais)

La Commission, à la demande de M. Génuys, approuve le projet de réfection de l'église d'Ayre sur la Lys, projet réduit à 23 372 Francs suivant les indications précédemment données par la Commission.

Église Saint-Jacques à Dieppe (Seine-Inférieure)

Conformément aux conclusions de M. Génuys, la Commission approuve le devis de restauration de l'église Saint-Jacques à Dieppe, réduit par l'architecte à 29 044 Francs.

Église Saint-Ouen à Rouen (Seine-Inférieure)

La Commission, à la demande de M. Génuys, ajourne le projet d'établissement de grillages pour la protection des vitrages de l'église Saint-Ouen à Rouen, jusqu'à production par l'architecte d'un tracé graphique des scellements de fer dans la pierre.

La Commission demande également que l'architecte examine s'il est possible de fixer les cadres des grillages sur les ferrures des vitraux afin d'éviter de nouveaux scellements dans la pierre des meneaux.

Église Saint-Maurice à Épinal (Vosges)

La Commission, sur l'avis de M. Génuys, approuve un devis de 6 034 Francs relatif à divers travaux d'aménagement à exécuter dans l'église Saint-Maurice d'Épinal aux frais du curé. 80/15/022/270

Hôtel de ville de Gray (Haute-Saône)

La Commission, sur la proposition de M. Génuys, approuve une dépense de 8 518 Francs relative à la réfection des couvertures de l'Hôtel de ville de Gray et prévus au chapitre 1er d'un devis de 13 863 Francs Elle ajourne l'exécution d'un 2e chapitre ayant pour objet divers travaux d'aménagement.

Fontaine de Saint-Seine-l'Abbaye (Côte-d'Or)

La Commission sur la proposition de M. Selmersheim, émet un avis favorable au classement d'une fontaine sculptée du XVIIIe siècle proche de l'ancienne abbaye de Saint-Seine.

Église d'Autricourt (Côte-d'Or)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, émet un avis favorable au classement de l'église d'Autricourt, à l'exception de la façade et du clocher.

Grande Chartreuse à Saint-Pierre-de-Chartreuse (Savoie)

La Société des Hôtels de Saint-Pierre-de-Chartreuse demande à construire une nouvelle salle à manger avec annexes adossées à l'une des faces de l'Hôtellerie.

La Commission n'est pas opposée en principe à une construction de ce genre. Toutefois le bâtiment projeté devant être visible pour les visiteurs, elle décide de demander à M. l'architecte Rome d'étudier un projet de construction dont l'effet ne soit pas choquant.

Fortification de Péronne (Somme)

La Commission renouvelle son voeu en faveur du classement de la Porte de Bretagne faisant partie des fortifications de Péronne. Elle demande qu'en cas de refus du propriétaire le classement soit poursuivi d'office. 80/15/022/271

1er mai 1914
La Commission s'est rendue au ministère de la Marine pour apprécier l'effet d'un tuyau de cheminée qui doit être placé sur la toiture de cet édifice.
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Bonnier, Enlart, Girault, Gonse, Hébrard de Villeneuve, Léon, Pascal, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Nodet et Louzier, adjoints à l'Inspection générale.
Ministère de la Marine, Place de la Concorde à Paris (Seine)

A la suite des explications fournies par M. l'architecte Hermant, la Commission est d'avis d'approuver l'aménagement projeté pour le chauffage du ministère de la Marine, toutefois, elle émet le voeu que le tuyau à placer sur la toiture ne soit monté provisoirement tout au moins qu'à une hauteur de 2 mètres 50.

M. [Paul] Boeswillwald fait remarquer que l'installation proposée fera disparaître tous les tuyaux actuels à l'exception d'un petit nombre servant au chauffage de certains salons du Cabinet du ministre.

Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)

M. Léon donne lecture d'une lettre du préfet de la Loire-inférieure faisant allusion à de nouveaux accidents qui ne seraient pro- 80/15/022/272 duits à la cathédrale de Nantes et insistant sur la nécessité d'exécuter sans délai les travaux nécessaires pour garantir la sécurité publique.

M. Léon estime que la responsabilité de l'administration se trouve engagée de façon grave. Il ressort des rapports mêmes joints au dossier que l'architecte devait procéder à l'intérieur à une visite des voûtes dont il n'est question dans aucune pièce administrative.

M. de Baudot déclare qu'il a procédé à cette visite.

M. Léon répond qu'il n'en a pas été avisé S'il survenait un nouvel accident, on ne trouverait au dossier aucune pièce écrite dégageant la responsabilité du service.

M. de Baudot fait remarquer qu'il s'occupe depuis fort longtemps de la restauration de la cathédrale. Il a prévenu l'administration de l'état critique du monument. Lors du dernier accident signalé, il a rédigé un rapport à la suite duquel un devis a été approuvé par la Commission. Les travaux prévus dans ce projet ont été exécutés.

Conformément aux indications données sur place par l'Inspecteur général Ce dernier n'a pas connaissance d'accidents survenus récemment, sinon à l'extérieur, où des échafaudages ont été prescrits et dressés, de façon à éviter tout danger provenant d'une nouvelle chute de matériaux. Quant à l'intérieur, sauf accidents toujours possibles et qu'on ne peut certainement prévoir, tout danger 80/15/022/273 a été écarté dans les parties menaçantes, notamment dans les transepts. M. de Baudot estime d'ailleurs que, si les accidents qui se sont produits dans l'édifice ont été vraisemblablement occasionnés par les travaux même qui s'exécutaient alors dans les transepts et qui ont ébranlé les maçonneries, dans un monument de ce genre toutes les parties se tiennent et tout ébranlement a des répercussions profondes. La question la plus délicate est celle de la réfection de la sculpture.

La Commission qui a jusqu'ici hésité à trancher cette question pour la cathédrale de Nantes aussi bien que pour d'autres monuments de la région de la Loire devra prochainement adopter un parti.

Sur une question de M. Léon, M. de Baudot déclare que sa dernière visite à la cathédrale de Nantes a eu lieu il y a 6 mois. Il a d'ailleurs vu, la veille même, M. l'architecte Vincent qui l'a assuré que les travaux en cours étaient en bonne voie. Il conteste aussi bien les contestations formulées par le préfet sur l'état de l'édifice que des affirmations au sujet des accidents qui seraient survenus.

M. Léon fait remarquer que M. Vincent, dont l'administration a déjà eu à se plaindre lorsqu'il avait la surveillance des monuments du Morbihan et du Finistère, ne semble pas avoir le sentiment des responsabilités que comporte la surveillance d'un édifice tel que la cathédrale de Nantes. Il tient à ce que l'Inspecteur général saisisse l'administration d'un 80/15/022/274 rapport écrit. M. de Baudot est-il sûr ? Le préfet ? l'Inspecteur général peut-il être sûr de son architecte et répondre qu'il ne s'est produit le 20 juin 1913 aucun accident ?

M. de Baudot ne le pense pas. Il va toutefois s'en informer et renseigner la Commission. Pour le reste il adressera un rapport à l'administration.

M. Léon insiste à nouveau sur l'insuffisance des renseignements dont l'administration disposerait, si elle se trouvait interrogée sur la question par une Commission parlementaire. Sa responsabilité serait très grave. Après la lettre au préfet, ne conviendrait-il pas d'envisager la nécessité d'une fermeture partielle du monument, solution d'ailleurs acceptée par M. de Baudot ? Toutefois l'administration ne peut prendre une mesure aussi radicale sans la justifier par une visite sur place d'une délégation de la Commission. Les Inspecteurs généraux procéderont à un examen du monument ; ils se renseigneront sur les chutes de matériaux qui se sont produites, conféreront avec le préfet et la municipalité. Il importe de rassurer l'opinion publique justement émue par de graves accidents.

M. de Baudot n'estime pas que la situation ait le caractère de gravité que lui prête le préfet. Les accidents auxquels ce dernier fait allusion sont sans doute les chutes récentes d'une partie des cheneaux. A la suite de ces chutes, l'Inspecteur général a fait clore les fenêtres par des planches, tout risque d'accident se trouve donc écarté de ce côté. 80/15/022/275

M. Léon répond que, quelles que soient les précautions prises, l'administration doit assurer la sécurité du public en ordonnant au besoin la fermeture de l'édifice.

M. de Baudot demande s'il est nécessaire qu'il soit accompagné dans sa visite du monument par d'autres membres de la Commission. Il ne voudrait pas, surtout vis-à-vis des autorités locales, avoir l'air d'être suspecté dans la direction qu'il donne aux travaux.

M. Léon répond que cette question sera examinée par M. le sous-secrétaire d'État. De toute façon M. de Baudot ne doit voir dans cette proposition aucune suspicion à son endroit, Si l'administration a pensé à déléguer sur place plusieurs membres de la Commission, c'est pour marquer son empressement à répondre aux voeux des autorités locales et justifier éventuellement la fermeture de la cathédrale.

Maison à Bourges (Cher)

Un incendie a détruit les combles d'une maison classée n°11 place Gordaine à Bourges.

La Commission, sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald est d'avis d'attendre pour dresser le devis des réfections à entreprendre que la question de l'indemnité à verser par la Compagnie d'Assurances ait été réglée.

Portail du Palais de Justice de Dole (Jura)

Le classement du portail du Palais de Justice de Dole a provoqué une réclamation de diverses personnes se prétendant propriétaires et réclamant une indemnité de 5 000 Francs.

Cette somme paraissant excessive eu égard au dommage causé, la Commission, sur le rapport de M. Génuys, propose le classement d'office du portail.

Château de Lavardin (Loir-et-Cher)

Le propriétaire des ruines du château de Lavardin refusant son consentement au classement de ces ruines, la Commission émet un avis favorable à leur classement d'office.

Boiseries de Lillers (Pas-de-Calais)

Sur le rapport de M. Génuys, la Commission adopte les propositions de M. l'architecte Paquet au sujet d'une modification à apporter dans les procédés appliqués sur les indications du docteur Pinoy à la restauration des boiseries de Lillers.

Le rapporteur signale certains inconvénients qui se sont révélés au cours du traitement suivi.

Ermitage de Saint-Valbert

Sur la proposition de M. Génuys, la Commission émet un avis favorable au classement de la grotte et de la fontaine dépendant de l'ermitage de Saint-Valbert.

Église d'Auzon (Haute-Loire)

La Commission sur l'avis de M. Selmersheim propose le classement du choeur datant du XVIe siècle de l'église d'Auzon.

Chapelle Sainte-Marguerite à Bucy-le-Long (Aisne)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, rejette la proposition de classement présentée en faveur de la chapelle Sainte-Marguerite à Bucy-le-Long.

Église de Bernay (Seine-et-Marne)

Sur le rapport de M. Selmersheim, la Commission, propose le classement de l'église de Bernay du XVIe siècle.

Église de Morsain (Aisne)

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, émet un avis favorable au classement du choeur et du transept de l'église de Morsain, du XIIIe siècle.

Église d'Oulchy-la-Ville (Aisne)

Sur l'avis de M. Selmersheim, la Commission propose le classement de l'église d'Oulchy la Ville du XIIe siècle.

Église de Saint-Trinit (Vaucluse)

La Commission sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, émet un avis favorable au classement de l'église de Saint-Trinit.

Vestiges gallo-romains à Bourges (Cher)

La Commission, sur l'avis de M. [Paul] Boeswillwald, propose le classement des vestiges gallo-romains situés dans le presbytère de la cathédrale de Bourges, ainsi que du pignon d'un bâtiment du XIIIe siècle.

Église de Châteaumeillant (Cher)

La Commission, sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, émet un avis favorable au classement des absides de l'église de Châteaumeillant, du XIIe siècle, ainsi que de peintures murales qui ont été signalées dans l'édifice. L'architecte devra préciser les parties à classer.

Église de Rochetaillée (Haute-Marne)

La Commission, conformément aux conclusions de M. Selmersheim, rejette la proposition présentée en faveur du classement de l'église de Rochetaillée, en partie du XVe siècle, mais sans intérêt architectural.

Remparts de Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales)

Le ministère de la Guerre en donnant son adhésion au classement de plusieurs bastions et tours des remparts de Villefranche-de-Conflent signale un projet du service des Ponts-et-Chaussées comportant la déviation de la route Nationale et le rescindement des bastions n° 1 et 5.

La Commission sur le rapport de M. Nodet, maintient le classement proposé et demande que des négociations soient entamées avec le service des Ponts-et-Chaussées afin d'éviter le rescindement des bastions.

Maison de la rue de l'Abbé Gellée à Beauvais (Oise)

Le propriétaire de l'immeuble situé rue Gellée n°16 à Beauvais s'opposant au classement de sa maison, la Commission est d'avis de ne pas donner suite à l'instance ouverte par l'administration.

Église de Saint-Léonard (Pas-de-Calais)

M. Enlart signale à la Commission la chapelle de Saint-Léonard, dont la construction remonte au XIIe siècle, ainsi qu'une tour ancienne modifiée au XIXe siècle par l'adjonction d'un crénelage d'un effet fâcheux.

La Commission émet un avis favorable au classement de la chapelle, à l'exception de la nef latérale nord de construction récente. Elle rejette le classement de la tour, défigurée par son crénelage moderne.

4 mai 1914
Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)
Séance tenue à la cathédrale de Nantes le 4 mai 1914.
Le préfet de la Loire inférieure ayant, par une lettre du 25 avril 1914, appelé d'une façon pressante, tant en son nom qu'au nom de la Municipalité de Nantes, l'attention de l'administration sur les dangers que l'état de la cathédrale paraît présenter pour la sécurité publique, une délégation de la Commission des Monuments historiques s'est rendue à Nantes pour examiner la situation et les mesures qu'elle appelle.

Les membres de la Commission désignée à cet effet par M. le sous-secrétaire d'État des Beaux-arts étaient : M. de Baudot, Inspecteur général, président de la section des Monuments historiques. Paul Léon, chef de la division des services d'architecture. Vice-président. [Paul] Boeswillwald, Inspecteur général des Monuments historiques. MM. Selmersheim, Magne, Perdreau (Charles Félix), 1860-1929, Inspecteur général des Monuments historiques. M. Puthomme, contrôleur général des travaux d'architecture. La délégation s'est réunie à la cathédrale le lundi 4 mai à 4 heures ½. Tous les membres étaient présents. Prenaient part également à la réunion : MM. Tallon, préfet de la Loire-inférieure. Vincent, architecte en chef des Monuments historiques, Leray, architecte ordinaire des Monuments historiques. Bellamy, maire de Nantes, assisté de M. Coutan, directeur des services d'architecture de la Ville.

La Commission décide de visiter en premier lieu l'intérieur du monument et constate ce qui suit : l'abside le choeur et la croisée du transept, récemment reconstruits ou restaurés, sont en parfait état, La voûte de la haute nef n'a jusqu'ici donné lieu à aucun accident.

MM. de Baudot, Selmersheim, [Paul] Boeswillwald et Magne estiment, comme MM. Vincent et Leray, qu'on ne peut s'assurer de sa solidité qu'au moyen de sondages. Il est en effet impossible d'opérer aucune constatation certaine en examinant d'en bas, à la lorgnette, et dans de défectueuses conditions d'éclairage, des maçonneries situées à 39 mètres de hauteur. Pour procéder à des sondages, il faut nécessairement monter un plancher au niveau de la naissance de la voûte.

Réservant pour le moment son avis, la Commission se transporte alors successivement sur les points où se sont produites des chutes de matériaux.

M. de Baudot montre à la Commission l'endroit du transept sud où, le 3 décembre 1911, une pierre est tombée de la voûte et a causé la mort du docteur Ménager. De l'avis de M. de Baudot, les consolidations opérées écartent maintenant tout danger. La seconde chute de pierre s'est produite au mois de juin 1913, époque à laquelle un fragment du formeret de la première travée sud de la nef est tombé à quelques mètres d'un employé de l'église. Le travail de réparation et de consolidation de l'arc a été exécuté au mois d'octobre suivant. Depuis lors, il n'y a pas eu de nouvelle chute de pierre dans l'intérieur du monument. Mais le 28 décembre quelques instants avant l'office du soir, sous la poussée d'un vent violent, quatre panneaux des vitraux de la deuxième et de la quatrième fenêtre de la haute nef - côté nord - se sont abattus dans l'intérieur, sans causer d'accident de personne. Il a été constaté que par suite de la désagrégation de la pierre, les vitraux ne tiennent plus. On peut donc, sur ce point, concevoir des craintes.

Les meneaux de ces fenêtres sont dans un tel état que, de l'avis de M. de Baudot, il conviendrait de les remplacer par des armatures de fer. Leur réfection en pierre de Tercé serait trop coûteuse.

M. Selmersheim croit que la dépense ne serait pas très considérable si la réfection était limitée aux meneaux verticaux. Mais les réseaux sont-ils assez bons pour être conservés ? M. Vincent déclare que les réseaux sont en aussi mauvais état que les meneaux verticaux.

M. Paul Léon estime que, d'une façon générale, la question de dépense est ici secondaire. Il faut avant tout assurer la sécurité.

M. Leray est d'avis que l'état des fenêtres de la voûte ne présente pas de danger grave à l'extérieur, les fragments ne pouvant, de ce côté, tomber que sur la terrasse du collatéral. Mais on peut tout craindre si les chutes se produisent à l'intérieur.

M. Léon demande si, dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'interdire la nef au public.

M. de Baudot dit qu'il faut soit fermer la nef pour établir un plancher de protection, soit réparer en installant un caisson à chaque fenêtre.

M. le maire croit que la fermeture de la nef soulèvera des protestations.

M. le préfet s'associe à cette observation.

M. de Baudot dit que la fermeture serait temporaire. Il ne faudra que quelques semaines pour monter le plancher de protection. Seulement, c'est là une grosse dépense. Or, l'extérieur du monument, dont il n'a pas encore été parlé, va exiger aussi des réparations dispendieuses. On ne pourra tout faire à la fois.

M. Paul Léon déclare de nouveau que la question d'argent ne doit pas être déterminante. La méthode la plus recommandable serait de procéder immédiatement aux travaux de sécurité (échafaudages, planchers, etc…) puis de dresser un devis général des restaurations qui s'imposent ; si elles excèdent les ressources du budget ordinaire des Monuments historiques, on demandera aux Chambres un crédit spécial.

M. le préfet et M. le maire appuient cet avis de principe, qui est adopté par la Commission, à l'unanimité.

M. Paul Léon demande aux architectes du monument s'ils disposent à Nantes d'un entrepreneur en état de monter rapidement des échafaudages à échelles sur une étendue aussi considérable.

M. Vincent répond qu'il faudra s'adresser à un spécialiste de Paris.

M. Léon avertit le maire de l'obligation où se trouvera l'administration de recourir à des entrepreneurs étrangers à la localité.

M. le maire dit qu'il s'inclinera devant la décision de l'administration des Beaux-arts.

Résumant la discussion, M. Paul Léon propose, en ce qui concerne l'intérieur de la cathédrale l'établissement à la naissance des voûtes de la nef haute, d'un plancher qui servira à la fois de protection contre les chutes de pierre et de moyen de vérification de l'état de la voûte. Quant aux fenêtres hautes du côté du nord, elles seraient réparées à l'aide de caissons. Ces propositions sont adoptées à l'unanimité.

La Commission passe alors à l'examen de l'extérieur.

M. de Baudot rappelle que, par suite de la mauvaise qualité de la pierre, tous les parements sont dégradés et s'écaillent ; il ne se passe guère de jour que quelque fragment ne se détache. Les arêtes des sculptures ont disparu. La partie basse de la tour nord a été réparée ; les sculptures en ont été refaites grâce au concours financier de l'évêque, mais on n'a pas encore restauré la partie haute. On a placé un plateau pour garantir les passants, on ne pourra l'enlever que le jour où cette réparation sera terminée. Sur la façade, on a restauré la balustrade entre tours, ainsi que la fenêtre haute.

A ce sujet M. Vincent déclare que la réfection de cette fenêtre entraînera un dépassement d'environ 12 000 Francs.

La Commission l'invite à présenter un devis complémentaire.

La Commission constate le mauvais état de la tour sud.

MM. Vincent et Leray rappellent que le 21 octobre 1913 une partie du fenestrage de la croisée latérale du beffroi de cette tour est tombée d'une hauteur de 45 mètres sur la Place Saint-Pierre ; les débris ont été projetés à plus de 20 mètres de distance horizontale. Le reste du fenestrage a été consolidé dès le lendemain, et on a ajouté un auvent de protection à la palissade déjà disposée au pied de la tour.

Après une discussion à laquelle prennent part MM. de Baudot, Selmersheim, [Paul] Boeswillwald, Magne et Léon, la Commission émet l'avis qu'il y a lieu de monter contre la tour un échafaudage de protection susceptible d'être utilisé plus tard pour les travaux, échafaudage qui serait demandé au même spécialiste que le plancher de la nef haute.

La Commission examine la façade extérieure sud.

M. Léon demande s'il ne serait pas prudent d'interdire le passage qui règne le long de cette façade.

M. le maire dit que ce passage n'est actuellement ouvert qu'aux ouvriers de la cathédrale. Il ne doit être livré au public que le jour où la Ville aura réalisé les opérations de voirie projetées de ce côté du monument.

M. Vincent déclare que la réfection, actuellement en cours, des arcs-boutants, de la corniche et des fenêtres sera terminée dans deux mois et que la circulation sera alors sans danger.

M. Selmersheim et M. Magne demandent si l'on réparera la partie basse des contreforts.

M. Vincent répond que la réfection ne porte que sur la partie haute des arcs-boutants à partir de la terrasse supérieure du collatéral.

M. de Baudot affirme que la partie basse ne présente aucun danger.

M. Selmersheim remarque qu'un des contreforts est fissuré, dans cette partie basse.

M. [Paul] Boeswillwald est d'avis que l'effort est terminé et qu'il n'y a pas de danger.

M. Paul Léon demande si la Commission est de cet avis.

M. de Baudot répète qu'il n'y a lieu à aucune crainte.

M. [Paul] Boeswillwald dit qu'il conviendra seulement de "sonner" la pierre pour faire tomber les parties écaillées.

La Commission, interrompant l'examen de la cathédrale, visite la Psalette située de ce côté du monument et entend les explications du maire sur les travaux que la Ville projette dans cet édifice.

La Commission rappelle que ces travaux devront faire l'objet d'un projet à soumettre à son examen. Les constructions parasitaires à supprimer ne devront être démolies que sous la surveillance du service des Monuments historiques.

La Commission, reprenant l'examen de la cathédrale, se rend à la façade nord. De ce côté, l'état est le même. La restauration des contreforts n'est pas encore commencée. Elle fait l'objet d'un devis de 106 000 Francs soumis en ce moment à l'examen de M. de Baudot. Les parements se désagrègent comme partout, Mais ici les fragments qui tombent continuellement sur le collatéral, et de là sur le sol, rejaillissent à travers la grille de clôture et risquent de blesser les passants.

La Commission est d'avis qu'il y a lieu d'interdire cette voie qui ne sert qu'aux piétons, et de la fermer par deux grilles depuis la tour nord jusqu'au transept.

M. le maire ne fait aucune objection.

La Commission ne croit pas à la nécessité d'autres mesures de protection en ce qui concerne cette tour, déjà munie, dans la partie basse, d'un auvent de protection et d'échafaudages. Sa remise en état entrera dans le devis général de restauration.

La visite de la cathédrale étant terminée, M. Paul Léon rappelle les avis qui ont été émis et qui se traduisent dans les propositions suivantes :

1° Établissement, à la naissance des voûtes de la nef haute, d'un plancher de protection et d'examen. Fermeture de la nef pendant le montage de ce plancher

2° Établissement de caissons pour la réparation des fenêtres nord de cette nef

3° Montage autour de la tour sud d'un échafaudage de protection qui servira plus tard aux travaux

4° Fermeture du passage des piétons situé le long de la façade nord, depuis la tour sud jusqu'au transept

5° Etude d'un devis général de restauration du monument.

M. le maire demande combien de temps le plancher de la nef haute restera en place.

M. de Baudot répond que le montage de cet appareil ne demandera que quelques semaines. Le montage de la voûte exigera environ six mois.

Les questions à examiner étant épuisées, la réunion prend fin à 6 heures ½.
15 mai 1914
Présidence de M. Jacquier, sous-secrétaire d'État. Membres présents : MM. de Baudot, président, [Paul] Boeswillwald, Berr de Turique, Bernier, Bonnier, Enlart, Hébrard de Villeneuve, Gonse, Lefèvre-Pontalis, Léon, Perdreau, Marcou, Magne, Pascal, Puthomme.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys et Louzier, adjoints à l'Inspection générale.
Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)
Lecture est donnée des procès-verbaux de la dernière séance et de la réunion tenue à la cathédrale de Nantes le 4 mai par la délégation de la Commission.

M. Léon demande à quelle hauteur on montera le plancher de protection de la nef, Sera-t-il nécessaire d'établir des caissons au niveau des fenêtres ?

M. de Baudot répond que la question n'a pas été envisagée par la délégation.

M. Selmersheim est d'avis de monter très haut le plancher et de placer des caissons en dessous.

M. de Baudot fait remarquer que l'installation de caissons deviendra inutile si l'on établit le plancher au niveau du triforiuM. Quelque combinaison qu'on adopte La dépense sera d'ailleurs sensiblement égale. Il est entendu que la question sera examinée par l'Inspecteur général et l'architecte.

M. Léon relève un dépassement de 12 000 Francs dans les prévisions de l'architecte pour la réfection de la fenêtre haute de la façade principale.

M. de Baudot répond que les travaux qui ont donné lieu à ce dépassement sont exécutés depuis longtemps.

M. Léon fait observer qu'il n'en a jamais été avisé.

Sur une question de M. le sous-secrétaire d'État, M. de Baudot déclare que le plancher de protection demeurera sans doute en place pendant six mois, mais la circulation restera libre en dessous. La nef ne sera fermée que durant quelques semaines pour le montage du plancher. Toutefois M. de Baudot n'entend pas répondre que trois semaines suffiront pour cette opération, ainsi qu'il semble résulter des termes du procès-verbal de la réunion du 4 mai. Lorsqu'il envisageait cette hypothèse, il ne connaissait pas la combinaison à laquelle s'arrêterait la Commission. Il ne peut garantir, non plus, de l'administration, que ce délai ne sera pas dépassé.

M. Léon est d'accord avec l'Inspecteur général pour laisser entrevoir un délai de quelques semaines pour le montage du plancher.

M. de Baudot remarque aussi que le procès-verbal ne fait allusion pour la tour sud qu'à un échafaudage de protection Or, s'il a tenu à ce que cet échafaudage pût être blindé pour parer aux chutes possibles. Il entendait le faire servir également aux travaux de réfection. Il ne songeait pas à un simple échafaudage léger.

M. Léon avait cru comprendre que l'échafaudage projeté ne demeurerait en place qu'un an, les travaux à entreprendre par la suite devant se poursuivre pendant plusieurs années.

M. Puthomme estime qu'on ne peut conserver aussi longtemps un simple échafaudage à échelles.

M. de Baudot ne trouverait pas raisonnable d'établir un échafaudage à une telle hauteur si on ne devait pas l'utiliser pour les travaux de restauration quitte à le renouveler plusieurs fois. On a procédé de la sorte à Angers, et on s'en est bien trouvé au point de vue de la dépense. Il ajoute que la Commission ne saurait ajourner plus longtemps la restauration de cette partie du monument, de quelque façon d'ailleurs qu'elle comprenne ce travail, à son avis, on ne pourra guère se dispenser de demander au Parlement un crédit spécial.

M. Léon ne partage pas cette opinion. S'il a envisagé au premier moment la nécessité de demander un crédit extraordinaire, c'est qu'il redoutait une dépense bien plus considérable que celle qu'on peut prévoir aujourd'hui à la suite des constatations faites sur place. Il semble que les travaux nécessaires ne doivent pas se monter à plus de trois ou quatre cent mille francs. Le budget des Monuments historiques peut assumer cette charge à raison de cent mille francs par an pendant trois ou quatre années. On pourra disposer pour la cathédrale de Nantes des 100 000 Francs qu'on affectait annuellement au Mont-Saint-Michel. Car la restauration de ce monument doit être considérée aujourd'hui comme achevée. M. Léon est d'accord au reste avec l'Inspecteur général pour admettre que l'échafaudage à monter contre la tour sud ne soit pas seulement destiné à garantir la sécurité quitte à examiner sous quelle forme il y aura lieu de le renouveler.

M. Jacquier demande si la nef est condamnée dès maintenant.

M. Léon répond qu'elle ne doit être fermée qu'au moment du montage du plancher.

Sur une nouvelle question de M. le sous-secrétaire d'État, M. de Baudot affirme que la cathédrale de Nantes ne doit pas inspirer plus d'inquiétude actuellement que beaucoup d'autres monuments du même genre.

M. [Paul] Boeswillwald est d'avis que l'accident mortel qui s'est produit à Nantes aurait pu se produire partout ailleurs. Il a été causé par la chute d'un fragment de moulure. Mais la voûte même n'avait pas bougé, non plus que les arêtiers.

M. Jacquier estime cependant que les circonstances imposent à l'administration un surcroît de précaution. Le préfet dans sa lettre signale des risques possibles d'accidents.

M. de Baudot répond qu'il était fixé bien avant la lettre du préfet sur l'état inquiétant de l'édifice. Il rappelle que lorsque les voûtes de la cathédrale d'Orléans se sont effondrées, on n'a pas fermé l'édifice. D'ailleurs la fermeture de la nef exigerait l'établissement de planches tout le long des bas-côtés et occasionnerait une dépense considérable. N'est-il pas préférable d'attendre le montage du plancher et de barrer alors le passage par des cordes ?

M. Gonse demande pourquoi l'on ne fermerait pas immédiatement la nef par de simples cordes.

Sur une question de M. Léon, M. de Baudot déclare qu'il a écrit à MM. Vincent et Leray pour les inviter à dresser sur le champ le devis des échafaudages de protection à placer.

M. Puthomme fait observer qu'un devis est inutile, puisqu'en fait il n'y a qu'un seul spécialiste auquel on puisse s'adresser pour ces installations. L'architecte n'a qu'à fournir une évaluation de la dépense ; le service préparera le marché à passer.

M. Jacquier insiste pour la fermeture immédiate de la cathédrale S'il survenait quelque accident, la responsabilité de la Commission serait plus gravement engagée encore après la visite à laquelle plusieurs de ses membres ont procédé.

Sur sa proposition la Commission décide que l'architecte sera invité à fermer dès maintenant la nef par une corde, à placer un écriteau interdisant la circulation et à faire procéder au montage du plancher sans devis préalable. Sous ces réserves elle ratifie les conclusions de la délégation qui s'est rendue à Nantes.

M. Puthomme demande si cette approbation comprend un dépassement de 18 000 Francs prévu pour l'achèvement de la remise en état des arcs-boutants.

M. de Baudot explique que ce dépassement est motivé par l'emploi dans la partie inférieure des arcs-boutants du ciment armé, admis déjà pour la réfection de la partie supérieure. Il a cru devoir engager l'architecte à démolir la partie basse des arcs et leurs moulurations vu leur état de délabrement, pour les remplacer par du ciment armé.

M. Puthomme fait remarquer que cette substitution n'était prévue dans le devis que pour les dalles du dessus, le château, mais non pour le revêtement même des arcs.

M. Magne fait des réserves sur l'opportunité d'une semblable mesure.

M. Selmersheim ainsi que M. Lefèvre-Pontalis critiquent en principe toute réfection de parties en pierre au moyen du ciment armé.

M. de Baudot répond que les arcs-boutants étaient complètement désagrégés et ne subsistaient qu'à l'état de masse informe. Etant donné les lourdes dépenses que l'administration aurait à assumer pour ce monument, il a cru devoir donner la préférence à la solution la plus rapide, la plus économique. L'emploi du ciment armé, admis déjà par la Commission pour la réfection des balustrades, se justifiait d'autant plus en l'espèce que la modification devait être peu visible, et qu'il n'était nullement question de refaire la sculpture au moyen de ciment armé, de restituer les arcs dans leur aspect primitif, Une restauration de ce genre n'eût été d'ailleurs qu'une oeuvre d'imagination, puisqu'il ne restait plus rien des parties sculptées et qu'on ne possédait pas d'indication précise sur les formes anciennes.

M. Magne demande qu'en tout cas la solution adoptée par son collègue soit envisagée non comme une solution de principe, mais comme une mesure exceptionnelle appliquée à un édifice d'importance secondaire. Telle est bien la pensée de M. de Baudot. Mais à son avis il est des cas où des moyens de fortune s'imposent.

La Commission est plutôt portée à faire un effort trop considérable dans des monuments qui n'ont, comme la cathédrale de Nantes, qu'un intérêt secondaire. Dans la restauration prochaine des arcs-boutants et des contreforts du côté nord va-t-on s'attacher à reconstituer toute une sculpture sans valeur ? M. Magne objecte qu'on a plaisir à regarder actuellement le bas de la tour nord, complètement restauré.

M. de Baudot répond que l'évêque a participé aux frais de cette restitution. Pour la tour sud d'ailleurs on ne possède plus d'éléments des parties sculptées. Sans doute la Commission est libre d'en refaire l'ornementation en s'inspirant de celle de la tour nord dont on a pris des estampages. Mais l'intérêt de cette décoration justifie-t-il une dépense qui sera certainement considérable ? La sculpture même de la tour nord est loin d'être à son gré un chef d'oeuvre.

M. Gonse estime que la Commission ne doit pas seulement se préoccuper des édifices qui constituent des modèles parfaits d'architecture ou de décoration. Elle ne saurait se désintéresser de monuments comme la cathédrale de Nantes qui malgré les défauts qu'on peut y relever, sont loin d'être sans valeur.

A ce propos, M. Léon met la Commission en garde contre une confusion qu'on fait souvent dans les questions de dépenses entre deux catégories d'édifices classés parfaitement distinctes au point de vue budgétaire, puisque leur entretien fait l'objet de deux chapitres séparés : d'une part les cathédrales et les autres monuments appartenant à l'État, très suffisamment dotés, d'autre part les édifices communaux dont le nombre s'accroît sans cesse par suite de classements nouveaux sans que les crédits qui leur sont affectés soient augmentés en proportion La situation de ces derniers édifices ne peut se comparer à celle des Monuments historiques appartenant à l'État dont le nombre ne s'accroît pas ou presque pas. Ce nombre est fixe pour les cathédrales qui pour la plupart sont d'ailleurs en parfait état, ayant été restaurés au cours du XIXe siècle. Quelques-unes seulement nécessitent encore de grands travaux, celles de la région de la Loire et la cathédrale de Meaux. L'achèvement de la restauration du Mont-Saint-Michel, en libérant chaque année un crédit considérable, permettra d'accomplir méthodiquement et sans peine l'effort qui reste à faire, Trois ou quatre années suffiront pour mener à bien la restauration de la cathédrale de Nantes, 7 ou 8 pour achever celle de la cathédrale d'Orléans. En 20 ou 25 ans, la Commission aura pu remettre en état les six ou sept édifices qui doivent retenir son attention.

Comme conclusion à ce débat, la Commission prie l'Inspecteur général d'inviter l'architecte à produire d'urgence les deux devis de travaux justifiant les dépassements signalés de 12 000 et de 18 000 Francs.

Donjon de Loches (Indre-et-Loire)

M. de Baudot rappelle qu'en 1913 la Commission a approuvé divers travaux de démolition dans les parties supérieures du donjon de Loches, et notamment la suppression des contreforts accolés à l'édifice. Lorsque ces travaux furent terminés, la Commission départementale et la Société archéologique de Loches réclamèrent le rétablissement des colonnes dont on n'avait conservé que quelques éléments dans le bas.

La Commission, tout en refusant en principe de s'engager dans cette voie, fit dresser un devis pour connaître la dépense que nécessiterait cette restitution, dépense qui fut estimée à 37 000 Francs. Elle déclare alors que ce travail ne pourrait être envisagé que grâce à une participation financière presque intégrale du département ; Le Conseil général, la Société archéologique parurent abandonner la question pendant deux ans.

Récemment ils demandaient à M. le sous-secrétaire d'État d'en reprendre l'examen. M. Jacquier se rendit à Loches, prit note des désirs des autorités locales sans d'ailleurs s'engager en aucune façon. Toutefois, ayant entendu dire que la restauration se ferait à moins de frais si l'on employait la pierre de Loches à la place de celle que l'architecte comptait utiliser, il demande à ce dernier un nouveau devis prévoyant cette substitution. L'évaluation de la dépense se trouva ramenée de ce fait à 21 000 Francs. Mais l'architecte se refuse à employer sans une expertise préalable cette pierre de Loches qu'il ne connaît pas et qui n'est pas celle qui fut employée dans la construction primitive.

M. Jacquier déclare que, lors de sa visite à Loches, il a pu constater que la silhouette du donjon avait été modifiée de façon fâcheuse par les démolitions opérées. Le fait est d'autant plus regrettable que les travaux ont été exécutés avec une rapidité extrême et sans que les autorités locales eussent été averties. N'aurait-on pas pu éviter cette destruction ou tout au moins procéder avec moins de précipitation ? Il demande à la Commission d'admettre le principe d'une restauration, en laissant à l'administration le soin de régler la question de la participation financière des assemblées locales.

M. de Baudot ne verrait pas d'inconvénient à laisser le donjon de Loches à l'état de ruine. L'aspect ne serait-il pas le même aujourd'hui si les contreforts, au lieu d'avoir été démolis, étaient tombés d'eux-mêmes ?

M. Jacquier ne le pense pas, les effets produits par l'usure du temps se corrigent naturellement, tandis que les démolitions opérées à Loches ont complètement défiguré l'édifice. D'autre part l'administration a négligé de consulter les représentants du département. Cette situation lui crée des obligations vis-à-vis des autorités locales.

M. Hébrard de Villeneuve s'étonne qu'une opération de ce genre ait pu s'exécuter sans l'assentiment des représentants du département. Si le classement confère à l'État un droit de tutelle sur les Monuments historiques, il ne supprime pas les droits des propriétaires. L'intervention arbitraire de l'administration est particulièrement abusive lorsque les travaux prescrits ont pour effet de dénaturer l'aspect d'un monument Dans le cas présent, la Commission doit montrer d'autant plus d'empressement à satisfaire aux désirs des autorités locales qu'elle a excédé ses droits. Dans l'avenir, elle devrait se faire une règle de n'entreprendre de travaux dans les édifices communaux ou départementaux qu'avec le consentement des administrations propriétaires.

M. de Baudot fait remarquer que les suppressions incriminées n'affectaient pas le monument même. Mais certains éléments accessoires. La règle, que M. Hébrard de Villeneuve propose d'imposer à l'administration, ne serait-elle pas gênante, s'il fallait, dans tous les cas, solliciter le consentement des assemblées locales, qu'il s'agisse de démolir un fenestrage ou de supprimer un meneau ?

M. Léon répond qu'en fait l'administration n'entreprend aucun travail dans les édifices non domaniaux sans en aviser les préfets.

M. Bernier ajoute, à l'appui des observations formulées par M. Hébrard de Villeneuve, que des considérations de sécurité publique ne sauraient dispenser l'administration de solliciter le consentement des administrations propriétaires. C'est aux autres, non à l'État, qu'incombe le soin de garantir la sécurité. L'administration a sans doute raison de signaler aux maires l'état critique d'un monument, mais elle n'est jamais tenue de prendre elle-même les mesures que comporte la situation.

M. Jacquier demande à la Commission d'accepter le principe sinon d'une restauration, tout au moins d'une remise en état des contreforts du donjon de Loches. La question de droit soulevée lui fait presque un devoir d'admettre cette solution.

La Commission accueille à l'unanimité cette proposition.

M. Lefèvre-Pontalis demande que les contreforts ne soient réédifiés que jusqu'à la hauteur qu'ils atteignaient lors de leur démolition. La restauration devra se faire à son avis en pierre tendre, en respectant les irrégularités constatées à cette époque dans la structure des contreforts.

Il est entendu que M. de Baudot arrêtera avec l'architecte le programme de cette restauration. Il soumettra un devis à la Commission. Le Conseil général devra, à son avis, prendre une large part à la dépense.

Maison, 92 rue Mirabeau, à Bourges (Cher)

M. [Paul] Boeswillwald signale une maison ancienne située 92 rue Mirabeau à Bourges et qui, contiguë à l'immeuble déjà classé du n°11 de la Place Gordaine, contribue à l'aspect pittoresque de cet angle de la rue Mirabeau. La toiture de cette maison a été atteinte par l'incendie qui a brûlé celle du bâtiment voisin, et il est à craindre que le propriétaire ne la reconstruise pas dans sa forme ancienne.

La Commission peut-elle classer un immeuble alors qu'il a été endommagé dans sa partie la plus intéressante et que le classement a précisément pour objet d'assurer la reconstitution de cette partie dans son premier aspect ? Telle est la question que se pose le rapporteur et à laquelle la Commission n'hésite pas à répondre affirmativement. Elle adopte le classement de la maison en question et approuve en principe une dépense de 3 255 Francs pour la réfection de sa charpente.

M. de Baudot demande seulement si l'on a des indications précises sur la disposition de la charpente à reproduire.

M. [Paul] Boeswillwald répond qu'on possède des photographies de l'aspect ancien. D'ailleurs la charpente n'a pas été entièrement détruite.

A ce propos, M. Bernier signale à la Commission une innovation très intéressante réalisée par la loi de finances du 13 juillet 1911. L'article 4 du décret de 1852 a donné des droits nouveaux aux préfets pour faire respecter les perspectives des Villes. Une première application en a été faite à la Place Beauvau par le préfet de la Seine, ce dernier enjoignit à un propriétaire qui construisait un immeuble en bordure de la Place de ne pas dépasser la hauteur des bâtiments primitifs qui s'élevaient sur le même emplacement. Le Conseil d'État a d'ailleurs annulé l'arrêté préfectoral, estimant que la perspective de la Place Beauvau n'offrait pas assez d'intérêt pour justifier une mesure de ce genre.

La Commission doit donc attacher une importance nouvelle aux décisions qu'elle prendra pour sauvegarder des édifices qui contribuent à l'aspect artistique d'une place ou d'une rue. Les préfets pourront s'autoriser du classement d'un seul immeuble lié à un ensemble monumental pour interdire toute modification dans la perspective générale ; et le Conseil d'État, tenant compte des décisions de la Commission, des dépenses que l'État aura pu faire, validera certainement les arrêtés préfectoraux. Ainsi par le jeu combiné de la procédure de classement et de la loi de 1911 l'administration pourra sauvegarder sans sacrifices financiers des perspectives pittoresques.

Cette question n'a pas échappé à M. Léon, qui s'est seulement demandé si l'article 118 de la loi de 1911 était applicable aux Villes qui en dehors de Paris ont accepté le décret de 1892 - Bourges est sans doute du nombre. Cet article impose en effet une servitude nouvelle que ne comportait pas le décret de 1852. L'administration des Beaux-arts a consulté à ce sujet le ministère de l'Intérieur qui n'a pas encore répondu.

Pour M. Hébrard de Villeneuve, la question n'est pas douteuse non seulement à l'égard des Villes qui sont soumises à l'ensemble du décret, mais encore à l'égard de celles qui en ont accepté l'article 4. Le régime de 1852 a été étendu à un certain nombre de Villes, tantôt dans son intégralité tantôt dans quelques unes seulement de ses modalités. Mais pour toutes celles qui ont accepté l'article 4 ancien, l'article 118 nouveau modifiant le précédent s'applique de plano. Si l'administration des Beaux-arts a quelque doute à cet égard, elle n'aurait qu'à solliciter du Conseil d'État un avis de principe.

M. Léon consultera très volontiers le Conseil d'État, la question a beaucoup d'intérêt pour les grandes Villes. Les préfets ignorent les droits nouveaux dont ils disposent et leur intervention s'exercera utilement dans bien des cas.

Église de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne)

M. l'architecte Louzier a produit un devis de 7 860 Francs prévoyant divers travaux à l'église de Brie-Comte-Robert : réfection de la corniche des premières travées du bas-côté nord, et réparation de la couverture du collatéral nord, dont une partie s'est effondrée récemment.

La participation offerte par la Commune paraissant insuffisante, la Commission décide de limiter actuellement les travaux à la partie effondrée de la toiture, pour laquelle une estimation de la dépense sera demandée à l'architecte.

Église de Bonneuil-en-Valois (Oise)

La Commission, sur le rapport de M. Selmersheim, approuve un devis de 15 892 Francs pour la remise en état des couvertures et des charpentes de l'église de Bonneuil.

Église de Corroy (Marne)

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, approuve une dépense de 2 542 Francs pour la réparation de l'éperon sud-ouest du clocher de Corroy dont une partie s'est effondrée dernièrement.

Église de Fouchères (Aube)

La Commission adopte un devis de 6 020 Francs relatif au dégagement de l'église de Fouchères dont la face sud-est englobée dans l'ancien prieuré transformé en ferme.

Église de Poissy (Seine-et-Oise)

M. l'architecte [Jean-Camille] Formigé a rectifié son précédent devis relatif aux réfections à entreprendre à l'église de Poissy. Des économies ont été réalisées dans les prévisions concernant la restauration de la fenêtre sud ; par contre, l'architecte a jugé nécessaire de réparer une gargouille et un pinacle ruinés dans la face nord.

La Commission adopte ce projet montant à 7 712 Francs.

Maison à Blévy (Eure-et-Loir)

M. Léon informe la Commission que l'administration a ouvert une instance de classement au sujet d'une maison du XVIe siècle sise à Blévy, sur le point d'être transformée.

La Commission, sur sa proposition, décide de classer d'office cet immeuble.

Fort de La Latte (Côtes du Nord)

M. Léon a été avisé de la vente du Fort de La Latte que son nouveau propriétaire aurait l'intention de faire restaurer.

La Commission estimant que le Fort de La Latte, très bien conservé, est un des modèles les plus remarquables de l'architecture militaire du Moyen Âge, vote le classement d'office de ce monument.

Maison de Châteaudun (Eure-et-Loir)

M. [Paul] Boeswillwald réclame une mesure analogue en faveur d'une maison de Châteaudun.

M. Léon répond que la Commission ne doit se préoccuper pour l'instant que des édifices privés les plus remarquables tels que les châteaux de Gosselin, de Châteaudun, dont il importe d'assurer tout d'abord la conservation. Les architectes ont été invités à arrêter à l'égard des monuments de ce genre une première série de propositions sur lesquelles la Commission devra se prononcer avant d'étendre à d'autres immeubles la servitude instituée par la loi de 1913.

Forum d'Arles (Bouches-du-Rhône)

La Commission, sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald, approuve une dépense de 14 100 Francs en vue du dégagement des substructions du forum romain d'Arles recouvertes par les bâtiments de l'ancien collège.

Hôtel Cujas à Bourges (Cher)

La Commission, à la demande de M. [Paul] Boeswillwald, adopte un projet de chauffage à vapeur pour le musée de l'Hôtel Cujas à Bourges. La dépense prévue s'élève à 13 268 Francs.

M. de Baudot formule toutefois certaines critiques sur ces aménagements modernes qui sont en désaccord avec l'architecture des monuments anciens et nécessitent le percement des murs, des planchers.

M. Léon, sans méconnaître les graves inconvénients que présentent de semblables installations, répond qu'il serait difficile de refuser l'autorisation demandée pour l'Hôtel Cujas, quand on l'a accordée pour plusieurs autres musées, en particulier pour le musée de Cluny.

M. [Paul] Boeswillwald fait remarquer qu'il s'était lui-même opposé à l'installation du chauffage central au Musée de Cluny. Il faisait valoir que l'Hôtel Cluny possédait d'admirables cheminées qu'on pouvait utiliser. Mais le sous-secrétaire d'État s'y est refusé par crainte des risques d'incendie.

Palais Jacques Coeur à Bourges (Cher)

La Commission donne son approbation, en principe, au programme général des restaurations à entreprendre au Palais Jacques Coeur à Bourges et dont la dépense, suivant les évaluations de M. l'architecte Roy, doit s'élever à 144 481 Francs Il est entendu toutefois que les assemblées locales devront participer pour moitié à cette dépense qui sera répartie sur quatre exercices.

La Commission adopte dès maintenant un chapitre de 22 583 Francs pour la réfection de la lucarne en pierre qui devra être entreprise au cours de la présente année ainsi qu'un chapitre de 39 625 Francs pour la remise en état d'une partie des toitures, qui sera exécuté également cette année, dans la limite des disponibilités budgétaires.

Sur une observation de M. Léon, M. [Paul] Boeswillwald déclare que les travaux projetés ne concernent pas la partie du palais affectée au service de la Cour d'Appel et qu'on ne peut faire appel par suite qu'au concours de la Ville et du département.

Salle capitulaire de Massay (Cher)

Sur la proposition de M. [Paul] Boeswillwald la Commission décide le classement d'office de la salle capitulaire de Massay dont les arcatures ont été dégagées récemment.

Église de Montagne (Gironde)

Sur le rapport de M. Magne, la Commission approuve un devis de 7 103 Francs pour la réfection de la pile droite du sanctuaire de l'église de Montagne.

Cathédrale de Montpellier (Hérault)

M. l'architecte Nodet a produit un devis de 11 275 Francs prévoyant l'établissement de couvertures en ciment armé sur les chapelles des bas-côtés de la cathédrale de Montpellier.

Ce projet est ajourné sur la proposition de l'architecte qui visitera prochainement l'édifice.

Église de Saint-Yrieix (Vienne)

La Commission, sur la proposition de M. Magne, approuve une dépense de 27 823 Francs pour divers travaux à entreprendre à l'église de Saint-Yrieix. Établissement d'un château en ciment armé et réfection des couvertures.

Église de Caudebec-en-Caux (Seine-Inférieure)

La Société des Amis de Caudebec s'est refusée à concourir à la consolidation de la flèche de l'église de Caudebec pour laquelle elle souhaiterait une restauration plus étendue.

La Commission sur l'avis de M. Génuys décide de s'en tenir au projet tel qu'il a été dressé et précédemment adopté.

Ancien Hôtel du Nord à Béthune (Pas-de-Calais)

La Commission approuve une dépense de 3 711 Francs pour l'étaiement de la façade classée de l'ancien Hôtel du Nord à Béthune, le reste de l'immeuble devant être démoli. L'architecte a prévu en même temps la reprise de la pile droite de la grande baie d'entrée.

Abbaye de Saint-Wandrille (Seine-Inférieure)

La Commission, sur la proposition de M. Génuys, décide d'autoriser le propriétaire de l'abbaye de Saint-Wandrille à terminer les travaux de consolidation du cloître qui avaient dû être interrompus par suite de l'opposition du locataire.

Il est entendu que les travaux qui s'exécuteront à l'avenir dans cet édifice devront être entrepris par l'architecte des Monuments historiques après une autorisation régulière.

Église d'Ainay-le-Vieil (Cher)

La Commission approuve une dépense de 9 813 Francs relative à divers travaux à entreprendre à l'église d'Ainay-le-Vieil.

Dispenses d'adjudication

La Commission donne un avis favorable aux dispenses d'adjudication demandées pour les travaux à exécuter à la cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir), aux églises de Triel-sur-Seine (Seine-et-Oise) et de Saint-Julien de Brioude (Haute-Loire).

22 mai 1914
Présidence de M. Jacquier, sous-secrétaire d'État. Membres présents : MM. Berr de Turique, Enlart, Gonse, Hébrard de Villeneuve, Lefèvre-Pontalis, Léon, Perdreau, Puthomme, Magne, Marcou, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Louzier et Nodet, adjoints à l'Inspection générale.
Cathédrale de Nantes (Loire-inférieure)

M. Gonse revient sur les critiques auxquelles a donné lieu dans la dernière séance la réfection en ciment armé des arcs-boutants de la face sud à la cathédrale de Nantes. Comme conclusion au débat qui s'est engagé à ce sujet, il voudrait que la Commission marquât son intention formelle de s'opposer dans l'avenir à l'emploi de ce procédé dans les parties apparentes en pierre.

Il demande tout au moins, ainsi que M. Lefèvre-Pontalis, que l'arc-boutant qui n'a pas encore été restauré à la cathédrale de Nantes ne soit pas refait suivant la même méthode.

La Commission émet également le voeu que le devis général qui sera dressé pour la remise en état de la cathédrale prévoie la restauration des arcs-boutants réduits en ciment armé.

Donjon de Loches (Indre-et-Loir)

Dans la précédente séance, la Commission s'est prononcée en faveur d'une restauration des contreforts du donjon de Loches.

M. Lefèvre-Pontalis ne voudrait pas que cette reconstruction fût trop largement comprise ; il craint l'effet pour la silhouette du donjon de vastes surfaces de pierre blanche.

Sur sa proposition, la Commission décide que de toute façon on ne touchera pas à celui des contreforts qui a le moins souffert, afin de conserver un témoin de l'état ancien.

M. Gonse revient sur les circonstances dans lesquelles s'est opérée la démolition des contreforts.

M. Léon déclare que les travaux ont été régulièrement autorisés avec une hâte peut-être excessive, mais qui s'explique par l'état critique du monument et les risques possibles d'accidents.

M. Hébrard de Villeneuve estime que l'administration est portée à s'exagérer son rôle en pareil cas, à substituer sa propre responsabilité à celle du propriétaire et surtout du maire qui doit prendre toutes les mesures que réclame la sécurité publique Pourquoi le service des Monuments historiques qui n'a que des conseils à donner aux autorités locales se croit-il tenu d'agir en leur lieu et place ?

Pour M. Léon la question n'est pas toujours simple à résoudre. Le service des Monuments historiques a seul en effet le droit de faire exécuter des travaux dans un édifice classé. Il lui est bien difficile dans ces conditions en cas de péril, de se retrancher derrière la responsabilité du maire.

M. Lefèvre-Pontalis fait observer que l'administration peut toujours se contenter de faire mettre des palissades autour des parties qui menacent ruine, afin d'examiner à loisir les travaux à entreprendre.

Abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris (Seine)

Le préfet de la Seine a demandé le classement de l'ancien palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés situé à l'angle de la rue de l'Abbaye et du passage de la Petite-Boucherie, ainsi que d'un immeuble contigu, situé au n°5 de la rue de l'Abbaye.

Le palais abbatial qui date de 1586 est un exemple intéressant de cette architecture en briques et en pierre qui caractérise les constructions du temps de Henri IV et de Louis XIII. La majesté de ses façades, que déparent seulement sur la rue de l'Abbaye quelques bâtiments parasitaires justifie pleinement, de l'avis de M. Selmersheim, la proposition du préfet. Le classement devra s'étendre au jardin en bordure du boulevard ainsi qu'à l'immeuble situé au n°5 dont la façade est traitée dans le style du palais abbatial, sans qu'on puisse affirmer que la construction date de la même époque.

La mesure proposée par le préfet n'aura pas seulement l'avantage d'assurer la conservation d'un ensemble intéressant, mais aussi d'empêcher que l'abside ne soit un jour masquée par des immeubles de rapport élevés sur cet emplacement.

M. Hébrard de Villeneuve désirerait que la Commission élucidât tout d'abord la question de propriété du palais abbatial sur laquelle la Commission n'a que des indications assez vagues. Le rapporteur a fait allusion à une Société immobilière qui aurait succédé à la Fabrique et qui aurait concédé les locaux à divers oeuvres d'assistance. Il importe de préciser la situation juridique de cette Société immobilière.

L'édifice est-il un ancien bien de Fabrique ? En ce cas la dévolution n'a pu en être faite que dans les conditions déterminées par la loi de séparation. Si l'immeuble était affecté au culte, il a du faire retour à la Ville, à défaut d'association cultuelle. S'il était affecté à des oeuvres de mutualité, il a du être attribué à des établissements de même nature. L'administration a intérêt à savoir si elle se trouve en présence d'un bien vacant et sans maître, car elle n'aurait en ce cas aucune indemnité à prévoir pour le classement.

M. Gonse croit qu'il y a eu confusion dans l'esprit du rapporteur entre les anciens biens de la Fabrique et ceux qui appartenaient en propre au curé Ce dernier possédait une fortune personnelle assez considérable. Il avait acquis un certain nombre d'immeubles entourant l'église afin d'assurer le dégagement de l'édifice. C'est très probablement à titre privé qu'il possédait le palais abbatial.

M. Selmersheim incline à croire que la Société a en effet succédé au curé dans la propriété de l'immeuble. En tout cas l'édifice ne serait pas un ancien bien de Fabrique.

Cette société immobilière vient justement de saisir l'administration d'une demande en autorisation de bâtir. Elle désirerait édifier sur l'emplacement actuel des maisons n°5 et 7 de la rue de l'Abbaye une construction atteignant la hauteur légale. Le préfet a renvoyé la Société devant l'administration des Beaux-arts en l'invitant à se pourvoir de l'autorisation ministérielle exigée par la loi pour toute construction d'immeuble adossé à un édifice classé.

M. Selmersheim est d'accord avec le préfet de la Seine pour repousser ce projet qui aggraverait considérablement la situation présente. La construction envisagée devant s'élever beaucoup plus haut que les maisons actuelles. Ne serait-ce pas une occasion de poursuivre avec le concours de la Ville l'expropriation des immeubles n°5 et 7 de la rue de l'Abbaye ?

M. Léon répond que cette opération, assurément très désirable, ne pourrait être envisagée qu'autant que la Ville en assurerait les frais. Pour le moment l'administration n'a qu'à refuser l'autorisation demandée ; elle peut même engager le préfet à faire application de l'article 118 de la loi de 1911 aux abords de l'église Saint-Germain-des-Prés et à interdire toute construction dépassant la hauteur des immeubles actuels.

De l'avis de M. Hébrard de Villeneuve, il y aurait intérêt à ce que la Commission formulât nettement son opinion sur cette question. Si dans la suite les décisions prises par le préfet faisaient l'objet de pourvois devant le Conseil d'État, la haute assemblée ne marquerait pas de tenir grand compte de l'avis de la Commission.

La Commission, à l'unanimité, se prononce en faveur du classement du palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés, de l'immeuble n°5 de la rue de l'Abbaye et du jardin. Elle rejette la demande présentée par la société immobilière et émet le voeu que le préfet s'oppose, en vertu de l'article 118, à toute surélévation des maisons avoisinant l'église.

Château Gaillard aux Andelys (Eure)

M. Ruprich-Robert a remanié le devis des travaux à entreprendre au Château Gaillard dans le sens indiqué par la Commission au cours de la séance du 7 novembre. La dépense prévue, qui s'élevait à 176 922 Francs dans le projet primitif, se trouve ramenée à 28 206 Francs. L'architecte s'est contenté d'envisager la consolidation au moyen de solins et de calages des parements de pierre menaçant ruine et la protection des murs dans leur partie supérieure par un simple rocaillage. Les travaux projetés se montent à 6 295 Francs pour l'enceinte extérieure, à 17 164 Francs pour la chemise du donjon, à 4 746 Francs pour les autres parties du donjon.

M. Gonse critique les travaux prévus qui ne sont pas conformes, à son avis, au programme arrêté par la délégation de la Commission, lors de sa visite du château Gaillard. Sans doute les membres de la délégation s'étaient prononcés catégoriquement contre l'emploi de la pierre blanche dans la consolidation du château ; ils avaient été frappés de l'aspect fâcheux de certaines restaurations exécutées en pierre de Saint-Leu, et avaient proposé l'emploi, tout au moins dans les parties essentielles d'une pierre s'accordant avec le ton général de l'édifice ; mais il était dans leur intention que les parties saines, et dont les parements sont encore debout, fussent reprises dans leurs soubassements. Il importe de lutter contre une désagrégation qui s'accentue chaque jour et qui a défiguré déjà certaines parties de l'édifice, complètement rongées. Le donjon surtout est un ouvrage remarquable qu'on ne doit pas laisser s'effriter ; les parements inférieurs doivent être refaits dans la mesure nécessaire.

M. Génuys fait observer que, si le devis de M. Ruprich-Robert ne répond pas aux désirs exprimés par la délégation lors de sa visite au château, il est conforme au programme plus restreint qu'il a soumis à la Commission en novembre dernier et qui a été approuvé par cette assemblée. Il est vrai que la délégation avait songé à l'emploi du grison dans les restaurations futures, mais le ton de cette pierre, pour être d'un effet moins choquant que la pierre de Saint-Leu, serait loin d'être satisfaisant pour l'aspect du château.

M. Génuys ajoute que les dégradations constatées par M. Gonse dans certaines parties de l'édifice ne sont pas l'oeuvre du temps, mais bien des habitants qui ne se sont pas gênés pour utiliser les pierres comme matériaux de construction. D'ailleurs, depuis la visite de la délégation, des travaux importants ont été exécutés pour remédier au délabrement des parties les plus atteintes et dont l'état avait frappé plus particulièrement les membres de la Commission.

M. Génuys est d'ailleurs opposé à l'idée d'une restauration plus étendue, telle que l'envisage M. Gonse. Celui-ci répond qu'il n'a pas eu connaissance des études successives auxquelles a donné lieu la consolidation du Château-Gaillard ; mais le devis présenté aujourd'hui s'écarte très sensiblement des résolutions prises par la délégation. Celle-ci avait voulu, sinon restaurer le donjon, du moins empêcher qu'il ne subît des détériorations plus graves, semblables à celles qu'on peut constater en plus d'un endroit de l'édifice. Elle se proposait de sauver les restes de parements encore intacts, d'en refaire les bases, tandis que l'opération projetée se réduit à un simple travail de consolidation.

De l'avis de M. Selmersheim la conservation du Château Gaillard pourrait être assurée dans des conditions satisfaisantes par un entretien constant. Malheureusement il est difficile de trouver des entrepreneurs disposés à se charger de ces menus travaux, qui devraient être exécutés en règle au moyen d'une équipe opérant dans toute la région.

M. Léon estime que la Commission, sans préjuger de la question soulevée par M. Gonse, peut approuver dès maintenant les travaux proposés qui paraissent nécessaires en tout état de cause. Elle ne s'interdira nullement d'envisager dans la suite une restauration plus étendue sur laquelle elle pourra se prononcer utilement, lorsque M. Gonse, après une nouvelle visite de l'édifice, pourra préciser ses critiques et ses propositions.

Sous le bénéfice de ses observations, la Commission approuve le devis de M. Ruprich-Robert.

M. Enlart signale les dégradations commises par les passants dans un souterrain insuffisamment surveillé.

La Commission, d'accord avec M. Génuys, propose la fermeture de ce souterrain.

Cathédrale de Beauvais (Oise)

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, approuve un devis de 27 250 Francs relatif à l'achèvement des terrasses en ciment armé surplombant les bas-côtés au choeur à la cathédrale de Beauvais.

Cathédrale de Bayonne (Basses-Pyrénées)

Sur le rapport de M. Louzier, la Commission approuve un devis de 17 479 Francs pour la réfection des couvertures de la nef et du choeur à la cathédrale de Bayonne.

Cathédrale de Paris (Seine)

Un ouragan a occasionné récemment un dégât assez sérieux au 5e arc-boutant de l'abside de l'église Notre-Dame. Le vent a renversé le sommet du grand pinacle dont les débris ont endommagé un clocheton inférieur, la balustrade et une gargouille.

La Commission approuve un devis de 14 096 Francs comportant la réfection en pierre de Brauvillers des parties détruites du pinacle, celle de la gargouille en roche de Saint-Maximin, et la réparation des sculptures.

Cathédrale de Langres (Haute-Marne)

M. l'architecte Nizet a remanié dans le sens indiqué par la Commission son projet de clôture pour le chevet de la cathédrale de Langres, en éliminant le dallage prévu dans son devis primitif à l'intérieur de la clôture.

La Commission approuve la dépense, réduite à 28 487 Francs.

Le Châtelet à Avignon (Vaucluse)

Conformément aux observations présentées par M. Berr de Turique, la Commission émet un avis favorable au classement d'office du Châtelet commandant l'accès du Pont Saint-Bénezet à Avignon.

Remparts d'Aigues-Mortes (Gard)

L'administration des Beaux-arts a réclamé en 1907 du sous-secrétariat d'État des Postes et Télégraphes l'enlèvement des fils électriques scellés dans les remparts d'Aigues-Mortes. Les services des Postes avaient paru disposés à donner satisfaction à la Commission des Monuments historiques à la condition que le budget des Beaux-arts supportât une partie de la dépense estimée à 39 000 Francs. L'affaire en était restée là.

M. Berr de Turique s'est rendu dernièrement à Algues Mortes, il a constaté que la situation n'avait pas changé ; toutefois le Directeur des Postes n'envisagerait plus aujourd'hui qu'une dépense de 8 000 Francs pour cette opération, la Commission des Monuments historiques veut-elle reprendre les négociations en offrant une participation de l'administration des Beaux-arts à la dépense prévue pour des travaux ?

Plusieurs membres font remarquer le caractère anormal d'une contribution du budget des Beaux-arts à une dépense ayant pour objet une situation contraire à la loi sur les Monuments historiques Le précédent serait fâcheux et exposerait l'administration à des sollicitations incessantes. Les services des Postes ne justifient en l'occurrence d'aucune autorisation formelle du ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts.

La Commission émet le voeu qu'ils soient invités à nouveau à enlever à leurs frais les fils irrégulièrement posés.

Cathédrale de Valence (Drôme)

La Commission s'était prononcée précédemment en faveur d'une entente amiable avec le propriétaire intéressé pour l'acquisition de l'immeuble Jouve-Laurent contigu à la cathédrale de Valence.

Les négociations n'ayant pu aboutir par suite des prétentions excessives au propriétaire et la Commission n'ayant pas paru favorable à l'idée d'une expropriation, M. Berr de Turique propose d'abandonner pour le moment ce projet d'achat.

M. Hébrard de Villeneuve fait remarquer que le service des Monuments historiques peut toujours provoquer un décret déclarant d'utilité publique l'expropriation de l'immeuble, quitte à n'en pas poursuivre ou à en retarder la réalisation. La seule menace d'une expropriation peut amener le propriétaire à se montrer moins exigeant. L'administration dispose en pareil cas pour l'exécution des travaux d'un délai de deux ans qui lui permet de prendre une décision en toute connaissance de cause.

M. Léon demande à la Commission d'émettre un vote de principe en faveur de cette opération, il se rendra compte sur place de la situation et la Commission se prononcera définitivement en toute connaissance de cause.

Plusieurs membres font alors observer que l'immeuble dont la Commission avait jugé la démolition nécessaire, comme masquant la vue de l'abside d'après les photographies des archives, a été en réalité démoli ; la seule maison qui reste debout n'offre qu'un intérêt très secondaire pour le dégagement de la cathédrale qui paraît suffisamment assuré.

Dans ces conditions la Commission se prononce pour l'ajournement de cette question.

Château de Gisors (Eure)

La Commission, sur le rapport de M. Génuys, approuve un nouveau devis de M. Ruprich-Robert pour la consolidation des ruines du château de Gisors.

Tenant compte des observations de la Commission l'architecte a réduit la dépense à 6 204 Francs.

Cathédrale d'Angers (Maine-et-Loire)

Sur la proposition de M. Magne, la Commission ajourne un projet dressé par M. Hardion en vue du dégagement de la cathédrale d'Angers et dont la dépense se monte à 9 871 Francs. Cette opération ne semble pas urgente.

Église de Corme-Royal (Charente-Inférieure)

La Commission approuve un devis de M. Ballu qui a pour objet de remédier à des dislocations dans les voûtes de l'église de Corme-Royal.

L'architecte a réduit la dépense à 11 863 Francs conformément aux instructions de M. Magne.

Cathédrale de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord)

Consultée par M. Berr de Turique sur l'acquisition éventuelle d'une des échoppes accolées à la cathédrale de Saint-Brieuc, la Commission se prononce contre la démolition de ces boutiques qui n'altèrent aucunement l'aspect de l'édifice.

Église de Bignay (Charente-Inférieure)

Le maire de Bignay a demandé à l'administration à quelle distance il est possible d'élever des constructions autour de l'église classée de cette commune.

M. Magne ne croit pas que le service des Monuments historiques puisse imposer une distance supérieure à celle qui est communément admise sous le nom de tour d'échelle et qui dans l'espèce serait environ de 2 mètres.

M. Hébrard de Villeneuve appuie les conclusions du rapporteur. Le Code civil non plus qu'aucune loi spéciale n'autorisent l'État à imposer autour des Monuments classés un isolement plus considérable. L'administration ne pourrait créer une semblable servitude que par une procédure d'expropriation et l'acquisition du terrain nécessaire.

Les conclusions du rapport sont adoptées.

Séminaire de Brou à Bourg-en-Bresse (Ain)

Le maire de Bourg a soumis à M. le sous-secrétaire d'État des Beaux-arts un projet comportant une répartition de l'ancien séminaire de Brou entre l'État et la Ville dans des conditions différentes de celles qui avaient été envisagées. L'État cèderait tout le petit séminaire à la Ville qui lui accorderait seulement la jouissance gratuite du rez-de-chaussée de la première cour.

M. Nodet ne voit aucune raison sérieuse de renoncer à la première combinaison envisagée par l'administration. Le projet du maire aurait par contre de graves inconvénients pour le service des Monuments historiques.

Il propose donc de maintenir à l'État la propriété de la première cour et de ses bâtiments ; l'État cèderait seulement à la Ville à des conditions à déterminer la jouissance de l'escalier et d'un accès aux pièces du 1er étage qui lui appartiendraient, en vertu de l'accord projeté.

La Commission se prononce en faveur de cette solution.

Hôtel du Roi de Pologne à Angers (Maine-et-Loire)

M. Perdreau informe la Commission de la vente prochaine d'un des bâtiments de l'Hôtel du Roi de Pologne. Cet Hôtel appartient en partie à la Ville en partie à une dame au nom de laquelle l'adjudication doit se poursuivre.

d'ouvrir une instance de classement au sujet de l'ensemble de l'édifice, cette mesure réservera à l'administration la faculté de poursuivre le classement d'office de l'immeuble mis en vente.

Église de Mervilliers (Eure-et-Loir)

M. Lefèvre-Pontalis a été avisé que la Commune de Mervilliers songeait à vendre à un antiquaire le portail sud de l'église de cette localité. Ce portail est orné d'un précieux tympan sculpté à personnages. Sur la proposition de M. Lefèvre-Pontalis la Commission décide d'ouvrir une instance en vue du classement de ce portail.

Cathédrale de Rodez (Aveyron)

Une discussion s'était engagée dernièrement à propos de l'enlèvement demandé par l'architecte d'une statue placée au sommet de la tour de la cathédrale de Rodez.

M. Gonse qui s'était déjà opposé à cette opération, a pu constater qu'une statue semblable couronnait déjà la tour en 1817. Donc, ou la sculpture qu'on voit aujourd'hui est ancienne, ou elle revêt tout au moins original, de toute façon il serait fâcheux de modifier sans raison péremptoire un état de choses ancien, d'autant que d'autres statues se dressent au faîte de la cathédrale et complètent une décoration d'ensemble.

Sur la proposition de M. Gonse, la Commission décide de ne pas autoriser l'enlèvement de cette statue, au moins sans un nouvel examen de la question.

19 juin 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Bernier, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Gonse, Guiffrey, Haraucourt, Hébrard de Villeneuve, Léon, Mâle, Marcou, Perdreau, Perrault-Dabot, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Girault, Génuys, Nodet.
Domaine de Saint-Cloud (Seine)

M. Girault soumet à la Commission les propositions de M. Louvet pour l'emploi du crédit de 45 000 Francs affecté en 1914 aux travaux de construction et de réfection dans le domaine de Saint-Cloud. L'architecte prévoit, jusqu'à concurrence d'une somme de 26 800 Francs, la continuation de la restauration du groupe dominant la Cascade. Il a repris les dispositions adoptées par son prédécesseur pour l'appareillage des assises, sous réserve de la substitution de la roche d'Euville à la roche fine de Chauvigny dont le ton un peu vif se patinerait trop lentement. 3 000 Francs seraient affectés comme d'habitude à la réfection d'égouts ; 9 000 à la restauration des murs de soutènement ; 3 200 à l'entretien des routes.

M. Selmersheim est d'accord avec l'architecte pour écarter la roche de Chauvigny d'un effet criard. Mais il voit des inconvénients à l'emploi de la pierre d'Euville qui ne donne pas d'arêtes assez vives. D'une façon générale d'ailleurs il estime que les restaurations doivent se faire, sinon avec les mêmes matériaux que ceux qui furent employés à l'origine, au moins avec des matériaux analogues.

M. Gonse s'associe à cette observation. Il remarque qu'on n'a pas employé au XVIIIe siècle la roche d'Euville. Pour conserver au monument son caractère primitif, il préférerait qu'on eût recours à celle de Saint-Maximin.

De l'avis de M. Génuys, l'Euville a tendance à verdir et à noircir.

Sans contester le bien fondé de ces observations, M. Girault répond que l'Euville de choix est fort employé dans la construction des tombes et se maintient bien.

Mais M. Génuys fait observer que les tombeaux font l'objet d'un entretien annuel.

M. de Baudot trouve que l'Euville a un caractère très puissant. Les critiques qu'on adresse à cette pierre ne lui paraissent pas décisives dans le cas présent, car il s'agit d'un groupe où l'arête ne joue qu'un rôle secondaire.

Toutefois la Commission, d'accord avec M. Girault, et sous réserve des objections que l'architecte pourrait faire, demande qu'on envisage l'emploi du Saint-Maximin ou de toute autre pierre de la région de l'Oise plus en rapport avec le caractère du monument.

Maison Beauvieux à Limoges (Haute-Vienne)

L'administration des Beaux-arts a ouvert une instance de classement au sujet de la Maison Beauvieux à Limoges, dont le rez-de-chaussée a conservé quelques vestiges intéressants datant du XIIIe siècle. Le maire proteste contre cette mesure, l'immeuble en question se trouvant actuellement frappé d'une servitude d'alignement par suite de l'approbation d'un projet de voirie qui a déjà reçu un commencement d'exécution. La Municipalité ne saurait à son avis sans de graves inconvénients abandonner une opération indispensable à l'assainissement et à la salubrité du lycée Gay-Lussac.

Dans ces conditions, M. de Martial, vice-président de la Société archéologique du Limousin, voudrait que l'État fît tout au moins démonter la partie ancienne de la façade pour la remonter contre un mur dans le musée municipal de l'ancien évêché.

M. Gonse demande s'il est trop tard pour s'opposer à la démolition de la Maison. Une fois transférée ailleurs, cette construction perdra beaucoup de son intérêt.

M. Bonnier répond qu'il n'est nullement impossible de rapporter le projet déjà approuvé. En fait une légère incurvation de la voie projetée permettrait de sauver l'immeuble. C'est grâce à une combinaison de ce genre que la Ville de Paris a pu éviter la destruction d'une maison du XVe siècle rue des Francs -Bourgeois. La courbe que M. Bonnier proposerait d'adopter ne compromettrait d'ailleurs en aucune façon l'assainissement du lycée qui se trouve à une assez grande distance.

M. Hébrard de Villeneuve déclare que le décret, qui a approuvé le projet de la municipalité, a été rendu sur l'avis conforme du Conseil d'État, Si la haute assemblée avait été avertie à ce moment de l'intérêt artistique que présentait un des immeubles visés par ce projet, elle eût certainement demandé qu'on étudiât une rectification de l'alignement.

Aujourd'hui encore rien ne s'oppose en droit à ce que la Commission accueille les suggestions de M. Bonnier. La maison Beauvieux a passé dans le domaine de la Ville en vertu du décret déclaratif de l'utilité publique ; mais cette circonstance ne fait nullement obstacle à ce qu'elle soit grevée d'une servitude de classement.

M. Léon objecte que cette servitude n'entraînera pas par elle-même l'abandon de l'expropriation engagée. Elle aura seulement pour effet de permettre au ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts de présenter des observations.

Quelle que doive être l'efficacité de son intervention, la Commission de l'avis de M. Gonse ne peut se dispenser de défendre les intérêts artistiques qui sont en jeu.

M. Bonnier ajoute que l'administration peut en tout cas montrer au préfet l'inanité des considérations de salubrité invoquées à l'encontre d'un remaniement au projet. Il n'est pas impossible d'ailleurs que le recul de l'alignement présente certains avantages pour la Ville même, en lui évitant l'acquisition d'immeubles actuellement englobés dans le projet et que le nouveau tracé respecterait. Mais cet avantage, ainsi que le remarque M. Bernier, serait compensé par la nécessité où se trouverait la Ville, d'envisager du côté opposé à l'immeuble classé, de nouvelles expropriations. En définitive l'économie du projet serait bouleversée.

M. Léon partage cette opinion. Il ne pense pas que l'administration puisse exiger une modification au tracé sans risquer un conflit avec la Ville de Limoges. La Maison Beauvieux offre-t-elle un intérêt suffisant pour qu'on passe outre à cette considération ?

Sur la proposition de M. Léon, la Commission prie M. Bonnier d'étudier un nouveau tracé sauvegardant l'immeuble, et qu'on pourrait soumettre officieusement à l'agrément du maire.

Hôtel du Roi de Pologne à Angers (Maine-et-Loire)

La Commission, émet un avis favorable au classement de deux immeubles d'Angers connus sous le nom d'Hôtel du Roi de Pologne.

Cloîtres de la cathédrale de Luçon (Vendée)

La Ville de Luçon a aliéné sans réserve d'aucune sorte les cloîtres de la cathédrale de Luçon. Pour obvier aux inconvénients qui pourraient résulter d'une destination préjudiciable à ces édifices, la Commission émet un avis favorable à leur classement.

Chapelle du Prytanée de La Flèche (Sarthe)

La Commission propose le classement du porche d'entrée et de la chapelle au Prytanée militaire de La Flèche.

Cathédrale de Coutances (Manche)

M. Mâlençon a réclamé l'acquisition et la démolition d'un immeuble accolé au porche sud de la Cathédrale de Coutances afin d'assurer le dégagement de cet édifice.

La Commission se prononce contre cette opération, la construction en question ne paraissant pas altérer le caractère du monument.

Maison de la Prévôté à Roche-en-Régnier (Haute-Loire)

Le Conseil municipal de La Roche en Régnier refuse de donner son adhésion au classement du porche de la maison de la Prévôté, à moins que l'État ne s'engage à en prendre l'entretien à sa charge exclusive.

La Commission, vu le mauvais état de la construction, décide d'en abandonner le classement, en réservant toutefois la clef de voûte, l'écusson, et la fausse gargouille du pilier.

Maison des Échevins à Billom (Puy-de-Dôme)

La Commission émet un avis favorable à un classement partiel de la maison des Échevins à Billom, datant des XVe et XVIe siècles. Cette mesure s'appliquerait à l'encadrement de pierre des ouvertures et à la partie décorative qui les complète.

Maison du Présidial à Saintes (Charente-Inférieure)

La Commission émet un avis favorable au classement de la façade du grand corps de logis de la maison du Présidial à Saintes, immeuble construit en 1605 et qu'il est question de vendre à des étrangers.

Cathédrale de Rouen (Seine-Inférieure)

M. Génuys soumet un devis de M. Chaine relatif à la reprise des parements extérieurs de la tour Saint-Romain, à la cathédrale de Rouen. Il propose toutefois de réduire la dépense de 52 779 Francs à 50 000 Francs, en éliminant un article du devis qui prévoit la démolition de constructions pittoresques adossées au nord et à l'est de la tour.

La Commission émet, à l'unanimité, le voeu que le devis ne soit approuvé que sous cette réserve.

Plusieurs membres demandant le classement de ces maisons afin de les soustraire plus sûrement à toute destruction, M. de Baudot répond que cette mesure est inutile, puisque la Commission a décidé expressément dans une séance antérieure qu'il n'y serait porté aucune atteinte. Leur conservation n'est nullement menacée par les travaux envisagés qui doivent s'exécuter dans des parties de la tour absolument indépendantes.

Sous le bénéfice de ces observations, les conclusions du rapporteur sont approuvées.

Église de Domeyrat

M. l'architecte Nodet a demandé l'autorisation de démolir en totalité ou en partie l'étage portant les cloches de l'église de Domeyrat, dont l'état de délabrement est dangereux pour la sécurité publique.

La Commission accueille cette proposition ; elle invite l'architecte à étudier un projet de campanile plus simple que celui qui avait été précédemment examiné et repoussé par la Commission.

Château comtal à Carcassonne (Aude)

M. Berr de Turique informe la Commission que le ministère de la Guerre a fait construire une nouvelle caserne à Carcassonne et que dès que les travaux seront achevés le Château comtal sera évacué par l'autorité militaire.

Le rapporteur ajoute qu'une fois abandonné par les services de la Guerre le bâtiment fera retour à la Ville de Carcassonne, car il rentre dans la catégorie des édifices visés par l'ordonnance de 1818. Pour étendre à cette construction les droits de propriété qu'elle possède sur l'ensemble des remparts de la Cité, l'administration des Beaux-arts se trouve donc obligée d'entrer en négociations avec la municipalité. Il importerait toutefois, étant donné les charges qu'imposera la remise en état du Château comtal, que ce résultat fût obtenu à titre gratuit.

C'est en ce sens que la Commission prie le rapporteur d'engager des pourparlers avec la Municipalité de Carcassonne et avec la Commission de la Cité.

Église de la Sorbonne à Paris (Seine)

La Commission approuve un devis de 13 226 Francs relatif à la restauration du campanile couronnant le dôme de l'église de la Sorbonne.

Hôtel de Mauroy à Troyes (Aube)

La Commission approuve un devis de 10 373 Francs relatif à la réfection des toitures dans le bâtiment en bordure de la rue de la Trinité, ainsi qu'à la restauration de la façade sur cour.

Église Saint-Pierre à Auxerre (Yonne)

La Commission approuve une dépense de 26 813 Francs pour la remise en état des toitures à l'église Saint-Pierre d'Auxerre.

Église Saint-Sauveur à Caen (Calvados)

La Commission émet un avis favorable à l'autorisation demandée par le curé de Saint-Sauveur à Caen de faire procéder à la refonte des cloches de l'église.

Ancien séminaire du Mans (Sarthe)

La Commission, conformément aux conclusions de M. de Baudot, propose le classement des parties suivantes dans l'ancien séminaire du Mans : escalier central, salle des Piliers, bibliothèque, fronton du bâtiment central, réfectoire, escalier avec rampe en fer forgé du XVIIIe siècle, salle de conférences, oratoire.

M. Hébrard de Villeneuve signale l'intérêt qu'il y aurait à ce que tout classement partiel d'édifice fît l'objet d'un plan délimitant exactement les parties classées et ne laissant place à aucune incertitude sur l'étendue du classement. Le plan serait visé dans l'arrêté même. Le Conseil d'État a pu constater plus d'une fois que les arrêtés de classements qui lui étaient transmis portaient des mentions insuffisamment précises.

Sans contester l'intérêt de cette observation, M. Selmersheim estime que, dans certains cas et notamment dans les classements partiels d'églises, il serait difficile de déterminer avec une rigueur absolue l'étendue des parties classées.

Château de Nantes (Loire-inférieure)

La Commission accueille favorablement une demande de M. l'architecte Paquet qui sollicite l'autorisation de faire abattre quelques arbres masquant la rue du Château de Nantes, l'architecte soumettra d'ailleurs des propositions précises.

M. Gonse exprime le désir que cette opération ne soit pas comprise de façon trop large.

Église Saint-Ouen à Rouen (Seine-Inférieure)

M. l'architecte Lefort a modifié conformément à l'avis émis par la Commission son projet relatif à l'établissement de grillages de protection aux fenêtres de l'église Saint-Ouen, à Rouen.

La Commission approuve ses nouvelles propositions qui comportent la fixation des armatures sur les ferrures même des vitraux évitant ainsi de nouveaux scellements dans les meneaux de pierre.

Hôtel Pourtalès à Paris (Seine)

MM. Selmersheim et Bonnier signale l'intérêt qu'il y aurait à classer la façade de l'Hôtel Pourtalès situé à Paris, rue Tronchet.

M. Bonnier croit savoir que les propriétaires actuels sont disposés à donner leur consentement à cette mesure.

M. de Baudot objecte que la Commission s'abstient en général de classer des édifices d'une époque trop rapprochée, afin d'éviter des discussions possibles. Il craint que ce classement ne constitue un précédent fâcheux.

Sans contester d'une façon générale l'utilité de la règle que la Commission s'est imposée, M. Léon répond qu'il est des cas où des dérogations paraissent justifiées. On pourrait d'ailleurs citer déjà plus d'une exception.

M. Bonnier ajoute que quelque opinion qu'on ait du style de cet immeuble il est caractéristique d'une époque et justifie par cela même la mesure proposée.

La Commission émet un avis favorable au classement de l'Hôtel.

Cathédrale de Sées (Orne)

La Commission, sur le rapport de M. de Baudot, approuve sur l'exercice 1914 une dépense de 34 900 Francs pour la continuation de la restauration de la cathédrale de Sées. Les travaux prévus pour l'année présente comportent reconstruction de la 4e travée du bas-côté nord et la reprise de la partie extérieure du 4e contrefort nord.

Cathédrale d'Albi (Tarn)

La Commission approuve un devis de 10 451 Francs prévoyant divers travaux relatifs à la cathédrale d'Albi. Le devis prévoit diverses reprises dans les parties inférieures de la grosse tour et des deux grandes tourelles d'angle de la nef, ainsi que les travaux d'aménagement et de propreté aux abords de la tour.

Château de Vincennes (Seine)

La Commission approuve un devis de 16 173 Francs prévoyant des reprises en pierre dans le bâtiment de la Reine au Château de Vincennes.

Maison Raoul Sarcel à Fougères (Ille-etVilaine)

La Commission émet un avis favorable au classement de la Maison Raoul Sarcel à Fougères et du porche attenant ces constructions adossées aux remparts de la Ville.

3 juillet 1914
Présidence de M. Dalimier, sous-secrétaire d'État. Membres présents : MM. de Baudot, président, Berr de Turique, Bernier, [Paul] Boeswillwald, Bonnier, Girault, Haraucourt, Hébrard de Villeneuve, Laloux, Léon, Lefèvre-Pontalis, Magne, Mâle, Marcou, Nénot, de Nolhac, Pascal, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Louzier, Nodet, adjoints à l'Inspection générale.
Palais de Versailles (Seine-et-Oise)

Dans sa séance du 6 février dernier la Commission a affecté une première annuité de 50 000 Francs à la restauration de la vieille aile Louis XIII au château de Versailles.

M. Girault présente le projet que M. Chaussemiche a dressé en vue de cette restauration, en se conformant aux désirs exprimés par le service de la conservation pour l'utilisation des salles et des galeries futures du bâtiment. L'architecte devait prévoir l'aménagement des Globes de Coronelli actuellement à la bibliothèque nationale, l'exposition de 8 tapisseries des Gobelins appartenant à la série de l'Histoire du Roi ; enfin quelques salles de musée réservées à la peinture moderne. Tenant compte des exigences de ce programme aussi bien que de l'état de délabrement de la façade donnant sur la Cour des Princes. M. Chaussemiche propose de reconstruire celle-ci à l'alignement du pavillon Dufour en adoptant une ordonnance analogue à celle de l'aile Mansart au fond de la même cour. Ainsi compris le projet de l'architecte ménagerait au rez de chaussée une vaste salle pouvant contenir les Globes de Coronelli, au premier étage une pièce de même dimension, conçue de telle sorte que les 8 tapisseries à exposer puissent s'encastrer dans les panneaux entre les fenêtres et les portes. A la partie supérieure un plafond vitré éclairerait largement cette galerie. Deux salles, l'une au rez de chaussée, l'autre au premier étage, pourraient être affectées à l'exposition de peintures modernes.

M. Girault propose l'approbation de ce projet dont aucun élément à l'extérieur ne lui paraît troubler l'ordonnance générale du château, tandis que les aménagements intérieurs sont sobres de belles proportions.

Quelque séduisant que soit ce projet, M. de Baudot, fait observer qu'il entraîne une reconstruction à neuf, ne tenant aucun compte des dispositions anciennes. N'est-il pas regrettable à seule fin d'abriter des Globes et des tapisseries de faire disparaître un monument appartenant à un style dont les spécimens sont fort rares.

M. Girault répond que la façade de la Cour des Princes dans son aspect actuel n'a pas grand intérêt. Elle a été recouverte d'un enduit sous Louis-Philippe. Pour apprécier le caractère artistique qu'elle peut présenter, il faudrait enlever ce revêtement.

Pour M. Léon, la Commission se trouve en face de deux solutions la restauration de la façade dans son aspect ancien, ou l'adoption d'un projet répondant aux désirs du service de la conservation et comportant la suppression du pignon, la mise à l'alignement. M. Chaussemiche a dressé un projet conforme au programme qui lui était tracé par la direction des Musées et tenant compte de certaines nécessités d'éclairage. M. Léon croit savoir qu'à l'heure actuelle M. de Nolhac envisagerait une solution différente de celle qu'il avait indiquée tout d'abord ; il songerait à un autre emplacement pour l'exposition des tapisseries Tout en regrettant que ces propositions n'aient pas été formulées plus tôt. M. Léon sera heureux que toutes les opinions puissent se produire.

M. de Nolhac répond qu'il a eu connaissance il y a deux jours seulement du projet de M. Chaussemiche. Tout en appréciant les avantages de ce projet, notamment la belle salle qui serait mise à la disposition de la conservation, il y voit de graves inconvénients. Tout d'abord il n'a jamais demandé le déplacement de la façade. Si même cette solution paraît plus satisfaisante au point de vue esthétique, il pense que le plan actuel du château doit être maintenu dans ses inachèvements et dans ses imperfections. Sans doute il a exprimé le désir que l'on pût installer les tapisseries et les Globes dans le bâtiment restauré mais il n'entendait pas que cet aménagement entraînât une modification dans l'alignement. Les données du problème n'ont pas permis à l'architecte d'envisager une reconstruction dans des limites aussi restreintes. Dans ces conditions il préfèrerait pour sa part toute autre solution sauvegardant l'état actuel intéressant au point de vue historique, sinon artistique. Il est à remarquer d'ailleurs qu'en dehors de la grande salle décorative destinée à recevoir les tapisseries, le projet de M. Chaussemiche ne réserve pas à la direction des Musées les vastes locaux dont elle a besoin. Des deux pièces qui seraient affectées à l'exposition de peintures modernes, l'une, celle du rez de chaussée paraît inutilisable. Ne vaudrait-il pas mieux dans ces conditions aménager exclusivement en salles de musée le bâtiment à restaurer, quitte à trouver un autre emplacement pour les Globes et les tapisseries ? La Commission des Monuments historiques va disposer de crédits importants pour le château de Versailles. Pourquoi ne porterait elle pas son effort sur une autre partie du château, la grande aile Gabriel, vide aujourd'hui et dans laquelle on avait projeté à l'époque de percer un grand escalier dont le besoin se fait toujours sentir ? Cette question avait été déjà envisagée ; elle avait fait l'objet de la part du prédécesseur de M. Chaussemiche d'une étude préparatoire. Sans doute pourrait-on retrouver le projet Gabriel. M. de Nolhac insiste sur les avantages d'un aménagement de ce genre qui mettrait à la disposition de la conservation de grandes pièces. Elle pourrait exposer à l'aise les Globes et les tapisseries, et ouvrir de nouvelles salles de musée. Il ne provoquerait d'autre part aucune critique au point de vue historique.

M. Léon objecte la dépense qu'entraînerait une semblable entreprise ; les frais dépasseraient sensiblement le montant des crédits mis à la disposition de l'administration. Revenant au projet de M. Chaussemiche, il insiste sur ce fait qu'il n'a été demandé à l'architecte que pour satisfaire aux demandes de la conservation, pour trouver un emplacement aux Globes et aux tapisseries. En l'adoptant, la Commission se fût départie dans une certaine mesure des règles qu'elle s'impose en général et qui reposent sur le respect des monuments dans leurs dispositions actuelles. Elle est donc acquise d'avance à l'idée d'une restauration qui respecte l'ordonnance ancienne.

M. Girault estime que dans ces conditions deux programmes distincts s'imposent à la Commission : l'affectation aux services du musée du bâtiment sur la Cour des Princes et l'utilisation de l'aile Gabriel pour l'exposition des Globes et des tapisseries. Il tient seulement à faire remarquer que les planchers de la partie de l'aile Louis XIII à restaurer ne coïncideront pas à la hauteur du 1er étage avec ceux des pièces contiguës.

Sur une question de M. Selmersheim, il déclare qu'il y a une différence de niveau de 5 à 6 marches.

M. de Nolhac répond que cet inconvénient n'est pas capital. Sans contester l'intérêt qui s'attache au respect de l'ordonnance du château, M. Haraucourt souhaiterait cependant qu'on ne perdît pas de vue l'installation des tapisseries qui est très désirable.

M. Nénot de son côté ne fait pas d'objection au maintien des dispositions actuelles. Il voudrait cependant qu'on réalisât la mise à l'alignement proposée afin de masquer le pignon en retour qui est d'un effet choquant.

La Commission lors de sa visite à Versailles, avait paru en réclamer la suppression. D'ailleurs la mise à l'alignement était prévue dans la restauration ancienne de cette partie du château.

Tel n'est pas l'avis de M. Léon. Si l'on fait prédominer l'intérêt qui s'attache au maintien du monument dans son état actuel, aucune considération d'ordre esthétique ne peut justifier une dérogation à ce principe. Il ne voit pas plus de raison pour masquer le pignon en retour que pour avancer la façade.

M. Girault fait cependant remarquer que celle-ci n'est dans son aspect actuel qu'un mauvais replâtrage, sans doute moderne. Quant au bâtiment même, il était destiné à disparaître le jour où l'on aurait construit de ce côté l'aile Gabriel ; les arrachements encore visibles montrent que le plan de l'architecte devait être achevé. Le manque de fonds sous Louis-Philippe a seul empêché la réalisation de cette conception. Sinon le château présenterait une aile Gabriel sur la Cour des Princes comme sur la Cour royale. N'est-il pas légitime dans ces conditions d'exécuter le projet de M. Chaussemiche qui respecte l'ordonnance de la façade sur la cour d'honneur et répète sur la Cour des Princes celle de Mansart ?

M. de Nolhac ne le pense pas. Car à sa connaissance il n'a jamais été question de construire de ce côté un bâtiment dans le style de Mansart.

M. de Baudot voit également des inconvénients sérieux à l'exécution du projet de M. Chaussemiche. Le plan de l'architecte prévoit des jours vitrés. Les édifices du temps ne comportaient pas de plafonds vitrés qui sont en opposition absolue avec la technique de l'architecture Louis XIII. Pourquoi se préoccuper aussi de masquer le pignon en retour ? M. de Baudot rappelle que dans sa restauration de Blois il a laissé en place un pignon semblable.

La Commission n'a pas, à son avis, à accommoder les édifices à des besoins d'esthétique Il conclut au maintien des dispositions actuelles, d'autant plus désirable à son gré que nous possédons très peu de constructions de style Louis XIII.

M. Bernier observe que d'une façon générale les monuments anciens ne devraient être aménagés en musées que dans la mesure où leur architecture se prête à cette destination. Il faut envisager la construction de musées spéciaux.

M. Girault ajoute que le service de la conservation ne doit pas se faire d'illusions à cet égard. Il ne pourra disposer dans cette salle que de pièces de dimensions très restreintes.

M. Léon donne lecture de la lettre dans laquelle la direction des Musées faisait part à l'administration de son désir que la restauration fût comprise de façon à permettre l'exposition des Globes et des tapisseries et l'ouverture de salles nouvelles Si l'on ne cherche pas avant tout à satisfaire aux demandes du service affectataire, il n'y a aucune raison de remanier le bâtiment. L'architecte en respectera l'ordonnance, et les conservateurs lui donneront telle affectation qui paraîtra compatible avec les dispositions même de l'édifice.

M. Dalimier estime qu'après les observations échangées, le problème se pose de la façon suivante : la Commission entend-elle maintenir la façade actuelle ou se reconnaît-elle le droit de la modifier. Dans ce cas, mais dans ce cas seulement, elle pourra aborder la discussion du projet de l'architecte.

M. Girault demande cependant si l'opinion de la Commission ne pourrait être influencée par ce fait que les salles du bâtiment à restaurer seraient reconnues inutilisables. Plusieurs membres répondent que cette circonstance ne pourrait faire revenir la Commission sur sa décision.

Mais si l'on constatait que la façade date bien du temps de Louis-Philippe, la Commission referait-elle du Louis-Philippe, demande M. Nénot ? Ne vaudrait-il pas mieux en ce cas reproduire l'ordonnance de la Cour d'Honneur ?

M. de Baudot répond que la Commission n'a d'autre rôle que de conserver les dispositions existantes.

M. Nénot exprime le désir qu'on procède tout au moins à des sondages, qu'on fasse tomber le revêtement qui couvre le mur. Il est possible qu'on retrouve dessous la véritable façade Louis XIII.

M. Génuys montre sur les photographies de cette partie du monument toute une travée de style Mansart engagé dans cette Ville.

Par 13 voix contre 3, la Commission tout en rendant hommage au talent dont l'architecte a fait preuve dans l'établissement de ses plans, écarte son projet de restauration ainsi que le programme de la conservation pour l'utilisation du bâtiment sur la Cour des Princes ; elle émet le voeu qu'aucune modification ne soit apportée ni à l'extérieur ni à l'intérieur aux dispositions actuelles du bâtiment. Il est entendu d'ailleurs qu'au cas où l'enlèvement du crépi ferait apparaître la construction primitive, celle-ci servirait de modèle dans la restauration à entreprendre.

Maison Beauvieux à Limoges (Haute-Vienne)

M. Dalimier a reçu la visite de M. Bethoule, député, maire de Limoges. Celui-ci lui a rappelé que la Maison Beauvieux était dès aujourd'hui propriété de la Ville. Le tribunal qui a prononcé l'expropriation a fixé deux indemnités : l'une représentant le prix de l'immeuble, l'autre constituant une indemnité complémentaire qui doit être versée au cas où l'instance de classement serait suivie d'effet. Le classement de l'immeuble imposerait donc un supplément de frais pour la Ville. Il nécessiterait en outre une rectification de tracé à laquelle la Ville ne veut consentir à aucun prix.

M. Hébrard de Villeneuve pense également qu'on ne peut donner suite à la proposition de classement sans se heurter à des difficultés pratiques très sérieuses. La modification de tracé envisagée bouleverserait toute l'économie de l'opération de voirie. La Ville devrait rendre à certains propriétaires la disposition d'immeubles dont elle a pris déjà possession, elle devrait en exproprier d'autres. Il est bien tard pour songer à de semblables expédients, Ce qui est regrettable c'est que le Conseil d'État n'ait pas été averti lors de l'instruction du projet des intérêts artistiques qui étaient en cause et qui auraient pu à ce moment être sauvegardés assez aisément. Pour éviter à l'avenir des malentendus aussi fâcheux, il se propose de faire communiquer les projets de voirie soumis à la Haute Assemblée par les municipalités.

M. [Paul] Boeswillwald souhaiterait que la Commission fût consultée sur tous les projets d'alignements intéressant les vieilles Villes.

M. Léon répond que des instructions seront données à cet égard aux préfets.

Dans le cas présent et à la demande de M. Léon, la Commission décide de communiquer à la Municipalité de Limoges le rapport de M. Bonnier. Sans exiger toutefois de façon impérative le maintien de l'immeuble. Au cas où la démolition de la maison ne pourrait être évitée, on remonterait contre un mur du musée municipal et aux frais de la Ville une des baies du rez-de-chaussée ainsi qu'une arcade géminée du 1er étage.

Inventaire des monuments

M. Léon rappelle que la loi du 31 décembre 1913 a prescrit dans un délai de 3 ans l'établissement d'une Liste des monuments qui, sans justifier un classement immédiat, ne pourront être modifiés sans que l'administration ait été avisée à l'avance des intentions du propriétaire Cette Liste mettra à la disposition du service des Monuments historiques un inventaire général des édifices artistiques dont la nécessité se fait sentir depuis longtemps.

Le Parlement n'a pas prévu pour ce travail de crédit spécial, mais il a été entendu qu'il y serait pourvu provisoiremnet sur les crédits généraux du budget des Monuments historiques.

M. Léon se propose donc de confier dès maintenant des missions à des archéologues qui seraient chargés de visiter certaines régions, il demande à MM. Lefèvre-Pontalis, Gonse, Mâle, et Enlart de vouloir bien se constituer en comité pour procéder à un examen préalable des propositions d'inscription. Les premiers renseignements réunis pourraient être communiqués dès la rentrée à la Commission qui arrêterait en même temps une méthode de travail définitive.

Sur une question de M. de Baudot, M. Léon annonce son intention de ne pas recourir à la bonne volonté des architectes ordinaires déjà très occupés. L'administration peut d'ailleurs compter sur des concours multiples Les bibliothécaires des Villes sont certainement en mesure de lui fournir de nombreux renseignements auxquels s'ajouteront les indications données par les correspondants locaux des sociétés archéologiques.

M. de Baudot se demande si les renseignements ainsi obtenus auront une valeur et une précision suffisantes. Ne conviendrait-il pas de les compléter par des monuments techniques, par des plans et des coupes que seuls des architectes de métier peuvent fournir. Sinon la Commission risque de se trouver débordée par la masse d'informations qui lui parviendra et dépourvue de moyens de contrôle sérieux.

M. Léon répond que cette méthode entraînerait des lenteurs, des complications, qu'elle n'aboutirait pas au résultat immédiat que le législateur a voulu obtenir. C'est parce qu'on a voulu faire oeuvre trop savante que les essais tentés jusqu'ici, tels que l'inventaire de Chennevières, ont avorté.

M. [Paul] Boeswillwald estime d'ailleurs que dans un travail de ce genre on peut se contenter d'un signalement sommaire des édifices, ne portant que les mentions indispensables.

M. Hébrard de Villeneuve demande si l'inventaire prévu par la loi peut comprendre non seulement des immeubles particuliers mais encore des monuments publics.

M. Léon répond que la loi ne fait pas de distinction entre les deux catégories d'édifices, mais en pratique il s'agit surtout des immeubles privés qui sont plus particulièrement menacés. La plupart des monuments publics sont sauvegardés dès maintenant.

M. Haraucourt fait toutefois remarquer que beaucoup d'églises, dont la Commission a hésité à proposer le classement, sont intéressantes par les souvenirs historiques qui s'y rattachent.

M. Génuys désirerait que les inspecteurs généraux et les architectes du service fussent invités à communiquer les renseignements qu'ils pourraient posséder.

Telle est bien la pensée de M. Léon qui se propose d'ailleurs, lorsque les renseignements nécessaires auront été recueillis, de les soumettre à l'examen des architectes et des inspecteurs.

Sur une observation de M. de Baudot, il déclare également que des missions seront confiées tantôt à des archéologues de province, tantôt à certains jeunes gens qui se sont présentés au concours pour l'emploi d'architecte en chef des Monuments historiques. Il tient seulement à ce qu'elles soient très nettement définies dans leur objet afin d'éviter tout malentendu et toute perte de temps.

Église Saint-Étienne à Toul (Meurthe-et-Moselle)

La Commission a précédemment émis un avis favorable à l'apposition dans l'église Saint-Étienne, à Toul, d'une plaque commémorative du Colonel Hepburn, mort au service de la France. Elle approuve le projet d'inscription qui lui est soumis, à l'exclusion toutefois de l'encadrement décoratif qui devra être retranché.

Église Saint-Eustache à Paris (Seine)

Une gargouille en pierre s'étant détachée dernièrement de l'église Saint-Eustache, le préfet de la Seine propose de munir chacune des 57 gargouilles de l'église d'une armature métallique destinée à empêcher non les ruptures, mais la chute des matériaux sur la voie publique. Cette opération entraînerait une dépense de 68 220 Francs.

Sur la proposition de M. Selmersheim, la Commission demande l'étude d'un projet plus restreint. Il paraît inutile en effet d'étendre la mesure de protection envisagée aux gargouilles qui ne surplombent pas la voie publique. D'autre part, l'armature prévue comporte une couverture en plomb qui semble superflue.

Le préfet de la Seine rappelle d'un autre côté qu'en février dernier un morceau de la clé de voûte dans le déambulatoire du choeur est tombé sur le dallage. Le service d'architecture propose d'effectuer des sondages dans toutes les clés de l'église afin d'en vérifier la solidité. Un devis de 32 000 Francs a été dressé à cet effet.

La Commission, à la demande de M. Selmersheim, estime que ces précautions sont excessives et qu'on peut limiter les recherches à entreprendre aux clés qui paraissent les plus menacées par leur situation même, celles de la chapelle de la Vierge et du déambulatoire du choeur côté sud.

Auberge de France à Rhodes (Grèce)

M. Léon soumet à la Commission un rapport de M. Joanny Bernard sur le classement de l'auberge de France à Rhodes qui a été donnée à l'État par M. Bompard, ambassadeur à Constantinople ; l'architecte prévoit pour la restauration de l'édifice une dépense approximative de 35 000 Francs ; il ajoute qu'il est impossible en raison des difficultés à prévoir pour la main d'oeuvre de la fourniture des matériaux de produire aucune série de prix à l'appui du devis des travaux à entreprendre.

La Commission approuve le classement de l'édifice ainsi que sa restauration qui sera assurée par le service des Bâtiments civils.

Donjon de Loches (Indre-et-Loire)

Sur le rapport de M. de Baudot, la Commission approuve un devis de 19 698 Francs prévoyant le rétablissement des contreforts du donjon de Loches à l'exception d'un seul qui sera conservé dans son état actuel. L'architecte emploiera une pierre tendre analogue à celle dont il a été fait emploi à l'origine.

La Commission adopte également un devis de 510 Francs prévoyant les consolidations et rejointoiements nécessaires pour remédier aux dangers de destruction dont la camponnière du donjon est menacée.

Lanterne de Rochecorbon (Indre-et-Loire)

Le propriétaire de la Lanterne de Rochecorbon a signalé à l'administration l'état de délabrement d'une portion de mur dépendant à son avis des substructions du monument. Il demande que l'État se préoccupe de prendre des mesures pour parer à tout risque d'accident pouvant résulter d'une chute de pierres.

M. de Baudot fait remarquer que le mur en question n'est pas classé, suivant les indications du plan dressé par M. Goubert, et qu'il n'intéresse d'ailleurs nullement la solidité de la Lanterne. Il ne semble donc pas que l'État ait à intervenir dans la question. Consulté toutefois par l'administration sur la possibilité de parer à l'effritement de la roche sur laquelle repose la Lanterne.

M. Goubert a déclaré ne voir aucun moyen pratique de remédier à cette situation.

M. de Baudot partage cette manière de voir. Le propriétaire insiste cependant et demande comment il se fait que le mur en question ne soit pas classé.

M. [Paul] Boeswillwald soutient que seule la Lanterne et l'éperon adjacent sont classés, ainsi que le mur au droit de la guette.

M. Nodet propose d'établir un pavement pour empêcher les infiltrations dans le rocher. Tout en trouvant que cette idée paraît séduisante au point de vue théorique, M. de Baudot n'estime pas qu'elle soit pratique. Car on peut se demander jusqu'où ce pavé devra être continué. L'eau peut venir de fort loin. Il ajoute que d'ailleurs la Commission n'a pas, à son avis, à intervenir dans une question qui regarde exclusivement le propriétaire. C'est aussi l'avis de M. Léon qui se propose de répondre au propriétaire que le mur dont il est question n'est pas classé, ainsi que l'établissent les plans dressés.

Mont-Saint-Michel (Manche)

Sur la proposition de M. Léon, la Commission désigne M. Gout pour représenter l'administration à la conférence qui doit siéger au ministère des Travaux-Publics pour l'étude des mesures à prendre en vue d'assurer l'insularité du Mont-Saint-Michel.

Hôtel Tivoli à Bordeaux (Gironde)

Pour consentir au classement de l'Hôtel Tivoli à Bordeaux, M. Kahn, propriétaire de l'immeuble a réclamé une indemnité de 65 000 Francs Il déclare avoir reçu l'offre d'une somme pareille de la part d'Américains qui projetteraient de démolir l'édifice pour le réédifier ailleurs.

M. Léon fait remarquer que la Commission se trouve amenée à envisager pour la seconde fois le recours à la procédure de classement d'office prévu par la loi du 31 décembre 1913. Elle ne peut songer en effet à allouer amiablement au propriétaire une somme aussi considérable, malgré les concours locaux sur lesquels elle pourrait compter, mais qui ne paraissent pas devoir dépasser 20 à 25 000 Francs. 80/15/022/350

On peut se demander d'ailleurs si les tribunaux admettront que l'offre d'un Américain, disposé à démolir et à emporter un édifice, puisse servir de base pour la fixation d'une indemnité de classement. S'il en était ainsi, cette indemnité ne serait pas inférieure au dédommagement que le propriétaire pourrait réclamer pour une dépossession complète et la disposition nouvelle adoptée par le législateur serait purement illusoire. Les tribunaux n'apprécieront-ils pas plutôt le préjudice causé d'après la dépréciation que le classement entraîne pour l'immeuble, la gêne qui en résulte pour le propriétaire ? Il importe en tout cas que la question soit nettement posée, sinon l'administration ne pourra que constater son impuissance.

M. Hébrard de Villeneuve ne pense pas non plus que l'on puisse prendre pour base du dédommagement à allouer au propriétaire l'indemnité qui serait accordée en cas d'expropriation. Le législateur s'est d'ailleurs gardé de faire intervenir dans le règlement le jury d'expropriation. Au cas où le juge de paix et le tribunal de Bordeaux en jugeraient autrement, il estime que la question devrait être portée jusqu'en Cassation. Car la décision du tribunal engagerait dans l'espèce une question de principe, et, à son avis, il n'a pas été dans l'intention du législateur que l'indemnité pour classement d'office pût égaler celle qu'entraînerait une expropriation.

M. Hébrard de Villeneuve remarque d'ailleurs que la disposition de l'article 5 de la loi déroge à un principe de droit public qui veut que les questions de dommages résultant de décisions administratives relèvent des tribunaux administratifs, Peut-être doit on regretter que dans le cas présent l'appréciation du dommage causé ait été confiée aux tribunaux qui ont tendance à fixer les indemnités d'après le préjudice résultant d'une véritable dépossession.

Sur la proposition de M. Léon la Commission décide de poursuivre le classement d'office de l'Hôtel Tivoli. Toutefois, l'administration se préoccupera d'abord de réunir les concours locaux sur lesquels on peut compter.

Ancienne abbaye de Serrabona à Boule-d'Amont (Pyrénées-Orientales)

M. Sallez a vu le propriétaire des ruines de l'ancienne abbaye de Serrabona qui offre de céder cet édifice à l'État. La donation ne soulèvera pas à son avis de difficultés, car le propriétaire n'a pas d'héritier Elle n'entraînera pas d'autre part de grandes charges pour l'État et mettra le monument à l'abri des transformations qui pourraient y être apportées dans l'avenir.

La Commission émet un avis favorable à l'acceptation de cette offre.

Cathédrale de Cahors (Lot)

M. l'architecte Deménieux a signalé des crevasses à l'extrados et à l'intrados de la voûte de la coupole dans la cathédrale de Cahors.

M. Louzier a fait poser sur ces crevasses des témoins en plâtre afin de se rendre compte de l'origine des désordres constatés. Lorsqu'il aura visité l'édifice il saisira la Commission de propositions définitives sur les travaux à entreprendre pour assurer la solidité du monument.

10 juillet 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. [Paul] Boeswillwald, Enlart, Girault, Gonse, Haraucourt, Héron de Villefosse, Léon, Pascal, Perdreau, Puthomme, Lefèvre-Pontalis.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Louzier et Nodet, adjoints à l'Inspection générale.
Château de Versailles (Seine-et-Oise)
Lecture est donnée du procès-verbal de la dernière séance.

Revenant sur les circonstances qui ont motivé les propositions de M. Chaussemiche, en vue de la restauration de l'aile Louis XIII au château de Versailles, M. Girault insiste sur ce fait qu'elles eurent pour origine le programme d'utilisation du bâtiment arrêté par le service de la conservation. L'architecte s'est conformé étroitement aux données du problème et s'en est tiré d'ailleurs avec un rare bonheur.

M. de Nolhac, ajoute M. Girault, a eu connaissance des études préparatoires de M. Chaussemiche et l'adhésion donnée à ces premiers projets par la direction des Musées nationaux impliquait de sa part l'acceptation des modifications à apporter aux dispositions actuelles de la façade.

M. Pascal regrette pour sa part que la Commission ait sacrifié un programme aussi séduisant au désir de respecter les pièces qui ne furent à l'origine que des communs et ne présentent qu'un intérêt bien mince.

Mais M. de Baudot répond que cette décision est conforme au respect absolu qu'on professe aujourd'hui pour le caractère même des édifices anciens.

M. Girault fait seulement remarquer qu'il faudra tracer à l'architecte un programme bien précis dans la restitution qu'on va lui imposer. Le bâtiment est en effet dans un état de délabrement complet ; les planchers s'affaissent, va-ton dépenser à 2 à 300 000 Francs pour refaire les pièces sans intérêt ?

M. Léon déclare qu'au cas où cette aile paraîtrait inutilisable en raison même de ses dispositions actuelles pour les besoins du service du musée, la Commission se bornerait à assurer strictement la conservation des anciennes salles, ce qui laisserait des disponibilités pour la remise en état de l'aile Gabriel.

S'associant à une observation présentée par M. Haraucourt dans la séance précédente, M. Gonse insiste sur l'utilité d'une exposition des tapisseries appartenant à la série de l'Histoire du Roi. L'une des conclusions du débat ouvert sur le projet de M. Chaussemiche doit être à son avis le désir très net de la Commission d'assurer une place aux Globes et aux tapisseries.

M. Léon répond que cette exposition serait liée dans sa pensée à la restauration de l'aile Gabriel envisagée par la Commission dans sa dernière séance. Les Globes trouveront dès maintenant un abri provisoire dans l'Orangerie.

Quant aux tapisseries mêmes, il ne serait nullement impossible de les montrer au public en organisant un roulement entre les tentures qui décorent le château.

Donnera-t-on suite, demande M. Pascal, à l'idée de construire un escalier dans l'aile Gabriel? Il fait remarquer qu'en adoptant ce projet la Commission dérogerait au principe si nettement affirmé de conserver le château dans l'état où l'Histoire nous l'a laissé.

Il serait prématuré aux yeux de M. Léon d'accorder dès maintenant l'examen de cette question qui demande une étude préalable des plans de Gabriel.

La discussion est close sur une dernière observation de M. Girault qui exprime le désir que les services de la conservation se livrent à l'avenir à une étude plus approfondie des aménagements et des transformations résultant des programmes qu'ils tracent au service d'Architecture.

Caisse des Monuments historiques

M. Léon informe la Commission de l'adoption par les deux Chambres du projet de loi instituant une Caisse des Monuments historiques. Cette Caisse disposera d'une somme approximative de 300 000 Francs prélevée sur les fonds du pari mutuel. Un autre organisme doit être créé prochainement sous le nom l'Office des monuments classés.

M. de Baudot appréhende qu'on ne revienne par un détour aux errements du services des Cultes, que l'on approuve des restaurations sans contrôle sérieux sans devis détaillés.

M. Léon répond qu'il y a une question d'organisation à étudier. Il ajoute que les travaux approuvés par l'Office du Tourisme [sic] seront exécutés par le personnel des architectes ordinaires.

Don au Musée de sculpture comparée à Paris (Seine)

A la demande de M. José de Figuereido, l'École des Beaux-arts de Lisbonne a fait don au Musée de sculpture comparée des moulages de deux retables en haut-relief du XVIe siècle provenant du cloître de Sainte-Croix de Coimbra (Portugal) et considérés comme l'oeuvre de Jean de Rouen. Les frais d'expédition sont payés jusqu'au Havre.

M. Enlart qui se propose de placer ces sculptures à côté de la chaire de Sainte-Croix de Coimbre désirerait que l'administration remerciât l'École des Beaux-arts de Lisbonne de sa libéralité ; le musée du Trocadéro ne pouvant procéder à des échanges de moulages, il souhaiterait qu'on offrît à cet établissement une de ces séries de plâtre qu'on réserve aux musées et aux écoles de province.

M. Perdreau n'est pas certain que les règlements se prêtent à une combinaison de ce genre.

M. Haraucourt rappelle que lorsqu'il était directeur du Musée de sculpture comparée des moulages furent offerts gracieusement au roi de Belgique. On trouva d'autre moyen de régulariser cette dépense que de l'imputer sur les crédits affectés au ministère des Affaires étrangères pour les présents diplomatiques.

La Commission s'associe au désir exprimé par M. Enlart que des remerciements officiels soient adressés à l'École des Beaux-arts de Lisbonne. Il est entendu que l'administration examinera avec M. Enlart s'il est possible de disposer de quelque moulage en faveur de cet établissement.

M. Haraucourt émet le voeu que l'on mette à l'étude une réforme des règlements actuels qui excluent le Musée de sculpture comparée de la procédure si utile des échanges internationaux.

Tour Maubergeon (Palais de Justice) à Poitiers (Vienne)

M. Enlart signale une transformation fâcheuse apportée au cours des travaux récents dans la salle de Jean de Berry, à la Tour Maubergeon de Poitiers. Des fenêtres sont percées sur trois faces de cette salle. Trois de ces fenêtres ont été agrandies, ainsi qu'on peut s'en rendre compte de l'extérieur.

M. de Baudot demandant certaines précisions sur le caractère de ces modifications,

M. Enlart répond qu'il n'est pas en mesure de renseigner la Commission d'une façon plus détaillée. Mais il a jugé nécessaire d'avertir ses collègues d'un aménagement qui paraît une erreur archéologique.

M. Pascal pense que les travaux incriminés doivent avoir été entrepris par le département.

La Commission décide de procéder à une enquête.

Portes de la Ville de Richelieu (Indre-et-Loire)

La Commission approuve un devis de 20 546 Francs pour la remise en état des portes de la Ville de Richelieu.

Église de Vignogoul à Pignan (Hérault)

La Commission vote une dépense de 18 877 Francs pour la réfection des couvertures à l'église de Vignogoul.

Cathédrale de Toulouse (Haute-Garonne)

M. [Paul] Boeswillwald propose l'allocation d'une somme de 4 440 Francs pour le transfert provisoire de la soufflerie des orgues sur le sol de la nef à la cathédrale de Toulouse. Cette somme pourrait être prélevée à son avis sur les imprévus du devis en cours pour la restauration de l'édifice.

M. Puthomme remarque que cette inquisition est impossible, les imprévus étant déjà utilisés.

M. Bernier s'en montre surpris. Les imprévus ne constituent ils pas ainsi que leur nom même l'indique une réserve pour les dépenses inattendues ? Tel ministère comme celui des Travaux-Publics n'emploie pas normalement les dépenses réservées dans les devis sous le titre de "somme à valoir".

M. Léon répond que le caractère des travaux entrepris par le service des Monuments historiques ne permet pas de suivre une pratique analogue. Toute restauration d'un édifice ancien comporte également une part d'aléa ; les imprévus de l'administration des Beaux-arts seraient mieux désignés sous le nom de dépenses diverses, non dénommées. Il estime même que la proportion des imprévus dans les devis au lieu d'être uniforme, devrait varier suivant la nature des entreprises.

M. [Paul] Boeswillwald fait remarquer que dans beaucoup des devis qu'il a dressés la proportion variait avec le genre des travaux.

Sur la demande de M. Puthomme, la Commission approuve le devis présenté par M. [Paul] Boeswillwald, mais décide que la dépense devra être prélevée sur les fonds de la Loterie autorisée pour la restauration de la cathédrale.

Chapelle de l'Hospice des Vieillards à Arles (Bouches-du-Rhône)

La Commission décide le classement d'une coupelle du XVIIIe siècle dans l'Hospice des Vieillards à Arles.

Monuments de l'Algérie

Une circulaire du 16 octobre 1913 a déterminé les règles à suivre pour la conservation des édifices militaires classés. Le Gouverneur général de l'Algérie propose de rendre ce texte applicable à l'Algérie en substituant sa signature à celle du sous-secrétaire d'État dans les décisions à prendre de concert avec le ministre de la Guerre. Il fait valoir en faveur de cette solution qu'il possède d'une façon générale les attributions ministérielles dans le domaine de la protection artistique.

M. [Paul] Boeswillwald ne voit pas grand inconvénient à la modification demandée puisque la Commission se borne pour l'Algérie à approuver chaque année le programme général des restaurations à entreprendre sans en suivre l'exécution.

M. Bernier s'étonne de cette situation qui affranchit l'architecte de tout contrôle central. Il hésiterait pour sa part à abandonner au Gouverneur général des pouvoirs qui appartiennent normalement au ministre.

M. Léon répond que la Commission conserve un droit d'inspection. En fait ce droit a cessé d'être exercé dans ces dernières années. Aucun crédit n'ayant été mis à cet effet à la disposition de l'Inspecteur général. Il se propose pour l'avenir de rétablir ce contrôle, au moyen de voyages effectués tous les 3 ou 4 ans par ce fonctionnaire.

La Commission accueille la proposition du Gouverneur général.

Donjon de Vincennes (Seine)

Sur la demande de M. Selmersheim, la Commission rejette la demande du Commandant Gosselin, Chef du Génie à Vincennes, qui sollicite l'autorisation de construire un hangar dans le fossé longeant le bâtiment du Roi et contre l'escarpe de ce fossé.

Chapelle du Cimetière de Saint-Fargeau (Yonne)

La Commission, sur la proposition de M. Selmersheim, décide de confier à M. Paul Louzier, artiste peintre, l'exécution d'un relevé des peintures murales décorant la chapelle du cimetière de Saint-Fargeau.

Mausolée de Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône)

La Commission vote un crédit de 1 000 Francs pour la remise en état du mausolée de Saint-Rémy qui a été frappé par la foudre dans sa partie supérieure. Elle approuve également la reproduction d'une des deux statues qui a été brisée.

Cathédrale de Nancy (Meurthe-et-Moselle)

La Commission approuve une dépense de 6 900 Francs pour la réparation du grand orgue à la cathédrale de Nancy.

Cathédrale de Reims (Marne)

La Commission approuve un devis de 18 015 Francs pour la réfection des statues décorant la face Ouest de la tour Nord à la cathédrale de Reims. Six figures nécessitent d'importantes réfections : huit autres sont beaucoup moins détériorées.

Hôtel Rochefort à Dijon (Côte-d'Or)

La Municipalité de Dijon demande à l'administration des Beaux-arts d'augmenter sensiblement la contribution de 10 000 Francs qu'elle a offerte à la Ville pour l'achat du n° 52 de la rue des Forges faisant partie de l'Hôtel Rochefort.

La Commission, sur les conclusions de M. Selmersheim, décide de s'en tenir à la décision qu'elle a adoptée précédemment et de fixer au tiers du prix le maximum de la participation du budget des Beaux-arts.

Donjon de Vincennes (Seine)

La Commission approuve un devis de 19 137 Francs pour remédier aux désagrégations constatées dans les faces extérieures du donjon de Vincennes sur la face Sud de la tourelle Sud-Ouest.

M. Gonse exprime le regret qu'un édifice aussi remarquable ne soit réparé que par des moyens de fortune semblables à ceux que prévoit le devis.

M. de Baudot répond qu'une restauration plus étendue nécessiterait des sacrifices trop onéreux. D'ailleurs ce qu'il faut surtout sauvegarder c'est la masse même du donjon.

La Commission approuve également le dessin de la passerelle devant donner accès au donjon.

Église de Saint-Seulles (Calvados)

La Commission rejette le classement de l'église de Saint-Seuilles, dont les dispositions primitives ont été altérées par des remaniements. Elle écarte en même temps un devis de 871 Francs dressé à la demande de la Municipalité pour la remise en état d'un bras du transept.

Cathédrale de Toulouse (Haute-Garonne)

La Commission approuve une dépense de 18 297 Francs pour la construction à la cathédrale de Toulouse d'une caisse en ciment armé destinée à mettre les calorifères à l'abri des infiltrations souterraines.

Prieuré de Saint-Symphorien à Bruoux (Vaucluse)

En présence du refus opposé par le propriétaire au classement du clocher du prieuré de Saint-Symphorien, la Commission décide de faire application à cet édifice de l'article 5 de la loi du 31 décembre 1913.

Château de Laval (Mayenne)

La Commission, sur la demande de M. de Baudot, décide d'accorder une allocation supplémentaire de 73 017 Francs pour les dépassements à prévoir dans l'estimation des travaux actuellement entrepris au château de Laval. Ces dépassements sont dus en grande partie à l'existence de substructions anciennes dont il n'a pas été tenu compte dans la construction de l'édifice.

M. de Baudot rappelle à ce propos qu'il a décidé l'architecte à conserver au moins par des moyens de fortune la plus grande partie de l'ancienne charpente du château. Les réfections seront assurément très importantes en quelques endroits mais dans d'autres il suffira de remplacer certaines pièces.

M. Léon craint que l'architecte ne soit pas acquis à cette solution.

M. de Baudot répond que M. Vincent voit des difficultés à cette solution, parce qu'il voudrait rétablir la charpente suivant un plan très net. Il ne serait pas choqué par une légère déviation. Il continuera donc à s'opposer au remplacement d'une charpente très remarquable et dont les lambris sont embrayés au lieu d'être appliqués, disposition qui est fort rare.

Église de Saint-Marcel-lès-Chalon (Saône-et-Loire)

La Commission approuve un devis de 12 418 Francs pour la réfection du clocher incendié de Saint-Marcel-lès-Chalon.

Cathédrale du Mans (Sarthe)

M. l'architecte Lafillée a présenté un devis de 62 017 Francs pour la restauration des parties hautes du collatéral contournant le choeur dans la cathédrale du Mans.

La Commission approuve les travaux les plus urgents prévus à ce projet jusqu'à concurrence de 22 177 Francs.

Cathédrale de Nîmes (Gard)

M. l'architecte Vinson soumet un projet pour la construction d'un caveau affecté à la sépulture de l'évêque de Nîmes et d'un monument à la mémoire de Jeanne d'Arc dans la chapelle du Saint-Sacrement à la cathédrale de Nîmes.

La somme de 19 986 Francs offerts par l'évêque paraissant insuffisante pour garantir l'exécution du travail tel qu'il a été compris par l'architecte, la Commission décide de demander à ce dernier un projet simplifié.

17 juillet 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Bayet, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Enlart, Gonse, Hébrard de Villeneuve, Léon, Marcou, Magne, Michel, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Génuys, Nodet et Louzier, adjoints à l'Inspection générale.
Église de Saint-Astier (Dordogne)

La Commission approuve un devis de 11 216 Francs pour l'achèvement de la couverture à l'église de Saint-Astier, travail pour lequel M. l'architecte Rapine a fourni les indications qui lui avaient été demandées.

Église de Mézières (Ardennes)

La Commission approuve un devis de 24 944 Francs relatif à la réfection de la couverture des bas-côtés à l'église de Mézières.

Église Notre-Dame-des-Ardillières à Saumur (Maine-et-Loire)

La Commission approuve une dépense de 28 232 Francs pour la restauration des toitures au dôme de l'église Notre-Dame-des-Ardillières. Elle ajourne, par contre, un devis de 12 794 Francs présenté pour la réfection des toitures des chapelles latérales, qui jusqu'à plus ample informé ne paraît pas s'imposer.

Église de Nantua (Ain)

La Commission approuve un devis de 11 177 Francs relatif à l'achèvement de la réfection des toitures à l'église de Nantua.

Église d'Envermeu (Seine-Inférieure)

La Commission vote une dépense de 8 491 Francs pour la réparation des couvertures recouvrant les parties classées de l'église d'Envermeu.

Ancienne abbaye de Valloires à Argoules (Somme)

M. l'architecte Deneux s'est mis en rapport avec M. le Docteur Pinoy, pour arrêter le traitement à appliquer aux boiseries du buffet d'orgues à l'abbaye de Valloires.

La Commission approuve un devis de 2 165 Francs dressé en vue de cette restauration qui sera faite à l'aide du procédé déjà employé pour les boiseries de Lillers, sauf une légère modification dont l'expérience a montré la nécessité

Sur une observation de M. de Baudot, M. Génuys assure que l'enduit appliqué ne colore pas les boiseries et n'en altère pas la force.

Dispenses d'adjudication

La Commission émet un avis favorable à la dispense d'adjudication demandée pour les travaux de la Tour Saint-Romain.

Nomination d'architecte ordinaire

MM. Galliot, architecte à Laigle, et Mezen, architecte départemental, ont posé leur candidature au poste d'architecte ordinaire pour les arrondissements d'Alençon et de Mortagne.

La Commission émet un avis favorable à la nomination de M. Galliot pour l'arrondissement de Mortagne, et de M. Mezen pour celui d'Alençon.

Parc de Dijon (Côte-d'Or)

La Ville de Dijon a demandé le classement du parc de la Ville ainsi que d'une habitation englobée dans son enceinte et dénommée la "Colombière".

Elle désire vraisemblablement empêcher par cette mesure la réalisation d'un projet de tramway qui dans son dispositif actuel entraînerait l'abatage d'une rangée d'arbres.

M. Selmersheim ne pense pas que la Commission puisse donner suite à cette demande. C'est à la Commission des Sites du département qu'il appartiendrait d'assurer, si elle le juge bon, la conservation d'un ensemble qui n'a d'intérêt, semble-t-il, qu'un point de vue pittoresque.

Tel n'est pas l'avis de M. de Baudot, ainsi qu'on le rappelait récemment à propos du centenaire de Lenôtre, ce dernier a compris l'ordonnance d'un jardin comme une véritable oeuvre d'architecture. Le parc de Dijon est un intéressant exemple de cette conception qu'on peut discuter, mais dont on ne peut nier ni le mérite ni l'importance.

M. Hébrard de Villeneuve ajoute que le classement aura pour effet d'empêcher la mutilation du parc.

Sous le bénéfice de ces observations, la Commission émet un avis favorable au classement de l'ensemble Parc et Colombière.

Église de Boisdan

M. Héron de Villefosse a signalé à l'administration l'église de Boisdan, édifice très modeste, du XIIIe siècle, dont M. Selmersheim propose cependant le classement à seule fin d'éviter une destruction semblable à celle qui a fait disparaître l'église voisine de Mortery.

M. de Baudot objectant l'intérêt artistique très restreint que présente cet édifice, M. Hébrard de Villeneuve fait remarquer que le rejet du classement entraînera la ruine de l'église, La Commission ne doit pas, à son avis, se désintéresser des petits monuments, sinon d'ici une vingtaine d'années, beaucoup d'églises auront disparu sans qu'on y ait pris garde. Il ajoute que dans des cas pareils le Conseil d'État s'est fait une règle de repousser les demandes de désaffectation introduites par les municipalités.

M. de Baudot, sans contester l'intérêt de l'observation formulée par M. Hébrard de Villeneuve, et les considérations qui l'inspirent, se demande si la Commission ne doit pas se placer à un point de vue plus étroit et s'inspirer uniquement dans ses décisions de la valeur d'art des édifices. Il voudrait surtout qu'elle se traçât une ligne de conduite nettement définie, sinon elle ne prendra que des mesures de protection isolées, sans sauvegarder l'ensemble des édifices à préserver.

M. Léon répond que la question se trouvera prochainement simplifiée par la création de l'Office du Tourisme.

La Commission sera libre alors de revenir sur beaucoup de classements qu'elle n'aura admis que pour éviter les destructions regrettables.

M. Hébrard de Villeneuve ajoute que la Commission se trouve actuellement en présence d'une situation anormale. Une législation nouvelle a supprimé les deux garanties qui protégeaient autrefois les églises : l'organisation des Fabriques et l'obligation imposée aux Communes de concourir à l'entretien des églises. Aujourd'hui les municipalités peuvent réparer leurs églises, mais elles n'y sont pas tenues et beaucoup profitent de cette liberté pour ne faire aucune dépense dans l'intérêt de leur conservation.

En attendant que de nouvelles dispositions remédient à cette situation, il est donc nécessaire d'assurer, par tous les moyens que peut offrir la législation actuelle, la conservation des églises ayant quelque valeur artistique.

M. de Baudot estime cependant que certaines limites s'imposent à la Commission. A son avis cette assemblée va trop loin dans cette oeuvre de préservation et ne procède pas à un examen suffisamment rigoureux et méthodique.

Pour M. Léon, il serait très intéressant de vérifier par une inspection sur place la situation des églises dont on a peut-être exagéré l'état critique pour des besoins du parti. Sans doute il y a quelques départements comme celui de l'Yonne où les municipalités semblent systématiquement hostiles à l'entretien des édifices du culte. Mais dans beaucoup d'autres il ne semble pas que les monuments aient souffert du nouvel ordre de choses.

Après cet échange d'observations, le classement de l'église de Boisdan, mis aux voix, est adopté par les membres présents, à l'exception de M. de Baudot.

]Demande d'architecte]

M. Valentin demande l'autorisation de se faire assister par son fils dans l'accomplissement de ses fonctions d'architecte ordinaire.

La Commission accueille favorablement cette demande. Il est entendu d'ailleurs que M. Valentin père conservera la signature des affaires et demeurera seul responsable vis-à-vis du service.

[Avis favorable au classement]

La Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices suivants :

Calvaire du XVe siècle à Merville (Meuse)

Chapelle du lycée de Nancy (Meurthe-et-Moselle), édifice du XVIIIe siècle dont la sobre ordonnance ne manque pas de grandeur

Église de Nicey (Côte-d'Or), dont l'architecture modifiée sous la Renaissance comporte une nef lambrissée du XIIIe siècle

Cellier de Clairvaux à Colombé-le-Sec (Aude), construction robuste qui dépendait de l'ancienne abbaye

Presbytère d'Oulchy-le-Château (Aisne), offrent quelques détails curieux de l'époque de Henri II

Chapelle de Pontloup à Moret (Seine-et-Marne), du XIIe siècle

Nymphée de l'ancien château de Chatou (Seine-et-Oise), construite par Soufflot et d'une pittoresque ordonnance

Fontaine gallo-romaine à Braux (Haute-Marne)

Église d'Haravilliers (Seine-et-Oise), édifice des XIIe et XIIIe siècles remanié à l'époque de la Renaissance, remarquable surtout par l'élégance de son clocher

Église d'Hérouville (Seine-et-Oise), édifice du XIIe siècle très remanié à l'époque moderne, avec clocher assez élégant datant du XIVe siècle

Porte de l'ancien Hôtel de Guerre située rue Gambetta à Versailles (Seine et Oise)

Porte d'entrée, clocher du XIIe siècle et choeur du XIIIe siècle à l'église de Saint-Germain-lès-Arpajon (Seine et Oise)

Nef du XIIe siècle à l'église de Vallangoujard (Seine-et-Oise), à l'exception du bas-côté sud et de la sacristie

Église d'Auvers (Seine-et-Oise), édifice des XIIe et XIIIe siècles, d'une conception assez intéressante

Vieilles Halles d'Arpajon (Seine-et-Oise), offrant un type de charpente très bien combinée

Église de Périers-sur-le-Dan (Calvados), édifice des XIIe et XIIIe siècles dont l'architecture est bien étudiée

Choeur rectangulaire du XIIe siècle à l'église [Saint-Pierre] d'Ouezy (Calvados)

Clocher et pignon du choeur à l'église de Saint-Sylvain (Calvados)

Clocher de Cinq-Mars-la-Pile (Indre-et-Loire)

Église de Selommes (Loir-et-Cher), édifice du XIIe siècle, fort altéré mais qui a conservé des parties anciennes dignes d'être sauvegardées

Portail roman de l'église de Savonnières (Indre-et-Loire)

Église d'Orval (Manche)

des XIIe et XIIIe siècles, dont quelques parties ont une certaine valeur artistique

Clocher de Langeais (Indre-et-Loire), dont la tour du XIIe siècle et la flèche ont été refaites au XVe siècle et sont d'un bon aspect

Portail de Saint-Martin à Tours (Indre-et-Loire), construction du XVe siècle, intéressante par ses dispositions et ses motifs d'ornementation

Pignon et portail du XIIe siècle à l'église de Parçay-sur-Vienne (Indre-et-Loire)

Jardin de Paris aux Champs-Elysées à Paris (Seine).

Le préfet de la Seine se propose de rendre à la circulation les terrains occupés actuellement sur les Champs-Elysées par le Jardin de Paris, qui doit être démoli.

La Commission émet un avis favorable à cette opération.

[Rejet de propositions de classement]

La Commission écarte les propositions de classement présentées pour les édifices suivants :

Église de Chameroy (Haute-Marne), dont certaines parties datent du XIIIe siècle ou de la Renaissance, mais qui paraît d'un médiocre intérêt en raison de la pauvreté de ses détails et de la médiocre disposition du comble du bas-côté Renaissance

Église de Gevrey-Chambertin (Côte-d'Or), édifice du XIIIe siècle d'un intérêt très secondaire

Église romane du Bassoles-Aulers (Aisne), à laquelle des remaniements et des destructions ont ôté toute valeur

Église d'Hermanville (Calvados), dont les dispositions anciennes ont été presque complètement dénaturées

Ancien prieuré de Triardel (Calvados), dénué d'intérêt par suite de remaniements divers

Église Notre-Dame-le-Riche à Tours (Indre-et-Loire), à laquelle des adjonctions et des modifications ont fait perdre la plus grande partie de son caractère artistique

Église de Souvigné (Indre-et-Loire)

Église de Virmory (Loiret).

18 juillet 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Enlart, Laloux, Léon, Magne, Perdreau, Puthomme, Selmersheim.
Assistaient également à la séance : MM. Louzier, Génuys, et Nodet, adjoints à l'Inspection Générale.
[Avis favorable au classement]

La Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices suivants :

Pont du Diable à Vérine (Loire), datant du XIVe siècle

Église de Beaumont-lès-Valence (Drôme), d'époque romane

Portail occidental du XIe siècle à l'église de La Trinité-Porhoët (Morbihan)

Tour et porte du XIVe siècle faisant partie de l'ancienne enceinte de Champdieu (Loire)

Église de Sauvain (Loire), datant des XIIe et XVe siècles

Ruines du château de Bayard à Pontcharra (Isère)

Porte d'entrée et clocher des XIIe et XIIIe siècles à l'église de Montricoux (Tarn-et-Garonne)

Église de Lahonce (Basses-Pyrénées), d'époque romane

Tour de la Bastide de Villefranche (Basses-Pyrénées), datant du milieu du XIVe siècle

Église de Laroquebrou (Cantal), de la fin du XIVe siècle 80/15/022/374

Ancienne abbaye de Saint-Sever (Hautes-Pyrénées), ensemble remarquable du XVIIIe siècle avec une église datant des XIIe et XVe siècles

Église de Rampoux (Lot), où l'on a relevé des traces d'anciennes fresques en dehors de celles qu'on a déjà mises à jour dans une chapelle

Église d'Esquièze-Sère (Hautes-Pyrénées), du XIIe siècle

Église d'Auriébat (Hautes-Pyrénées), du XVe siècle dont le portail est très bien conservé

Clocher et façade de l'église de Poullaouen (Finistère)

Église de Plouguer, dont la nef commencée au XIe siècle et terminée au XVIe siècle renferme de beaux détails de décoration intérieure

Église, arc de triomphe, croix et ossuaire de Châteaulin (Finistère)

Chapelle du Huelgoat (Finistère), petit édifice très complet

Clocher de Saint-Treneur à Carlais (Finistère), important monument construit entre 1329 et 1535

Église, calvaire et arc de triomphe de Gouézec (Finistère)

Maison du XVIe siècle à Carhaix (Finistère), construction intéressante et bien conservée

Église et calvaire de Cast (Finistère)

Église de Kerlaz (Finistère), des XVIe et XVIIe siècles, avec une croix de cimetière du XVIIe siècle et un arc de triomphe du XVIe siècle

Ossuaire de Pleyben (Finistère), monument très remarquable dans le style du XVe siècle

Grande vasque du château du Rusquec au Huelgoat (Finistère)

Ossuaire de Spézet (Finistère)

Église de Laméern (Finistère), du XVIe siècle avec son calvaire et son ossuaire

Chapelle Bonne-Nouvelle à Locronan (Finistère), édifice intéressant par son campanile et par les sculptures qui décorent l'extérieur

Église de Braspart (Finistère), important monument du XVIe siècle avec son calvaire et son ossuaire

Église de Bremilis (Finistère), du XVe siècle ainsi que la croix de calvaire du cimetière

Église de Loqueffret (Finistère), du XVe siècle ainsi que la croix de calvaire du cimetière

Chapelle de Sainte-Marie du Menez-Hom (Finistère), dont le clocher daté de 1663 fut sans doute terminé un siècle plus tard, avec un arc de triomphe datant de 1730 et un calvaire de 1544

Chapelle du Cram à Spézet (Finistère), édifice intéressant et très complet

Église d'Argol (Finistère), dont le clocher est fort remarquable, et arc de triomphe datant de 1659

Église de Saint-Quentin (Finistère), du XIIIe siècle, dont le chevet et la crypte offrent des dispositions curieuses

Église de Saint-Front-sur-Lémance (Lot-et-Garonne), de style roman, intéressante par son abside surmontée d'une tour de défense

Église de Chouday (Indre), dont la façade principale date du XIIe siècle

Pont de Roderie (Haute-Loire), datant du Moyen Âge

Façades de l'ancien château des comtes de Gondy à Joigny (Yonne)

Fontaine située dans l'Hôtel de la Douane à Bordeaux (Gironde), et attribuée au sculpteur Francin

Chapelle de Saint-Don à Riom (Puy-de-Dôme), édifice du XIIe siècle

Église de Méry-sur-Oise (Seine-et-Oise), datant du XVe siècle et de la fin de la Renaissance

Tour de l'Horloge à Vaison (Vaucluse), intéressante dans quelques parties datant du XIVe siècle

Chapelle du Bourg-d'en-Bas à Mailly-le-Château (Yonne), avec la pile du vieux pont qui la supporte

Église de Nucourt (Seine-et-Oise), édifice intéressant datant du XIIIe siècle et de la Renaissance

Église d'Ézanville (Seine-et-Oise), édifice assez élégant du XVIe siècle, à l'exception du bas-côté et du clocher qui sont sans intérêt

Église de Saint-Thibault à Joigny (Yonne), datant du XVe siècle et de la Renaissance

Chapiteaux sculptés à l'église de Castelli (Pyrénées-Orientales)

Chapelle des Pénitents noirs à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), édifice du XVIIe siècle très intéressant à l'extérieur par ses dispositions originales et à l'intérieur par sa riche ornementation.

Classements d'office

La Commission émet un avis favorable au classement des façades d'une maison du XVIe siècle située à Aubigny-sur-Nère (Cher) et qui se trouve frappée d'une servitude d'alignement. Ces façades présentent une décoration sculptée fort intéressante. Aussi la Commission estime-t-elle qu'en cas de refus opposé par le propriétaire, le classement devra en être poursuivi d'office.

En présence du refus opposé par les propriétaires au classement de deux vieilles maisons de Ségur qui offrent un très grand intérêt, la Commission propose le classement d'office de ces immeubles.

Ajournement

La Commission ajourne la proposition de classement présentée en faveur de la chapelle de Notre-Dame du Front, à Carhaix (Finistère) et de l'église de Cleden-Poher (Finistère), jusqu'à ce qu'elle soit renseignée sur le caractère artistique des objets mobiliers renfermés dans ces églises.

Rejet de propositions de classement

La Commission écarte les propositions de classement présentées en faveur des édifices suivants :

Église de Baixas (Pyrénées-Orientales), construction du XIIe siècle très remaniée.

Cloître de l'ancienne abbaye de Saint-Denis-des-Fontaines (Pyrénées-Orientales).

La Commission, en présence du refus opposé au classement par les propriétaires, estime que ce monument d'époque romane, dont les sculptures sont grossièrement taillées, ne justifie pas une procédure de classement d'office.

Église de Villar-Saint-Pancrace (Hautes-Alpes), dont aucun détail n'offre d'intérêt particulier

Église de Saint-Crépin (Hautes-Alpes), qui n'apporte aucun élément nouveau dans le type de l'architecture régionale

Église d'Abriès (Hautes-Alpes), qui n'ont qu'un intérêt pittoresque

Église de Saint-Michel à Cordières (Hautes-Alpes), des XIVe et XVe siècles, très remaniée

Église d'Abriès (Hautes-Alpes), édifice du XIVe siècle très altéré

Fortifications de Saint-Jean-Pied-de-Port (Basses-Pyrénées), qui dans leur exemple ne présentent aucun intérêt archéologique

Église de Ribemont (Aisne), édifice datant du XIIIe siècle et de la Renaissance, mais de conception banale

Crypte de l'ancienne église des Carmélites à Paris (Seine), reconstruite entièrement il y a une soixantaine d'années et ne renfermant plus aucun vestige ancien

Chapelle de Saint-Sébastien (Finistère)

Église de Verrie (Maine-et-Loire) du XIIe siècle

Hôtel de ville de Pont-du-Château (Puy-de-Dôme)

Église de Guerme (Yonne) : édifice des XIIe et XVe siècles, très altéré par une restauration ancienne.

24 juillet 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Selmersheim, [Paul] Boeswillwald, Magne, Berr de Turique, Enlart, Michel, Bonnier, Léon, Perdreau, Puthomme.
Assistait également à la séance : M. Génuys, adjoint à l'Inspection Générale.
Hôtel des Pénitentes à Angers (Maine-et-Loire)

Le maire d'Angers fait connaître que la Ville ne pourra allouer plus de 50 000 Francs en vue de la réalisation du devis de 109 298, 83 Francs ayant pour objet la restauration de l'Hôtel des Pénitentes. Il demande, en outre, la construction aux frais de l'État, d'une conciergerie.

M. de Baudot estime que l'administration ne saurait contribuer à l'édification de la conciergerie et il propose de fixer à 50 000 Francs la subvention maxima à accorder à la Ville.

La Commission adopte cette manière de voir et émet le voeu que les plans de la conciergerie soient au préalable, soumis à l'administration.

Maison sise 17 rue des Quais à Périgueux (Dordogne)

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. Magne tendant, non à l'acquisition proposée à l'État par le propriétaire, mais à sa consolidation, sa protection étant déjà assurée par le classement. 80/15/022/381

Chapelle de La Trinité à Locminé (Morbihan)

Le rapport de M. Magne favorable à la désaffectation, demandée par la municipalité, de ce monument est approuvé par la Commission.

[Avis favorable au classement]

La Commission émet un avis favorable au classement des édifices ou parties d'édifices suivants :

Église Saint-Germain à Rennes (Ille-et-Vilaine)Église et Tour de Saint-Sauvant (Charente-Inférieure)

Ruines des tours de l'église de Saint-Jean-d'Angély (Charente-Inférieure)

Église de Chantérac (Dordogne), édifice des plus remarquables de la région, surmonté d'un clocher forteresse du XIIe siècle

Chapelle Saint-They-en-Cléden au Cléden-Cap-Sizun (Finistère) : n'offrant aucune particularité marquante mais située dans un site merveilleux et sauvage dont elle augmente la grandeur

Substructions gallo-romaines de Gorré-Bloué-Izella à Plouescat (Finistère) : la Commission approuve en outre les conclusions du rapport de M. Magne tendant à l'allocation d'une somme de 250 Francs pour la mise à jour des piles d'un hypocauste.

Chapelle, ossuaire et calvaire situés au hameau de Saint-Germain, Commune de Plougastel-Saint-Germain (Finistère)

Pignon du chevet de l'ancienne église des Jacobins à Morlaix (Finistère). Dans sa séance du 19 décembre 1913, la Commission avait émis un avis favorable au classement de la totalité du monument, sous la réserve que la Ville prendrait l'engagement d'en débarrasser l'étage intérieur. Cette réserve n'ayant pas été acceptée, la Commission juge préférable de limiter, pour le moment, le classement au pignon du chevet qui contient la grande rose.

Portail de l'église de Puisseguin (Gironde), seule partie datant du XIIe siècle, vraiment intéressante de l'édifice

Église de Douadic (Indre), monument du XIIe siècle contenant les magnifiques peintures murales dont une, du XIIIe siècle, représente la scène du Jugement dernier

Église des Tuffeaux à Chênehutte-les-Tuffeaux (Maine-et-Loire), paraissant remonter au XIIe siècle, édifice d'une conception intéressante, dont le clocher a été exhaussé à l'époque de la Renaissance

Église de Blaison (Maine-et-Loire), sauf la façade, du XIIIe siècle, ce monument forme un ensemble homogène et contient de belles stalles du XVe siècle

Église de Distré (Maine-et-Loire), un des rares monuments datant du XIe siècle et dont la porte présente un clavage très curieux

Église de Secondigné-sur-Belle (Deux-Sèvres), intéressant édifice du XIIe siècle, remanié au XVe.Travées anciennes de la nef de l'église de Secondigné (Deux-Sèvres)

Clocher, façade et abside de l'église de Pont-Saint-Mard (Aisne), parties du monument qui remonte au XIIe siècle présentant une certaine valeur artistique

Église de Gruny (Aisne), du XVIe siècle qui offre une fort belle disposition de voûtes et contient d'intéressants motifs sculptés

Église de Bruyères-et-Montbérault (Aisne), dont les absides, absidioles et transepts étaient déjà classés

Église de Bazoches (Aisne)

Église du Soupir (Aisne), édifice paraissant dater du XIIe siècle

Église de Doudeauville (Eure), monument du XVIe siècle comprenant une très belle charpente richement décorée

Façade de la Porte de Gand à Lille (Nord)

Façade de la Porte de Roubaix à Lille (Nord), type de l'architecture militaire du XVIIe siècle

Noble Tour à Lille (Nord), vestige de l'ancienne enceinte de la Ville du XVe siècle comportant une belle salle circulaire voûtée à nervures

Choeur de l'église de Bourbourg (Nord), seule partie remarquable de l'édifice qui semble remonter au XIIIe siècle

Porte fortifiée et la tourelle y attenant de Saint-Épain (Indre-et-Loire), bâtiments qui forment avec l'église déjà classée un ensemble très pittoresque

Clocher et porche de l'église de Macqueville (Charente-Inférieure), monument du XIIe siècle assez bien conservé

Clocher et abside de l'église de Vaux-sur-Vienne (Vienne), seules parties intéressantes de l'édifice

Choeur de l'église Notre-Dame à Chemillé (Maine-et-Loire), dont le clocher est déjà classé

Église de la Véronique à Bannalec (Finistère), ensemble d'une certaine valeur

Fanal funéraire de Saint-Goussaud (Creuse). Edicule assez curieux, rare dans la région, paraissant remonter au XVe siècle

Château de Cherveux (Deux-Sèvres).

La Commission approuve les conclusions du rapport de M. Magne tendant au classement du château de Cherveux, monument intéressant de l'architecture militaire du XVe siècle, Toutefois, cette mesure pouvant entraîner le paiement d'une forte indemnité, la Commission propose, après observation de M. Léon, qui fait remarquer qu'on ne peut prétendre à tout sauver, de redemander le consentement du propriétaire.

Clocher et choeur de l'église d'Augé (Deux-Sèvres), seules parties anciennes du monument

Manoir de Kéroulas à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), à l'intérieur duquel sont conservés des plafonds et des cheminées anciennes fort remarquables

Église Notre-Dame de l'Assomption (ou église Saint-Michel) à Quimperlé (Finistère), édifice dont la Tour date du XVe siècle et dont le porche est orné de niches très curieuses

Ruines du château de Rustephan à Pont-Aven (Finistère), admirablement situées spécimen de l'architecture militaire du XVe siècle

Chapelle de La Trinité à Melgven (Finistère)

Chapelle Notre-Dame-de-la-Joie à Guissmaëc (Finistère), édifice très simple mais dans lequel sont conservées des peintures sur bois d'un réel intérêt

Fontaine Saint-Jean à Plouaret (Côtes-du-Nord), d'une disposition originale

Ruines du château de Tiffauges (Vendée), résidence de "Barbe Bleue", vestige remarquable de forteresse du Moyen Âge, et dont l'ensemble présente un intérêt à la fois historique, artistique et archéologique

Chapelle de la Vraie-Croix à l'abbaye de la Boissière à Dénezé-sous-le-Lude (Maine-et-Loire), édifice inachevé du XIIIe siècle présentant des voûtes curieuses du système angevin

Lanterne des Morts à Saumur (Maine-et-Loire), chapelle plus exactement, remontant au XIVe siècle.

Ancienne abbaye de Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire) avec les balustrades des terrasses, ensemble assez rare de constructions de l'époque de Louis XIII.

Église de Vernoil-le-Fourrier (Maine-et-Loire), dont la nef du transept sud et le clocher ont une réelle valeur

Façades de l'immeuble Trabossen à Malestroit (Morbihan), présentant des sculptures anciennes fort originales

Portail Renaissance de l'église Saint-Gildas à Auray (Morbihan)

Cour de la maison dite du Grand-Veneur à Évreux (Eure), comprenant un escalier en pierre du XVIIe siècle d'un certain intérêt

Église de Nojeon-le-Sec (Eure), édifice du XVIe siècle.

Église de Cumond (Dordogne)

Tours de Mont-Saint-Éloi (Pas-de-Calais), des ruines étaient déjà classées parmi les sites et monuments naturels.

Église de Soudan (Deux-Sèvres), la Commission demande, avant de se prononcer, des documents photographiques.

Classements d'office
Église de Kerfeunten à Quimper (Finistère)

Dans sa séance du 13 mars 1914, la Commission avait voté le classement de ce monument. Le Conseil municipal refusa son consentement en alléguant que l'église étant insuffisante pour la population, un projet d'agrandissement respectant les parties intéressantes était dressé et sur le point d'être réalisé.

La Commission maintient sa précédente délibération et propose d'en appeler au Conseil d'État.

Maison du XVe siècle à Mirepoix (Ariège)

Le classement du rez-de-chaussée et des solivages et points d'appui qui le surplombent a été proposé le 26 juillet 1913. Les propriétaires de ce monument ayant refusé d'adhérer à la mesure projetée, la Commission émet le voeu que l'affaire soit soumise au Conseil d'État.

Rejet de proposition de classement

La Commission écarte les propositions de classement présentées pour les édifices suivants :

Église de Signy-le-Petit (Ardennes), édifice du XVIIe siècle sans caractère et de peu d'intérêt

Église d'Hautefage (Lot-et-Garonne),

Vestiges gallo-romains de la Babinière à Moulins (Deux-Sèvres)

Chapelle Sainte-Anne du cimetière de Tigné (Maine-et-Loire)

Église d'Iffendic (Ille-et-Vilaine), édifice d'un médiocre intérêt

Église de Saint-Méen (Ille-et-Vilaine), édifice dénué de valeur par suite de remaniements divers

Église de Saint-Pastour (Lot-et-Garonne), monument de l'époque de la Renaissance, d'un intérêt secondaire

Église d'Ayguevive à Saint-Pastour (Lot-et-Garonne)

Église de Volaudry (Maine-et-Loire), à laquelle des modifications ont ôté toute valeur

Église de Vouillé (Deux-Sèvres), monument sans intérêt, remanié de façon fâcheuse

Église de Vaussais (Deux-Sèvres), d'un aspect fâcheux par suite de l'addition d'un clocher moderne

Église Saint-Laon à Thouars (Deux-Sèvres), édifice du XIIe siècle, remanié au XVe siècle, ensemble peu intéressant, excepté le clocher et le pignon méridional déjà classés.

25 juillet 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. [Paul] Boeswillwald, Berr de Turique, Enlart, Magne, Perdreau, Puthomme.
Assistaient également à la séance : MM. Louzier, adjoint à l'inspection Générale.
Avis favorable au classement

Abbaye de l'Étoile à Archigny (Vienne), sur le rapport de M. Magne, la Commission adopte le classement de la salle capitulaire, du petit oratoire et des arcatures de la nef.

Église de Vaux (Vienne), classement du clocher et de l'abside adopté

Château de la Vervollière à Coussay-les-Bois (Vienne), classement comme ruines adopté

Église de Coussay-les-Bois (Vienne), classement total adopté

Château du Haut-Clairvaux (Vienne), classement du donjon et de la chapelle adopté

Église d'Oyré (Vienne) classement total adopté

Château de la Roche du Maine à Prinçay (Vienne), classement adopté

Église de Celle-Lévescault (Vienne)

Église de Brux (Vienne)

Église de Genouillé (Vienne), classement du clocher et de la façade adopté

Église d'Allassac (Corrèze)

Église de Clairfayts (Nord)

Château de Gy (Haute-Saône), classement de la tour adopté

Église de Villequier (Seine-Inférieure)

Caserne de la gendarmerie Marnay (Haute-Saône) Classement de la façade adopté. [Hôtel Terrier de Santans]

Église d'Allery (Somme)

Église du Forest-l'Abbaye (Somme), classement du choeur et de l'abside adopté

Chapelle du cimetière à Laucourt (Somme)

Église de Vismes-au-Val (Somme)

Église de Feuquières-en-Vimeux (Somme), classement du choeur et du sanctuaire adopté

Église de Caudebec-en-Caux (Seine-Inférieure), la Commission réserve la question de la restauration de la flèche. Sans arrêter les formalités d'approbation du devis déjà adopté et qui répond à des nécessités urgentes de consolidation, elle décide qu'avant l'exécution de ce travail, qui ne pourra être entrepris qu'en janvier 1915, des photographies de l'état actuel seront demandées à M. Durand et que l'architecte devra produire un relevé.

Temple de Pentemont à Paris (Seine)

Ancien couvent des Capucines de La Chaussée d'Antin (Lycée Condorcet) à Paris (Seine) Classement de la façade adopté.

Église Saint-Louis-en-l'Île à Paris Seine)

Église Saint-Sulpice à Paris (Seine)

Église Saint-Thomas-d'Aquin à Paris (Seine)

Église Saint-Roch à Paris (Seine)

Église Saint-Leu à Paris (Seine)

Panthéon à Paris (Seine) : classement ajourné

Place des Vosges à Paris (Seine) : classement des façades des immeubles portant les n° 6 et 12 adopté

Classements rejetés :

Église Saint-Martial à Chauvigny (Vienne)

Église de Passavant (Maine-et-Loire)

Église de Gouis à Durtal (Maine-et-Loire)

Chapelle d'Epinay à Clairfayts (Nord)

Église de Fondremand (Haute-Saône)

Église de La Chaux-Neuve (Doubs)

Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas à Paris (Seine)

Église Saint-Laurent à Paris (Seine)

30 octobre 1914
Présidence de M. le sous-secrétaire d'État. Membres présents : MM. Babelon, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Bonnier, Capitan, Enlart, Gonse, Haraucourt, Héron de Villefosse, Laloux, Lasteyrie, Laurent, Lefèvre-Pontalis, Léon, Mâle, Marcel, Michel, Pascal, Paté, Perrault-Dabot, Puthomme Selmersheim, Tétreau, Génuys, Louzier, Bauthian, secrétaire. Excusés M. le préfet de la Seine, MM. Dislère en raison de leurs occupations, Perdreau, retenu à Bordeaux par son service, MM. de Baudot et Magne, pour cause de santé.
Éloge des membres disparus ; vandalisme de l'armée allemande

M. le sous-secrétaire d'État remercie les nombreux membres présents de la Commission d'avoir ainsi répondu à la convocation qui leur a été adressée. Il fait en quelques mots l'éloge des membres disparus (MM. Lockroy, Hébrard, Gustave Dreyfus), au remplacement desquels il y aura lieu de pourvoir, puis il appelle l'attention de l'assemblée sur l'importance de la tâche qui lui incombe. Il flétrit le vandalisme de l'armée allemande qui a non seulement commis les pires atrocités à l'égard des personnes mais encore a poursuivi avec préméditation la destruction des monuments qui sont la gloire de notre pays et constituent le patrimoine de l'humanité tout entière. Il est convaincu que, plus que toute autre assemblée, la Commission des Monuments historiques a cruellement ressenti ces actes abominables et qu'elle se montrera unanime à protester contre une telle barbarie, à jamais déshonorante pour la nation qui s'en est rendue coupable.

M. le sous-secrétaire d'État invite ensuite la Commission à examiner la question des réparations à faire exécuter aux monuments atteints par les opérations de guerre. Les rapports vont être lus ; les documents photographiques passeront sous les yeux ; ils seront complétés ultérieurement.

La Commission aura, elle-même, le moment venu, toute liberté pour nommer une sous-commission chargée de se rendre sur place. En attendant, M. le président demande à l'Assemblée de se montrer unanime dans l'adoption des mesures à prendre et de présenter dans ses avis et dans ses voeux, le spectacle d'union qu'offre le pays lui-même.

M. le sous-secrétaire d'État fait connaître qu'il a l'intention de faire dresser le bilan des actes de vandalisme commis contre les Monuments historiques. Il demande si le projectile tombé sur la cathédrale de Paris n'est pas le dernier de ceux qui ont été lancés le 11 octobre.

M. le préfet de Police dépose la photographie d'un engin qui n'a pas éclaté et dont l'enveloppe déchirée laisse voir de nombreuses balles. L'engin en contiendrait 125.

M. Haraucourt déclare que deux aéroplanes ont survolé le quartier à faible hauteur pendant 20 à 25 minutes. La première bombe est tombée dans la Seine ; la deuxième sur le transept nord de la cathédrale ; la troisième dans le jardin contigu. M. Haraucourt estime que l'ennemi a visé l'échafaudage.

M. [Paul] Boeswillwald répond qu'il n'est pas possible, à grande vitesse, de viser un détail et que l'échafaudage offrait une surface insignifiante.

M. le préfet de Police pense que les aviateurs devaient viser un ensemble de monuments.

M. Bonnier estime que l'aviateur, pour atteindre un édifice, laisse tomber une série de bombes sur son parcours après avoir pris soin de se diriger dans l'axe du monument visé.

M. le préfet de Police énumère les moyens de secours dont on dispose pour combattre l'incendie à la cathédrale de Paris (Seine). Il fait connaître les mesures prises en ce qui concerne le Dôme des Invalides, la Sainte-Chapelle et le musée de Cluny. Il signale le danger qui résulte de l'amoncellement des décors de l'Opéra.

M. le sous-secrétaire d'État expose que deux projets de loi ont été déposés à ce sujet ; un premier projet prévoyant la construction d'une cuve dans laquelle on pourrait mettre 300 à 350 décors et qui coûterait une cinquantaine de mille francs. Le reste des décors serait remisé dans les magasins existant actuellement. La dépense n'a pas été confirmée, des travaux vont être faits incessamment et les décors seront ainsi mis à l'abri.

M. le sous-secrétaire d'État mentionne le commencement d'incendie qui a eu lieu ce matin au Théâtre Français, architecte des Bâtiments civils, qui mérite d'être félicité de son sang-froid a fait jouer le grand secours et l'extension du sinistre a pu être évitée.

M. le chef de division fait connaître qu'un devis s'élevant à 1 976 Francs 37 a été dressé par M. Selmersheim en vue de réparer le dégât causé à la cathédrale de Paris par la bombe tombée de l'avion allemand.

La Commission émet un avis favorable à l'approbation de ce devis.

M. Bonnier appelle l'attention de la Commission sur le mobilier des églises, et demande s'il n'y aurait pas des mesures de précaution à prendre.

M. le chef de division répond qu'une circulaire a été envoyée à ce sujet aux architectes ordinaires. Ils ont été invités à prendre toutes les précautions nécessaires contre l'incendie ; enlèvement des échafaudages, du mobilier combustible ; installation de seaux, de prises d'eau, de postes de secours, etc…M. le chef de division estime qu'il appartient à M. le préfet de la Seine de prescrire des instructions semblables pour les églises municipales.

M. l'Inspecteur général Marcou répondant à une question posée par divers membres fait savoir que le Trésor de Notre-Dame a été mis en lieu sûr.

M. le chef de division fait connaître que des instructions ont été données pour l'enlèvement des échafaudages des cathédrales de Rouen et de Beauvais.

M. Bonnier demande pourquoi, à l'exemple de ce qui vient d'être fait à Londres pour l'abbaye de Westminster, l'État n'assurerait pas les cathédrales ?

M. le chef de division répond que la question a déjà été étudiée à plusieurs reprises et qu'elle a toujours été résolue dans le sens de la négative. Il informe la Commission que les préfets des régions envahies ont été invités à faire connaître les dégâts causés aux édifices classés de leur département. Ils devront avertir l'administration dès que les troupes allemandes auront évacué les arrondissements qu'elles occupent encore, Les architectes en chef des Monuments historiques procèderont alors à une visite générale des édifices.

Le préfet de la Meuse annonce que l'église de Rembercourt-aux-Pots (Meuse) est très endommagée mais qu'elle paraît réparable. De l'église de Revigny (Meuse), il ne subsiste que le portail qui menace de s'écrouler. Les arrondissements de Montmédy (Meuse) et de Verdun (Meuse) sont encore totalement ou partiellement occupés par l'ennemi.

Le préfet de Seine-et-Marne signale que, dans l'église d'Augers (Seine-et-Marne), la pierre des fonts baptismaux, classée parmi les objets mobiliers, a été gravement endommagée. D'autre part, la balustrade de la cathédrale de Meaux (Seine-et-Marne) a subi un léger dégât résultant de l'explication d'une arche du Pont. Le total des dommages est évalué par M. l'architecte Boudinand à 770 Francs.

Le préfet du Nord fait savoir que le beffroi de l'église d'Orchies (Nord) est très atteint ; sur les autres monuments les renseignements manquent encore. Il n'est pas possible de connaître notamment l'état des monuments de Lille (Nord). L'église Saint-Maurice, d'après les journaux, aurait subi des dégradations.

M. le sous-secrétaire d'État informe la Commission qu'en raison de la publication de photographies truquées, les cartes postales ne peuvent plus être éditées sans être visées par la censure et sans porter le nom de l'imprimeur.

M. le chef de division fait savoir que la couverture de l'Hôtel de ville de Rambervillers (Vosges) a été détruite. A la date du 24 septembre, l'église d'Autrey (Vosges) n'avait pas souffert de l'occupation des troupes ennemies. Il en était de même à cette date, du groupe d'édifices classés formé par la cathédrale de Saint-Dié (Vosges) le cloître et la petite église attenante. M. l'Inspecteur général Génuys est prié, de correspondre avec M. l'architecte ordinaire Clasquin, pour obtenir des renseignements et lui donner toutes instructions utiles.

M. Génuys fait connaître à la Commission que, ayant essayé d'aller à Arras, il lui a été impossible de franchir les lignes.

M. le chef de division donne lecture des rapports du préfet et du secrétaire général du Pas-de-Calais sur le beffroi d'Arras (Pas-de-Calais). Ce monument, gravement endommagé, était encore debout après le premier bombardement. Il a été découronné le 20 octobre et son sommet détruit jusqu'à la hauteur de l'horloge.

Le 22 octobre, après le troisième bombardement, il ne restait plus qu'une colonne tronquée de quelques mètres. Le transept et les voûtes de la cathédrale ont été également atteints par les obus.

M. le chef de division lit les rapports de M. l'architecte Potdevin en date des 16 et 22 septembre sur les dégâts subis par l'ancienne cathédrale de Senlis (Oise), ainsi que le procès-verbal de la Commission qui, le 29 septembre, sous la présidence de M. le sous-secrétaire d'État, a visité le monument. Il résulte de ces documents que les projectiles ont atteint surtout les parties hautes du clocher. A l'étage du beffroi, une des piles gravement endommagée, dont la rupture eût pu entraîner la chute d'une partie de la construction, a été étayée par les soins de l'architecte en chef. La dépense à prévoir pour la restauration des dégâts est évaluée à une trentaine de mille francs. M. Potdevin doit produire incessamment un devis.

M. le sous-secrétaire d'État fait remarquer que les dégradations causées à l'ancienne cathédrale sont le résultat d'un acte prémédité Avant leur entrée à Senlis, les Allemands ont lancé toutes les bombes sur le monument ; celles qui ne l'ont pas atteint son tombées dans un périmètre très restreint autour de l'édifice. C'est bien l'église Notre-Dame qui était visée.

La Commission aborde l'examen des mesures à prendre à l'égard de la cathédrale de Reims (Marne).

M. le sous-secrétaire d'État déclare qu'il tient à connaître le sentiment de la Commission au sujet des mesures provisoires à prendre immédiatement pour la conservation des voûtes et la protection de la statuaire.

M. le chef de division lit le procès verbal de la visite faite par plusieurs membres de la Commission à la cathédrale de Reims le 27 septembre sous la présidence de M. le sous-secrétaire d'État. C'est l'incendie allumé par les obus qui a causé les plus graves dégâts, il ne reste plus apparence de toiture sur la nef, les transepts, le choeur, l'abside et les bas-côtés. Les voûtes ont résisté Le beffroi a été la proie des flammes, les clochers sont tombés sur la voûte inférieure sans l'écraser. L'incendie d'un échafaudage existant sur les faces nord et ouest de la tour nord a corrodé la pierre et fait tomber une partie des statues qui décoraient le portail ouvert sous cette tour. A l'intérieur de cet édifice, les obus ont mis le feu à la paille sur laquelle étaient couchés des blessés ; l'incendie embrasant les portes a détruit les statues placées dans les niches à la face intérieure de l'église. Les verrières ont eu également beaucoup à souffrir des projectiles. Grâce à sa construction robuste, la cathédrale a résisté aux obus ; on pourra refaire la toiture, réparer la maçonnerie, mais on ne refera jamais les sculptures et l'édifice portera fièrement les marques d'un vandalisme qui a dépassé l'imagination.

M. le chef de division estime que la Commission doit se prononcer d'abord sur la désignation des architectes qui seront chargés d'exécuter les travaux, puis sur l'étendue des réparations à exécuter. En ce qui concerne la question du personnel, il lui semble qu'il y aurait à adjoindre à M. Gout un collaborateur qui suivrait le travail sur place, ce qui suppose un séjour presque continuel. Il propose de désigner à cette fin M. l'architecte en chef Deneux qui, depuis de longues années étudie la cathédrale de Reims.

M. Selmersheim assurerait le service de l'inspection générale.

La Commission émet un avis favorable.

M. Lefèvre-Pontalis demande l'achat des dessins de M. Deneux relatifs à la cathédrale de Reims.

M. le sous-secrétaire d'État invite la Commission à se prononcer sur les travaux à exécuter immédiatement.

M. Selmersheim estime que la question la plus urgente est de protéger les voûtes, qui doivent être dans un état précaire.

M. le sous-secrétaire d'État fait connaître qu'il a invité M. l'architecte Margotin à installer, dès que les circonstances le permettront, une couverture de fortune.

M. le chef de division propose de discuter successivement la question des voûtes, celle de la statuaire, celle des verrières.

M. Selmersheim demande que l'on fasse dès maintenant préparer à Paris les fermes de la charpente à établir. Elles seront ensuite expédiées et montées dès que cela sera possible.

M. Génuys répond que ce travail sera très difficile à faire exécuter dès à présent même à Paris. Il faudra demander des bois dans le Jura.

M. le chef de division fait observer qu'il y aurait un autre moyen de préserver les voûtes, Ce serait d'établir une chape très légère, ainsi que le propose M. Gout.

M. Génuys est d'avis d'adopter cette mesure. Il signale l'importance du travail de préparation des fermes, la difficulté de se procurer une quantité suffisante de carton bitumé. Il y aurait lieu, à son avis, d'installer des gargouilles pour l'écoulement des eaux et de revêtir les voûtes d'une chape de ciment.

M. Selmersheim exprime la crainte que les voûtes ne soient plus capables de supporter cette chape.

M. Génuys répond que tout dépend de l'état de la pierre, que vaut la pierre de Reims ? Il est d'avis de ne pas s'enfermer dès à présent dans un système absolu, de faire tout d'abord des ouvertures pour passer les gargouilles et d'établir s'il est nécessaire une chape indépendante de la voûte.

M. le chef de division demande si l'on doit envisager pour l'avenir la restauration du comble.

M. Génuys est d'avis qu'il n'y a pas lieu de se hâter et qu'avant de restituer la toiture, il convient d'avoir laissé le temps aux visiteurs de France et de l'étranger de se rendre compte de l'oeuvre de vandalisme commise par les Allemands.

M. le sous-secrétaire d'État estime également qu'il est prématuré d'envisager cette question. Il retient l'indication donnée par la Commission : faire nettoyer les voûtes dans le plus bref délai, se rendre compte de leur état et établir, si possible, une chape en ciment armé.

La Commission se rendra d'ailleurs à Reims pour étudier la question, mais M. le président demande que dès à présent le principe de cette solution soit adopté.

La Commission, en conséquence, ratifie à l'unanimité cette proposition.

M. le sous-secrétaire d'État aborde la question des mesures à prendre pour protéger la statuaire.

M. [Paul] Boeswillwald est d'avis que la pierre est corrodée et qu'il est difficile d'empêcher la décomposition.

M. Marcel demande si l'on ne pourrait pas enfermer la statuaire brûlée pour la soustraire à l'action des intempéries.

M. [Paul] Boeswillwald répond que la mise en caissons retarderait la décomposition de la pierre sans l'empêcher. Il fait savoir que tous les morceaux de pierre intéressants tombés sur le sol ont été mis à l'abri.

M. Enlart demande s'il n'existerait pas un procédé permettant de durcir la pierre de façon à permettre de prendre un moulage.

M. [Paul] Boeswillwald répond que tous les procédés ont échoué ; la consolidation n'affecte que la surface.

M. Enlart demande que l'on tente un essai.

M. le chef de division rappelle que l'on a déjà consulté sur cette question M. le docteur Pinoy de l'Institut Pasteur.

M. Génuys cite le cas de la Fontaine de Rouen (Seine-Inférieure) dont les statues notamment celle de l'Aréthuse tombent en poussière.

M. le sous-secrétaire d'État résume la discussion. Ce qui le préoccupe, ce sont les mesures de protection provisoire à prendre, Pour les voûtes, la chape en ciment a été adoptée. Pour la statuaire, il est admis que le coffrage retardera la décomposition de la pierre, Ultérieurement, l'administration devra faire appel à toutes les compétences, consulter notamment le laboratoire de l'École des Mines, l'Institut Pasteur.

La Commission adopte à l'unanimité ces propositions.

M. Marcel demande si l'on ne pourrait pas monter une cage devant le portail.

M. [Paul] Boeswillwald répond que l'on pourrait en effet monter une cage avec un toit à la hauteur du bandeau.

Plusieurs membres de la Commission, rappelant le désastre causé à la statuaire par l'échafaudage, craignent des ravages encore plus grands si la cathédrale était bombardée après la mise en place de la cage projetée.

M. le sous-secrétaire d'État répond qu'aucun travail ne sera entrepris avant la libération définitive de Reims.

La Commission passe ensuite à l'examen de la question des verrières.

M. Génuys est d'avis qu'il est urgent de déposer des verrières ; les plombs sont fondus et les morceaux de verre tombent de leurs rainures. Il conclut à la dépense des verrières et à leur remplacement par du verre blanc.

La Commission adopte cette proposition.

Remerciements à MM. Roussel et Heuzé

M. Lefèvre-Pontalis propose à la Commission d'adresser des remerciements à MM. Roussel et Heuzé pour la façon dont ils s'acquittent des missions dont ils ont été chargés, le premier en vue de poursuivre la réfection du classement et du catalogue de la Bibliothèque, le second à l'effet de rechercher et de classer les documents graphiques et photographiques se rattachant à l'histoire des travaux de restauration exécutés jusqu'à ce jour aux Monuments historiques.Cette proposition est adoptée.

Protestation contre le vandalisme

M. le sous-secrétaire d'État demande que la Commission, avant de lever la séance, fasse entendre sa protestation contre les actes de vandalisme commis par l'ennemi sur les chefs d'oeuvre de l'architecture française, avec une préméditation indiscutable.

La Commission émet à l'unanimité cette protestation.

La séance qui avait été ouverte à 2h30 est levée à 4h30.

27 novembre 1914
Présidence de M. de Baudot, Inspecteur général des Monuments historiques. Membres présents : MM. Bernier, Berr de Turique, [Paul] Boeswillwald, Cagnat, Capitan, d'Ault du Mesnil, Enlart, Gonse, Haraucourt, Laloux, Lefèvre-Pontalis, Marcel, Michel, Nénot, Pascal, Perdreau, Perrault-Dabot, Puthomme, Génuys, Louzier, Nodet, Bauthian, Secrétaire.
Excusés : M. le préfet de Police, MM. Léon, Magne, Selmersheim. La séance est ouverte à 10h30.
Exposition à San Francisco (États-Unis d'Amérique)

M. le président demande à l'administration de faire connaître les conditions dans lesquelles elle envisage la participation du service des Monuments historiques à l'Exposition qui aura lieu à San Francisco en 1915.

M. Perdreau (Charles Félix), 1860-1929, Inspecteur général des Monuments historiques, expose que cette participation pourrait consister tout d'abord dans l'envoi de photographies choisies de façon à présenter un résumé de l'histoire de notre architecture nationale. A côté des photographies des monuments intacts, fera-t-on figurer l'image du monument dévasté ?

Plusieurs membres de l'assemblée demandent le nom de l'architecte qui construira le Pavillon français et la date de l'ouverture de l'Exposition.

M. Perdreau répond qu'il n'est pas encore en mesure de satisfaire à ces questions. Il ne peut même faire connaître la surface dont on disposera pour exposer. Ces renseignements seront donnés incessamment par la division des travaux d'Art. Il ne s'agit aujourd'hui que de l'adoption des lignes directrices. Il y a lieu de se mettre d'accord sur le sens dans lequel on travaillera. En dehors des photographies, on pourrait également envoyer des gravures représentant nos plus beaux monuments. Enverra-t-on aussi des relevés ? Plusieurs membres répondent qu'il ne faut pas envoyer de relevés.

M. Perdreau fait observer que l'assemblée en délibérera. Il fait savoir que des renseignements ont été demandés officieusement à M. Duquesne, architecte des Bâtiments civils, qui a professé en Amérique à l'Université d'Harward, sur la nature des documents qui intéresseraient particulièrement les architectes américains. Or, à son avis, les relevés analytiques seront goûtés tout spécialement. Enfin exposera-t-on des moulages ?

M. Enlart rappelle qu'il existe une collection de moulages faits sous la direction de M. Leygues et estime qu'on pourrait l'envoyer.

M. Perdreau donne lecture de la liste des moulages des XIIe, XIIIe et XIVe siècles dont se compose cette collection.

Plusieurs membres de la Commission sont d'avis que cette collection doit être exposée.

M. Perdreau fait connaître que les objets appelés à figurer à l'Exposition seront transportés par un navire américain qui doit partir vers la fin de décembre.

Plusieurs membres de la Commission estiment que l'on ne doit exposer que les choses dont on possède le double.

M. Perdreau fait savoir que M. [Paul] Boeswillwald a déjà examiné un grand nombre de photographies dont il a retenu environ 300 qui ont été exposées en 1900. Il pose à nouveau la question de l'envoi des relevés.

Plusieurs membres de la Commission déclarent qu'à leur avis on ne doit pas envoyer de relevés originaux mais seulement des reproductions.

Cette manière de voir est adoptée par la Commission.

M. le président rappelle qu'il existe dans les archives de la Commission des reproductions à petite échelle et que toutes les cathédrales ont leur coupe dans la publication des cathédrales.

M. Lefèvre-Pontalis mentionne la publication faite sous la direction de Viollet-le-Duc. Il objecte que personne ne regarde les livres placés sur des tables.

M. [Paul] Boeswillwald répond qu'il faudrait détacher les gravures et les faire encadrer.

M. Berr de Turique rappelle que des meubles tournants ont été faits pour l'Exposition de 1900.

M. [Paul] Boeswillwald est d'avis que les photographies doivent être exposées au mur.

M. Laloux n'estime pas qu'il y ait lieu de faire figurer, à côté des monuments intacts, les photographies des monuments détériorés. Cette comparaison ne sera pas significative. Quand on regarde la photographie de la façade de la cathédrale de Reims, on ne se rend pas compte des dégâts.

M. le président ne partage pas cette manière de voir. Il est convaincu qu'un travail très intéressant pourrait être fait dans cet ordre d'idées.

M. Bernier craint que les photographies ne rendent pas les détériorations d'une façon assez frappante. Il y a des monuments qui relativement ont été peu atteints. L'ancienne cathédrale de Senlis, l'église de Saint-Jean-des-Vignes à Soissons, il faudrait se borner aux édifices qui ont été très abîmés. La cathédrale et l'ancien archevêché de Reims, le Beffroi d'Arras.

M. Perdreau fait observer que l'on pourrait faire des photographies de détails à grande échelle.

M. Laloux objecte que toutes ces photographies ont paru dans tous les journaux illustrés.

M. [Paul] Boeswillwald fait remarquer qu'il est très difficile actuellement d'obtenir les autorisations nécessaires pour faire faire des photographies dans les régions dévastées. D'ailleurs, ajoute-t-il, le temps manque pour faire quelque chose de neuf.

M. le président est de cet avis. Il n'y a pas, dit-il, dans les archives des Monuments historiques, les éléments nécessaires pour illustrer l'histoire de la construction en France au Moyen Âge et pour montrer le gros effort fait depuis un demi-siècle pour reconstituer nos monuments.

M. Gonse répond qu'une pareille étude ne serait pas appréciée à San Francisco.

M. Perdreau demande à la Commission de se prononcer sur la question de la présentation des photographies comparatives.

M. le président est d'avis qu'il est nécessaire d'exposer des photographies qui fassent ressortir le vandalisme des Allemands, de grandes photographies de détails choisis avec soin. Les dégâts ont été très importants et des photographies pourraient à la fois intéresser les artistes et frapper le grand public.

La Commission adopte cette proposition. Les reproductions ne devront s'appliquer qu'à des édifices ayant subi des dommages très importants et non de simples dégâts.

M. Enlart demande s'il ne serait pas possible d'acquérir des photographies appartenant à des particuliers.

M. Perdreau répond que de tels achats peuvent être autorisés.

M. Enlart est d'avis qu'il y aurait lieu, dans ce cas, de constituer une délégation peu nombreuse chargée de faire un choix.

La Commission adopte cette proposition.

MM. de Baudot, Enlart, [Paul] Boeswillwald, Berr de Turique, Lefèvre-Pontalis, Marcou, Michel, Pascal, et Selmersheim sont désignés pour faire partie de cette délégation. M. Durand, photographe attaché à la Commission, se tiendra à leur disposition. Après un échange de vues, il est décidé que cette sous-commission se réunira vendredi prochain 4 décembre, à 2 heures.

M. Perdreau résume les propositions adoptées. Il est entendu que l'on exposera des photographies, des gravures, des reproductions de relevés et la collection des plâtres disponibles au Trocadéro.

M. Michel objecte que cette collection est déjà très connue en Amérique. Elle a figuré aux Expositions de Chicago, de Saint-Louis. Les Universités le possèdent. Elle est partout. Il estime que ce n'est pas la peine de l'envoyer. Mieux vaudrait au choix significatif de photographies avec, au besoin, un catalogue explicatif.

M. Bernier n'est pas de cet avis. Cette collection n'est sans doute connue à San Francisco que de très peu de personnes et il y aurait intérêt à l'exposer.

M. Haraucourt demande qu'à cette collection, on ajoute les autres moulages disponibles.

M. Enlart rappelle que le pied du candélabre de Saint-Rémi, à Reims, a été détruit et demande l'autorisation de faire faire un bon creux du seul moulage actuellement existant. Il ajoute que le mouleur apte à faire le travail est actuellement mobilisé à Cormeilles-en-Parisis.

M. Gonse répond qu'une photographie avec inscription très visible pourra être envoyée et produira le même effet.

La Commission émet un avis en faveur de l'envoi à l'Exposition de San Francisco d'une série de moulages à choisir parmi les pièces existant au Musée de sculpture comparée.

Cathédrale de Tours (Indre-et-Loire)

La Commission, passant à l'examen d'un certain nombre d'affaires figurant à l'ordre du jour émet un avis favorable à l'approbation d'un devis de 51 671 Francs 96 concernant la réparation des faces latérales de la nef de la cathédrale de Tours.

Église de Venelles (Bouches-du-Rhône)

La Commission adopte les conclusions du rapport présenté par l'Inspecteur général et d'où il résulte que l'église de Venelles, dont la construction ne remonte qu'au XIXe siècle, ne présente d'intérêt à aucun point de vue, en dehors même de toute idée de classement et peut, en conséquence, être désaffectée sans inconvénient.

Église de Colombiers (Charente-Inférieure)

La Commission estime qu'il y a lieu d'approuver un devis s'élevant à 15 793 Francs 03 et concernant des travaux de consolidation à exécuter à l'église de Colombiers.

Chapelle de Notre-Dame de la Clarté à Perros-Guirec (Côtes-du-Nord) Classement du mur de clôture

La Commission émet l'avis que le classement du mur de clôture qui entoure la chapelle de Notre-Dame de la Clarté, à Perros-Guirec et qui est menacé de démolition soit prononcé par décret pris en Conseil d'État.

Grande vasque du château de Rusquec au Huelgoat (Finistère)

La Commission estime que le classement de la grande vasque du château de Rusquec doit, en l'absence du consentement du propriétaire, être poursuivi devant le Conseil d'État.

Maison, sise rue Vieille-Peignerie n°9, à Orléans (Loiret)

La Commission est d'avis qu'il y a lieu, malgré le refus du propriétaire de consentir au classement de son immeuble sis à Orléans, rue Vieille-Peignerie n°9, de poursuivre le classement de la dite maison et de soumettre l'affaire au Conseil d'État.